Cinéma

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Calamity

Cinéma|

 

Le pitch
1863, États-Unis d’Amérique. Dans un convoi qui progresse vers l’Ouest avec l’espoir d’une vie meilleure, le père de Martha Jane se blesse. C’est elle qui doit conduire le chariot familial et soigner les chevaux. L’apprentissage est rude et pourtant Martha Jane ne s’est jamais sentie aussi libre. Et comme c’est plus pratique pour faire du cheval, elle n’hésite pas à passer un pantalon. C’est l’audace de trop pour Abraham, le chef du convoi. Accusée de vol, Martha est obligée de fuir. Habillée en garçon, à la recherche des preuves de son innocence, elle découvre un monde en construction où sa personnalité unique va s’affirmer. Une aventure pleine de dangers et riche en rencontres qui, étape par étape, révélera la mythique Calamity Jane.

Ce qu’on en pense

De l’animation française dans ce qu’elle a de meilleur. Après Brendan et le secret de Kells, Le Tableau et Tout en haut du monde, Remi Chayé s’attaque à l’enfance de Calamity Jane et signe une nouvelle petite merveille d’intelligence, de subtilité et de beauté graphique qui ne bride pas les rênes de l’aventure. Calamity, une enfance de Martha Jane Cannary est un western animé de très belle facture doublé d’un récit initiatique et féministe à la portée des enfants de 6 ans mais recommandé aussi aux adultes. Le film idéal pour une séance de cinéma en famille pendant les  vacances de la  Toussaint. 

 

The Good Criminal

Cinéma|

Le pitch

Par amour, Tom (Liam Neeson), ancien démineur reconverti dans les casses de banques, décide de se ranger. Son idée :  passer un deal avec le FBI qui n’a jamais réussi à lui mettre la main dessus. L’argent contre un aménagement de peine. Mais il réalise vite que les Fédéraux qu’on lui a envoyé pur négocier ont un autre plan en tête : partager le butin et le faire accuser de meurtre. Pris au piège, pourchassé par la police et le FBI, il décide de reprendre les choses en main et se lance dans une vengeance explosive.

Ce qu’on en pense

La crise du Covid oblige Hollywood à revoir ses stratégies. Impossibles à rentabiliser dans des salles de cinéma bloquées à moitié de leur capacité, les blockbusters les plus attendus, comme le nouveau James Bond, sont mis au congélo en attendant des jours meilleurs. A la place, des séries B destinées au direct VOD ou au streaming sont envoyées au charbon, pour tenter de grapiller quand même quelques euros. C’est typiquement le cas de ce sympathique “Liam Neeson movie” signé Mark Williams (Last Call), qui pourrait bien faire revenir au ciné les amateurs de baston et de film d’action à suspense. Le scénario, mal dégrossi, sort  un peu de l’ordinaire puisque ce sont les flics qui se disputent le butin. Et l’intrigue policière se double d’une chouette histoire d’amour. A la fin, Liam Neeson finit quand même par faire ce pour quoi il est payé depuis Taken (se venger méchamment),  mais avec plus de finesse que de coutume. Bref, un Liam Neeson sympa pour amateurs de séries B policières “sans haine ni ultraviolence“. 

30 jours max

Cinéma|

Par Ph. D

Le pitch

Rayane (Tarek Boudali) est un jeune flic trouillard et maladroit sans cesse moqué par les autres policiers. Le jour où son médecin (Philippe Duquesne) lui annonce, à tort, qu’il n’a plus que trente jours à vivre, Il comprend que c’est sa dernière chance pour devenir un héros au sein de son commissariat et impressionner sa collègue Stéphanie (Vanessa Guide). L’éternel craintif se transforme alors en véritable tête brûlée qui prendra tous les risques pour coincer un gros caïd de la drogue (José Garcia)…

Ce qu’on en pense

La fameuse “bande à fifi” qui, de Baby Sitting à Alibi.com en passant par Épouse moi mon pote et Nicky Larson,  a hissé le nanar aux plus hauts sommets du box office français,  continue à creuser la veine en grande profondeur avec cette nouvelle comédie affligeante signée de son plus beau spécimen,  Tarek Boudali. Les amateurs d’humour sexiste,  graveleux, homophobe et antivieux sont une nouvelle fois gâtés avec cette production (difficile de parler de réalisation) qui recycle sans vergogne les gags les plus éculés du cinéma de papa pour atteindre la quintessence du navet. Une pensée compatissante pour Chantal Ladesou et Marie Anne Chazel victimes  expiatoires de ce tsunami de bêtise et de mauvais goût.

CinéRoman 2 : Reporté

Cinéma|

Après une première édition parfaitement réussie l’an dernier, le festival des adaptations littéraires à l’écran CinéRoman  de Nice devait avoir lieu  du 21 au 25 octobre au Pathé Gare du sud, à la Cinémathèque et au théâtre de l’artistique. Il a, hélas, dû être reporté à une date ultérieure (le mois de décembre est évoqué)  en raison de l’évolution de la crise sanitaire. 8 films sortis cette année seront en compétition pour cette deuxième édition  (Revenir, Notre Dame du Nil, L’Aventure des Marguerite, La Daronne, Petit Pays, Eté 85, Police et Les Apparences) et 7 autres seront présentés en avant première : Petit Vampire de Johann Sfar, 5e Set de Quentin Reynaud, Profession du père de Jean Pierre Ameris, Comment je suis devenu un super-héros de Douglas Attal, Le Discours de Laurent TirardL’Origine du monde de Laurent Laffitte et, last but not least, le trés attendu OSS 117 Alerte rouge en Afrique noire de Nicolas Bedos. Le jury sera présidé par Nicolas Bedos et composé de Frédéric Beigbeder, Camille Cottin, Vincent Dedienne, David Foenkinos, Agnes Jaoui et Danielle Thompson.  La date de report et la liste des équipes et des personnalités invitées sera communiqué ultérieurement et dépendra évidemment de la situation sanitaire.

 

Le Diable tout le temps

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Knockemstiff, Ohio. Face à sa femme mourante, un homme désespéré, Willard Russell, tente le tout pour le tout. Il se tourne vers la religion. Ses prières vont petit à petit s’apparenter à des sacrifices dont Arvin, le fils du couple, pourrait être l’offrande ultime…

Ce qu’on en pense

Adapté d’un roman de Donald Ray Pollock, le film d’Antonio Campos nous entraîne dans l’Amérique des hillbillies, jamais très éloignée de celle de Délivrance. Les indigènes sont du genre versatile et n’aiment rien tant que régler leurs comptes avec brutalité. On fait la connaissance d’un vétéran du Pacifique que la maladie de sa femme rend religieux au point d’envisager le sacrifice humain (et de se faire la main sur le chien du gamin), d’un prédicateur psychopathe qui se couvre d’araignées mortelles lors de ses prêches pour prouver  que Dieu le protège, d’un prêtre qui profite de sa charge et de sa bonne mine pour engrosser les paroissiennes,  mineures de préférence (Robert Pattinson, visqueux à souhait), d’un couple de libertins tueurs en série et d’un gamin (Tom Holland, sans son costume de Spider Man)  qui grandit au milieu de tous ses fous dangereux, en essayant de rester sain de corps et d’esprit. Ce qui s’avère difficile. C’est lui le héros de cette histoire à la Fargo (la série plutôt que le film), parsemée de morts violentes et d’allers simples pour l’asile. Du southern gothic d’excellente facture,  qu’on  recommande chaudement aux amateurs du genre.

Mon grand-père et moi

Cinéma|

Le pitch

Peter (Oakes Fegley), 10 ans, doit, à la demande de ses parents, libérer sa chambre pour son grand-père (Robert de Niro) et s’installer, à contrecœur, au grenier. Avec l’aide de ses amis, il va tout faire pour récupérer sa chambre et n’hésitera pas à employer les grands moyens. Mais son grand-père est loin de se laisser faire et contre-attaque… Tous les coups sont permis !

Ce qu’on en pense

Les temps sont durs et on manque de films américains pour remplir les salles. Mais de là à déterrer ce sous-produit de Maman j’ai raté l’avion et de Mon beau-père et moi, bloqué dans les  tiroirs d’Hollywood depuis l’affaire Weinstein…   L’histoire se souviendra,  en effet,  que cette production fut l’un des derniers méfaits de Dirty Harvey. Qui d’autre aurait pu convaincre Robert De Niro, Christopher Walken et Uma Thurman de jouer dans un nanar pareil ? 

Parents d’élèves

Cinéma|

Le pitch

Pour draguer une jolie institutrice (Camelia Jordana), Vincent (Vincent Dedienne), trentenaire sans enfant mais baby sitter occasionnel, se fait passer pour le père du gamin qu’il garde. D’abord un peu déphasé, cet adulescent finira par se sentir bien dans le rôle de parent d’élève…

Ce qu’on en pense

Noémie Saglio, qu’on a connu plus piquante (Connasse , princesse des coeurs, Telle mère telle fille),  signe cette  comédie très grand public,  écrite pour Vincent Dedienne et Camelia Jordana et formatée pour une soirée télé. Le scénario recycle l’idée de Pour un garçondans lequel Hugh Grant se servait d’un gamin pour  draguer des mères célibataires. Sans surprise,  le film déroule plan-plan des situations attendues (la réunion parents, profs, la sortie scolaire…) qui vont permettre à l’adulescent campé par Vincent Dedienne de se rapprocher de la gentille instit’ interprétée par Camelia Jordana et d’en faire … Sa maîtresse. On sourit poliment à ses efforts pour s’intégrer dans le milieu scolaire,  mais on ne peut pas dire qu’on se tienne les côtes,  ni qu’on soit tenu en haleine.  Tous les personnages sont superficiels et le film se traîne. Vivement la récré ! 

Relic

Cinéma|

Le pitch

Lorsqu’Edna (Robyn Nevin), la matriarche et veuve de la famille, disparaît, sa fille Kay (Emily Mortimer) et sa petite-fille Sam (Bella Eathcote) se rendent dans leur maison familiale isolée pour la retrouver. Peu après le retour d’Edna, et alors que son comportement devient de plus en plus instable et troublant, les deux femmes commencent à sentir qu’une présence insidieuse dans la maison. Edna refuse de dire où elle était, mais le sait-elle vraiment ?

Ce qu’on en pense

Un film d’horreur presqu’exclusivement féminin, c’est assez rare.  Natalie Erika James démontre un savoir-faire certain dans le genre. A défaut de surprendre ou d’innover, son film maintien la tension de bout en bout, utilisant le grand age , la peur de mourir et la démence sénile comme ressorts dramatiques. Un excellent casting complète la réussite de ce très honorable thriller horrifique

Maternal

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Le pitch

Paola (Lidiya Liberman) quitte l’Italie pour Buenos Aires où elle doit terminer sa formation de Sœur au sein d’un foyer pour mères adolescentes. Elle y rencontre Luciana (Augustina Malale) et Fatima (Denise Carrizo) , deux jeunes mamans de 17 ans. A une période de leur vie où chacune se trouve confrontée à des choix, ces trois jeunes femmes que tout oppose vont devoir s’entraider…

Ce qu’on en pense

Premier long métrage d’une réalisatrice italienne, Maura Delpero,  qui a grandi en Argentine, Maternal séduit par sa manière trés subtile  de regarder  ces personnages de jeunes femmes qui se croisent dans ce foyer (“maternal”) de Buenos Aires. Toutes sont attachantes, même si parfois mal embouchées, et traversées par les interrogations liées à la maternité,  qui sont le vrai sujet du film. Maura Delpero les filme avec tact et pudeur,  mais aussi une rigueur dans le cadrage qui est la marque d’un talent déjà mature. Ce beau film en annonce certainement d’autres. Retenez son nom !   

Lupin III : The First

Cinéma|

Le pitch

Le «gentleman cambrioleur» Lupin III revient dans une aventure effrénée. Il s’associe à la jeune Laëtitia pour faire main basse sur le journal de Bresson, un trésor que même Arsène Lupin n’a jamais réussi à dérober. Alors que Lupin III et ses compagnons se démènent pour dénouer les secrets du fameux journal, ils doivent faire face à une sombre cabale poursuivant d’horribles desseins. Entre pièges mortels, escapades aériennes et abracadabrantes évasions, Lupin et sa bande de casse-cou rivalisent d’esprit et d’audace…

Ce qu’on en pense

Takashi Yamazaki, qui s’est  illustré en signant pour Netflix l’adaptation du jeu vidéo Dragon Questest aux commandes de ce film d’animation tiré d’une série télé que les enfants des années 1980 ont suivi sur France 3 :  Edgar, le détective cambrioleur. Bien qu’inspirée par le célèbre personnage de gentleman cambrioleur créé par Maurice Leblanc, la série était originaire du Japon où elle était diffusée sous le titre de Lupin III, le héros étant censé être petit fils d’Arsène Lupin… Bref, le descendant d’Arsène nous arrive dans une aventure qui emprunte autant aux films de James Bond qu’ Indiana Jones et au film fantastique. Lupin III et ses alliés doivent déjouer un complot nazi ourdi par un Adolf Hitler encore vivant,  mais en chaise roulante.  La réalisation multiplie les scènes d’action à tout berzingue et en met plein la vue avec une qualité d’animation spectaculaire. Humour et clins d’oeil cinéphiles sont au rendez-vous sur une bande son jazzy du meilleur goût.  De l’animation japonaise haut de gamme pour les amateurs du genre. 

L’ Enfant rêvé

Cinéma|

Par Pauline Smile

Le pitch

Depuis l’enfance, François (Jalil Lespert) a consacré sa vie au bois. Celui des arbres des forêts du Jura, qu’il connait mieux que personne. Il dirige la scierie familiale avec sa femme Noémie (Melanie Doutey), et tous deux rêvent d’avoir un enfant sans y parvenir. C’est alors que François rencontre Patricia (Louise Bourgouin) , qui vient de s’installer dans la région. Commence une liaison passionnelle. Très vite, Patricia tombe enceinte. François vacille…

Ce qu’on en pense

Présenté à Angoulême  dans la catégorie Les flamboyants, L’enfant rêvé de Raphaël Jacoulot (Coup de chaud, Avant l’aube, Barrage) n’a pas vraiment flambé au festival. Le scénario traite du désir vain d’enfanter pour Noémie et François, alors que ce dernier apprend que sa maîtresse est enceinte. S’ensuit un besoin de maternité et de paternité obsédants, mis en scène à la manière d’un thriller où les musiques viennent souligner/amplifier l’angoisse du spectateur. La proposition est ambitieuse, façon polar Chabrolien,  mais échoue à séduire. Nombres de scènes font redites (en particulier celles en forêt) ou bien paraissent inutiles au point de donner l’impression par moments, de visionner un documentaire sur une scierie.  Jalil Lespert est fade, sans relief, les arrangements scénaristiques aux multiples rencontres faussement fortuites lassent et le film s’étire à n’en plus finir. On pouvait rêver mieux. 

Kajillionaire

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Le Pitch

Theresa et Robert (Richard Jenkins, Debra Winger) n’ont appris à leur fille unique, Old Dolio (Evan Rachel Wood), qu’à escroquer, arnaquer et voler à toute occasion. Pour leur prochain coup, ils recrutent une jolie inconnue, Mélanie (Gina Rodriguez), rencontrée par hasard. Son arrivée va dangereusement bouleverser la routine d’Old Dolio…

Ce qu’on en pense

Découverte en 2005 avec l’étonnant  Moi, toi et tous les autresMiranda July appartient à une lignée de cinéastes indépendants bien barrés, qui va de Wes Anderson à Gregg Araki en passant par Michel Gondry ou Quentin Dupieux. Kajillionaire est son troisième long métrage et son meilleur à ce jour. Il met en scène une famille qui pourrait rappeler par certains cotés celle de Parasite, la Palme d’or de Bong Joon-ho : un couple de quasi SDF qui vit d’expédients et de vols à l’étalage,  dont ils entassent le butin dans un hangar de zone industrielle régulièrement inondé par les débordements de l’usine à bulles d’à côté. Leur fille de 26 ans,  baptisée Old Dolio en mémoire d’un SDF qui avait touché le loto, est quasi autiste. Mais elle va s’ouvrir à la vie au contact de Mélanie,  une fille de son âge que sa curiosité (et peut-être déjà un petit cruch pour Old Dolio) pousse à suivre ce curieux trio. Le film se déploie en petites vignettes drolatiques où le burlesque côtoie l’absurde et le tragique. Il est porté par la performance d’Evan Rachel Woods (méconnaissable avec ses longs cheveux filasses , son jogging informe et sa voix d’outre tombe) et celle de Gina Rodriguez,  qui lui donne la réplique dans le rôle de la pétulante Mélanie. C’est drôle et émouvant et toujours surprenant : on ne sait jamais sur quoi va déboucher la scène en cours, jusqu’au final qui vous cueille par surprise et pourrait bien vous arracher des larmes de bonheur. Coup de cœur de la semaine !   

The Boys In The Band

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Dans un appartement new yorkais avec rooftop, Michael (Jim Parsons), homosexuel cynique au train de vie princier, organise une fête d’anniversaire pour son ami Harold (Zachary Quinto). Alors que les premiers convives s’amusent et se charrient, Harold tarde à apparaître. Michael doit en outre accepter un invité de dernière minute : son ami de fac Alan (Brian Hutchison), homme marié qu’il soupçonne d’être un ” homo refoulé “. Lorsqu’Harold arrive enfin, celui-ci affiche une humeur sarcastique qui alourdit l’atmosphère. Chacun laisse alors éclater ses rancoeurs…

Ce qu’on en pense

Immense succès de Broadway dans les années 60-70, la  pièce de Matt Crowley  The Boys In The Band a connu en 2018 un nouveau pic de popularité,  avec un casting mené par la star de Big Bang Theory, Jim Parsons. Netflix en a profité pour commander une adaptation ciné  à Ned Martel et Joe Mantello (Love ! Valour ! Compassion !) l’a tournée avec le casting de la pièce. Certains éléments sont un peu datés (le copain de fac hétéro/homophobe qui tombe des nues en découvrant les fréquentations de son vieux pote) et le film a du mal à se démarquer de la pièce et de son ping-pong verbal, mais on se laisse embarquer dans ce Friends homo et cruel,  grâce à la réalisation brillante de Joe Mantello et au jeu éprouvé sur scène des acteurs. Après une première heure enlevée,   la deuxième partie, qui fait basculer la comédie en jeu de massacre,  est plus dure à avaler. Mais l’avantage d’être sur une plateforme de streaming,  c’est qu’on peut très bien visionner le film en deux fois. Avec un entracte au bout de la première heure,  The Boys In The Band est tout à fait recommandable. Et vous voudrez la BO pour votre anniversaire ! 

Les Héros ne meurent jamais

Cinéma|

Le Pitch

Dans une rue de Paris, un inconnu croit reconnaître en Joachim (Jonathan Couzinié) un soldat mort en Bosnie le 21 août 1983. Or, le 21 août 1983 est le jour même de la naissance de Joachim. Troublé par la possibilité d’être la réincarnation de cet homme, il décide de partir pour Sarajevo avec ses amies Alice (Adèle Haenel)  et Virginie (Antonia Buresi). Dans ce pays hanté par les fantômes de la guerre, ils se lancent corps et âme sur les traces de la vie antérieure de Joachim.

Ce qu’on en pense

Filmé comme un reportage, avec des acteurs qui s’adressent à la caméra,  le premier film d’Aude Léa Rapin étonne par sa propension à mélanger fiction métaphysique et réalisme brut. Surtout sur une histoire de aussi improbable de réincarnation !  Le dispositif tient en haleine jusqu’au bout de ce road movie en Bosnie,  où les protagonistes croisent autant de fantômes que de vivants. Les grands yeux écarquillés d’Adèle Haenel sont comme ceux du spectateur, incrédule mais intrigué par ce cocktail de métaphysique et de romanesque.  Présenté l’an dernier à la semaine de la Critique à Cannes, le film laisse une  trace quand tant d’autres sont aussitôt oubliés.

Josep

Cinéma|

Le pitch

Février 1939. Submergé par le flot de Républicains fuyant la dictature franquiste, le gouvernement français les parque dans des camps. Deux hommes séparés par les barbelés vont se lier d’amitié. L’un est gendarme, l’autre est dessinateur. De Barcelone à New York, l’histoire vraie de Josep Bartolí, combattant antifranquiste et artiste d’exception…

Ce qu’on en pense

Dessinateur de presse (pour  Le Monde et Le Canard Enchaîné, entre autres) Aurel rend hommage à un de ses pairs, le dessinateur espagnol  Josep Bartoli,  dans ce premier long métrage d’animation labellisé Cannes 2020. Dans un style graphique crayonné du plus bel effet, Aurel raconte la relation qui s’est nouée entre le dessinateur espagnol et un gendarme du camp français où était parqués les militants  antifranquistes fuyant la dictature. Mêlant les dessins de Bartoli aux siens, le réalisateur donne un réalisme saisissant au film, tandis que le scénario de Jean-Louis Milesi, collaborateur de Robert Guédiguian, appuie sur le message anti fasciste. Une superbe BO ajoute à la réussite de ce film d’animation, dans la lignée des Hirondelles de Kaboul.