Nuremberg
Par J.V
Le pitch
1945. Il est temps d’instruire le procès du régime nazi à Nuremberg. Le psychiatre américain Douglas Kelley (Rami Maleck) doit évaluer la santé mentale des dignitaires du IIIᵉ Reich. Face au manipulateur Hermann Göring (Russel Crowe), il se retrouve pris dans un rapport de force. S’ouvre alors un duel avec le mal absolu.
Ce qu’on en pense
Rendu méconnaissable par le grimage, Russel Crowe campe un Hermann Göring dominateur et effrayant dans cette fiction US inspirée des mémoires du psychiatre Douglas Kelley, qui officia comme expert au procès de Nuremberg. Face à lui, Rami Maleck est toujours impeccable en psychiatre chargé d’évaluer la santé mentale des dignitaires nazis. Un angle original pour évoquer le procès le plus important de l’histoire contemporaine.
Gourou
Le pitch
Matt (Pierre Niney) est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu’elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s’engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire…
Ce qu’on en pense
Pierre Niney retrouve le réalisateur de Boite Noire, Yann Gozlan, pour un thriller psychologique sur la manipulation des esprits, sujet qui lui tenait visiblement à coeur. Le film repose entièrement sur sa prestation « habitée », au point qu’aucun des autres personnages n’existe vraiment à l’écran. Comme le scénario multiplie les invraisemblances et que sa mise en oeuvre traîne en longueur, on s’agace assez rapidement des effets visuels clipesques et d’une musique assénée encore plus lourdement que les conseils en développement personnel du héros. Bref, en ce qui nous concerne, Gourou a totalement « loupé le coach ».
Bel Ami
Par Ph.D
Le pitch
Dans une ville chinoise moyenne figée dans le temps, un homme d’âge mûr trouve l’amour et choisit de le vivre au grand jour. Quelques rues plus loin, un couple de femmes cherche un homme que l’une d’entre elle pourrait épouser pour donner naissance à un enfant. Derrière ces deux histoires d’amour, la passion s’entremêle à la confusion identitaire, bousculant les normes et les silences d’une société marquée par les dogmes du communisme.
Ce qu’on en pense
Romances queer dans une petite ville chinoise enneigée et quasi désertique, filmée en noir et blanc par un émule d’Aki Kaurismaki. C’est trés bavard, plutôt pudique, pas franchement passionnant, mais finalement plutôt original dans le ton et dans la forme et, au final, assez charmant. On gardera en tête le nom de Jun Geng comme celui d’un nouvel ami.
Le Chasseur de baleines
Par Ph.D
Le pitch
Leshka (Vladimir Onokhov) est un adolescent qui vit dans un village isolé sur le détroit de Béring, situé entre la Russie et l’Amérique. Comme la plupart des hommes de son village, il vit de la chasse de la baleine et mène une vie très calme à l’extrémité du monde. Avec l’arrivée récente d’internet, Leshka découvre un site érotique où officie une cam girl (Kristina Asmus) qui fait naître en lui un désir d’ailleurs…
Ce qu’on en pense
Du désir charnel au désir d’ailleurs, il n’y a qu’un pas: celui que franchit le modeste héros de cette fable du bout du monde. Pour rejoindre la cam-girl dont il est tombé raide amoureux via l’écran de son ordinateur, ce jeune chasseur de baleines Russe parviendra-t-il à franchir le détroit qui sépare son pays d’une Amérique fantasmée ? Son quotidien est filmé avec un souci de réalisme presque documentaire. Ce qui nous vaut, notamment, une scène de pêche au harpon qui donne envie d’envoyer un chèque à Paul Watson. Comme dans la tête du jeune garçon, le rêve et la réalité se mélangent dans un final un peu convenu.
Nice : films japonais
Par la rédaction
Après le succès de la précédente édition (plus de 40 000 spectateurs), le festival Saisons Hanabi 2026 fait à nouveau s’entrechoquer intime et collectif. Du 28 janvier au 3 février 8 grands films japonais sont présentés en avant première au Pathé Massena (Nice) et dans plusieurs autres salles à Fréjus, Hyères et Toulon pour 9 € la séance. Au centre de la sélection 2026, Love on trial : l’histoire d’une idole poursuivie par son agence pour avoir aimé. Au-delà du scandale, se révèle un système qui contrôle jusqu’aux émotions, dans une industrie où la sincérité devient un acte de résistance. Kōji Fukada, fidèle à son regard humaniste, signe une œuvre à la fois pop et politique – à l’image de cette saison, vibrante mais lucide. Cette même tension entre vérité et façade traverse Sham, un thriller où la justice se mue en spectacle, et trouve un écho plus intime dans la comédie Mon grand frère et moi qui, après La Famille Asada, rappelle avec tendresse que déjouer les apparences passe davantage par l’émotion que par la raison. Si les films de cette édition dialoguent si bien entre eux, c’est qu’ils explorent ce même instant fragile : celui où l’on cesse de jouer un rôle, où le masque tombe, et où la vérité affleure. De Fais-moi un signe à Sous le ciel de Kyoto, de La Fille du konbini à Seppuku, peu à peu la façade se fissure sous le regard de cinéastes talentueux. Et n’est-ce pas, aussi, la mission que s’assigne Hanabi : inviter le spectateur à découvrir un Japon sans fard – plus nuancé, plus vrai ?
Hamnet
Par J.V
Le pitch
Angleterre, 1580. William (Paul Mescal), un professeur de latin désargenté, fait la connaissance d’Agnes (Jessie Buckley) , jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’œuvre universel…
Ce qu’on en pense
Après une incursion malheureuse dans le film de super-héros (Les Eternels 2021), Chloe Zhao retourne à un cinéma plus proche de ses racines avec ce vrai-faux biopic de William Shakespeare centré sur sa relation avec son épouse et le deuil d’un de leurs enfants. Avec une intelligence et une sensibilité inouïes, la réalisatrice de Nomadland (2021) met en scène Jessie Buckley et Paul Mescal dans les rôles principaux pour une réflexion sur le pouvoir réparateur de l’écriture. Un film grandiose et bouleversant promis à une pluie d’Oscars.
Le Mage du Kremlin
Par PH.D
Le Pitch
Russie, années 1990. L’URSS s’effondre. Dans le tumulte d’un pays en reconstruction, un jeune homme à l’intelligence redoutable, Vadim Baranov (Paul Dano), trace sa voie. D’abord artiste puis producteur de télé-réalité, il devient le conseiller officieux d’un ancien agent du KGB promis à un pouvoir absolu, le futur « Tsar » Vladimir Poutine (Jude Law).Plongé au cœur du système, Baranov devient un rouage central de la nouvelle Russie, façonnant les discours, les images, les perceptions. Mais une présence échappe à son contrôle : Ksenia (Alicia Vikander), femme libre et insaisissable, incarne une échappée possible, loin des logiques d’influence et de domination. Quinze ans plus tard, après s’être retiré dans le silence, Baranov accepte de parler. Ce qu’il révèle alors brouille les frontières entre réalité et fiction, conviction et stratégie. Le Mage du Kremlin est une plongée dans les arcanes du pouvoir, un récit où chaque mot dissimule une faille…
Ce qu’on en sait
Olivier Assayas adapte le roman éponyme de Giuliano da Empoli en prenant suffisamment de libertés pour en faire un thriller politique passionnant. Malgré un scénario qui balaye 30 ans d’histoire de la Russie, le film éclaire la situation actuelle en montrant comment le système totalitaire s’est mis en place et s’est perpétué depuis en utilisant tous les ressorts du storytelling, des réseaux sociaux et de la guerre hybride. Jouant (un peu trop) le mimétisme avec le personnage qu’il incarne Jude Law, campe un Poutine d’une froideur effrayante face à un Paul Dano inspiré en nouveau Raspoutine. Aidé par Emmanuel Carrere pour le scénario, Olivier Assayas signe une adaptation brillante du roman qui respecte totalement son écriture (via la voix off) en y ajoutant de la romance via le personnage de Ksenia, mauvaise conscience du héros joliment incarnée par Alicia Vikander.
Le Retour du projectionniste
Par Ph.D
Le pitch
Dans une région reculée des montagnes du Caucase, en Azerbaïdjan, Samid, réparateur de télévision, dépoussière son vieux projecteur 35mm de l’ère soviétique et rêve de rouvrir le cinéma de son village. Les obstacles se succèdent jusqu’à ce qu’il trouve un allié inattendu, Ayaz, jeune passionné de cinéma et de ses techniques. Les deux cinéphiles vont user de tous les stratagèmes pour que la lumière jaillisse de nouveau sur l’écran.
Ce qu’on en pense
Un Cinema Paradiso azérbaïdjanais… Mais pas seulement ! Le film se présente comme un documentaire (l’histoire vraie d’un ancien projectionniste de cinéma devenu réparateur de télévisions dans son village des montagnes du Caucase), mais il a été tourné comme une fiction. L’image est magnifique et la mise en scène sans cesse inventive. Dans leurs propres rôles les villageois sont parfaitement dirigés et l’effet d’immersion est total. Comme son modèle, Le Retour du projectionniste est une ode au cinéma et aux projections en public, en même temps qu’un instantané saisissant sur la vie dans ces régions reculées du Caucase, où la simple commande d’une ampoule de projecteur relève de l’épopée et où une projection devient une aventure collective. Formidable !
The Amateur
Par J.V
Le pitch
Charlie Heller (Rami Malek), un cryptographe de la CIA aussi brillant qu’introverti, voit son existence basculer lorsque sa femme, Sarah (Rachel Brosnahan), décède dans une attaque terroriste perpétrée à Londres. Déplorant l’inaction de sa hiérarchie, il prend l’affaire en main et se lance à la recherche des assassins, entamant un dangereux voyage à travers le monde pour assouvir sa vengeance…
Ce qu’on en pense
Après le dramatique Une vie , porté par Anthony Hopkins, James Hawes signe avec The Amateur un thriller à l’ancienne, dans lequel Rami Malek campe un justicier solitaire qui se sert de son intellect plutôt que de ses muscles pour assouvir sa vengeance. Un polar efficace dans la veine de ceux que réalisait le regretté Ridley Scott à la fin des années 1990 ( Ennemi d’État, Spy Game). Du travail de pro.
Civil War
Par Ph.D
Le pitch
Dans une Amérique livrée à la guerre civile, un petit groupe de journalistes tente de rejoindre Washington pour assister en direct à l’assaut de la Maison blanche par les insurgés…
Ce qu’on en pense
Bienvenue dans l’Amérique de la fin du deuxième mandat de Donald Trump… Ou d’un de ses successeurs. Ancien scénariste de Danny Boyle, Alex Garland ( Ex Machina , Annihilation , Men) filme un pays en guerre contre lui-même, avec un réalisme cru qui fait peur. Les scènes d’exécution sommaires dans les campagnes et d’affrontements armés dans les rues de la capitale sont spectaculaires et glaçantes. Témoins impuissants du carnage Kristen Dunst et Cailee Spaeny (Priscilla) tracent la route sous les tirs croisés des antagonistes. Anticipation ou dystopie ? Le cauchemar a déjà commencé.
The Rip
Par Ph.D
Le Pitch
La méfiance s’installe au cœur d’une équipe de flics de Miami après la découverte de 20 millions en cash dans une planque abandonnée. À mesure que se répand la nouvelle de l’ampleur de la saisie, plus personne ne sait à qui se fier… Entre FBI, DEA, flics ripoux du quartier, guetteurs du cartel et autres malfrats appâtés par l’odeur des dollars, qui empochera le magot ?
Ce qu’on en pense
Amis de longue date, à la ville comme à l’écran, Ben Affleck et Matt Damon sont à nouveau réunis pour ce thriller policier signé Joe Carnahan (Point Blank Bad Boys for Life). Réalisation nerveuse, casting sans défaut, scénario et dialogues bien troussés… Rien à redire sur cette grosse production Netflix, trés formatée mais prenante. Les midinettes comme nous pourront même verser une petite larme sur (attention spoiler) le dernier plan des deux acteurs vedettes sur la plage au soleil couchant.
Festival Télérama
Par la rédaction
Le Festival Cinéma Télérama revient pour une 28e édition, du 21 au 27 janvier. Au programme 16 reprises des meilleurs films de 2025 et 7 avant-premières pour 4 € la séance. Voici le programme (cliquer sur le titre du film pour lire la critique ou voir la fiche).
Reprises
– Une Bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson
– La Petite dernière, de Hafsia Herzi
– Valeur Sentimentale, de Joachim Trier
– Sirât, de Oliver Laxe
– The Brutalist, de Brady Corbet
– L’Inconnu de la Grande Arche, de Stephane Demoustier
– La trilogie d’Oslo, de Dag Johan Haugerud
– Un Simple accident, de Jafar Panahi
– Miroirs N°3, de Christian Petzold
– Black Dog, de Guan Hu
– Nino, de Pauline Loques
– Mémoires d’un escargot, de Adam Elliot
– L’Agent secret, de Kleber Mendoça Filho
– Nouvelle Vague, de Richard Linklater
–Partir un jour d’Amélie Bonnin
– Je suis toujours là, de Walter Salles
Avant premières
- A Pied d’œuvre de Valérie Donzelli
- The Mastermind de Kelly Reichardt
- Baise en ville de Martin Jauvat
- Promis le ciel d’Erige Sehiri
- Urchin de Harris Dickinson
- Le Gâteau du président de Hasan Hadi
- La vie après Siham de Nabir Abdel Besseeh
Novocaïne
Par J.V
Le pitch
Lorsque la fille de ses rêves est kidnappée, Nate (Jack Quaid), un homme ordinaire, transforme son incapacité à ressentir la douleur en une force inattendue dans son combat pour la retrouver.
Ce qu’on en pense
A un détail près, le héros de ce film d’action « à la John Wick » (incarné par le fils de Dennis Quaid et de Meg Ryan, découvert dans la série The Boys) est un homme parfaitement ordinaire, voire fragile et introverti. Sa particularité : une maladie neurologique le rend insensible à la douleur physique. Embarqué dans une quête pour libérer sa belle de méchants kidnappeurs, il en fera un atout redoutable. Prétexte pour les réalisateurs à multiplier des scènes de baston dans lesquelles tout le monde en prend plein la gueule. C’est amusant un moment, mais pas très consistant sur la durée. D’autant que la réalisation manque de punch. Un comble pour ce genre de film…
L’Amour c’est surcoté
Par J.V
Le pitch
Diagnostiqué “nul avec les meufs” depuis son plus jeune âge, Anis (Hakim Jemili) mène une existence charnelle placée sous le signe du calme plat. Trois ans jour pour jour après la perte d’Isma, son meilleur ami et mentor, il prend son courage à deux mains et se décide enfin à sortir faire de nouvelles rencontres. Sauf qu’en abordant Madeleine (Laura Felpin), Anis ignore que débute une grande aventure. Un truc inattendu. Un truc qui s’appelle “l’amour”…
Ce qu’on en pense
Mourad Winter réussit à transposer l’esprit stand-up de son propre roman dans cette romcom moderne où fusent vannes et punchlines sans donner l’impression d’un enchaînement de sketches. Hakim Jemili et l’incontournable Laura Felpin y trouvent leurs meilleurs rôles et font des étincelles. Une bonne surprise.
Furcy, né libre
Par Ph.D
Le pitch
Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l’esclave Furcy (Makita Samba) découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste (Romain Duris), il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits…
Ce qu’on en pense
Pour son deuxième long métrage le rappeur Abd Al Malik adapte « L’affaire de l’esclave Furcy » de Mohammed Aïssaoui (Prix Renaudot 2010) qui retrace, à travers le portrait d’un affranchi, l’histoire de l’esclavage à La Réunion. Un sujet que le cinéma français a jusqu’ici très peu abordé. Abd Al Malik le fait avec le même lyrisme que dans ses chansons. La mise en scène et la photo sont très soignées et l’interprétation est sans défaut, notamment en ce qui concerne les deux acteurs principaux, Makita Samba (découvert dans Les Olympiades de Jacques Audiard) et Romain Duris, toujours impeccable. L’histoire vraie de Furcy est édifiante et Abd Al Malik en livre une version passionnante. Le film ne souffre, en vérité, que d’un seul véritable défaut : la comparaison avec 12 Years A Slave de Steve McQueen, auquel on songe forcément.
















