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Jojo Rabbit

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Le pitch

En 1944, dans un village d’Allemagne, Jojo (Roman Griffin Davis) est un petit garçon d’une dizaine d’années, doux et timide, qui aime par-dessus tout Hitler et les croix gammées. Recalé aux Jeunesses Hitlériennes, il rend de menus services à la Kommandantur locale avec son ami aussi grotesque qu’imaginaire, Adolf Hitler (Taika Waititi). Ses idéaux national-socialistes sont mis à rude épreuve quand il découvre que sa mère adorée (Scarlett Johansson) cache une jeune fille juive (Thomasin McKenzie) dans leur grenier. S’il ne veut pas que sa mère soit arrêtée, Jojo va devoir sérieusement réviser sa vision du monde…

Ce qu’on en pense

Il faut quand même être sacrément culotté (ou Néo-Zélandais ?) pour se lancer dans l’aventure d’un film dont le héros est un mini-nazi adorateur d’Hitler ! Taika Waititi, dont le travail sur Thor : Ragnarok ne préparait pas vraiment à pareille audace, est même allé jusqu’à se caster lui-même dans le rôle d’Adolf, l’ami imaginaire à petite moustache de Jojo. Un pantin grimaçant, gesticulant et burlesque, qui rappelle celui campé par Chaplin dans Le Dictateur. Malgré tout, il faut bien dire qu’au début du film, on se demande un peu ce qu’on est en train de regarder.Un film de propagande pour les jeunesses hitlériennes signé par un émule de Wes Anderson ? Heureusement, le côté farcesque de l’affaire l’emporte rapidement : le soi-disant affreux Jojo blondinet admirateur d’Hitler se révèle en fait être un bien gentil garçon, doux et naïf. Mais comment résister au lavage de cerveau quand on n’a que dix ans et qu’on a été biberonné depuis son plus jeune âge à la propagande nazie ? C’est avec l’aide d’une jeune juive, cachée dans son grenier par une mère résistante que Jojo révisera ses positions et finira par regarder le monde par un prisme plus humaniste, tandis qu’autour de lui le monde qu’il a connu s’effondrera avec l’arrivée des forces alliées dans le village… Drôle, émouvant, poétique et néanmoins engagé dans la dénonciation du nationalisme et de l’endoctrinement des masses, le film de Taika Waititi séduit par son originalité, son irrévérence et sa mise en scène hyperstylisée (à la Wes Anderson, on l’a dit). Mais aussi par la qualité de ses interprètes. Les deux jeunes héros, Roman Griffin Davis et Thomasin McKenzie, sont tout simplement formidables. Sam Rockwell est aussi excellent en officier allemand alcoolo, désabusé mais protecteur. Et on regrette que le personnage de la mère, jouée par Scarlett Johansson ne soit pas plus présent. Une reconstitution d’époque trés stylisée et une BO pop du meilleur goût (Tom Waits, Bowie, les Beatles en allemand… ) complètent la réussite du film,. Jojo Rabbit est la bonne surprise ciné de ce début d’année, bien placé pour les Oscars . Ne lui posez pas de lapin !

Le Lion

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Le pitch

Pour l’aider à retrouver sa fiancée disparue, Romain (Philippe Katerine), médecin en hôpital psychiatrique n’a d’autre choix que de faire évader l’un de ses patients Léo Milan (Dany Boon), qui prétend être un agent secret… Mais Romain n’est pas tout à fait sûr d’avoir fait le bon choix, Léo dit « le Lion » est-il vraiment un agent secret ou simplement un gros mytho ?

Ce qu’on en pense

Les comédies d’action n’étant pas exactement le genre dans lequel les réalisateurs français sont le plus à l’aise, on n’attendait pas grand-chose de ce film, confié au chef opérateur Ludovic Colbeau-Justin, dont c’est la première réalisation en solo. La surprise n’en est que meilleure. Sans être la comédie de l’année (qui ne fait d’ailleurs que commencer), Le Lion s’avère étonnamment drôle, rythmé et distrayant. Une grande partie du mérite en revient à Philippe Katerine, une fois de plus épatant en psychiatre embringué à l’insu de son plein gré dans un vrai film d’espionnage. Son duo avec Dany Boon fonctionne particulièrement bien. Il faut dire qu’en faux James Bond (et vrai cinglé), Boon semble avoir mangé du… Lion ! Les dialogues sont savoureux, les situations souvent inattendues et cocasses et l’incertitude est maintenue jusqu’au bout sur l’identité réelle du personnage de Leo Milan. Pas de quoi rugir de plaisir, mais presque.

Les Traducteurs

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Le pitch

Isolés dans une luxueuse demeure sans aucun contact possible avec l’extérieur, neuf traducteurs sont rassemblés pour traduire le dernier tome d’un des plus grands succès de la littérature mondiale. Mais lorsque les dix premières pages du roman sont publiées sur internet et qu’un pirate menace de dévoiler la suite si on ne lui verse pas une rançon colossale, une question devient obsédante : d’où vient la fuite ?

Ce qu’on en pense

Décidément obsédé par l’écriture, Régis Roinsard, qui s’était illustré en 2012 avec Populaire (marque de machine à écrire des années 50) met en scène ce classique whodunit (qui l’a fait ?) à la Agatha Christie, qui se transforme, au final, en film d’arnaque. L’enveloppe est clinquante, mais l’intrigue est trop peu crédible pour captiver. Lambert Wilson fait ce qu’il peut pour rendre son personnage de méchant éditeur avide un peu effrayant, mais ses gesticulations et ses grimaces font plutôt sourire. Le makin of de l’arnaque est tellement gros qu’on devine assez rapidement qui en est l’instigateur. Bref, pas grand-chose à sauver dans cette coproduction européenne à visées purement commerciales.Mieux vaut aller (re) voir A Couteaux tirés tant qu’il est encore à l’affiche.

Mission Yéti

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 Le pitch

Québec, 1956. Les destins de Nelly Maloye, détective privée débutante et Simon Picard, assistant de recherche en sciences, se croisent accidentellement. Soutenus par un mécène ambitieux, Maloye, intuitive et chaotique, et Picard, méthodique et obsessionnel, se lancent dans une aventure visant a prouver l’existence du Yéti. Pour y arriver, Simon compte sur le journal d’un explorateur pour les mener au repaire de la créature mythique. Accompagnés de Tensing, un jeune guide Sherpa, et de Jasmin, un mainate bavard, ils sont confrontés à de nombreux dangers au cœur de l’Himalaya.

Ce qu’on en pense

Un scénario à la Indiana Jones pour un petit film d’animation Québécois rythmé et divertissant. On suit avec amusement les aventures de ce couple, mal assorti mais attachant, d’explorateurs lancés sur les traces du fameux Yéti dans l’Himalaya. L’accent canadien des comédiens de doublage et le graphisme coloré ajoutent au charme de l’histoire. On peut y accompagner les enfants (à partir de 6 ans) sans crainte de s’ennuyer. 

 

 

 

L’Esprit de famille

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Le pitch

Alexandre (Guillaume de Tonquedec) s’embrouille une nouvelle fois avec son père Jacques (François Berleand). A priori, il ne devrait pas, car ce dernier vient de décéder, mais Jacques, ou plutôt son esprit, est bien là, à râler à ses côtés. Et comme Alexandre est le seul à le voir et donc à lui parler, sa mère, sa femme et son frère commencent à s’inquiéter de son étrange comportement

Ce qu’on en pense 

Une gentille comédie sur le deuil, signée Eric Besnard (Mes Héros, le Goût des merveilles),  qui peine à trouver son rythme, malgré un casting solide (François Berleand, Josiane Balasko, Isabelle Carré, Guillaume de Tonquedec…). Le coup du fantôme qui joue les directeurs de conscience, on nous l’a déjà beaucoup fait…

Revenir

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Le pitch

C’est la ferme où Thomas est né. C’est sa famille. Son frère, qui ne reviendra plus, sa mère, qui est en train de l’imiter, et son père, avec qui rien n’a jamais été possible. Il retrouve tout ce que qu’il a fui il y a 12 ans. Mais aujourd’hui il y a Alex, son neveu de six ans, et Mona, sa mère incandescente…

Ce qu’on en pense

Très attendu le premier long métrage de Jessica Palud, assistante de Philippe Lioret avec lequel elle a co-écrit cette adaptation du roman de Serge Joncour, L’Amour sans le faire, ne déçoit pas. Revenir est un petit (1h17) film naturaliste sensible et solaire dont l’approche sensorielle est encore rehaussée par les superbes paysages de la Drôme provençale. Niels Schneider et Adèle Exarchopoulos forme un couple de cinéma très convaincant.

La Voie de la justice

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Le Pitch

Le combat historique du jeune avocat Bryan Stevenson.  Après ses études à l’université de Harvard, Bryan Stevenson aurait pu se lancer dans une carrière des plus lucratives. Il décide pourtant de se rendre en Alabama pour défendre ceux qui ont été condamnés à tort, avec le soutien d’une militante locale, Eva Ansley. Un de ses premiers cas – le plus incendiaire – est celui de Walter McMillian qui, en 1987, est condamné à mort pour le meurtre retentissant d’une jeune fille de 18 ans. Et ce en dépit d’un grand nombre de preuves attestant de son innocence et d’un unique témoignage à son encontre provenant d’un criminel aux motivations douteuses. Au fil des années, Bryan se retrouve empêtré dans un imbroglio de manœuvres juridiques et politiques. Il doit aussi faire face à un racisme manifeste et intransigeant alors qu’il se bat pour Walter et d’autres comme lui au sein d’un système hostile.

Ce qu’on en pense

Un biopic américain extrêmement prévisible, adapté des mémoires de l’avocat anti-raciste Bryan Stevenson. Le seul véritable intérêt du film, en dehors de l’aspect factuel et du contenu politique toujours actuel,  réside dans la confrontation  entre l’acteur de Creed , Michael B Jordan et celui de Black Panther, Jamie Foxx qui jouent les deux principaux protagonistes, Bryan Stevenson et Walter McMillian.

 

 

 

Système K

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Le pitch

“Système K.” comme Kinshasa. Au milieu de l’indescriptible chaos social et politique, une scène contemporaine bouillonnante crée à partir de rien, crie sa colère et rêve de reconnaissance. Malgré le harcèlement  des autorités et les difficultés personnelles des artistes, le mouvement envahit la rue et plus rien ne l’arrêtera…

Ce qu’on en pense

Le photographe et documentariste français Renaud Barret a réalisé plusieurs films sur Kinshasa, capitale du  Congo où il vit depuis 2003. Il produit également des musiciens congolais sur le label qu’il a fondé là-bas (La Belle Kinoise Prod). De la musique à l’art de rue, il n’y avait qu’un pas. Le réalisateur a filmé pendant cinq ans cette scène bouillonnante de la capitale congolaise. Le film  est comme une déambulation circulaire dans les bidonvilles de Kinshasa transformés en scène artistique à ciel ouvert,  où les artistes de rues les plus déjantés viennent faire des performances hallucinantes, pour dénoncer l’oppression et la misère. Rythmé par une BO génialeSystème K est aussi un manifeste politique,  en soutien à ces artistes que le régime en place voudrait faire taire. Renaud Barret viendra présenter son film au cinéma de Beaulieu le vendredi 31 janvier avec un apéro mix à partir de 19h00 avant la projection de 21h00.

Qu’un sang impur…

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Le Pitch

En pleine guerre d’Algérie, le colonel Paul Andreas Breitner (Johan Heldenberg), ancien d’Indochine, est envoyé dans les Aurès à la recherche de son ancien officier supérieur : le colonel Simon Delignières (Olivier Gourmet), porté disparu dans une zone contrôlée par les fellagas. Pour cette mission périlleuse et non officielle, il forme un commando composé de deux repris de justice (Pierre Lottin et Steve Tientcheu), d’une poseuse de bombes algérienne (Lyna Khoudri) et de son aide de camp vietnamienne (Linh Dan Pham)…    

Ce qu’on en pense

Scénariste d’Un Prophète, de Mesrine et de la série Braquo (entre autres), Abdel Raouf Dafri passe à la réalisation avec ce premier long sur la guerre d’Algérie qui risque de faire grincer quelques dents. Sur une trame scénaristique empruntée à Apocalypse Now et aux Douze salopards, Dafri, adepte d’un cinéma « viril » et au premier degré, signe un film de guerre dans lequel la violence barbare et la torture sont montrées frontalement. Les deux camps sont, certes, renvoyés dos à dos ce qui est de leur utilisation, mais cela donne du conflit une image de « guerre sale » très politiquement incorrecte. La réalisation et la direction d’acteurs sont parfois hésitantes voire maladroites. Mais le côté « série B de guerre à l’ancienne » ne manque pas de charme, ni de panache, avec des seconds rôles très réussis, comme ceux de Steve Tientcheu (Le « maire » des Misérables) et de Pierre Lottin, particulièrement convaincant débarrassé des oripeaux de Wilfried Tuche.

Le Photographe

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Le Pitch

Sur la place de Bombay où il travaille comme photographe de rue, Raphi (Nawazuddin Siddiqui), fait la rencontre d’une muse improbable, Miloni (Sanya Malhotra), jeune femme issue de la classe moyenne de Bombay. Quand Dadi (Farrukh Jaffar), la grand-mère du garçon débarque, en pressant son petit-fils de se marier, Miloni accepte de se faire passer pour la petite amie de Rafi…

 

Ce qu’on en pense

Après deux films « américains » oubliables (Nos âmes la nuit avec Robert Redford et A l’heure des souvenirs avec Charlotte Rampling), le réalisateur de The Lunchbox, Ritesh Batra, est revenu filmer en Inde cette nouvelle romance entre deux jeunes gens issus de classes sociales différentes. Bien que lumineux et plein de tendresse, son film prend le contre-pied des productions Bollywoodiennes sur le même sujet, en restant parfaitement lucide et réaliste sur l’avenir de ce type de relations, dans un pays où il est encore impensable de se marier en dehors de sa caste. On y croit pourtant en voyant la douce Miloni (émouvante Sanya Malhotra) partager avec bonheur pendant quelques semaines le pauvre quotidien de Raphi (Nawazuddin Siddiqui) et de sa malicieuse grand-mère (Farrukh Jaffar) en cachant ses origines bourgeoises.On croit aussi à l’ambition de Raphi et à sa volonté de s’élever dans la société pour pouvoir l’épouser. Mais comme le suggère le dernier plan, qui tombe comme un couperet, les happy ends n’existent qu’au cinéma.

 

Scandale

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Le Pitch

À Fox News, le puissant network de Rupert Murdoch (Malcolm McDowell), les présentatrices et les journalistes sont embauchées sur des critères esthétiques et cornaquées par le redoutable patron de la chaîne Roger Ailes (John Lithgow).Même les stars comme Megyn Kelly (Charlize Theron) ou Gretchen Carlson (Nicole Kidman), doivent subir ses avances.Pour les débutantes comme Kayla Pospisil (Margot Robbie), cela va même jusqu’au harcèlement et au chantage. Jusqu’à ce que le scandale éclate…

Ce qu’on en pense

Coproduit par Charlize Theron et curieusement confié à Jay Roach,  réalisateur de comédies potaches (Austin Powers , Mon Beau-père et moi ),  Scandale est un pur produit hollywoodien dans la mouvance #MeToo, avec casting de stars tellement siliconées, maquillées et perruquées qu’elles sont à peine reconnaissables. Entamé comme une dénonciation du pouvoir de Fox News et de ses connivences avec Donald Trump, le film évolue en portrait thuriféraire de la journaliste-vedette Megyn Kelly (Charlize Theron), pour finir en procès du patron emblématique de la chaîne Roger Ailes (l’excellent John Lithgow), accusé de harcèlement sexuel et limogé par Rupert Murdoch (avec 40 millions de dollars d’indemnités)…  Pas inintéressant,  mais brouillon et racoleur.

Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part

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Le Pitch

Dans la belle maison familiale, à la fin de l’été, Aurore (Aurore Clément) fête ses 70 ans, entourée de ses 4 enfants, tous venus pour l’occasion. Il y a là Jean-Pierre (Jean-Paul Rouve), l’aîné, qui a endossé le rôle de chef de famille après la mort de son père ; Juliette (Alice Taglioni), enceinte de son premier enfant à 40 ans et qui rêve encore de devenir écrivain ; Margaux (Camille Rowe), l’artiste radicale de la famille, et Mathieu (Benjamin Lavernhe), 30 ans, angoissé de séduire la jolie Nathalie (Sarah Adler). L’un d’eux va prendre une décision qui changera leur vie… 

Ce qu’on en pense

C’est l’histoire d’un homme qui a, apparemment, tout pour être heureux : un bon job (dans le champagne), une femme aimante, une adorable petite fille et une grande et belle famille (avec Aurore Clément comme maman, ce qui ne gâche rien). Il suffira pourtant d’un coup de fil pour que la façade de réussite et de bonheur qu’il s’était construite s’effondre et qu’apparaissent les failles d’un homme qui avait d’autres rêves. Cet homme, c’est Jean-Paul Rouve. Trés loin de Jeff Tuche, l’ex-Robin des bois est particulièrement juste et émouvant dans cette adaptation de nouvelles d’Anna Gavalda. Ce  rôle pourrait même lui valoir un César : «Jean-Pierre a plutôt bien réussi et semble aimer son métier. Mais sous ses allures de bon père de famille, de mari, de frère et de fils attentionnés, on sent que quelque chose cloche chez lui, que sa vie ne l’épanouit pas, qu’il fait semblant. C’est cette fêlure qui m’a touché, nous confiait l’acteur lors de sa venue à Nice pour le festival CinéRoman, où le film était présenté en avant-première. Moi qui ne viens pas d’un milieu artistique, je me suis souvent demandé comment j’aurais vécu si je n’avais pas réussi à devenir acteur…». Arnaud Viard (Clara et Moi, Arnaud fait son deuxième film),  qui signe l’adaptation, a composé avec les douze nouvelles du bouquin une histoire unique «Comme une chanson en 4 couplets et un refrain» : «Je suis parti de la nouvelle «Clic Clac», qui raconte l’histoire de deux sœurs et d’un frère qui a du mal à couper le cordon avec ses sœurs, raconte le réalisateur. J’ai ajouté à cette fratrie, le Jean-Pierre de la nouvelle « Le fait du jour » et j’ai créé le personnage de la mère, qui n’existe pas dans les nouvelles de Gavalda, mais qui me semblait essentiel pour raconter l’histoire de cette famille» . Assumant pleinement le côté mélo de l’histoire, la réalisation d’Arnaud Viard se démarque de l’esthétique du téléfilm par une image particulièrement soignée et lumineuse.Mais on reste dans le film choral à la française,  dont les histoires finissent par toutes se ressembler. Avec Catherine Deneuve à la place d’Aurore Clément, le récent Fête de famille de Cédric Kahn utilisait à peu près les mêmes arguments.     

 

Adoration

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Le Pitch

Paul, un jeune garçon solitaire, rencontre Gloria, la nouvelle patiente de la clinique psychiatrique où travaille sa mère. Tombé amoureux fou de cette adolescente trouble et solaire, Paul va s’enfuir avec elle, loin du monde des adultes…

Ce qu’on en pense

Adoration clôture ce que Fabrice du Welz appelle sa “trilogie des Ardennes”, centrée sur le thème de l’amour fou, de l’amour monstre et qui dissèque différentes formes de pathologie. CalvaireAlléluia et Adoration, trois titres aux références christiques en réminiscence de son éducation chez les Jésuites encore sensible dans son cinéma. Avec ce troisième  film, qui s’ouvre sur une citation de Boileau-Narcejac, le  réalisateur Belge  renoue avec un certain réalisme poétique français des années cinquante, incarné par Cocteau, Franju, Carné ou Duvivier. Cela explique le maniérisme de la mise en scène mais ne rend pas le film plus intéressant pour autant : on s’y ennuie à mourir ! Benoit Poelvoorde n’est là que pour jouer les utilités et seul le bel engagement des deux jeunes acteurs, Thomas Gioria et Fantine Harduin, empêche de lâcher l’affaire. Vous l’aurez compris, on n’a pas adoré.

Bad Boys For Life

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Le pitch

Les Bad Boys Mike Lowrey et Marcus Burnett se retrouvent pour résoudre une ultime affaire…

Ce qu’on en pense 

Après un léger passage à vide, Will Smith a de nouveau le vent en poupe. Il retrouve son vieux compère Martin Lawrence , 17 ans après leur dernière enquête,  sans Michael Bay aux manettes cette fois. Les belges Adil & Billal prennent  efficacement la relève à la réalisation,  en conservant pieusement les codes de la saga ( Miami,  couleurs saturées, mélange d’humour et d’action) et en y ajoutant une bonne dose de second degré. Moins clippesque que les deux premiers opus,  le résultat n’en est pas moins regardable. La réalisation musclée et un scénario malin, ponctué de surprises,  permettent à ce blockbuster fun et frais de faire le pont entre deux époques, en assurant sa fonction de pur divertissement.

 

 

L’Affaire Marvin

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C’est l’histoire d’un chat persan chinchilla, Marvin, qui, parce qu’il n’aime pas ses nouvelles croquettes, fugue de son domicile et déclenche, en cascade : la faillite du fabricant, le suicide de son maître et l’effondrement des bourses mondiales.Une histoire pleine de bruit et de fureur, qui met en cause Internet, les réseaux sociaux et le système économique mondial. On la doit à l’imagination fertile de Lewis Eizykman, jeune réalisateur d’origine normande, dont c’est le premier long métrage. Un vrai-faux documentaire parodique, dans lequel tout est inventé mais tout à l’air incroyablement vrai, grâce à de savants montages d’images d’actualité et d’interviews d’experts et de personnalités comme Edouard Baer, Stéphane Bern, Guillaume Canet, Karl Zero, Dani ou Mickael Youn. Installé à Nice depuis peu, Lewis Eizykman nous en a raconté la genèse…

Comment est née l’idée du film ?

De ma fascination pour les chats et de l’envie de parler d’internet, des réseaux sociaux et de la fragilité de nos systèmes économiques.Je venais de passer 5 ans à préparer un film qui ne s’est finalement pas fait.J’ai pensé que ce serait facile à faire et peu coûteux.Effectivement, ça n’a pas coûté cher à fabriquer – un peu plus de 20000,00 euros alors qu’il en aurait fallu 400000- par contre, on a mis trois ans à le tourner et à réaliser tous les effets numériques nécessaires pour que ça ait l’air vrai.

Comment avez-vous convaincu autant de personnalités à participer au film ?

En allant les voir là où ils travaillaient, à la télé ou à la radio essentiellement, et en leur racontant ce qu’on voulait faire. Ils ont accepté gentiment parce que ça ne prenait que quelques minutes de leur temps de les filmer en vidéo légère.J’imagine que la plupart ont complètement oublié de quoi il s’agissait et vont découvrir avec surprise qu’ils sont dans le film.

Pourquoi avoir choisi de faire un film de cinéma alors que vous auriez pu vous contenter de le diffuser sur Internet ?

Parce que je suis un passionné de cinéma et que j’espérais que les gens pourraient le voir en salles. Ce sera effectivement le cas à partir de mercredi.Mais surtout, ça nous a permis de faire le tour de France et d’Europe pour le présenter en festivals et en avant-premières. C’est génial d’avoir les réactions du public en direct. Après, on espère quand même qu’il intéressera une chaîne de télévision ou une plateforme de streaming…

Qui est Marvin ?

En vrai, il s’appelle Platinum Silver, il appartient à une éleveuse du Finistère et c’est déjà une star.Il est plusieurs fois champion du monde et a tourné dans des pubs.Son professionnalisme a impressionné tout le monde sur le set et je ne dis pas ça pour plaisanter.

Peut-on imaginer une suite à ses aventures ?

Non, je suis sur d’autres projets de films et de documentaires.C’est beaucoup trop de boulot pour une autoproduction, on ne se rend pas compte de la somme de travail que ça représente. Mais je suis heureux et fier de pouvoir montrer le film au public et qu’il n’ait pas l’air bricolé.