Cinéma

/Cinéma

Mémoire de fille

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Annie Ernaux est sollicitée pour une signature de son dernier ouvrage dans la ville de son enfance, Rouen. Alors qu’elle s’y rend, elle est prise d’un vertige et replonge dans le souvenir de l’été 1958, celui de sa première nuit avec un homme. Nuit dont l’onde de choc s’est propagée violemment dans son corps et sur le reste de son existence.

Ce qu’on  en pense

Judith Godrêche s’empare du roman autobiographique d’Annie Ernaux avec une fièvre particulière due à son histoire personnelle. Elle entraine dans l’aventure sa propre fille Tess Barthelemy et un casting de filles épatant (Louise Labeque, Maïwenne Barthelemy, Anja Verderosa…) pour un film très réussi sur la féminité et le féminisme. A Voir.

Digger

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Confronté à une catastrophe écologique mondiale que ses forages ont déclenchée, un magnat du pétrole  (Tom Cruise) se lance dans une course effrénée pour sauver ce qui peut l’être: à commencer par son empire, son argent et la grandeur de son pays : les États-Unis…

Ce qu’on  en pense

Pas facile de décrire le nouveau film d’Alejandro Inarritu : un mélange de Kubrick (Dr Folamour, évidemment) , de Yorgos Lantimos  (Mise à mort du Cerf Sacré),  de Charlie Kaufman (Synecdoche New York). et… d’Inarritu (Birdman) !  Une farce apocalyptique démesurée,  folle, drôle et malaisante. Un opéra tragi-comique qui réjouira les amateurs de cinéma « hors normes » mais découragera le grand public par sa longueur et ses outrances, malgré l’omniprésence à l’écran d’un Tom Cruise,  vieilli et méconnaissable,  dans une performance hallucinée digne de Jack Nicholson (ou de celle qu’il faisait lui-même sous deux tonnes de maquillage à la fin  de Tonnerre sous les tropiques de Ben Stiller). John Goodman (en caricature de Trump) et Riz Ahmed (en Dr Folamour) ne sont pas en reste de cabotinage. Après Une bataille après l’autre, Digger confirme la volonté des studios US de produire des films à grand spectacle « différents », hors normes. Espérons que le public les encouragera dans cette voie…

Notre Salut

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Septembre 1940, le régime de Pétain se met en place. Henri Marre (Swann Arlaud), 49 ans, débarque à Vichy sans le sou, sans contact, loin de sa femme et ses enfants. Il voit dans la nouvelle administration l’opportunité de trouver enfin la place qu’il mérite. Dans sa valise, son traité politique édité à compte d’auteur, Notre Salut, où il défend ses convictions patriotiques et ses méthodes d’ingénieur. Son credo : « gagner en efficacité » pour relever la France de la débâcle. Mais peut-être qu’Henri cherche avant tout à fuir sa propre débâcle…

Ce qu’on  en pense

Emmanuel Marre (D’un château l’autre, Rien à Foutre) signe avec Notre Salut un film sur la collaboration dont les dialogues et la musique, très contemporains, soulignent l’actualité. La réalisation, caméra portée et éclairages crus,  ressemble d’ailleurs à celle d’un documentaire.  Le réalisateur s’est inspiré de l’histoire de son arrière grand père Henri Marre, mort à Cannes dans les années soixante. Celle d’un opportuniste en quête de reconnaissance, pour lequel la collaboration a d’abord constitué un tremplin professionnel avant de devenir une conviction politique. A la différence du héros du film de Xavier Giannoli Les Rayons et les ombres, celui de Notre Salut (Swann Arlaud formidable) ne glisse pas progressivement dans la collaboration: il s’y jette à corps perdu pour « redresser la France ». Confronté au « ramassage »  des juifs, Henri gère la chose à la manière d’un technocrate, sans se soucier de la destination des trains, ni de la finalité du voyage. Il faut attendre le dernier plan du film, magnifique, pour qu’enfin il s’humanise et que se dessine la possibilité d’une rédemption. Prix du scénario à Cannes 2026, Notre Salut aurait mérité la Palme d’or. 

Naked Portrait

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Au début des années 2000, le top model Kate Moss (Ellie Bamber) décide de ralentir le rythme de sa vie trépidante pour prendre le temps de poser pour l’artiste britannique Lucian Freud (. Cette décision a eu un impact profond sur leurs vies respectives.

Ce qu’on  en pense

Même les fans de Kate Moss (dont nous sommes) ne savent pas forcément que le mannequin anglais a posé pendant des mois pour l’artiste Lucian Freud, qui a fait d’elle un nu vendu près de 5 millions d’euros. Les séances de pose, étalées sur plusieurs mois, ont fait l’effet d’une psychothérapie pour les deux protagonistes, l’un âgé de 80 ans (et descendant de Freud), l’autre encore en quête de maturité. C’est ce que raconte ce biopic, dans lequel Ellie Bamber endosse les tenues de Kate Moss sans pour autant lui ressembler le moins du monde, face à Derek Jacobi nettement plus convainquant en génie de la peinture contemporaine. Avec deux personnalités pareilles, on pouvait espérer un film moins lisse et moins scolaire.  A voir tout de même sur HBO Max.

Heart of the Beast

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Après un terrible crash d’avion, James Belmont (Brad Pitt), ancien des forces spéciales, se retrouve perdu au cœur de l’Alaska avec son chien Odin, depuis toujours à ses côtés. Livrés à eux-mêmes dans une nature aussi magnifique qu’impitoyable, ils devront puiser dans leurs dernières forces pour survivre ensemble.

Ce qu’on en pense

On connaît d’avance le programme : il y aura un crash d’avion, un périple de survie en Alaska,  une rencontre avec un ours, une attaque de loups, un pont en bois vermoulu qui s’effondre, des glissades, des rapides, des flashbacks de guerre (les deux héros, l’Homme et son chien,  sont d’anciens combattants, forcément victimes de syndrome post traumatique) et la mort qui rode dans une nature sauvage aussi belle que dangereuse… David Ayer suit le cahier des charges du survival de montagne à la lettre, sans trop forcer sur la musique, ni sur les scènes lacrymales. On lui en sait gré. Il parvient même à éviter les paysages de cartes postales et ne tire pas inutilement à la ligne (enfin un Blockbuster de moins de deux heures!)… Bref, si on aime les chiens, Rintintin et Brad Pitt, on passera un bon moment. Le seul risque, c’est que les éleveurs de bergers allemands en profitent pour augmenter leurs tarifs.

 

Les Spécialistes

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Quand un baron du crime (Carlos Bardem) dépouille une firme puissante, une avocate (Eiza Gonzales) déploie ses deux meilleurs « fixers », Sid (Henry Cavill) et Bronco (Jake Gillenhaal), pour récupérer le magot. Mais sur cette île corrompue, les alliances volent en éclats. Entre trahisons et manipulations, la chasse est ouverte. Le plus dur ne sera pas de reprendre l’argent… ce sera d’en sortir vivant.

Ce qu’on en pense

Guy Ritchie se démultiplie sur les plateformes. Après Netflix, il débarque sur Prime avec ce pur film d’action pour lequel Jake Gillenhaal et Henry Cavill forment un duo de mercenaires particulièrement efficace. Ils doivent aider une avocate retorse (Eiza Gonzales, en latino de service) à récupérer la créance d’un milliard de dollars due par un homme d’affaires véreux (Carlos Bardem) à un puissant consortium bancaire. Une « mission impossible » qui comprend notamment l’extraction de la négociatrice d’une île privée dont le malfrat contrôle évidemment la police. Sans grande originalité mais efficace et amusant, le film s’avère tout à fait distrayant. 

 

Her Private Hell

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Alors qu’une étrange brume engloutit une métropole futuriste et libère une présence mortelle insaisissable, une jeune femme troublée part à la recherche de son père. Au cours de cette quête, son destin croise celui d’un GI américain engagé dans un voyage désespéré pour arracher sa fille de l’Enfer.

Ce qu’on en pense

Il y a longtemps qu’on a perdu Nicolas Winding Refn, qui n’a jamais confirmé les espoirs placés en lui avec Drive. Lancé depuis une quinzaine d’années dans une voie purement esthétisante, il revient après une expérience de mort imminente qui lui a inspiré cet opéra futuriste au scénario incompréhensible (inexistant?) mais à la réalisation toujours aussi léchée. A condition d’aimer le rouge et l’esthétique porno-soft, on pourra se laisser bercer par ces images glacées de superbes jeunes femmes outrageusement maquillées et (dé)vêtues comme pour un défilé de lingerie fine, ondulant langoureusement au rythme d’une musique électronique hypnotique vers un avenir aussi brumeux que le décor. Mais les deux heures de projection sont quand même très très longues…

 

Hurlevent

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Au XVIIe siècle, élevée dans une lande anglaise battue par les vents par un père alcoolique et violent, Catherine (Margot Robbie) trouve amour et réconfort auprès d’Heathcliff (Jacob Elordi), un jeune bohémien adopté par son père pour aider au travail de la ferme. Les deux enfants se jurent mutuellement fidélité éternelle, mais lorsque Catherine épouse un riche voisin pour sauver sa famille de la misère,  Heathcliff ne le lui pardonne pas et disparaît. Quelques années plus tard, alors que Catherine attend un enfant de son mari, Heathcliff réapparait en riche dandy et rachète le domaine de son père pour s’y installer…

Ce qu’on  en pense

La réalisatrice de Saltburn, Emerald Fennel,  signe une adaptation assez libre, mais fidèle à l’esprit du célèbre roman d’Emily Bronte,  avec Margot Robbie dans le rôle de Catherine Earnshaw et Jacob Elordi dans celui de Heathcliff. Les deux stars portent l’amour des protagonistes à un assez haut niveau de tension sexuelle et de romantisme gothique échevelé. Plus que l’histoire- archi connue-, c’est la direction artistique qui fait l’originalité du film,  en osant un mix improbable de Disney en live action (Blanche Neige  ou  La Belle et la bête) et de Lars von Trier  ( Melancholia , Breaking the Waves) Les décors, les lumières, les costumes et la musique (signée Charli XCX) sont ébouriffants. Après Hamnet, Hurlevent renouvelle avec brio le genre suranné du film anglais « en costumes ».  

CinéRoman 8

Cinéma|

Par la rédaction

Depuis sa création en 2019, pour célébrer les 100 ans des studios de la Victorine, le festival CinéRoman de Nice a su se faire une place parmi les événements incontournables du cinéma en France. Il s’est imposé comme LE rendez-vous des films adaptés de toutes formes de littérature. La huitième édition se tiendra du 28 septembre au 8 octobre au Pathé Gare du Sud pour les projections ouvertes au public en présence des équipes. Au programme, cette année encore, des dizaines de projections : films en compétition, avant-premières  et œuvres cultes. Sans oublier les temps forts au Théâtre de l’Artistique : rencontres, masterclasses, débats et lectures — autant de moments de partage qui prolongent les émotions nées dans les salles. Placée sous la présidence de Daniel Auteuil, cette 8e édition célèbrera plus que jamais l’audace des adaptations avec un  jury composé de talents venus de la réalisation, de l’écriture et du jeu (Daniele Thompson, Bérénice Béjo, Sara Giraudeau, Gaetan Roussel, Vanessa Schneider, Manu Payet, Malik Frikah et Luana Bajrami), pour porter un regard exigeant et passionné sur les œuvres en sélection.

 

 

Les Roches rouges

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Sur la Côte d’Azur, deux bandes d’enfants s’affrontent à leur jeu favori : sauter des rochers rouges de l’Esterel. Géo, 5 ans à peine, découvre le temps d’un été un monde où l’amitié se mêle à la rivalité, et où les premiers élans du cœur deviennent source de tensions…

Ce qu’on en pense

La Guerre des boutons version Bruno Dumont, tournée entre Agay et Antheor dans le Var, où le réalisateur de La Vie de Jésus, de L’Humanité et de Ma Loute a vu, un jour,  des gamins sauter des rochers au mépris du danger.  Une image qui lui a rappelé son enfance, dans un monde moins préoccupé de sécurité et de surveillance. Cela lui a donné l’idée de ce conte moderne, dans lequel de très jeunes enfants trainent seuls sur la route, font du quad, volent les touristes, sautent des rochers et découvrent l’amitié amoureuse. Trop subversif pour le cinéma français qui a refusé de financer le film, ce qui explique un générique essentiellement portugais.  Le jeunes acteurs, eux,  ont été recrutés entre Nice et Saint Raphaël et ils sont tous formidables de naturel.  

 

Garance

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Garance (Adèle Exarchopoulos) est une jeune actrice mais qui n’est pas une vedette. Elle gère et assure tout de son mieux, vaillante, joyeuse, soldate, et elle trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. Garance change de vie et commence alors un parcours de huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. Une révolution intime, amicale et sexuelle, mais elle consomme toujours plus. Jusqu’à ce que son corps sonne le signal d’alarme… 

Ce qu’on en pense

Après l’adoption (Pupille) et la justice restaurative (Je verrai toujours vos visages), la nécessaire Jeanne Herry aborde l’alcoolisme dit « mondain » dans ce drame contemporain, porté par une formidable Adèle Exarchopoulos, dans le rôle d’une jeune actrice accro  à l’alcool au point de risquer de tout perdre : travail, vie sociale, amour et même la vie. A ses côtés,  Sara Giraudeau est également prodigieuse en femme amoureuse,  aussi frêle d’apparence que solide dans son amour et son soutien. Sans doute trop optimiste pour être tout à fait réaliste, une Vie d’Adèle 2,  intense et qui fait du bien. 

 

Histoires de la nuit

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Nora (Hafsa Herzi) , Thomas (Bastien Bouillon) et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina (Monica Bellucci), une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…

Ce qu’on  en pense

Seule la présence au casting de Benoit Magimel et Monica Bellucci, semble pouvoir justifier, a posteriori, la présence du nouveau film de Léa Mysius  en compétition à Cannes 2026. Hélas, le premier n’y fait même pas un bon méchant et la seconde se contente de jouer, avec lassitude, les victimes sacrificielles. Sur un scénario de prise d’otage vu et revu, un thriller psychologique visuellement soigné, mais sans grand intérêt.

Si tu penses bien

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Lorsque Gil (Monia Chokri) rencontre Jacques (Niels Schneider) , leur amour est évident. Mais l’intensité des débuts laisse place à une relation où elle se sent de plus en plus enfermée, jusqu’à en perdre ses repères. Jacques la rassure : si elle pense bien, il ne lui arrivera que du bien. Peu à peu, Gil comprend le contrôle qu’il exerce sur sa vie…

Ce qu’on  en pense

Après Tout ce qui brille et J’irai où tu iras, Géraldine Nakache verse dans le drame psychologique avec ce film sur l’emprise et les violences psychologiques au sein du couple, qui se distingue de celui de Valérie Donzelli (L’Amour et les forêts)- et de quelques autres-  en se situant dans le milieu juif orthodoxe. Niels Schneider y rompt avec son image de gendre idéal , face à une Monia Chokri impeccable en femme sous emprise.

Gourou

Cinéma|

 

Le pitch

Matt (Pierre Niney)  est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu’elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s’engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire…

Ce qu’on en pense

Pierre Niney retrouve le réalisateur de Boite Noire, Yann Gozlan, pour un thriller psychologique sur la manipulation des esprits, sujet qui lui tenait visiblement à coeur. Le film repose entièrement sur sa prestation supposément  « habitée », au point qu’aucun des autres personnages n’existe vraiment à l’écran. Comme le scénario multiplie les invraisemblances et que sa mise en oeuvre traîne en longueur, on s’agace assez rapidement des effets visuels clipesques et d’une musique assénée encore plus lourdement que les conseils en développement personnel du héros. Bref, en ce qui nous concerne,  Gourou a totalement « loupé le coach ».

 

 

L’Invitation

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Pour se faire pardonner des travaux un peu bruyants, Angela (Olivia Wilde) et Joe (Seth Rogen) invitent  à dîner leurs  mystérieux nouveaux voisins du dessus (Penelope Cruz-Edward Norton). La soirée va prendre un tour  inattendu…

Ce qu’on  en pense

Adaptée d’une pièce de théâtre qui a déjà inspiré le film Et plus si affinités avec Isabelle Carré et Bernard Campan, L’Invitation fait partie de ces « comédies d’appartement » dans lesquelles les personnages se déchirent à huis clos  autour d’un repas ou d’un plateau d’alcools forts. L’ingrédient comique est ici constitué,  ni  par le choix d’un prénom stigmatisant (Le Prénom), ni par un problème avec les enfants (Carnage),  mais par la sexualité débordante d’un des couples.  L’occasion d’opposer le couple traditionnel (Olivia Wilde- Seth Rogen) et le couple « moderne » (Penolope Cruz-Edward Norton) dans une comédie aux dialogues affutés, portée par des comédiens qui s’en donnent à coeur joie. Jouissif !