Ça vient de sortir

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Une si belle famille

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Par Phil Inout

Le pitch

Par un bel après-midi, Sunny et Meja célèbrent leur union dans la campagne suédoise, entourées de leurs proches. Mais on ne choisit pas sa famille… Et quand la situation leur échappe, tous se retrouvent confrontés au meilleur comme au pire.

Ce qu’on en pense

Entre Bergman et 4 mariages et un enterrement, cette mini série suédoise en 4 épisodes ne choisit pas… Et c’est tant mieux ! C’est l’été, deux jolies jeunes filles vont se marier dans la campagne suédoise, la météo, l’église et la maison des parents sont magnifiques. Apparemment,  la seule chose qui pourrait assombrir la fête serait que le papa d’une des mariées arrive en retard à la cérémonie. Mais rien ne va se passer comme prévu, évidemment ! Sans cesse sur le fil entre comédie de mariage, comédie de moeurs et drame familial, la série séduit par le contraste entre une réalisation de soap et un contenu décalé : les mariées sont lesbiennes, la mère de l’une d’elles s’envoie en l’air dans les toilettes avec le père de l’autre, le curé est alcoolo et ne sait pas tenir sa langue, des bébés arrivent où on ne les attendait pas… L’héroïne (Helena Bergström, formidable) raconte son histoire face caméra avec un grand sérieux,  mais en se mordant les lèvres pour ne pas rire. On est ravi d’avoir été témoin des noces du drame familial suédois et de la comédie anglaise ! 

Paul McCartney III

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Par Ph.D

Empêché de tourner par la pandémie, Sir Paul n’est pas resté inactif dans son confinement. Comme il l’a déjà fait par deux fois dans le passé (juste après la séparation d’avec les Beatles pour son premier album solo et en 1980 pour McCartney II), il s’est enfermé dans son home studio et a enregistré une douzaine de chansons qui traînaient dans ses tiroirs, en jouant lui même de tous les instruments. Cela donne un nouvel album pochette surprise,  qui ressemble aux deux précités : cool, buissonnier, acoustique, baladeur. Simple et bio. Onze chansons qui ne vont pas faire tripper les fans de Jul, mais qui raviront les siens. A 78 ans, l’inspiration est toujours miraculeusement au rendez-vous. Le plaisir de jouer et d’enregistrer est intact et ça s’entend. On se le serait volontiers offert en vinyle,  si la pochette n’était pas si moche !

The Dark Pictures Anthology

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Par Cédric Coppola

A l’image de Telltale, Supermassive games s’est spécialisé dans les jeux narratifs. Ils ne s’appuient cependant pas sur des licences connues mais développent des univers horrifiques ou inquiétants comme ce fut le cas sur Until Dawn et Hidden agenda. Sorti le jour d’Halloween Little Hope est, après Man of Medan, le second volet de la saga The Dark Pictures Anthology. Il n’est cependant pas question de se retrouver en mer mais de survivre dans une bourgade en plein brouillard où la sorcellerie fait rage. Si les cinq personnages principaux n’échappent pas à certains clichés, l’essentiel n’est pas là. De toute évidence, les développeurs ont souhaité que les gamers s’identifient facilement à eux et frissonnent à quelques reprises… L’aspect technique souffle aussi le chaud et le froid. D’un côté, le moteur graphique est vieillissant, de l’autre l’aspect cinématographique est vraiment poussé. Il y a beaucoup de références et les plans sont dans l’ensemble bien sentis. En tout cas l’atmosphère est là… et Little Hope procure quelques sensations fortes. Point de vue gameplay, la formule est connue. Peut-être un peu trop… On dirige ses héros, découvre des objets, des indices et surtout on effectue des choix qui ont une influence sur leur devenir. Le savoir-faire de Supermassive Games est évident et le rythme est assez soutenu pour qu’on parcoure une ou deux fois l’aventure, si possible en VOST (la version française étant ratée). On sera par contre en droit de préférer Until Dawn, plus abouti sur beaucoup de points. Espérons donc que le troisième volet de cette Anthology prenne plus de risques. Le potentiel s’y prête. (Jeu testé sur PS4 Pro)

 

 

Les Tuniques Bleues: Nord & Sud

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Par Cédric Coppola

Spécialisé dans les adaptations de Bandes dessinées, Microids s’attaque aux Tuniques Bleues. Une plongée au cœur de la guerre de Sécession en compagnie du sergent Cornélius et du caporal Blutch, toujours prêts quand il faut aller donner une rouste aux sudistes ! Sorti à la fin des années 1980 sur des bécanes comme l’Atari ST, le jeu alors développé par Infogrames, a su séduire les amateurs de stratégie. L’idée étant de choisir un camp puis de déplacer ses protégés sur les Etats-Unis pour conquérir des territoires. De l’autre côté l’adversaire fait de même… et quand les chemins se croisent la guerre éclate. Pour compliquer le tout des Indiens ou un orage menaçant s’invitent à la fête. Dans les faits, la partie action se découpe en trois phases : la guerre où les soldats s’affrontent (à pied, à cheval et derrière un canon), une attaque du train et un assaut du fort ennemi. Si les graphismes ont été modernisés (bien que le rendu soit assez simpliste), ces deux derniers mini jeux ont été entièrement repris en 3D puisqu’on les joue désormais comme un FPS. Sur le papier l’idée n’est pas mauvaise… Pad en main, c’est générique : la jouabilité se limite au strict minimum et l’IA des adversaires laisse à désirer… Si bien que l’on regrette rapidement l’ancienne formule en 2D. Autre bémol, ce qui était valide il y a trente ans ne l’est plus forcément aujourd’hui. On fait donc rapidement le tour du soft. Seules quelques options de difficulté ou le choix de la période du conflit apportent un brin de diversité. Reste le jeu à deux en local, toujours bon à prendre… (Jeu testé sur PS4 Pro)

 

 

Mat Rad Dead

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Par Cédric Coppola

Connu pour ses titres atypiques, Nis America nous dévoile un nouveau représentant en la matière avec Mad Rad dead, un jeu qui mélange habilement la plateforme et le jeu de rythme dans une ambiance assez démente. Tout commence par un questionnaire assez particulier sur notre rapport à l’être humain pendant qu’un petit rat se fait disséquer sous nos yeux. Mort… il a néanmoins la possibilité de revivre sa dernière journée. Temps qui va lui être utile pour partir se venger de son assassin. Cartoonesque à souhait cette proposition de Nippon Ichi Software happe dès les premiers instants par sa musique entrainante. Le gameplay fait tout le reste. Un bouton sert à faire sautiller le rat en avant, un autre à le faire bondir en hauteur, un troisième à attaquer les ennemis… et chaque action ne se déclenche que si on appuie dans le bon rythme. L’idée étant évidemment de nous faire combiner les différentes actions dans des niveaux au level-design concocté aux petits oignons. Sans être impossible le jeu réserve son lot de challenges. Chaque erreur est immédiatement sanctionnée… Heureusement on ressuscite – presque – à l’endroit de son échec. Par contre, les tableaux sont à parcourir en temps limité, ce qui ajoute une pointe de stress. Frais et rétro, Mad Rat Dead impose donc sa griffe. Une curiosité de choix. (Jeu testé sur PS4 pro)

 

 

Richard Burton : Journal intime

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Par Ph.D

On se demande bien ce qui a pris si longtemps aux éditeurs français pour traduire et publier le journal intime de Richard Burton ?  Paru en 2012 dans la langue d’origine, le livre a connu un grand succès en Angleterre et aux Etats Unis, bien que l’acteur soit mort depuis longtemps déjà (1984). On y découvre un homme plus féru de littérature et de théâtre que de cinéma (dont il parle comme d’un simple “travail”), chroniqueur désabusé de son temps et de ses propres frasques, un portraitiste féroce et plein d’humour et un amant passionné. Au sommet de leur glamour et de leur succès (le journal couvre les périodes 1965-1971), Elisabeth Taylor et lui vivaient une relation passionnelle que deux mariages et une consommation d’alcool gargantuesque n’ont jamais réussi à émousser. Leur train de vie pharaonique et leurs disputes homériques restent légendaires et en ont fait le “couple du siècle”. Mais c’est leur complicité qui transparaît entre les lignes du journal, dont Elisabeth (désignée par un simple E majuscule,  quand elle n’est pas affublée de surnoms fantaisistes) prend parfois la main. Les tournages européens du couple et leurs escapades amoureuses sur la Côte d’Azur ou en Italie donnent des pages particulièrement savoureuses et font revivre une époque dorée et insouciante. Lecture recommandée en ces temps de morosité confinée. 

La Chronique des Bridgerton

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Par Phil Inout

Le pitch

À Londres, pendant la Régence, Daphne Bridgerton (Phoebe Dynevor), fille aînée d’une puissante dynastie, est en âge de se marier. Sa mère et son frère aîné se chargent de trier les prétendants. Mais aucun ne convient à la belle qui voudrait faire un mariage d’amour. Ses manœuvres maladroites  pour échapper aux arrangements de sa famille font les délices de la bonne société londonienne,  informée par la lettre quotidienne de la mystérieuse et impitoyable Lady Whistledown…

Ce qu’on en pense

Première production de Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy) pour Netflix, Bridgerton (titre original de la série, inutilement alourdi en VF) est une comédie romantique en costumes,  basée sur les huit tomes de la saga littéraire de Julia Quinn. Elle met en scène la bonne société londonienne du début du 19e siècle, à l’heure des mariages arrangés. On suit les efforts maladroits de la jeune héroïne, Daphné (campée avec beaucoup de fraîcheur par la délicieuse Phoebe Dyvenor )  pour échapper aux  prétendants sélectionnés par sa famille et trouver le grand amour. Il se présentera sous la forme d’un marquis rebelle et débauché (Rege Jean-Page), hélas bien décidé à ne pas se faire passer la corde au cou.  Dans l’esprit pop et coloré du Marie Antoinette de Sofia CoppolaBridgerton ne brille pas par l’originalité de son scénario,  ni par sa mise en scène tape à l’oeil, mais se révèle tout de même assez addictif, grâce à une  galerie de personnages attachants et à un point de vue résolument moderne et féminin. Sexy et colorée (jusque dans une mixité raciale peu conforme à la réalité historique), la série se déguste comme une boite de macarons de Noël et laisse le même goût sucré. Une mignardise ! 

Noël: Achetez français !

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Ça n’arrive pas tous les ans (loin de là hélas!),  mais quelques uns des meilleurs disques de l’année sont le fait d’artistes francophones. Raison de plus pour acheter français à Noël. D’autant que plusieurs proposent des éditions Deluxe assorties de bonus… 

Catherine Ringer  chante  Rita Mitsouko 

En septembre 2019, Catherine Ringer remontait sur scène à la Philharmonie de Paris pour interpréter les chansons des Rita Mitsouko dont la réédition remastérisée venait de sortir, inaugurant une tournée qui s’annonçait triomphale. L’épidémie de Covid-19 a obligé la chanteuse et son groupe à l’interrompre prématurément, juste avant un concert très attendu à Monaco. Heureusement,  les shows parisiens ont été enregistrés et filmés et le double CD+ DVD qui en a été tiré sort à point pour égayer les fêtes de fin d’année. Petit train pour tout le monde !  (2 CD+DVD Because)

 

Benjamin Biolay : Grand Prix

Depuis La Superbe (2009) Benjamin Biolay s’est imposé comme le patron de la chanson française. Alors qu’on pouvait penser qu’il venait de publier son chef d’oeuvre,  ses disques suivants n’ont fait que hausser le niveau d’un cran à chaque fois. Grand Prix en mérite un: c’est le meilleur disque français de l’année. ! Il ressort  le 11 décembre enrichi de cinq nouveaux titres qui ne déparent pas la setlist de la première version. Si vous ne l’avez pas acheté à la sortie, vous avez bien fait d’attendre  !   (1 CD Polydor)

 

Jane Birkin : Oh ! Pardon tu dormais

12 ans après son dernier album de titres inédits, Jane Birkin revient avec un nouvel album dont elle a écrit tous les textes et qu’elle a enregistré avec Etienne Daho.  Inspiré d’une pièce de théâtre, écrite il y a plus de 20 ans sur le thème de la rupture,  Oh ! Pardon tu dormais permet à Jane d’aborder frontalement des sujets aussi difficiles que la mort de sa fille Kate (“Cigarettes” et “Ces murs épais)”, la séparation ou le manque d’amour. Les influences musicales vont de Kurt Weill à Gainsbourg en passant par Daho (forcément),  pour un grand disque intime et bouleversant,  qui pourrait être la version Jane de Melody Nelson  (1 CD Barclay)

 

Alain Souchon : Ames Fitfties

Avec, en ouverture, deux des meilleures chansons jamais écrites par Alain Souchon (“Ames Fifties” et “Presque”) Ames Fifties était le meilleur album français de 2019. Il ressort enrichi d’une nouvelle chanson « Jaloux du Soleil » co-écrite avec ses fils Pierre Souchon et Ours , et de plusieurs titres enregistrés en live acoustique  (2 CD Parlophone)

 

Ben Mazué : Paradis

Petit à petit, Ben Mazué nous est devenu indispensable. Dans Paradis, le chanteur Niçois  chronique la fin de son histoire d’amour avec la mère de ses enfants.  L’exil à La Réunion, où la famille s’était installée pour tenter de se ressouder, n’a pas porté les fruits espérés. Retour à la case départ, en solo mais avec un superbe album sous le bras, où ses slams et sa voix délicatement voilée font merveille. Espérons qu’il pourra bientôt venir le jouer à domicile !  (1 CD Columbia)

 

Thomas Dutronc : Frenchy

Sorti en juin,  avec un live stream mémorable depuis l’observatoire de Nice, l’album de reprises jazzy de  Thomas Dutronc  nous a fait l’été. Il s’offre une extension costaude pour les fêtes : 7 nouveaux titres en duo avec  Jane Birkin, Clara Luciani, Etienne Daho, Philippe Katerine, Eddy Mitchell et son père, Jacques, pour une reprise en mode crooners du Petit jardin ( 1 CD Blue Note)

 

Julien Doré : Aimée 

Sorti en septembre, le nouvel album de Julien Doré,  intitulé Aimée (le prénom de sa grand mère) et porté par les singles “La Fièvre” et” Nous“,  réédite le succès du précédent (&). Poésie, romantisme, second degré… Julien Doré a trouvé la formule qui marche :  l’album a été certifié platine en quelques semaines.  En attendant la reprise des concerts qu’il donnera très certainement à guichets fermés,  le chanteur a lancé une tombola solidaire pour les sinistrés de la Vésubie,  où il avait enregistré &Bon esprit !  (1 CD Columbia)

 

 

J.K Rowling : L’Ickabog

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Par MAB

Vous vous demandez quel livre glisser sous le sapin de vos bambins ? Alors, pourquoi pas un J.K Rowling ? Non. Pas un des sept Harry Potter, sortis il y a plus de treize ans. Ils les ont déjà lus et relus et réclament bien assez les produits dérivés de cette saga en or.  Mais plutôt L’Ickabog , la  nouvelle histoire fantastique de la célébrissime romancière anglaise. Et cela pour deux raisons : D’abord vous serez sûr de leur plaire s’ils ont huit ans et plus. Ensuite, vous ferez une bonne action. Dans une démarche solidaire, l’autrice s’étant, en effet, engagée à reverser l’ensemble de ses droits à des associations venant en aide à ceux qui ont le plus souffert de la pandémie. Mais reprenons au commencement. En fait L’Ickabog, existe depuis longtemps. Au départ, il s’agissait d’un conte vite écrit, destiné au seul usage des enfants en bas âge de la créatrice des Harry. Et puis le succès, les années qui passent, les enfants dans l’adolescence… L’IcKabog est délaissé dans les cartons du grenier. Jusqu’à ce que tombe le confinement. Il faut bien s’occuper à la maison. Alors la mère de famille ressort ses notes, les améliore en compagnie de sa progéniture, offre son récit en ligne par épisodes. Ce même ouvrage plaisant et didactique  que Gallimard Jeunesse édite aujourd hui en un beau volume illustré des dessins d’enfants qui ont participé au concours proposé par la prolifique conteuse. Le contenu ? Un récit d’aventure. Deux enfants courageux aux prises avec un despotisme de moins en moins éclairé. Les thèmes de l’amitié et de la famille. Et surtout une façon d’aborder des questions de société qui parlent à tous les âges, notamment celle du pouvoir politique et de ses abus ou encore du rapport entre information et vérité. Bienvenu, non ?

Kingdom Hearts Melody

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Par Cédric Coppola

C’est bien connu, les musiques de RPG Japonais font partie des plus appréciées. Ce n’est pas un hasard tant le genre se prête volontiers à des aventures épiques ponctuées de séquences plus douces, à fort impact émotionnel, qu’il convient de magnifier grâce à la B.O. En partant de ce constat, plusieurs éditeurs ont adapté l’ensemble des thèmes d’une série en jeu de rythme. C’est le cas par exemple avec Sega qui a réalisé les Persona Dancing, mais aussi de Square-Enix qui nous avait gratifié en 2012 de l’entrainant Threatrhythm Final Fantasy sur la regrettée Nintendo 3DS. Aujourd’hui voici que ces derniers remettent le couvert avec un Kingdom Hearts : Melody of Memory, lequel possède de solides arguments pour faire craquer les fans. Pour rappel, Kingdom Hearts raconte l’histoire de Sora et de ses amis qui affrontent une puissance maléfique à travers une flopée d’univers Disney. Un des principaux arguments de la saga est de croiser ces mondes et de faire collaborer beaucoup de têtes connues. Aladdin, Hercule, La Petite sirène, Dingo, Donald… La liste est longue et les retrouver est un véritable plaisir.

Pour transporter cette magie dans un titre musical, l’idée toute simple consiste à faire avancer en 3D Sora et deux de ses amis, sur une partition sur laquelle arrivent différents ennemis. Certains alliés sont imposés en fonction du décor, mais créer ses propres variantes est aussi possible. Une fois lancé, on ne se préoccupe pas des déplacements mais uniquement des coups, en n’oubliant pas de faire sauter le petit héros quand un obstacle vient lui barrer la route. C’est simple à comprendre, mais difficile à maîtriser surtout lorsqu’on monte le curseur de difficulté. Il faut en effet être dans le rythme et composer avec des adversaires qui peuvent arriver à plusieurs. De quoi laisser une belle marge de progression. Petit détail à prendre en compte : les mélodies ne sont pas celles des films de Disney, mais bien de Kingdom Hearts. Elles sont toujours appropriées avec l’atmosphère mais il ne faut pas s’attendre à jouer en écoutant des refrains très connus. Cette donnée prise en compte, on peut se lancer dans l’aventure qui nous fait revivre le périple, en n’oubliant pas d’insérer quelques cinématiques. Montée de niveaux, score à battre, défis à accomplir… C’est extrêmement complet et avec 150 morceaux il y a vraiment de quoi s’amuser. Pour ceux qui en voudraient plus, des modes libres, duel (contre l’IA ou un autre joueur) et coopération sont aussi au programme… De quoi se perfectionner en espérant collecter plus de 800 cartes autour de l’univers. (Jeu testé sur PS4 Pro)

Pink Floyd: DSOT Deluxe

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En 1987, après le départ de Roger Waters et avant celui de Richard Wright, Pink Floyd enregistre A Momentary Lapse Of Reason sous l’impulsion de David Gilmour. L’album connaît un tel succès qu’une tournée débute quelques jours à peine après sa sortie. Elle durera deux ans et réunira 4 millions de fans,  venus voir et écouter le groupe dans un show best of plus grandiose que jamais. Filmé et enregistré par Wayne Isham au Nassau Coliseum de Long Island en août 1988, Delicate Sound of Thunder,  le live paru dans la foulée,  est resté légendaire. Mais les images avaient vieilli et la setlist était incomplète. L’édition 2020 de l’album propose une version restaurée du concert à partir des 100 bobines de négatifs 35 mm originaux et des bandes audio remixées en surround 5.1, avec  8 ou 9 titres supplémentaires selon les versions (2 CD, DVD-BR, 4 CD ou triple vinyle). En cette période de disette de concerts, revoir un show de cette envergure, avec cette qualité de son et d’image, est une expérience qui rappelle le monde d’avant et laisse espérer en celui d’après.

Chambre 2806 : L’affaire DSK

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(Photo Joel Saget/AFP)                                                                                                                     

Par Philippe DUPUY

On ne saura probablement jamais ce qui s’est  réellement passé le 14 mai 2011, dans la suite présidentielle 2806 du Sofitel de New York. Deux thèses s’affrontent toujours : celle de la victime, la femme de chambre guinéenne  Nafissatou Dialo qui affirme avoir été violée par son occupant :  un certain Dominique Strauss Kahn. Et celle de ce dernier, qui a toujours évoqué sans entrer dans les détails une “relation inappropriée” (entendre adultérine) mais consentie. Les quatre épisodes de 50 minutes du documentaire réalisé sur l’affaire par Jali Lespert pour Netflix ne suffiront pas à trancher la question, que la justice américaine s’est empressée d’enterrer sous un non lieu.  Après que la police New Yorkaise ait tout fait pour humilier l’accusé,  le cabinet du procureur a, en effet, estimé que la plaignante avait trop menti dans le passé (à propos de ses fréquentations et pour obtenir son statut de réfugiée, notamment) pour être crédible à la barre d’un tribunal.  DSK a donc été élargi,  sans même avoir eu à s’expliquer publiquement. L’affaire lui a juste coûté sa carrière politique (il était, à l’époque, favori à la présidentielle contre Sarkozy), son mariage avec Anne Sinclair et quelques millions de dollars de “frais du justice”, dont 1,5 million pour acheter le silence de la victime. Silence relatif, puisqu’elle a beaucoup parlé depuis et qu’elle le fait encore longuement devant la caméra de Jalil Lespert.  On y voit une femme plus attirante que sur les photos, mais brisée par l’affaire,  qu’elle ne peut évoquer qu’en réprimant des sanglots. Bien construit, rigoureux, multipliant les témoignages et les sources d’archives sonores et vidéo, le documentaire n’apprendra pas grand chose à ceux qui ont suivi l’affaire en direct. Mais venant après l’affaire Weinstein et le mouvement #MeToo, le portrait qu’il dresse de l’ancien directeur du Fond Monétaire International est sans appel. Celui d’un baiseur compulsif qui ne s’embarrassait pas de scrupules ni de formes pour satisfaire ses besoins sexuels. Qu’il s’agisse d’une intervieweuse imprudente (Tristane Banon, piégée dans un appartement qui lui servait probablement de baisodrome), d’une prostituée du Carlton de Lille (où ses amis locaux organisaient pour lui des parties pas fines que ça),  ou d’une femme de chambre new yorkaise, entreprise à la hussarde dans le couloir de la suite présidentielle. La parole de ses défenseurs de l’époque (avocats ou amis politiques), qui persistent à ne voir en lui qu’un incorrigible Don Juan,  est aujourd’hui strictement inaudible. Même si le casier judiciaire de DSK est resté miraculeusement vierge après deux procédures infamantes (celle de New York et celle de Lille), l’époque l’a jugé et condamné.

Football Manager 2021

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Par Cédric Coppola

En marge de FIFA et de PESFootball Manager s’est imposé comme une référence incontournable pour tous les amateurs de ballon rond. Ici, pas question cependant de diriger des millionnaires en short sur la pelouse… Non l’idée est de nous inviter à prendre part à toutes les décisions autour du carré vert, avec pour seul objectif de faire grandir son club et de le mener jusqu’au sommet. Au fil du temps, la franchise a atteint un tel niveau qu’il est difficile pour les développeurs d’enrichir chaque année leur bébé. Il y a bien entendu la mise à jour des effectifs, mais cela est insuffisant pour contenter les fans et séduire des nouveaux venus, qui seront désarçonnés lors des premières heures en raison de la multitude de choses à gérer via des tableaux « Excel » ultra fournis. Pour faire évoluer la franchise dans le bon sens,  les développeurs avaient introduits il y a deux ans un onglet dans le menu pour mieux définir ses objectifs et avoir une politique cohérente, axée sur le développement des jeunes. L’an dernier, il était surtout question de revoir l’ergonomie en repensant l’interface, qui est désormais plus claire ou de mieux définir ses tactiques lors des avant matchs et l’introduction de petites subtilités, comme les consignes à donner à ses protégés lors des phases sans ballon.  Quid donc de cet opus 2021, qui comme de coutume se présente aussi bien en version Touch (format allégé) que complète pour les puristes ?

Que l’on se rassure, des nouveautés sont bien présentes. Pas de révolution certes, mais des ajustements. Un des plus notable est la refonte du système des conférences de presse qui sont moins schématiques. Les journalistes n’hésitent pas également à venir vous poser quelques questions en cours de match. De la même façon, les discours adressés aux joueurs ou à son staff sont plus variés. On apprécie aussi les réunions lors du mercato pour cibler les postes souhaités. Autant de petits « plus » qui renforcent l’immersion à défaut d’avoir un impact considérable sur les performances, sauf peut-être à haut niveau. Last but not least, le moteur graphique a subi quelques modifications au sujet des lumières et des animations. On remarque en effet un léger mieux, mais le rendu reste sommaire, loin toujours de celui de FIFA. On peut néanmoins suivre le cours des matchs de façon claire. Là est l’essentiel. Pour le reste Football Manager est fidèle à lui-même. C’est-à-dire incontournable pour les managers virtuels. On passe des heures à définir un code de conduite, à papoter avec ses adjoints, à repérer les futures pépites… On négocie les objectifs à remplir pour satisfaire la direction (il ne s’agit pas seulement de gagner mais aussi,  par exemple pour l’OM,  de pratiquer un football offensif), gère son budget… et on étudie scrupuleusement ses futurs adversaires. En toute logique les effectifs sont mis à jour et collent avec la réalité. Seul le Covid avec ses reports de matchs et ses stades vides manque à l’appel ! Celui-ci étant timidement présent avec des budgets de départ amoindris et un calendrier plus serré en début de saison. L’envie donc, d’un retour à la normale. (Jeu testé sur PC)

Goncourt 2020 : L’ Anomalie

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Par MAB

L’Anomalie  en est une, en effet, à plus d’un titre. Déjà dans la façon dont on lui a décerné le prix Goncourt dans un quotidien anormal pour tous. Sans cérémonie chez Drouant. Sans bousculades de presse. Sans émotions. Simplement par une annonce faite sur la plateforme Zoom puisque tout se fait ainsi aujourd’ hui. Mais L’anomalie  vient aussi du fait qu’Hervé Le Tellier son auteur, par ailleurs président de l’Oulipo (Ouvroir de littérature potentielle ) est, lui-même, tout entier possédé par la hantise de l’anormal. Par l’idée que nous vivons, peut-être, dans un monde d’illusion et de simulation. D’où ce roman à nul autre pareil entre thriller, anticipation, ésotérisme et construction façon série télé, nous baladant d’une temporalité à une autre, d’un pays à un autre et de personnage en personnage. L’anomalie , donc. Ses 327 pages vont de la France aux États-Unis en passant par le Nigeria et l’Inde, sur les traces d’un avion inexplicablement atterri au même endroit, après les mêmes énormes turbulences vécues dans l’effroi par les mêmes passagers mais à trois mois d’écart! Si, résumé ainsi, ce n’est pas clair, c’est « normal »! Car Le Tellier met volontairement le lecteur à contribution, lui demandant toute son attention quitte à le faire revenir en arrière, vérifier les dates, les lieux et les personnages en tête de chapitre pour bien suivre et tenter de comprendre. L’ouvrage est donc bourré d’esprit et de malice, mais pas facile. Méticuleux, technique, détaillé, il convoque tueur à gage, physiciens, mathématiciens, consuls, agents du FBI, de la Nasa et l’on en passe. Partant volontairement dans tous les sens en mêlant références littéraires, semblant de sérieux et véritable dérision. Le Tellier étant Oulipien, on songe au Perec de  La vie mode d’emploi  ou encore à Queneau . Voire, plus contemporain à Dan Brown. On ne va pas se mentir: il faut accrocher sa ceinture pour le lire jusqu’au bout. Mais c’est loin d’être peine perdue, vous verrez !

Cheyenne et Lola

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Le pitch
Libérée de prison, Cheyenne (Veerle Baetens) fait des ménages sur les ferries en rêvant de partir en Amazonie. Lola (Charlotte Le Bon) est une ravissante parisienne, égoïste et sans scrupules, qui vient de débarquer dans le Nord pour s’installer avec son amant. Quand Lola tue l’épouse de son amant, Cheyenne, témoin involontaire, sait qu’elle va être accusée du meurtre à cause de son casier. Elle est obligée de demander au caïd de la région de faire disparaître le corps. Une faveur qui va les entraîner dans un très dangereux jeu de dupes…

Ce qu’on en pense

Découverte à CanneSéries, cette nouvelle série française surfe sur la récente vague de succès remportés par les films sociaux, en mélangeant intrigue policière et peinture sociale. Bienvenue dans le Noooord, où la malheureuse Cheyenne (Veerle Baetens, crâne rasée et regard intense) , tout juste sortie de prison pour avoir refusé de dénoncer son mari braqueur, essaie de se réinsérer en faisant des ménages sur les ferries en partance pour l’Angleterre. Pas évident,  quand ses anciennes fréquentations font tout pour la mouiller dans leurs trafics  (de drogue et d’êtres humains) et qu’elle a le malheur de tomber sur une jeune écervelée (Charlotte Le Bon, excellente),  qui la mêle à un meurtre et l’entraîne malgré elle dans une cavale des plus périlleuses. C’est Thelma et Louise sur les Quais de Ouistreham (référence au livre de Florence Aubenas qui a inspiré la partie sociale de la série). La lumière et les décors industriels des Hauts de France font beaucoup pour l’attrait d’une série qui a tendance à en faire un peu trop entre réalisation esthétisante  et dialogues audiardesques, mais s’avère tout de même attachante,  grâce à ses deux actrices vedettes et à un très bon casting de seconds rôles.