Cinéma

/Cinéma

L’ Enfant rêvé

Cinéma|

Par Pauline Smile

Le pitch

Depuis l’enfance, François (Jalil Lespert) a consacré sa vie au bois. Celui des arbres des forêts du Jura, qu’il connait mieux que personne. Il dirige la scierie familiale avec sa femme Noémie (Melanie Doutey), et tous deux rêvent d’avoir un enfant sans y parvenir. C’est alors que François rencontre Patricia (Louise Bourgouin) , qui vient de s’installer dans la région. Commence une liaison passionnelle. Très vite, Patricia tombe enceinte. François vacille…

Ce qu’on en pense

Présenté à Angoulême  dans la catégorie Les flamboyants, L’enfant rêvé de Raphaël Jacoulot (Coup de chaud, Avant l’aube, Barrage) n’a pas vraiment flambé au festival. Le scénario traite du désir vain d’enfanter pour Noémie et François, alors que ce dernier apprend que sa maîtresse est enceinte. S’ensuit un besoin de maternité et de paternité obsédants, mis en scène à la manière d’un thriller où les musiques viennent souligner/amplifier l’angoisse du spectateur. La proposition est ambitieuse, façon polar Chabrolien,  mais échoue à séduire. Nombres de scènes font redites (en particulier celles en forêt) ou bien paraissent inutiles au point de donner l’impression par moments, de visionner un documentaire sur une scierie.  Jalil Lespert est fade, sans relief, les arrangements scénaristiques aux multiples rencontres faussement fortuites lassent et le film s’étire à n’en plus finir. On pouvait rêver mieux. 

Kajillionaire

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Le Pitch

Theresa et Robert (Richard Jenkins, Debra Winger) n’ont appris à leur fille unique, Old Dolio (Evan Rachel Wood), qu’à escroquer, arnaquer et voler à toute occasion. Pour leur prochain coup, ils recrutent une jolie inconnue, Mélanie (Gina Rodriguez), rencontrée par hasard. Son arrivée va dangereusement bouleverser la routine d’Old Dolio…

Ce qu’on en pense

Découverte en 2005 avec l’étonnant  Moi, toi et tous les autresMiranda July appartient à une lignée de cinéastes indépendants bien barrés, qui va de Wes Anderson à Gregg Araki en passant par Michel Gondry ou Quentin Dupieux. Kajillionaire est son troisième long métrage et son meilleur à ce jour. Il met en scène une famille qui pourrait rappeler par certains cotés celle de Parasite, la Palme d’or de Bong Joon-ho : un couple de quasi SDF qui vit d’expédients et de vols à l’étalage,  dont ils entassent le butin dans un hangar de zone industrielle régulièrement inondé par les débordements de l’usine à bulles d’à côté. Leur fille de 26 ans,  baptisée Old Dolio en mémoire d’un SDF qui avait touché le loto, est quasi autiste. Mais elle va s’ouvrir à la vie au contact de Mélanie,  une fille de son âge que sa curiosité (et peut-être déjà un petit cruch pour Old Dolio) pousse à suivre ce curieux trio. Le film se déploie en petites vignettes drolatiques où le burlesque côtoie l’absurde et le tragique. Il est porté par la performance d’Evan Rachel Woods (méconnaissable avec ses longs cheveux filasses , son jogging informe et sa voix d’outre tombe) et celle de Gina Rodriguez,  qui lui donne la réplique dans le rôle de la pétulante Mélanie. C’est drôle et émouvant et toujours surprenant : on ne sait jamais sur quoi va déboucher la scène en cours, jusqu’au final qui vous cueille par surprise et pourrait bien vous arracher des larmes de bonheur. Coup de cœur de la semaine !   

The Boys In The Band

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Dans un appartement new yorkais avec rooftop, Michael (Jim Parsons), homosexuel cynique au train de vie princier, organise une fête d’anniversaire pour son ami Harold (Zachary Quinto). Alors que les premiers convives s’amusent et se charrient, Harold tarde à apparaître. Michael doit en outre accepter un invité de dernière minute : son ami de fac Alan (Brian Hutchison), homme marié qu’il soupçonne d’être un ” homo refoulé “. Lorsqu’Harold arrive enfin, celui-ci affiche une humeur sarcastique qui alourdit l’atmosphère. Chacun laisse alors éclater ses rancoeurs…

Ce qu’on en pense

Immense succès de Broadway dans les années 60-70, la  pièce de Matt Crowley  The Boys In The Band a connu en 2018 un nouveau pic de popularité,  avec un casting mené par la star de Big Bang Theory, Jim Parsons. Netflix en a profité pour commander une adaptation ciné  à Ned Martel et Joe Mantello (Love ! Valour ! Compassion !) l’a tournée avec le casting de la pièce. Certains éléments sont un peu datés (le copain de fac hétéro/homophobe qui tombe des nues en découvrant les fréquentations de son vieux pote) et le film a du mal à se démarquer de la pièce et de son ping-pong verbal, mais on se laisse embarquer dans ce Friends homo et cruel,  grâce à la réalisation brillante de Joe Mantello et au jeu éprouvé sur scène des acteurs. Après une première heure enlevée,   la deuxième partie, qui fait basculer la comédie en jeu de massacre,  est plus dure à avaler. Mais l’avantage d’être sur une plateforme de streaming,  c’est qu’on peut très bien visionner le film en deux fois. Avec un entracte au bout de la première heure,  The Boys In The Band est tout à fait recommandable. Et vous voudrez la BO pour votre anniversaire ! 

Les Héros ne meurent jamais

Cinéma|

Le Pitch

Dans une rue de Paris, un inconnu croit reconnaître en Joachim (Jonathan Couzinié) un soldat mort en Bosnie le 21 août 1983. Or, le 21 août 1983 est le jour même de la naissance de Joachim. Troublé par la possibilité d’être la réincarnation de cet homme, il décide de partir pour Sarajevo avec ses amies Alice (Adèle Haenel)  et Virginie (Antonia Buresi). Dans ce pays hanté par les fantômes de la guerre, ils se lancent corps et âme sur les traces de la vie antérieure de Joachim.

Ce qu’on en pense

Filmé comme un reportage, avec des acteurs qui s’adressent à la caméra,  le premier film d’Aude Léa Rapin étonne par sa propension à mélanger fiction métaphysique et réalisme brut. Surtout sur une histoire de aussi improbable de réincarnation !  Le dispositif tient en haleine jusqu’au bout de ce road movie en Bosnie,  où les protagonistes croisent autant de fantômes que de vivants. Les grands yeux écarquillés d’Adèle Haenel sont comme ceux du spectateur, incrédule mais intrigué par ce cocktail de métaphysique et de romanesque.  Présenté l’an dernier à la semaine de la Critique à Cannes, le film laisse une  trace quand tant d’autres sont aussitôt oubliés.

Josep

Cinéma|

Le pitch

Février 1939. Submergé par le flot de Républicains fuyant la dictature franquiste, le gouvernement français les parque dans des camps. Deux hommes séparés par les barbelés vont se lier d’amitié. L’un est gendarme, l’autre est dessinateur. De Barcelone à New York, l’histoire vraie de Josep Bartolí, combattant antifranquiste et artiste d’exception…

Ce qu’on en pense

Dessinateur de presse (pour  Le Monde et Le Canard Enchaîné, entre autres) Aurel rend hommage à un de ses pairs, le dessinateur espagnol  Josep Bartoli,  dans ce premier long métrage d’animation labellisé Cannes 2020. Dans un style graphique crayonné du plus bel effet, Aurel raconte la relation qui s’est nouée entre le dessinateur espagnol et un gendarme du camp français où était parqués les militants  antifranquistes fuyant la dictature. Mêlant les dessins de Bartoli aux siens, le réalisateur donne un réalisme saisissant au film, tandis que le scénario de Jean-Louis Milesi, collaborateur de Robert Guédiguian, appuie sur le message anti fasciste. Une superbe BO ajoute à la réussite de ce film d’animation, dans la lignée des Hirondelles de Kaboul.

Billie

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Billie Holiday  est l’une des plus grandes voix de tous les temps. Elle fut la première icône de la protestation contre le racisme ce qui lui a valu de puissants ennemis. A la fin des années 1960, la journaliste Linda Lipnack Kuehl commence une biographie officielle de l’artiste. Elle recueille 200 heures de témoignages incroyables  : Charles Mingus  Tony Bennett, Sylvia Syms, Count Basie, ses amants, ses avocats, ses proxénètes et même les agents du FBI qui l’ont arrêtée….Mais le livre de Linda n’a jamais été terminé et les bandes sont restées inédites. BILLIE est l’histoire de la chanteuse qui a changé le visage de la musique américaine et de la journaliste qui est morte en essayant de raconter l’histoire de Lady telle qu’elle était. 

Ce qu’on en pense

Auteur de deux documentaires sportifs (sur Marco Pantani et les 24 heures du mans),  James Erskine s’est attaqué à une biographie filmée de Billie Holiday à la demande du producteur Barry Clark-Ewers.  Au cours de ses recherches préliminaires, le réalisateur est tombé sur l’histoire de la journaliste Linda Lipnack Kuehl, qui avait passé sa vie à recueillir  des témoignages et des interviews de la chanteuse,  en vue d’une biographie qu’elle n’a jamais écrite. Restés inédits,  les  enregistrements réalisés par la journaliste forment la matière sonore du film d’Erskine,  qui a utilisé toutes sortes d’images d’archives pour les illustrer , dans un superbe montage qui alterne interviews, témoignages et passages chantés. Les images colorisées des films de la chanteuse sur scène ou en studio donnent une patine de fiction au documentaire et rendent encore plus puissantes ses prestations. Parallèlement, Erskine raconte l’histoire de Linda Lipnack Kuehl, qui avait, semble-t-il,  fini par tellement s’identifier à son modèle qu’elle a fini par sombrer et ne plus pouvoir écrire une ligne. C’est que le destin de Billie Holiday est celui d’une star marquée par la souffrance et l’autodestruction. Première d’une longue lignée de chanteuses saisies par la dépression et la folie une fois arrivée au sommet, comme le remarque Tony Benett dans le film. De Whitney Houston à Britney Spears, on ne compte plus en effet le nombre de stars qui ont “disjoncté”, comme elle, sous la pression. Pourquoi ?  Le film de James Erskine donne quelques éléments de réponse…

Autonomes

Cinéma|

Le pitch

En Mayenne et alentours, hors des radars de la représentation majoritaire, des gens, parfois seuls, parfois associés, cultivent des modes de vie, de production, de pensée, de croyance, de soin, en rupture au moins relative avec les manières certifiées conformes. Autonomes se tient dans la compagnie de quelques-uns de ceux-là…

Ce qu’on en pense

Après avoir donné la parole aux gens de la rue de sa région (la Mayenne) dans N’importe qui en 2016, François Begaudeau que l’on avait découvert acteur dans Entre les murs de Laurent Cantet, est parti à la rencontre des marginaux qui expérimentent des modes de vie et de production différents dans les villages de campagne. Cela va du survivaliste qui vit dans une grotte sans eau ni électricité, aux éleveurs d’une ferme collective,  en passant par les religieuses d’un couvent qui fabriquent et vendent des cierges, des sourciers ou des rebouteux. Toute une société parallèle qui vit de troc, du travail de la terre et de l’élevage bio. Le film est étonnant, souvent  drôle, parfois un peu inquiétant. Comme un petit avant goût du  monde d’après l’effondrement des  sociétés industrielles.

A cœur battant

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Julie (Judith Chemla) et Yuval (Arieh Worthalter) s’aiment et vivent à Paris. Du jour au lendemain, ce couple fusionnel doit faire face à une séparation forcée. Lui à Tel Aviv, dans sa ville natale, elle à Paris avec leur bébé, ils continuent à vivre ensemble mais par écrans interposés. Cette vie par procuration va vite connaître ses limites. La distance mettra leur amour à rude épreuve…

Ce qu’on en pense

A la manière de Benjamin Biolay qui dans une de ses chansons (“Brandt Rhapsodie” en duo avec Jeanne Cherhal) racontait le délitement d’un couple à travers les post-it laissés sur la porte du frigo de l’appartement, la réalisatrice israëlienne Keren Ben Rafael a choisi de mettre en scène l’histoire de Julie et Yuval exclusivement à travers leurs conversations vidéo par Skype. Et ce dès la première scène … qui est pourtant une scène  de sexe ! Ce dispositif original, maintenu avec succès jusqu’à la fin ( en trichant quand même sur la qualité de l’image et des connexions),  est pour beaucoup dans l’intérêt qu’on peut porter à  l’histoire toute simple de ce jeune couple avec enfant,  momentanément séparé par un problème administratif. Mais c’est la performance des deux acteurs qui assure la réussite du film. Judith Chemla est absolument formidable et s’impose dans ce rôle trilingue (français, anglais, israélien) comme la potentielle héritière de Juliette Binoche. Son partenaire Arieh Wolthalter est aussi très bien et son fort accent israélien donne une touche d’exotisme bienvenue aux dialogues. Tourné avant le confinement, le film répond à l’une des questions que pose la distanciation forcée: la technologie peut-elle remplacer le contact physique et rendre l’éloignement plus supportable ? On vous laisse découvrir la réponse dans le film…

L’Ordre moral

Cinéma|

Le pitch

En 1918, Maria Adelaide Coelho da Cunha (Maria de Medeiros), héritière et propriétaire du journal Diário de Notícias, abandonne le luxe social et culturel familial dans lequel elle vit, pour s’enfuir avec un insignifiant chauffeur de 22 ans plus jeune qu’elle. Les conséquences de cette décision vont être douloureuses et moralement dévastatrices.

Ce qu’on en pense

Le réalisateur portugais Mario Barroso,  qui n’avait plus tourné depuis Le Miracle selon Salomé en 2003,  signe ici un  beau drame classique autour de la figure aristocratique de Maria Adelaide Coelho da Cunha, riche propriétaire d’un journal de Lisbonne,  que son mari a réussi à faire passer pour folle et a spolié de ses biens. Peinture un peu languissante de la bourgeoisie et de la condition féminine au début du XXe siècle, le film est sauvé par la grâce et la douceur de l’exquise Maria de Medeiros. 

La Femme qui s’est enfuie

Cinéma|

Le Pitch

Pendant que son mari est en voyage d’affaires, Gam-hee (Kim Min-hee) rend visite à trois de ses anciennes amies. A trois reprises, un homme surgit de manière inattendue et interrompt le fil tranquille de leurs conversations…

Ce qu’on en pense 

Hong Sang-Soo met à nouveau en scène sa muse, la merveilleuse Kim Min-hee dans ce portrait de femme(s),  qui nous arrive quelques semaines à peine après sa dernière réalisation (Hotel By the River, sorti en juillet).  On retrouve le Hong Sang-soo qui a séduit la Berlinale (Ours d’argent de la meilleure réalisation), avec ses longs plans dialogués, sa poésie du quotidien  et son rythme nonchalant. La parole, cette fois,  est donnée presque exclusivement aux femmes  et les hommes (y compris le double du réalisateur qui vient conclure le film sur une note drôlatique) ne font que figure d’intrus. Pas au point,  toutefois , de faire fuir les personnages féminins du film, contrairement à ce que laisse entendre le titre : “J’aimais le titre sans savoir clairement pourquoi, explique le réalisateur coréen.  J’ai imaginé l’histoire de la voisine parce que je voulais entendre dans le film quelqu’un prononcer ces mots : « La femme qui s’est enfuie ». Mais peut-être que j’avais tout simplement le sentiment que tous les personnages féminins fuient quelque chose, quelque chose d’oppressant et de malaisant”. 

Mon Cousin

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Pierre (Vincent Lindon) est le PDG accompli d’un grand groupe familial. Sur le point de signer l’affaire du siècle, il doit régler une dernière formalité : la signature de son cousin Adrien (François Damiens) qui détient 50% de sa société. Ce doux rêveur idéaliste qui enchaîne gaffes et maladresses est tellement heureux de retrouver Pierre, qu’il veut passer du temps avec lui et retarder la signature. Pierre n’a donc pas le choix que d’embarquer son cousin avec lui dans un voyage d’affaire plus que mouvementé, où sa patience sera mise à rude épreuve…

Ce qu’on en pense

Bonne nouvelle : Jan Kounen (Doberman, Blueberry, 99 Francs) est de retour après 10 ans sans tourner pour le cinéma. Moins bonne nouvelle : son nouveau long métrage est un film de commande,  fait pour permettre à Vincent Lindon de revenir à la comédie,  avec François Damiens comme partenaire et faire valoir. Pas grand-chose à attendre donc côté scénario, qui emprunte presque tout à l’écriture de Francis Veber (La Chèvre, Les Compères, L’Emmerdeur...) avec un petit couplet obligé sur l’acceptation de la différence. L’intérêt vient plutôt de la mise en scène de Jan Kounen, toujours punchy et léchée,  qui dynamise drôlement ce qui, filmé par un autre, ne serait qu’un énième buddy movie franchouillard. Le duo Lindon-Damiens fonctionne très bien,  avec Vincent Lindon dans le costume d’un de ces grands patrons dont il est plutôt victime d’habitude dans ses films “sociaux”  et François Damiens qui n’a pas à forcer beaucoup son talent pour jouer le cousin catastrophe. Bref, sans être la comédie de l’année, ça se regarde gentiment. Espérons que le succès sera au rendez-vous et qu’il permettra à Jan Kounen de refaire des films plus personnels.

 

Interview : Jan Kounen

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Jan Kounen n’avait pas pu venir à Nice au mois d’août avec Vincent Lindon et François Damiens pour l’avant première officielle de son nouveau film, Mon Cousin. Du coup, il a décroché son téléphone pour appeler ses amis du Mercury à Nice et de La Strada à Mouans Sartoux et leur proposer de venir le présenter quelques jours avant sa sortie en salles. “Nice, Cannes et Grasse, sont des villes où j’ai vécu et où je garde énormément de souvenirs de jeunesse, explique le réalisateur. Le Mercury et La Strada ont toujours soutenu mes projets moins commerciaux. C’est normal que je leur renvoie la balle“…

Dix ans sans tourner pour le cinéma et on vous retrouve avec une comédie populaire. C’est un genre dans lequel on ne vous attendait pas …
Pour moi, un film est un film, je ne me pose pas la question du genre. Mais c’est vrai que quand le projet m’est arrivé, ça m’a un peu surpris. Ce n’est pas mon territoire, même s’il y a des éléments de comédie dans la plupart de mes films. Je me suis souvent posé la question de savoir ce que j’en ferais si je devait en réaliser une vraie….  Coup de bol, je travaillais avec le producteur sur un autre film qui ne s’est pas fait et il a pensé à moi pour réaliser celui-là.  Il y avait déjà le casting et le scénario avait un petit truc en plus. C’est une comédie comme on en a déjà vu beaucoup, une sorte de  “buddy feelgood movie”,  mais avec un coté sentimental qui me plaisait bien. Ça ouvrait pas mal de perspectives.

Le fait que ce soit surtout un véhicule pour Vincent Lindon ne vous a pas effrayé ?
Non, c’était ça qui était intéressant, au contraire, puisqu’il allait jouer un personnage qu’il combat d’habitude dans ses autres films. Le tandem avec François Damiens m’excitait aussi,  comme spectateur. Au départ,  c’est presque plus une envie de spectateur que de réalisateur…

Et à l’arrivée ?
Je suis content du film. Le tournage avec Vincent a été intense. C’est quelqu’un qui est à mille pour cent dans ce qu’il fait. On ne se détend jamais quand il est sur le plateau.  Mais,  en même temps,  il a la capacité de se mettre dans votre tête pour vous proposer des trucs qui correspondent à votre univers. Le coup de la vapoteuse à la fin, par exemple, ça vient de lui,  pas de moi. Il savait que j’avais fait un docuentaire là- dessus. Idem pour le skate électrique : c’est lui qui a voulu en faire.

Le traitement visuel du film est assez différent de celui des comédies françaises habituelles. Cela tient-il à la nouvelle caméra Alexa que vous avez utilisée ?
En partie,  oui. C’est une caméra numérique large format qui apporte une profondeur de champs proche de la pellicule 70 mm. Aujourd’hui,  il n’y a que Tarantino et Christopher Nolan qui peuvent s’offrir le luxe de tourner en pellicule 70 mm. C’est  fait pour les gros films,  mais je pensais que ça pourrait donner plus de noblesse à une comédie comme Mon Cousin. Du coup, c’est un film qu’il vaut mieux aller voir en salles plutôt que d’attendre qu’il passe à la télé.  Personne n’avait encore utilisé cette caméra en France, mais je pense que l’année prochaine tout le monde tournera avec !  

Pourquoi êtes-vous resté dix ans sans tourner pour le cinéma ?
Je n’ai pas réussi à monter les films que je voulais faire. Et ceux qu’on me proposait ne me plaisaient pas. Après la crise de 2008, c’est devenu plus difficile de trouver les budgets dont j’ai besoin pour mes films. Il faut passer beaucoup de temps défendre les projets pour qu’ils se montent et je n’ai pas toujours réussi à le faire. J’ai peut-être été trop gâté au début de ma carrière ?  L’époque a changé et je pensais vraiment que c’était fini pour moi.  J’ai fait du documentaire, de la série, de la réalité virtuelle…. Le long métrage de fiction n’est pas le seul territoire du cinéma, même si c’est celui que je préfère.  

Vous n’attendrez pas dix ans de plus pour refaire un film, cette fois?
Non. Je voudrais faire un film d’animation. C’est une sorte de retour aux sources puisque ceux que je faisais pendant mes études à la Villa Arson, à Nice,  étaient des films d’animation. C’est un peu dans mon ADN. J’ai commencé à gagner de l’argent comme animateur et j’ai mis des séquences animées dans plusieurs de mes films. J’ai envie de continuer à  me balader dans le cinéma. Ce serait la bonne façon de le faire…

 

Brutus Vs César

Cinéma|

Le pitch

Face à la tyrannie de César (Ramzy Bedia) qui agit en maître absolu sur Romeles sénateurs Rufus (Thierry Lhermitte) et Cassius (Gérard Darmon)  fomentent un complot pour l’assassiner. Pour avoir le soutien du peuple, ils proposent à Brutus (Kheiron), le fils renié de César, d’être celui qui lui portera le coup de grâce. Seul problème : Brutus est un marginal qui n’a pas du tout les épaules taillées pour le costume…

Ce qu’on en pense 

Récupéré par Amazon pour cause de confinement,  le troisième film de l’humoriste Kheiron (Nous trois ou rien, Mauvaises herbes) se sera au moins évité le bide et la volée de bois vert critique qui l’attendaient à coup sûr s’il était sorti en salles. On ne sait pas très bien ce qu’a voulu faire Kheiron avec cette pâle imitation d’Astérix, qui ne réussit jamais à trouver le bon rythme, ni à être un minimum drôle. Mal écrit, mal filmé, mal dirigé Brutus Vs César est un désastre artistique qui frise l’accident industriel : un nanar au budget de péplum. 

Lux Aeterna

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Charlotte Gainsbourg accepte de jouer une sorcière jetée au bûcher dans le premier film réalisé par Beatrice Dalle. Or l’organisation anarchique, les problèmes techniques et les dérapages psychotiques plongent peu à peu le tournage dans un chaos de pure lumière.

Ce qu’on  en pense
Présenté en séance de minuit à Cannes l’an dernier, le nouveau film de Gaspar Noe (Irreversible, Love, Climax…) est un moyen métrage expérimental sponsorisé par Saint Laurent. Dans la lignée de Climax, qui réunissait une troupe de danseurs contemporains dans un huis clos sanglant, Charlotte Gainsbourg et Béatrice Dalle y jouent leur propre rôle et improvisent des dialogues et des scènes de film de  sorcières, filmée par un maniaque du stroboscope sous des lumières rouges, vertes et bleues. L’avantage,  c’est que, pour une fois,  ce n’est pas trop long (moins d’une heure). L’inconvénient,  c’est qu’il n’y a pas de réduction sur le prix du ticket d’entrée. 

Festival Première

Cinéma|

Le Festival Première revient pour une troisième édition dans les cinémas Pathé Gaumont du 30 septembre au 6 octobre. Au programme, 8 films à découvrir en avant-première pour un tarif unique de 8€. En bonus, hors festival, Albert Dupontel sera présent le vendredi 2 octobre au Pathé Massena Nice pour la projection d’ Adieu les cons et Valérie Lemercier viendra présenter Aline  le 9 octobre au Pathé Gare du Sud. Voici le programme jour par jour  (vous pouvez visionner la bande annonce en cliquant sur le titre).

Mercredi 30 septembre : L’Origine du monde de Laurent Lafitte

Jeudi 1er octobre : Le Discours de Laurent Tirard

Vendredi 2 octobre : 30 jours Max de Tarek Boudali

Samedi 3 octobre : Peninsula de Sang-Ho Yeon

Dimanche 4 octobre : The Singing Club de Peter Cattaneo ,  Poly de Nicolas Vanier

Lundi 5 octobre : Un Triomphe de Emmanuel Courcol

Mardi 6 octobre : Tout nous sourit de Melissa Drigeard

Inout et les cinémas Pathé Gaumont vous font gagner des places pour chaque séance du Festival Première au Pathé Gare du Sud. Faites votre demande à inoutcotedazur@gmail.com (2 par personne après tirage au sort)