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Le Sel des larmes

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Le pitch

Luc (Logan Antuofermo)  monte à Paris pour passer le concours d’entrée à l’école d’ébenisterie Boulle. Dans la rue, il y rencontre Djemila  (Oulya Amamra) avec laquelle il flirte avant de repartir. De retour chez son père (André Wilms), le jeune homme retrouve par hasard sa petite amie de lycée, Geneviève (Louise Chevillotte). Les deux jeunes gens entament aussitôt une nouvelle relation. Mais lorsqu’il est reçu à l’école Boulle, Luc s’en va pour Paris abandonnant derrière lui sa petite amie et l’enfant qu’elle porte…

Ce qu’on en pense

Depuis La Jalousie (2013), Philippe Garrel, 72 ans,  est entré dans un cycle de films sur la famille et les relations amoureuses, qu’il tourne à peu de frais en pellicule noir et blanc,  avec les jeunes comédiens de son cours de cinéma et quelques acteurs plus confirmés. C’est ainsi qu’André Wilms joue ici le père de Logan Antuofermo,  dont c’est le premier rôle (mais certainement pas le dernier) , tandis qu’Oulya Amamra (vue dans le dernier Téchiné), Louise Chevillotte (Synonymes , L’Amant d’un jour) et Souheila Yacoub (Les Affamés, Climax) campent ses petites amies successives. Un casting plein de fraîcheur,  pour un film qui coule comme une larme et laisse un goût salé sur la langue. A la manière d’un conte moral, Garrel  y dépeint les relations amoureuses du nouveau siècle, s’interroge sur les limites de l’amour filial  et signe un de ses films les plus accessibles. Allez-y sans crainte, c’est tout à fait charmant.

Été 85

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Par Philippe Dupuy 

Le pitch

A l’été 1985, Alexis (Félix Lefebvre), 16 ans, chavire lors d’une sortie en mer sur la côte normande. Il  est secouru par David (Benjamin Voisin), 18 ans,  qui  l’invite à venir se sécher et à se remettre de ses émotions chez lui. Alexis vient de rencontrer l’ami de ses rêves et même un peu plus. Mais le rêve durera-t-il plus qu’un été ?

Ce qu’on en pense 

François Ozon réussit à peu près un film sur deux, ce qui n’est déjà pas si mal compte tenu de sa cadence de production. Dommage,  celui-ci, pourtant labellisé Cannes 2020,  vient juste après l’excellent Grace à Dieu, sur l’affaire Preynat.  Ozon y adapte un roman qui a marqué sa  jeunesse (La Danse du coucou d’Aidan Chambers) : un amour d’été entre deux jeunes garçons dans les années 80Eté 85 est sans doute le film le plus ouvertement gay de François Ozon, qui y fait en quelque sorte son coming out. Quelque chose entre Mecton My Love et  Call Me By Your Name en Normandie,  avec musique New Wave, fringues flashy et mèches de garçons coiffeurs. Le public cible sera sans doute sensible aux charmes des deux jeunes acteurs, Félix Lefebvre et Benjamin Voisin (déjà à l’affiche de La Dernière vie de Simon et Un vrai bonhomme) et à la réalisation maniérée d’Ozon, très nouvelle vague à marée basse. Les autres peuvent profiter du beau temps pour aller plutôt faire du bateau. Le premier qui met “Sailing” de Rod Stewart sur la stéréo de bord sera jeté à l’eau.

 

 

 

The Old Guard

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Le Pitch

Une petite bande soudée de mercenaires immortels, dirigée par la redoutable Andy (Charlize Theron), se bat depuis des siècles pour protéger les humains. Mais tandis que le groupe est engagé pour une mission des plus périlleuses, ses pouvoirs hors du commun sont soudain révélés au grand jour. C’est alors qu’Andy et Nile (Kiki Layne), tout dernier soldat à avoir rejoint l’équipe, doivent tout mettre en œuvre pour neutraliser leurs ennemis. Car ces derniers ne reculeront devant rien pour détourner les pouvoirs des immortels à leur profit.

Ce qu’on en pense

Covid oblige, le blockbuster de l’été risque bien d’être un film Netflix. Produit et joué par Charlize Theron, qui depuis Mad Max Fury Road multiplie les rôles de super woman, The Old Guard a tout ce qu’il faut pour prétendre à ce statut (et y ajouter celui de “film d’action féministe” puisque réalisé par une femme avec deux héroïnes qui se partagent les premiers rôles). Même si c’est beaucoup trop long (défaut récurrent des productions Netflix), on ne s’ennuie pas à suivre les aventures musclées de cette bande d’immortels qui, pour occuper leur éternité, ont décidé de devenir mercenaires au service de bonnes causes. Leurs projets humanitaires vont, hélas,  se heurter à la voracité d’un magnat de l’industrie pharmaceutique (Harry Melling) qui voudrait répliquer leur ADN pour commercialiser un vaccin anti-vieillissement, quitte à les disséquer vivants. D’où bastons et gunfights à gogo avec son armée privée (car tous les super riches en ont une, apprend-t-on). A la réalisation, Gina Prince-Bythewood (Love & Basketball, Act of Love) fait le job sans génie particulier,  pour mettre en images la BD dont le film est tiré. Les acteurs font le maximum pour défendre leurs personnages de BD dessinés à gros traits, surtout Matthias Schonaerts, qui  hérite du rôle le plus complexe. Charlize, en carré brun, est toujours aussi sculpturale et Kiki Layne (Si Beale Street pouvait parler, Native Son) confirme un talent qui transcende les genres dans le rôle de la bleusaille qui découvre son immortalité. Façon Marvel,  le générique de fin annonce une suite, mais on n’y croit pas trop

 

La Forêt de mon père

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Le pitch

Gina (Léonie Souchaud) , 15 ans, grandit dans une famille aimante en lisière de forêt. Elle admire son père Jimmy (Alban Lenoir), imprévisible et fantasque, dont elle est prête à pardonner tous les excès. Jusqu’au jour où la situation devient intenable : Jimmy bascule et le fragile équilibre familial est rompu. Dans l’incompréhension et la révolte, Gina s’allie avec un adolescent de son quartier pour sauver son père.

Ce qu’on en pense

Un premier film sensible et en partie autobiographique,  dans lequel la réalisatrice Vera Cratzborn a mis beaucoup de sa propre histoire : celle d’une famille aux prises avec la maladie mentale du père. Un sujet pas facile, traité de manière naturaliste,  mais sans misérabilisme, ni pathos. L’histoire est racontée du point de vue de la fille aînée (Léonie Souchaud, une découverte),  adolescente en bute au regard de la société sur sa famille,  mais qui ne s’en laisse pas compter. Ludivine Sagnier et Alban Lenoir (décidément l’acteur du moment) forment un couple très crédible et participent pleinement à la réussite du film. Du bon cinéma belge.  

Scooby

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 Le pitch

Après avoir résolu des centaines d’affaires et vécu d’innombrables aventures, Scooby et sa bande doivent désormais s’attaquer à leur énigme la plus redoutable : un complot destiné à déchaîner les forces du chien-fantôme Cerberus. Tandis qu’ils mettent tout en œuvre pour enrayer cette “acabocalypse” mondiale, nos amis découvrent que Scooby est porteur d’une lourde hérédité et qu’il est promis à un plus grand destin que quiconque aurait pu l’imaginer…

Ce qu’on en pense

Annoncé comme un reboot des aventures de Scooby-Doo (13 séries, plusieurs téléfilms, 2 longs métrages de cinéma), ce film d’animation signé Tony Cervone n’en a que l’apparence. Il commence effectivement par la rencontre de Scooby,  Sammy et du reste de l’équipe,  mais une grosse ellipse temporelle plus tard, on se retrouve avec les personnages tels qu’on les connaît,  embarqués dans une aventure similaire à celles qu’on a déjà vues dans les épisodes et les films précédents, avec des emprunts voyants à Moi Moche et Méchant (avec des robots à la place des minions),  Toy Story (le personnage du Faucon bleu ressemble beaucoup à Buzz l’éclair) ou à Frankenweenie (Tim Burton). A moins qu’il ne s’agisse de clins d’oeil, puisqu’on retrouve même (attention spoiler) Satanas et Diabolo (sans leur voiture de Fous du volant) . C’est un poil longuet pour un public adulte et  l’animation fait très jeu vidéo, mais, nostalgie aidant, on peut y prendre un certain plaisir. 

 

 

 

Tout simplement noir

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Le pitch

JP (Jean Pascal Zadi), un acteur raté de 40 ans, décide d’organiser la première grosse marche de contestation noire en France, mais ses rencontres, souvent burlesques, avec des personnalités influentes de la communauté et le soutien intéressé qu’il reçoit de Fary, le font osciller entre envie d’être sur le devant de la scène et véritable engagement militant…

Ce qu’on en pense

Ecrit comme une critique du communautarisme et inscrit dans le débat sur la place des comédiens de couleur dans le  paysage audiovisuel français, Tout simplement noir déboule sur les écrans en plein mouvement #BlackLivesMatter. Ce qui lui vaut une certaine publicité,  mais risque d’en fausser la vision pour qui attendrait une prise de position sur les brutalités policières ou le racisme. Ce faux documentaire humoristique  pointe surtout les contradictions des revendications communautaires. On y suit  les démarches maladroites d’un comédien de seconde zone (Jean-Pascal Zadi dans son propre rôle), pour organiser une marche de contestation contre la ségrégation des acteurs nopirs,  avec l’appui plus ou moins intéressé de tout ce que le cinéma français compte de personnalités de couleur (Fary, Eric Judor, Claudia Tagbo, Joey Starr, Fabrice Eboué, Lucien Jean Baptiste Omar Sy… également dans leurs propres rôles). L’occasion pour chacun de jouer avec son image en se moquant gentiment des prises de position militantes et de l’égocentrisme des acteurs. A ce jeu, Claudia Tagbo n’est pas mal mais c’est  Lucien Jean Baptiste qui va le plus loin, avec une mémorable scène de pétages de plombs en public. Fary  joue les mentors calculateurs  et Omar Sy, dont il est question pendant tout le film (jaloux de son succès et critique de son statut de “personnalité préférée des français” , Zadi ne manque pas une occasion de le débiner), fait une apparition réjouissante. Sans échapper tout à fait aux travers du film à sketchs (ou à numéros d’acteurs), Tout simplement noir se voit avec plaisir et on y rit de bon coeur. Peut-être bien la comédie de l’été.

L’Envolée

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 Le pitch

Leigh (Frankie Box), 14 ans, vit dans la banlieue de Brighton avec un père souvent absent. C’est une gymnaste douée qui s’entraîne intensément pour sa première compétition. Lorsqu’un demi-frère plus âgé apparait une nuit sur le seuil de sa porte, son existence solitaire vacille. La méfiance fait place à des sensations inconnues et grisantes. Leigh s’ouvre à un monde nouveau.

Ce qu’on en pense

Un premier film anglais prometteur, signé Eva Rilay,  qui, après une sélection à Cannes pour un court métrage a réalisé à Brighton, où elle vit, cette histoire d’émancipation féminine. De cette réalisation classique d’un certain cinéma social anglais, qui survole beaucoup de thématiques sans les approfondir vraiment, on retient surtout la prestation de Frankie Box, dont c’est la première  expérience au cinéma. Elle donne beaucoup de vérité à son rôle de jeune gymnaste complexée , solitaire mais déterminée.

 

 

 

Malmkrog

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Le pitch

Nikolai, grand propriétaire terrien et homme du monde, reçoit dans son spacieux manoir. Pour les invités, parmi lesquels un politicien et un général de l’armée Russe, le temps s’écoule entre repas formels et  jeux de société, agrémentés  d’intenses discussions intellectuelles sur la mort, l’antéchrist, le progrès ou la morale. Tandis que les différents sujets sont abordés, chacun expose sa vision du monde, de l’histoire, de la religion. Les heures passent et les esprits s’échauffent, les sujets deviennent plus en plus sérieux, et les différences de cultures et de points de vues s’affirment de façon de plus en plus évidentes…

Ce qu’on en pense

Remarqué à Cannes en 2016 avec Sierranevada, qui prenait déjà presque trois heures pour raconter un repas de famille, le roumain Cristi Piu pousse encore plus loin le bouchon avec Malmkrog, dans lequel il met en images les Trois entretiens sur la guerre, la morale et la religion du penseur russe Vladimir Soloviev. Le texte est récité presque in extenso par les comédiens, dans les salons et la salle à manger d’un manoir russe,  où ils débattent interminablement en mangeant ou en prenant le thé,  pendant qu’une armée de serviteurs s’affaire autour d’eux. Alors que l’humour et la mise en scène sauvaient Sierranevada, Malmkrog ne déroge à aucun moment au sérieux pontifiant du texte, asséné en plans fixes durant 3h 30 par des comédiens inconnus, dont on admire surtout la mémoire et la capacité à ne pas s’endormir pendant les prises. Théâtre (lourdement) filmé, Malmkrog plonge le spectateur dans un ennui sans nom. Au bout de la deuxième heure, il se passe quand même un truc étonnant (à moins qu’on ait rêvé?),  puis on en reprend pour une heure trente.  Dire qu’on a sans doute raté ça à Cannes, cette année… Merci Covid !

Chained

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Le pitch

Flic consciencieux et expérimenté, Rashi (Eran Naim) est en couple avec Avigail (Stav Almagor) dont il attend un enfant. Le jour où, à la suite d’une enquête interne de la police de Tel-Aviv, il se trouve brutalement mis à pied, il réalise que sa femme lui échappe de plus en plus…  Saura-t-il réagir avant que son monde ne s’effondre ?

Ce qu’on en pense

Caméra d’or à Cannes en 2009 avec Ajami, qui faisait de croiser plusieurs destins dans un quartier de Jaffa en Palestine, Yaron Shani revient avec un dyptique conjugal dans lequel il suit, tour à tour,  le mari, Rashi, bon flic de terrain injustement mis à pied et sa femme Avigail, aide soignante aux prises avec une grossesse difficile et une ado rebelle d’un premier lit. Première partie de leur histoire, filmée du point de vue  de Rashi (Eran Naim, impressionnant), Chained  décrit par le menu sa descente aux enfers  inattendue, après qu’un jeune bourgeois au père haut placé a porté plainte contre lui pour agression sexuelle pour se venger d’un contrôle un peu musclé. Comme dans Ajami, la caméra, extrêmement mouvante,  cerne les personnages avec acuité. Jusqu’au dernier rôle,  tous existent avec une vérité criante. En quelques scènes (arrestation d’un père maltraitant, suicide familial,  recherche de dealers dans un parc),  le difficile quotidien du flic de terrain est brossé de manière presque documentaire. Idem pour les scènes de vie familiale : marqué par son travail, Rashi est maladroitement autoritaire avec la fille de sa compagne (campée par une jeune comédienne épatante Stav Patai). Sans doute aussi son désir de paternité est-il trop pressant pour sa compagne (Stav Almagor, émouvante) . Bon nounours affectueux et prévenant, il peut parfois se transformer en mari et beau-père autoritaire à l’excès. Tout va déraper avec le déclenchement de l’enquête de l’IGPN… Éprouvant, le film laisse suffisamment de zones d’ombre sur le personnage d’Avigail pour donner très envie de voir celui qui lui est consacré. Intitulé Beloved, il sera en salles le 15 juillet.

 

Lucky Strike

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 Le pitch

Un corps retrouvé sur une plage, un employé de sauna, un douanier peu scrupuleux, un prêteur sur gage et une hôtesse de bar qui n’auraient jamais dû se croiser. Mais le sort en a décidé autrement en plaçant sur leur route un sac rempli de billets, qui bouleversera leur destin. Arnaques, trahisons et meurtres : tous les coups sont permis pour qui rêve de nouveaux départs…

Ce qu’on en pense

Ce polar coréen aurait pu s’intituler Arnaques, Crimes et Tabac Blond, tant il louche du côté de Guy Ritchie. En brouillant savamment les pistes temporelles, le réalisateur Kim Yong-hoon réussit à soutenir l’intérêt jusqu’au bout, et pour un premier long métrage,  il fait preuve d’une belle maîtrise de la  mise en scène,  de la photographie et de la direction d’acteurs (tous excellents).  Dommage qu’on ait  l’impression d’avoir déjà vu ça un milliard de fois…

 

 

 

Jumbo

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 Le pitch

Jeanne (Noémie Merlant), une jeune femme timide, travaille comme gardienne de nuit dans un parc d’attraction. Elle vit une relation fusionnelle avec sa mère, l’extravertie Margarette (Emmanuelle Bercot). Alors qu’aucun homme n’arrive à trouver sa place au sein du duo que tout oppose, Jeanne développe d’étranges sentiments envers Jumbo, l’attraction phare du parc...

Ce qu’on en pense 

Noémie Merlant qui, jusqu’ici avait fait des choix de rôles plutôt inspirés pour un début de carrière (Les Drapeaux de papier, Curiosa, Portrait de la jeune fille en feu) fourvoie son talent dans ce  thriller érotico-fantastique de troisième zone où elle doit, la pauvrette, simuler l’amour charnel avec… un manège de foire du trône !  On doit cette idée saugrenue à une réalisatrice belge, Zoe Wittock,  qui a mystifié, on ne sait comment, les sélectionneurs de Sundance et de la Berlinale  (où le film a reçu un accueil poli), mais peine à convaincre le spectateur. La métaphore du manège amoureux avait mieux réussi à Piaf (“Tu me fais tourner la tête/Mon manège à moi c’est toi”). Sans doute ne fallait-il pas essayer de l’illustrer.

 

 

Le Colocataire

Cinéma|

 

Le pitch

Juan (Alfonso Baron) doit vite trouver un colocataire après le départ de son frère. C’est finalement Gabriel (Justo Calabria), son collègue charmant et taciturne, qui emménage. Ce qui débute comme un arrangement innocent se transforme rapidement en attraction naissante, puis en passion…

Ce qu’on en pense

Une idylle masculine argentine, filmée par un adepte de Bergman: c’est long (1h50) , c’est lent, tout passe par les regards et les silences. L’essentiel de l’action a pour cadre un appartement en colocation, avec un immonde canapé à fleurs où Juan et ses amis se retrouvent pour regarder des films à la télé. Heureusement, les acteurs sont plus sexys que le mobilier.  Juan est bisexuel et aspire à mener “une vie normale” (entendre  : avec femme et enfants). Même amoureux de Gabriel, il continue à coucher avec sa copine attitrée pour donner le change aux copains. Gabriel a déjà une petite fille : elle vit chez ses grands parents depuis la mort de sa femme. Juan pourrait se satisfaire d’une double vie, mais pas Gabriel. Tout le monde souffre. Le spectateur aussi. Un film sur la crise du logement et la difficulté de s’assumer homosexuel en Argentine. 

Irrésistible

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Le pitch

Après l’élection de Donald TrumpGary Zimmer (Steve Carrell) qui dirigeait l’équipe de campagne d’Hillary Clinton décide de repartir en quête d’un candidat démocrate aux prochaines présidentielles. Il jette son dévolu sur le colonel Jack Hastings (Chris Cooper), un vétéran qui postule à la mairie de Deerlaken, une commune rurale sinistrée du Wisconsin. Mais ses manœuvres pour en faire le futur leader démocrate  n’échappent pas à Faith Brewster (Rose Byrne) ,  la redoutable consultante du camp d’en face. Les habitants de Deerlaken vont assister éberlués à un combat politique sans merci,  auquel il ne s’attendaient certes pas…

Ce qu’on en pense

Observateur averti de la politique US, depuis son bureau du Daily Show, Jon Stewart signe avec Irresistible une comédie politique au vitriol qui porte bien son titre. On rit beaucoup aux joutes, verbales et autres, de Steve Carrel (en grande forme) et Rose Byrne (la meilleure amie de Marie Antoinette, aussi drôle que dans Nos Pires Voisins). Mais on frémit surtout en songeant aux très réelles dérives du système politico médiatique que dénonce le film,  sous ses dehors de grosse comédie satyrique. Qu’il s’agisse de séries (Westwing, House of Cards, The Loudest Voice...) ou de films comme celui-ci, la politique de leur pays continue décidément à inspirer les scénaristes américains.

Brooklyn Secret

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Le pitch

Olivia (Isabel Sandoval) travaille comme soignante auprès d’Olga (Lynn Cohen), une grand -mère russe ashkénaze de Brighton Beach à Brooklyn. Fragilisée par sa situation d’immigrante philippine, elle paie secrètement un Américain pour organiser un mariage blanc. Alors que celui-ci se rétracte, elle rencontre Alex (Eamon Farren), le petit fils d’Olga, avec qui elle ose enfin vivre une véritable histoire d’amour…

Ce qu’on en pense

Un chouette portrait de femme, en immersion dans le Brooklyn populaire de l’immigration philippine, signé Isabel Sandoval, qui joue aussi le premier rôle. Immigrée clandestine, Olivia a trouvé une place d’aide à domicile auprès d’une grand mère russe atteinte de la maladie d’Alzheimer,  avec laquelle elle a noué une jolie relation de confiance. Son quotidien laborieux va être perturbé par l’arrivée du petit-fils d’Olga, Alex (Eamon Farren, une découverte) qui s’installe chez la vieille dame avec pour mission de seconder Olivia. D’abord inquiète qu’il ne prenne sa place, Olivia va progressivement tomber sous le charme de ce garçon fragile, mais doux et intelligent.  Alors que la répression de l’immigration clandestine fait rage dans le quartier, sous l’impulsion du président Trump, Olivia craint d’être expulsée à tout moment. Ses plans de mariages blancs échouent les uns après les autres.  Alex pourrait-il être la solution à tous ses problèmes ?  Remarquablement dirigé et photographié, Brooklyn Secret aurait eu sa place à Cannes. On ne serait pas étonné d’y retrouver les prochains films d’Isabel Sandoval.

Les Parfums

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Le pitch

Anne Walberg (Emmanuelle Devos) est une célébrité dans le monde du parfum. Elle crée des fragrances et vend son incroyable talent à des sociétés en tout genre. Elle vit en diva, égoïste, au tempérament bien trempé. Guillaume (Gregory Montel) est son nouveau chauffeur et le seul qui n’a pas peur de lui tenir tête. Sans doute la raison pour laquelle elle ne le renvoie pas.

Ce qu’on en pense

Révélé par la série Dix pour cent , Gregory Montel poursuit avec Les Parfums une ascension qui pourrait le mener assez loin au cinéma, tant il rappelle un certain Daniel Auteuil avec lequel il partage des origines provençales. Le premier à l’avoir compris est Gregory Magne, qui lui avait déjà confié en 2012 le premier rôle de son premier film, L’Air de rien, comédie grinçante dans laquelle  le comédien incarnait un huissier de justice fan éperdu de Michel Delpech qui faisait tout pour lui éviter d’être saisi.  Sans doute était-ce trop tôt. Cette fois, Montel se révèle vraiment aux cotés d’Emmanuelle Devos, parfaite  dans un rôle de diva pète sec qui lui va comme un gant. L’agent de Dix pour cent apporte toute la sensibilité, la simplicité et l’humanité dont il est capable pour ramener sur Terre et nous faire aimer le personnage flamboyant de sa partenaire. Joliment filmée,  cette comédie romantique (et sociale) inscrite dans l’univers original de la fabrication des parfums (avec visite d’un laboratoire de Grasse), constitue la meilleure incitation à retourner au cinéma.