De La Comédie-Française
Par Ph.D
Le Pitch
Dans 3 heures, Nina (Pauline Clément) dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l’agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : absences, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d’égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout. Car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas ! Commence alors une course contre la montre pour sauver la représentation…
Ce qu’on en pense
Couverte de prix au festival de la Comédie de l’Alpe d’Huez, De la Comédie Française s’annonce comme LA comédie (française) de l’année. Drôle, intelligent, rythmé à la baguette (sur une BO percussive), excellemment dialogué, joué au cordeau, le film est une totale réussite. Pauline Clément est absolument géniale dans le rôle de l’actrice metteuse en scène dépassée par les évènements et ses partenaires (tous issus de la troupe) sont au diapason. Un conseil : ne regardez pas la bande annonce qui spoile quelques-uns des meilleurs moments du film. La découverte n’en sera que meilleure. Molière peut être fier de ses successeurs !
Running Man
Par J.V
Le pitch
Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l’œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards (Glen Powell), ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian (Josh Brolin) , son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple… et une menace pour tout le système. Alors que les audiences explosent, le danger monte d’un cran. Ben devra affronter bien plus que les Hunters : il devra faire face à un pays entier accro à le voir tomber.
Ce qu’on en pense
Edgar Wright (Baby Driver, Shaun of the Dead) est aux commandes de ce remake du film de 1987 avec Arnold Schwartznegger. Son adaptation du roman de Stephen King est plus fidèle à l’original et c’est lee nouveau action-hero d’Hollywood, Glen Powel (Top Gun : Maverick), qui endosse le costume du Runner, pourchassé par un pays entier à la soif de sang attisée par un méchant network et son méchant producteur (Josh Prolin). Action et adrénaline à gogo pour ce Blockbuster qu’on croirait avoir été oublié sur une étagère des années 80. N’empêche, le portrait de l’Amérique (que Stephen King situait en… 2025 !) n’est pas trés éloigné de celle qu’on connait : une société monstrueusement inégalitaire et violente, aux mains d’une oligarchie de milliardaires de la tech et des médias…
The Last Viking
Par Ph.D
Le Pitch
Après quinze ans derrière les barreaux, un braqueur de banque (Nikolaj Lie Kaas) sort de prison et veut récupérer le butin qu’il avait confié à son frère (Mads Mikkelsen) avant son arrestation. Mais ce dernier, convaincu d’être la réincarnation de John Lennon, l’entraîne dans un voyage aussi inattendu qu’improbable…
Ce qu’on en pense
Mads Mikkelsen et le réalisateur danois Anders Thomas Jensen forment une paire que les cinéphiles connaissent bien : leurs films en commun (Adam’s Apples, Les bouchers verts, Riders of Justice) sont dans une veine noire, absurde et loufoque, qu’on s’attend à retrouver ici. C’est le cas, mais cette fois la mayonnaise a plus de mal à prendre. La faute à un scénario un peu léger qui oblige le réalisateur à délayer la sauce au-delà du raisonnable. Ni vraiment noir, ni vraiment drôle, ce Dernier Viking peine à convaincre.
Les Braises
Par J.V
Le pitch
Karine et Jimmy (Virgine Efira, Arieh Worthalter) forment un couple uni, toujours très amoureux après vingt ans de vie commune et deux enfants. Elle travaille dans une usine ; lui, chauffeur routier, s’acharne à faire grandir sa petite entreprise. Quand surgit le mouvement des Gilets Jaunes, Karine est emportée par la force du collectif, la colère, l’espoir d’un changement. Mais à mesure que son engagement grandit, l’équilibre du couple vacille.
Ce qu’on en pense
Un mélo sur les gilets jaunes avec Virginie Efira en ouvrière d’usine : sur le papier, on a un peu de mal à y croire. Thomas Kruithof (Les Promesses, La Mécanique de l’ombre) réussit pourtant à captiver et à émouvoir avec cette histoire d’émancipation féminine sur fond de mouvement social. La fin ouverte et l’absence de parti pris peuvent toutefois laisser un goût d’inachevé.
Guerre Fantôme
Par Ph.D
Le pitch
Jack Ryan (John Krasinski) se retrouve malgré lui replongé dans le milieu de l’espionnage lorsqu’une mission secrète internationale révèle une conspiration mortelle, l’obligeant à affronter une unité clandestine dissidente, alors que le compte à rebours est lancé…
Ce qu’on en pense
Extension de la série Jack Ryan consacrée au personnage de Tom Clancy, Guerre Fantôme peine à justifier son utilité : ni le scénario (abscons), ni la réalisation (proprette) ne méritent qu’on y perde près de deux heures. Apparemment financé par l’office de Tourisme de Dubaï, le film voyage entre l’Emirat et Londres pour permettre à Jack d’accomplir une mission incompréhensible et de reprendre du service à la CIA. Tout ça pour ça…
If I Had Legs…
Par Ph.D
Le pitch
Mère d’une enfant atteinte d’anorexie morbide, Linda (Rose Byrne) gère tout en l’absence de son mari, perpétuellement en déplacement professionnel. Quand ses démons intérieurs la rattrapent, sa vie devient un cauchemar…
Nommée aux Oscars pour son rôle dans ce film HBO, Rose Byrne est de tous les plans pour illustrer la charge mentale qui pèse sur une mère d’enfant handicapé. Le premier film de l’Américaine Mary Bronstein est un vrai choc, une expérience de cinéma dont on sort lessivé. Le choix de laisser l’enfant totalement hors du champ est original et se révèle payant. A voir.
L’Aventure rêvée
Par Ph.D
Le Pitch
À Svilengrad, une petite ville à la frontière de la Bulgarie et de la Turquie, Veska (Yana Radeva), archéologue, renoue avec Said (Syuleyman Alilov Letifov), un ami d’enfance, dont la voiture vient d’être volée. En voulant l’aider, Veska glisse progressivement au coeur d’une société criminelle dont l’emprise règne sur la ville…
Ce qu’on en pense
Prix du jury de Cannes 2026, L’Aventure rêvée était, de loin, un des meilleurs films de la compétition. On lui aurait volontiers accordé la Palme d’or. Il raconte le retour d’une archéologue bulgare dans son village d’origine, à la frontière Turque, où rien n’a changé : la misère sociale, le patriarcat, la corruption et la mafia règnent toujours en maitres aux confins d’une Europe délaissée. L’héroïne résiliente ( l’inconnue Yana Radeva, formidable dans un premier rôle qui aurait dû lui valoir le prix d’interprétation) transporte avec elle un passé qu’on imagine chargé et tente d’éviter que les jeunes filles de son équipe subissent le même sort. La réalisation naturaliste et la longueur du film peuvent rebuter (à Cannes, en fin de festival, beaucoup de critiques épuisés sont passés à côté), mais l’Allemande Valeska Grisebach confirme, après l’excellent Western , qu’elle est une des nouvelles réalisatrices européennes à suivre.
Mektoub My Love 2
Par J.V
Le pitch
Amin (Shain Boumedine) revient à Sète après ses études à Paris, rêvant toujours de cinéma. Un producteur américain en vacances (André Jacobs), s’intéresse par hasard à son projet, Les Principes essentiels de l’existence universelle, et veut que sa femme, Jess (Jessica Pennington), en soit l’héroïne. Mais le destin, capricieux, impose ses propres règles…
Ce qu’on en pense
Il aura fallu huit années et un oubliable Intermezzo (3 heures de débauche disco dans une boite de nuit, présenté à Cannes mais jamais sorti en salles), pour que vienne enfin la suite de Mektoub My Love, film « de vacances » d’un Abdellatif Kechiche au sommet de son art. Tourné dans la foulée du premier Mektoub, ce Canto Due reprend les choses où on les avait laissées (sur une plage de Sète) et y ajoute de nouveaux personnages et de nouvelles liaisons. On retrouve avec plaisir la troupe et l’ambiance estivale du premier film, en se demandant pourquoi il a fallu attendre si longtemps cette suite si évidente et lumineuse. Le caractère ombrageux et les soucis de santé du réalisateur Niçois y sont sans doute pour quelque chose…
Marave
Par Ph.D
Le pitch
Quand leur père tombe malade, Manolo (Redouane Bougheraba), forain naïf au grand cœur, retrouve Georges (Ramzy Bedia), son frère aîné qui les a abandonnés vingt ans plus tôt. D’abord décidé à se débarrasser de lui, Georges, coach sportif bancal et magouilleur, découvre pourtant en ce colosse à la force brute, une opportunité inespérée : enfin briller aux yeux de tous, et surtout de sa fille. Avec l’aide d’Ania (Ava Baya) combattante daghestanaise au caractère bien trempé, ils se lancent dans le pari insensé de transformer Manolo en champion de MMA. Mais pour atteindre le sommet, ils devront affronter le combat pour lequel ils sont le moins préparés… celui de redevenir une famille.
Ce qu’on en pense
Le nanar de l’été est à voir (ou pas) sur Prime Video. Les fans de Redouane Bougheraba l’y retrouveront en forain débile mental face à Ramzy Bedia coach sportif à la ramasse. Le film ne dure qu’1h30 mais en parait le double, les acteurs jouent mal, toutes les péripéties sont prévisibles et pas drôles et les dialogues tombent à plat. A la fin, c’est le spectateur qui est K0.
L’Odyssée
Par Ph.D
Le pitch
Après la Guerre de Troie, Ulysse (Matt Damon) tente de rejoindre Ithaque, où l’attend depuis 20 ans Penelope (Anne Hathaway), harcelée par des prétendants prêts à tout pour prendre sa place. Mais les Dieux ont d’autres projets pour lui…
Ce qu’on en pense
Fasciné depuis longtemps par l’Odyssée d’Homère (le thème de l’impossible retour est présent dans nombre de ses films), Christopher Nolan se confronte à ce monument de la littérature antique avec un budget de 250 millions de dollars et un casting de stars (Matt Damon, Anne Hathaway, Tom Holland, Charlize Theron, Robert Pattinson, Zendaya, Travis Scott …), pour un résultat qui va, on s’en doute, bien au delà du blockbuster ordinaire. Tourné en IMAX 70 mm dans plusieurs pays, le film est d’une beauté sidérante, avec des paysages spectaculaires et un minimum d’effets spéciaux numériques. Malgré sa durée conséquente (2h40), on s’étonne que Nolan ait réussi à compiler autant de scènes clés de la saga d’Ulysse (seules les sirènes restent hors champs), sans sombrer dans le peplum. Un prodige d’adaptation qui replace la geste homérique dans l’actualité d’un monde au bord du gouffre, avec un Ulysse hanté par la culpabilité et les traumas de la guerre. Malheureux qui, comme Ulysse, a détruit le monde qui était le sien…
Sans pitié
Par Ph.D
Le pitch
Maria (Laura Sepul) élève seule ses deux fils, Ryan (Tewfik Jallab) et Dario (Adam Bessa). À eux trois ils tiennent le stand de tir dans une petite fête foraine. Après une balade en moto avec son grand frère, Dario disparait et reste introuvable. C’est seulement le lendemain qu’il réapparait blessé et muré dans le silence. Vingt ans plus tard, à la mort de leur mère, les deux frères se retrouvent. Dario a reconstruit sa vie au Canada, alors que Ryan est lui, resté à Ferris Wheel, vivant du stand et de petites combines. Dario redécouvre cette vie foraine, presque oubliée, et la famille qui la compose. Mais un soir, parmi l’entourage de Ryan, il se retrouve par hasard, face à l’un de ses ravisseurs. De ce jour, les deux frères doivent composer avec d’un côté la vengeance, et de l’autre, le pardon…
Ce qu’on en pense
Originaire de Hyères, Julien Hosmalin a vécu près du parc forain Magic World. Un voisinage qui a marqué son imagination puisqu’il y a situé son premier court métrage et que son nouveau long immerge le spectateur dans l’univers forain. Pur film de genre, Sans Pitié offre à Tewfik Jallab et Adam Bessa deux beaux rôles de frères manouches embarqués dans un cycle de vengeance. Sous influence James Gray et Nicolas Winding Refn, le film s’adresse aux amateurs de polars noirs et violents. On ne regrette pas d’avoir pris son ticket de manège !
L’Inconnue du port
Par Ph.D
Le pitch
Une jeune femme (Ana Rujas) est retrouvée par la police séquestrée dans un conteneur sur les docks de Barcelone. Incapable de parler ou même de se souvenir de son identité, elle est transportée à l’hôpital, où une tentative d’assassinat est commise contre elle. L’inspectrice Anna Ripoll (Candela Pena), experte en trafic d’êtres humains, est chargée d’enquêter sur cette mystérieuse affaire avec un policier suspecté de corruption (Pol Lopez).
Ce qu’on en pense
Il ne doit pas toujours être facile pour Netflix de décider quelques histoires méritent une série plutôt qu’un film. Celle-ci aurait clairement pu (dû?) faire l’objet d’une mini-série. Les personnages sont attachants, notamment ceux des deux flics, et une série aurait permis de mieux les développer. On retrouverait volontiers l’inspectrice Ana Ripoll (Candela Pena) dans une autre enquête. Idem pour l’intrigue, qui manque d’originalité pour un film mais aurait pu déboucher, en série, sur un vrai traitement du trafic d’êtres humains. D’autant que la réalisation signée Gabe Ibáñez est soignée avec une belle immersion dans Barcelone. En l’état, ça se regarde, mais on reste sur sa faim.
L’Agent Secret
Par Ph.D
Le pitch
Brésil, 1977. Marcelo (Wagner Moura), un homme d’une quarantaine d’années fuyant un passé trouble, arrive dans la ville de Recife où le carnaval bat son plein. Il vient retrouver son jeune fils et espère y construire une nouvelle vie. C’est sans compter sur les menaces de mort qui rôdent et planent au-dessus de sa tête…
Ce qu’on en pense
Très bien accueilli à Cannes 2025, où il a raflé le prix de la mise en scène et le prix d’interprétation masculine, le nouveau film du brésilien Kleber Mendonça Filho (Aquarius, Bacurau) ressuscite le Recife des années 70 dans un thriller politique paranoïaque à la manière de l’époque. Au delà de l’exercice de style et de la reconstitution, une belle réflexion sur le passé qui ne passe pas, la dictature et la violence. Brillantissime.
La Chaleur
Par Ph.D
Le pitch
Il fait anormalement chaud sur les plages des Landes et Marouane (Hadrien Hussein), 17 ans, passe sa dernière journée au camping avec une angoisse : le corps qu’il a enseveli la veille sur la plage va-t-il apparaitre au grand jour ? Marouane se demande par ailleurs s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia (Martina La Manna).
Ce qu’on en pense
Quelques mois après l’excellent Inconnu de la Grande Arche, Stéphane Demoustier revient avec un petit thriller psychologique estival sans prétention, qui lui permet tout de même de dresser le portrait d’une jeunesse intranquille (avec une découverte dans le rôle principal :Hadrien Hussein ) et de coller à l’air caniculaire du temps. Malgré son titre, le film se révèle plutôt rafraichissant.
On l’appelait Robin des Bois
Par Ph.D
Le pitch
Hanté par son passé après une vie de crimes et de violence, Robin des Bois est laissé pour mort à l’issue d’un combat qu’il pensait être le dernier. Recueilli par une femme mystérieuse, il se voit offrir une ultime chance de rédemption…
Ce qu’on en pense
Le titre original (The Death of Robin des Bois) annonce mieux la couleur que la VF : il s’agit d’une version crépusculaire du mythe. Robin n’est pas le fameux héros défenseur de la veuve et de l’orphelin qui volait les riches pour donner aux pauvres, mais un simple hors la loi, aussi barbare et cruel que les soudards de son époque médiévale. L’idée, on s’en doute, était d’appliquer au film de cape et d’épée un traitement similaire à celui que Clint Eastwood a infligé au western avec Impitoyable. Hélas, Michael Sarnoski n’est pas Clint Eastwood et Hugh Jackman non plus. Hirsute, barbu et grimaçant, l’acteur de Wolverine tente, sans grand succès, de donner de l’épaisseur au personnage que seul son patronyme rattache à Robin des Bois. La première partie du film est aussi violente (voire gore) que la deuxième est méditative et saoulante de prêchi-prêcha sur le pardon et la rédemption. Au final, Jodie Comer et les paysages d’Irlande sont les seules raisons objectives d’aller voir le film.
















