Cinéma

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Anna

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Le pitch

Les Matriochka sont des poupées russes qui s’emboîtent les unes dans les autres. Chaque poupée en cache une autre. Anna (Sasha Luss) est une jolie femme de 24 ans, mais qui est-elle vraiment et combien de femmes se cachent en elle ? Est-ce une simple vendeuse de poupées sur le marché de Moscou ? Un top model qui défile à Paris ? Une tueuse qui ensanglante Milan ? Un flic corrompu ? Un agent double ? Ou tout simplement une redoutable joueuse d’échecs ? Il faudra attendre la fin de la partie pour savoir qui est vraiment Anna et qui est “échec et mat”.

Ce qu’on en pense

Acculé à produire un succès vite fait, après l’échec commercial cruel de Valerian, Luc Besson nous refait le coup de Nikita. En version russe ! Anna, incarnée par l’atomique blonde Sasha Luss (rien que ce nom, déjà…),  est tirée de la défonce par le KGB, qui en fait une machine à tuer. Son instructeur (Luke Evans) a de faux airs de Tchéky Karyo. Sa patronne, Olga la boiteuse (Helen Mirren), s’est fait le look  de la couturière des Indestructibles (Edna Mode). Elle-même est un mix physique d’Anne Parillaud (Nikita) et de Milla Jovovich (Le 5e Élément). Bref, on est en terrain familier. Comme couverture, Anna joue les top modèles internationaux. Ça tombe bien : c’est le vrai métier de Sasha Luss (et ça se voit). A Paris, elle est accueillie par Alison Wheeler,  qui en fait des tonnes dans le rôle de la directrice de casting hystérique (pléonasme ?). Anna s’en fiche : elle est là pour flinguer tout le monde. Ce à quoi elle s’emploie avec une belle énergie. Un officier de la CIA (Cillian Murphy) déjoue sa couverture : elle en tombe amoureuse et devient agent double. Ou triple ? On ne sait plus. Car non content de filmer les gunfights, les poursuites et les crashes de voitures, comme s’il avait un TGV à prendre, Besson triture la chronologie (“3 mois avant”, “6 mois plus tard”, “2 mois après”…) et empile les capitales : Paris, Milan, Moscou…  On s’y perd ! C’est le but car, comme d’habitude, le scénario a été écrit sur un demi ticket de métroMalgré tout, croyez-le ou non, on s’est bien amusé. Beaucoup plus qu’à Spider-Man : Far From Home, par exemple. Anna est le film d’action bourrin de l’été qu’on attendait. Et comme c’est du «Made in France »,  on peut s’y vautrer en toute bonne conscience. Cela sauvera même peut-être quelques emplois chez Europa Corp… 

Vita & Virginia

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Le pitch

Virginia Woolf (Elisabeth Debicki) et Vita Sackville-West (Gemma Arterton) se rencontrent en 1922. La première est une femme de lettres révolutionnaire, la deuxième une aristocrate mondaine. Quand leurs chemins se croisent, l’irrésistible Vita jette son dévolu sur la brillante et fragile Virginia. Commence une relation passionnelle qui fait fi des conventions sociales et de leurs mariages respectifs. La fascination que Virginia ressent pour Vita, l’abîme entre sa vie d’artiste et le faste de l’excentrique aristocrate donneront naissance à « Orlando », une de ses œuvres maîtresses, bouleversante réflexion sur le genre et sur l’art…

Ce qu’on en pense

Un « film en costumes » à l’anglaise, dans toute sa splendeur empesée, avec un casting parfait, des costumes somptueux, des décors aristocratiques et des dialogues ampoulés. Malgré tout, on se régale de voir la pulpeuse Gemma Atterton (qui coproduit le film à son avantage) jouer au chat et à la souris avec la fragile et évanescente Elisabeth Debicki dans le rôle de l’écrivain Virginia Woolf. Entre biopic féministe, comédie de mœurs, drame romantique et réflexion sur la création littéraire, l’anglaise Chanya Button coche studieusement toutes les cases du cahier des charges. Sans craindre de charger la barque mais la menant à bon port.

L’Ospite

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Le pitch

À Rome, Guido (Daniele Parisi), presque quarante ans, voit sa paisible vie chamboulée quand sa petite amie Chiara (Silvia D’Amico) remet brutalement en question leur couple. Il se retrouve alors contraint de squatter chez ses parents et amis. D’un canapé à l’autre, il s’invite malgré lui dans l’intimité de ses proches et prend conscience de la complexité des relations amoureuses

Notre avis

Comme la première phrase d’un roman, la première scène d’une comédie donne souvent le ton. Et on n’est pas près d’oublier celle de L’Ospite ! On y  voit un garçon (Daniele Parisi) fourrager maladroitement dans le vagin de sa fiancée (Silvia D’Amico) pour récupérer le préservatif qui s’y est inopinément perdu alors qu’ils faisaient l’amour. S’ensuit une discussion animée sur la possibilité que l’incident entraîne une grossesse. Normalement, dans cette situation, l’homme  cherche à se défiler et sa compagne saisit l’occasion de lui reprocher vertement sa lâcheté. Ici, c’est le contraire… On vous laisse découvrir pourquoi le malheureux Guido va quand même se retrouver à squatter le canapé de ses plus proches amis et devenir « l’ospite » (l’invité). Ce sera pour lui l’occasion de découvrir l’envers du décor de ces couples qu’il pensait idéaux (ou non). Et pour le réalisateur, de faire un point sur le couple occidental dans un contexte économique morose, en évitant les lourdeurs et les clichés. Son film est drôle, émouvant… Et un peu déprimant aussi, il faut bien l’avouer. C’est la vie !

Inna de Yard

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Le pitch

Sur les hauteurs verdoyantes de Kingston, des légendes du Reggae se retrouvent pour enregistrer un disque. Inna de Yard raconte l’aventure humaine de ces chanteurs qui, en plus d’incarner un genre musical mythique et universel, font vibrer l’âme de la Jamaïque…

Ce qu’on en pense

Apprenant qu’une vingtaine de ses idoles jamaïcaines allaient se réunir pour enregistrer un nouvel album sous le nom collectif de Inna de Yard, l’Anglais Peter Webber (Men Only, Hannibal Lecter, The Medusa), fan absolu de reggae, a pris sa caméra, a sauté dans un avion et a filmé leurs retrouvailles et les séances d’enregistrement, sur la terrasse d’une « mansion on the hill » de Kingston. Avec le vent et les insectes en guest stars  et assez de ganja pour assurer un haut niveau d’inspiration. Makin of de l’album sorti en avril, son film, qui a été présenté en avant-première mondiale au Midem, est au reggae ce que Buena Vista Social Club a été à la musique cubaine : un document testamentaire, une formidable galerie de portraits de musiciens et une preuve de la grande vitalité du genre musical dont il capture l’essence à la source.

Face à la nuit

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Le pitch

Trois nuits de la vie d’un homme. Trois nuits à traverser un monde interlope, qui ont fait basculer son existence ordinaire. Il est sur le point de commettre l’irréparable. Mais son passé va le rattraper…

Ce qu’on en pense

Après un coup de mou au début de la décennie, le cinéma asiatique revient en force. Dans le sillage des Bong Joon-ho (Parasite), Wang Xiaoshuai (So Long, My Son),  Sang Ho Yeon (Dernier Train pour Busan), Dong Yue (Une pluie sans fin)  et  Diao Yinan (Black Coal, Le Lac aux oies sauvages),  voici un prometteur nouveau venu  : Wi Ding-ho. Face à la nuit, son premier film à sortir en France,  a décroché d’emblée le Grand Prix du festival policier de Beaune. Une distinction méritée pour ce polar psychologique qui aurait pu être en sélection officielle à Cannes. Il  raconte à l’envers, façon Irreversible, 40 années de la vie d’un homme, résumées à 3 nuits marquantes… la première étant située dans le futur !  Superbe réalisation, photo magnifique, direction d’acteurs impeccable, ambiance plombée… Si on a un peu de mal à rentrer dans la première partie (malgré une première scène choc, ne ratez pas le début de la séance !),  la dernière nous cueille par sa puissance dramatique et permet de réévaluer les deux autres.

Les Enfants de la mer

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Le Pitch

Ruka, jeune lycéenne, vit avec sa mère. Elle se consacre à sa passion, le handball. Hélas, elle se fait injustement exclure de son équipe le premier jour des vacances. Furieuse, elle décide de rendre visite à son père à l’aquarium où il travaille. Elle y rencontre Umi, qui semble avoir le don de communiquer avec les animaux marins. Ruka est fascinée. Un soir, des événements surnaturels se produisent.

Ce qu’on en pense

Adapté de la série manga éponyme de Daisuke Igarashi primée au Japon, Les Enfants de la mer en adopte la philosophie New Age, insistant lourdement sur  les interactions spirituelles et mystiques entre différentes formes de vie et leur connexion à l’échelle de l’univers. La BO planante de Joe Hisaishi, compositeur attitré du studio Ghibli, renforce l’impression d’avoir fumé la moquette.

Yesterday

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Le Pitch

En dépit des encouragements d’Ellie (Lily James), sa meilleure amie  qui n’a jamais cessé de croire en lui, Jack Malik (Himesh Patel), auteur-compositeur interprète sans talent, voit ses rêves de succès sombrer dans la mer qui borde le petit village où il habite en Angleterre. Après avoir percuté un bus à vélo lors d’une panne d’électricité géante, Jack se réveille dans un monde où les Beatles n’ont jamais existé… Cela  va le mettre face à un sérieux cas de conscience : s’attribuer leurs chansons ou pas ?

Ce qu’on en pense

En attendant l’inévitable biopic des Beatles, Yesterday s’empare du mythe d’une manière originale : et si vous vous réveilliez un jour dans un monde sans Beatles ? Ne seriez-vous pas tenté de recréer les chansons qui trottent forcément dans votre tête (Yesterday, Hey Jude, Help, Penny Lane, All You Need is Love et tant d’autres) ? L’idée n’est pas nouvelle. Fabrice Lucchini l’exploitait à merveille avec Johnny Hallyday, dans Jean Philippe. À bien des égards, Yesterday ressemble à la version anglaise du film de Laurent Tuel. En bon « monsieur plus » du cinéma britannique, Danny Boyle (Transpotting, 127 heures, Slumdog Millionaire…) y ajoute quelques trouvailles de son cru. Comme une panne électrique mondiale, censée expliquer l’effacement des Beatles (et de quelques autres célébrités qu’on vous laisse découvrir) de la mémoire collective de l’humanité, un mentor en la personne d’ Ed Sheeran qui prend le héros sous son aile et une romance tout à fait dispensable. La comédie fonctionne plutôt bien par contre et on passe un moment agréable. Mais si on a vu Jean Philippe, on ne peut s’empêcher de faire la comparaison. Et c’est au détriment du film de Danny Boyle, dont on pouvait espérer mieux que cette petite comédie fantastique, réalisée à la va-vite et au casting vraiment pas terrible. On retient quand même une critique un peu acerbe de l’industrie musicale et une interrogation pertinente sur les mécanismes du succès. Les chansons des Beatles,  chantées de nos jours par un loser replet au physique ingrat,  susciteraient-elles le même engouement que par John, Paul, George et Ringo dans les années 60 ? Tout à la gloire des Beatles – intouchable trésor national britannique- le film n’ose pas s’aventurer trop loin dans cette voie. Dommage…

Rojo

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Le Pitch

Argentine, 1975. Claudio (Dario Grandinetti), avocat réputé et notable local, mène une existence confortable, acceptant de fermer les yeux sur les pratiques du régime en place. Lors d’un dîner au restaurant, il est violemment pris à partie par un inconnu et l’altercation vire au drame. Claudio fait en sorte d’étouffer l’affaire, sans se douter que cet incident va l’entraîner dans une spirale sans fin de violence et de paranoia… 

Ce qu’on en pense

Troisième long-métrage d’un réalisateur argentin de 33 ans passé par la Fresnoy, Benjamin Naishtat (El Juego, Histoire de la peur), Rojo est clairement un film politique déguisé en polar surréaliste. Située dans les derniers jours de la jeune démocratie argentine, avant le coup d’État de la junte militaire, l’histoire de cet avocat meurtrier (incarné par l’excellent Dario Grandinetti, vu dans Julieta et Les Nouveaux sauvages) croise celle du pays, avec des disparitions mystérieuses et une violence diffuse,  qui préfigurent les crimes de la dictature. Sur la forme, le film baigne dans des couleurs très seventies et son atmosphère étrange fait songer aux derniers Bunuel ou aux films de Quentin Dupieux. Comme ce dernier, Naishtat maîtrise l’art du burlesque inquiétant et du coq à l’âne surréaliste.Gros coup de cœur de la semaine ! 

 

 

 

Pauvre Georges !

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Le pitch

En rentrant du collège où il enseigne le Français à Montréal, Georges (Gregory Gadebois) surprend Zack (Noah Parker), un adolescent déscolarisé, en train de fouiller la maison où il vit avec sa femme, Emma (Mylène Mackay). Au lieu de le dénoncer à la police, Georges voit en ce gosse un nouveau projet de vie et se met en tête de refaire son éducation. Cette décision prise contre l’avis de tous, va provoquer des réactions incontrôlées et faire exploser tous les liens qui unissaient les uns aux autres parents, amis, collègues, et voisins de cette banlieue résidentielle isolée…     

Ce qu’on en pense 

C’est elle qu’on avait perdue de vue ! 16 ans après Les Marins perdus, la québécoise Claire Devers, découverte à Cannes avec Noir et Blanc (1986) et Chimère (1989), se rappelle enfin à notre bon souvenir avec cette comédie dramatique, en forme de thriller psychologique, qui met en scène un enseignant expatrié aux motivations troubles (Gregory Gadebois, excellent), un ado inquiétant (Noah Parker, très juste) et toute une galerie de personnages névrosés et fatigués (Stéphane de Groodt, Pascale Arbillot, Monia Choukri… Tous très bons). Une sorte de Théorème québécois, un peu bavard comme il se doit (puisque québécois) mais intrigant et captivant, malgré une fin décevante. 

 

 

 

Haut les filles

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Le pitch

En France, la révolution rock se joue au féminin pluriel. Face aux clichés virils du rap et du rock, les femmes iconoclastes réinventent le corps, le désir, l’apparence, à rebours de tous les codes sur la beauté, le vêtement, la décence, le genre. Pourquoi et comment en est-on arrivé là ? Le rock usé, pour renaître, avait besoin d’une mue, de changer de rythme, de peau, de langue, de sexe. Le nouveau commando des filles a pris le pas, la parole, et joue la nouvelle manche. Au micro, sur scène ou dans la vie, dix chanteuses charismatiques tournent la page de soixante ans de rock français.

Ce qu’on en pense

Elles s’appellent François Jardy, Camelia Jordana, Vanessa Paradis, Imany, Jeanne Added, Jehnny Beth, Brigitte Fontaine, Charlotte Gainsbourg, Clara Luciani, Catherine Ringer… Et elles représentent ce que la chanson française peut donner de meilleur aujourd’hui,  en disque et sur scène. Ce documentaire réalisé par  François Armanet et co-écrit avec Bayon leur rend un bel hommage. Les interviews, orientées sur la place des femmes  sont toutes intéressantes, les extraits de concerts sont excellents ( mais trop courts !)  et le point de vue est parfaitement respectueux  du courage de ces femmes qui,  chacune à leur manière, ont dû lutter contre les préjugés et les railleries, quand ce n’est pas contre le machisme et le racisme, pour  imposer leur voix. Elles y sont parvenues de magnifique manière et constituent un exemple pour leur génération et celles à venir. Ce film d’utilité publique devrait être montré dans les écoles !

Spider-Man: Far From Home

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Le pitch

L’araignée sympa du quartier part en voyage scolaire en Europe avec  ses meilleurs amis Ned (Jacob Batalon) , MJ (Zendaya), et le reste de la bande. Cependant, le projet de Peter (Tom Holland) de laisser son costume de super-héros derrière lui pendant quelques semaines est rapidement compromi par  plusieurs attaques de monstres, qui ravagent le continent. Nick Fury (Samuel L Jackson) , le rappelle à ses devoirs de super-héros.

Ce qu’on en pense

Le problème désormais avec les films de super-héros  , c’est qu’on ne  sait plus si on va voir un film d’action, un film fantastique, un film pré ou post apocalyptique,  un pastiche, une rom-com, ou un teen movie. Ce nouvel épisode des aventures de Spider-Man se situe clairement dans la dernière catégorie. Peter Parker est un gamin de 16 ans, gauche et naïf dont la préoccupation principale est l’amour qu’il porte à sa camarade de lycée, MJ. On suit donc ses efforts maladroits pour lui déclarer sa flamme lors d’un voyage scolaire qui les conduit en Italie, à Prague et à Londres. Sauf que la cohérence chronologique avec les derniers Avengers (dont Spider-Man fait partie) veut que l’action se situe après la mort d’Iron Man et de Captain America et la disparition-réapparition d’une moitié de l’humanité.  Ce qui plombe quand même  un peu l’ambiance et oblige le scénario  à faire le grand écart entre les amours adolescente de Peter Parker  et la défense de l’humanité face aux agissements d’un nouveau vilain incarné par Jake GyllenhaalJon Watts,  qui réalise ce deuxième volet des nouvelles aventures de Spidey,  parvient vaille que vaille à tenir le film dans cet équilibre délicat et,  l’été aidant  et les vacances approchant, on considère la chose avec une certaine indulgence. Mais bon, comme dirait le bon Nick Fury, on n’est pas loin du foutage de gueule.

 

 

Fête du cinéma : Top 5

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On ne le répétera jamais assez: le cinéma c’est mieux au cinéma. Lâchez vos portables et profitez de la fête du cinéma:  jusqu’à mercredi  toutes les séances sont à 4 euros pour La Fête du cinéma. L’occasion de faire le plein de bons films (et en plus, c’est climatisé!). Voici ceux qu’ils ne faut pas rater

Parasite 

Toute la famille de Ki-taek (Song Kang-ho) est au chômage et vit d’expédients.  Un jour, leur fils Ki-woo (Chon Woo-sik) réussit à̀se faire recommander pour donner des cours particuliers d’anglais chez une riche famille. Il va se débrouiller pour faire embaucher les siens  sous de fausses identités et de fausses qualifications. Quitte à se débarrasser des employés de maison pour prendre leur place… La Palme d’or de Cannes 2019 une fable sociale qui vire à la farce macabre. Superbement réalisé. 

Toy Story 4 

Sans être aussi parfait que son prédécesseur, TS 4 est absolument formidable. Les jouets, que l’on retrouve au moment où Bonnie leur nouvelle propriétaire entre en maternelle, vivent une nouvelle grande aventure et font connaissance avec plusieurs nouveaux personnages très réussis : Forky, la fourchette complexée (Pierre Niney), Gabby la poupée flippante (Angèle),  les deux peluches siamoises (Jamel et Franck Gastambide), Caboom le cascadeur canadien (Marc Arnaud)… Comme d’habitude dans cette incroyable franchise, il y a quasiment un niveau de lecture par spectateur !   Un nouveau chef d’oeuvre Disney/Pixar 

Le Daim

Après Benoît Poelvoorde (Au Poste !), Quentin Dupieux débauche Jean Dujardin pour son deuxième film «français». Il  joue un paumé dont l’esprit est  peu à peu possédé par un blouson «daim-oniaque» et qui se fait passer pour un réalisateur de films.  Adèle Haenel, qui lui donne la réplique, est aussi formidable en réceptionniste d’hôtel cinéphile , passionnée et naïve. Présenté en ouverture de la Quinzaine des réalisateurs à Cannes, Le Daim est une comédie horrifique à l’humour surréaliste. La présence de Jean Dujardin à l’affiche devrait permettre au grand public de découvrir et d’apprécier l’univers et l’humour particuliers de Quentin Dupieux. Le Daim est, sans conteste, un de ses meilleurs films.

Nevada

Un Prophète (Jacques Audiard) meets The Rider (Chloe Zhao), avec Robert Redford comme producteur /protecteur. Pour ses débuts à la réalisation, l’actrice Laure De Clermont-Tonnerre (vue dans Le Scaphandre et le Papillon et Adèle Blanc Sec, entre autres) fait fort. Elle a filmé au Nevada et en anglais cette histoire de réhabilitation par le dressage (et vice versa),  dans laquelle Matthias Schoenaerts reprend plus ou moins ses personnages « durs dehors doux dedans » de Bullhead et de De Rouille et d’os

Yves

On sait désormais ce qui nous reste à faire pour gagner l’Eurovision : y présenter un frigo ! Surfant sur le débat entre Intelligence artificielle et créativité, Benoît Forgeard (Gaz de France) signe une comédie (forcément) rafraîchissante et dans l’air du temps, qui lui a valu une sélection à la Quinzaine des réalisateurs. Avec William Lebghil  en Cousin glandeur d’Orelsan et Gringe dans Comment c’est loinDoria Tillier  en vendeuse de frigos intelligents et l’épatant Philippe Katerine  en imprésario de rap. Des dialogues bien envoyés et  une BO rigolote.  

La Femme de mon frère

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Le pitch

Montréal. Sophia (Anne Elisabeth Bossé), jeune et brillante diplômée sans emploi, vit chez son frère Karim (Patrick Hivon). Leur relation fusionnelle est mise à l’épreuve lorsque Karim, séducteur invétéré, tombe éperdument amoureux d’Eloïse (Evelyne Brochu), la gynécologue de Sophia

Ce qu’on en pense

Entre Bridget Jones et Frances Ha, l’héroïne du premier long-métrage de l’actrice canadienne Monia Chokri (Réparer les vivants, Les Affamés, Pauvre Georges…) a séduit les sélectionneurs du Festival de Cannes qui lui ont fait une place cette année en sélection, au Certain Regard. C’était peut-être trop d’honneur pour cette comédie canadienne, qui se voudrait Woody Allennienne mais vaut surtout pour l’abattage de son actrice principale (Anne Elisabeth Bossé). Bavarde et beaucoup trop longue (presque deux heures au compteur), La Femme de mon frère lasse d’autant plus vite qu’on a beaucoup de mal à suivre le débit infernal des protagonistes et à comprendre ce qu’ils disent. Dans le flot, quelques aphorismes font tout de même mouche. Comme celui-ci, énoncé par l’héroïne : « On passe la moitié de notre vie à se trouver trop grosses et l’autre trop vieille »… Dommage que le spectateur, de son côté, risque de trouver la moitié du film trop bavarde et l’autre trop longue !

The Mountain

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Le Pitch

États-Unis, années 50. Après le décès de son père et l’internement de sa mère, Andy (Tye Sheridan) est embauché comme photographe par le Dr. Wallace Fiennes (Jeff Goldblum)  pour documenter sa méthode de lobotomie, de plus en plus controversée. Au fur et à mesure de leur périple d’asile en asile, dans les montagnes du pays, Andy, témoin de l’effritement de la carrière et de la vie du docteur, va peu à peu s’identifier aux patients,  dont sa mère a fait partie…

Ce qu’on en pense

Amis du cinéma «formaliste», bonjour ! Le nouveau film de Rick Alverson (Entertainment, The Comedy) devrait vous plaire. Lointainement inspiré de la figure de Walter Freeman, pionnier américain de la lobotomie, The Mountain reconstitue l’Amérique des années 50 dans une esthétique qui emprunte à la fois à Robert Bresson, au cinéma Russe de l’époque et à David Cronenberg. C’est trés lent, tout est aussi gris que les cheveux de Jeff Goldblum, Denis Lavant fait une apparition à la limite du grotesque,  mais on reste fasciné par la mise en scène quasi entomologiste. Preuve que la métaphore entre le cinéma et la lobotomie, qui semble être au cœur du projet, fonctionne !   

 

Yves

Cinéma|

Le Pitch

Loseur patenté et rappeur en devenir, Jérem (William Lebghil) s’installe dans la maison de sa mémé pour y composer son premier album. Il est démarché par So (Doria Tillier), enquêtrice pour le compte de la start-up Digital Cool, qui le persuade de prendre à l’essai un réfrigérateur intelligent, baptisé Yves, censé lui simplifier la vie.Effectivement, Yves va tout faire pour Jerem, voire à sa place. Comme composer des tubes qui lui permettront de devenir riche et célèbre et de gagner l’Eurovision… 

Ce qu’on en pense

On sait désormais ce qui nous reste à faire pour gagner l’Eurovision : y présenter un frigo ! Surfant sur le débat entre Intelligence artificielle et créativité, Benoît Forgeard (Gaz de France) signe une comédie (forcément) rafraîchissante et dans l’air du temps, qui lui a valu une sélection à la Quinzaine des réalisateurs. Cousin glandeur d’Orelsan et Gringe dans Comment c’est loin, William Lebghil y campe un jeune rappeur qui fait une croix sur ses principes pour se vautrer dans le succès facile. Mais que vaut le succès que l’on n’a pas gagné ?Un sujet du Bac 2025, que le réalisateur traite en tirant, hélas, un peu à la ligne (1h47) et en se vautrant à son tour dans l’humour le plus facileDommage, car ça commençait plutôt plaisamment, avec des dialogues bien envoyés, une BO rigolote (« Carrément rien à branler » pourrait devenir le tube de l’été) et des rôles sympas pour Lebghil, Doria Tillier et l’épatant Philippe Katerine.