Cinéma

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Let’s Dance !

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Le pitch

Passionné de danse hip-hop, Joseph (Rayane Bensetti) monte à Paris,  avec sa copine Emma (Fiorella Campanella) et son meilleur ami Karim (Mehdi Kerkouche) pour tenter d’intégrer la troupe de Youri (Brahim Zeibat),  un breaker célèbre.Ils s’installent chez Rémi (Guillaume de Tonquédec), un ancien danseur étoile devenu professeur de danse, qui a bien connu la mère de Joseph. Dans son cours Joseph rencontre la brillante  Chloé (Alexia Giordano), future danseuse étoile…

Ce qu’on en pense

Premier film du metteur en scène de théâtre et de comédie musicale, Ladislas Chollat, Let’s Dance est avant tout fait pour mettre en valeur les dons supposés d’acteur et de danseur du jeune Rayane Bensetti.  Mission accomplie : le beau gosse télévisuel y est particulièrement à son avantage,  dans un rôle taillé à ses mesures. Le scénario transpose peu ou prou celui d’ Au bout des doigts (Lambert Wilson, directeur de conservatoire, prenant sous son aile un surdoué du piano) dans le milieu de la danse et la réalisation lorgne vers les classiques du genre que sont Fame ou Billy Elliot,  sans parvenir à être aussi efficace. La tête d’affiche est entourée de vrai danseurs (dont l’ex de Madonna Brahim Zaibat) mais, alors qu’ils évoluent dans le milieu du hip hop,  c’est surtout la gracieuse Alexia Giordano que l’on remarque, en ballerine classique.Aperçue dans Chocolat au côté d’Omar Sy, elle est la vraie révélation de cette bluette dansante destinée aux ados.  

Synonymes

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Le Pitch

Yoav (Tom Mercier),  jeune militaire Israélien récemment démobilisé, atterrit à Paris, avec l’espoir que la France et la langue française le sauveront de la folie de son pays. Il se fait voler ses affaires et doit son salut à un jeune couple qui le prend en amitié…  

Ce qu’on en pense

Juliette Binoche et le jury du Festival de Berlin ont décerné l’Ours d’Or du meilleur film à cette tragi-comédie  de Nadav Lapid (Le Policier, L’Institutrice). Curieux choix ! Le réalisateur Israélien y évoque sa jeunesse, son départ d’Israël et son arrivée à Paris à travers les (més)aventures minuscules de Yoav  (Tom Mercier en double de l’auteur), ancien soldat de Tsahal, en rupture avec son pays d’origine qu’il juge fasciste et impérialiste.Dans le Paris bourgeois-bohème des années 2000, Yoav va faire une série de rencontres et trouver un peu de réconfort (voire plus) auprès d’un jeune couple de voisins bobos formé par Quentin Dolmaire (vu chez Arnaud Desplechin) et Louise Chevillotte (vue chez Philippe Garrel). S’en suit une série de séquences urbaines sans grand intérêt, d’un burlesque plus irritant que drôle. Entre dénonciation politique à l’emporte pièce et tics Nouvelle Vague (on dirait du Godard vintage sans les aphorismes),  cette longue déambulation politico-romantique est synonyme d’ennui plus qu’autre chose.

 

 

 

Styx

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Le pitch

Rike (Suzanne Wolff), quarante ans, est médecin urgentiste. Pour ses vacances, elle a planifié une traversée en solitaire pour rejoindre l’île de l’Ascension depuis Gibraltar, une île au nord de Sainte-Hélène, où Darwin avait planté une forêt entière. Seule au milieu de l’Atlantique, après quelques jours de traversée, elle tombe sur une embarcation à la dérive remplie de réfugiés

Ce qu’on en pense 

Entamé comme un survival féminin à la All is Lost (JC Chandor), le film de Wolfgang Fischer opère à mi-parcours un virement de bord qui conduit son héroïne  à s’intéresser au sort de migrants à la dérive. Incapable d’accueillir à bord de son petit voilier tous ces naufragés affamés et déshydratés, alors qu’un d’entre eux- un adolescent –  a réussi à nager jusqu’à elle, la navigatrice doit se résoudre à attendre, en sa compagnie, des secours, dont elle pressent qu’ils ne viendront jamais, ou arriveront trop tard. Métaphore de l’impuissance et de la culpabilité des nations face au drame des migrants, Styx est un beau film politique,  porté par son actrice principale, l’excellente Suzanne Wolff, découverte dans Retour à Montauk.

 

 

 

Boy Erased

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Le pitch

Dans une petite ville américaine, Marshall et Nancy Eamons (Russel Crowe et Nicole Kidman) découvrent l’homosexualité de leur fils de 19 ans, Jared (Lucas Hedge).  Craignant le rejet de sa famille, de ses amis et de sa communauté religieuse (son père est pasteur), Jared  entreprend une thérapie de réorientation sexuelle dans un centre spécialisé. Il y entre en conflit avec le thérapeute principal, découvrant et revendiquant progressivement sa réelle identité sexuelle…

Ce qu’on en pense

Au cinéma non plus, on ne choisit pas sa famille !  Après avoir joué le fils drogué de Julia Roberts dans Ben Is Back, Lucas Hedge incarne celui de Nicole Kidman (et Russel Crowe)  dans la première réalisation de l’acteur Joel Edgerton. Dans le rôle de l’ado à problèmes, il doit cette fois assumer son homosexualité,  face à des parents qui croient encore que c’est une maladie et que cela se soigne. Pour ce faire,  ils l’envoient dans un centre spécialisé dit “de conversion“. On a déjà visité  ce genre d’établissement dans Come As You Are, film indé qui abordait l’an dernier, avec plus de finesse,  la même problématique… Malgré son casting étoilé, celui de Joel Edgerton a plus de mal à convaincre: trop de stéréotypes et des numéros d’acteurs alignés sans grande conviction.

Dumbo

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Le pitch

Les enfants de Holt Farrier (Colin Farrell), ex-artiste de cirque chargé de s’occuper d’un éléphanteau dont les oreilles démesurées sont la risée du public, découvrent que ce dernier sait voler

Ce qu’on en pense

Après Alice au pays des Merveilles, Tim Burton signe sa deuxième adaptation en prise de vues réelles d’un classique du dessin animé Disney. Du scénario original de Dumbo (1941), le réalisateur de Beatle Juice, Batman et autres Edward aux mains d’argent, n’a retenu que l’essentiel : l’émotion suscitée par cette déclinaison circassienne du Vilain petit canard. Dumbo est  encore plus original et personnel que ne l’était son Alice.  L’univers du cinéaste et son esthétique particulière sont au centre de cette fable forte et émouvante sur la différence et la solidarité. Une nouvelle réussite du plus prolifique des cinéastes amateurs de monstres gentils.

Companeros

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Le pitch

1973, l’Uruguay bascule en pleine dictature. Trois opposants politiques sont secrètement emprisonnés par le nouveau pouvoir militaire. Jetés dans de petites cellules, on leur interdit de parler, de voir, de manger ou de dormir. Les trois otages mènent alors une lutte existentielle pour échapper à une terrible réalité qui les condamne à la folie…

Ce qu’on en pense

Le  cinéma argentin a abondamment documenté la dictature, les coups d’état et la torture, tandis que  ses voisins sud américains, pourtant confrontés aux mêmes problèmes,  ont été plus discrets sur la question.  L’Urugayen Alvaro Brechner rompt le silence avec ce film inspiré de la vie de José Mujica, opposant à la junte militaire des années 70, qui deviendra ensuite président du pays. Porté par un casting impeccable (Antonio de la Torre,  Chino Darin , Alfonso Tort),  le film se concentre sur la détention d’un trio d’opposants au régime et montre comment ils ont résisté à la violence et aux humiliations en se serrant les coudes. Brillamment mis en scène et en images,  Companeros s’impose d’emblée comme un nouveau classique du genre.

C’est ça l’amour

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Le pitch

Depuis que sa femme est partie, Mario(Bouli Lanners)  tient la maison et élève seul ses deux filles. Frida (Justine Lacroix),  14 ans, lui reproche le départ de sa mère. Niki (Sarah Henoschsberg),  17 ans, rêve d’indépendance. Mario, lui, attend toujours le retour de sa femme…

Ce qu’on en pense

Révélée en 2014 par  Party Girl,  qu’elle avait co-signé avec Marie Amachoukeli et Samuel Theis et qui leur avait valu la Caméra d’or à Cannes,  Claire Burger revient en solo pour cette comédie dramatique familiale, d’une forme plus classique. La réalisatrice s’attache  à dépeindre avec réalisme le mal de vivre d’un quinquagénaire père de famille abandonné par son épouse. Bouli Lanners est comme toujours très juste dans le rôle, bien secondé par les deux adolescentes (Justine Lacroix et Sarah Henoschsberg). Le film ne bouscule pas les canons du genre et fait moins forte impression que Party Girl, mais il se voit avec intérêt.

Gentlemen Cambrioleurs

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Le Pitch

Célèbre voleur dans sa jeunesse, Brian Reader (Michael Caine), veuf âgé de 77 ans, réunit une bande de criminels marginaux sexagénaires pour fomenter un cambriolage sans précédent à la salle des coffres de la société Hatton Garden Safe Deposit (HGSD). Se faisant passer pour des réparateurs, ils pénètrent le dépôt, neutralisent les alarmes et se mettent à percer un trou dans le mur de la chambre forte. Deux jours plus tard, ils parviennent à s’échapper avec un butin évalué à plus de 200 millions de livres en bijoux et espèces. L’enquête démarre, et au fur et à mesure des révélations sur les détails du crime, public et médias britanniques sont captivés, et l’investigation est suivie avec fièvre dans le monde entier.

Ce qu’on en pense

Dans Braqueurs amateursMichael Caine jouait déjà les monte en l’air vieillissants,  au côté de Morgan Freeman. Il reprend le chalumeau pour ce nouveau “film policier du 3e âge” ,  inspiré d’une histoire vraie (un hold up perpétré à Londres en 2015),  comme c’est la mode en ce moment au cinéma.  Malgré la présence du trio Michael Cain, Tom  Courtenay, Jim Broadbent et quelques trouvailles de mise en scène (inserts d’extraits de films en guise de flash back) , le résultat ne valait pas qu’il risque une longue peine pour récidive.  Trop long, poussif et superficiel, le film de James Marsh (Shadow Dancer, Le Jour de mon retour)  tombe à plat. On a l’impression d’assister à l’ouverture laborieuse d’un coffre vide.

 

Mon Frère s’appelle Robert et c’est un idiot

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Le pitch

Les jumeaux Robert et Elena (Julia Zange, Josef Mattes)  révisent leur épreuve de philosophie à la campagne. Désoeuvrés, ils font un pari : si Elena ne parvient pas à coucher avec quelqu’un, son frère aura sa voiture. Pendant 48 heures, la forêt et le lac sont leur seul univers, avec leur seul contact au monde extérieur. 48 heures pour  rompre avec l’enfance. 48 heures d’été étouffantes qui glissent vers l’enfer. 48h d’amour, de sexe et de philosophie…

Ce qu’on en pense

Présenté à la Berlinale, ce premier long métrage de fiction signé Philip Gröning a réussi à faire se vider la salle de projection de presse en moins de 2h 42 minutes, sa durée officielle.  Il faut dire que le réalisateur, émule teuton de  Terrence Malick, fait le maximum pour décourager le cinéphile le plus résistant. Il n’y a pas que le titre qui est idiot : le film l’est aussi. Durant la première heure,  les deux malheureux protagonistes (par ailleurs plutôt mignons et bien filmés) se vautrent dans l’herbe en ânonnant du Platon et du Heidegger au kilomètre. Dans la seconde, la gamine, pourtant plutôt gironde,  essaie de coucher avec le premier venu sans y parvenir tout à fait. Durant la dernière,  elle se venge de son échec sur le malheureux pompiste de la station service Avia qui constitue, avec un champ de blé, l’unique décor du film. Puis elle passe son bac comme si de rien n’était.  L’ensemble, probablement censé symboliser la fin de l’innocence, est d’un ennui sans nom. On s’étonne que la chose soit passée sous les radars cannois pour échouer à Berlin. On ne serait pas étonné de croiser Philip Gröning un de ces jours sur la Croisette, s’il parvient à faire encore plus glauque et chiant…

Sunset

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Le Pitch

1913, au cœur de l’empire austro-hongrois. Irisz Leiter (Juli Jakab) revient à Budapest après avoir passé son enfance dans un orphelinat. Son rêve de travailler dans le célèbre magasin de chapeaux, autrefois tenu par ses parents, est brutalement brisé par Oszkar Brill (Vlad Ivanov) le nouveau propriétaire. Lorsqu’Írisz apprend qu’elle a un frère dont elle ne sait rien, elle cherche à clarifier les mystères de son passé. À la veille de la guerre, cette quête sur ses origines familiales va entraîner Irisz dans les méandres d’un monde au bord du chaos

Ce qu’on en pense 

Révélé à Cannes en 2015, avec Le Fils de Saul, Grand Prix et Oscar du meilleur film étranger, le Hongrois Lazlo Nemes a choisi de présenter son second film à la Mostra de Venise. Sans succès, hélas, au palmarès. Une déception pour ce jeune auteur, dont on attendait beaucoup après le choc de son premier film sur les camps de la mort. Comme Le Fils de Saul, Sunset fait référence à La Terre vaine de T.S. Eliot, un poème écrit au lendemain de la Première Guerre mondiale qui décrit la destruction de la civilisation et l’horreur que celle-ci produit. Fresque historique et polar en costume brillamment mis en scène,  dans une Budapest caniculaire, Sunsetconfirme le talent de Lazlo Nemes pour un cinéma immersif et sensoriel. On découvre aussi celui de  Juli Jakab qui incarne magnifiquement cette femme à la recherche de ses origines.  

Dernier amour

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Le Pitch

Casanova (Vincent Lindon), connu pour son goût du plaisir et du jeu, arrive à Londres après avoir dû s’exiler. Dans cette ville dont il ignore tout, il rencontre à plusieurs reprises une jeune courtisane, la Charpillon (Stacy Martin), qui l’attire au point d’en oublier les autres femmes. Casanova est prêt à tout pour arriver à ses fins, mais La Charpillon se dérobe toujours sous les prétextes les plus divers. Elle lui lance un défi : elle veut qu’il l’aime autant qu’il la désire…

Ce qu’on en pense

Avec une solidité et une assurance qui ont sans doute fait défaut à la plupart des auteurs de sa génération, Benoît Jacquot, 72 ans, a fini par s’imposer comme le plus régulier de nos grands cinéastes. Et c’est peut-être dans l’exercice délicat du film en costumes qu’il démontre son savoir-faire avec le plus d’évidence. Des Adieux à la Reine (2011) à ce Dernier amour de Casanova, en passant par sa relecture du Journal d’une femme de chambre (2015), ses films « historiques » évitent le piège de la reconstitution patrimoniale académique (ou pire : téléfilmique) et font souvent preuve de plus de modernité que les films branchés du moment. Rien de moins évident pourtant, a priori, que de filmer Vincent Lindon en perruque et hauts de chausse, après qu’on l’ait vu s’investir corps et âme dans des films sociaux plus naturalistes les uns que les autres. Le cœur se serre de le voir défait par une donzelle,  mais quelle ! Sous ses airs de nouvelle Sylvia Kristel, Stacy Martin réveillerait un mort…), Casanova vieillissant, éperdu, les yeux embués sous le rimmel. Ce Dernier amour (le seul véritable peut-être, les autres n’étant qu’amitiés sexuelles ?) le tue. Lui à qui aucune ne se refuse, sauf justement celle qui se donne à tous. « Ô fureur des cœurs murs par l’amour ulcérés » (Beaudelaire) ! « Il faut souffrir pour savoir qu’on a aimé » lui dit celle qui, à la fin, recueille ses confidences, comme une intervieweuse (Julia Roy, parfaite.Comme le reste du casting d’ailleurs, avec une Valeria Golino très touchante en ex-amante et amie fidèle). La leçon est amère, mais le film est magnifique. Lecteur assidu des mémoires de Casanova (Histoire de ma vie), Jacquot en livre une des plus belles restitutions. Après Fellini et Comencini (entre autres), il fallait pourtant oser s’y atteler.

L’Homme qui a surpris tout le monde

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Le pitch

Aux confins la Taïga sibérienne, Egor (Evgeniy Tsyganov), garde forestier, est un bon père de famille et un bon mari, respecté par les habitants de son petit village rural. Lui et sa femme Natalia (Natalya Kudryashova) attendent un deuxième enfant. Quand Egor découvre qu’il est atteint d’une maladie incurable, il va tenter de tromper la mort… Au risque de surprendre !

Ce qu’on en pense

Devant l’amour que lui portent sa femme et son jeune fils et la peine sincère qu’ils expriment en apprenant qu’il est condamné, Egor (Evgeniy Tsyganov, excellent), qui s’était plus ou moins résigné à mourir, décide de tenter l’impossible : pour tromper la mort, alors qu’il ne lui reste que quelques semaines avant le passage de la faucheuse, il prend le parti de se déguiser en femme. Mal lui en prend : « Tu ne peux pas mourir normalement ? » lui reproche sa femme.« Meurs comme un homme ! » lui enjoint son collègue et ami. L’homophobie et la peur de la différence sont au cœur de cette fable sociale et philosophique, inscrite dans une Russie rurale et arriérée. Une belle réalisation, naturaliste et contemplative, sur un sujet, hélas, toujours d’actualité. Et pas que dans la Sibérie profonde !

Walter

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Le pitch

Pour Goran (Alban Ivanov) et son équipe de braqueurs amateurs, le plan était presque parfait : pénétrer de nuit dans un hypermarché pour dévaliser une bijouterie. Mais ces « bras cassés » n’avaient pas prévu la présence d’un vigile pas comme les autres : Walter (Issaka Sawadogo), un ex-chef de guerre africain qui va les envoyer en enfer…

Ce qu’on en pense

Après un premier méfait, l’an passé, sous leur propre nom, les Déguns récidivent dans cette classique comédie de braquage, à laquelle ils apportent leur humour, disons décalé. Le duo marseillais, connu pour sa web série sur Youtube, joue les débiles de service au sein d’une équipe de braqueurs amateurs à peine plus cérébrés. Ils vont être confrontés à un vigile stoïque (l’excellent Issaka Sawadogo, vu dans Samba et Guyane), qui va se transformer en Rambo pour les bouter hors de son supermarché… Tous les ingrédients du film de casse sont réunis et détournés dans ce premier film signé Varante Soudjian, spécialiste des mini-séries TV (Access, Scènes de ménage, En Famille…). Plutôt bien produit et pas mal réalisé, Walter aurait sans doute gagné, d’un strict point de vue cinématographique, à se passer du renfort des Déguns, qui ne font que le tirer vers le bas avec leur humour caillera à deux balles. Mais les Marseillais ont leurs fans et,  si l’on en juge par le succès des avant-premières, ils sont fidèles…

Qui m’aime me suive

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Le pitch

Gilbert (Daniel Auteuil) et Simone (Catherine Frot)  vivent une retraite agitée dans un village du Sud de la France. Le départ d’Étienne (Bernard Le Coq), son voisin et amant, le manque d’argent, mais surtout l’aigreur permanente de son mari, poussent Simone à fuir le foyer. Gilbert prend alors conscience qu’il est prêt à tout pour retrouver sa moitié…

Ce qu’on en pense

Le film de troisième âge est en train de devenir un genre cinématographique à part entière des deux côtés de l’Atlantique. Après Les Vieux fourneaux et avant  Gentlemen cambrioleurs (la semaine prochaine) voici donc Qui m’aime me suivecomédie gériatrique signée  José Alcala. Le réalisateur de Coup d’éclat y retrouve Catherine Frot, dans le rôle cette fois d’un ex-soixantehuitarde qui n’a pas renoncé à jouir sans entraves,  au grand dam de son mari toujours amoureux plus ou moins transi (Daniel Auteuil, la moustache en berne).  A l’écran cela donne une succession de situations plus ou moins gênantes. On rit peu malgré les efforts grimaçants des deux têtes d’affiche.

Us

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Le pitch

De retour dans sa maison d’enfance, à Santa Cruz sur la côte Californienne, Adelaïde Wilson (Lupita Nyong’o) a décidé de passer des vacances de rêves avec son mari Gabe ( Winston Duke) et leurs deux enfants. Un traumatisme aussi mystérieux qu’irrésolu refait surface suite à une série d’étranges coïncidences qui déclenchent la paranoïa de cette mère de famille de plus en plus persuadée qu’un terrible malheur va s’abattre sur ceux qu’elle aime. Après une journée tendue à la plage avec leurs amis, les Wilson rentrent enfin à la maison où ils découvrent quatre personnes se tenant la main dans leur allée. Ils vont alors affronter le plus terrifiant et inattendu des adversaires : leurs propres doubles

Ce qu’on en pense

Avec  Get Out (Oscar du meilleur scénario 2017), le débutant Jordan Peele avait renouvelé le film d’horreur américain. Dans Us il utilise le même cocktail  d’humour et de frissons agrémenté d’un message politique.  Le résultat est toujours aussi efficace et esthétique. La tension est permanente, malgré l’humour et les nombreux clins d’oeil aux classiques du genre (Les Dents de la mer, Funny Games , Suspiria…). Le message final sur l’intégration par la culture et le danger de la ghettoïsation aurait  gagné à être distillé avec plus de finesse mais  les amateurs ne seront pas déçus.