Cinéma

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Francesca & Giovanni

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Sicile, 1979. Francesca Morvillo (Ester Pantano) rencontre le juge Falcone (Primo Reggiani). Elle-même est magistrate et défend les mineurs recrutés par la Mafia, militant pour leur offrir un avenir hors de la pègre. Falcone fait partie d’un pool anti-mafia. Ils sont connus pour leur détermination. Pendant 10 ans, ils œuvrent ensemble pour libérer Palerme de la Cosa Nostra. Jusqu’en 1992, où ils succombent à un attentat… L’histoire d’un grand amour dans une Sicile tourmentée par la Mafia.

Ce qu’on en pense

Raconter l’histoire du juge Falcone sous la forme d’une romance, il fallait oser. Simona Izzo, Ricky Tognazzi  s’y sont mis à deux pour accoucher de ce piètre téléfilm qui baigne dans la guimauve et  une reconstitution « touristique » du Palerme des années 70. On est loin des grandes heures du cinéma politique italien… Seul intérêt, la réhabilitation de la figure oubliée de Francesca Morvillo,  victime collatérale de l’attentat qui a causé la mort de Giovanni Falcone.

Who

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Dans un monde futur indéfini, un aéropage de gangsters se réunit pour trouver le traître qui est parmi eux… 

Ce qu’on en pense

La guadeloupéen Wil Aime s’est fait connaître par ses vidéos Youtube avant de faire un break de plusieurs années pour produire et réaliser son premier long métrage. Sorti en salles pendant deux jours,  puis hébergé sur Disney + (une première en France), le film risque de diviser les spectateurs,  entre les fans du Youtubeur  qui retrouveront le style de réalisation « libre » qu’ils ont apprécié au point de faire de son créateur un des leaders français de la plateforme,  et les autres. Faisant partie des seconds, on n’a même pas réussi à aller jusqu’au bout de ce  thriller interminable, réalisé comme un soap,  au scénario minimaliste, aux personnages caricaturaux, à la violence louche, aux dialogues plombants et à la musique de supermarché presqu’aussi envahissante que l’insupportable voix off du narrateur. Le jeu des acteurs (inconnus à part Wil Aime) est au mieux approximatif et la direction artistique inexistante permet au réalisateur de faire à peu prés n’importe quoi avec sa caméra. On a l’impression de regarder une partie des Loups Garous de Thiercelleux illustrée par un montage de scènes coupées dans des séries des années 80…

Dossier 137

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie (Lea Drucker), enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité… Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Ce qu’on en pense

En compétition à Cannes 2025 avec ce film sur une bavure policière traitée par l’IGPN, Dominik Moll a déçu ses fans. Difficile de reconnaître, en effet, la patte du réalisateur d’Harry, un ami qui vous veut du bien,  de Lemming et de La Nuit du 12 dans ce gros téléfilm-dossier solide mais sans originalité. Les récentes émeutes et la publication d’un nouveau rapport sur les violences policières et leur traitement par la police des polices, fournit toutefois prétexte pour réévaluer le film et conseiller tout de même de le (re)voir. Ne serait-ce que pour la prestation de la toujours parfaite Lea Drucker

Les Aigles de la République

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

George Fahmy (Fares Fares) l’acteur le plus adulé d’Egypte, est contraint par les autorités du pays d’incarner le président Sissi dans un film à la gloire du leader. Il se retrouve ainsi plongé dans le cercle étroit du pouvoir. Comme un papillon de nuit attiré par la lumière, il entame une liaison avec Suzanne (Zineb Triki) la mystérieuse épouse du général qui supervise le film. Mauvaise idée !

Ce qu’on en pense

Avec Les Aigles de la République Tarik Saleh termine en beauté sa trilogie du Caire . L’histoire de cet acteur iconique du cinéma égyptien (Fares Fares, parfait) contraint de tourner le biopic du président-dictateur et embarqué malgré lui dans un complot politique,  est d ‘autant plus effrayante qu’elle est on ne peut plus réaliste. Un thriller politique rigoureux avec lequel le réalisateur égyptien dénonce, une fois de plus, la dictature qui l’a exilé de son pays.

Kaamelott 2

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Les Dieux sont en colère contre Arthur (Alexandre Astier).  Après la destruction de Kaamelott, son refus obstiné de tuer Lancelot (Thomas Coussaut) précipite le Royaume de Logres à sa perte. Il réunit ses Chevaliers, novices téméraires et vétérans désabusés, autour de la Nouvelle Table Ronde et les envoie prouver leur valeur aux quatre coins du Monde, des Marais Orcaniens aux terres glacées du Dragon Opalescent…

Ce qu’on en pense

Alexandre Astier aurait-il perdu son mojo ? Le premier volet de Kaamelott au cinéma, en 2021 (lire la critique ici) avait déjà largement déçu les fans de la série TV. On espérait qu’il retrouve une verve Monthy Pythonienne pour la suite. Hélas, ce n’est pas le cas. L’adaptation hésite toujours entre fresque épique et burlesque télévisuel. On rit peu et l’intrigue est difficilement compréhensible si on n’est pas fan absolu de la série. La présence de nombreuses guests stars ne suffit pas à soutenir l’intérêt,  ni surtout à donner envie d’aller voir encore deux films du même acabit.

Deux Procureurs

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Union Soviétique, 1937. Des milliers de lettres de détenus accusés à tort par le régime sont brûlées dans une cellule de prison. Contre toute attente, l’une d’entre elles arrive à destination, sur le bureau du procureur local fraîchement nommé, Alexander Kornev (Aleksander Kuznetsov). Il se démène pour rencontrer le prisonnier, victime d’agents de la police secrète, la NKVD. Bolchévique chevronné et intègre, le jeune procureur croit à un dysfonctionnement. Sa quête de justice le conduira jusqu’au bureau du procureur général à Moscou…

Ce qu’on en pense

De retour en compétition à Cannes en mai dernier,  l’Ukrainien Sergei Loznitsa  a pétrifié les festivaliers avec ce drame sur les purges staliniennes,  brutal comme une porte de prison qui se referme. Du cinéma politique à l’os, qui pourrait rappeler les premiers films de Costa Gavras, L’Aveu en particulier. Magistral et glaçant. 

Nice : Cinéma Italien

Cinéma|

Par la rédaction

Pour sa 16e édition, le festival de cinéma italien de Nice se tient du 29 mai au 7 juin au Rialto, avec un programme d’avant premières et d’inédits particulièrement attractif (voir programme). Quatre avant premières et une rétrospective Pasolini seront proposées aux cinéphiles.  En clôture, le 6 juin, avant-première du nouveau film d’Isabelle Coixet  Trois adieux avec Alba Rohrwacher

 

Kika

Cinéma|

Par  Ph.D

Le Pitch

Assistante sociale à Bruxelles, Kika (Manon Clavel) craque pour un réparateur de vélo du quartier, quitte le père de sa fille et s’installe avec son amant. Lorsque celui-ci décède  prématurément d’un AVC, elle est enceinte de lui et se retrouve à la rue. Pour oublier son chagrin et se refaire financièrement, Kika devient travailleuse du sexe, tendance BDSM.  Investie dans cette activité dont elle ignore à peu près tout, elle entame sa remontée vers la lumière…

Ce qu’on en pense

De travailleuse sociale à travailleuse du sexe, il n’y a qu’un pas, comme le remarque avec justesse une des prostituées du film. Sauf que le tapin rapporte nettement plus que le social !   C’est le rapide calcul que fait Kika, l’héroïne du premier long métrage de fiction d’Alexe Poukine. Pour se sortir de la panade financière où l’ont mis ses élans du coeur, elle abandonne l’open-space surpeuplé du centre social où elle travaillait, pour le nettement plus feutré donjon BDSM d’un hôtel de passe. Rien ne la prédestinait à jouer les dominatrices,  mais elle s’y applique avec la même volonté que pour aider ses « bénéficiaires » à obtenir une aide de l’Etat. Elle apprendra, ce faisant, que les caresses sont parfois plus douloureuses que les coups de fouet,  mais que l’empathie aide quand même bien à faire son deuil...  Kika est un film vagabond, qui passe du social, à la comédie romantique, au mélo et au film de bordel, en deux élipses et un claquement de fouet. Venue du documentaire, la réalisatrice filme juste (mais beau) et déjoue tous les clichés des genres qu’elle visite avec la légèreté d’une libellule. En Belle de jour prolo sans la moindre once de perversité,  Manon Clavel crève l’écran. Quelle (Ki)claque !

 

Je le jure

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

À quarante ans, Fabio (Julien Ernwein) se laisse porter par le courant. Un peu largué, il trouve du réconfort dans l’alcool. Et un peu auprès de Marie (Marie Masala), de vingt ans son aînée, avec qui il entretient une relation secrète. Un jour, il reçoit une convocation pour être juré d’assises, il va devoir juger un jeune pyromane accusé d’homicide involontaire…

Ce qu’on en pense

Co-réalisé avec Marie Amachoukeli et Claire Burger, Party Girl mettait en scène sa propre mère. Pour Je le jure, son nouveau film, Samuel Theis s’est inspiré de son frère, au caractère taiseux et en couple avec une compagne plus âgée que lui,  pour cette histoire de procès d’appel auquel participe le personnage principal. De la même manière, le casting mélange acteurs professionnels (Louise Bourgoin, Micha Lescot, Marina Foïs… ) et non-professionnels. Le résultat est criant de vérité et pose des questions justes sur la justice et la façon dont elle est rendue dans notre pays. Une réussite. 

Wicked 2

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Elphaba (Cynthia Erivo) , une jeune femme incomprise à cause de la couleur inhabituelle de sa peau verte, ne soupçonne même pas l’étendue de ses pouvoirs. À ses côtés, Glinda (Ariana Grande)  qui, aussi populaire que privilégiée, ne connaît pas encore la vraie nature de son cœur. Leur rencontre à l’université de Shiz, dans le fantastique monde d’Oz, marque le début d’une amitié improbable, mais profonde. Cependant, leur rapport avec le magicien d’Oz (Jeff Goldblum) va mettre à mal leur relation et voir leurs chemins s’éloigner…

Ce qu’on en pense

A l’origine,  Wicked est une comédie musicale à succès,  en forme de prequel au fameux  Magicien d’Oz de Victor Fleming (1939). L’adaptation au cinéma est signée  Jon M. Chu ( Sexy dance,  Jem et les hologrammes , D’où on vient ) et met en scène la chanteuse anorexique Ariana Grande aux côtés de l’actrice Cynthia Erivo peinturlurée en vert. Il y a aussi une chèvre , Jeff Goldblum et un tas de chansons assommantes (car c’est un musical). Cerise sur le gâteau, c’est en deux parties.

I Love Peru

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Lancé dans une course effrénée vers le succès, Raphaël (Raphaël Quenard) un comédien biscornu abandonne ses plus fidèles alliés, dont son ami Hugo (Hugo David). Seul face à lui-même, une vision troublante le percute. Direction le Pérou pour une aventure spirituelle. Il embarque alors son compère,  en espérant se remettre de l’histoire d’amour qu’il a vécu avec Anaïde (Anaïde Rozam)…

Ce qu’on en pense

Personnalité hors normes, Raphaël Quenard co-signe,  entre deux performances d’acteur et un bouquin, ce docu-fiction drolatique avec son acolyte Hugo David, rencontré sur un tournage dont il filmait le making-of.  I Love Peru adopte le point de vue du comparse (qui assure aussi la voix off) sur l’irrésistible ascension de la nouvelle star du cinéma français,  en y ajoutant une intrigue sentimentale inventée de toutes pièces. Filmé comme un journal de bord, l’exercice permet à Raphaël Quenard de jouer avec son image et de se laisser aller à son penchant pour la provoc’. C’est sympathique, mais un peu vain : malgré la courte durée de projection (1h09), on a trouvé le temps long. L’auto-fiction, ce n’est pas le Pérou !

Le Virtuose

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Doté d’une ouïe exceptionnelle, un jeune accordeur de piano (Leo Woodall) voit sa vie basculer lorsque son talent attire l’attention de criminels qui l’entraînent dans une série de cambriolages de plus en plus risqués. Pour aider son vieil associé (Dustin Hoffman) à payer ses frais médicaux, il s’enfonce dans un engrenage dangereux qui pourrait lui coûter bien plus que sa liberté…

Ce qu’on en pense

Dustin Hoffman et un beau jeune premier entrainés dans une série d’aventures picaresques… Difficile de ne pas penser à Rain Man !  Le scénario du Virtuose y fait d’ailleurs référence. Côté réalisation, c’est plutôt à Soderbergh que renvoie le film, mêlant thriller, romance et drame dans un agréable cocktail de coolitude branchée.  Pas forcément virtuose, mais bien exécuté et très plaisant. 

 

Father

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Michal et Zuzka sont un couple épanoui, comblé par la présence de leur petite fille de 2 ans. Mais un jour de canicule, un drame vient briser leur amour et bouleverser leur vie. Leur histoire est exposée par les médias et malgré le poids de l’opinion et de leur entourage, un lien fragile va renaître entre eux, suspendu …

Ce qu’on en pense

Inspirée par le drame vécu par une de ses connaissances, la réalisatrice Slovaque Tereza Nvotova immerge le spectateur dans le chagrin de ce couple brisé par la négligence du mari. Elle le fait à coup de longs plans séquences et au moyen d’un remarquable travail sur le son. Un film éprouvant mais beau. 

Un Parfait inconnu

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

New York, 1961. Alors que la scène musicale est en pleine effervescence et que la société est en proie à des bouleversements culturels, Bob Dylan (Timothée Chalamet) un énigmatique jeune homme de 19 ans débarque du Minnesota avec sa guitare et son talent hors normes qui changeront à jamais le cours de la musique américaine. Durant son ascension fulgurante, il noue d’intimes relations avec des musiciens légendaires de Greenwich Village, avec en point d’orgue une performance révolutionnaire et controversée qui créera une onde de choc dans le monde entier…

Ce qu’on en pense

Avec Walk The Line, en 2005,  James Mangold a ouvert la voie aux biographies filmées de stars sur grand écran. Peu, hélas,  ont été au niveau de son biopic de Johnny Cash. Aussi formait-on des prières pour qu’il fasse aussi bien avec celui de Bob Dylan. Le résultat est, effectivement, digne d’éloges,  avec un Timothée Chalamet transfiguré dans le rôle du jeune Bob Zimmerman,  une reconstitution d’époque aux petits oignons et des scènes musicales qui donnent le frisson.  Le film s’intéresse essentiellement aux quatre premières années de son ascension fulgurante (61-65) et au moment où, considéré comme la nouvelle star de la musique folk et de la chanson protestataire, Dylan électrifie son jeu et passe au rock,  au risque de se couper de sa fanbase la plus intégriste. Un Parfait inconnu (référence aux paroles de « Like a Rolling Stone » et au mystère entretenu par l’intéressé autour de sa propre personnalité) dresse le portrait d’un artiste décidé à bousculer toutes les conventions,  y compris celles de son propre art. La marque du génie.

L’Objet du délit

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Dans les coulisses d’une ambitieuse production de l’opéra « Les Noces de Figaro », les tensions montent lorsqu’une accusation d’agression sexuelle éclate, mettant en péril la production et forçant chacun à prendre position. Les conflits d’opinion et de génération se font jour…

Ce qu’on en pense

Pour sa première réalisation en solo depuis la disparition de Jean-Pierre Bacri (auquel le film est dédié),  Agnes Jaoui s’attaque, non sans témérité, au mouvement #Metoo dans le milieu du spectacle. Sujet casse-gueule s’il en est. Elle y assume le rôle de la cantatrice vedette qui représente l’ancienne génération féministe  face à la nouvelle, plus combative, incarnée par Eye Haïdara avec la pugnacité qu’on lui connaît. L’humour omniprésent et la musique de Mozart désamorcent constamment la satyre, laissant à chacun le loisir de choisir son camp… ou pas !  Daniel Auteuil est,  évidemment, parfait dans le rôle du maestro vieillissant,  inquiet de voir son passé de séducteur lui revenir à la figure comme un boomerang…