Cannes 2026: Part 4
Par Ph.D
Ce n’est sans doute pas encore cette année que Pedro Almodovar décrochera la Palme qui lui échappe depuis Tout sur ma mère (1999). Son Autofiction a beau être sympathique, elle n’a rien de particulièrement transcendant. A part son casting féminin (Barbara Lennie, Victoria Luengo, Aitana Sanchez Guijon, Rossy de Palma, Milena Smit), toujours aussi choyé par le réalisateur madrilène. Hirokazu Kore-eda , lui, a déjà été palmé: pour Une affaire de famille en 2018. Son nouveau film, Sheep in the box, ne lui permettra probablement pas d’entrer au club des double palmés. Cette fable futuriste sur le deuil, les robots et l’IA, inspirée du Petit Prince et dans laquelle un couple japonais s’offre un robot humanoïde sosie de leur petit garçon décédé pour soulager son deuil, est trop lisse pour aspirer à la récompense suprême. Un prix du scénario pourrait lui suffire. Avec Moulin, qui raconte l’arrestation et la torture du fameux résistant, Laszlo Nemes revient (presque) au niveau du Fils de Saul, choc absolu de Cannes 2015. Dans le rôle titre, Gilles Lellouche fait une composition toute en nuances face à un Lars Eidinger effrayant de cruauté en Klaus Barbie. Comme le malheureux héros, on passe un sale moment. Mais quelle mise en scène ! A 7 films du palmarès, notre favori provisoire s’appelle Cristian Mungiu. Lui aussi est déjà palmé (pour 4 mois , 3 semaines et 2 jours en 2007) et vise le « club des doubles » avec Fjord. L’histoire d’une famille catho traditionaliste qui quitte la Roumanie pour s’installer dans un petit port norvégien où son mode de vie (d)étonne: pas d’écrans, ni d’internet pour les enfants, prières tous les jours, messe le dimanche et punitions au moindre écart. Quelques bleus repérés sur le dos de la fille ainée suffiront à déclencher une enquête de l’aide sociale pour mauvais traitements. Dans un pays où l’Etat peut être condamné pour n’avoir pas su empêcher la maltraitance enfantine, ça ne rigole pas : les 5 enfants sont immédiatement retirés aux parents et placés en foyers d’accueil. Y compris, le petit dernier, encore nourri au sein. Les parents (Sebastian Stan, Renate Reinsve) sont dévastés. Leur procès devient celui de leur mode de vie, supposément rétrograde. Mungiu l’orchestre avec maestria, renvoyant juges et accusés dos à dos. Mise en scène, scénario, acting, thématiques… Le film coche toutes les bonnes cases. Jusqu’ici on n’a pas vu plus f(j)ort…
Autofiction
Par J.V
Le pitch
Raúl (Leonardo Sbaraglia) est un cinéaste culte en pleine crise créative. Lorsqu’un drame frappe l’une de ses plus proches collaboratrices, il s’en inspire pour écrire son prochain film. Peu à peu, il imagine Elsa (Barbara Lennie), une réalisatrice en pleine écriture, dont le parcours commence à refléter le sien. Les deux cinéastes deviennent les deux facettes d’un même personnage, dans un jeu de miroirs où l’impudeur de l’autofiction dévoile autant qu’elle détruit. Mais jusqu’où peut-on aller pour raconter une histoire?
Ce qu’on en pense
Almodovar poursuit son introspectation entamée avec Douleur et Gloire, avec cette fois deux doubles (dont un féminin) pour le prix d’un. Les fans du réalisateur madrilène apprécieront les personnages féminins, les décors colorés, le scénario à tiroirs et en miroirs, la fluidité de la mise en scène. Les autres pourront rester à l’écart de cette autofiction mélancolique et crépusculaire, peut être pas aussi inspirée qu’il le faudrait pour espérer une Palme d’or qui échappe toujours à Almodovar.
The Mandalorian
Par J.V
Le pitch
La chute du maléfique Empire Galactique a précipité la dispersion des seigneurs de guerre impériaux à travers la galaxie… Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin et son jeune apprenti Grogu…
Ce qu’on en pense
La série The Mandalorian est la meilleure chose qui soit arrivée dans l’univers Star Wars depuis longtemps. Après trois saisons sur Disney +, Pedro Pascal et son acolyte Grogu (alias Baby Yoda) débarquent sur grand écran toujours dirigés par le réalisateur de la série Jon Favreau. Résultat : un blockbuster à l’ancienne avec effets spéciaux rétro, aventures trépidantes et personnages attachants, qui pourrait même réconcilier les fans de la toute première trilogie avec la franchise. Une vraie cure de rajeunissement, y compris pour le spectateur !
Cannes 2026: Part 3
Par Ph.D
L’Empire contre attaque: vexé par les badges #ZapperBolloré arborés par les festivaliers et par les huées qui accueillent désormais le logo de sa chaine à chaque projection, le patron de Canal + menace de blacklister les signataires de la tribune anti Bolloré. Et ça fait du monde ! 600 personnes dans un premier temps, le double depuis. En attendant que tout ce beau monde se retrouve au chômage, les projections se poursuivent comme si de rien n’était. On a vu Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreuzer. Lea Seydoux y joue la jeune mère d’un petit garçon dont le père cinéaste est accusé de pédopornographie. Enfer et damnation ! Que faire dans pareille situation? C’est le sujet du film, qui rappelle le temps où Mickael Haneke égayait le festival. Pianiste comme maman (Catherine Deneuve) et chanteuse de pop déconstruite, Lea Seydoux pousse la chansonnette. Cela ne suffit, hélas, pas à rendre le film mémorable. On a, de loin, préféré Garance de Jeanne Herry (Pupilles, Je verrai toujours vos visages), dans lequel Adèle Exarchopoulos joue une jeune comédienne fêtarde dont la carrière et la vie sont menacées par son addiction à l’alcool. Sans pathos, ni prêchi prêcha, un Vie d’Adèle 2 emballant qui pourrait valoir un prix d’interprétation partagé entre Adèle et sa partenaire Sara Giraudeau. Après cela, les amateurs de d’effets spéciaux à la Avatar et de poursuites interminables à la Mad Max Fury Road ont pu se régaler avec Hope du Coréen Na Hong-jin (The Murderer, The Chaser...) : l’histoire d’un village de bord de mer ravagé par des monstres extraterrestres. La première heure de poursuites et de destructions dans les ruelles du village est un prodige de mise en scène assez joussif. Le reste (1h40 de poursuite en forêt) est plus dispensable. L’ensemble relevait plutôt, à notre humble avis, d’une séance de minuit que de la compétition. On se demande aussi ce que Michael Fassbender et Alicia Vikander, crédités au générique comme extraterrestres mais impossibles à reconnaître, sont venus faire là ? On le saura peut-être dans la suite, qui est prévue en deux parties…
Sirât
Par Ph.D
Le pitch
Au cœur des montagnes du sud du Maroc, Luis (Sergi Lopez), accompagné de son fils Estéban (Bruno Nunez Arjona), recherche sa fille aînée qui a disparu. Ils se joignent à un groupe de teufeurs éclopés, en route vers une énième rave dans les profondeurs du désert. Peu à peu leur convoi s’enfonce dans l’immensité brûlante d’un miroir de sable qui les confronte à leurs propres limites…
Ce qu’on en pense
A défaut de véritable claque, on a pris une grosse baff(l)e à Cannes 2025 avec le 4e film d’Oliver Laxe. Sirât y était présenté en compétition et est reparti avec un Prix du jury. Certains y ont vu une parabole sur l’occident déboussolé face à la montée des périls dans le monde. C’est surtout un prodige de mise en scène. Entre Zabriskie Point, Sorcerer, Easy Rider et Mad Max Fury Road, le film (dont on ne peut, hélas, rien raconter ) prend aux tripes, avec une B.O de hard techno tribale (signée Kangding Ray), une incroyable scène de bascule et une punchline qui restera dans les annales (« Viens, on va s’éclater !« ). Road-trip halluciné et imprévisible, Sirât (chemin difficile et parfois périlleux que les croyants doivent parcourir dans leur quête de la foi) est un film éprouvant, mais mémorable.
Cannes 2026: Part 2
Par Ph.D
Cette année, la punition n’a pas tardé à arriver. A l’aube du 4e jour, sous la forme d’un drame franco-japonais de 3h15 au titre amusant : Soudain. Il n’y a, évidemment, rien de soudain dans le nouveau film du Japonais Hamaguchi Ryusuke (Drive) , tourné en France dans un Ehpad dont la directrice incarnée (à peine) par Virginie Efira essaie d’inculquer les principes d’ humanitude à son personnel et à ses pensionnaires. Si l’on a bien compris, la chose consiste à regarder la personne « humanitudée » dans le blanc des yeux en souriant comme un ravi de la crèche et en parlant d’une voix douce. On peut aussi lui chanter A la claire fontaine. Cela fait, parait-il, des miracles auprès des malades d’Alzheimer. Sur son temps libre, la directrice, prénommée Marie Lou, recueille des autistes fugueurs. Elle fait, grâce à cela, la rencontre d’une metteuse en scène japonaise cancéreuse au stade 4. Par chance, Marie Lou parle couramment le japonais, ayant, apprend-t-on, passé son diplôme d’anthropologie au Japon avant de s’orienter vers le milieu hospitalier après avoir aidé sa mère à y mourir dans d’atroces souffrances… Ensemble, les deux futures amoureuses (car le cahier des charges des films précisait cette année l’obligation d’ y inclure des couples lesbiens) dissertent des nuits entières de l’influence du capitalisme sur la dénatalité. On assiste aussi (deux fois) à une pièce de théâtre en japonais. Autant dire qu’on est sorti de la séance de presse avec une pensée émue pour le public cannois qui a posé un jour de congés, bravé la foule et monté les marches sur son 31 pour subir cette purge.
Après cela, les Histoires parallèles d’Asghar Farhadi sont passées comme une lettre à la poste. Virginie Efira (encore!) y joue une jeune femme épiée par ses voisins (Isabelle Huppert et Adam Bessa). Un mélo paranoïaque alambiqué, inspiré d’Hitchcock et de Kieslowski, qu’on a plutôt bien aimé en dépit de quelques longueurs. Avec L’Etre aimé, Rodrigo Sorogoyen fait une belle entrée en compétition officielle. On dirait une suite de Valeur Sentimentale, le beau film de Joachim Trier dans lequel un père cinéaste longtemps absent revenait proposer à sa fille actrice le premier rôle de son prochain film. On assiste ici au tournage du film. Qui évidemment se passe mal, vu le contentieux entre les deux… Javier Bardem et Victoria Luengo feront de bons candidats au prix d’interprétation et Sorogoyen à celui de la mise en scène. Pour son retour à Cannes, James Gray n’a pas déçu avec son Paper Tiger. Revenant, 30 ans après, sur les terres de Little Odessa, son histoire de fratrie confrontée à la mafia Russe nous a consolé de tous les pensums auteuristes avalés jusque-là. Adam Driver y trouve un de ses meilleurs rôles et Scarlett Johansson, presque méconnaissable en mère juive à lunettes, est géniale. Enfin du frisson et de l’émotion!
Histoires parallèles
Par Ph.D
Le pitch
En quête d’inspiration pour son nouveau roman, Sylvie (Isabelle Huppert) espionne ses voisins d’en face. Quand elle engage le jeune Adam (Adam Bessa) pour l’aider dans son quotidien, elle ignore que celui-ci va bouleverser sa vie et son travail. Jusqu’à ce que la fiction qu’elle avait imaginée dépasse leur réalité à tous…
Ce qu’on en pense
De retour à Cannes après la Palme d’or reçue l’an dernier pour Un simple accident, Ashgar Farhadi livre 13 ans après Le Passé, un nouveau film « français ». Après des années de films bricolés sous le manteau pour échapper aux radars de la censure iranienne, on avait presque oublié le niveau de maitrise technique et scénaristique dont pouvait faire preuve le réalisateur dans des conditions normales de production et de tournage. Avec son casting étincelant (Virginie Efira, Pierre Niney, Vincent Cassel Adam Bessa, Isabelle Huppert et même Catherine Deneuve dans un caméo génial face à Huppert) et son scénario foisonnant, Histoires Parallèles est probablement son film le plus ambitieux. Et le plus réussi ! Une mécanique de précision d’une incroyable fluidité, inspirée d’Hitchcock, de M. Hire (plusieurs fois cité) et , surtout, de Krzystof Kieslowski, dont Farhadi remake très librement Brève histoire d’amour. Au final pourtant, c’est surtout à Almodovar que renvoie ce mélo en forme de mille feuilles scénaristique dans lequel, comme en physique quantique, le regard des uns (Huppert, Mera, Cassel) suffit à modifier la vie des autres (Niney, Efira). Epatant !
Cannes 2026: Part 1
Par Ph.D
Electrique ! L’ambiance l’était sur la Croisette pour l’ouverture de ce 79e festival de Cannes, avec l’appel d’un collectif français appelant à la résistance face à l’appêtit monopolistique et aux visées politiques extreme droitières de l’Empire Bolloré. Symboliquement, le nom de Canal +, partenaire historique du festival et principal financier du cinéma français, n’a, pour la première fois pas été applaudi… Heureusement, Pierre Salvadori a su trouver le bon voltage pour sa Venus électrique qui a illuminé l’ouverture de l’édition. En maîtresse de cérémonie, Eye Haidara a fait des étincelles, introduisant avec classe Peter Jackson qui a reçu la première palme d’or (d’honneur) de l’édition. En le voyant arriver sur la scène de l’auditorium Lumière, dans un smocking trop grand pour lui, on a mieux compris sa fascination pour les Hobbits. Il aurait pu en jouer un dans un des épisodes du Seigneur des Anneaux ! Les premiers films en compétition ont ensuite placé le festival sous régime de courant alternatif, entre les premiers émois lesbiens de Lea Drucker dans Une vie de femme de Charline Bourgeois Tacquet (première française en compétition) , ceux des deux héroïnes du film japonais Quelques jours à Nagi de Fukuda Koji et le classicisme auteuriste un brin pompier de Pawel Pawlikowski dans Fatherland, évocation empesée de l’après -guerre en Allemagne à travers la figure tutélaire de Thomas Mann revenant au pays pour y recevoir le prix Goethe. Mais c’est, hors compétition, le film consacré à Samuel Paty (L’ Abandon) qui a constitué le premier choc émotionnel de ce début de festival, où Vin Diesel et ses acolytes de Fast And Furious sont venus fêter les 25 ans de leur pétaradante franchise. Ils y ont été accueillis en héros, histoire, sans doute, de montrer qu’on n’en voulait pas aux grosses productions US d’avoir fait, cette année, l’impasse sur la Croisette…
L’Abandon
Par Ph.D
Le Pitch
Le 16 octobre 2020, Samuel Paty (Antoine Reinartz), professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné à la sortie de son collège…
Ce qu’on en pense
A défaut de panthéonisation, Samuel Paty a droit aux honneurs du cinéma et du Festival de Cannes. Le premier film qui lui est consacré (un téléfilm suivra) sort en salles le jour même de sa présentation, hors compétition, à Cannes. Il est signé d’un spécialiste du genre,Vincent Garenq, auquel on doit déjà un film sur Outreau et une série sur l’affaire Iacono. Comme son titre l’indique assez clairement, L’Abandon détaille l’enchaînement des faits qui ont conduit à la décapitation du malheureux professeur, en insistant sur les manquements de l’administration et de la justice qui ont abouti au drame. Le spectacle de cette déroute est affligeant et laisse le spectateur tremblant de rage et d’indignation. Le film constitue un tel choc qu’il suscitera forcément des réactions.
La Vénus électrique
Par Ph.D
Le pitch
Paris, 1928. Antoine Balestro (Pio Marmaï) , jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse (Vimala Pons) et désespère Armand (Gilles Lellouche), son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne (Anaïs Demoustier), une modeste artiste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule…
Ce qu’on en pense
Drôle de promotion pour Pierre Salvadori qui passe avec brio des comédies populaires (Les Apprentis, Dans la cour, Hors de prix, En liberté… ) au tapis rouge du gala d’ouverture du 79e festival de Cannes, avec cette comédie en costumes virevoltante sur le mensonge, la manipulation et le pouvoir consolateur de l’art, dans laquelle Pio Marmaï et Anaïs Demoustier forment un duo irrésistible, bien secondés par Gilles Lellouche et Vimala Pons. Les dialogues pétillent, les situations font sourire ou émeuvent, la réalisation emballe le tout avec grâce . A la fin, on a envie d’applaudir les artistes. Les festivaliers ne s’en sont pas privé.
Un Simple accident
Par Ph.D
Le pitch
Iran, de nos jours. Un homme croise, par hasard ,celui qu’il croit être son ancien tortionnaire. Il l’enlève pour se venger. Mais face à ce père de famille qui nie farouchement avoir été son bourreau, le doute s’installe…
Ce qu’on en pense
Malgré la dictature et les mollahs, l’Iran continue à produire bon an mal an des oeuvres marquantes du 7e art. L’an dernier déjà, Mohammad Rasoulof avait bien failli rafler la Palme d’or avec Les Graines du figuier sauvage. C’est Jafar Panahi qui a finalement décroché la timbale en 2025 avec Un Simple accident, l’histoire d’une vengeance qui aura lieu ou pas. Une Palme d’or engagée et humaniste, tournée clandestinement, qui s’appuie sur la longue expérience du réalisateur avec les prisons du régime. Peut-être pas le meilleur film de Jafar Panahi, mais l’un des plus solides malgré les conditions de tournage. Et aussi l’un des plus drôles dans le registre de la tragi comédie, avec une bande d’acteurs épatants qui ont, eux aussi, pris tous les risques pour que le film puisse exister. A voir !
Junk World
Par Ph.D
Le pitch
Dans un futur lointain, une équipe d’humains, clones et cyborgs explore un empire robotique souterrain, mais tombe dans une embuscade de cyborgs rebelles. Un voyage dans le temps et les dimensions…
Ce qu’on en pense
Après 7 ans de travail acharné, seul dans sa chambre avec un tas de terre glaise et une mini caméra, le japonais Takahide Hori avait réussi à produire l’un des films les plus sidérants de l’année 2022 (lire la critique) . Fort du succès de sa création auprès d’un public biberonné aux mangas asiatiques, et grâce à l’achat d’une imprimante 3D, il n’a mis que 3 ans à réaliser ce prequel situé 1000 ans avant Junk Head . On y retrouve son univers original, mélange de figurines enfantines, d’esthétique BDSM, de SF et de gore, au service d’une histoire qui navigue dans le temps et les dimensions. On n’a, cette fois encore, pas tout compris, mais on a pris beaucoup de plaisir à se laisser immerger dans ce sous-monde mythologique. Vivement le troisième volet qui, avec l’Intelligence Artificielle, ne devrait pas prendre plus de quelques minutes à produire.
Billie Eilish: Hit Me Hard
Par Phil Inout
L’idole des ados mal dans leur peau qui s’offre les services de James Cameron (Titanic, Avatar) pour filmer sa dernière tournée: cela pourrait ressembler à un caprice d’enfant gâtée. Sauf que le film est une énorme claque. Nul besoin de connaître les chansons de Billie Eillish par coeur (comme 99,99% des spectateurs du concert et du film) pour saluer la performance. Des concerts filmés, on en a vu beaucoup. Mais rarement a-t-on eu l’impression d’être vraiment dans la salle, même lorsque Martin Scorsese réalisait. La 3D (que James Cameron a réinventée) est ici un atout majeur : sur écran géant, lunettes 3D sur le nez, le spectacle est formidablement immersif. On a non seulement l’impression d’être dans la salle, mais aussi parmi les musiciens et à dix centimètres de la chanteuse. Y compris en coulisses ou lorsqu’elle passe sous la scène et parmi la foule, cachée dans une caisse de matériel. Et le plus épatant c’est que les seules caméras que l’on voit à l’écran sont celles qui captent le concert en direct pour envoyer les images sur les écrans de scène. A aucun moment celles de James Cameron ne sont visibles. Elle sont pourtant énormes à en juger par celles que l’on aperçoit à ses côtés lorsqu’il interviewe la chanteuse. On espère voir un jour le makin of du film pour savoir comment il a fait pour donner l’impression d’être partout et de tout filmer en restant totalement invisible. Un vrai tour de magie !
Cannes 2026
Par Ph.D
Un film de Steven Soderbergh sur John Lennon, un autre sur (et encore un autre avec) Eric Cantona, un biopic de Charles de Gaulle, le retour de Nicolas Winding Refn et de James Gray, John Travolta et Andy Garcia réalisateurs, Park Chan-wook président du jury, Eye Haïdara maitresse de cérémonie, Barbra Streisand et Peter Jackson honorés, Ron Howard, Cate Blanchett et Tilda Swinton en masterclass… Le casting de Cannes 2026 (12-23 mai) a été dévoilé le 9 avril par Thierry Frémaux, délégué général du Festival. Une sélection marquée par l’absence des grands studios US, une forte présence espagnole avec Almodovar en majesté et beaucoup de films historico-politiques. La France fera l’ouverture hors compétition le 12 mai avec La Vénus électrique de Pierre Salvadori. Que la fête commence !
Une bataille après l’autre
Par Ph.D
Le pitch
Ancien révolutionnaire désabusé et paranoïaque, Bob (Leonardo DiCaprio) vit en marge de la société, avec sa fille Willa (Chase Infitini), indépendante et pleine de ressources. Quand son ennemi juré (Sean Penn) refait surface après 16 ans et que Willa disparaît, Bob remue ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé…
Ce qu’on en pense
Comme il l’avait déjà fait avec Inherent Vice (2014), Paul Thomas Anderson adapte un roman de Thomas Pynchon, Vineland, qu’il transpose des années Reagan à celles du Trumpisme triomphant. Mieux qu’ Eddington, Une bataille après l’autre raconte la folie suprémaciste qui s’est emparée de l’Amérique Maga, avec son cortège de violence politique, d’intégrisme religieux, de bêtise crasse et de folie furieuse. Tourné en Vistavision, le film convoque le meilleur du cinéma indépendant américain, du Spielberg de Duel au Tarantino de Jackie Brown en passant par les frères Coen. Avec un Leonardo DiCaprio révolutionnaire en peignoir Lebowskien, Sean Penn en militaire-milicien psychopathe bodybuildé, Benicio Del Toro en prof de karaté gourou passeur de migrants et une flopée de militantes pro immigration en jupons. Hyper rythmé (on ne voit pas passer les 2h40), burlesque, violent et caustique, Une Bataille après l’autre est le blockbuster de l’année qu’on n’attendait plus. Un régal cinéphile et mainstream. Meilleur film de l’année 2025 !
















