Cinéma

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The Mastermind

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Massachussetts, 1970. Père de famille en quête d’un nouveau souffle, Mooney (Josh O’Connor) décide de se reconvertir dans le trafic d’œuvres d’art. Avec deux complices, il s’introduit dans un musée et dérobe des tableaux. Mais la réalité le rattrape : écouler les œuvres s’avère compliqué. Traqué, Mooney entame alors une cavale sans retour.

Ce qu’on en pense

On n’attendait évidemment pas de Kelly Reichardt qu’elle nous ponde un film de casse trépidant à la Ocean’s Eleven. Son cinéma est plus psychologique et contemplatif. De fait, la réalisatrice de First Cow s’intéresse plus à la psyché du héros (Josh O’Connor) et aux implications familiales de ses actes qu’au casse en lui-même. En résulte un film déroutant qui risque fort de laisser le spectateur lambda sur la touche.

Marsupilami

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Pour sauver son emploi, David (Philippe Lacheau) accepte un plan foireux : ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex Tess (Elodie Fontan), son fils Léo, et son collègue Stéphane (Julien Arruti) , aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un adorable bébé Marsupilami apparait et le voyage vire au chaos !

Ce qu’on en pense

Certes,  le Marsupilami d’Alain Chabat est loin d’être son meilleur film, mais comparativement à celui de Philippe Lacheau, c’est un pur chef d’oeuvre. Le chef de la tristement célèbre « bande à Fifi » s’empare du personnage de Franquin pour en faire une comédie régressive à sa manière, dans laquelle tous ses habituels complices rivalisent de vulgarité et de bêtise. On a de la peine pour Jamel, embauché pour faire le lien avec le film de Chabat et qui a l’air de se demander dans quelle galère il s’est fourré…

 

 

À Pied d’œuvre

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Photographe bien payé, Paul Marquet (Bastien Bouillon) abandonne son métier pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Il découvre alors l’angoisse de la page blanche, les petits boulots mal payés et la pauvreté…

Ce qu’on en pense

Pour son 8e long métrage Valérie Donzelli adapte le roman éponyme de Franck Courtès, dont l’intrigue résonnait avec son histoire familiale :  « Quand j’ai lu le livre,  confiait-elle lors de son passage au festival Ciné Roman de Nice,  j’ai repensé à mon grand-père et mon arrière-grand-père paternels  qui étaient peintres et sculpteurs. Ils ont vécu toute leur vie dans une extrême pauvreté et mon père en a beaucoup souffert. Il a fait des études de droit alors qu’il dessinait extrêmement bien,  juste pour que ce truc d’artistes maudits ne puisse plus se reproduire. Lorsque j’ai  voulu être actrice, il m’a aussitôt prévenue : tu vas finir clocharde! ». L’actrice- réalisatrice a bien fait de ne pas l’écouter. Son nouveau film raconte l’histoire d’un déclassement sans verser dans le misérabilisme. Il décrit l’ubérisation de la société, qui donne sur la misère « une vue bien dégagée » comme dit le personnage principal,  incarné par l’incontournable Bastien Bouillon, et pose la question : à quoi est-on prêt à renoncer pour son art  ?  

Jamais plus 

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

A la mort de son père, Lily Bloom (Blake Lively)  se lance dans une nouvelle vie à Boston et y ouvre une jolie boutique de fleurs. Elle rencontre un charmant neurochirurgien, Ryle Kincaid (Justin Baldoni) et en tombe amoureuse. Mais assez rapidement Lily commence à entrevoir des aspects de la personnalité de Ryle qui lui rappellent les violences exercées par son père sur sa mère. Lorsqu’Atlas Corrigan (Brandon Sklenar), le premier amour de Lily, réapparait soudainement dans sa vie, elle remet en question sa relation avec Ryle…

Ce qu’on en pense

Une romance sur les violences intraconjugales ? C’est le pari de ce film, sorti en salles en 2024 dans l’indifférence générale et que les abonnés Prime Video sont en train de repêcher. Loin des nombreux drames sur le sujet, dont le cinéma français nous a abreuvé ces dernières années, Jamais plus (dont on préfère le titre original It Ends With Us) parvient à faire vibrer la fibre romantique du spectateur sans céder un pouce sur la dénonciation des violences faites aux femmes et de la dangerosité des pervers narcissiques. La réussite relative du film (on est quand même loin du chef d’oeuvre) tient en grande partie au casting mené par la lumineuse Blake Lively, avec des seconds rôles attachants (Jenny Slate en nouvelle meilleure copine), un « méchant » pas du tout caricatural et une photographie très soignée. Cela suffit à en faire une production assez recommandable.

Nuremberg

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

1945. Il est temps d’instruire le procès du régime nazi à Nuremberg. Le psychiatre américain Douglas Kelley (Rami Maleck) doit évaluer la santé mentale des dignitaires du IIIᵉ Reich. Face au manipulateur Hermann Göring (Russel Crowe), il se retrouve pris dans un rapport de force. S’ouvre alors un duel avec le mal absolu.

Ce qu’on en pense

Rendu méconnaissable par le grimage, Russel Crowe campe un Hermann Göring sans le moindre remord dans cette fiction US inspirée des mémoires du psychiatre Douglas Kelley, qui officia comme expert au procès de Nuremberg.  Face à lui, Rami Maleck est toujours impeccable en psychiatre chargé d’évaluer la santé mentale des dignitaires nazis. Un angle original pour évoquer le procès le plus important de l’histoire contemporaine.  

Gourou

Cinéma|

 

Le pitch

Matt (Pierre Niney)  est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu’elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s’engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire…

Ce qu’on en pense

Pierre Niney retrouve le réalisateur de Boite Noire, Yann Gozlan, pour un thriller psychologique sur la manipulation des esprits, sujet qui lui tenait visiblement à coeur. Le film repose entièrement sur sa prestation supposément  « habitée », au point qu’aucun des autres personnages n’existe vraiment à l’écran. Comme le scénario multiplie les invraisemblances et que sa mise en oeuvre traîne en longueur, on s’agace assez rapidement des effets visuels clipesques et d’une musique assénée encore plus lourdement que les conseils en développement personnel du héros. Bref, en ce qui nous concerne,  Gourou a totalement « loupé le coach ».

 

 

La Grazia

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Mariano De Santis (Toni Servillo), Président de la République italienne, est un homme marqué par le deuil de sa femme et la solitude du pouvoir. Alors que son mandat touche à sa fin, il doit faire face à des décisions cruciales qui l’obligent à affronter ses propres dilemmes moraux : deux grâces présidentielles et un projet de loi hautement controversé…

Ce qu’on en pense

Pour le septième collaboration , Paolo Sorrentino (réalisateur) et Toni Servillo (acteur) brossent le portrait sensible d’un homme d’Etat très éloigné de l’image qu’en donnent la plupart des dirigeants actuels. Servillo,  que ses rôles dans Il Divo et Silvio  ont établi comme l’incarnation de la duplicité politique,  trouve enfin ici la fameuse « grâce » annoncée par le titre. Et d’une certaine manière Sorrentino aussi, qui abandonne pour une fois ces affèteries et outrances habituelles au profit d’une réalisation plus sobre (mais pas moins léchée).  Le propos est d’autant plus clair: le monde a besoin de dirigeants (et de films) plus dignes.

Bel Ami

Cinéma|

Par  Ph.D

Le pitch

Dans une ville chinoise moyenne figée dans le temps, un homme d’âge mûr trouve l’amour et choisit de le vivre au grand jour. Quelques rues plus loin, un couple de femmes cherche un homme que l’une d’entre elle pourrait épouser pour donner naissance à un enfant. Derrière ces deux histoires d’amour, la passion s’entremêle à la confusion identitaire, bousculant les normes et les silences d’une société marquée par les dogmes du communisme.

Ce qu’on en pense

Romances queer dans une petite ville chinoise enneigée et quasi désertique, filmée en noir et blanc par un émule d’Aki Kaurismaki. C’est trés bavard, plutôt pudique, pas franchement passionnant,  mais finalement plutôt original dans le ton et dans la forme et, au final,  assez charmant.  On gardera en tête le nom de Jun Geng comme celui d’un nouvel ami.

 

Le Chasseur de baleines

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Leshka (Vladimir Onokhov) est un adolescent qui vit dans un village isolé sur le détroit de Béring, situé entre la Russie et l’Amérique. Comme la plupart des hommes de son village, il vit de la chasse de la baleine et mène une vie très calme à l’extrémité du monde. Avec l’arrivée récente d’internet, Leshka découvre un site érotique où officie une cam girl (Kristina Asmus) qui fait naître en lui un désir d’ailleurs…

Ce qu’on en pense

Du désir charnel au désir d’ailleurs, il n’y a qu’un pas: celui que franchit le modeste héros de cette fable du bout du monde. Pour rejoindre la cam-girl dont il est tombé raide amoureux via l’écran de son ordinateur, ce jeune chasseur de baleines Russe parviendra-t-il à franchir le détroit qui sépare son pays d’une Amérique fantasmée ? Son quotidien est filmé avec un souci de réalisme presque documentaire. Ce qui nous vaut, notamment, une scène de pêche au harpon qui donne envie d’envoyer un chèque à Paul Watson. Comme dans la tête du jeune garçon, le rêve et la réalité se mélangent dans un final un peu convenu.

 

 

Nice : films japonais

Cinéma|

Par la rédaction

Après le succès de la précédente édition (plus de 40 000 spectateurs), le festival Saisons Hanabi 2026 fait à nouveau s’entrechoquer intime et collectif.  Du 28 janvier au 3 février 8 grands films japonais sont présentés en avant première au Pathé Massena (Nice) et dans plusieurs autres salles à Fréjus, Hyères et Toulon pour 9 € la séance. Au centre de la sélection 2026, Love on trial : l’histoire d’une idole poursuivie par son agence pour avoir aimé. Au-delà du scandale, se révèle un système qui contrôle jusqu’aux émotions, dans une industrie où la sincérité devient un acte de résistance. Kōji Fukada, fidèle à son regard humaniste, signe une œuvre à la fois pop et politique – à l’image de cette saison, vibrante mais lucide. Cette même tension entre vérité et façade traverse Sham, un thriller où la justice se mue en spectacle, et trouve un écho plus intime dans la comédie Mon grand frère et moi qui, après La Famille Asada, rappelle avec tendresse que déjouer les apparences passe davantage par l’émotion que par la raison. Si les films de cette édition dialoguent si bien entre eux, c’est qu’ils explorent ce même instant fragile : celui où l’on cesse de jouer un rôle, où le masque tombe, et où la vérité affleure. De Fais-moi un signe à Sous le ciel de Kyoto, de La Fille du konbini à Seppuku, peu à peu la façade se fissure sous le regard de cinéastes talentueux. Et n’est-ce pas, aussi, la mission que s’assigne Hanabi : inviter le spectateur à découvrir un Japon sans fard – plus nuancé, plus vrai ?

F1

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Sonny Hayes (Brad Pitt) était le prodige de la F1 des années 90 jusqu’à son terrible accident. Trente ans plus tard, devenu un pilote indépendant, il est contacté par Ruben Cervantes (Javier Bardem), patron d’une écurie en faillite qui le convainc de revenir pour sauver l’équipe et prouver qu’il est toujours le meilleur. Aux côtés de Joshua Pearce (Damson Idris), diamant brut prêt à devenir le numéro 1, Sonny réalise vite qu’en F1, son coéquipier est aussi son plus grand rival, que le danger est partout et qu’il risque de tout perdre…

Ce qu’on en pense

Après les avions de chasse de  Top Gun : Maverick , Joseph Kosinski nous embarque à bord des bolides du championnat du monde de Formule 1 avec,  au volant,  un autre sex-symbol sexagénaire (Brad Pitt pour ne pas le nommer). Le scénario est sans surprise,  mais les scènes de course sont extrêmement réalistes et immersives. Sur grand écran, les sensations sont incroyables ! Les amateurs de F1 reconnaîtront leurs circuits préférés, les autres pourront se contenter du drama bien formaté pour un blockbuster qui tient la route.

Sinners

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Alors qu’ils cherchent à s’affranchir d’un lourd passé, deux frères jumeaux (Michael B. Jordan) reviennent dans leur ville natale pour repartir à zéro. Mais ils comprennent qu’une puissance maléfique bien plus redoutable guette leur retour avec impatience…

Ce qu’on en pense

Après avoir relancé la franchise Rocky avec Creed et dopé celle de Black Panther avec un premier opus qui figure parmi les meilleurs Marvel, Ryan Coogler s’offre une récréation avec cette série B horrifique dans laquelle il embarque son acteur fétiche, Michael B Jordan,  pour un double rôle épatant. Un mix détonnant de Get Out  (Jordan Peele) et d’Une nuit en enfer (Robert Rodriguez),  mené tambour battant,  avec changements de genres (horreur, politique, musical),  clins d’oeil à Carpenter, Peckinpah, Tarantino et Brian De Palma,  le tout boosté par une BO qui, elle aussi brasse les genres entre blues, country et ragtime. Pour ceux qui l’ont manqué à sa sortie en salles, séance de rattrapage vivement recommandée  sur Canal+ avant les Oscars pour lesquels le film a établi un record historique de nominations. 

Hamnet

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Angleterre, 1580. William  (Paul Mescal), un professeur de latin désargenté, fait la connaissance d’Agnes (Jessie Buckley) , jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel

Ce qu’on  en pense

Après une incursion malheureuse dans le film de super-héros (Les Eternels 2021), Chloe Zhao retourne à un cinéma plus proche de ses racines avec ce vrai-faux biopic de William Shakespeare centré sur sa relation avec son épouse et le deuil d’un de leurs enfants. Avec une intelligence et une sensibilité inouïes, la réalisatrice de Nomadland (2021) met en scène Jessie Buckley et Paul Mescal dans les rôles principaux pour une réflexion sur le pouvoir réparateur de l’écriture. Un film grandiose et bouleversant promis à une pluie d’Oscars.

Le Mage du Kremlin

Cinéma|

Par PH.D

Le Pitch

Russie, années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov (Paul Dano), trace sa voie. D’abord artiste puis producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, le futur « Tsar » Vladimir Poutine (Jude Law).Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images, les perceptions. Mais une présence échappe à son contrôle : Ksenia (Alicia Vikander),  femme libre et insaisissable, incarne une échappée possible, loin des logiques d’influence et de domination. Quinze ans plus tard, après s’être retiré dans le silence, Baranov accepte de parler. Ce qu’il révèle alors brouille les frontières entre réalité et fiction, conviction et stratégie. Le Mage du Kremlin est une plongée dans les arcanes du pouvoir, un récit où chaque mot dissimule une faille…

Ce qu’on en sait

Olivier Assayas adapte le roman éponyme de Giuliano da Empoli en prenant suffisamment de libertés pour en faire un thriller politique passionnant. Malgré un scénario qui balaye 30 ans d’histoire de la Russie, le  film éclaire la situation actuelle  en montrant comment le système totalitaire s’est mis en place et s’est perpétué depuis en utilisant tous les ressorts du storytelling, des réseaux sociaux et de la guerre hybride. Jouant (un peu trop)  le mimétisme avec le personnage qu’il incarne Jude Law, campe un Poutine d’une froideur effrayante face à un Paul Dano inspiré en nouveau Raspoutine. Aidé par Emmanuel Carrere pour le scénario, Olivier Assayas signe une adaptation brillante du roman qui respecte totalement son écriture (via la voix off) en y ajoutant de la romance via le personnage de Ksenia, mauvaise conscience du héros joliment incarnée par Alicia Vikander.

Le Retour du projectionniste

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Dans une région reculée des montagnes du Caucase, en Azerbaïdjan, Samid, réparateur de télévision, dépoussière son vieux projecteur 35mm de l’ère soviétique et rêve de rouvrir le cinéma de son village. Les obstacles se succèdent jusqu’à ce qu’il trouve un allié inattendu, Ayaz, jeune passionné de cinéma et de ses techniques. Les deux cinéphiles vont user de tous les stratagèmes pour que la lumière jaillisse de nouveau sur l’écran.

Ce qu’on  en pense

Un Cinema Paradiso azérbaïdjanais… Mais pas seulement ! Le film se présente comme un documentaire (l’histoire vraie d’un ancien projectionniste de cinéma devenu réparateur de télévisions dans son village des montagnes du Caucase),  mais il a été tourné comme une fiction. L’image est magnifique et la mise en scène sans cesse inventive. Dans leurs propres rôles les villageois sont parfaitement dirigés et l’effet d’immersion est total. Comme son modèle, Le Retour du projectionniste est une ode au cinéma et aux projections en public, en même temps qu’un instantané saisissant sur la vie dans ces régions reculées du Caucase, où la simple commande d’une ampoule de projecteur relève de l’épopée et où une projection devient une aventure collective. Formidable !