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Le Vent de la liberté

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Le pitch

1979. En pleine guerre froide, deux familles ordinaires d’Allemagne de l’Est rêvent de passer à l’Ouest. Leur plan : construire une montgolfière et survoler la frontière…

Ce qu’on en pense

Inspiré de faits réels, un thriller historique mené tambour battant autour de la fuite en ballon de familles est -allemandes pourchassées par la stasi. Michael Bully Berbig signe un suspense haletant,  avec des personnages forts, servis par une troupe d’excellents acteurs, dans une reconstitution d’époque très crédible. Du cinéma allemand d’excellente facture.

Ray & Liz

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Le pitch

Banlieue de Birmingham dans les années 80. Ray, Liz et leurs trois enfants vivent dans une misère, sociale et intellectuelle, effrayante

Ce qu’on en pense

Après une exposition controversée qui , déjà,  tournait autour de sa propre famille, le photographe anglais Richard Billingham égrène des souvenirs de jeunesse d’une glauquitude sans nom. Dans un format 4/3 et une mise en scène de cinéma expérimental, il filme le quotidien misérable d’une famille du lumpen prolétariat du Nord de l’Angleterre.  Sortir de cet enfer ou même seulement espérer un avenir semble hors de portée de l’enfant de ce couple d’affreux sales et méchants, ivrognes et gueulards, par les yeux duquel les scènes sont censées être vues. Atroce, étouffant et tellement radical que le spectateur lui-même se sent exclu.  

Tanguy, le retour

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Le pitch

16 ans plus tard, Tanguy (Eric Berger), qui a maintenant 44 ans, revient chez ses parents avec sa fille Zhu (Emilie Yili Kang) sous le bras car Meï Lin (Weiting Chao) l’a quitté. Catastrophés de voir leur “tout-petit” dans cet état, Paul (André Dussolier) et Édith (Sabine Azema) font tout pour lui redonner goût à la vie, sans réaliser que ce faisant, ils tressent la corde pour se pendre. Car Tanguy recommence à se sentir bien chez ses parents…

Ce qu’on en pense

Réalisateur en vogue dans les années 90, avec des films qui ont marqué la décennie (La vie est un long fleuve tranquille, Tatie Daniele, Le Bonheur est dans le pré, Tanguy), Etienne Chatiliez connaît plus de difficulté, depuis les années  2000, à imposer son esthétique, héritée de la pub. Ses trois derniers films (La Confiance règne, Agathe Clery, L’Oncle Charles) ont été des échecs commerciaux et ses plus récents projets ont avorté, faute de financement. Il tente donc de se refaire une santé avec cette suite de son dernier succès en date, Tanguy (2001), en surfant à nouveau sur un sujet dans l’air du temps.  Après avoir donné son prénom au phénomène des enfants peu enclins à quitter le nid parental, Tanguy 2, s’intéresse donc à la génération « boomerang » : celle qui revient chez ses parents, le plus souvent pour raisons économiques . Ce qui, premier problème,  n’est absolument pas le cas dans le film : les parents de Tanguy sont riches et possèdent un double appartement tout à fait susceptible de loger dans les meilleures condition enfants et petits enfants. Le film insiste donc, de manière assez déplaisante,  sur l’égoïsme forcené des parents (plus soucieux d’aller tranquillement au golf ou au théâtre que d’aider leur progéniture) et sur leur détestation gentiment raciste de leur belle famille chinoise. Côté scénario, pas la moindre idée nouvelle et pour les gags, il faut se contenter des problèmes de prostate de Paul et des régurgitations d’Edith… Dans le genre suite sans inspiration,  on préfèrerait presque Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon dieu ?  C’est dire !

Alex, le destin d’un roi

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Le Pitch

Alex (Louis Serkis) est un écolier ordinaire de 12 ans dont la vie va être bouleversée par la découverte de l’épée mythique Excalibur. Il doit à présent former une équipe de chevaliers composée de ses amis, de ses ennemis et du légendaire Merlin l’Enchanteur (Patrick Stewart) afin de contrer la maléfique Morgane (Rebecca Ferguson), venue du Moyen-Âge pour détruire le monde. Alex devra alors se transformer en un héros qu’il n’a jamais rêvé de devenir

Ce qu’on en pense

La légende du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde, racontée à la génération du smartphone et du Brexit. C’est ce que propose, maladroitement, ce film d’aventures britannique pour préadolescents. L’intrigue, plaquée aux forceps sur l’environnement moderne d’un collège anglais, est à la fois délirante et sans surprise.Les effets spéciaux frisent souvent le ridicule, l’action se déroule comme dans un jeu vidéo et l’interprétation est tout juste passable. On peut, avec beaucoup d’indulgence, y voir une critique déguisée de la politique britannique, avec Theresa May en méchante fée Morgane et un appel, pour la jeunesse, à se retrouver autour des valeurs de la monarchie, avec l’idée qu’« Un pays n’a de valeur que si ses chefs en ont »…   

 

Curiosa

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Le Pitch

Pour éponger les dettes de son père, Marie de Heredia (Noémie Merlant) épouse le poète Henri de Régnier (Benjamin Lavernhe), mais c’est Pierre Louÿs (Niels Schneider) qu’elle aime, poète également, érotomane et grand voyageur. C’est avec lui qu’elle va vivre une initiation à l’amour et à l’érotisme à travers la liaison photographique et littéraire qu’ils s’inventent ensemble.

Ce qu’on en pense

Pour son premier long-métrage, Lou Jeunet ose un biopic fantasmé de Marie de Heredia, fille du poète et muse de Pierre Louÿs, érotomane notoire qui s’en servit de modèle pour ses photos érotiques. Dans une reconstitution d’époque minimaliste, Noémie Merlant, Niels Schneider, Benjamin Lavernhe et Camélia Jordana jouent très charnellement aux jeux de l’amour et du hasard. Les corps et les sentiments se mélangent dans une forme finalement très moderne, soulignée par la musique électronique d’Arnaud Rebotini (120 battements par minute). D’un érotisme chic, le film séduit par la fraîcheur de son casting, la maîtrise de la mise en scène et la modernité des thèmes abordés, avec une héroïne bien décidée à bousculer les codes d’une société corsetée et à affirmer sa liberté de femme.

Mon Inconnue

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Le Pitch

Du jour au lendemain, Raphaël (François Civil), romancier à succès, se retrouve plongé dans un monde où il n’a jamais rencontré Olivia (Joséphine Japy), la femme de sa vie qu’il délaissait. Comment va-t-il s’y prendre pour la reconquérir, alors qu’elle est devenue une célèbre musicienne et qu’il n’est plus qu’un simple prof de collège, amateur de ping-pong ?

Ce qu’on en pense 

Genre typiquement anglo-saxon, la comédie romantique a rarement donné d’excellents résultats en version française. Après Comme des frères (2012) et Demain tout commence (2016), Hugo Gélin a eu envie de s’y frotter, avec, explique-t-il, la volonté de bien respecter les fondamentaux du genre. A savoir : la comédie et le romantisme. Côté comédie, le scénario de Mon Inconnue ne lésine pas sur les effets. Y compris « spéciaux », avec une ouverture digne d’un film de SF et une intrigue uchronique. D’Un Jour sans fin (le héros s’appelle Raphaël Ramisse en hommage au réalisateur du film Harold Ramis) à Retour vers le futur, en passant par Mary à tout prix et Harry rencontre Sally, les citations abondent. Le côté romantique est porté par le couple vedette, formé par François Civil (prix d’interprétation au festival de l’Alpe d’Huez) et Joséphine Japy. On croit à leur histoire d’amour, dont la première partie est racontée dans une impressionnante séquence de vidéos souvenirs, inspirée du prologue de Là-HautFrais, drôle et rythmé, Mon Inconnue fait souffler un vent de jeunesse sur la comédie romantique à la française. Il était temps !

Tel Aviv On Fire

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Le pitch

Salam (Kais Nashif), 30 ans, vit à Jérusalem. Il est Palestinien et stagiaire sur le tournage de la série arabe à succès « Tel Aviv on Fire ! » Tous les matins, il traverse le même check-point pour aller travailler à Ramallah. Un jour, Salam se fait arrêter par un officier israélien, Assi (Yaniv Biton), fan de la série, et pour s’en sortir, il prétend en être le scénariste. Pris à son propre piège, Salam va se voir imposer par Assi un nouveau scénario

Notre avis

Jusqu’ici, l’humour sur le conflit israélo-palestinien a plutôt été l’apanage du cinéma palestinien. Le film de l’israélien Sameh Zoabi change un peu la donne, avec son scénario digne de Woody Allen. Pour briller auprès de son épouse, fan d’un feuilleton arabe à l’eau de rose, un officier israélien (Yaniv Biton) va faire pression sur un stagiaire palestinien de la série afin qu’il modifie le scénario en faveur d’un personnage de militaire israélien auquel il s’identifie.De caricaturalement antisioniste, le feuilleton va progressivement devenir pro-israélien, sans que personne ne s’en aperçoive ! Fin, drôle et brillamment mis en scène (les scènes de tournage du feuilleton valent leur pesant de soap), Tel Aviv on Fire est LA bonne surprise de la semaine.

Chamboultout

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Le pitch 

Béatrice (Alexandra Lamy) célèbre avec les siens la sortie de son livre, dans lequel elle raconte l’accident de son mari (José Garcia) qui a bouleversé leur couple. Véritable hymne  à la vie, ce livre va pourtant déclencher un joyeux pugilat parmi leurs proches. Même si Béatrice a changé les noms, chacun s’y reconnaît et n’apprécie pas forcément l’image que le livre lui renvoie…

Ce qu’on en pense

Décidément fidèle, Eric Lavaine retrouve pour la troisième fois Alexandra Lamy qu’il avait fait tourner dans ses deux derniers films Retour chez ma mère (2016) et L’Embarras du choix (2017). En attendant un probable Retour chez ma mère 2, la belle Alexandra campe donc Béatrice, dont la vie bourgeoise et tranquille va être quelque peu bouleversée par l’accident de son mari Frédéric (José Garcia). Rendu aveugle et privé d’une partie de ses capacités intellectuelles, c’est devenu un véritable boulet totalement désinhibé, capable de dire les pires horreurs et obnubilé par la nourriture.Elle gère la situation avec patience et affection ( ce qui ne l’empêche pas de trouver satisfaction dans d’autres bras) et a écrit un livre sur son expérience. Mauvaise idée : tous ses amis qui jusque-là louaient son courage et compatissaient à sa situation lui en veulent désormais de ce qu’elle a écrit sur eux !  Basé sur le témoignage d’une amie, qui a vécu ce genre de situation, le film d’Eric Lavaine oscille entre comédie, drame conjugal et film choral. Le résultat se révèle au final plutôt sympathique, grâce au charme solaire d’Alexandra Lamy et à l’abattage de José Garcia, qui s’en donne à cœur joie dans un rôle à la Vittorio Gassman (impossible de ne pas penser à Parfum de femme). Pas toujours léger, ni extrêmement subtil, Chamboultout ne chamboulera pas le paysage cinématographique français, mais reste un divertissement très regardable sur des thèmes d’époque comme l’acceptation du handicap, l’amour hors mariage et la médiatisation de la vie privée.

 

 

Captive State

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Le Pitch

Les extraterrestres ont envahi la Terre. Occupée, la ville de Chicago se divise entre les collaborateurs qui ont juré allégeance à l’envahisseur et les rebelles qui les combattent dans la clandestinité depuis dix ans….

Ce qu’on en pense 

Rupert Wyatt, qui avait rebooté avec brio La Planète des singes, est aux commandes de ce film de SF pour adultes qui mélange espionnage, politique et science fiction. Tendu, prenant, complexe, le film multiplie les morceaux de bravoures et tient le spectateur en haleine jusqu’au final. L’interprétation est au diapason avec un John Goodman excellent en flic retors et un Ashton Sanders (révélation de Moonlight) toujours aussi intense. La très bonne surprise de la semaine.

Shazam !

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Le pitch

A 14 ans, Billy Batson (Asher Angel) va de famille d’accueil en famille d’accueil. Un jour, il est « convoqué » dans une grotte par un vieux mage qui lui confie un mystérieux pouvoir. Désormais lorsqu’il prononce le mot « Shazam » il se transforme en super héros avec un corps d’adulte sculpté à la perfection. Très vite il s’éclate avec ses capacités surnaturelles …mais doit faire face aux forces des ténèbres du Dr Thaddeus Sivana (Mark Strong)

Ce qu’on en pense

Il y a désormais deux tendances dans les films de super-héros :  le “tout action et effets spéciaux”  (Avengers) et le traitement “décalé/second degré” (Deadpool). Shazam ! appartient clairement à la deuxième catégorie,  avec un pitch qui rappelle celui de Big. Successions de sketches répétitifs, le film de David F.Sandberg (Dans le noir) trouve vite ses limites. On est loin donc de l’esprit irrévérencieux de Deadpool et, contrairement à Ryan Reynolds, Zachary Levi,  serré dans son costume kitch, n’arrive pas à rendre son personnage attractif. Malgré des effets spéciaux plutôt réussis et un scénario qui vante la mixité et l’importance de trouver sa famille de cœur, Shazam ! ne provoque aucune étincelle.

Le Parc des merveilles

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Le Pitch

Petite fille très imaginative, June passe beaucoup de temps à inventer avec sa maman les aventures de personnages vivant dans un immense parc d’attraction. June en a même construit la maquette,  qui envahit peu à peu toute la maison. Mais un jour sa maman tombe malade et June, rattrapée par la réalité,  perd le goût de s’inventer des histoires. Jusqu’au jour où, perdue dans la forêt, elle trouve un parc à l’abandon qui ressemble curieusement à celui qu’elle avait créé

Ce qu’on en pense

Dans la veine de Toy Story (dont on attend avec impatience le 4e épisode), ce film d’animation de la Paramount n’atteint pas la perfection scénaristique de son modèle,  mais s’en approche tout de même ,  en osant aborder,  sous la forme du conte pour enfants,  des thèmes aussi profonds que la maladie, le deuil et la nécessité de ne pas renoncer à ses rêves. L’animation est une réussite,  même si on a souvent l’impression que le studio recycle des personnages vus dans d’autres films,  et une fois lancée l’aventure connaît peu de temps morts.  On peut y  accompagner les jeunes enfants sans risquer de s’ennuyer.  Curiosité pour les cinéphiles, le film sort sans nom d’auteur, Dylan Brown,  qui l’a réalisé,  ayant été licencié suite à des accusations d’inconduite sexuelle.   

Interview : José Garcia

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José Garcia  joue un aveugle (très) désinhibé dans Chamboultout, la nouvelle comédie d’Éric Lavaine avec Alexandra Lamy comme épouse et partenaire. En avant-première à Nice, il nous a parlé de son travail…  

Éric Lavaine dit de vous que vous aimez les rôles à performance. C’est ce qui vous attirait dans Chamboultout ?

Il dit ça parce que j’ai refusé plusieurs de ses propositions, au prétexte que je ne voyais pas ce que je pouvais apporter aux rôles de plus que n’importe quel autre acteur. C’est vrai que j’aime les défis.Je me shoote à l’adrénaline.Mais dans le cas de Chamboultout, ce que j’ai surtout aimé, c’est le regard différent qu’il porte sur le handicap.

Un rôle d’aveugle désinhibé : difficile de ne pas penser à Parfum de femme … 

Bien sûr que je me suis empressé de revoir le film de Dino Risi ! Mais je ne voulais surtout pas faire une performance de handicap.Le rôle exigeait de la nuance : mon personnage sait qu’il a perdu la vue, mais il croit que c’est provisoire.Et surtout il ne se rend absolument pas compte qu’il a perdu une partie de ses capacités intellectuelles. En gros, il croit qu’il va retourner au bureau dans une semaine. Comme il n’a pas la notion du temps, ce n’est pas trop grave.Mais par moments il a des éclairs de lucidité et il se rend compte…

Comment vous êtes-vous préparé  ?

J’ai travaillé avec Dominique Dumont, le codirecteur du théâtre des Bouffes parisiens qui a perdu la vue il y a quelques années.Il m’a parlé de toutes les choses du quotidien d’un non voyant. Je suis aussi allé faire un stage avec les spécialistes d’une école de chiens d’aveugle, pour apprendre à me déplacer seul en ville. Après, j’ai pris une canne et j’ai fermé les yeux. Sur le tournage, j’étais à l’isolement : on venait me chercher dans ma caravane pour m’accompagner sur le plateau.Là seulement,  j’ouvrais les yeux, car je devais jouer les yeux ouverts. C’est ça la grande difficulté de l’exercice : faire semblant de ne pas voir alors qu’on a les yeux grands ouverts. 

En dehors de celui-là, quel est le personnage que vous avez préféré jouer ?

J’ai une affection particulière pour Serge Benamou de La Vérité si je mens, évidemment.Mais celui qui m’a le plus marqué est probablement Sa Majesté Minor. Il fallait jouer à poil dans les ronces, pieds nus dans les cailloux et entouré de cochons méchants qui vous mordaient dès qu’ils pouvaient.Une vraie performance, pour le coup ! Ça a été mon plus gros bide et celui de JJ Annaud. Mais je le referai sans hésiter car c’était une expérience incroyable.

Vous vous êtes fait plus rare ces dernières années, pourquoi ?

C’est compliqué pour moi parce que je recherche des rôles originaux et que je ne veux pas exploiter mon fonds de commerce comique jusqu’à devenir pathétique. Ça m’emm… de refaire ce que j’ai déjà fait et les propositions originales sont rares. Du coup, je me suis mis à écrire : on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même.

Quel est le rôle que vous auriez rêvé d’avoir ?

Freddie Mercury dans Bohemian Rhapsody ! J’aurais été génial (rires). Mais je n’ai pas dit mon dernier mot : s’il y a un biopic de Karl Lagerfeld, je veux le faire !

En attendant on vous verra dans la suite des Petits mouchoirs

Oui, je remplace Jean Dujardin,  puisqu’il est mort dans le premier. C’est une petite participation mais sympa, vous verrez…

Los Silencios

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Le pitch

Nuria, 12 ans, Fabio, 9 ans, et leur mère Amparo (Marleyda Soto) arrivent dans une petite île au milieu de l’Amazonie, aux frontières du Brésil, de la Colombie et du Pérou. Ils ont fui le conflit armé colombien, dans lequel leur père a disparu. Un jour, celui-ci réapparait mystérieusement dans leur nouvelle maison…

Ce qu’on en pense

La réalisatrice brésilienne Beatriz Seigner indique s’être basée sur une histoire vraie, celle de la réapparition d’un mari qu’on croyait mort, pour écrire le scénario de son premier film. Celui ci maintient pourtant le mystère jusqu’au bout sur la réalité de cette réapparition : réelle ou rêvée ? Baigné de réalisme magique , de croyances aux fantômes et d’éléments d’actualité (les négociations de cesser le feu avec les FARC), Los Silencios propose une immersion dans une communauté du fin fond de l’Amazonie,  où les nouveaux arrivants ne sont pas forcément les bienvenus. On suit les efforts -silencieux comme l’indique le titre- d’Amparro et sa famille pour s’intégrer et oublier les horreurs de la guerre civile, qu’ils ont laissé derrière eux. Un film sur la perte, le deuil et la reconstruction, tourné dans un superbe clair obscur.

 

 

 

La Lutte des classes

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Le pitch

Sofia (Leila Bekhti) et Paul (Edouard Baer) quittent Paris et emménagent dans la banlieue, à Bagnolet dans une petite maison. Elle, brillante avocate d’origine magrébine, a grandi dans une cité proche. Lui, batteur punk-rock, cultive un manque d’ambition qui force le respect. Comme tous les parents, ils veulent le meilleur pour leur fils Corentin, élève à Jean Jaurès, l’école primaire du quartier. Mais lorsque tous ses copains désertent l’école publique pour l’institution catholique Saint Benoît, Corentin se sent seul…

Ce qu’on en pense 

Spécialiste de la comédie sociale depuis Le Nom des gens, Michel Leclerc embarque Leila Bekhti et Edouard Baer dans cette comédie où sont censées s’opposer bourgeoisie et prolétariat, école privée et école publique. Le tandem s’en donne à coeur-joie, en particulier  Edouard Baer  qu’on n’imaginait guère voire un jour en ex-rocker anarchiste à perfecto.  Le scénario, hélas,  n’évite pas les grosses ficelles, ni les maladresses et la direction d’acteurs laisse à désirer pour les seconds rôles  (Ramzy Bedia et Baya Kasmi, peu convaincants). On pouvait espérer mieux de Michel Leclerc que cette comédie sympathique mais un peu bâclée.

Interview : Tim Burton

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Après Alice au Pays des Merveilles, Tim Burton poursuit son histoire d’amour avec Disney, entamée alors qu’il n’était encore que dessinateur à l’époque de Rox et Rooky. Le réalisateur de Beetlejuice, Batman et Edward aux mains d’argent, signe avec Dumbo bien autre chose qu’une simple adaptation en prise de vues réelles du dessin animé classique daté de 1941.Venu à Paris présenter le film en avant-première, il a expliqué ce qui l’avait conduit à s’intéresser à cette histoire d’éléphant volant…

Pourquoi Dumbo ?

C’est une superbe métaphore pour exprimer ce que représente le fait d’être différent. Dumbo est un être étrange, qui ne rentre pas dans le moule : il est bizarre, solitaire… Pas étonnant que je m’identifie à lui (rires).Avec ce film, je pouvais célébrer, une fois de plus, la beauté des différences.

Quelles étaient les difficultés de l’adaptation en prise de vues réelles ?

La principale difficulté dans ce genre de films, c’est que le personnage principal n’est jamais sur le plateau. Je savais qu’il serait différent du dessin animé, mais je voulais qu’il ait la même puissance émotionnelle. Il fallait garder cela à l’esprit constamment, même s’il n’était pas là.L’autre challenge, c’était de ne pas faire un simple remake, de proposer une exploration différente de l’histoire.

Votre univers est beaucoup plus sombre que celui de Disney.Cela ne posait pas problème ?

Vous savez, comme les contes de fées, les films Disney ont toujours une certaine noirceur.Ils ont permis à tous les enfants du monde d’aborder des concepts comme la mort, la peur, la solitude. Ce sont souvent les scènes les plus effrayantes ou les plus tristes dont on se souvient, dans les grands dessins animés Disney. Il n’y a pas tant de différence que ça avec mes films…

L’univers du cirque vous est-il familier ?

Non.Je déteste voir des animaux sauvages en cage et les clowns me font peur. Mais j’aime l’esthétique particulière du cirque et ses troupes d’artistes marginaux aux dons étranges.