Karma
Par Ph.D
Le pitch
Dans un village au nord de l’Espagne, Jeanne (Marion Cotillard) tente de reconstruire sa vie avec Daniel (Leonardo Scaraglia), qui ne connaît rien de son passé trouble. Un jour, Mateo, le filleul de Jeanne âgé de six ans, disparaît mystérieusement… Afin d’échapper à la police qui la soupçonne rapidement, Jeanne se réfugie en France dans la communauté où elle est née et qu’elle a fuie quelques années auparavant. Daniel ne croit pas à la culpabilité de la femme qu’il aime et va tout faire pour la retrouver avant la police.
Ce qu’on en pense
Après un Astérix plutôt raté, Guillaume Canet revient au thriller psychologique, façon Ne le dis à personne. Avec l’ambition d’offrir à Marion Cotillard un grand « rôle à César ». L’actrice s’en empare avec sa puissance d’interprétation habituelle, face à un Denis Menochet tout aussi investi en gourou de secte religieuse. Visuellement, le film impressionne. Le scénario, par contre, laisse à désirer avec une intrigue alambiquée et assez peu crédible.
Une Femme aujourd’hui
Par Ph.D
Le pitch
Issue d’une famille modeste, Juliette (Marilou Aussilloux), 30 ans, semble avoir tout réussi : de grandes études, un poste prestigieux dans la finance, une bel appartement, une vie rythmée par les voyages et des amours de passage. Lorsqu’elle est agressée sexuellement par un collègue, son monde s’effondre. Juliette s’engage alors sur un nouveau chemin pour redonner un sens à sa vie…
Ce qu’on en pense
L’itinéraire d’une transfuge de classe (Marilou Aussilloux, déjà présente dans La Pie Voleuse) qui renoue avec son milieu d’origine via un engagement humanitaire pour se reconstruire après un viol. Du pur Guediguian dans sa veine « marseillaise », avec ses qualités et ses défauts. Parmi lesquels un scénario un peu fourre-tout et des personnages sans grande substance. Jean-Pierre Darroussin hérite, en particulier, d’un rôle de voisin chelou dont l’utilité ne saute pas vraiment aux yeux.
La Gradiva
Par Ph.D
Le pitch
Un groupe de lycéens français part en voyage scolaire à Naples pour découvrir les ruines de Pompéi et ses corps pétrifiés par le Vésuve. C’est là que le vertige les saisit brutalement. L’un après l’autre, ils se laissent submerger par le désir, la frustration et la colère…
Ce qu’on en pense
Grand Prix de la semaine de la critique à Cannes où on l’a découvert au printemps, la première réalisation de la chef opératrice Marine Atlan est le film à voir si l’on veut comprendre quelque chose à la génération Z. Ou plus simplement si l’on veut découvrir une nouvelle réalisatrice française avec laquelle il faudra compter. Suivant un groupe de lycéens de terminale en voyage scolaire à Naples, La Gradiva (titre inspiré d’une nouvelle de Wilhelm Jensen dont Freud se servit pour illustrer le concept d’inconscient) propose une immersion inédite au sein de cette génération, avec pour unique contrepoint le personnage de prof de Français composé avec grand talent par Antonia Buresi, une des rares actrices professionnelle d’un casting essentiellement composé de vrais lycéens. A la fois naturaliste, documentaire et onirique, la réalisation réussit à saisir l’essence de cette jeunesse tourmentée et la montre au naturel comme on ne l’a probablement jamais vue au cinéma. Et c’est formidable.
Furcy, né libre
Par Ph.D
Le pitch
Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l’esclave Furcy (Makita Samba) découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste (Romain Duris), il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits…
Ce qu’on en pense
Pour son deuxième long métrage le rappeur Abd Al Malik adapte « L’affaire de l’esclave Furcy » de Mohammed Aïssaoui (Prix Renaudot 2010) qui retrace, à travers le portrait d’un affranchi, l’histoire de l’esclavage à La Réunion. Un sujet que le cinéma français a jusqu’ici très peu abordé. Abd Al Malik le fait avec le même lyrisme que dans ses chansons. La mise en scène et la photo sont très soignées et l’interprétation est sans défaut, notamment en ce qui concerne les deux acteurs principaux, Makita Samba (découvert dans Les Olympiades de Jacques Audiard) et Romain Duris, toujours impeccable. L’histoire vraie de Furcy est édifiante et Abd Al Malik en livre une version passionnante. Le film ne souffre, en vérité, que d’un seul véritable défaut : la comparaison avec 12 Years A Slave de Steve McQueen, auquel on songe forcément.
Masterplan
Par Ph.D
Le pitch
Lorsqu’un voleur légendaire (Stanley Tucci) jette son dévolu sur La Joconde, il recrute deux jeunes inconnus pour l’aider — Chiara (Simona Tabasco) , une brillante experte italienne en cybercriminalité, et Jay (Victor Belmondo), un spécialiste français des explosifs à l’ego surdimensionné — avant de leur révéler qu’ils sont frère et sœur… et qu’il est leur père. Plongée dans une réunion de famille chaotique qu’elle n’a pas demandée, cette nouvelle famille doit apprendre à travailler ensemble — et essayer de ne pas s’entre-tuer — si elle veut avoir une chance de réussir le casse du siècle.
Ce qu’on en pense
Partant du postulat que pour voler La Joconde, il ne suffirait pas d’une nacelle garée devant la façade du Louvre (ce qui reste à démontrer), Thomas Vincent livre un film de casse à la Ocean’s Eleven, avec Stanley Tucci en maitre cambrioleur et le duo Simona Tabasco-Victor Belmondo en élèves doués. Les codes du genre sont respectés mais, malgré une production opulente (merci Amazon !), le résultat ne dépasse pas le niveau d’une série B à peine distrayante. La faute à une réalisation sans originalité et à un trio d’acteurs sympathiques sans plus.
Les Misérables
Par J.V
Le pitch
Libéré après 19 ans de bagne pour le vol d’un pain, Jean Valjean (Vincent Lindon) décide de changer de vie et de faire le bien autour de lui. Sous une fausse identité, il devient avec le temps un notable respecté de tous. Venant en aide à Fantine (Noémie Merlant), une ouvrière mourante, il promet de sauver sa fille, Cosette (Megan Northam), des griffes des cruels Thénardier (Benjamin Lavernhe Camille Cottin). Mais son passé le rattrape : l’inspecteur Javert (Tahar Rahim), un policier implacable au passé lui aussi tourmenté, le traque sans relâche afin de le renvoyer au bagne. Dans un Paris en pleine révolution, Valjean doit lutter pour protéger Cosette et achever sa rédemption, entre sacrifices et quête de justice.
Ce qu’on en pense
Effet d’aubaine ou pas, cette nouvelle adaptation des Misérables sort en pleine crise sociale : tels Gavroche les lycéens sont dans la rue. En attendant le retour des gilets jaunes… Ah ça ira ? Ben non, ça va pas du tout. Certes, Fred Cavayé adapte avec déférence le chef d’oeuvre d’Hugo. La production est fastueuse, mais la portée politique de l’histoire est noyée sous les effets visuels. Et le casting « all stars » s’avère totalement contre productif. On regarde les acteurs faire leur numéro : Tahar Rahim (Javert) serre les dents, Benjamin Lavernhe et Camille Cottin jouent à qui en fera le plus en Tenardier, Vincent Lindon se prend pour Superman. Et ça dure trois plombes. Peu de chance que le film réédite les succès de Monte Christo, des Mousquetaires et de De Gaulle.
Le Corset
Par Ph.D
Le pitch
Dans une ferme au cœur de la Beauce, Christophe, 11 ans, règle ses pas sur ceux de son père. Mais à l’école, à la maison, sur le tracteur, Christophe penche… et tombe. Il est obligé de porter un corset pour filer droit. Tandis que la ferme traverse des moments difficiles, Christophe grandit comme il peut. Il découvre la musique et fait la rencontre de Clara, avec qui tout semble devenir possible.
Ce qu’on en pense
Précédé d’un prix spécial du jury Un Certain Regard à Cannes et du prix du jury du festival d’Annecy, Le Corset déboule en pleine crise des lycées pour parler d’une enfance et d’une adolescence à la campagne, loin du bruit et de la fureur citadine. Celle de l’auteur, Louis Clichy, passé par Les Gobelins et Pixar, coréalisateur des Asterix d’Alexandre Astier, qui a grandi en Beauce, entre ferme familiale, piscine municipale et église du village, où son petit héros découvre la musique et la pratique de l’orgue. Lesquelles le distrairont d’une grave scoliose qui l’oblige à porter jour et nuit un corset de metal et des difficultés de l’exploitation familiale. Porté par un graphisme épuré, une réalisation ample et un scénario intimiste, sans la moindre dose d’ironie ou de second degré, le film est un pur moment de douceur et de nostalgie enfantine. Un Petit Nicolas moderne et campagnard.
Naza
Par Ph.D
Le pitch
Filmé de nuit sur les toits de Tel Aviv, le film décrit en détail les systèmes derrière le massacre de civils palestiniens à Gaza par Israël après le 7 octobre 2023.
Ce qu’on en pense
Oscarisés en 2024 pour No Other Land sur la colonisation de la Cisjordanie, les documentaristes israéliens Yuval Abraham et Rachel Szo ont interviewé en secret plusieurs dizaines de soldats et de responsable de Tsahal sur les conditions de l’action de l’état israélien à Gaza après les massacres du 7 octobre 2023. Leurs déclarations ne laissent planer aucun doute sur ce qui s’est passé et continue de se passer : « C’est un génocide » reconnaît sans embage l’un des 24 interviewés dont les propos ont été filmés (à contre jour et en modifiant leur voix pour qu’ils ne soient pas inquiétés). Un autre avoue s’être senti dans la peau d’un soldat allemand pendant la seconde guerre mondiale… Tous expliquent comment les « nazas » (victimes collatérales) ont été admises dès les premières frappes contre les responsables du Hamas identifiés grâce à leur téléphone mobile. D’abord à doses « homéopathiques » (jusqu’à 15 femmes ou enfants pour un terroriste) puis à plus grande échelle (500 pour 1 !) avant que ne soit entrepris la destruction totale de plusieurs quartiers, qu’ils aient été évacués ou non. Tous expliquent avoir obéi aux ordres sans trop d’états d’âmes, voire en y prenant un trouble plaisir. Leurs témoignages, filmés de nuit sur les toits de Tel Aviv, à moins de 60 kms de Gaza, donnent le vertige et résonnent avec le portrait de collabo que fait de son arrière grand père Emmanuel Marre dans Notre Salut. Même souci d’efficacité, même déshumanisation, mêmes excuses… Accusés de trahison par le gouvernement de leur pays , les réalisateurs vivent désormais cachés. Après sa courte diffusion en salles (2 jours), leur film sera visible sur le site du journal anglais The Guardian qui a consacré un longue enquête à l’opération militaire israélienne à Gaza.
Minotaure
Par Ph.D
Le pitch
Russie, 2022. Gleb (Dmitri Mazourov), chef d’entreprise prospère, vit avec sa femme Galina (Iris Libideva) et leur fils dans une ville de province. Il se retrouve confronté à des problèmes professionnels croissants, dans un monde de plus en plus instable. L’effondrement d’une vie soigneusement construite bascule dans la violence…
Ce qu’on en pense
Installé en France depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine et un grave Covid qui l’a plongé dans le coma et éloigné des plateaux depuis le formidable Faute d’Amour (2017), Andrei Zviaguintsez a choisi de remaker La Femme Infidèle de Claude Chabrol pour faire son grand retour en compétition au printemps dernier à Cannes. Il y a obtenu le Grand Prix souvent considéré comme la « Palme bis » et représentera la France pour l’Oscar du meilleur film étranger. Sous prétexte de drame adultérin, dans la bourgeoisie de province Russe, Minotaure montre comment le déclenchement du conflit en Ukraine a secoué en profondeur la société et provoqué le départ précipité de nombre de jeunes hommes fuyant la conscription. Une dénonciation âpre et implacable du système Poutine.
L’Espèce explosive
Par Ph.D
Le pitch
Dans les Ardennes, les sangliers qui ravagent les cultures provoquent une guerre ouverte entre chasseurs et agriculteurs. Brun, céréalier en faillite, lutte pour maintenir sa ferme à flot. Quand un notable du coin le pousse à bout, il déraille et disparaît. Un an plus tard, Fulda (Alexis Manenti), un gendarme corse muté dans la région pour raisons disciplinaires, mène l’enquête. Entre intuitions fulgurantes et ratés spectaculaires, ses méthodes approximatives le mènent sur la piste des Attilas, des sangliers géants Mais sa récente rupture amoureuse et la vodka dans laquelle flotte son cerveau n’aident pas. Heureusement, Stéphane (Ella Rumpf) , la nouvelle psy de la gendarmerie est là pour mettre un peu d’ordre dans son chaos — à moins que ce ne soit l’inverse ?
Ce qu’on en pense
Ok Claude, peux-tu m’écrire un scénario de film rural qui mélangera les influences entre les frères Coen, Alain Guiraudie, Bruno Dumont, David Lynch et Jean Christophe Grangier avec des sangliers ? Bien sûr, ça s’appelle L’Espèce explosive. Explosif, le résultat l’est assurément. On ne sait pas si Sarah Arnold (un nom à retenir) a utilisé les services d’une IA pour écrire son premier long métrage, ni quelle(s) drogue(s) elle a administrée à l’équipe de tournage, mais quel délire ! Et ce casting : Vincent Dedienne en flic macho à moustache, Bertrand Belin en commandant de brigade amateur de compotes en tube, Alexis Manenti en gendarme au coeur brisé et à la cervelle en compote, Ella Rumpf en psy émoustillée par l’uniforme … Il fallait y penser (ou pas). Et ces dialogues : « Vous allaitez? Pourquoi vous avez soif ?« … . Découvert à La Quinzaine à Cannes, L’espèce explosive va dynamiter votre prochaine séance ciné. Vous êtes prévenus.
Oasis: Don’t Look Back
Par Ph.D
Le 28 août 2009, auprès une énième dispute, les frères Gallagher, Noel et Liam, annulent leur concert prévu le soir même à Paris ainsi que toute leur tournée. Après une décennie de succès planétaire, le groupe Oasis vient d’exploser en vol. 16 ans plus tard, les deux frères, qui ne s’étaient plus adressé la parole, annoncent une série de concerts d’Oasis en Angleterre. La demande de tickets est phénoménale. Alors que personne n’ose parier sur la durée de cette réformation surprise, les concerts sont formidables. L’Angleterre a retrouvé son groupe de rock préféré et le reste du monde se prend à rêver de revoir Oasis en concert. C’est cette histoire que raconte, au travers d’images d’archives, d’interviews, de backstages et de captation de concerts, ce documentaire signé Dylan Southern, Will Lovelace. Pas un simple film de concert donc, ni un banal teaser pour la prochaine tournée. Plutôt une histoire de réconciliation, de pardon et de bonheur retrouvé. Celui de jouer pour un public qui, les larmes aux yeux, entonne les paroles des chansons à l’unisson, saute en l’air comme un seul homme pendant tout le show, puis rentre chez lui en chantant à tue tête dans le métro. Liam est le héros de cette histoire. A 50 ans passés, il est la dernière des rock stars et joue le rôle à la perfection. On le voit arriver aux répétitions avec son sac de bowling, commencer par virer des éléments de décors qui lui déplaisent avant de dire bonjour, puis s’emparer du micro avec une détermination, une voix et une rage intactes, sous les yeux médusés de son frère et du reste du groupe. Puis il ramasse son sac et se tire sans prévenir. Fin de la répétition. La veille du premier concert, alors que la pression est maximale, Liam ne se pointe même pas au dernier filage. Le jour du show, mort de trouille, Noel l’attend dans le parking du stade avec les autres. Liam arrive, balance deux vannes et file sur scène comme s’il allait commander une tournée au pub du coin. Une fois dans la lumière, il prend la main de son frère, lui fait lever le bras et le désigne avec ses maracas, comme pour dire: le génie derrière les chansons d’Oasis, c’est lui. Il le répètera d’ailleurs dans une des interviews qui jalonnent la chronique de la tournée. Avec ce geste symbolique, répété à chaque concert, tout est dit et pardonné. Oasis peut recommencer à donner du bonheur aux foules. Alors qu’une nouvelle tournée est annoncée, le film participe à cette résurrection. A voir en streaming sur Disney+.
Marsupilami
Par J.V
Le pitch
Pour sauver son emploi, David (Philippe Lacheau) accepte un plan foireux : ramener un mystérieux colis d’Amérique du Sud. Il se retrouve à bord d’une croisière avec son ex Tess (Elodie Fontan), son fils Léo, et son collègue Stéphane (Julien Arruti) , aussi benêt que maladroit, dont David se sert pour transporter le colis à sa place. Tout dérape lorsque ce dernier l’ouvre accidentellement : un adorable bébé Marsupilami apparait et le voyage vire au chaos !
Ce qu’on en pense
Certes, le Marsupilami d’Alain Chabat est loin d’être son meilleur film, mais comparativement à celui de Philippe Lacheau, c’est un pur chef d’oeuvre. Le chef de la tristement célèbre « bande à Fifi » s’empare du personnage de Franquin pour en faire une comédie régressive à sa manière, dans laquelle tous ses habituels complices rivalisent de vulgarité et de bêtise. On a de la peine pour Jamel, embauché pour faire le lien avec le film de Chabat et qui a l’air de se demander dans quelle galère il s’est fourré…
The Social Reckoning
Par Ph.D
Le pitch
En 2019, inquiète des effets néfastes des nouveaux algorithmes de Facebook, Frances Haugen (Mickey Madison), une jeune analyste de la firme de Marc Zuckerberg (Jeremy Strong), prend contact avec Jeff Horwitz (Jeremy Allen White), journaliste au Wall Street Journal. Ensemble, ils se lancent dans une enquête périlleuse qui les mènera à révéler au grand jour les secrets les mieux gardés du puissant réseau social…
Ce qu’on en pense
Depuis Les Hommes du président d’Alan J Pakula, le film d’enquête journalistique est devenu un genre en soi. Aaron Sorkin (A La Maison Blanche, Sept de Chicago) s’en saisit pour ce qui pourrait être la suite de The Social Network (David Fincher 2010) dont il avait signé le scénario. Il s’agit ici de raconter l’affaire des Facebook Papers qui a conduit Marc Zuckerberg à témoigner devant le congrès et à promettre de modifier les algorithmes de Facebook pour qu’ils ne favorisent systématiquement plus systématiquement les thèses complotistes, négationniste et les discours extrémistes. Comme le rappelle un carton en fin de film, il s’est essentiellement contenté de changer le nom de Facebook en Meta… Moins bavard et tranchant que The Social Network, Reckoning joue le jeu du « film dossier » mâtiné de comédie, en se servant de son casting épatant pour alléger la charge dénonciatrice. Après Steven Spielberg et ses Pentagon Papers (2017), Aaron Sorkin signe un film à la gloire de la presse écrite, à la fois instructif, utile et distrayant.
Fausse note
Par Ph.D
Le pitch
Lors de son ultime concert à Paris, un chef d’orchestre de renom (Benoit Poelvoorde) est confronté à un admirateur insistant (Kad Merad). Sous ses apparences de « Monsieur tout le monde », le « Fan » s’infiltre dans l’Opéra et force un face à face inattendu avec le chef d’orchestre. Surgit alors un passé commun enfoui, où la musique devient le révélateur d’une vérité bouleversante. Une nuit de tension et de vérité où la mémoire, la culpabilité et la justice s’affrontent en sourdine…
Ce qu’on en pense
Adapté d’un texte de Didier Caron, conçu pour une pièce de théâtre, le nouveau film d’Alexandre Arcady met en scène Kad Merad et Benoît Poelvoorde, qui se donnent pour la première fois la réplique à l’écran. Le réalisateur raconte avoir donné le choix de son partenaire à Kad Merad qui a immédiatement cité Benoît Poelvoorde. Ce dernier n’aurait accepté le rôle de chef d’orchestre, dans lequel il se jugeait peu crédible, que pour pouvoir jouer avec Kad Merad. De fait, on a un peu de mal à croire que les deux personnages sont juifs-allemands et les scènes dans lesquelles Poelvoorde conduit l’orchestre ne sont pas les plus réussies. Leur duo fait, en tout cas, le sel du film, en plus du décor de l’opéra comique désert qui en constitue le troisième personnage. Pour le reste on n’échappe pas à l’impression de théâtre filmé, avec une intrigue plutôt transparente, bien que le réalisateur demande de ne pas la divulgâcher. Dont acte.
Hamnet
Par Ph.D
Le pitch
Angleterre, 1580. William (Paul Mescal), un professeur de latin désargenté, fait la connaissance d’Agnes (Jessie Buckley) , jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel…
Ce qu’on en pense
Après une incursion malheureuse dans le film de super-héros (Les Eternels 2021), Chloe Zhao retourne à un cinéma plus proche de ses racines avec ce vrai-faux biopic de William Shakespeare centré sur sa relation avec son épouse et le deuil d’un de leurs enfants. Avec une intelligence et une sensibilité inouïes, la réalisatrice de Nomadland (2021) met en scène Jessie Buckley et Paul Mescal dans les rôles principaux pour une réflexion sur le pouvoir réparateur de l’écriture. Un film grandiose et bouleversant à (re)voir sur Canal+.
















