Cinéma

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The Christophers

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Julian Sklar (Ian McKellen), ancienne figure majeure du pop art londonien devenu misanthrope n’a plus rien peint depuis des décennies. Ses enfants, avides d’héritage, engagent Lori (Michaela Coel), restauratrice et ex-faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Sa mission : finir en secret une série de huit toiles inachevées, les « Christophers », et en tirer une fortune.

Ce qu’on en pense

Après un documentaire dispensable sur John Lennon découvert à Cannes, Steven Soderbergh revient à ce qu’il fait de mieux: le film d’arnaque.  L’action se situe, cette fois dans le milieu de l’art à Londres pour questionner les notions de vrai, de faux , de création et de propriété intellectuelle. Le tout brillamment emballé sous la forme d’une comédie à suspense réalisée avec sa maestria habituelle. Ian McKellen, gueule bien connue du cinéma anglais, y trouve un de ses meilleurs rôles.

Le Vertige

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Jacques (Alain Chabat) se rend chez son ami Bruno (Jonathan Cohen) pour lui annoncer une nouvelle importante : l’humanité toute entière vit dans une simulation…

Ce qu’on en pense

Dévoilé en clôture à la Quinzaine des Cinéastes lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Le Vertige confirme, une fois encore, la prolixité et la singularité de Quentin Dupieux. Tourné en motion capture et transposé dans un univers visuel de jeu vidéo rétro,  son nouveau film  s’inspire d’une théorie en vogue dans les sphères high-tech: le monde que nous connaissons ne serait en fait qu’une simulation. Le produit d’une super intelligence artificielle gérant une monde virtuel comme celui des Sims ou de Matrix.  Les personnages incarnés par Alain Chabat et Jonathan Cohen vont donc s’attacher à trouver les failles du programme,  avec l’aide d’Anaïs Demoustier et de Jean Marie Winling, dans une satyre absurde mais pertinente de notre société. Vertigineux !

Disclosure Day

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Daniel (Josh O’Connor) travaille pour une société privée qui centralise pour le gouvernement américain les données secrètes concernant les extra terrestres. Les documents et les technologies qui passent entre ses mains sont tellement effarants, qu’il décide de les rendre publics. S’engage alors une course poursuite effrénée pour l’empêcher de révéler au monde l’existence de contacts avec les Aliens…

Ce qu’on en pense

Après ET, Rencontres du 3e type et La Guerre des mondes, Steven Spielberg revient à la SF et aux extraterrestres. Quelle bonne idée ! Disclosure Day s’inscrit dans la droite lignée des opus précédents : un pur film de SF à l’ancienne, mené à fond de train, sur un scénario qui brasse des sujets très actuels  (lanceurs d’alerte, hyper surveillance, complotisme, menace de guerre mondiale, course aux nouvelles technologies, religion…) dans un mélange de suspense et de second degré. Réalisé de main de maître avec un casting épatant (Emily Blunt, Colin Firth, Colman Domingo, Eve Hewson), Disclosure Day se classe d’emblée dans le haut de la filmographie du conteur génial qu’est Steven Spielberg.  Si, comme il le professe, l’émerveillement et l’empathie pouvaient vraiment sauver le monde, il en serait le Messie.

D’un monde à l’autre

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Après la mort accidentelle de son meilleur ami, Jérémie Renier entame un chemin de recueillement grâce à la rencontre d’un explorateur français, Loury Lag, qui parcourt des territoires inhabités dans des conditions extrêmes. Ils vont partir ensemble à travers la banquise arctique. Livrés à eux-mêmes, les deux hommes vont frôler la mort, jusqu’à redevenir vivants.

Ce qu’on en pense

Son nom n’est pas prononcé, mais c’est la mort de Gaspard Ulliel qui a poussé Jérémie Renier à  passer derrière la caméra et à se lancer dans un périple en terre arctique pour exorciser son chagrin. Inconsolable après  la mort accidentelle de son meilleur ami, l’acteur révélé par les frères Dardenne ne pouvait envisager de continuer à jouer comme si de rien n’était. Sa rencontre avec l’explorateur Loury Lag sera déterminante. Malgré le danger, la trahison et les doutes, leur aventure en duo aux confins du monde fournit la matière à ce documentaire intime, superbement mis en images. Un voyage sensoriel à travers le deuil et l’amitié.

L’Etranger

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Alger, 1938. Meursault (Benjamin Voisin), un jeune homme d’une trentaine d’années, modeste employé, enterre sa mère sans manifester la moindre émotion. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie (Rebecca Marder), une collègue de bureau. Puis il reprend sa vie de tous les jours. Mais son voisin, Raymond Sintès (Pierre Lottin) vient perturber son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches.  Jusqu’à un drame sur une plage, sous un soleil de plomb…

Ce qu’on en pense

Comme il l’avait fait pour Frantz, un de ses meilleurs films, François Ozon a choisi de tourner en noir et blanc cette fidèle adaptation du célèbre roman d’Albert Camus. Et c’est à Benjamin Voisin qu’il a confié le rôle de Meursault, fils qui ne pleure pas sa mère et tue sans raison un arabe sur une plage. Des choix payants pour un long métrage qui s’inscrit d’emblée dans le haut de sa déjà opulente filmographie. La comparaison avec le film qu’avait tiré Visconti de l’oeuvre de Camus (avec Marcello Mastroianni et Anna Karina) se fait même plutôt à son avantage. C’est dire la réussite de ce projet pourtant sacrément périlleux.

Vie privée

Cinéma|

Par PH.D

Le pitch

Lilian Steiner ( Jodie Foster) est une psychiatre reconnue. Quand elle apprend la mort de l’une de ses patientes (Virginie Effira) , elle se persuade qu’il s’agit d’un meurtre. Troublée, elle décide de mener son enquête…

Ce qu’on en pense

Après avoir fait tourner Natalie Portman et Lily Rose Depp dans Planetarium (2016), Rebecca Slowtowski offre à Jodie Foster son premier grand rôle dans un film français. Celui d’une psy menant l’enquête, veine frontale apparente,  sur le suicide suspect d’une de ses patientes. Un thriller Hitchcoco-Allenien , dans lequel la star américaine, au français si parfait qu’il  lui faut l’émailler de charmants « shit » et « fuck » pour qu’on ne doute pas de ses origines américaines,  partage l’affiche avec le gratin du cinéma français (Daniel Auteuil et Virginie Effira en l’occurence). Un chouette Whodunit psychanalytique doublé d’une comédie de remariage.

Les Enfants vont bien

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Un soir d’été, Suzanne (Juliette Armanet), accompagnée de ses deux jeunes enfants, rend une visite impromptue à sa sœur Jeanne (Camille Cottin). Celle-ci est prise au dépourvu. Non seulement elles ne se sont pas vues depuis plusieurs mois mais surtout Suzanne semble comme absente à elle-même. Au réveil, Jeanne découvre sidérée le mot laissé par sa sœur. La sidération laisse place à la colère lorsqu’à la gendarmerie Jeanne comprend qu’aucune procédure de recherche ne pourra être engagée : Suzanne a fait le choix insensé de disparaître en lui laissant ses enfants.

Ce qu’on en pense

Après Toni en famille (2023), dans lequel Nathan Ambrosioni lui faisait incarner une mère de famille nombreuse, Camille Cottin est à nouveau la tête d’affiche du nouveau film du jeune réalisateur Grassois. Elle y incarne, cette fois, une célibataire endurcie qui n’avait pas prévu d’avoir à élever des enfants, jusqu’à ce que sa soeur (Juliette Armanet), mère isolée en galère,  les lui laisse en garde sans prévenir, avant de disparaître sans laisser de traces. Un rôle en or pour l’ex-connasse de Canal+ dont la filmographie devient de plus en plus intéressante. Idem, pour celle du précoce Ambrosioni (26 ans et déjà 5 long métrages à son actif) ,  qui s’enrichit ici d’un mélodrame intime parfaitement maitrisé. Il n’a pas volé son Grand Prix à Angoulême.

Francesca & Giovanni

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Sicile, 1979. Francesca Morvillo (Ester Pantano) rencontre le juge Falcone (Primo Reggiani). Elle-même est magistrate et défend les mineurs recrutés par la Mafia, militant pour leur offrir un avenir hors de la pègre. Falcone fait partie d’un pool anti-mafia. Ils sont connus pour leur détermination. Pendant 10 ans, ils œuvrent ensemble pour libérer Palerme de la Cosa Nostra. Jusqu’en 1992, où ils succombent à un attentat… L’histoire d’un grand amour dans une Sicile tourmentée par la Mafia.

Ce qu’on en pense

Raconter l’histoire du juge Falcone sous la forme d’une romance, il fallait oser. Simona Izzo, Ricky Tognazzi  s’y sont mis à deux pour accoucher de ce piètre téléfilm qui baigne dans la guimauve et  une reconstitution « touristique » du Palerme des années 70. On est loin des grandes heures du cinéma politique italien… Seul intérêt, la réhabilitation de la figure oubliée de Francesca Morvillo,  victime collatérale de l’attentat qui a causé la mort de Giovanni Falcone.

Who

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Dans un monde futur indéfini, un aéropage de gangsters se réunit pour trouver le traître qui est parmi eux… 

Ce qu’on en pense

La guadeloupéen Wil Aime s’est fait connaître par ses vidéos Youtube avant de faire un break de plusieurs années pour produire et réaliser son premier long métrage. Sorti en salles pendant deux jours,  puis hébergé sur Disney + (une première en France), le film risque de diviser les spectateurs,  entre les fans du Youtubeur  qui retrouveront le style de réalisation « libre » qu’ils ont apprécié au point de faire de son créateur un des leaders français de la plateforme,  et les autres. Faisant partie des seconds, on n’a même pas réussi à aller jusqu’au bout de ce  thriller interminable, réalisé comme un soap,  au scénario minimaliste, aux personnages caricaturaux, à la violence louche, aux dialogues plombants et à la musique de supermarché presqu’aussi envahissante que l’insupportable voix off du narrateur. Le jeu des acteurs (inconnus à part Wil Aime) est au mieux approximatif et la direction artistique inexistante permet au réalisateur de faire à peu prés n’importe quoi avec sa caméra. On a l’impression de regarder une partie des Loups Garous de Thiercelleux illustrée par un montage de scènes coupées dans des séries des années 80…

Dossier 137

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie (Lea Drucker), enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité… Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.

Ce qu’on en pense

En compétition à Cannes 2025 avec ce film sur une bavure policière traitée par l’IGPN, Dominik Moll a déçu ses fans. Difficile de reconnaître, en effet, la patte du réalisateur d’Harry, un ami qui vous veut du bien,  de Lemming et de La Nuit du 12 dans ce gros téléfilm-dossier solide mais sans originalité. Les récentes émeutes et la publication d’un nouveau rapport sur les violences policières et leur traitement par la police des polices, fournit toutefois prétexte pour réévaluer le film et conseiller tout de même de le (re)voir. Ne serait-ce que pour la prestation de la toujours parfaite Lea Drucker

La Bataille de Gaulle 1

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Juin 1940. La France s’effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s’échappe vers Londres pour sauver ce qu’il reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n’a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n’est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l’ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l’Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.

Ce qu’on en pense

Un biopic du général de Gaulle en 2026 ? Le projet avait de quoi inquiéter. Découverte en avant première à Cannes 2026, cette première partie (sur deux) nous a totalement rassurés. Intelligent, spectaculaire, drôle, édifiant,  le film d’Antonin Baudry (Le Chant du loup)  est une totale réussite. Simon Abkarian y campe un de Gaulle chaplinien en diable au milieu d’un casting incroyable (Benoît Magimel, Mathieu Kassovitz, Niels Schneider, Karim Leclou…) et  face à un Simon Russel Beale génial en Churchill. Les 2h40 de projection passent à toute vitesse et on n’a qu’une hâte : voir la suite !

Les Aigles de la République

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

George Fahmy (Fares Fares) l’acteur le plus adulé d’Egypte, est contraint par les autorités du pays d’incarner le président Sissi dans un film à la gloire du leader. Il se retrouve ainsi plongé dans le cercle étroit du pouvoir. Comme un papillon de nuit attiré par la lumière, il entame une liaison avec Suzanne (Zineb Triki) la mystérieuse épouse du général qui supervise le film. Mauvaise idée !

Ce qu’on en pense

Avec Les Aigles de la République Tarik Saleh termine en beauté sa trilogie du Caire . L’histoire de cet acteur iconique du cinéma égyptien (Fares Fares, parfait) contraint de tourner le biopic du président-dictateur et embarqué malgré lui dans un complot politique,  est d ‘autant plus effrayante qu’elle est on ne peut plus réaliste. Un thriller politique rigoureux avec lequel le réalisateur égyptien dénonce, une fois de plus, la dictature qui l’a exilé de son pays.

Kaamelott 2

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Les Dieux sont en colère contre Arthur (Alexandre Astier).  Après la destruction de Kaamelott, son refus obstiné de tuer Lancelot (Thomas Coussaut) précipite le Royaume de Logres à sa perte. Il réunit ses Chevaliers, novices téméraires et vétérans désabusés, autour de la Nouvelle Table Ronde et les envoie prouver leur valeur aux quatre coins du Monde, des Marais Orcaniens aux terres glacées du Dragon Opalescent…

Ce qu’on en pense

Alexandre Astier aurait-il perdu son mojo ? Le premier volet de Kaamelott au cinéma, en 2021 (lire la critique ici) avait déjà largement déçu les fans de la série TV. On espérait qu’il retrouve une verve Monthy Pythonienne pour la suite. Hélas, ce n’est pas le cas. L’adaptation hésite toujours entre fresque épique et burlesque télévisuel. On rit peu et l’intrigue est difficilement compréhensible si on n’est pas fan absolu de la série. La présence de nombreuses guests stars ne suffit pas à soutenir l’intérêt,  ni surtout à donner envie d’aller voir encore deux films du même acabit.

Deux Procureurs

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Union Soviétique, 1937. Des milliers de lettres de détenus accusés à tort par le régime sont brûlées dans une cellule de prison. Contre toute attente, l’une d’entre elles arrive à destination, sur le bureau du procureur local fraîchement nommé, Alexander Kornev (Aleksander Kuznetsov). Il se démène pour rencontrer le prisonnier, victime d’agents de la police secrète, la NKVD. Bolchévique chevronné et intègre, le jeune procureur croit à un dysfonctionnement. Sa quête de justice le conduira jusqu’au bureau du procureur général à Moscou…

Ce qu’on en pense

De retour en compétition à Cannes en mai dernier,  l’Ukrainien Sergei Loznitsa  a pétrifié les festivaliers avec ce drame sur les purges staliniennes,  brutal comme une porte de prison qui se referme. Du cinéma politique à l’os, qui pourrait rappeler les premiers films de Costa Gavras, L’Aveu en particulier. Magistral et glaçant. 

Kika

Cinéma|

Par  Ph.D

Le Pitch

Assistante sociale à Bruxelles, Kika (Manon Clavel) craque pour un réparateur de vélo du quartier, quitte le père de sa fille et s’installe avec son amant. Lorsque celui-ci décède  prématurément d’un AVC, elle est enceinte de lui et se retrouve à la rue. Pour oublier son chagrin et se refaire financièrement, Kika devient travailleuse du sexe, tendance BDSM.  Investie dans cette activité dont elle ignore à peu près tout, elle entame sa remontée vers la lumière…

Ce qu’on en pense

De travailleuse sociale à travailleuse du sexe, il n’y a qu’un pas, comme le remarque avec justesse une des prostituées du film. Sauf que le tapin rapporte nettement plus que le social !   C’est le rapide calcul que fait Kika, l’héroïne du premier long métrage de fiction d’Alexe Poukine. Pour se sortir de la panade financière où l’ont mis ses élans du coeur, elle abandonne l’open-space surpeuplé du centre social où elle travaillait, pour le nettement plus feutré donjon BDSM d’un hôtel de passe. Rien ne la prédestinait à jouer les dominatrices,  mais elle s’y applique avec la même volonté que pour aider ses « bénéficiaires » à obtenir une aide de l’Etat. Elle apprendra, ce faisant, que les caresses sont parfois plus douloureuses que les coups de fouet,  mais que l’empathie aide quand même bien à faire son deuil...  Kika est un film vagabond, qui passe du social, à la comédie romantique, au mélo et au film de bordel, en deux élipses et un claquement de fouet. Venue du documentaire, la réalisatrice filme juste (mais beau) et déjoue tous les clichés des genres qu’elle visite avec la légèreté d’une libellule. En Belle de jour prolo sans la moindre once de perversité,  Manon Clavel crève l’écran. Quelle (Ki)claque !