Cannes 2026
Par Ph.D
Un film de Steven Soderbergh sur John Lennon, un autre sur (et encore un autre avec) Eric Cantona, un biopic de Charles de Gaulle, le retour de Nicolas Winding Refn et de James Gray, John Travolta et Andy Garcia réalisateurs, Park Chan-wook président du jury, Eye Haïdara maitresse de cérémonie, Barbra Streisand et Peter Jackson honorés, Ron Howard, Cate Blanchett et Tilda Swinton en masterclass… Le casting de Cannes 2026 (12-23 mai) a été dévoilé le 9 avril par Thierry Frémaux, délégué général du Festival. Une sélection marquée par l’absence des grands studios US, une forte présence espagnole avec Almodovar en majesté et beaucoup de films historico-politiques. La France fera l’ouverture hors compétition le 12 mai avec La Vénus électrique de Pierre Salvadori. Que la fête commence !
Une bataille après l’autre
Par Ph.D
Le pitch
Ancien révolutionnaire désabusé et paranoïaque, Bob (Leonardo DiCaprio) vit en marge de la société, avec sa fille Willa (Chase Infitini), indépendante et pleine de ressources. Quand son ennemi juré (Sean Penn) refait surface après 16 ans et que Willa disparaît, Bob remue ciel et terre pour la retrouver, affrontant pour la première fois les conséquences de son passé…
Ce qu’on en pense
Comme il l’avait déjà fait avec Inherent Vice (2014), Paul Thomas Anderson adapte un roman de Thomas Pynchon, Vineland, qu’il transpose des années Reagan à celles du Trumpisme triomphant. Mieux qu’ Eddington, Une bataille après l’autre raconte la folie suprémaciste qui s’est emparée de l’Amérique Maga, avec son cortège de violence politique, d’intégrisme religieux, de bêtise crasse et de folie furieuse. Tourné en Vistavision, le film convoque le meilleur du cinéma indépendant américain, du Spielberg de Duel au Tarantino de Jackie Brown en passant par les frères Coen. Avec un Leonardo DiCaprio révolutionnaire en peignoir Lebowskien, Sean Penn en militaire-milicien psychopathe bodybuildé, Benicio Del Toro en prof de karaté gourou passeur de migrants et une flopée de militantes pro immigration en jupons. Hyper rythmé (on ne voit pas passer les 2h40), burlesque, violent et caustique, Une Bataille après l’autre est le blockbuster de l’année qu’on n’attendait plus. Un régal cinéphile et mainstream. Meilleur film de l’année 2025 !
Downton Abbey III
Par J.V
Le pitch
A l’aube des années 1930, chacun tente de faire évoluer Downton Abbey avec son temps. Une nouvelle ère s’annonce, pleine de défis, de remises en question et d’espoirs…
Ce qu’on en pense
Après un détour inattendu par la Côte d’Azur (Une nouvelle ère), la saga Downtown Abbey revient pour un « Grand Final » qui sonne comme un retour aux sources. Entre mélo historique et comédie de moeurs, Julian Fellowes offre aux héros de Downtown Abbey une fin plus digne de leur rang que celle de la série, qui s’était conclue en 2015 par une avalanche de bons sentiments. Wonderful !
Chien 51
Par Ph.D
Le pitch
Dans un futur proche, Paris a été divisé en 3 zones qui séparent les classes sociales et où l’intelligence artificielle ALMA a révolutionné le travail de la police. Jusqu’à ce que son inventeur soit assassiné et que Salia (Adèle Exarchopoulos) et Zem (Gilles Lellouche), deux policiers que tout oppose, soient forcés à collaborer pour mener l’enquête.
Ce qu’on en pense
Après les très réalistes Bac Nord et Novembre, Cedric Jimenez se frotte au polar dystopique à la Blade Runner/Minority Report avec un casting d’enfer (Gilles Lellouche, Adèle Exarchopoulos, Romain Duris, Valeria Bruni Tedeschi…) et 42 gros millions de budget. Le résultat est à la hauteur : pas une seconde de répit et des scènes spectaculaires, pour un semblant de réflexion sur les dangers de l’Intelligence Artificielle. En se concentrant sur le duo de flics (Lellouche-Exarchopoulos relookés Blade Runner) et sur l’action pure, avec des drones mitrailleurs de partout, Jimenez tire du roman de Lauent Gaudé un blockbuster à la française, clinquant et pétaradant à souhait. Avec un budget plus modeste , des acteurs inconnus et quelques moments de répit, le film aurait sans doute été bien meilleur.
Cannes 2026: ciné plage
Par la rédaction
«Gratuit et ouvert à tous, sans invitation ni accréditation, le cinéma de la plage est le lien idéal entre ce qui se passe dans le Palais, les Cannois et les visiteurs », a coutume de dire Thierry Frémaux. Et il a bien raison : le Cinéma de la plage c’est «the place to be», le soir à Cannes quand on n’est pas accrédité… et parfois même quand on l’est ! Au programme de cette édition :
Mercredi 13 mai : Top Gun de Tony Scott
Jeudi 14 mai : The Bullet Train / Super Express 109 de Junya Sato
Vendredi 15 mai : Les Caprices de l’enfant roi de Michel Leclerc (Avant première)
Samedi 16 mai : Un Homme et une femme de Claude Lelouch
Dimanche 17 mai : Les Hommes du président d’Alan J Pakula
Lundi 18 mai : Viva Maria ! de Louis Malle
Mardi 19 mai : Land and Freedom de Ken Loach
Mercredi 20 mai : Cria Cuervos de Carlos Saura
Jeudi 21 mai : Signore & Signori de Pietro Germi
Vendredi 22 mai : Je hais les acteurs de Gérard Krawczyk
Samedi 23 mai : Mon oncle de Jacques Tati
T’as pas changé
Par Ph.D
Le pitch
Suite au décès d’un de leurs anciens copains de classe, quatre anciens lycéens en perdition se retrouvent et font face à leur passé. La force du groupe suffira-t-elle à les remettre d’aplomb ?
Ce qu’on en pense
Après un premier essai prometteur en 2022 (Irréductible), Jerôme Commandeur revient à la réalisation avec ce « film de potes » au potentiel commercial plus évident. Avec un casting d’enfer (Laurent Lafitte, François Damiens, Vanessa Paradis, Olivia Côte...) et un scénario de retrouvailles qui joue à fond sur la nostalgie générationnelle (les années 90, en l’occurence), cette comédie tendre et loufoque touche au coeur.
The Criminals
Par J.V
Le pitch
La découverte d’une bombe non explosée de la Seconde Guerre mondiale dans un chantier de construction londonien, provoque une évacuation massive : l’opportunité parfaite pour un audacieux hold-up…
Ce qu’on en pense
Un pur film d’action et de braquage à l’ancienne, avec explosions, trahisons et rebondissements comme s’il en pleuvait. Nouvelle réussite du cinéma d’action anglais signée du réalisateur de Comancheria, David Mackenzie, avec trois ex-futurs James Bond au casting : Aaron Taylor-Johnson, Theo James et Sam Worthington. Du costaud pour les fans du genre.
C’est quoi l’amour ?
Par J.V
Le Pitch
Lorsque Fred (Vincent Macaigne) demande à son ex-femme, Marguerite (Laure Calamy) , de faire annuler leur mariage à l’Eglise pour pouvoir s’y remarier, elle se réjouit de le voir refaire sa vie. Mais ce qui devait être une simple formalité s’avère plus compliqué que prévu et va les mener jusqu’à Rome avec leurs enfants et leurs nouveaux conjoints. Un voyage haut en couleurs pour tous les membres de cette famille recomposée…
Ce qu’on en pense
Pour son troisième long-métrage Fabien Gorgeart opte pour la comédie de remariage, avec un casting étoilé (Laure Calamy, Mélanie Thierry, Vincent Macaigne) et une vraie bonne idée de scénario: la délicate dissolution d’un mariage religieux qui oblige les ex-époux à renouer des liens anciens. Mené au train d’une screwball comedy de la grande époque, le film évite la charge anticléricale et met les rieurs de son côté. On aime !
Mi Amor
Par J.V
Le pitch
Romy (Pom Klementieff) , accompagnée de son amie Chloé (Freya Mavor), se rend aux Canaries pour mixer lors d’une soirée techno. Au petit matin, son amie a disparu. Aidée de Vincent (Benoît Magimel), le patron du night-club, Romy se lance à la recherche de Chloé…
Ce qu’on en pense
Aussi prolixe qu’imprévisible, Guillaume Nicloux s’offre une récréation polardesque entre deux projets plus sérieux. Ensoleillé, bariolé et musical Mi Amor compense un scénario rachitique par une vraie vista de mise en scène, une BO electro de première bourre et un casting au diapason, à la tête duquel Benoit Magimel fait, comme d’habitude, merveille en patron de club à chemises hawaïennes.
Sauvons les meubles
Par J.V
Le pitch
Lucile (Vimala Pons) est une photographe reconnue et indépendante. Lorsque sa mère tombe malade, elle accourt dans la maison de son enfance et y retrouve son frère Paul (Yoann Zimmer) . Là, ils découvrent que leur mère, autrefois pétillante et entrepreneuse, leur cache des choses… Lucile et Paul comprennent alors qu’ils n’ont plus que quelques jours pour sauver bien plus que les meubles…
Ce qu’on en pense
Césarisée pour un second rôle dans L’Attachement, la géniale Vimala Pons accède enfin aux premiers rôles et s’illustre dans cette dramédie sensible sur fond social. Toute au service d’un trés bon scénario et des acteurs, la mise en scène de Catherine Cosme, venue du théâtre, sait se faire discrète mais efficace. Le film fait mieux que sauver les meubles.
The World of Love
Par J.V
Le pitch
Joo-in ( Su-bin Seo) est une lycéenne espiègle et appréciée de tous. Un jour, un camarade de classe lance une pétition que tous les élèves signent, sauf elle. Son monde, en apparence paisible et insouciant, dissimule un passé douloureux auquel Joo-in est alors contrainte de faire face. Mais loin de se laisser enfermer, elle choisit d’avancer et de se réinventer…
Ce qu’on en pense
Succès inattendu de l’année 2025 en Corée, The World of Love révèle le talent d’une jeune réalisatrice à suivre : Ga Eun Yoon. Sur le thème de l’enfance violée et de la résilience, elle signe un drame très contemporain qui interroge avec une certaine audace la notion de victime. Sous son titre faussement enjoué , The World of Love cache une critique acerbe de la société coréenne.
Nouvelle Vague
Par Ph.D
Le pitch
L’histoire du tournage d’ À bout de souffle , racontée dans le style et l’esprit de Godard tournant À bout de souffle...
Ce qu’on en pense
En 1983, Jim Mc Bride avait débauché Richard Gere et Valerie Kapriski pour tourner un improbable remake d’À bout de souffle made in USA. Quarante ans plus tard, son compatriote Richard Linklater rend bien mieux hommage au film et à son réalisateur avec ce vrai-faux making of très réussi. On y assiste, comme si on y était, au tournage d’A bout de souffle, avec une bande d’acteurs formidables dans les rôles de Godard (Guillaume Marbek) , Seberg (Zoey Deutch) , Belmondo (Aubry Dullin) , Melville (Tom Novembre), Truffaut (Adrien Rouyard) et cie. Il y a dans cet hommage à la Nouvelle Vague, présenté en compétition à Cannes 2025, tout ce qui manquait dans la plupart des films de la compétition: le talent, la fraîcheur , l’humour, la jeunesse, l’insolence… De quoi redonner foi en le cinéma !
Embarquement immédiat
Par Ph.D
Le pitch
Benji ( Lloyd Eyre Morgan) rencontre Jake (David Tag) à la caisse d’un aéroport et est immédiatement intrigué. Jake est musclé, insaisissable, dominant et, comme Benji le soupçonne avec joie, « un peu gay ». S’ensuivent des escapades passionnées à Amsterdam, beaucoup de sexe et l’émergence progressive d’un rapport de force voué à l’échec. Pris dans un tourbillon émotionnel, Benji se retrouve à remettre en question ce qu’il attend de l’amour, de lui-même… et de la vie.
Ce qu’on en pense
Sur le même thème que Pillion en moins original, une comédie dramatique gay « made in GB » (tubes pop, effets graphiques, voix off avec accent cockney, montage dynamique), sur la masculinité toxique chez les homos. Sympathique mais dispensable.
Le Diable en Prada 2
Par J.V
Le pitch
Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l’univers impitoyable et glamour du magazine Runway et des rues new-yorkaises où l’élégance est une arme redoutable…
Ce qu’on en pense
20 ans après, on prend les mêmes (Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci, Emily Blunt…) et on recommence. Plaisir évident de retrouver les saillies vachardes de Miranda/Meryl et les coulisses de la mode new yorkaise. Rien n’a changé ? Si : la presse écrite va mal et son pouvoir s’érode face à celui des géants de la tech. Le film est une défense du journalisme, via le personnage d’Andy, devenue reporter mais réduite à accepter un poste chez son ex-boss pour éviter le chômage. Moins percutant que le premier opus ce Diable 2 se voit néanmoins avec plaisir.
War Machine
Par Ph.D
Le pitch
Après la mort de son frère au combat, un ingénieur militaire (Alan Ritchson) rejoint les Rangers de l’armée américaine et participe à un exercice d’entraînement de routine au cours duquel son commando rencontre une gigantesque machine meurtrière venue d’un autre monde.
Ce qu’on en pense
Trois films en un ! Ça commence en Afghanistan comme un film de guerre où le héros (incarné par Alan Ritchson alias Jack Reacher dans la série du même nom), ça continue à la Full Metal Jacket dans une caserne, où il se forme à la dure comme Ranger (sous le commandement d’un Dennis Quaid bien caricatural) pour honorer une promesse faite à son frère et ça se termine en baston contre un envahisseur extraterrestre indestructible (enfin, pas tout à fait). La réalisation est pétaradante à souhait : ça bastonne ! Au vu des piètres résultats de l’armée US sur les terrains d’opération où elle a été récemment déployée (Afghanistan, Irak, Iran), toute cette propagande ultra militariste est assez risible, mais on n’a pas besoin d’y croire pour bien s’amuser. Les amateurs de blockbusters bien bourrins seront comblés.
















