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Sa dernière volonté

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Le Pitch

Mise sur la touche à couvrir la campagne présidentielle de Ronald Reagan, Elena McMahon (Anne Hathaway), reporter de guerre au Washington Post accepte de remplacer son père malade (Willem Dafoe) pour une affaire qu’il doit conclure en Amérique du sud. Elle compte en profiter pour continuer à enquêter sur les livraisons d’armes aux contras du Nicaragua, sans se douter qu’elle va se retrouver au coeur du trafic

Ce qu’on en sait 

Après Mudbound, portrait d’une famille d’agriculteurs du Mississippi, sorti en 2017 sur Netflix, la réalisatrice américaine Dee Rees signe pour la plateforme ce thriller politique qui renvoie aux années Reagan et à la guerre du Nicaragua. D’abord séduit par la patine très “années 70”  du film,  on se laisse entrainer à la suite de l’héroïne, incarnée par Anne Hathaway,  entre Washington, Miami, le Nicaragua et les Caraïbes, où,  entre deux meetings de Reagan, elle enquête sur un trafic d’armes fomenté par la CIA au profit des Contras. Hélas,  l’intrigue et la réalisation sont si confuses qu’on n’y comprend rien. Le scénario se perd dans un dédale de pistes narratives inutiles et encombrantes. Anne Hathaway est à peu près crédible dans le rôle de la reporter,  mais Willem Dafoe, qui joue son père,  et Ben Affleck, en agent de la CIA, héritent de rôles totalement caricaturaux. Dommage car, dans ses bons moments,  le film renvoie à un cinéma qu’on a beaucoup aimé. 

Mickey and the Bear

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Le pitch

Mickey Peck (Camila Morrone) , une adolescente du Montana, a la lourde responsabilité de s’occuper de son père (James Badge Dale), un vétéran d’Irak traumatisé et accro aux opiacés. Quand l’opportunité se présente de quitter pour de bon le foyer, elle fait face à un choix impossible…

Ce qu’on en pense

Présenté à l’Acid à Cannes, ce premier film signé Annabelle Attanasio  conjugue le meilleur et le moins bon (sinon le pire) du cinéma indé US . Sur un scénario qui rappelle beaucoup celui de Leave No Trace, dans lequel Ben Foster jouait aussi un soldat traumatisé soutenu par sa fille adolescente, la réalisatrice filme une Amérique rurale à l’abandon (le bled s’appelle Anaconda)  dans laquelle peine à s’épanouir son héroïne, entre un père instable et un fiancé maladroit. La deuxième partie du film gâche, hélas, les bonnes dispositions entrevues dans la première,  avec une fin hyper convenue (mais joliment filmée). Au final,  on retient surtout la prestation de Camila Morrone, actuelle compagne de Leonardo DiCaprio, découverte dans  Death Wish aux côtés de Bruce Willis,  qui fait ici une composition épatante. On devrait rapidement retrouver son nom au générique de plus grosses productions.

L’Adieu

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Le pitch

Lorsqu’ils apprennent que Nai Nai (Zhao Shuzhen), leur grand-mère et mère tant aimée, est atteinte d’une maladie incurable, ses proches, selon la tradition chinoise, décident de lui cacher la vérité. Ils utilisent alors le mariage de son petit-fils comme prétexte à une réunion de famille pour partager tous ensemble ses derniers instants de bonheur. Pour sa petite fille, Billi (Awkwafina), née en Chine mais élevée aux Etats-Unis, le mensonge est plus dur à respecter. Mais c’est aussi pour elle une chance de redécouvrir ses origines, et l’intensité des liens qui l’unissent à sa grand-mère.

Ce qu’on en pense

Précédé d’un buzz hyper favorable, ce petit mélodrame de la réalisatrice sino-américaine Lulu Wang, en partie autobiographique, est en course pour les Oscars et a déjà valu à son actrice principale, la rappeuse Awkwafina le Golden Globe de la meilleure actrice. Elle est effectivement très bien dans le rôle de cette jeune femme qui revient au pays pour voir une dernière fois sa grand-mère, se confronte aux traditions et retrouve ses racines. Malgré quelques longueurs, le film est à la fois drôle et émouvant, grâce au décalage qu’il installe entre l’héroïne, élevée aux États Unis et sa famille restée en Chine. Mais on sent un peu trop les ficelles d’écriture du film indé US délocalisé. Un pur produit Sundance.

Cannes 2.0.2.0

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En attendant mercredi 3 juin la révélation de la sélection officielle du 73e Festival de Cannes, annulé pour cause de coronavirus, c’est sur le web et à la télé que continue d’exister Cannes 2020.  Arte a concocté un programme spécial Cannes particulièrement alléchant avec  de grands films sélectionnés ou primés au Festival.  Après leur diffusion sur la chaîne qui s’est achevée la semaine dernière, ils sont disponibles en streaming gratuit sur le site de la chaîne. Histoire de faire “comme si”, on enfilera donc le smoking pour visionner, sur son ordi ou sa tablette,  The Immigrant de James Gray avec Joaquin Phoenix et Marion Cotillard  (Sélection 2013) , le magistral Faute d’Amour d’Andreï Zviaguintsev (Prix du jury 2017) , le grinçant The Square de Rüben Ostlund (Palme d’or  2017), L’impressionnant  Ruban blanc de Michael Haneke (Palme d’or 2009) et en clôture  Jeune femme de Léonor Serraille avec la révélation Laetitia Dosch (Caméra d’or, Cannes 2017). De son côté france.tv, le site internet des chaines publiques, a choisi de programmer des films qui ont marqué leur passage à la Quinzaine des réalisateurs. On peut notamment  (re)voir en streaming gratuit Ma vie de courgette, coup de coeur de la Quinzaine 2016,  Le Voyage aux Pyrénées des frères Larrieu, Pieds nus sur les limaces de Fabienne Berthaud, La Promesse des frères Dardenne, Dans Paris de Christophe Honoré, J’ai horreur de l’amour  de Laurence Ferreira Barbosa, Toto le héros de Jaco van Dormael et La Moustache d’Emmanuel Carrère. N’oubliez pas vos accréditations pour la télé du salon (carte bleue), le fauteuil (carte rose pastille) et le canapé (carte blanche). Bon Festival 2.0.2.0 ! 

Green Boys

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Le pitch

Alhassane, 17 ans, a quitté la Guinée et arrive seul en France après un éprouvant périple. Accueilli dans un village en Normandie, il rencontre Louka, 13 ans. Entre les deux garçons une amitié naît et s’invente jour après jour.

Ce qu’on en pense

La documentariste Ariane Doublet (La Pluie et le beau temps, Les Terriens) a suivi au jour le jour le parcours d’intégration d’un jeune migrant Guinéen de 17 ans. Accueilli en Normandie, dans un village de campagne, Alhassane fait la connaissance d’un jeune villageois, avec lequel il évoque  son parcours au fil de conversations informelles. Des liens d’amitié se tissent autour de leur passion commune du football. Un film solaire et plein d’espoir en la jeunesse

Une vie cachée

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 Le pitch

1939 : Franz Jägerstätter (August Diehl), paysan autrichien, refuse de se battre aux côtés des nazis. Reconnu coupable de trahison par le régime hitlérien, il est passible de la peine capitale. Mais porté par sa foi et son amour pour sa femme, Fani (Valerie Pachner), et ses enfants, Franz reste inébranlable

Ce qu’on en pense

Depuis sa Palme d’or, décrochée en 2011 avec The Tree of Life , on pensait avoir perdu Terrence Malick. Ses derniers films , A la merveille , Knight of Cups et Song to Song ont déconcerté ses admirateurs les plus fervents et fini de décourager les plus tièdes. Trop d’élégie tue l’élégie !  C’est donc avec appréhension qu’on se préparait à affronter trois heures d’images d’alpages, de musique sacrée et de considérations philosophico-religieuses en voix off. Et bim ! Malick sort de son fameux chapeau de cowboy ce qui est probablement son meilleur film depuis Le Nouveau monde (2005)Une Vie cachée débute, à la veille de la deuxième guerre mondiale sur des images de parades nazies à Berlin.Dans leur village des montagnes autrichiennes, Franz Jägerstätter (August Diehl) et sa famille croient vivre «au dessus des nuages» qui s’accumulent au dessus de l’Europe. L’orage éclate en mai 39 avec la convocation de Franz à la caserne la plus proche pour faire ses classes.Rapidement démobilisé, car plus utile comme cultivateur que comme soldat, il en garde une aversion tenace pour la vie militaire et la doctrine nazie. Alors que les autres habitants du village se laissent convaincre par la figure du führer et ses thèses racistes, Franz prévient qu’il n’ira pas se battre pour des idées qu’il ne partage pas. Il n’en démordra plus. Menacé, emprisonné, battu, humilié, jugé et finalement condamné à mort, il refusera même de servir comme infirmier pour sauver sa vie et faciliter la vie de sa femme (merveilleuse Valerie Pachner) et celle de ses enfants. Exécuté, il sera béatifié par Benoît XVI en 2007 (le film ne le dit pas, mais l’inspiration religieuse est évidente). Terrence Malick filme le martyre de cet homme comme la Passion du Christ,  avec l’ampleur d’une symphonie pastorale. La photographie (signée Joerg Widmer) est tout simplement magnifique et, pour une fois, le propos a le mérite d’être clair. Le film s’achève sur une très belle citation du Middlemarch de George Eliot : «Le bien croissant du monde dépend en partie d’actes non historiques ; et si les choses ne vont pas pour vous et moi aussi mal qu’elles auraient pu aller, nous en sommes redevables en partie à ceux qui ont vécu fidèlement une vie cachée et qui reposent dans des tombes délaissées». La résistance d’un seul homme vaut pour toute l’Humanité. On  pourra, certes, regretter la fâcheuse tendance de Malick à la logorrhée visuelle et son usage immodéré du grand angle. Une Vie cachée dit en trois heures ce qui aurait pu être exposé en deux. Il n’en reste pas moins que c’est un grand film. Comment le jury Cannois a pu y rester insensible demeure un mystère. 

 

 

La Cravate

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Pour ce documentaire passionnant, Mathias Théry et Etienne Chaillou ont suivi Bastien , un jeune militant nordiste du Front National  durant la campagne présidentielle de Marine Le Pen en 2017. D’apparence débonnaire et inoffensive, Bastien est tout acquis aux thèses frontistes, voire au delà (on apprendra, notamment, qu’il a fait le coup de poing avec les skins locaux).  Quand débute la campagne présidentielle, il est l’assistant d’un autre jeune militant plus policé et éduqué. Au fil des mois, Bastien gravit les échelons, délaisse le streetwear pour le costume-cravate, côtoie le gratin frontiste,  mais reste mal à l’aise avec la politique politicienne. Il ne s’en cache pas dans les interviews qui entrecoupent les scènes de campagne et dans lesquelles il découvre et commente devant la caméra les textes que les auteurs ont écrit sur lui. Le procédé permet d’intégrer sa voix à la réflexion que conduit le film sur son engagement. Et c’est édifiant !

Monos

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Le Pitch

Dans ce qui ressemble à un camp de vacances isolé au sommet des montagnes colombiennes, des adolescents, tous armés, sont en réalité chargés de veiller à ce que Doctora (Julianne Nicholson), une otage américaine, reste en vie. Mais quand ils tuent accidentellement la vache prêtée par les paysans du coin, et que l’armée régulière se rapproche, l’heure n’est plus au jeu,  mais à la fuite dans la jungle

Ce qu’on en pense

Monos est un film-trip. Le scénario tient en quatre lignes, tout repose sur la performance des acteurs (mention spéciale à Julianne Nicholson dans le rôle de l’otage) et une mise en scène sensorielle, appuyée par une musique hallucinogène signée Mica Levi (auquel on doit notament celle d’Under the Skin),  qui intègre les bruit de la jungle. Il y a des longueurs et la fin est décevante, mais on retiendra le nom du réalisateur,   Alejandro Landes,  émule colombien de Gaspar Noé, qui ne devrait pas tarder à être invité à Cannes…

 

The Dirt

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Le Pitch

Los Angeles, début des années 80 : le bassiste Nikki Sixx (Douglas Booth) rencontre le batteur Tommy Lee (Machine Gun Kelly). Ils décident de fonder un groupe de heavy metal et trouvent par le biais d’une petite annonce le guitariste Mick Mars (Iwan Rheon). Baptisé Mötley Crüe (bande bordélique), le groupe se met alors en quête d’ un chanteur et sollicite Vince Neil (Daniel Webber), un ami de lycée de Tommy Lee…

Ce qu’on en pense 

Dans la lignée de Bohemian Rhapsody et de Rocketman (mais en plus punk),  The Dirt  est le biopic musical de Mötley Crüe,  groupe de heavy metal navrant des années 80 (un mélange de Kiss et de Guns’n’Roses, en fait),  qui s’illustra plus par son look glam-gothique et ses frasques que par ses albums. Adeptes forcenés du mode de vie “Sex, drugs and rock’n’roll“, le quatuor versa dans tous les clichés du genre jusqu’à imploser puis renaître dans une forme assagie. Signé Jeff Tremaine (réalisateur de la série Jackass) et basé sur l’autobiographie du groupe,  modestement intitulée “The Dirt: Confessions of the World’s Most Notorious Rock Band“, le film retrace la saga de Mötley Crüe vue des coulisses et donne une image caricaturale de la vie d’un groupe de heavy metal à l’ère du compact Disc. Entre Spinal Tap et Wayne’s World. Les acteurs font le maximum pour paraître aussi décérébrés que leurs modèles et le réalisateur n’essaie même pas de réévaluer la musique du groupe, qu’on ne voit d’ailleurs jamais en train d’enregistrer. Vu au second degré, le film est quand même assez comique pour justifier un visionnage de rattrapage pendant le confinement.

Pinocchio

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Le pitch

Geppetto (Roberto Benigni), un pauvre menuisier, fabrique dans un morceau de bois un pantin qu’il prénomme Pinocchio. Le pantin va miraculeusement prendre vie et traverser de nombreuses aventures…

Ce qu’on en pense

Indissociable de l’imaginaire italien, Pinocchio connaît une nouvelle vie devant la caméra de Matteo Garrone. Depuis Gomorra, Garrone alterne d’ailleurs drames et contes féériques. Ceux qui ont vu Tale of Tales ne seront donc pas surpris de le voir adapter Pinocchio après s’être à nouveau frotté au polar réaliste avec Dogman.  L’ adaptation est très fidèle au conte,  mais n’apporte pas grand-chose de nouveau. L’intérêt vient plutôt du casting,  avec Roberto Benigni en Geppetto   (une belle idée, dans la mesure où son propre Pinocchio est le dernier à être resté en mémoire),  Marina Vacth  en fée bleue et la découverte Federico Lelapi dans le rôle du pantin. Le traitement visuel est aussi baroque que celui de Tale of Tales et convient parfaitement à l’univers du conte. C’est clairement le point fort du film. Le vrai problème,  c’est que le réalisateur échoue à créer la moindre émotion. On reste extérieur aux aventures du pantin, se contentant d’attendre avec curiosité les différents morceaux de bravoure  (le nez qui pousse, la transformation en âne, la baleine…) pour voir comment Garrone se tire de l’exercice. “Bien conscient qu’un nouveau Pinocchio crée des attentes folles, je savais que j’allais au-devant des ennuis”, confie le réalisateur. Le coronavirus lui épargnera des critiques trop sévères puisque, confinement oblige,  le film sort directement sur Amazon Prime Video. En famille, sur son canapé, ce Pinocchio se verra sans doute avec plus d’indulgence.

 

Tyler Rake

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Le pitch

Dépressif et suicidaire depuis qu’il a perdu son jeune fils, le mercenaire Tyler Rake (Chris Hemsworth) accepte une nouvelle mission suicide en Inde: délivrer le fils d’un chef mafieux de Bombai enlevé par un caïd de Dacca.  Une mission d’autant plus délicate que le jeune garçon (Rudhraksh Jaiswal) s’avère très attachant…

Ce qu’on en pense 

Réalisé par un ancien cascadeur (Sam Hargave) et produit par Chris Hemsworth (Thor pour les intimes), Tyler Rake correspond à ce qu’on peut en attendre à la lecture du pitch: un film de baston destiné à mettre en valeur son acteur vedette. Le scénario est contenu tout entier dans le titre original (Extraction), les personnages sont dessinés à (très) gros traits et les dialogues sont surexplicatifs,   mais la réalisation est suffisamment soignée pour qu’on ait l’impression de regarder un  blockbuster plutôt qu’une série B. Sam Hargrave sait filmer les gunfights (heureusement :  il n’y a presque que ça),  mais il soigne aussi ses extérieurs : les plans de poursuite dans Bombay ou Dacca sont dignes d’un James Bond (ou mieux : d’un Denis Villeneuve). Chris Hemsworth est parfait en mercenaire au coeur brisé (mais qui bat toujours sous les biscottos),  Golshifteh Farahani joue les utilités (mais joliment, en apportant un peu de douceur et de charme dans ce monde de brute) et  le jeune Rudhraksh Jaiswal tient très bien son rôle. Sans surprise dans son déroulé,  le film en est une plutôt bonne (surprise) au final. On passe un bon moment et en ces temps de confinement,  c’est déjà pas mal.

Star Wars: L’Ascension de Skywalker

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Le pitch

L’empereur Palpatine  menace à nouveau la galaxie. Il va convaincre Kylo Ren  de le rejoindre. Rey et ses amis vont tenter de faire barrage à leurs  plans machiavéliques

Ce qu’on en pense

La deuxième trilogie (dite prélogie), nous avait laissé entre indifférence et accablement. Le début de la troisième (Le Réveil de la Force et Le Dernier Jedi) réussissait tout juste à remuer quelques vieux souvenirs. On  n’attendait donc pas de miracle du final annoncé à l’épisode N°9 (L’Ascension de Skywalker). Au début, un effort est nécessaire pour se souvenir de l’intrigue et des différents personnages de la nouvelle trilogie. Pour Rey (Daisy Ridley, enfin héroïque) et Kilo Ren (Adam Driver, idem), c’est facile : ce sont les nouveaux Luke et Dark Vador. Mais Poe Dameron (Oscar Isaac) et Finn (John Boyega) n’impriment toujours pas la mémoire. La Princesse Leia, on la croyait morte en 2016 avec son interprète, la regrettée Carrie Fischer. Apparemment, elle vit encore. Miracles du numérique ! Tout comme l’Empereur Palpatine (Ian McDiarmid), qui, lui aussi, a ressuscité. Normal : c’est le méchant de l’histoire depuis le début. C’aurait été dommage  de s’en priver. Les vétérans Luke (Mark Hamill) et Han Solo (Harrison Ford) sont de la fête aussi, mais sous forme ectoplasmique. C3-PO et R2-D2 ne vieillissent pas (c’est normal, ce sont des robots) , Chewbacca a un nouvel interprète (mais ça ne se voit pas) et le Faucon Millenium vole toujours dans l’hyper espace. Tout est donc en place pour le grand final. On voit venir à des années lumières la bataille galactique géante et la révélation de nouveaux liens entre Rey, Kylo Ren et l’Empereur. Ça ne loupe pas, évidemment. L’ image et le son sont grandioses : en salle Dolby 3D  l’effet « Grand Huit » est maximal. Rien à redire : J. J. Abrams a fait du bon boulot côté réalisation. Plus étonnant, le scénario est excellent. Il retisse avec habileté tous les liens tendus par les 8 films précédents, suscite l’émotion et parvient à synthétiser le message philosophique de la saga. Car il y en a un, et même plusieurs.  On  résume : un Homme vaut tous les autres. Quel que soit son talent ou son pouvoir , il n’est rien s’il est seul. La famille -même recomposée- est à la base de tout et la femme est l’avenir de l’Homme...  A la fin, avouons-le, on a versé une petite larme. Pas parce que c’était le dernier épisode (d’autres Star Wars sont en préparation. Disney ne va pas tuer la poule aux œufs d’or), mais parce que le film est si bon qu’il revalorise, a posteriori, toute la saga et nous donne raison de l’avoir adorée.

Mission Yéti

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 Le pitch

Québec, 1956. Les destins de Nelly Maloye, détective privée débutante et Simon Picard, assistant de recherche en sciences, se croisent accidentellement. Soutenus par un mécène ambitieux, Maloye, intuitive et chaotique, et Picard, méthodique et obsessionnel, se lancent dans une aventure visant a prouver l’existence du Yéti. Pour y arriver, Simon compte sur le journal d’un explorateur pour les mener au repaire de la créature mythique. Accompagnés de Tensing, un jeune guide Sherpa, et de Jasmin, un mainate bavard, ils sont confrontés à de nombreux dangers au cœur de l’Himalaya.

Ce qu’on en pense

Un scénario à la Indiana Jones pour un petit film d’animation Québécois rythmé et divertissant. On suit avec amusement les aventures de ce couple, mal assorti mais attachant, d’explorateurs lancés sur les traces du fameux Yéti dans l’Himalaya. L’accent canadien des comédiens de doublage et le graphisme coloré ajoutent au charme de l’histoire. Bon plan confinement : On peut le voir avec les enfants (à partir de 6 ans) sans crainte de s’ennuyer. 

 

 

 

La Dernière vie de Simon

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Le pitch

Simon (Benjamin Bonvoisin) est orphelin.Mais ce n’est pas un enfant comme les autres.Il a un superpouvoir qui le rend capable de prendre l’apparence de chaque personne avec laquelle il a déjà été en contact.Lorsque son copain Thomas disparaît mystérieusement, Simon décide de prendre sa place dans la famille Durant, qui ne se rend compte de rien. Les années passent… 

Ce qu’on en pense

Sous influence Spielberg/Zemeckis /Donner, Leo Karmann signe avec La Dernière vie de Simon un premier film d’ados à teneur fantastique. Pari risqué pour un genre hyperbalisé depuis Retour vers le futur et Les Goonies jusqu’à Stanger Things, la récente série à succès de Netflix. Le Français ne s’en sort pas si mal dans une première partie intrigante qui voit le jeune orphelin Simon (Benjamin Voisin), doué de pouvoirs de transformation, faire son nid, comme un coucou dans une famille unie dont il remplace subrepticement le fils. Ça se gâte dans la deuxième partie, lorsque les sentiments entrent en jeu et qu’il entame une romance avec celle qui croit être sa sœur, l’obligeant à se dédoubler et à incarner à la fois Simon et Thomas. S’ensuit une série de péripéties de plus en plus rocambolesques, jusqu’à la révélation de la supercherie et au final un peu trop mélodramatique. Mais le film se regarde avec indulgence comme hommage à un genre qu’on a beaucoup aimé. 

De chair et d’os

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Le pitch

Un an après avoir résolu une série de meurtres dans la vallée du Baztan, l’inspectrice Amaia (Marta Etura) est touchée de près par un mystère lié à sa précédente enquête.

Ce qu’on en pense

Le cinéma espagnol connaît un regain de succès ces dernières années,  avec une série de thrillers teintés de social et/ou  de fantastique  qui ont drainé le public dans les salles. El Reino, La Isla Minima, La Colère d’un homme patient et L’Accusé, pour ne citer qu’eux, ont incité les plateformes de streaming à chercher de nouveaux talents outre Pyrénées. Avec Fernando Gonzalez Molina, Netflix a, semble-t-il,  décroché la timbale.  Sa trilogie de Baztan, qui met en scène une inspectrice de police enquêtant sur des meurtres dans sa vallée natale, est pétrie des qualités qui nous font aimer ce nouveau cinéma espagnol. Elle en a aussi les défauts,  avec une fâcheuse tendance à surcharger inutilement les scénarios et à forcer sur les symboles, religieux notamment. Après Le Gardien Invisible sorti sur la plateforme en 2017 (et par lequel on conseillera évidemment de commencer) De chair et d’os embarque l’héroïne incarnée par Marta Etura dans une nouvelle enquête, qui touche cette fois à ses propres origines familiales. Visuellement très réussi,  avec une atmosphère glauque à la Seven, le film souffre, hélas, de longueurs avec un trop plein de scènes explicatives qui nuisent au suspens. Espérons que le réalisateur espagnol saura corriger le tir pour le troisième et dernier volet de sa saga.