Cinéma

/Cinéma

La Baleine et le musicien

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Après avoir découvert que sa musique semble mystérieusement attirer les cétacés, le compositeur Rone embarque pour une expérience singulière : tenter d’établir un dialogue musical en pleine mer avec une baleine à bosse. Lui répondra-t-elle ?

Ce qu’on en pense

Passionné de baleines, le Marseillais Valentin Paoli a eu l’idée de son premier film en regardant sur Youtube des vidéos de plaisanciers jouant la musique de Rone pour attirer des cétacés. Il en a parlé au compositeur de musiques électroniques  qui, de son côté, cherchait à rompre avec la frénésie des enregistrements et des tournées. On le voit demander à la maitrise de Radio France de reproduire en choeur des chants de baleine pour les incorporer à sa musique, puis rencontrer l’universitaire Olivier Adam spécialiste des chants de baleine. S’ensuit un séjour d’une vingtaine de jours à La Réunion pour essayer d’entrer en contact avec les baleines à bosse. Valentin Paoli filme l’attente et les doutes du compositeur, les efforts de l’équipage et des scientifiques pour le convaincre de faire son expérience sans déranger les cétacés. Le film est  un portrait d’Erwan Castex, alias Rone,  un témoignage du processus créatif de l’enregistrement de son dernier album (Megaptera qui est aussi la BO du film), en même temps qu’une belle aventure collective. N’attendez pas de fun facts sur le langage des baleines, ni d’enquête sur leur supposée affinité avec la musique électronique: plus qu’un simple documentaire, La Baleine et le musicien est un conte moral, poétique, musical et écolo. 

Shana

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Shana (Eva Huault) traverse les galères du quotidien avec une énergie débordante et le soutien de sa bande de copines. Lorsque sa grand-mère décède, elle hérite d’une bague censée protéger du mauvais œil. Shana a bien besoin de ce coup de pouce. D’autant qu’avec la sortie de prison de son compagnon toxique, les mésaventures s’accumulent !

Ce qu’on en pense

Un premier film remarqué à Cannes 2026, avec lequel Lila Pinell se révèle adepte d’un réalisme social « à la Kechiche ». Eva Huault porte  son premier premier rôle avec un tempérament qui devrait lui en valoir d’autres. Le personnage qu’elle incarne est attachant, mais épuisant à suivre dans ses excès.

Ulysse

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Alice (Élodie Bouchez), chercheuse en sociologie découvre qu’elle est enceinte. Luc (Stanislas Merhar) son mari, exulte. Ce sera un garçon ! Ils l’appelleront Ulysse. Sauf qu’à un an, Ulysse ne rentre pas dans les courbes. Trop petit, trop maigre. Les pédiatres s’interrogent et le verdict tombe : syndrome génétique. Ulysse ne sera pas comme les autres. Mais comment sera-t-il ? Mystère. Commence alors la très particulière odyssée d’Ulysse : marcher, parler, apprendre, comprendre, s’épanouir. Alice se lance dans l’aventure, déterminée à ce qu’Ulysse trouve sa place dans le monde…

Ce qu’on en pense

Laetitia Masson s’appuie sur sa propre expérience de mère pour raconter la vie avec un enfant handicapé. Le film est frontal et balaie toute la gamme de problèmes auxquels la famille doit faire face,  sans céder à l’auto apitoiement, ni au sentimentalisme. C’est sa qualité et sa limite. Faute d’être ému, on retient surtout la critique du système et le courage de la mère (Elodie Bouchez, parfaite) qui n’abandonne jamais l’idée que son fils pourra un jour être autonome.

Jim Queen

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité.

Ce qu’on en pense

Eclat de  rire de Cannes 2026, Jim Queen dénonce avec un humour ravageur l’homophobie sous toutes ses formes. Le comique de transgression y est porté comme un étendard mais finit par (s’)épuiser à force de gags et de vannes enchainés à tout berzingue sans la moindre retenue.

Toy Story 5

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Buzz, Woody, Jessie et le reste de la bande voient leur travail remis en question lorsqu’ils découvrent que ce qui obsède les enfants d’aujourd’hui s’appelle… l’électronique !

Ce qu’on en pense

Ce cinquième opus a été mis en chantier pour les 30 ans de la saga Toy Story. Un clin d’œil assumé par Pixar, qui en profite pour questionner l’évolution du jeu… sur trois générations d’enfants. Après 4 films parfaits, Toy Story est l’une des rares franchises à n’avoir jamais déçu. Espérons que ce sera encore le cas !  Critique à venir.

Resurrection

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Dans un monde où l’interdiction de rêver a donné aux Hommes l’immortalité, un jeune « Revoleur »  se transporte  dans cinq époques différentes. Tandis que le XXe siècle défile, une femme suit sa trace pour le ramener à la réalité…

Ce qu’on en pense

Prix spécial du jury à Cannes 2025, où il était présenté en compétition, le film-fleuve du Chinois Bi Gan, émule de Leon Carax,  a constitué le choc esthétique de l’édition. Evidemment, on ne comprend rien à cette histoire de « voleurs de rêve » profondément ancrée dans celle du cinéma…  Mais la maestria de la mise en scène emporte tout. Le film le plus dingue de l’année. 

The Christophers

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Julian Sklar (Ian McKellen), ancienne figure majeure du pop art londonien devenu misanthrope n’a plus rien peint depuis des décennies. Ses enfants, avides d’héritage, engagent Lori (Michaela Coel), restauratrice et ex-faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Sa mission : finir en secret une série de huit toiles inachevées, les « Christophers », et en tirer une fortune.

Ce qu’on en pense

Après un documentaire dispensable sur John Lennon découvert à Cannes, Steven Soderbergh revient à ce qu’il fait de mieux: le film d’arnaque.  L’action se situe, cette fois dans le milieu de l’art à Londres pour questionner les notions de vrai, de faux , de création et de propriété intellectuelle. Le tout brillamment emballé sous la forme d’une comédie à suspense réalisée avec sa maestria habituelle. Ian McKellen, gueule bien connue du cinéma anglais, y trouve un de ses meilleurs rôles.

The Furious

Cinéma|

Par  Ph.D

Le pitch

Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, est un journaliste tenace dont la femme a mystérieusement disparu. Unis par un même désir de vengeance, ces deux hommes que tout oppose affrontent les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci.

Ce qu’on en pense

Un film de castagne pour l’été : quelle bonne idée. Muni d’un scénario minimaliste, Kenji Tanigaki enchaine les morceaux de bravoure comme à la grande époque des Bruce Lee et autres Bud Spencer movies. Le résultat est plaisant bien qu’un tantinet répétitif. Il n’y a guère de suspense (la fille sera forcément sauvée par son père) et on a tellement vu de bastons dans les films qu’on est aujourd’hui un peu blasés. Le plaisir qu’on y prend s’est nettement émoussé depuis le premier John Wick, par exemple. Dans le genre, on conseillera plutôt d’attendre la sortie de Hope, film-choc de Cannes 2026 dans lequel les poursuites et les combats prennent une toute autre dimension.

 

Le Vertige

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Jacques (Alain Chabat) se rend chez son ami Bruno (Jonathan Cohen) pour lui annoncer une nouvelle importante : l’humanité toute entière vit dans une simulation…

Ce qu’on en pense

Dévoilé en clôture à la Quinzaine des Cinéastes lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Le Vertige confirme, une fois encore, la prolixité et la singularité de Quentin Dupieux. Tourné en motion capture et transposé dans un univers visuel de jeu vidéo rétro,  son nouveau film  s’inspire d’une théorie en vogue dans les sphères high-tech: le monde que nous connaissons ne serait en fait qu’une simulation. Le produit d’une super intelligence artificielle gérant une monde virtuel comme celui des Sims ou de Matrix.  Les personnages incarnés par Alain Chabat et Jonathan Cohen vont donc s’attacher à trouver les failles du programme,  avec l’aide d’Anaïs Demoustier et de Jean Marie Winling, dans une satyre absurde mais pertinente de notre société. Vertigineux !

Disclosure Day

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Daniel (Josh O’Connor) travaille pour une société privée qui centralise pour le gouvernement américain les données secrètes concernant les extra terrestres. Les documents et les technologies qui passent entre ses mains sont tellement effarants, qu’il décide de les rendre publics. S’engage alors une course poursuite effrénée pour l’empêcher de révéler au monde l’existence de contacts avec les Aliens…

Ce qu’on en pense

Après ET, Rencontres du 3e type et La Guerre des mondes, Steven Spielberg revient à la SF et aux extraterrestres. Quelle bonne idée ! Disclosure Day s’inscrit dans la droite lignée des opus précédents : un pur film de SF à l’ancienne, mené à fond de train, sur un scénario qui brasse des sujets très actuels  (lanceurs d’alerte, hyper surveillance, complotisme, menace de guerre mondiale, course aux nouvelles technologies, religion…) dans un mélange de suspense et de second degré. Réalisé de main de maître avec un casting épatant (Emily Blunt, Colin Firth, Colman Domingo, Eve Hewson), Disclosure Day se classe d’emblée dans le haut de la filmographie du conteur génial qu’est Steven Spielberg.  Si, comme il le professe, l’émerveillement et l’empathie pouvaient vraiment sauver le monde, il en serait le Messie.

D’un monde à l’autre

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Après la mort accidentelle de son meilleur ami, Jérémie Renier entame un chemin de recueillement grâce à la rencontre d’un explorateur français, Loury Lag, qui parcourt des territoires inhabités dans des conditions extrêmes. Ils vont partir ensemble à travers la banquise arctique. Livrés à eux-mêmes, les deux hommes vont frôler la mort, jusqu’à redevenir vivants.

Ce qu’on en pense

Son nom n’est pas prononcé, mais c’est la mort de Gaspard Ulliel qui a poussé Jérémie Renier à  passer derrière la caméra et à se lancer dans un périple en terre arctique pour exorciser son chagrin. Inconsolable après  la mort accidentelle de son meilleur ami, l’acteur révélé par les frères Dardenne ne pouvait envisager de continuer à jouer comme si de rien n’était. Sa rencontre avec l’explorateur Loury Lag sera déterminante. Malgré le danger, la trahison et les doutes, leur aventure en duo aux confins du monde fournit la matière à ce documentaire intime, superbement mis en images. Un voyage sensoriel à travers le deuil et l’amitié.

L’Etranger

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Alger, 1938. Meursault (Benjamin Voisin), un jeune homme d’une trentaine d’années, modeste employé, enterre sa mère sans manifester la moindre émotion. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie (Rebecca Marder), une collègue de bureau. Puis il reprend sa vie de tous les jours. Mais son voisin, Raymond Sintès (Pierre Lottin) vient perturber son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches.  Jusqu’à un drame sur une plage, sous un soleil de plomb…

Ce qu’on en pense

Comme il l’avait fait pour Frantz, un de ses meilleurs films, François Ozon a choisi de tourner en noir et blanc cette fidèle adaptation du célèbre roman d’Albert Camus. Et c’est à Benjamin Voisin qu’il a confié le rôle de Meursault, fils qui ne pleure pas sa mère et tue sans raison un arabe sur une plage. Des choix payants pour un long métrage qui s’inscrit d’emblée dans le haut de sa déjà opulente filmographie. La comparaison avec le film qu’avait tiré Visconti de l’oeuvre de Camus (avec Marcello Mastroianni et Anna Karina) se fait même plutôt à son avantage. C’est dire la réussite de ce projet pourtant sacrément périlleux.

Vie privée

Cinéma|

Par PH.D

Le pitch

Lilian Steiner ( Jodie Foster) est une psychiatre reconnue. Quand elle apprend la mort de l’une de ses patientes (Virginie Effira) , elle se persuade qu’il s’agit d’un meurtre. Troublée, elle décide de mener son enquête…

Ce qu’on en pense

Après avoir fait tourner Natalie Portman et Lily Rose Depp dans Planetarium (2016), Rebecca Slowtowski offre à Jodie Foster son premier grand rôle dans un film français. Celui d’une psy menant l’enquête, veine frontale apparente,  sur le suicide suspect d’une de ses patientes. Un thriller Hitchcoco-Allenien , dans lequel la star américaine, au français si parfait qu’il  lui faut l’émailler de charmants « shit » et « fuck » pour qu’on ne doute pas de ses origines américaines,  partage l’affiche avec le gratin du cinéma français (Daniel Auteuil et Virginie Effira en l’occurence). Un chouette Whodunit psychanalytique doublé d’une comédie de remariage.

Les Enfants vont bien

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Un soir d’été, Suzanne (Juliette Armanet), accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa sœur Jeanne (Camille Cottin). Celle-ci est prise au dépourvu. Non seulement elles ne se sont pas vues depuis plusieurs mois mais surtout Suzanne semble comme absente à elle-même. Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa sœur. La sidération laisse place à la colère lorsqu’à la gendarmerie Jeanne comprend qu’aucune procédure de recherche ne pourra être engagée : Suzanne a fait le choix insensé de disparaître en lui laissant ses enfants.

Ce qu’on en pense

Après Toni en famille (2023), dans lequel Nathan Ambrosioni lui faisait incarner une mère de famille nombreuse, Camille Cottin est à nouveau la tête d’affiche du nouveau film du jeune réalisateur Grassois. Elle y incarne, cette fois, une célibataire endurcie qui n’avait pas prévu d’avoir à élever des enfants, jusqu’à ce que sa soeur (Juliette Armanet), mère isolée en galère,  les lui laisse en garde sans prévenir, avant de disparaître sans laisser de traces. Un rôle en or pour l’ex-connasse de Canal+ dont la filmographie devient de plus en plus intéressante. Idem, pour celle du précoce Ambrosioni (26 ans et déjà 5 long métrages à son actif) ,  qui s’enrichit ici d’un mélodrame intime parfaitement maitrisé. Il n’a pas volé son Grand Prix à Angoulême.

Francesca & Giovanni

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Sicile, 1979. Francesca Morvillo (Ester Pantano) rencontre le juge Falcone (Primo Reggiani). Elle-même est magistrate et défend les mineurs recrutés par la Mafia, militant pour leur offrir un avenir hors de la pègre. Falcone fait partie d’un pool anti-mafia. Ils sont connus pour leur détermination. Pendant 10 ans, ils œuvrent ensemble pour libérer Palerme de la Cosa Nostra. Jusqu’en 1992, où ils succombent à un attentat… L’histoire d’un grand amour dans une Sicile tourmentée par la Mafia.

Ce qu’on en pense

Raconter l’histoire du juge Falcone sous la forme d’une romance, il fallait oser. Simona Izzo, Ricky Tognazzi  s’y sont mis à deux pour accoucher de ce piètre téléfilm qui baigne dans la guimauve et  une reconstitution « touristique » du Palerme des années 70. On est loin des grandes heures du cinéma politique italien… Seul intérêt, la réhabilitation de la figure oubliée de Francesca Morvillo,  victime collatérale de l’attentat qui a causé la mort de Giovanni Falcone.