L’Abandon
Par Ph.D
Le Pitch
Le 16 octobre 2020, Samuel Paty (Antoine Reinartz), professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné à la sortie de son collège…
Ce qu’on en pense
A défaut de panthéonisation, Samuel Paty a droit aux honneurs du cinéma et du Festival de Cannes. Le premier film qui lui est consacré (un téléfilm suivra) sort en salles le jour même de sa présentation, hors compétition, à Cannes. Il est signé d’un spécialiste du genre,Vincent Garenq, auquel on doit déjà un film sur Outreau et une série sur l’affaire Iacono. Comme son titre l’indique assez clairement, L’Abandon montre l’enchaînement des faits qui ont conduit à la décapitation du malheureux professeur, en insistant sur les manquements de l’administration et de la justice qui ont abouti au drame. Le spectacle de cette déroute est, reconnaissons le, assez pénible et la fiction n’apporte pas grand chose à ce que savent déjà ceux qui ont suivi de prés les procès des protagonistes. L’intérêt du film réside plutôt dans les réactions qu’il provoquera …ou pas.
La Vénus électrique
Par Ph.D
Le pitch
Paris, 1928. Antoine Balestro (Pio Marmaï) , jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse (Vimala Pons) et désespère Armand (Gilles Lellouche), son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne (Anaïs Demoustier), une modeste artiste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule…
Ce qu’on en pense
Drôle de promotion pour Pierre Salvadori qui passe avec brio des comédies populaires (Les Apprentis, Dans la cour, Hors de prix, En liberté… ) au tapis rouge du gala d’ouverture du 79e festival de Cannes, avec cette comédie en costumes virevoltante sur le mensonge, la manipulation et le pouvoir consolateur de l’art, dans laquelle Pio Marmaï et Anaïs Demoustier forment un duo irrésistible, bien secondés par Gilles Lellouche et Vimala Pons. Les dialogues pétillent, les situations font sourire ou émeuvent, la réalisation emballe le tout avec grâce . A la fin, on a envie d’applaudir les artistes. Les festivaliers ne s’en sont pas privé.
Un Simple accident
Par Ph.D
Le pitch
Iran, de nos jours. Un homme croise, par hasard ,celui qu’il croit être son ancien tortionnaire. Il l’enlève pour se venger. Mais face à ce père de famille qui nie farouchement avoir été son bourreau, le doute s’installe…
Ce qu’on en pense
Malgré la dictature et les mollahs, l’Iran continue à produire bon an mal an des oeuvres marquantes du 7e art. L’an dernier déjà, Mohammad Rasoulof avait bien failli rafler la Palme d’or avec Les Graines du figuier sauvage. C’est Jafar Panahi qui a finalement décroché la timbale en 2025 avec Un Simple accident, l’histoire d’une vengeance qui aura lieu ou pas. Une Palme d’or engagée et humaniste, tournée clandestinement, qui s’appuie sur la longue expérience du réalisateur avec les prisons du régime. Peut-être pas le meilleur film de Jafar Panahi, mais l’un des plus solides malgré les conditions de tournage. Et aussi l’un des plus drôles dans le registre de la tragi comédie, avec une bande d’acteurs épatants qui ont, eux aussi, pris tous les risques pour que le film puisse exister. A voir !
Junk World
Par Ph.D
Le pitch
Dans un futur lointain, une équipe d’humains, clones et cyborgs explore un empire robotique souterrain, mais tombe dans une embuscade de cyborgs rebelles. Un voyage dans le temps et les dimensions…
Ce qu’on en pense
Après 7 ans de travail acharné, seul dans sa chambre avec un tas de terre glaise et une mini caméra, le japonais Takahide Hori avait réussi à produire l’un des films les plus sidérants de l’année 2022 (lire la critique) . Fort du succès de sa création auprès d’un public biberonné aux mangas asiatiques, et grâce à l’achat d’une imprimante 3D, il n’a mis que 3 ans à réaliser ce prequel situé 1000 ans avant Junk Head . On y retrouve son univers original, mélange de figurines enfantines, d’esthétique BDSM, de SF et de gore, au service d’une histoire qui navigue dans le temps et les dimensions. On n’a, cette fois encore, pas tout compris, mais on a pris beaucoup de plaisir à se laisser immerger dans ce sous-monde mythologique. Vivement le troisième volet qui, avec l’Intelligence Artificielle, ne devrait pas prendre plus de quelques minutes à produire.
Billie Eilish: Hit Me Hard
Par Phil Inout
L’idole des ados mal dans leur peau qui s’offre les services de James Cameron (Titanic, Avatar) pour filmer sa dernière tournée: cela pourrait ressembler à un caprice d’enfant gâtée. Sauf que le film est une énorme claque. Nul besoin de connaître les chansons de Billie Eillish par coeur (comme 99,99% des spectateurs du concert et du film) pour saluer la performance. Des concerts filmés, on en a vu beaucoup. Mais rarement a-t-on eu l’impression d’être vraiment dans la salle, même lorsque Martin Scorsese réalisait. La 3D (que James Cameron a réinventée) est ici un atout majeur : sur écran géant, lunettes 3D sur le nez, le spectacle est formidablement immersif. On a non seulement l’impression d’être dans la salle, mais aussi parmi les musiciens et à dix centimètres de la chanteuse. Y compris en coulisses ou lorsqu’elle passe sous la scène et parmi la foule, cachée dans une caisse de matériel. Et le plus épatant c’est que les seules caméras que l’on voit à l’écran sont celles qui captent le concert en direct pour envoyer les images sur les écrans de scène. A aucun moment celles de James Cameron ne sont visibles. Elle sont pourtant énormes à en juger par celles que l’on aperçoit à ses côtés lorsqu’il interviewe la chanteuse. On espère voir un jour le makin of du film pour savoir comment il a fait pour donner l’impression d’être partout et de tout filmer en restant totalement invisible. Un vrai tour de magie !
Cannes 2026
Par Ph.D
Un film de Steven Soderbergh sur John Lennon, un autre sur (et encore un autre avec) Eric Cantona, un biopic de Charles de Gaulle, le retour de Nicolas Winding Refn et de James Gray, John Travolta et Andy Garcia réalisateurs, Park Chan-wook président du jury, Eye Haïdara maitresse de cérémonie, Barbra Streisand et Peter Jackson honorés, Ron Howard, Cate Blanchett et Tilda Swinton en masterclass… Le casting de Cannes 2026 (12-23 mai) a été dévoilé le 9 avril par Thierry Frémaux, délégué général du Festival. Une sélection marquée par l’absence des grands studios US, une forte présence espagnole avec Almodovar en majesté et beaucoup de films historico-politiques. La France fera l’ouverture hors compétition le 12 mai avec La Vénus électrique de Pierre Salvadori. Que la fête commence !
Une bataille après l’autre
Par Ph.D
Le pitch
Ancien révolutionnaire désabusé et paranoïaque, Bob (Leonardo DiCaprio) vit en marge de la société, avec sa fille Willa (Chase Infitini), indépendante et pleine de ressources. Quand son ennemi juré (Sean Penn) refait surface après 16 ans et que Willa disparaît, Bob remue ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé…
Ce qu’on en pense
Comme il l’avait déjà fait avec Inherent Vice (2014), Paul Thomas Anderson adapte un roman de Thomas Pynchon, Vineland, qu’il transpose des années Reagan à celles du Trumpisme triomphant. Mieux qu’ Eddington, Une bataille après l’autre raconte la folie suprémaciste qui s’est emparée de l’Amérique Maga, avec son cortège de violence politique, d’intégrisme religieux, de bêtise crasse et de folie furieuse. Tourné en Vistavision, le film convoque le meilleur du cinéma indépendant américain, du Spielberg de Duel au Tarantino de Jackie Brown en passant par les frères Coen. Avec un Leonardo DiCaprio révolutionnaire en peignoir Lebowskien, Sean Penn en militaire-milicien psychopathe bodybuildé, Benicio Del Toro en prof de karaté gourou passeur de migrants et une flopée de militantes pro immigration en jupons. Hyper rythmé (on ne voit pas passer les 2h40), burlesque, violent et caustique, Une Bataille après l’autre est le blockbuster de l’année qu’on n’attendait plus. Un régal cinéphile et mainstream. Meilleur film de l’année 2025 !
Downton Abbey III
Par J.V
Le pitch
A l’aube des années 1930, chacun tente de faire évoluer Downton Abbey avec son temps. Une nouvelle ère s’annonce, pleine de défis, de remises en question et d’espoirs…
Ce qu’on en pense
Après un détour inattendu par la Côte d’Azur (Une nouvelle ère), la saga Downtown Abbey revient pour un « Grand Final » qui sonne comme un retour aux sources. Entre mélo historique et comédie de moeurs, Julian Fellowes offre aux héros de Downtown Abbey une fin plus digne de leur rang que celle de la série, qui s’était conclue en 2015 par une avalanche de bons sentiments. Wonderful !
Chien 51
Par Ph.D
Le pitch
Dans un futur proche, Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia (Adèle Exarchopoulos) et Zem (Gilles Lellouche), deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.
Ce qu’on en pense
Après les très réalistes Bac Nord et Novembre, Cedric Jimenez se frotte au polar dystopique à la Blade Runner/Minority Report avec un casting d’enfer (Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos, Romain Duris, Valeria Bruni Tedeschi…) et 42 gros millions de budget. Le résultat est à la hauteur : pas une seconde de répit et des scènes spectaculaires, pour un semblant de réflexion sur les dangers de l’Intelligence Artificielle. En se concentrant sur le duo de flics (Lellouche-Exarchopoulos relookés Blade Runner) et sur l’action pure, avec des drones mitrailleurs de partout, Jimenez tire du roman de Lauent Gaudé un blockbuster à la française, clinquant et pétaradant à souhait. Avec un budget plus modeste , des acteurs inconnus et quelques moments de répit, le film aurait sans doute été bien meilleur.
Cannes 2026: ciné plage
Par la rédaction
«Gratuit et ouvert à tous, sans invitation ni accréditation, le cinéma de la plage est le lien idéal entre ce qui se passe dans le Palais, les Cannois et les visiteurs », a coutume de dire Thierry Frémaux. Et il a bien raison : le Cinéma de la plage c’est «the place to be», le soir à Cannes quand on n’est pas accrédité… et parfois même quand on l’est ! Au programme de cette édition :
Mercredi 13 mai : Top Gun de Tony Scott
Jeudi 14 mai : The Bullet Train / Super Express 109 de Junya Sato
Vendredi 15 mai : Les Caprices de l’enfant roi de Michel Leclerc (Avant première)
Samedi 16 mai : Un Homme et une femme de Claude Lelouch
Dimanche 17 mai : Les Hommes du président d’Alan J Pakula
Lundi 18 mai : Viva Maria ! de Louis Malle
Mardi 19 mai : Land and Freedom de Ken Loach
Mercredi 20 mai : Cria Cuervos de Carlos Saura
Jeudi 21 mai : Signore & Signori de Pietro Germi
Vendredi 22 mai : Je hais les acteurs de Gérard Krawczyk
Samedi 23 mai : Mon oncle de Jacques Tati
T’as pas changé
Par Ph.D
Le pitch
Suite au décès d’un de leurs anciens copains de classe, quatre anciens lycéens en perdition se retrouvent et font face à leur passé. La force du groupe suffira-t-elle à les remettre d’aplomb ?
Ce qu’on en pense
Après un premier essai prometteur en 2022 (Irréductible), Jerôme Commandeur revient à la réalisation avec ce « film de potes » au potentiel commercial plus évident. Avec un casting d’enfer (Laurent Lafitte, François Damiens, Vanessa Paradis, Olivia Côte...) et un scénario de retrouvailles qui joue à fond sur la nostalgie générationnelle (les années 90, en l’occurence), cette comédie tendre et loufoque touche au coeur.
The Criminals
Par J.V
Le pitch
La découverte d’une bombe non explosée de la Seconde Guerre mondiale dans un chantier de construction londonien, provoque une évacuation massive : l’opportunité parfaite pour un audacieux hold-up…
Ce qu’on en pense
Un pur film d’action et de braquage à l’ancienne, avec explosions, trahisons et rebondissements comme s’il en pleuvait. Nouvelle réussite du cinéma d’action anglais signée du réalisateur de Comancheria, David Mackenzie, avec trois ex-futurs James Bond au casting : Aaron Taylor-Johnson, Theo James et Sam Worthington. Du costaud pour les fans du genre.
C’est quoi l’amour ?
Par J.V
Le Pitch
Lorsque Fred (Vincent Macaigne) demande à son ex-femme, Marguerite (Laure Calamy) , de faire annuler leur mariage à l’Eglise pour pouvoir s’y remarier, elle se réjouit de le voir refaire sa vie. Mais ce qui devait être une simple formalité s’avère plus compliqué que prévu et va les mener jusqu’à Rome avec leurs enfants et leurs nouveaux conjoints. Un voyage haut en couleurs pour tous les membres de cette famille recomposée…
Ce qu’on en pense
Pour son troisième long-métrage Fabien Gorgeart opte pour la comédie de remariage, avec un casting étoilé (Laure Calamy, Mélanie Thierry, Vincent Macaigne) et une vraie bonne idée de scénario: la délicate dissolution d’un mariage religieux qui oblige les ex-époux à renouer des liens anciens. Mené au train d’une screwball comedy de la grande époque, le film évite la charge anticléricale et met les rieurs de son côté. On aime !
Mi Amor
Par J.V
Le pitch
Romy (Pom Klementieff) , accompagnée de son amie Chloé (Freya Mavor), se rend aux Canaries pour mixer lors d’une soirée techno. Au petit matin, son amie a disparu. Aidée de Vincent (Benoît Magimel), le patron du night-club, Romy se lance à la recherche de Chloé…
Ce qu’on en pense
Aussi prolixe qu’imprévisible, Guillaume Nicloux s’offre une récréation polardesque entre deux projets plus sérieux. Ensoleillé, bariolé et musical Mi Amor compense un scénario rachitique par une vraie vista de mise en scène, une BO electro de première bourre et un casting au diapason, à la tête duquel Benoit Magimel fait, comme d’habitude, merveille en patron de club à chemises hawaïennes.
Sauvons les meubles
Par J.V
Le pitch
Lucile (Vimala Pons) est une photographe reconnue et indépendante. Lorsque sa mère tombe malade, elle accourt dans la maison de son enfance et y retrouve son frère Paul (Yoann Zimmer) . Là, ils découvrent que leur mère, autrefois pétillante et entrepreneuse, leur cache des choses… Lucile et Paul comprennent alors qu’ils n’ont plus que quelques jours pour sauver bien plus que les meubles…
Ce qu’on en pense
Césarisée pour un second rôle dans L’Attachement, la géniale Vimala Pons accède enfin aux premiers rôles et s’illustre dans cette dramédie sensible sur fond social. Toute au service d’un trés bon scénario et des acteurs, la mise en scène de Catherine Cosme, venue du théâtre, sait se faire discrète mais efficace. Le film fait mieux que sauver les meubles.
















