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Une Intime conviction

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Le Pitch

Depuis que Nora (Marina Foïs) a assisté au procès de Jacques Viguier (Laurent Lucas), accusé du meurtre de sa femme, elle est persuadée de son innocence. Craignant une erreur judiciaire, elle convainc un ténor du barreau (Olivier Gourmet) de le défendre pour son second procès, en appel. Ensemble, ils vont mener un combat acharné contre une toujours possible erreur judiciaire. Mais alors que l’étau se resserre autour de celui que tous accusent, la quête de vérité de Nora vire à l’obsession.

Ce qu’on en pense

Le film de procès est un genre dans lequel réussissent assez bien les réalisateurs américains, plus rarement les Français. Pour son premier long-métrage, Antoine Raimbault s’en tire avec les honneurs. Sa reconstitution du procès d’appel de l’affaire Viguier est particulièrement réaliste et réussie. Tout sonne juste. A commencer par la prestation étonnante d’Olivier Gourmet, qui campe un Me Dupont Moretti plus vrai que nature. Certes, le personnage de Nora (Marina Foïs), ex-jurée du premier procès obsédée par l’affaire au point de vouloir à tout prix prouver l’innocence de l’accusé, est totalement fictionnel. Il n’est là que pour servir la dramaturgie et donner un partenaire de jeu à Olivier Gourmet. Mais tout le reste respecte parfaitement le déroulé du procès, dont on comprend très bien les tenants et les aboutissants avec, au centre des débats, la question cruciale de la présomption d’innocence. Passionnant.  

 

My Beautiful Boy

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Le pitch

Pour David Sheff (Steve Carell), la vie de son fils, Nicolas (Thimothée Chalamet), un jeune homme billant, sportif, à l’esprit vif et cultivé, était déjà toute tracée : à ses 18 ans, Nic était promis à une prestigieuse carrière universitaire. Mais le monde de David s’effondre lorsqu’il réalise que Nic a commencé à toucher à la drogue en secret dès ses 12 ans. De consommateur occasionnel, il est devenu accro à l’héroïne et plus rien ne semble possible pour le sortir de sa dépendance…

Ce qu’on en pense

Quelques semaine après Ben is Back, dans lequel Julia Roberts jouait le rôle d’une mère courage aux prises avec l’addiction de son fils aux opiacés, Steve Carell endosse le rôle d’un père confronté au même problème. Le traitement est encore plus mesuré dans ce beau drame signé du  Belge Félix Van Groeningen, (Alabama Monroe,  Belgica),  dont c’est le premier film “américain”.  Face à Steve Carell, Thimothée Chalamet, découverte de Call Me By Your Name fait à nouveau des étincelles dans le rôle du kid perdu. Hollywood tient son nouveau wonder boy.   La chanson de John Lennon ,dont le film tire son titre, fait le reste. Bouleversant. 

Un Coup de maître

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Le pitch

Arturo (Guillermo Francella) est le propriétaire d’une galerie d’art à Buenos Aires, un homme charmant, sophistiqué mais sans scrupules. Il représente Renzo (Luis Brandoni), un peintre loufoque et torturé qui traverse une petite baisse de régime. Leur relation est faite d’amour et de haine. Un jour, Renzo est victime d’un accident et perd la mémoire. Profitant de cette situation, Arturo élabore un plan osé pour les faire revenir sur le devant de la scène artistique…

Ce qu’on en pense

Après l’excellent Citoyen d’honneur, qui racontait le difficile retour au pays d’un célèbre écrivain atrabilaire, l’Argentin Gaston Duprat récidive dans la satyre comique du milieu artistique en s’attaquant cette fois à l’art contemporain. Il le fait avec la verve et la fantaisie d’un Woody Allen sud américain. En plus d’être drôle, intelligent et enlevé, ce Coup de maître qui porte bien son titre, est une chouette histoire d’amitié vacharde entre deux comparses aussi roués l’un que l’autre, joués par deux acteurs (Guillermo Francella et Luis Brandoni)  dont la complicité et le plaisir de se donner la réplique crèvent littéralement l’écran dans un duo à la Poiret-Serrault. 

Interview: Omar Sy

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Il est grand, beau, intelligent, talentueux, drôle, humble et chaleureux… Omar Sy a-t-il un défaut ? Si oui, on ne l’a pas encore trouvé. Ah si, il vapote ! Sinon, c’est toujours un immense plaisir de converser avec lui. Surtout à propos de Yao, le nouveau film de Philippe Godeau, dans lequel il joue un acteur célèbre qui retourne dans le pays d’origine de ses parents, le Sénégal pour y faire la promo de son autobiographie. Un rôle qui a de fortes résonances avec son propre vécu et pour lequel Omar s’est totalement investi

Ce film a-t-il été pour vous, comme pour votre personnage, l’occasion d’un retour à vos racines ?

Oui et non, car c’est quelque chose que j’ai vécu bien avant le film. Nous allions souvent au Sénégal quand j’étais petit et lorsque j’ai eu 19 ans j’ai traversé le pays en voiture avec mon père. Il m’a montré les endroits qui lui étaient chers et m’a raconté son histoire et celle de notre famille. C’est un voyage qui m’a profondément transformé et qui a sans doute dessiné, dans les grandes lignes, la personne que je suis aujourd’hui. Le film fait un peu référence ça. Du coup, j’ai refait le voyage en sens inverse après le tournage, avec mon père et mon frère. À l’époque, on était parti du village de ma mère, en Mauritanie, pour aller à Dakar, Là, on a fait le voyage de Dakar en Mauritanie.C’était très chouette…

On vous a déjà traité de « Bounty » (nègre blanc) comme votre personnage ?

Non, j’ai toujours eu un accueil super au Sénégal, où les gens sont très gentils avec moi.Je ne me sens pas du tout « Bounty », mais j’aime bien cette scène qui montre qu’on peut subir du racisme même dans son pays d’origine. Ce n’est pas évident de se sentir chez soi dans un pays dont on est originaire, mais où on n’a pas vécu. C’est bien de montrer ça à ceux qui vous disent : « Si t’es pas content t’as qu’à rentrer dans ton pays »

Se sent-on différent après un film comme celui-là ?

Il y a toujours des choses qui restent. Le fait de l’avoir fait, c’est déjà une satisfaction.Je suis content qu’il existe et que les gens puissent le voir. Retourner au Sénégal, c’était bien aussi. Cela faisait 8 ans que je n’y étais pas revenu et ça m’a rappelé combien c’était important.

Il y a une forme de transmission avec ce film que vous avez coproduit…

Oui, Philippe Godeau me l’a proposé et j’étais heureux de le faire car cela avait du sens.Nous l’avons dédié à nos pères. J’espère qu’il permettra à mes enfants de se souvenir d’où on vient.C’est une chance pour eux d’avoir plusieurs cultures.,

Pourquoi avoir choisi de les élever aux États-Unis ?

Je suis parti pour que mes enfants grandissent avec un père anonyme. Je n’avais pas les clés pour les élever comme un père célèbre.Je ne sais pas comment on fait pour protéger un enfant quand on est un personnage public. Dans l’anonymat, j’avais plus de repères pour être le père que j’entends être.

L’élection de Donald Trump ne vous a pas donné envie de revenir ?

Le retour en France n’est pas à l’ordre du jour, mais bien sûr je regarde ça de près : Trump c’est l’homme qui gouverne le pays dans lequel mes enfants sont élevés. Ça me préoccupe, mais pas plus, au fond, que si je vivais dans un autre pays.Les USA sont tellement puissants qu’on n’est à l’abri de leur pouvoir nulle part.

Qu’est-ce que cela vous fait d’être toujours au coude à coude avec JJGoldman dans le classement des personnalités préférées des Français ?

C’est très agréable et j’en suis très reconnaissant. Je pensais y retrouver l’équipe de France de foot, mais non. Moi je l’aurais mise. Goldman, que je n’ai jamais rencontré hélas, a beaucoup compté dans mon histoire.Sa chanson « C’est ta chance » a beaucoup résonné pour moi. Cela me plaît bien d’être associé à lui de cette manière…

Est-ce que cela implique pour vous une forme de responsabilité ?

Non, je ne me sens pas responsable de ça, parce que je ne l’ai pas cherché, ni provoqué, La responsabilité je n’en veux pas.Je veux rester libre. Je réagis spontanément quand j’en éprouve l’envie et le besoin, mais ça ne m’oblige en rien. Ce n’est pas un engagement. L’engagement ça passe par l’intellect et moi je ne suis pas un intellectuel, loin de là. Je réagis par ressenti, c’est viscéral.

Comme quand vous prenez fait et cause pour ce jeune migrant de Tours ?

Je suis heureux que ça se soit arrangé pour lui. C’était du bon sens. Cela me paraissait anormal qu’on le déplace et je l’ai dit.Mais je n’ai rien fait d’autre que rapporter.Je suis un cafteur en fait, je ne fais rien de plus que cafter.Après, c’est le combat de sa famille d’accueil qui compte. Ce sont des gens exceptionnels.Ce que je fais moi, par rapport à eux, ce n’est rien du tout.

Vous arrive-t-il de trouver la célébrité pesante ?

On ne reçoit jamais trop d’amour. Je ne boude pas ça. Je sais aussi comment faire pour éviter les débordements. Quand on n’est pas disponible pour le public, il suffit de pas se montrer.C’est aussi simple que ça…

Tourner avec Harrison Ford dans L’appel de la forêt, c’était un gros kif ?

Et comment ! Harrison Ford a un charisme impressionnant. J’avais l’impression de me retrouver à 12 ans devant Han Solo dans Star Wars ! Pour le coup, le gamin du film, c’était moi.Ça me le fait à chaque fois : j’ai l’impression de rentrer dans mes films préférés.Après, je suis toujours épaté par le professionnalisme et le naturel des acteurs américains devant la caméra, C’est un peu étrange de se retrouver dans la position du mec qui n’a rien à foutre là, mais j’aime bien (rires)

Vous allez jouer Arsène Lupin dans une série Netflix… En attendant James Bond ?

Quand j’ai su qu’ils prendraient peut-être un acteur black pour être le prochain James Bond, je me suis renseigné.Il y a des critères précis.Avant tout, il doit être anglais. Et là, j’ai pas bon.Dommage ! 

Vous reverra-t-on en duo avec Fred Testot ?

On n’a pas de projets en ce sens, mais j’aimerais bien qu’on se retrouve pour faire quelque chose ensemble.On s’est rencontrés à Cannes avec Fred.Je suis allé plusieurs fois chez lui à la Colle sur loup et on allait faire la fête à Nice avec ses copains d’enfance. J’en garde de super souvenirs.

Un Grand voyage vers la nuit

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Le pitch

Luo Hongwu (Huang Jue) revient à Kaili, sa ville natale, après s’être enfui pendant plusieurs années. Il se met à la recherche de la femme qu’il a aimée et jamais effacée de sa mémoire. Elle disait s’appeler Wan Qiwen (Tang Wei)

Ce qu’on en pense

La promesse du titre est tenue: C’est à un “long voyage” que nous convie le Chinois Bi Gan (Kaili Blues). Certains spectateurs auront du mal à tenir la distance , malgré  l’esthétique raffinée de la mise en scène et la beauté de la photo. La quête du héros est, en effet, difficile à suivre et la césure du film en deux,  avec un plan séquence final de 49 minutes ne facilite certes pas le travail. Qui ira au bout de ce “voyage vers la nuit” sera néanmoins récompensé et pourra certifier, dans quelques années, avoir assisté, quasi en direct, à l’éclosion d’un nouveau grand du cinéma chinois. A  tout juste 30 ans, Bi Gan se dit influencé par Chagall et Modiano. Il y a pire modèles…

Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ?

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Le pitch

Claude et Marie Verneuil (Christian Clavier, Chantal Lauby) font face à une nouvelle crise : leurs quatre gendres, Rachid, David, Chao et Charles sont décidés à quitter la France avec femmes et enfants pour tenter leur chance à l’étranger. Incapables d’imaginer leur famille loin d’eux, Claude et Marie sont prêts à tout pour les retenir. De leur côté, les Koffi (Pascal Nzonzi Salimata Kamate) débarquent en France pour le mariage de leur fille. Eux non plus ne sont pas au bout de leurs surprises…

Ce qu’on en pense

N’ayant pas réussi à rééditer le carton absolu de l’année 2014 (12 millions d’entrées !) avec ses films suivants (Débarquement immédiat, À bras ouverts), Philippe de Chauveron s’est donc logiquement attelé à la suite de Qu’est ce qu’on a fait au bon dieu ? Le titre choisi (Qu’est ce qu’on a ENCORE fait au bon Dieu ?) en dit long sur la créativité débridée qui a présidé à l’écriture de cette suite obligée. On prend les mêmes et on recommence.Tant pis si on n’a rien à dire, ni à filmer. Ode rance à la France profonde qui sent bon la bouse de vache, le piston et la messe dominicale, le film provoque plus de gêne que d’hilarité. Seul le couple Clavier-Lauby permet de sauver la farce. 

 

 

Minuscule 2

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Le pitch

Lorsque tombent les premières neiges dans le Mercantour, il est urgent de préparer ses réserves pour l’hiver. Quitte à aller picorer chez les humains. Hélas, durant l’opération, une petite coccinelle se retrouve piégée dans un carton… à destination des Caraïbes ! Une seule solution : reformer l’équipe de choc.La coccinelle, la fourmi et l’araignée reprennent du service à l’autre bout du monde. Nouveau monde, nouvelles rencontres, nouveaux dangers… Les secours arriveront-ils à temps ?

Ce qu’on en pense

Sorti en 2013, Minuscule- La vallée des fourmis perdues avait mis en lumière le travail du couple Thomas Szabo, Hélène Giraud, jusqu’alors confinés au petit écran et aux épisodes courts de leur série d’animation à succès. Leur deuxième long-métrage fait mieux que confirmer leur talent. On lui souhaite un succès au moins équivalent au premier (1,5 million d’entrées). En six ans, beaucoup de progrès ont été accomplis côté technique et cela se voit à l’écran. L’image est magnifique, qu’elle soit réelle (Mercantour sous la neige, aéroport de Nice, plages de Guadeloupe…) ou de synthèse (insectes, décors…). Le mélange des deux est toujours aussi bluffant. Bien que stylisés, les petits héros à mandibules paraissent plus vivants que jamais et leurs aventures les mènent cette fois loin du Mercantour, dans des décors paradisiaques.  Les clins d’œil cinématographiques sont toujours aussi nombreux (une poursuite à la Star Wars, un bateau Playmobil tracté par des ballons comme la maison de Là-Haut, un abordage d’avion à la Mission Impossible…) et la B.O, signée Mathieu Lamboley, est splendide. Il y a cette fois, un peu plus de personnages humains. Cela tient autant au scénario (les insectes doivent prendre l’avion et circuler à bord de véhicules), qu’à l’envie avouée du couple de réalisateurs de réaliser un prochain film avec de vrais acteurs. Mais d’ici-là, il y aura un Minuscule 3, déjà en préproduction et dont l’action, coproduction internationale oblige, se situera en Chine. Nos coccinelles, fourmis et araignées préférées n’ont pas fini de voyager !

Les Estivants

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Le pitch 

Anna (Valeria Bruni-Tedeschi) arrive dans la propriété familiale sur la Côte d’Azur pour quelques jours de vacances. Au milieu de sa famille, de leurs amis et des employés de maison, elle doit gérer sa rupture toute fraîche et l’écriture de son prochain film

Ce qu’on en pense

Six ans après Un Chateau en Italie, Valeria Bruni Tedeschi nous invite, à nouveau, à passer quelques jours en famille. Dans le sud de la France, cette fois. Peut-être au Cap Nègre, où sa mère (qui joue encore son propre rôle) possède une propriété ?  Le thème central n’est plus la mort du frère, mais plutôt celle du couple. Celui que formait Anna/Valeria avec Lucca (Riccardo Scamarcio) vient d’exploser en vol. Les autres vont être soumis à de rudes turbulences. Une comédie dramatique à l’italienne, fortement teintée d’autofiction, avec l’actrice-réalisatrice dans son rôle habituel d’amoureuse hystérique, sa mère dans celui de sa mère… Et le couple Valeria Golino-Pierre Arditi dans celui des Bruni-Sarkozy ?  Dans la position de l’invité extérieur tombé en plein drame familial, le spectateur-voyeur n’est pas forcément à la noce

 

 

A cause des filles

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Le pitch

À l’occasion d’une noce d’où le mari s’est enfui, à peine la cérémonie terminée, chacun, en guise d’épithalame – ce chant composé à l’occasion d’un mariage – va s’employer à remonter le moral de la mariée. Tous ont leur mot à dire sur l’inconstance, les surprises de la vie conjugale, les péripéties inattendues et les amours malheureuses…

Ce qu’on en pense

Le plus gros casting de la semaine  pour cette comédie de mœurs un peu surannée,  en forme de film à sketches. José Garcia, Marie-Josée Croze, Audrey Fleurot, François Morel, Pierre Richard, Irène Jacob, Rossy de Palma, Barbara Schultz, Frédéric Beigbeder, Alexandra Stewart, Laurent Lucas, Christian Morin et Bernard Menez  (liste non exhaustive) se donnent la réplique et discourent sur le mariage, le couple, l’amour, le sexe, la vieillesse et la mort (liste non exhaustive bis), une coupe de Champagne à la main , après une cérémonie de mariage qui a viré au désastre, dans une guinguette du bassin d’Arcachon…  C’est léger, bavard, drôle, un peu débraillé mais plus sympathique que Les Petits mouchoirs. C’est du Pascal Thomas bon cru, dans la veine de Les Maris, les femmes, les amants (1988). Il fut un temps où ce type de comédies faisait les beaux jours du cinéma français. Et c’était chouette !

L’Intervention

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Le pitch

1976 à Djibouti, dernière colonie française. Des terroristes prennent en otage un bus d’enfants de militaires et s’enlisent à une centaine de mètres de la frontière avec la Somalie. Pour débloquer la situation une unité de tireurs d’élite de la gendarmerie est envoyée sur place

Ce qu’on en pense

Retour  sur la naissance du GIGN avec ce bon thriller psychologique, signé  Fred Grivois (La Résistance de l’air).  Mené par Alban Lenoir (Tank, Gueule d’Ange),  les gendarmes expédiés à la rescousse n’ont pas des profils  de soldats d’élite. Barbus, bedonnants, amateurs  d’humour gras, ils ont, par contre, la capacité de se concentrer sur leur mission dans les moments cruciaux et cela fera la différence face à des terroristes nerveux. Dans cet univers musclé, Olga Kurylenko fait une nouvelle fois merveille,  campant une otage courageuse, dévouée à la survie du groupe d’enfants qu’elle accompagne. Le film n’édulcore pas les faits réels et pose la question de l’obéissance aux ordres lorsque ceux-ci émanent d’un gouvernement qui privilégie les  intérêts politiques sur les vies humaines. Efficace et maitrisé. Du bon boulot.

Ulysse & Mona

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Le Pitch

Il y a quelques années, Ulysse (Eric Cantona), a mis un terme à sa carrière d’artiste contemporain. Aujourd’hui, il habite seul avec son chien Joseph dans un vieux manoir au milieu de la forêt. Mona (Manal Issa) a vingt ans et est étudiante aux Beaux-Arts. Un jour, grâce à un de ses amis, elle obtient les coordonnées d’Ulysse

Ce qu’on en pense 

 Ceux qui ont vu  Marie et les naufragés, l’un des films précédents du décidément prolifique Sébastien Betbeder, ne s’étonneront pas du ton décalé de cette nouvelle comédie dramatique mettant en scène Eric Cantona dans son rôle de prédilection : celui de l’Artiste.  Par son ton inclassable et ses ruptures, Ulysse et Mona n’est pas un road-movie traditionnel,  même s’il en emprunte les formes. L’apparente légèreté dissimule, en effet,  des réflexions profondes sur la solitude, la maladie et le monde tel qu’il ne va pas, avec des personnages plein de félures. A voir.

Si Beale Street pouvait parler

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Le pitch

Harlem, dans les années 70. Tish (Kiki Layne) et Fonny (Stephan James)  s’aiment depuis toujours et envisagent de se marier. Alors qu’ils s’apprêtent à avoir un enfant, le jeune homme, victime d’une erreur judiciaire, est arrêté et incarcéré. Avec l’aide de sa belle-famille, Tish s’engage dans un combat acharné pour prouver l’innocence de Fonny et le faire libérer…

Ce qu’on en pense

Adapté du roman de James Baldwin et transposé  à  Harlem,  Si Beale  Street pouvait parler est un  drame poignant, signé par le réalisateur  l’oscarisé de  Moonlight , Barry Jenkins, qui confirme ici son talent pour les belles mises en scènes et la direction d’acteurs. Ceux choisi pour incarner les deux héros, Kiki Layne et Stephan James,  sont de véritables révélations. Ils sont bouleversants, faisant passer mille émotions dans le même plan,  tandis que la structure en flashback  rappelle les moments marquants de leur love story. Une histoire d’amour poignante qui rend encore plus vigoureuse la  dénonciation du racisme policier aux Etats-Unis. Une belle suite à Moonlight, rythmée par une BO soul géniale.

Pearl

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Le pitch

Léa Pearl s’apprête à concourir pour le prestigieux titre de Miss Heaven. Son entraîneur, Al, espère, grâce à elle, revenir sur le devant de la scène et rien ne pourra les détourner de cet objectif. Mais à quelques heures de la finale, Ben, l’ex-mari de Léa débarque avec Joseph, leur enfant, qu’elle n’a pas vu depuis 4 ans

Ce qu’on en pense

Ancienne assistante de Noémie Lvovsky et Bertrand BonelloElsa Amiel a choisi  le milieu  du culturisme féminin pour cadre de son premier long métrage. Un choix original et payant,  avec un regard particulier sur le corps féminin. Julia Föry, culturiste elle même,  fait preuve d’un beau talent d’actrice face à l’excellent Peter Mullan dans le rôle du coach dur à cuire. La fin déçoit un peu,  mais le film mérite d’être vu.

Eric Clapton : Life In 12 Bars

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Premier des grands guitaristes anglais (Jeff Beck, Jimmy Page, Rory Gallagher…) à émerger du blues boom britannique du début des années 60, Eric Clapton est aussi– et de loin- le plus célèbre. Sa participation à des groupes devenus mythiques (Yardbirds, Cream, Blind Faith, Derek and the Dominoes) et ses succès commerciaux en solo (461 Ocean Boulevard, Slowhand, Unplugged…) en ont fait, à 73 ans, une des icônes les plus vénérées du rock. Un véritable Dieu de la guitare, considéré comme tel depuis qu’une main anonyme avait graphé sur les murs de Londres « Clapton is God », alors qu’il venait à peine d’intégrer les Yardbirds. Très attendu, le documentaire que lui consacre l’américaine Lili Fini Zanuck raconte évidemment la geste artistique de ce virtuose autodidacte de la six cordes, au travers de témoignages de ses proches et de ses pairs, d’images d’archives et de performances rares, remontant sa fabuleuse carrière. Mais ce sont surtout les confidences de l’artiste lui-même qui font l’intérêt du film et lui donnent son caractère poignant et autobiographique.La vie, en effet, n’a pas épargné Clapton, abandonné par sa mère lors de son plus jeune âge, soumis à diverses addictions (drogue et alcool), malheureux en amour (parce qu’éperdument amoureux de la femme de son meilleur ami, le Beatle George Harrison) et père dévasté par la mort de son jeune fils Connor, défenestré d’une chambre d’hôtel. Face caméra, l’artiste évoque ces moments douloureux avec pudeur, mais sans chercher à cacher sa part d’ombre. Celle d’un homme dont la dévotion au blues aura constitué, toute sa vie, l’unique planche de salut.

Green Book

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Le Pitch

En 1962, alors que règne encore la ségrégation, Tony Lip (Viggo Mortensen), un videur italo-américain du Bronx, est engagé pour conduire et protéger le Dr Don Shirley (Mahershala Ali),  pianiste noir de renommée mondiale, lors d’une tournée de concerts dans le sud des États-Unis. Durant leur périple, de Manhattan jusqu’au Sud profond, ils s’appuient sur un guide de voyages à l’usage des noirs américains (le fameux Green Book) pour dénicher les établissements pour personnes de couleur, où l’on ne refusera pas de servir Shirley et où il ne sera ni humilié, ni maltraité. Dans un pays où le mouvement des droits civiques commence à se faire entendre, les deux hommes vont être confrontés au pire de l’âme humaine, dont ils se guérissent grâce à leur générosité et leur humour. Ensemble, ils vont dépasser leurs préjugés, oublier ce qu’ils considéraient comme des différences insurmontables et découvrir leur humanité commune…

Ce qu’on en pense

C’est peu dire qu’on n’attendait pas du réalisateur de Dumb & Dumber et Mary à tout prix, Peter Farrelly, un film aussi profond et sensible que Green Book. Basé sur une histoire vraie, il raconte une tournée du pianiste de jazz Don Shirley dans le sud des États-Unis au début des années 60. Pour se déplacer, Shirley avait embauché un chauffeur- garde du corps du nom de Tony Lip, italo new-yorkais haut en couleur, brut de décoffrage et plutôt raciste, qui deviendra pourtant son ami pour la vie. Le film oscille plaisamment entre drame et comédie et reconstitue parfaitement l’Amérique ségrégationniste des années 60. Sorte d’Intouchables inversé (le patron est noir, l’employé blanc), où le handicap serait remplacé par le racisme, c’est LA bonne surprise de ce début d’année. Un « feelgood movie », dans lequel Mahershala Ali (découverte de Moonlight et vedette de la saison 3 de True Detective) et Viggo Mortensen (inoubliable Aragorn du Seigneur des anneaux) se donnent la réplique avec gourmandise, sur des dialogues particulièrement savoureux. Mahershala Ali a déjà reçu un Golden Globe pour sa prestation. La performance de Viggo Mortensen, méconnaissable dans un rôle à la De Niro/Scorsese/Sopranos, pourrait enfin lui valoir un Oscar.