La dernière valse
Par Ph.D
Le pitch
Après la pandémie, Dominic (Dayo Wong Chi Wha), wedding planner criblé de dettes, est contraint de reprendre une entreprise de pompes funèbres. Ses cérémonies funéraires, à la fois inventives et touchantes, rencontrent un succès inattendu. Mais il doit composer avec Maître Man (Michael Hui), prêtre taoïste respecté et gardien farouche des traditions. Au fil des funérailles, Dominic apprend peu à peu le code d’éthique de Maître Man et découvre la véritable portée de chaque adieu.
Ce qu’on en pense
Premier film du Hong Kongais Anselm Chan (un nom à retenir) , La Dernière valse immerge le spectateur dans le monde étonnant des rites funéraires taoïstes. Filmés avec un réalisme quasi documentaire, ils permettent au réalisateur de parler de famille, de transmission, de traditions, de conflit des générations et bien sûr de deuil, sur le mode de la dramédie. Superbement réalisé, le film déroule une galerie de portraits épatants et culmine dans un rituel final tourné comme un film de sabre. Un vrai cadeau de fin d’année pour les cinéphiles.
Sur un air de blues
Par J.V
Le pitch
Deux musiciens fauchés (Hugh Jackman et Kate Hudson) redonnent vie à la musique de Neil Diamond en formant un groupe lui rendant hommage. Ensemble, ils prouvent qu’il n’est jamais trop tard pour suivre son cœur et accomplir ses rêves…
Ce qu’on en pense
Dans la lignée du remake de A Star is Born par Bradley Cooper avec Lady Gaga, un bon petit musical « feelgood » pour finir l’année non pas « sur un air de blues » comme l’annonce un titre français mensonger (Song Sung Blue en VO), mais sur la pop sucrée de Neil Diamond, auquel le film rend hommage. Hugh Jackman et la trop rare Kate Hudson sont parfaits dans leurs rôles de losers réunis par leur amour de la musique et la réalisation de Craig Brewer (Dolemite Is My Name) fait le job dans les scènes musicales comme dans la romance. So sweet !
Qui brille au combat
Par Ph.D
Le pitch
Qui Brille au Combat est le sens étymologique du prénom Bertille (Sarah Pachoud) , la plus jeune des deux sœurs de la famille Roussier, atteinte d’un handicap lourd au diagnostic incertain. La famille vit dans un équilibre fragile autour de cet enfant qui accapare les efforts et pensées de chacun, et qui pourrait perdre la vie à tout moment. Chacun se construit, vit comme il peut avec les exigences de ce rythme et les incertitudes qui l’accompagnent. Les parents, Madeleine et Gilles (Mélanie Laurent, Pierre-Yves Cardinal) , la sœur aînée, Marion (Angelina Woreth). Quel quotidien et quels avenirs pour une mère, un père, un couple, une adolescente que la responsabilité de sa cadette a rendu trop vite adulte ? Lorsqu’un nouveau diagnostic est posé, les cartes sont rebattues et un nouvel horizon se dessine…
Ce qu’on en pense
Découvert en séance spéciale à Cannes 2025, la première réalisation de l’actrice Joséphine Japy est largement autobiographique puisque basée sur sa relation avec sa jeune soeur atteinte, comme l’héroïne du film, d’un handicap mental lourd. La réalisation s’attache à montrer comment la présence d’un enfant handicapé modifie les liens familiaux. Tourné entre Nice et Menton, un film intime, tendre et émouvant, porté par un casting très homogène.
L’âme idéale
Par Ph.D
Le pitch
Elsa (Magalie Lépine Blondeau), 40 ans, célibataire, a renoncé aux histoires d’amour. Un don un peu spécial la garde à distance des autres : elle peut voir et parler aux morts. Pourtant un soir elle rencontre Oscar (Jonathan Cohen) un homme drôle et charmant, qui lui fait espérer à nouveau que tout est possible. Mais au moment où elle commence enfin à tomber amoureuse, Elsa réalise que leur histoire n’est pas aussi réelle que ce qu’elle pensait…
Notre avis
Une romance surnaturelle à la Ghost qui vaut surtout pour son couple d’acteurs vedettes : Jonathan Cohen presqu’à contre emploi dans un rôle de séducteur romantique et la Québécoise Magalie Lépine Blondeau que l’on avait découvert dans Simple comme Sylvain. Le scénario est original et tient assez bien la distance, avec une réflexion sur la vie après la mort. Dommage que la réalisatrice n’attache pas autant de soin à ses seconds rôles qu’à son couple vedette…
Mango
Par Ph.D
Le Pitch
Sous prétexte de vacances ensemble, une directrice d’hôtel ambitieuse (Josephine Park) entraîne sa fille adolescente à Malaga où elle doit racheter, pour le compte de son groupe hôtelier, un magnifique verger de manguiers et y bâtir un nouvel hôtel…
Ce qu’on en pense
Heureuse trouvaille du catalogue de films récents de Netflix, cette romance Danoise vaut pour la lumière dorée de l’Espagne au printemps, pour son casting attachant, son humour décalé et son rythme « nordique ». Le scénario a beau être sans surprise, la réalisation évite les clichés trop voyants et le film se regarde avec beaucoup de plaisir. Que ce soit pour la relation mère-fille, la romance adulte ou le couplet écolo sur la nécessité de conjuguer tourisme et préservation des sites, tout sonne juste et bien amené. Un film qui donne envie de partir au soleil manger des mangues.
L’Agent Secret
Par Ph.D
Le pitch
Brésil, 1977. Marcelo (Wagner Moura), un homme d’une quarantaine d’années fuyant un passé trouble, arrive dans la ville de Recife où le carnaval bat son plein. Il vient retrouver son jeune fils et espère y construire une nouvelle vie. C’est sans compter sur les menaces de mort qui rôdent et planent au-dessus de sa tête…
Ce qu’on en pense
Très bien accueilli à Cannes 2025, où il a raflé le prix de la mise en scène et le prix d’interprétation masculine, le nouveau film du brésilien Kleber Mendonça Filho (Aquarius, Bacurau) ressuscite le Recife des années 70 dans un thriller politique paranoïaque à la manière de l’époque. Au delà de l’exercice de style et de la reconstitution, une belle réflexion sur le passé qui ne passe pas, la dictature et la violence. Brillantissime.
Avatar 3
Par J.V
Le pitch
La suite des aventures du peuple Na’Vi sur la planète Pandora…
Ce qu’on en pense
Initiée en 2009 pour lancer une nouvelle ère de cinéma en relief, la saga Avatar est, à ce jour, la seule à pouvoir rivaliser avec Star Wars en termes de succès et de développements. Ce troisième volet plus sombre que le précédent, dont il constitue pourtant la suite directe, devrait encore séduire les fans de James Cameron que 3h30 d’immersion dans l’univers bleuté de Pandora ne rebuteront pas. Des volets 4, 5 et 6 sont déjà dans les tuyaux…
Partir un jour
Par Ph.D
Le pitch
Alors que Cécile (Juliette Armanet) s’apprête à réaliser son rêve, ouvrir son propre restaurant gastronomique, elle doit rentrer dans le village de son enfance à la suite de l’infarctus de son père (François Rollin). Loin de l’agitation parisienne, elle recroise son amour de jeunesse (Bastien Bouillon). Ses souvenirs ressurgissent et ses certitudes vacillent…
Ce qu’on en pense
Présenté en ouverture du 78e Festival de Cannes (honneur inédit pour un premier film), Partir un jour est la version longue du court métrage éponyme et Césarisé d’Amélie Bonnin (à voir ici). Les premiers rôles (très bien) tenus par Juliette Armanet et Bastien Bouillon ont été inversés : c’est elle qui revient dans le village de son adolescence auréolée de gloire (elle a gagné Top Chef et s’apprête à ouvrir son propre restaurant gastronomique) et lui qui y est resté (il est garagiste et fait du moto cross). Elle est enceinte, mais a décidé d’avorter. Lui est marié et père d’un garçon d’une dizaine d’années. Ils se sont aimés, se sont loupés et se retrouvent avec beaucoup de nostalgie et de tendresse. Sauf qu’ils ne sont pas libres… Voilà pour la partie romance. Le côté familial est exploré avec Cécile et ses parents : mère aimante (Dominique Blanc formidable), père bougon et râleur (François Rollin très bien aussi)… Le retour de l’enfant prodigue, transfuge de classe , est célébré sur le mode de l’amour vache. Originalité de mise en scène : des passages chantés et/ou chorégraphies interviennent comme des virgules en fin de scènes avec une BO de tubes 80’s bien craignos (un vrai karaoké de Stars 80 !) qui disent combien la variété a envahi nos vies. Le court métrage était parfait : sensible, intelligent, bien dialogué, bien joué et joliment mis en scène. Dans le long, on voit les défauts et les coutures : image moche pour faire « auteur », chorégraphies mal filmées, scénario sans réel enjeu dramatique, direction d’acteurs fluctuante, introduction aléatoire des chansons (avec un son décalé du jeu des acteurs qui sont pourtant censés les chanter en live). Cela donne une petite romance musicale amusante mais dispensable, qu’on regarde d’un oeil amusé sans trop y croire, ni être spécialement touché.
Wake Up Dead Man
Par Ph.D
Le pitch
Le détective Benoit Blanc (Daniel Craig) collabore avec un jeune prêtre (Josh O’ Connor) pour enquêter sur un crime totalement inexplicable perpétré dans l’église d’une petite ville au sombre passé.
Ce qu’on en pense
La saga A Couteaux tirés, qui vaut à Daniel Craig une étonnante carrière post 007, s’enrichit d’un troisième opus toujours dirigé par Rian Johnson. La formule est parfaitement rodé et on retrouve avec plaisir le nouveau Hercule Poirot dans une intrigue surnaturelle emberlificotée à souhait. Pourtant, ce sont Josh O’ Connor et Glenn Close qui se taillent la meilleure part de ce Wake Up Dead Man gothique et British en diable. Un régal à déguster sans attendre sur Netflix.
Jay Kelly
Par Ph.D
Le pitch
Vieillissant loin de ses enfants, auxquels il a toujours préféré sa carrière, le célèbre acteur de cinéma Jay Kelly (George Clooney) est sollicité pour recevoir un prix d’honneur dans un festival italien. L’occasion pour lui d’entreprendre un voyage introspectif à travers l’Europe avec son fidèle manager (Adam Sandler)…
Ce qu’on en pense
Après une incursion inattendue dans le film de genre (White Noise 2022), le cinéaste New-Yorkais Noah Baumbach revient à ce qu’il sait faire de mieux, la comédie dramatique, avec ce portrait mélancolique d’un acteur célèbre qui, à l’automne de sa vie, tente désespérément de recoller les morceaux d’une vie de famille sacrifiée sur l’autel de sa carrière. Faute d’intéresser ses enfants, devenus de jeunes adultes, à l’hommage que décide de lui rendre un festival italien, il devra se raccrocher à l’amitié qui le lie à son agent depuis des lustres. George Clooney et Adam Sandler font merveille dans le rôle de la star et de l’agent, entourés d’une troupe d’acteurs fidèles au cinéaste (Laura Dern, Greta Gerwig, Billy Cudrup, Riley Keough, Emily Mortimer, Patrick Wilson…). C’est trop long et bavard, comme il se doit pour un film de plateforme, mais remarquablement filmé et au final assez plaisant. A voir sur Netflix.
Resurrection
Par Ph.D
Le Pitch
Un jeune homme rêveur se réincarne dans cinq époques. Tandis que le XXe siècle défile, une femme suit sa trace…
Ce qu’on en pense
Prix spécial du jury à Cannes 2025, où il était présenté en compétition, le film-fleuve du Chinois Bi Gan, émule de Leon Carax, a constitué le choc esthétique de l’édition. Evidemment, personne n’a rien compris à cette histoire de « voleurs de rêve » profondément ancrée dans celle du cinéma… Mais la maestria de la mise en scène emporte tout. Le film le plus dingue de l’année.
La Condition
Par J.V
Le pitch
C’est l’histoire de Céleste (Galatea Bellugi) , jeune bonne employée chez Victoire et André (Swann Arlaud), en 1908. C’est l’histoire de Victoire (Louise Chevillotte), de l’épouse modèle qu’elle ne sait pas être. Deux femmes que tout sépare mais qui vivent sous le même toit, défiant les conventions et les non-dits.
Ce qu’on en pense
Premier film en costume pour Jerome Bonnell qui nous avait plutôt habitués à des fictions contemporaines. Une réussite, portée par Louise Chevillotte, Swan Arlaud et Galatea Belugi, dans un triangle amoureux régi par les règles d’un patriarcat dominateur. Il y a du Maupassant et du Renoir dans ce drame d’époque très maitrisé.
Love Me Tender
Par J.V
Le Pitch
Une fin d’été, Clémence (Vickie Krieps) annonce à son ex-mari qu’elle a des histoires d’amour avec des femmes. Sa vie bascule lorsqu’il lui retire la garde de son fils. Clémence va devoir lutter pour rester mère, femme, libre.
Ce qu’on en pense
Adapté du roman autobiographie de Constance Debré, Love Me Tender en livre une version plus douce et solaire, grâce notamment au choix de la lumineuse Vickie Krieps pour incarner cette femme en rupture avec son milieu d’origine qui devra se battre avec détermination pour vivre sa vie comme elle l’entend. Une réussite.
Je suis toujours là
Par MAB
Le pitch
Rio, 1971, sous la dictature militaire. La grande maison des Paiva, près de la plage, est un havre de vie, de paroles partagées, de jeux, de rencontres. Jusqu’au jour où des hommes du régime viennent arrêter Rubens (Selton Mello), le père de famille, qui disparait sans laisser de traces. Sa femme Eunice (Fernanda Torres) et ses cinq enfants mèneront alors un combat acharné pour la recherche de la vérité…
Ce qu’on en pense
Depuis Terre lointaine et Central do Brasil (1995-1998), chaque livraison du Brésilien Walter Salles est attendue comme une promesse de bonheur cinématographique. Drame poignant sur la dictature, Je suis toujours là ne fait pas exception. La famille du film, Walter Salles l’a bien connue. Enfant, il allait jouer ans la grande maison des Paiva, près de la plage d’Ipanema, le quartier chic de Rio. C’est une histoire vraie que le réalisateur de Carnets de voyage relate dans une réalisation précise, documentée, chronologique, adaptée de l’œuvre de Marcelo, l’un des enfants du disparu. En suivant uniquement l’épouse, enfermée dans l’attente et le mépris des militaires, le film laisse le spectateur dans la même ignorance stupéfaite. C’est un peu long (2h17), parfois inutilement détaillé, pas assez à charge peut être… Mais Je suis toujours là a le grand mérite de réactiver toutes les mémoires sur toutes les dictatures. Celle du Brésil a duré 15 ans… Ovationné à Venise, le film a reçu un Golden Globe pour la prestation de l’actrice principale, Fernanda Torres.
The Alto Knights
Par Ph.D
Le Pitch
Deux des plus redoutables figures de la mafia new-yorkaise, Frank Costello (Robert de Niro) et Vito Genovese (Robert de Niro) , luttent pour le contrôle de la ville. Autrefois meilleurs amis, la jalousie et les trahisons les mènent inévitablement à l’affrontement…
Ce qu’on en sait
Deux Niro pour le prix d’un ! L’acteur se dédouble devant la caméra de Barry Levinson pour un nouveau (dernier ?) film de mafia qui convoque toute la mythologie Scorsesienne afin de raconter l’histoire vraie des parrains Franck Costello et Vito Genovese. Joe Pesci n’étant peut être pas disponible, Robert De Niro joue les deux rôles, parfois dans le même plan, par la grâce des effets spéciaux et du maquillage. Passée la surprise première, on se régale à le voir endosser les deux costumes à rayures : celui du capo dei capi pondéré (Costello, qui inspira à Mario Puzzo son fameux Parrain) et celui de son ami d’enfance devenu rival enragé (Genovese), dans une double composition quasi testamentaire. La reconstitution d’époque (les années 40) est soignée, les seconds rôles aussi (y compris féminins, ce qui est rare pour un film de mafia). Dommage que le film souffre de faiblesses côté scénario (un comble pour une histoire qui a inspiré tant d’autres films) et aussi côté réalisation (ça se traîne). On passe quand même un bon moment.















