Cannes 2026: ciné plage
Par la rédaction
«Gratuit et ouvert à tous, sans invitation ni accréditation, le cinéma de la plage est le lien idéal entre ce qui se passe dans le Palais, les Cannois et les visiteurs », a coutume de dire Thierry Frémaux. Et il a bien raison : le Cinéma de la plage c’est «the place to be», le soir à Cannes quand on n’est pas accrédité… et parfois même quand on l’est ! Au programme de cette édition :
Mercredi 13 mai : Top Gun de Tony Scott
Jeudi 14 mai : The Bullet Train / Super Express 109 de Junya Sato
Vendredi 15 mai : Les Caprices de l’enfant roi de Michel Leclerc (Avant première)
Samedi 16 mai : Un Homme et une femme de Claude Lelouch
Dimanche 17 mai : Les Hommes du président d’Alan J Pakula
Lundi 18 mai : Viva Maria ! de Louis Malle
Mardi 19 mai : Land and Freedom de Ken Loach
Mercredi 20 mai : Cria Cuervos de Carlos Saura
Jeudi 21 mai : Signore & Signori de Pietro Germi
Vendredi 22 mai : Je hais les acteurs de Gérard Krawczyk
Samedi 23 mai : Mon oncle de Jacques Tati
The Criminals
Par J.V
Le pitch
La découverte d’une bombe non explosée de la Seconde Guerre mondiale dans un chantier de construction londonien, provoque une évacuation massive : l’opportunité parfaite pour un audacieux hold-up…
Ce qu’on en pense
Un pur film d’action et de braquage à l’ancienne, avec explosions, trahisons et rebondissements comme s’il en pleuvait. Nouvelle réussite du cinéma d’action anglais signée du réalisateur de Comancheria, David Mackenzie, avec trois ex-futurs James Bond au casting : Aaron Taylor-Johnson, Theo James et Sam Worthington. Du costaud pour les fans du genre.
C’est quoi l’amour ?
Par J.V
Le Pitch
Lorsque Fred (Vincent Macaigne) demande à son ex-femme, Marguerite (Laure Calamy) , de faire annuler leur mariage à l’Eglise pour pouvoir s’y remarier, elle se réjouit de le voir refaire sa vie. Mais ce qui devait être une simple formalité s’avère plus compliqué que prévu et va les mener jusqu’à Rome avec leurs enfants et leurs nouveaux conjoints. Un voyage haut en couleurs pour tous les membres de cette famille recomposée…
Ce qu’on en pense
Pour son troisième long-métrage Fabien Gorgeart opte pour la comédie de remariage, avec un casting étoilé (Laure Calamy, Mélanie Thierry, Vincent Macaigne) et une vraie bonne idée de scénario: la délicate dissolution d’un mariage religieux qui oblige les ex-époux à renouer des liens anciens. Mené au train d’une screwball comedy de la grande époque, le film évite la charge anticléricale et met les rieurs de son côté. On aime !
Mi Amor
Par J.V
Le pitch
Romy (Pom Klementieff) , accompagnée de son amie Chloé (Freya Mavor), se rend aux Canaries pour mixer lors d’une soirée techno. Au petit matin, son amie a disparu. Aidée de Vincent (Benoît Magimel), le patron du night-club, Romy se lance à la recherche de Chloé…
Ce qu’on en pense
Aussi prolixe qu’imprévisible, Guillaume Nicloux s’offre une récréation polardesque entre deux projets plus sérieux. Ensoleillé, bariolé et musical Mi Amor compense un scénario rachitique par une vraie vista de mise en scène, une BO electro de première bourre et un casting au diapason, à la tête duquel Benoit Magimel fait, comme d’habitude, merveille en patron de club à chemises hawaïennes.
Sauvons les meubles
Par J.V
Le pitch
Lucile (Vimala Pons) est une photographe reconnue et indépendante. Lorsque sa mère tombe malade, elle accourt dans la maison de son enfance et y retrouve son frère Paul (Yoann Zimmer) . Là, ils découvrent que leur mère, autrefois pétillante et entrepreneuse, leur cache des choses… Lucile et Paul comprennent alors qu’ils n’ont plus que quelques jours pour sauver bien plus que les meubles…
Ce qu’on en pense
Césarisée pour un second rôle dans L’Attachement, la géniale Vimala Pons accède enfin aux premiers rôles et s’illustre dans cette dramédie sensible sur fond social. Toute au service d’un trés bon scénario et des acteurs, la mise en scène de Catherine Cosme, venue du théâtre, sait se faire discrète mais efficace. Le film fait mieux que sauver les meubles.
The World of Love
Par J.V
Le pitch
Joo-in ( Su-bin Seo) est une lycéenne espiègle et appréciée de tous. Un jour, un camarade de classe lance une pétition que tous les élèves signent, sauf elle. Son monde, en apparence paisible et insouciant, dissimule un passé douloureux auquel Joo-in est alors contrainte de faire face. Mais loin de se laisser enfermer, elle choisit d’avancer et de se réinventer…
Ce qu’on en pense
Succès inattendu de l’année 2025 en Corée, The World of Love révèle le talent d’une jeune réalisatrice à suivre : Ga Eun Yoon. Sur le thème de l’enfance violée et de la résilience, elle signe un drame très contemporain qui interroge avec une certaine audace la notion de victime. Sous son titre faussement enjoué , The World of Love cache une critique acerbe de la société coréenne.
Nouvelle Vague
Par Ph.D
Le pitch
L’histoire du tournage d’ À bout de souffle , racontée dans le style et l’esprit de Godard tournant À bout de souffle...
Ce qu’on en pense
En 1983, Jim Mc Bride avait débauché Richard Gere et Valerie Kapriski pour tourner un improbable remake d’À bout de souffle made in USA. Quarante ans plus tard, son compatriote Richard Linklater rend bien mieux hommage au film et à son réalisateur avec ce vrai-faux making of très réussi. On y assiste, comme si on y était, au tournage d’A bout de souffle, avec une bande d’acteurs formidables dans les rôles de Godard (Guillaume Marbek) , Seberg (Zoey Deutch) , Belmondo (Aubry Dullin) , Melville (Tom Novembre), Truffaut (Adrien Rouyard) et cie. Il y a dans cet hommage à la Nouvelle Vague, présenté en compétition à Cannes 2025, tout ce qui manquait dans la plupart des films de la compétition: le talent, la fraîcheur , l’humour, la jeunesse, l’insolence… De quoi redonner foi en le cinéma !
Embarquement immédiat
Par Ph.D
Le pitch
Benji ( Lloyd Eyre Morgan) rencontre Jake (David Tag) à la caisse d’un aéroport et est immédiatement intrigué. Jake est musclé, insaisissable, dominant et, comme Benji le soupçonne avec joie, « un peu gay ». S’ensuivent des escapades passionnées à Amsterdam, beaucoup de sexe et l’émergence progressive d’un rapport de force voué à l’échec. Pris dans un tourbillon émotionnel, Benji se retrouve à remettre en question ce qu’il attend de l’amour, de lui-même… et de la vie.
Ce qu’on en pense
Sur le même thème que Pillion en moins original, une comédie dramatique gay « made in GB » (tubes pop, effets graphiques, voix off avec accent cockney, montage dynamique), sur la masculinité toxique chez les homos. Sympathique mais dispensable.
Le Diable en Prada 2
Par J.V
Le pitch
Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l’univers impitoyable et glamour du magazine Runway et des rues new-yorkaises où l’élégance est une arme redoutable…
Ce qu’on en pense
20 ans après, on prend les mêmes (Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci, Emily Blunt…) et on recommence. Plaisir évident de retrouver les saillies vachardes de Miranda/Meryl et les coulisses de la mode new yorkaise. Rien n’a changé ? Si : la presse écrite va mal et son pouvoir s’érode face à celui des géants de la tech. Le film est une défense du journalisme, via le personnage d’Andy, devenue reporter mais réduite à accepter un poste chez son ex-boss pour éviter le chômage. Moins percutant que le premier opus ce Diable 2 se voit néanmoins avec plaisir.
War Machine
Par Ph.D
Le pitch
Après la mort de son frère au combat, un ingénieur militaire (Alan Ritchson) rejoint les Rangers de l’armée américaine et participe à un exercice d’entraînement de routine au cours duquel son commando rencontre une gigantesque machine meurtrière venue d’un autre monde.
Ce qu’on en pense
Trois films en un ! Ça commence en Afghanistan comme un film de guerre où le héros (incarné par Alan Ritchson alias Jack Reacher dans la série du même nom), ça continue à la Full Metal Jacket dans une caserne, où il se forme à la dure comme Ranger (sous le commandement d’un Dennis Quaid bien caricatural) pour honorer une promesse faite à son frère et ça se termine en baston contre un envahisseur extraterrestre indestructible (enfin, pas tout à fait). La réalisation est pétaradante à souhait : ça bastonne ! Au vu des piètres résultats de l’armée US sur les terrains d’opération où elle a été récemment déployée (Afghanistan, Irak, Iran), toute cette propagande ultra militariste est assez risible, mais on n’a pas besoin d’y croire pour bien s’amuser. Les amateurs de blockbusters bien bourrins seront comblés.
Die My Love
Par Ph.D
Le pitch
Grace (Jennifer Lawrence) et Jackson (Robert Pattinson) fuient New York et décident de fonder une famille dans l’immensité sauvage du Montana. Mais quand leur fils naît, lasse et en proie à une solitude grandissante, Grace sent sa réalité lui échapper. Peu à peu, elle perd pied, fragilisée par une maternité qu’elle affronte presque seule…
Ce qu’on en pense
Grosse souffrance que ce nouveau film de Lynne Ramsay , découvert en compétition à Cannes 2025. Un interminable drame sur la dépression post-partum, avec Jennifer Lawrence et Robert Pattinson en jeunes parents venus s’installer dans la maison décrépie d’un oncle suicidé, au fin fond du sud des Etats-Unis. On sait comment ça va finir au bout de 20 minutes et les 90 suivantes sont longues à mourir. Seule subsiste de cette purge abominable la performance de Jennifer Lawrence, toujours bluffante dans les rôles borderlines.
Apex
Le pitch
Alors qu’elle teste ses limites en solo dans la nature sauvage australienne, une femme en deuil (Charlize Theron) se retrouve prise en chasse par un tueur qui a fait d’elle sa proie…
Ce qu’on en pense
Un survival comme on les aime (court et tendu) avec Charlize Theron en alpiniste et kayakiste de l’extrême dans des paysages australiens à couper le souffle. La réalisation, signée Baltasar Kormákur, multiplie les morceaux de bravoure sur un scénario sans surprise, mais efficace. Une bonne production Netflix, quelque part entre Delivrance et Cliffhanger.
Polvo Serán
Par Ph.D
Le pitch
Claudia (Angela Molina), septuagénaire atteinte d’une maladie en phase terminale, décide de se rendre en Suisse pour un suicide assisté. Elle entreprend ce voyage sans retour aux côtés de Flavio (Alfredo Castro) , son compagnon depuis quarante ans, tandis que Violeta (Monica Almirall), leur fille cadette, doit assumer le rôle de médiatrice entre eux et gérer tout ce qu’ils laissent derrière eux…
Ce qu’on en pense
L’adoption récente d’une loi sur le suicide assisté a visiblement marqué la société espagnole. Après Almodovar (La Chambre d’à côté), Carlos Marques-Marcet se frotte au sujet avec cet étonnant drame sur la fin de vie teinté de comédie musicale qui met en scène deux stars ibériques, Angela Molina et Alfredo Castro, dans le rôle des époux qui ont fait le choix de mourir ensemble. Pour eux, la situation est plus compliquée que pour Tilda Swinton dans le film d’Almodovar. Ils ont une fille ensemble qui vit encore avec eux et deux autres enfants séparément, qui se sont éloignés. Tous sont adultes, mais pas forcément capables d’accepter la décision du couple avec sérénité. Le film suit les préparatifs du départ dans une mise en scène sophistiquée, avec des scènes chantées et chorégraphiées qui rappellent que le couple s’est formé dans le milieu du spectacle (lui était metteur en scène, elle actrice et danseuse). A contrario, le dernier acte, presque documentaire, se passe en Suisse et le moins qu’on puisse d’y dire est qu’il ne glamorise pas le protocole. De quoi donner à réfléchir longtemps après la fin de la séance.
Le 13e round
Par Ph.D
Le pitch
Un ancien champion de boxe (Helmi Dridi), retiré du ring pour sa famille, est contraint d’affronter son passé lorsque son jeune fils est atteint d’une maladie grave.
Ce qu’on en pense
La Guerre est déclarée, version tunisienne. La boxe n’est là que pour faire genre (le réalisateur se prénomme Mohamed Ali) et justifier quelques jolies images oniriques. Invoquer le passé d’addiction du père ne sert pas à grand chose non plus. Au final, le film ne dépasse pas le niveau d’un téléfilm sur les cancers infantiles. On a très vite envie de jeter l’éponge…
Un Balcon à Limoges
Par Ph.D
Le pitch
Gladys Choseille (Fabienne Babe), une femme d’une cinquantaine d’années, vit à l’écart de la société, sans logement, sans carte Vitale, sans banque. Rien ne compte pour elle, même pas le sexe, l’alcool et la danse qu’elle pratique pourtant avec une frénésie joyeuse. Un matin, elle rencontre par hasard une amie de lycée, Eugénie Flan (Anne Lise Heimbuger), qui va tenter de l’aider contre sa volonté…
Ce qu’on en pense
Entre Claude Chabrol et Paul Vecchiali, un drôle de polar provincial qui offre à Fabienne Babe un joli rôle de femme farouchement indépendante, face à une excellente et inquiétante Anne Lise Heimburger. Pour amateurs de cinéma français estampillé « Art et Essai »…
















