Cinéma

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De la Comédie-Française

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Dans 3 heures, Nina (Pauline Clément) dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l’agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d’égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas. Commence alors une course contre la montre pour sauver la représentation.

Ce qu’on en pense

Bardé de prix au Festival de la Comédie de l’Alpe d’Huez, De la Comédie-Française s’annonce comme La comédie (française) de l’année. Court, rythmé, irrésistiblement drôle, finement dialogué, joué au cordeau par les membres de la célèbre troupe distribués dans tous les rôles, avec une Pauline Clément géniale dans celui de l’actrice menteuse en scène dépassée par les évènements, le film est une totale réussite. Molière (qui fait un caméo dans le film ) peut-être fier de ses successeurs.  Un conseil : ne regardez pas la bande annonce avant d’aller le voir. Le film est trop court pour s’en divulgâcher les meilleurs extraits.

L’Odyssée

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Après avoir conquis Troie au bout de dix ans de siège, Ulysse (Matt Damon) prend la mer pour retourner à Ithaque où l’attend Penelope (Anne Hathaway) , harcelée par une horde de prétendants. Mais les Dieux vont compliquer son voyage… 

Ce qu’on en pense

Hanté depuis longtemps par L’Odyssée d’Homère et le mythe de l’impossible retour (Tenet, Dunkerque, Interstellar, Inception…), Christopher Nolan s’attaque au chef d’oeuvre absolu de la littérature antique avec un casting cinq étoiles (Matt Damon, Anne Hathaway, Zendaya, Tom Holland, Robert Pattinson…) et un budget pharaonique. Tournée en Imax 70mm, le film est une splendeur visuelle, avec des paysages incroyables et des scènes de batailles épiques. Prouesse d’adaptation et de mise en scène, le film va aussi bien au delà du blockbuster standard,  avec un héros hanté par la culpabilité qui rend à la geste d’Homère toute sa pertinence et sa modernité dans un monde au bord du gouffre.

Les Braises

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Karine et Jimmy (Virgine Efira, Arieh Worthalter)  forment un couple uni, toujours très amoureux après vingt ans de vie commune et deux enfants. Elle travaille dans une usine ; lui, chauffeur routier, s’acharne à faire grandir sa petite entreprise. Quand surgit le mouvement des Gilets Jaunes, Karine est emportée par la force du collectif, la colère, l’espoir d’un changement. Mais à mesure que son engagement grandit, l’équilibre du couple vacille.

Ce qu’on en pense

Un mélo sur les gilets jaunes avec Virginie Efira en ouvrière d’usine : sur le papier, on a un peu de mal à y croire.  Thomas Kruithof (Les Promesses, La Mécanique de l’ombre) réussit pourtant à captiver et à émouvoir avec cette histoire d’émancipation féminine sur fond de mouvement social. La fin ouverte et l’absence de parti pris peuvent toutefois laisser un goût d’inachevé.

Mektoub My Love 2

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Amin (Shain Boumedine) revient à Sète après ses études à Paris, rêvant toujours de cinéma. Un producteur américain en vacances (André Jacobs), s’intéresse par hasard à son projet, Les Principes essentiels de l’existence universelle, et veut que sa femme, Jess (Jessica Pennington), en soit l’héroïne. Mais le destin, capricieux, impose ses propres règles… 

Ce qu’on en pense

Il aura fallu huit années et un oubliable Intermezzo (3 heures de débauche disco dans une boite de nuit,  présenté à Cannes mais jamais sorti en salles), pour que vienne enfin la suite de Mektoub My Love, film « de vacances » d’un Abdellatif Kechiche au sommet de son art. Tourné dans la foulée du premier Mektoub, ce Canto Due reprend les choses où on les avait laissées (sur une plage de Sète) et y ajoute de nouveaux personnages et de nouvelles liaisons. On retrouve avec plaisir la troupe et l’ambiance estivale du premier film, en se demandant pourquoi il a fallu attendre si longtemps cette suite si évidente et lumineuse. Le caractère ombrageux et les soucis de santé du réalisateur Niçois y sont sans doute pour quelque chose…

Running Man

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l’œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards (Glen Powell), ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian (Josh Brolin) , son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple… et une menace pour tout le système. Alors que les audiences explosent, le danger monte d’un cran. Ben devra affronter bien plus que les Hunters : il devra faire face à un pays entier accro à le voir tomber.

Ce qu’on en pense

Edgar Wright  (Baby Driver, Shaun of the Dead) est aux commandes de ce remake du film de 1987 avec Arnold Schwartznegger. Son adaptation du roman de Stephen King est plus fidèle à l’original et c’est lee nouveau action-hero d’Hollywood,  Glen Powel (Top Gun : Maverick),  qui endosse le costume du Runner, pourchassé par un pays entier à la soif de sang attisée par un méchant network et son méchant producteur (Josh Prolin). Action et adrénaline à gogo pour ce Blockbuster qu’on croirait avoir été oublié sur une étagère des années 80. N’empêche,  le portrait de l’Amérique (que Stephen King situait en… 2025 !) n’est pas trés éloigné de celle qu’on connait : une société monstrueusement inégalitaire et violente,  aux mains d’une oligarchie de milliardaires de la tech et des médias…

L’Inconnue du port

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Une jeune femme  (Ana Rujas) est retrouvée par la police séquestrée dans un conteneur sur les docks de Barcelone. Incapable de parler ou même de se souvenir de son identité, elle est transportée à l’hôpital, où une tentative d’assassinat est commise contre elle. L’inspectrice Anna Ripoll (Candela Pena), experte en trafic d’êtres humains, est chargée d’enquêter sur cette mystérieuse affaire avec un policier suspecté de corruption (Pol Lopez).

Ce qu’on en pense

Il ne doit pas toujours être facile pour Netflix de décider quelques histoires méritent une série plutôt qu’un film. Celle-ci aurait clairement pu (dû?) faire l’objet d’une mini-série. Les personnages sont attachants, notamment ceux des deux flics, et une série aurait permis de mieux les développer. On retrouverait volontiers l’inspectrice Ana Ripoll (Candela Pena) dans une autre enquête. Idem pour l’intrigue, qui manque d’originalité pour un film mais aurait pu déboucher, en série,  sur un vrai traitement du trafic d’êtres humains. D’autant que la réalisation signée Gabe Ibáñez est soignée avec une belle immersion dans Barcelone. En l’état, ça se regarde, mais on reste sur sa faim. 

L’Agent Secret

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Brésil, 1977. Marcelo (Wagner Moura), un homme d’une quarantaine d’années fuyant un passé trouble, arrive dans la ville de Recife où le carnaval bat son plein. Il vient retrouver son jeune fils et espère y construire une nouvelle vie. C’est sans compter sur les menaces de mort qui rôdent et planent au-dessus de sa tête…

Ce qu’on en pense

Très bien accueilli à Cannes 2025, où il a raflé le prix de la mise en scène et le prix d’interprétation masculine, le nouveau film du brésilien Kleber Mendonça Filho (Aquarius, Bacurau) ressuscite le Recife des années 70 dans un thriller politique paranoïaque à la manière de l’époque. Au delà de l’exercice de style et de la reconstitution, une belle réflexion sur le passé qui ne passe pas, la dictature et la violence. Brillantissime.  

La Chaleur

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Il fait anormalement chaud sur les plages des Landes et Marouane (Hadrien Hussein), 17 ans, passe sa dernière journée au camping avec une angoisse : le corps qu’il a enseveli la veille sur la plage va-t-il apparaitre au grand jour ? Marouane se demande par ailleurs s’il n’est pas en train de tomber amoureux de la charmante Giulia (Martina La Manna).

Ce qu’on en pense

Quelques mois après l’excellent Inconnu de la Grande Arche, Stéphane Demoustier revient avec un petit thriller psychologique estival sans prétention, qui lui permet tout de même de dresser le portrait d’une jeunesse intranquille (avec une découverte dans le rôle principal :Hadrien Hussein ) et de coller à l’air caniculaire du temps. Malgré son titre, le film se révèle plutôt rafraichissant.

On l’appelait Robin des Bois

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Hanté par son passé après une vie de crimes et de violence, Robin des Bois est laissé pour mort à l’issue d’un combat qu’il pensait être le dernier. Recueilli par une femme mystérieuse, il se voit offrir une ultime chance de rédemption…

Ce qu’on en pense

Le titre original (The Death of Robin des Bois) annonce mieux la couleur que la VF : il s’agit d’une version crépusculaire du mythe. Robin n’est pas le fameux héros défenseur de la veuve et de l’orphelin qui volait les riches pour donner aux pauvres, mais un simple hors la loi, aussi barbare et cruel que les soudards de son époque médiévale. L’idée, on s’en doute, était d’appliquer au film de cape et d’épée un traitement similaire à celui que Clint Eastwood a infligé au western avec Impitoyable. Hélas, Michael Sarnoski n’est pas Clint Eastwood et Hugh Jackman non plus. Hirsute, barbu et grimaçant, l’acteur de Wolverine  tente, sans grand succès, de donner de l’épaisseur au personnage que seul son patronyme rattache à Robin des Bois. La première partie du film est aussi violente (voire gore) que la deuxième est méditative et saoulante de prêchi-prêcha sur le pardon et la rédemption. Au final,  Jodie Comer et les paysages d’Irlande sont les seules raisons objectives d’aller voir le film.

 

 

Shelter

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Mason (Jason Statham) vit isolé sur une île écossaise. Après avoir sauvé une jeune fille de l’océan lors d’une terrible tempête, il est repéré par le MI6 qui déclenche l’assaut de son refuge…

Ce qu’on  en pense

Le « Jason Statham Movie » de l’été est sur Prime. Le scénario ne brille pas par son originalité (c’est le moins qu’on puisse dire),  mais la réalisation est efficace et le casting correct,  avec Bill Nighy dans un rôle de méchant assez inhabituel pour lui. Le véritable intérêt du film est de faire découvrir une jeune actrice qui crève l’écran  : Bodhi Rae Breathnach (pas facile à retenir),  qu’on espère revoir bientôt dans une production moins formatée.

Une Famille de bâtards

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Par Ph.D

Le pitch

À la suite d’une fusillade ayant laissé pour mort son père, Mohamed  (Hakim Jemili) apprend que ce dernier, visiblement adepte des plaisirs de la chair, lui cachait Maurice (Benjamin Tranié) et Morgane (Laura Felpin), deux frère et sœur jusque-là inconnus et aux caractères bien trempés. Pire, l’évènement oblige Mohamed à cohabiter avec ses néo-frangins et ainsi s’occuper de “Chez Momo”, un bar de quartier qui se transforme le soir venu en haut lieu du vice parisien, et brasse autant de mousse que de magouilles et d’amour tarifé…

Ce qu’on  en pense

Après L’Amour c’est surcôté, Mourad Winter confirme son talent pour les comédies avec cette production Prime au casting alléchant (Hakim Jemili, Laura Felpin, Benjamin Tranié, Florence Foresti, Kad Merad…). Située dans le Paris populaire des années 90 reconstitué avec soin, l’intrigue s’éternise un tantinet, mais la mise en scène, l’abattage des comédiens (Benjamin Tranié en tête) et les dialogues sauvent largement l’affaire,  donnant au film un côté comédie italienne bienvenu.

Ladies First

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Séducteur invétéré, Damien (Sacha Baron Cohen)  reçoit une sévère leçon lorsqu’il bascule dans un monde parallèle gouverné par les femmes,  où une de ses malheureuses collaboratrices  (Rosemund Pike) est devenue sa supérieure…

Ce qu’on  en pense

Inutile remake du film « Je ne suis pas un homme facile«  d’Eléonore Pourriat, cette comédie anglaise  ne vaut que par la présence dans un rôle inhabituel pour lui de Sacha Baron Cohen, plus connu sous la moustache et le slip kangourou de Borat. Il joue ici un séducteur macho archetypique que Hugh Grant ou Matthew McConaughay  auraient pu incarner de manière plus convaincante, face à une Rosemund Pike tour à tour victime et castratrice. Se contenter d’inverser les rôles entre hommes et femmes dans l’entreprise ne suffit pas à rendre la chose comique et on s’ennuie ferme avant un final sans surprise au cours duquel le héros malheureux fait son mea culpa.

In Waves

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

À Los Angeles, AJ, lycéen discret, rencontre Kristen. Elle est passionnée de surf, lui de skateboard et de dessin. Ils tombent follement amoureux ; un avenir heureux se profile. Mais tout bascule lorsque Kristen tombe malade. Ensemble, ils se lancent dans un combat contre la maladie, portés par la force de leur amour, leurs amis et leur passion désormais commune pour le surf et l’océan…

Ce qu’on en pense

Découvert en ouverture de la Quinzaine des Cinéastes à Cannes, In Waves est l’adaptation en anime de la BD éponyme d’AJ Dungo. Une adaptation assez libre côté graphismes (avec des couleurs pastels et des effets de flare) et nettement plus fidèle pour le scénario : une Love Story new age,  sur fond de culture surf. Diplômée des Gobelins, la réalisatrice Phuong Mai Nguyen, qui avait déjà signé l’adaptation en série de la BD Culottées de Pénélope Bagieu, confirme un talent précoce.  Malgré une histoire poignante, son film-poème célèbre la vie et invite à faire face à l’adversité avec le courage des surfeurs de vagues géantes.

 

 

Les Couleurs du mal: Noir

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Muté dans une petite ville de province polonaise, un jeune procureur s’intéresse à un cold case d’enfant kidnappé deux ans plus tôt. Quelques temps plus tard, un autre enfant disparaît lors d’une fête de village… 

Ce qu’on  en pense

Le Polonais Adrian Panek signe cette deuxième adaptation  de la trilogie des « Couleurs du Mal » de Malgorzata Oliwia Sobczak pour Netflix. On y suit une nouvelle enquête du procureur Leopold Bilski (Jakub Gierszal),  que l’on retrouve muté au fin fond de la Cachoubie,  où il va être confronté à des disparitions d’enfants, sur fond d’abus sexuel et d’anciens rituels mystiques.  Une intrigue de « noir nordique » assez peu originale, sauvée par une réalisation solide et un bon casting. Le film vaut surtout pour son ambiance de province post-soviétique, où les autorités locales ont gardé l’habitude d’étouffer le scandales et de se couvrir entre elles.

Deux pianos

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Mathias Vogler (François Civil) rentre en France après un long exil. La mentore de sa jeunesse, Elena (Charlotte Rampling) , souhaite qu’il donne une série de concerts au piano à ses côtés à l’Auditorium de Lyon. Mais dès son retour, une rencontre avec un enfant qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau, son double, plonge Mathias dans une frénésie qui menace de le faire sombrer, et le mènera à Claude (Nadia Tereszkiewicz): son amour de jeunesse.

Ce qu’on en pense

Un mélo signé Arnaud Desplechin avec François Civil, Charlotte Rampling et Nadia Tereszkiewicz, sur fond de piano classique (Bartok, Bach, Chopin…) , ça ne se refuse pas. Les amateurs du genre y trouveront leur compte. Certes, on a souvent l’impression d’avoir déjà vu le film tant la mise en scène est classique,  le scénario sans surprise et le casting archi connu. Mais le classicisme n’est pas un défaut,  surtout quand il est porté par le talent.