The Rip
Par Ph.D
Le Pitch
La méfiance s’installe au cœur d’une équipe de flics de Miami après la découverte de 20 millions en cash dans une planque abandonnée. À mesure que se répand la nouvelle de l’ampleur de la saisie, plus personne ne sait à qui se fier… Entre FBI, DEA, flics ripoux du quartier, guetteurs du cartel et autres malfrats appâtés par l’odeur des dollars, qui empochera le magot ?
Ce qu’on en pense
Amis de longue date, à la ville comme à l’écran, Ben Affleck et Matt Damon sont à nouveau réunis pour ce thriller policier signé Joe Carnahan (Point Blank Bad Boys for Life). Réalisation nerveuse, casting sans défaut, scénario et dialogues bien troussés… Rien à redire sur cette grosse production Netflix, trés formatée mais prenante. Les midinettes comme nous pourront même verser une petite larme sur (attention spoiler) le dernier plan des deux acteurs vedettes sur la plage au soleil couchant.
Festival Télérama
Par la rédaction
Le Festival Cinéma Télérama revient pour une 28e édition, du 21 au 27 janvier. Au programme 16 reprises des meilleurs films de 2025 et 7 avant-premières pour 4 € la séance. Voici le programme (cliquer sur le titre du film pour lire la critique ou voir la fiche).
Reprises
– Une Bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson
– La Petite dernière, de Hafsia Herzi
– Valeur Sentimentale, de Joachim Trier
– Sirât, de Oliver Laxe
– The Brutalist, de Brady Corbet
– L’Inconnu de la Grande Arche, de Stephane Demoustier
– La trilogie d’Oslo, de Dag Johan Haugerud
– Un Simple accident, de Jafar Panahi
– Miroirs N°3, de Christian Petzold
– Black Dog, de Guan Hu
– Nino, de Pauline Loques
– Mémoires d’un escargot, de Adam Elliot
– L’Agent secret, de Kleber Mendoça Filho
– Nouvelle Vague, de Richard Linklater
–Partir un jour d’Amélie Bonnin
– Je suis toujours là, de Walter Salles
Avant premières
- A Pied d’œuvre de Valérie Donzelli
- The Mastermind de Kelly Reichardt
- Baise en ville de Martin Jauvat
- Promis le ciel d’Erige Sehiri
- Urchin de Harris Dickinson
- Le Gâteau du président de Hasan Hadi
- La vie après Siham de Nabir Abdel Besseeh
Novocaïne
Par J.V
Le pitch
Lorsque la fille de ses rêves est kidnappée, Nate (Jack Quaid), un homme ordinaire, transforme son incapacité à ressentir la douleur en une force inattendue dans son combat pour la retrouver.
Ce qu’on en pense
A un détail près, le héros de ce film d’action « à la John Wick » (incarné par le fils de Dennis Quaid et de Meg Ryan, découvert dans la série The Boys) est un homme parfaitement ordinaire, voire fragile et introverti. Sa particularité : une maladie neurologique le rend insensible à la douleur physique. Embarqué dans une quête pour libérer sa belle de méchants kidnappeurs, il en fera un atout redoutable. Prétexte pour les réalisateurs à multiplier des scènes de baston dans lesquelles tout le monde en prend plein la gueule. C’est amusant un moment, mais pas très consistant sur la durée. D’autant que la réalisation manque de punch. Un comble pour ce genre de film…
L’Amour c’est surcoté
Par J.V
Le pitch
Diagnostiqué “nul avec les meufs” depuis son plus jeune âge, Anis (Hakim Jemili) mène une existence charnelle placée sous le signe du calme plat. Trois ans jour pour jour après la perte d’Isma, son meilleur ami et mentor, il prend son courage à deux mains et se décide enfin à sortir faire de nouvelles rencontres. Sauf qu’en abordant Madeleine (Laura Felpin), Anis ignore que débute une grande aventure. Un truc inattendu. Un truc qui s’appelle “l’amour”…
Ce qu’on en pense
Mourad Winter réussit à transposer l’esprit stand-up de son propre roman dans cette romcom moderne où fusent vannes et punchlines sans donner l’impression d’un enchaînement de sketches. Hakim Jemili et l’incontournable Laura Felpin y trouvent leurs meilleurs rôles et font des étincelles. Une bonne surprise.
Furcy, né libre
Par Ph.D
Le pitch
Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l’esclave Furcy (Makita Samba) découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste (Romain Duris), il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits…
Ce qu’on en pense
Pour son deuxième long métrage le rappeur Abd Al Malik adapte « L’affaire de l’esclave Furcy » de Mohammed Aïssaoui (Prix Renaudot 2010) qui retrace, à travers le portrait d’un affranchi, l’histoire de l’esclavage à La Réunion. Un sujet que le cinéma français a jusqu’ici très peu abordé. Abd Al Malik le fait avec le même lyrisme que dans ses chansons. La mise en scène et la photo sont très soignées et l’interprétation est sans défaut, notamment en ce qui concerne les deux acteurs principaux, Makita Samba (découvert dans Les Olympiades de Jacques Audiard) et Romain Duris, toujours impeccable. L’histoire vraie de Furcy est édifiante et Abd Al Malik en livre une version passionnante. Le film ne souffre, en vérité, que d’un seul véritable défaut : la comparaison avec 12 Years A Slave de Steve McQueen, auquel on songe forcément.
L’Affaire Bojarski
Par Ph.D
Le Pitch
Jan Bojarski (Reda Kateb), jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei (Bastien Bouillon), meilleur flic de France.
Ce qu’on en pense
Après La Daronne, Jean Paul Salomé s’intéresse à un autre drôle de daron : Jan Bojarski, inventeur malheureux, mais faussaire génial, dont le film raconte la double vie et la traque par un policier d’élite incarné par l’incontournable Bastien Bouillon. Reda Kateb, campe un Bojarski trés crédible avec comme acolyte un toujours étonnant Pierre Lottin. La réalisation, très académique, rend hommage à l’incroyable histoire de Bojarski, dont on a aujourd’hui oublié les exploits mais qui a fait, à son époque, trembler la Banque de France avec des faux billets tellement bien imités qu’ils étaient presqu’indétectables. A tel point que certains se vendent aujourd’hui comme des oeuvres d’art !
Sans pitié
Par Ph.D
Le pitch
Maria (Laura Sepul) élève seule ses deux fils, Ryan (Tewfik Jallab) et Dario (Adam Bessa). À eux trois ils tiennent le stand de tir dans une petite fête foraine. Après une balade en moto avec son grand frère, Dario disparait et reste introuvable. C’est seulement le lendemain qu’il réapparait blessé et muré dans le silence. Vingt ans plus tard, à la mort de leur mère, les deux frères se retrouvent. Dario a reconstruit sa vie au Canada, alors que Ryan est lui, resté à Ferris Wheel, vivant du stand et de petites combines. Dario redécouvre cette vie foraine, presque oubliée, et la famille qui la compose. Mais un soir, parmi l’entourage de Ryan, il se retrouve par hasard, face à l’un de ses ravisseurs. De ce jour, les deux frères doivent composer avec d’un côté la vengeance, et de l’autre, le pardon…
Ce qu’on en pense
Originaire de Hyères, Julien Hosmalin a vécu près du parc forain Magic World. Un voisinage qui a marqué son imagination puisqu’il y a situé son premier court métrage et que son nouveau long immerge le spectateur dans l’univers forain. Pur film de genre, Sans Pitié offre à Tewfik Jallab et Adam Bessa deux beaux rôles de frères manouches embarqués dans un cycle de vengeance. Sous influence James Gray et Nicolas Winding Refn, le film s’adresse aux amateurs de polars noirs et violents. On ne regrette pas d’avoir pris son ticket de manège !
Abel
Par Ph.D
Le pitch
Dans le tumulte post-soviétique du Kazakhstan en 1993, les fermes collectives sont démantelées et les propriétés sur le point d’être privatisées. Les dirigeants locaux ont depuis longtemps outrepassé leurs pouvoirs officiels, se partageant les ressources comme ils l’entendent. Abel, éleveur local, voudrait simplement sa part, mais la situation est plus complexe qu’il ne l’imaginait. Doit-il jouer le jeu de la corruption ou défendre ce qui lui paraît juste ?
Ce qu’on en pense
Dans la lignée de l’excellent Tulpan de son compatriote Sergey Dvortsevoy, le Kazakhe Elzat Eskendir signe un premier long métrage puissant, qui dénonce la violence et la corruption qui se sont emparées de son pays après la chute de l’URSS. On y suit les déboires d’un malheureux éleveur de moutons face au démantèlement de la ferme collective qu’il dirigeait depuis des années. Confronté à la corruption et à la violence de l’autorité représentée par l’ancien chef de région et à la rapacité des autres éleveurs, le vieil Abel (Erlan Toleutai) pourra-t-il sauver sa ferme et sa famille ? Un western âpre et poignant, dans les paysages désolés de la steppe kazakhe.
13 jours 13 nuits
Par J.V
Le Pitch
Kaboul, 15 août 2021. Alors que les troupes américaines s’apprêtent à quitter le territoire, les Talibans prennent d’assaut la capitale et s’emparent du pouvoir. Au milieu du chaos, des milliers d’afghans tentent de se réfugier dans le dernier lieu encore protégé : l’Ambassade de France. Seuls, le commandant Mohamed Bida (Roschdy Zem) et ses hommes en assurent la sécurité. Pris au piège, il décide de négocier avec les Talibans pour organiser un convoi de la dernière chance avec l’aide d’Eva (Lyna Khoudri), une jeune humanitaire franco-afghane. Commence alors une course contre la montre pour évacuer les réfugiés jusqu’à l’aéroport et fuir l’enfer de Kaboul avant qu’il ne soit trop tard…
Ce qu’on en pense
L’éclectique Martin Bourboulon (Papa ou Maman , Les Trois Mousquetaires , Eiffel …) adapte le récit de Mohamed Bida, qui a réussi à exfiltrer près de 3000 personnes de l’enfer de Kaboul repris par les Talibans. Roschdy Zem incarne avec charisme le héros de l’Ambassade de France, dans un film redoutablement réaliste et immersif. Dommage qu’on ait l’impression de l’avoir déjà vu si on a regardé l’excellente série de France TV, Kaboul qui racontait la même chose en s’appuyant sur les mêmes témoignages…
Goodbye June
Par Ph.D
Le pitch
En fin de vie, June (Helen Mirren) est hospitalisée à la veille de Noël et placée en soins palliatifs. Sa famille se réunit autour d’elle pour la première fois depuis longtemps. Vieilles rancunes, égoïsmes et jalousies ne tardent pas à prendre le pas sur la compassion. La vieille dame va devoir employer ses dernières forces pour résouder les liens distendus…
Ce qu’on en pense
L’héroïne de Titanic, Kate Winslet, passe pour la première fois derrière la caméra pour ce classique « film de famille » produit par Netflix. Elle joue également l’une des trois filles de June (Helen Mirren) qui se meurt à l’hôpital mais ne veut pas partir avant d’avoir réconcilié les 3 soeurs (Kate Winslet, Andrea Riseborough, Toni Colette) , leur frère (Johnny Flynn) et leur père (Timothy Spall). Une jolie réalisation servie par un casting de choix et de bons dialogues qui font oublier quelques lourdeurs.
Pile ou face
Par Ph.D
Le pitch
À l’aube du XXe siècle, le Wild West Show de Buffalo Bill (John C. Reilly) arrive en Italie pour vanter le mythe de la conquête de l’Ouest. Après un rodéo meurtrier et un baiser volé, Rosa (Nadia Tereszkiewicz) et son cow-boy d’amant, Santino (Alessandro Borghi) s’enfuient dans la nature italienne, poursuivis par Buffalo Bill…
Ce qu’on en pense
Découvert au Certain Regard à Cannes 2025, le nouveau film de Alessio Rigo de Righi et Matteo Zoppis (La Légende du Roi Crabe) s’amuse avec le western spaghetti en orchestrant une cavale amoureuse et meurtrière, à l’occasion de la visite du cirque de Buffalo Bill en Italie au début du siècle dernier. L’occasion pour les deux réalisateurs de jouer avec les codes du western Sergioleonien, avec Nadia Terezkiewicz dans le rôle de la belle enlevée par le beau cowboy (Alessandro Borghi). Les deux manquent, hélas, de sex appeal pour rendre le pastiche un tant soit peu émoustillant, tandis que John C Relly cachetonne en Buffalo Bill de pacotille dans une campagne Toscane qui peine à évoquer le Far West. La réalisation a beau multiplier les citations et les effets de style, on s’ennuie plus qu’on ne devrait. Rendez-nous Trinita !
Father Mother Sister Brother
Par Ph.D
Le pitch
Aux USA, en Irlande et à Paris, des enfants devenus adultes reviennent dans la maison où ils ont été élevés…
Ce qu’on en pense
Primé à Venise, un peu à la surprise générale, le nouveau film de Jim Jarmusch est dans la veine intimiste, nonchalante et bavarde de Coffee and Cigarettes (2004). Il s’agit en fait de trois courts métrages formant un long sur le thème des liens familiaux. Dans la première séquence, un frère et une soeur (Adam Driver , Mayim Bialik), qui n’ont pas grand-chose en commun, viennent visiter leur vieux père (Tom Waits). Il vit isolé dans une maison au bord d’un lac et leur ment sur son train de vie, affectant d’avoir du mal à joindre les deux bouts alors qu’il dispose visiblement de bons revenus. Dans la deuxième, deux soeurs (Cate Blanchett et Vickie Krieps) aux caractères diamétralement opposés, vont prendre le thé chez leur mère (Charlotte Rampling) dans sa jolie maison de Dublin, où tout respire l’ordre et la rigueur. Dans la troisième séquence, un frère et sa soeur jumelle (Indya Moore, Luka Sabbat) se retrouvent dans l’appartement parisien de leurs parents décédés, que le garçon vient de finir de vider. Chaque scène est l’occasion de montrer comment les liens se sont distendus et comment l’incommunicabilité s’est installée entre les enfants devenus adultes et leurs parents vieillissants. La dernière ouvre enfin la voie à l’amour et à l’émotion. Sortant juste après les fêtes, propices aux réunions de famille, le film, d’une mélancolie teintée d’ironie, donnera au spectateur de quoi réfléchir à son propre rapport à la famille et à ses parents.
Les Échos du passé
Par Ph.D
Le pitch
Quatre jeunes filles à quatre époques différentes. Alma, Erika, Angelika et Lenka passent leur adolescence dans la même ferme, au nord de l’Allemagne. Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs vies semblent se répondre.
Ce qu’on en pense
Présenté en compétition à Cannes 2025 sous le titre Sound of Falling, le deuxième long métrage de l’allemande Mascha Shilinski est une vaste fresque poetico-doloriste sur la dure condition des femmes au XXe siècle en Allemagne de l’est. Une réalisation superbe et onirique, entre Malick et Tarkovski, qui a perdu pas mal de festivaliers avec son montage labyrinthique mélangeant aléatoirement les époques. La réalisation a toutefois séduit le jury de Juliette Binoche qui lui a décerné son prix. En d’autres temps, le film aurait même pu faire une belle Palme d’or. On retiendra en tout cas le nom de la réalisatrice, promise à un bel avenir.
En Garde
Par Ph.D
Le pitch
Jie, un jeune talent de l’escrime, renoue avec son frère aîné Han, récemment libéré après sept ans de prison pour la mort accidentelle d’un adversaire lors d’une compétition. En secret, Han soutient Jie dans son entraînement, l’aidant à viser une qualification aux championnats nationaux. Mais Jie commence à douter de l’innocence de son frère…
Ce qu’on en pense
Pour son premier long métrage, la Singapourienne Nelicia Low, qui a elle-même pratiqué l’escrime à haut niveau, immerge le spectateur dans l’univers des compétitions de sabre à Taïwan. La mise en scène est élégante et le scénario fait basculer le film du drame familial au thriller, avec les soupçons que le jeune héros développe à l’égard de son frère aîné: l’accident qui a causé la mort de son adversaire en était-il vraiment un ? L’ainé ne cache-t-il pas un profil de psychopathe, comme le pense sa propre mère ? Entre paranoïa et tentative de rédemption, le film laisse longtemps planer le doute avant un final impressionnant.
The Life of Chuck
Par Ph.D
Le pitch
La vie extraordinaire d’un homme ordinaire, Charles Krantz dit Chuck (Tom Hiddleston / Jacob Tremblay), de sa mort à 39 ans des suites d’une tumeur au cerveau jusqu’à sa jeunesse, dans une maison soi-disant hantée…
Ce qu’on en pense
Déjà remarqué pour ses adaptations de romans de Stephen King (Jessie, Doctor Sleep) et show runner de la série tirée de La Tour sombre, Mike Flanagan signe avec The Life of Chuck une nouvelle adaptation impressionnante du maître du roman fantastique. Raconté en trois parties et à rebours, ce drame existentiel brouille les temporalités et les frontières entre la vie et la mort. On y retrouve avec plaisir Mark -Skywalker- Hamill dans un rôle trés éloigné de la saga Star Wars. Complexe et surprenant, le film reste en tête longtemps après le mot fin.
















