Moi qui t’aimais
Par Ph.D
Le pitch
Elle l’aimait plus que tout, il l’aimait plus que toutes les autres. Simone Signoret (Marina Foïs) et Yves Montand (Roschdy Zem) étaient le couple le plus célèbre de leur temps. Hantée par la liaison de son mari avec Marilyn Monroe et meurtrie par toutes celles qui ont suivi, Signoret a toujours refusé le rôle de victime. Ce qu’ils savaient, c’est qu’ils ne se quitteraient jamais.
Ce qu’on en pense
Roschdy Zem en Yves Montand, il fallait y penser ! L’idée ne vient pas d’une quelconque directrice de casting, mais de Marina Foïs qui l’a suggérée à Diane Kurys. Après tout, Montand aussi était issu de l’immigration… On a quand même un peu de mal à y croire au début. Heureusement, la réalisatrice de Diabolo Menthe a eu l’idée d’une première scène en forme de mise en abime dans laquelle les deux comédiens sont filmés au maquillage en train de se glisser dans la peau de leur personnage. De la même manière, le décor est parsemé de photos de Montand et Signoret et lorsqu’ils passent à la télé ce sont bien des images d’archive. Du coup, la question du mimétisme est évacuée de façon ludique et on peut se concentrer sur l’histoire du couple mythique dans sa dernière décennie. Montand est au sommet de sa gloire et de sa séduction. Signoret, au contraire, est sur la pente descendante. L’âge, l’alcool et la jalousie la minent. A la Colombe d’Or, c’est une autre femme qui accompagne Montand en vacances. Et bientôt un enfant naitra de cette nouvelle idylle. Mais Montand et Signoret resteront unis jusqu’à la mort de l’actrice de Casque d’Or, soudés par leur affection, leur passion pour le cinéma et leur engagement politique. Diane Kurys, à laquelle on doit déjà le biopic de Françoise Sagan et celui de George Sand et Musset (Les Enfants du Siècle), filme leur histoire sans prendre parti pour l’un ni pour l’autre et signe ce qui est probablement son meilleur film. La reconstitution d’époque est très crédible et les deux acteurs sont formidables.
La Baleine et le musicien
Par Ph.D
Le pitch
Après avoir découvert que sa musique semble mystérieusement attirer les cétacés, le compositeur Rone embarque pour une expérience singulière : tenter d’établir un dialogue musical en pleine mer avec une baleine à bosse. Lui répondra-t-elle ?
Ce qu’on en pense
Passionné de baleines, le Marseillais Valentin Paoli a eu l’idée de son premier film en regardant sur Youtube des vidéos de plaisanciers jouant la musique de Rone pour attirer des cétacés. Il en a parlé au compositeur de musiques électroniques qui, de son côté, cherchait à rompre avec la frénésie des enregistrements et des tournées. On le voit demander à la maitrise de Radio France de reproduire en choeur des chants de baleine pour les incorporer à sa musique, puis rencontrer l’universitaire Olivier Adam spécialiste des chants de baleine. S’ensuit un séjour d’une vingtaine de jours à La Réunion pour essayer d’entrer en contact avec les baleines à bosse. Valentin Paoli filme l’attente et les doutes du compositeur, les efforts de l’équipage et des scientifiques pour le convaincre de faire son expérience sans déranger les cétacés. Le film est un portrait d’Erwan Castex, alias Rone, un témoignage du processus créatif de l’enregistrement de son dernier album (Megaptera qui est aussi la BO du film), en même temps qu’une belle aventure collective. N’attendez pas de fun facts sur le langage des baleines, ni d’enquête sur leur supposée affinité avec la musique électronique: plus qu’un simple documentaire, La Baleine et le musicien est un conte moral, poétique, musical et écolo.
Shana
Par J.V
Le pitch
Shana (Eva Huault) traverse les galères du quotidien avec une énergie débordante et le soutien de sa bande de copines. Lorsque sa grand-mère décède, elle hérite d’une bague censée protéger du mauvais œil. Shana a bien besoin de ce coup de pouce. D’autant qu’avec la sortie de prison de son compagnon toxique, les mésaventures s’accumulent !
Ce qu’on en pense
Un premier film remarqué à Cannes 2026, avec lequel Lila Pinell se révèle adepte d’un réalisme social « à la Kechiche ». Eva Huault porte son premier premier rôle avec un tempérament qui devrait lui en valoir d’autres. Le personnage qu’elle incarne est attachant, mais épuisant à suivre dans ses excès.
Ulysse
Par J.V
Le pitch
Alice (Élodie Bouchez), chercheuse en sociologie découvre qu’elle est enceinte. Luc (Stanislas Merhar) son mari, exulte. Ce sera un garçon ! Ils l’appelleront Ulysse. Sauf qu’à un an, Ulysse ne rentre pas dans les courbes. Trop petit, trop maigre. Les pédiatres s’interrogent et le verdict tombe : syndrome génétique. Ulysse ne sera pas comme les autres. Mais comment sera-t-il ? Mystère. Commence alors la très particulière odyssée d’Ulysse : marcher, parler, apprendre, comprendre, s’épanouir. Alice se lance dans l’aventure, déterminée à ce qu’Ulysse trouve sa place dans le monde…
Ce qu’on en pense
Laetitia Masson s’appuie sur sa propre expérience de mère pour raconter la vie avec un enfant handicapé. Le film est frontal et balaie toute la gamme de problèmes auxquels la famille doit faire face, sans céder à l’auto apitoiement, ni au sentimentalisme. C’est sa qualité et sa limite. Faute d’être ému, on retient surtout la critique du système et le courage de la mère (Elodie Bouchez, parfaite) qui n’abandonne jamais l’idée que son fils pourra un jour être autonome.
Jim Queen
Par J.V
Le pitch
Jim, icône sexy de la scène gay parisienne, voit sa vie basculer lorsqu’il contracte l’Hétérose, un étrange virus qui transforme les hommes gays… en hétérosexuels ! Il voit alors tout le monde lui tourner le dos à l’exception de son dernier follower (et premier admirateur), Lucien, un jeune homme qui peine à s’assumer. Ensemble, ils partiront en quête d’un mystérieux remède capable de guérir Jim et d’empêcher l’extinction de l’homosexualité.
Ce qu’on en pense
Eclat de rire de Cannes 2026, Jim Queen dénonce avec un humour ravageur l’homophobie sous toutes ses formes. Le comique de transgression y est porté comme un étendard mais finit par (s’)épuiser à force de gags et de vannes enchainés à tout berzingue sans la moindre retenue.
Toy Story 5
Par Ph.D
Le pitch
Buzz, Woody, Jessie et le reste de la bande voient leur travail remis en question lorsqu’ils découvrent que ce qui obsède les enfants d’aujourd’hui s’appelle… l’électronique !
Ce qu’on en pense
Ce cinquième opus a été mis en chantier pour les 30 ans de la saga Toy Story. Un clin d’œil assumé par Pixar, qui en profite pour questionner l’évolution du jeu sur trois générations d’enfants. Après 4 films parfaits, Toy Story est l’une des rares franchises à n’avoir jamais déçu. L’inquiétude est donc grande en abordant de 5e opus. Pas de panique ! Les scénaristes ont encore phosphoré pour livrer une histoire en phase avec l’époque. La révolution numérique menace : cette fois Woody, Buzz, Jessie et les autres sont supplantés par une tablette numérique d’apparence inoffensive mais qui, ils vont vite s’en apercevoir, monopolise l’attention leur nouvelle propriétaire et la font « grandir trop vite ». Haro sur la tech ? TS5 évite intelligemment cette facilité. A la fin, jouets et machines s’unissent pour le bien être de l’enfant. Autre signe des temps, l’héroïne de l’histoire est clairement Jessie, qui va tout faire pour que son enfant, maladivement timide, ne sombre pas dans la « no Life » et noue des liens avec ses jeunes voisins. Un scénario qui permet d’aborder la pré adolescence précoce, la timidité, la difficulté de se faire des amis, l’impact des écrans et des réseaux sociaux et le cyber harcèlement, avec ce mélange d’humour et de bons sentiments qui fait le sel de la franchise. L’émotion est aussi au rendez-vous et on écrase sa petite larme à une ou deux reprises. Côté technique rien à redire, les standards de la franchise sont respectés. Les scènes de jeu imaginées par les enfants avec leurs jouets font même l’objet d’un traitement visuel original à base de couleurs pastels et de graphismes vintage. Une jolie trouvaille.
Resurrection
Par Ph.D
Le Pitch
Dans un monde où l’interdiction de rêver a donné aux Hommes l’immortalité, un jeune « Revoleur » se transporte dans cinq époques différentes. Tandis que le XXe siècle défile, une femme suit sa trace pour le ramener à la réalité…
Ce qu’on en pense
Prix spécial du jury à Cannes 2025, où il était présenté en compétition, le film-fleuve du Chinois Bi Gan, émule de Leon Carax, a constitué le choc esthétique de l’édition. Evidemment, on ne comprend rien à cette histoire de « voleurs de rêve » profondément ancrée dans celle du cinéma… Mais la maestria de la mise en scène emporte tout. Le film le plus dingue de l’année.
The Christophers
Par J.V
Le Pitch
Julian Sklar (Ian McKellen), ancienne figure majeure du pop art londonien devenu misanthrope n’a plus rien peint depuis des décennies. Ses enfants, avides d’héritage, engagent Lori (Michaela Coel), restauratrice et ex-faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Sa mission : finir en secret une série de huit toiles inachevées, les « Christophers », et en tirer une fortune.
Ce qu’on en pense
Après un documentaire dispensable sur John Lennon découvert à Cannes, Steven Soderbergh revient à ce qu’il fait de mieux: le film d’arnaque. L’action se situe, cette fois dans le milieu de l’art à Londres pour questionner les notions de vrai, de faux , de création et de propriété intellectuelle. Le tout brillamment emballé sous la forme d’une comédie à suspense réalisée avec sa maestria habituelle. Ian McKellen, gueule bien connue du cinéma anglais, y trouve un de ses meilleurs rôles.
The Furious
Par Ph.D
Le pitch
Après l’enlèvement de sa fille par un réseau criminel et face à l’inaction de la police, Wang Wei se lance dans une traque implacable pour la retrouver. Son seul allié, Navin, est un journaliste tenace dont la femme a mystérieusement disparu. Unis par un même désir de vengeance, ces deux hommes que tout oppose affrontent les ravisseurs dans un face-à-face explosif mêlant arts martiaux et justice sans merci.
Ce qu’on en pense
Un film de castagne pour l’été : quelle bonne idée. Muni d’un scénario minimaliste, Kenji Tanigaki enchaine les morceaux de bravoure comme à la grande époque des Bruce Lee et autres Bud Spencer movies. Le résultat est plaisant bien qu’un tantinet répétitif. Il n’y a guère de suspense (la fille sera forcément sauvée par son père) et on a tellement vu de bastons dans les films qu’on est aujourd’hui un peu blasés. Le plaisir qu’on y prend s’est nettement émoussé depuis le premier John Wick, par exemple. Dans le genre, on conseillera plutôt d’attendre la sortie de Hope, film-choc de Cannes 2026 dans lequel les poursuites et les combats prennent une toute autre dimension.
Le Vertige
Par J.V
Le pitch
Jacques (Alain Chabat) se rend chez son ami Bruno (Jonathan Cohen) pour lui annoncer une nouvelle importante : l’humanité toute entière vit dans une simulation…
Ce qu’on en pense
Dévoilé en clôture à la Quinzaine des Cinéastes lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Le Vertige confirme, une fois encore, la prolixité et la singularité de Quentin Dupieux. Tourné en motion capture et transposé dans un univers visuel de jeu vidéo rétro, son nouveau film s’inspire d’une théorie en vogue dans les sphères high-tech: le monde que nous connaissons ne serait en fait qu’une simulation. Le produit d’une super intelligence artificielle gérant une monde virtuel comme celui des Sims ou de Matrix. Les personnages incarnés par Alain Chabat et Jonathan Cohen vont donc s’attacher à trouver les failles du programme, avec l’aide d’Anaïs Demoustier et de Jean Marie Winling, dans une satyre absurde mais pertinente de notre société. Vertigineux !
Disclosure Day
Par Ph.D
Le Pitch
Daniel (Josh O’Connor) travaille pour une société privée qui centralise pour le gouvernement américain les données secrètes concernant les extra terrestres. Les documents et les technologies qui passent entre ses mains sont tellement effarants, qu’il décide de les rendre publics. S’engage alors une course poursuite effrénée pour l’empêcher de révéler au monde l’existence de contacts avec les Aliens…
Ce qu’on en pense
Après ET, Rencontres du 3e type et La Guerre des mondes, Steven Spielberg revient à la SF et aux extraterrestres. Quelle bonne idée ! Disclosure Day s’inscrit dans la droite lignée des opus précédents : un pur film de SF à l’ancienne, mené à fond de train, sur un scénario qui brasse des sujets très actuels (lanceurs d’alerte, hyper surveillance, complotisme, menace de guerre mondiale, course aux nouvelles technologies, religion…) dans un mélange de suspense et de second degré. Réalisé de main de maître avec un casting épatant (Emily Blunt, Colin Firth, Colman Domingo, Eve Hewson), Disclosure Day se classe d’emblée dans le haut de la filmographie du conteur génial qu’est Steven Spielberg. Si, comme il le professe, l’émerveillement et l’empathie pouvaient vraiment sauver le monde, il en serait le Messie.
D’un monde à l’autre
Par Ph.D
Le pitch
Après la mort accidentelle de son meilleur ami, Jérémie Renier entame un chemin de recueillement grâce à la rencontre d’un explorateur français, Loury Lag, qui parcourt des territoires inhabités dans des conditions extrêmes. Ils vont partir ensemble à travers la banquise arctique. Livrés à eux-mêmes, les deux hommes vont frôler la mort, jusqu’à redevenir vivants.
Ce qu’on en pense
Son nom n’est pas prononcé, mais c’est la mort de Gaspard Ulliel qui a poussé Jérémie Renier à passer derrière la caméra et à se lancer dans un périple en terre arctique pour exorciser son chagrin. Inconsolable après la mort accidentelle de son meilleur ami, l’acteur révélé par les frères Dardenne ne pouvait envisager de continuer à jouer comme si de rien n’était. Sa rencontre avec l’explorateur Loury Lag sera déterminante. Malgré le danger, la trahison et les doutes, leur aventure en duo aux confins du monde fournit la matière à ce documentaire intime, superbement mis en images. Un voyage sensoriel à travers le deuil et l’amitié.
L’Etranger
Par J.V
Le pitch
Alger, 1938. Meursault (Benjamin Voisin), un jeune homme d’une trentaine d’années, modeste employé, enterre sa mère sans manifester la moindre émotion. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie (Rebecca Marder), une collègue de bureau. Puis il reprend sa vie de tous les jours. Mais son voisin, Raymond Sintès (Pierre Lottin) vient perturber son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches. Jusqu’à un drame sur une plage, sous un soleil de plomb…
Ce qu’on en pense
Comme il l’avait fait pour Frantz, un de ses meilleurs films, François Ozon a choisi de tourner en noir et blanc cette fidèle adaptation du célèbre roman d’Albert Camus. Et c’est à Benjamin Voisin qu’il a confié le rôle de Meursault, fils qui ne pleure pas sa mère et tue sans raison un arabe sur une plage. Des choix payants pour un long métrage qui s’inscrit d’emblée dans le haut de sa déjà opulente filmographie. La comparaison avec le film qu’avait tiré Visconti de l’oeuvre de Camus (avec Marcello Mastroianni et Anna Karina) se fait même plutôt à son avantage. C’est dire la réussite de ce projet pourtant sacrément périlleux.
Vie privée
Par PH.D
Le pitch
Lilian Steiner ( Jodie Foster) est une psychiatre reconnue. Quand elle apprend la mort de l’une de ses patientes (Virginie Effira) , elle se persuade qu’il s’agit d’un meurtre. Troublée, elle décide de mener son enquête…
Ce qu’on en pense
Après avoir fait tourner Natalie Portman et Lily Rose Depp dans Planetarium (2016), Rebecca Slowtowski offre à Jodie Foster son premier grand rôle dans un film français. Celui d’une psy menant l’enquête, veine frontale apparente, sur le suicide suspect d’une de ses patientes. Un thriller Hitchcoco-Allenien , dans lequel la star américaine, au français si parfait qu’il lui faut l’émailler de charmants « shit » et « fuck » pour qu’on ne doute pas de ses origines américaines, partage l’affiche avec le gratin du cinéma français (Daniel Auteuil et Virginie Effira en l’occurence). Un chouette Whodunit psychanalytique doublé d’une comédie de remariage.
Les Enfants vont bien
Par Ph.D
Le pitch
Un soir d’été, Suzanne (Juliette Armanet), accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa sœur Jeanne (Camille Cottin). Celle-ci est prise au dépourvu. Non seulement elles ne se sont pas vues depuis plusieurs mois mais surtout Suzanne semble comme absente à elle-même. Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa sœur. La sidération laisse place à la colère lorsqu’à la gendarmerie Jeanne comprend qu’aucune procédure de recherche ne pourra être engagée : Suzanne a fait le choix insensé de disparaître en lui laissant ses enfants.
Ce qu’on en pense
Après Toni en famille (2023), dans lequel Nathan Ambrosioni lui faisait incarner une mère de famille nombreuse, Camille Cottin est à nouveau la tête d’affiche du nouveau film du jeune réalisateur Grassois. Elle y incarne, cette fois, une célibataire endurcie qui n’avait pas prévu d’avoir à élever des enfants, jusqu’à ce que sa soeur (Juliette Armanet), mère isolée en galère, les lui laisse en garde sans prévenir, avant de disparaître sans laisser de traces. Un rôle en or pour l’ex-connasse de Canal+ dont la filmographie devient de plus en plus intéressante. Idem, pour celle du précoce Ambrosioni (26 ans et déjà 5 long métrages à son actif) , qui s’enrichit ici d’un mélodrame intime parfaitement maitrisé. Il n’a pas volé son Grand Prix à Angoulême.
















