Cinéma

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Cannes 2024: Part 3

Cinéma|

Par Philippe Dupuy

Et si, à mi-Festival, Jacques Audiard avait déjà plié le game ? Emilia Perez , son nouveau film,  coche toutes les cases d’une belle deuxième Palme d’or : sujet original (un narcotrafiquant qui veut changer de sexe),  traitement qui ne l’est pas moins (avec des passages chantés !), casting sensationnel (Zoe Saldana première candidate au prix d’interprétation et la révélation Karla Sofia Gascon en narco transgenre),  superbe mise en scène, BO géniale (Camille reviens, tout est pardonné)  et ventes à l’international assurées. Il va falloir se lever tôt pour faire mieux.  D’autant que la concurrence n’est pas trés affutée cette année. Lanthimos et Paul Schrader ont déçu avec Kinds of Kindness et Oh, Canada. Le premier est un film à sketches en trois parties et ne brille que par sa cruauté et son casting (Emma Stone, Jesse Plemons, Willem Dafoe, Margaret Qualey). Le second est une adaptation de Russel Banks qui sent le sapin, avec Richard Gere en cinéaste culte en fin de vie,  qui avoue face caméra toutes ses lâchetés à d’anciens étudiants venus le filmer pour un documentaire sur sa vie. Brouillon, dépassé et finalement assez ennuyeux. Sinon, on a bien ri à Un Certain Regard devant Rumours. Une satyre politique saignante du G7 avec Cate Blanchett en chancelière allemande tracassée du radada et Denis Menochet en président français pompeux. Quelque chose entre Ruben Oslund, la série Parlement et le film de zombies !

 

Cannes 2024: Part 2

Cinéma|

Par Philippe Dupuy

Il y a, cette année au Festival, un espace réservé aux films en réalité virtuelle, qui feront l’objet d’un palmares séparé. L’expérience, entre jeu vidéo et trip aux champignons hallucinogènes mexicains,  est assez étonnante et légèrement perturbante. Au point qu’on a cru s’être trompé de porte en assistant à la projection de Megalopolis, le nouveau film de Francis Ford Coppola, de retour en compétition  un demi siècle après Apocalypse Now et Conversation secrète. Comme son titre le laisse présager, Megalopolis est un  peplum retro futruriste totalement barré. On n’y a rien compris,  à part l’intention de départ : tracer un parallèle entre l’état de l’Amérique contemporaine et la chute de l’Empire romain. C’est long (2h18), verbeux (plus de citations que dans un film de JL Godard) , totalement dépourvu d’humour, d’une ambition démesurée et d’une naiveté confondante. Côté direction artitique, ça hésite entre Batman, Les Ailes du désir, Le Mécano de la Générale, Babylon et la pub Dior j’adore. Côté box office,  ce sera surement une catastrophe industrielle.  Mais c’est probablement le dernier geste fou d’un artiste qui a fait tapis (100 millions de budget autoproduit)  pour donner corps à une vision qu’il porte depuis plus de 40 ans. Cela mérite bien que l’on s’y ennuie un peu…

On n’en dira pas autant de Furiosa le nouveau Mad Max de George Miller  qui reproduit consciencieusement la recette du précédent. Tout le monde avait adoré Fury Road… Sauf nous ! Malgré plusieurs tentatives, on n’est jamais arrivé au bout.  Même motif, même punition pour Furiosa qui sera, n’en doutons pas, le blockbuster de l’été.  Dans le genre vociférant, on a largement préféré  City of Darkness, un film de baston (mais pas que) Hong Kongais de Soi Cheang,  présenté en séance de minuit. Là encore,  on a cru s’être trompé de porte avec le festival immersif : bienvenue dans les bas fonds de Kowloon,  où on trace sa route à la faucille et au marteau. Et bonjour la symbolique,  puisque l’action se passe au moment  de la rétrocession à la Chine… Les décors et les scènes de combats sont hallucinants. A côté de tout ça, évidemment, Diamant Brut, le premier film français en compétition fait figure de cousin de province génant.  Ou plutôt de cousine, puisqu’on y suit les efforts désespérés d’une cagole de Fréjus ( Malou Khebizi très convainquante dans le rôle) pour se faire enroler dans le prochain casting de l’Ile de la tentation ou d’une télé réalité du même acabit. Une sorte de « Rosetta djadja« ,  pathétique et totalement inintéressant (sauf d’un point de vue anthropologique), avec un festival de mauvais accents marseillais et de scènes mal jouées. Au Certain Regard,  Les Damnés, film italien de Roberto Minervini, nous refait le coup du Désert des tartares, transposé pendant la guerre de sécession, avec des soldats bleus qui marchent interminablement derrière un charriot,  dans les plaines désolées du far west,  en attendant de rencontrer l’Ennemi. A la fin, c’est le festivalier qui a l’impression d’être damné. 

 

Cannes 2024: cinéma de la plage

Cinéma|

Par la rédaction

«Gratuit et ouvert à tous, sans invitation ni accréditation, le cinéma de la plage est le lien idéal entre ce qui se passe dans le Palais, les Cannois et les visiteurs », a coutume de dire Thierry Frémaux. Et il a bien raison : le Cinéma de la plage c’est «the place to be», le soir à Cannes quand on n’est pas accrédité… et parfois même quand on l’est ! Au programme de cette édition :

Mardi 14 mai : Trainspotting de Danny Boyle

Mercredi 15 mai : Moi Aussi de Judith Godreche et  Silex and the City  de Jul

Jeudi 16 mai : My Way de Lisa Azuelos et Thierry Teston

Vendredi 17 mai :  After Hours de Martin Scorsese

Samedi 18 mai : Transmititzvah  de Daniel Burman

Dimanche 19 mai : Indigènes de Rachid Bouchareb

Lundi 20 mai : Les contes de Terremer  de Goro Miyazaki et Porco Rosso  de Hayaao Miyazaki

Mardi 21 mai : Exils de Tony Gatlif

Mercredi 22 mai : Slocum et moi  de Jean-François Laguionie

Jeudi 23 mai : Opération Condor de Jackie Chan

Vendredi 24 mai : Nueve Reinas de Fabian Bielinsky

Samedi 25 mai : Phantom of Paradise  de Brian de Palma

 

 

Cannes 2024: Part 1

Cinéma|

Par Philippe Dupuy

Le 77e festival de Cannes s’est ouvert par la plus belle cérémonie qu’il nous ait été donné de voir depuis des lustres au grand auditorium Lumière, avec une Camille Cottin, très classe en maîtresse de cérémonie, un hommage parfait à la présidente du jury Greta Gerwig par Zaho de Sagazan ( reprenant la fameuse scène de Frances Ha dans laquelle elle danse sur Modern Love de David Bowie) et une palme d’or d’honneur remise à Meryl Streep par Juliette Binoche, encore plus émue que la récipiendaire. 35 ans après son prix d’interprétation, l’actriçe américaine qui n’était pas revenue a Cannes depuis Un Cri dans la nuit,  a apprécié sa standing ovation et noté plaisamment que « La vie est courte… Plus que mes discours qui sont toujours trop longs ! ». Ce n’est pas du tout l’avis des festivaliers,  ressortis totalement charmés de sa « Conversation » du lendemain à Debussy.

Deuxième acte, le nouveau film du serial director Quentin Dupieux a parfaitement fait son office d’ouverture en balayant tous les sujets sensibles du moment d’un grand éclat de rire surréaliste (lire la critique). En ouverture de la Semaine de la critique, on a découvert le travail de Jonathan Millet,  qui signe avec Les Fantomes un thriller très réaliste sur la traque de bourreaux syriens par leurs victimes à travers l’Europe. Un talent prometteur ! Pas comme Magnus Van Horn, en compétition avec  La Fille à l’aiguille.  Le Suédois nous a saoulés d’entrée avec ce gros pudding bien misérabiliste sur une serial tueuse de nourrissons au 19e siècle. Ce n’est pas parce qu’on a vu les films de Dreyer ou de Todd Browning et qu’on tourne en noir et blanc que cela produit forcément un chef-d’oeuvre. On passe de la Suède du 19e à l’Islande du 21e siècle pour l’ouverture d’Un Certain Regard avec Ljosbrot (When the Light Breaks), un très joli film de Junar Junarsson sur la jeunesse, le deuil et les caprices du destin,  avec une actrice épatante (Elin Hall) et quelques-uns des plus beaux plans de ce début de Festival.  

 

Cannes 2024: Le programme

Cinéma|

Par Philippe Dupuy

Malgré la présence bienvenue de nouveaux venus Chinois, Indiens, Arabes et Africains, Hollywood et le cinéma français devraient se tailler la part du lion, cette année encore, à Cannes. La sélection officielle, dévoilée le 11 avril par Thierry Frémaux, leur fait la part belle. Cinq films français seront en compétition, dont ceux trés attendus de Jacques Audiard (Emilia Perez avec Zoe Saldana et Selena Gomez) ), Christophe Honoré (Marcello Mio avec Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni) et Gilles Lellouche (L’Amour ouf avec Adèle Exarchopoulos et François Civil). Coralie Fargeat, qui a tourné sur la Côte d’Azur une partie de The Substance, un film gore avec Demi Moore,  aura également les honneurs de la compétition. On lui souhaite le même succès que Julia Ducournau avec Titane.  Hors compétition, Quentin Dupieux fera l’ouverture du festival avec Le Deuxième acte qui réunit Lea Seydoux, Vincent Lindon, Louis Garrel et Raphael Quenard. Six autres productions françaises trustent la section Cannes Première dont les nouveaux films de Leos Carax, des frères Larrieu et d’Alain Guiraudie.  Claire Simon (Apprendre) et Daniel Auteuil (Le Fil) seront en séances spéciales et Noemie Merlant (Les Femmes au balcon) en  séance de minuit. Excusez du peu !

La France sera également bien représentée dans la compétition immersive, une nouvelle section incluant des installations de réalité virtuelle collectives, des expériences de réalité mixte, ainsi que des œuvres de vidéo mapping et holographiques… Côté Hollywood, l’évènement est constitué par le retour en compétition de Francis Ford Coppola qui présentera son Megalopolis,  50 ans après sa première Palme d’or. Il y sera en concurrence avec David Cronenberg pour The Shrouds. Kevin Costner (Horizon 1) et George Miller (Furiosa) présenteront leurs films hors compétition. Nicolas Cage sera à l’affiche de The Surfer en séance de minuit et Richard Gere en compétition avec Oh Canada de Paul Schrader. Meryll Streep et  George Lucas recevront, pour leur part, une Palme d’or d’honneur.  Le jury, composé de la scénariste et photographe turque Ebru Ceylan, de l’actrice américaine Lily Gladstone, de l’actrice française Eva Green, de la réalisatrice et scénariste libanaise Nadine Labaki, du réalisateur, producteur et scénariste espagnol Juan Antonio Bayona, de l’acteur italien Pierfrancesco Favino, du réalisateur japonais Kore-eda Hirokazu et de l’acteur et producteur français Omar Sy, sera présidé par  Greta Gerwig (Frances HaBarbie) et siégera sur la Croisette du 14 au 25 mai pour décerner son palmarès. Xavier Dolan présidera le jury du Certain Regard et c’est Camille Cottin qui animera les soirées d’ouverture et de cloture retransmises en direct sur France 2.

 

Le Deuxième acte

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Florence (Léa Seydoux) veut présenter David (Louis Garrel), l’homme dont elle est follement amoureuse, à son père Guillaume (Vincent Lindon). Mais David n’est pas attiré par Florence et souhaite s’en débarrasser en la jetant dans les bras de son ami Willy (Raphaël Quenard). Les quatre personnages se retrouvent dans un restaurant au milieu de nulle part

Ce qu’on en pense 

Les festivaliers cannois,  auxquels le film était présenté en ouverture de leur 77e raoût annuel,  n’ auront, pour une fois, pas eu à trop poireauter pour se rendre à la fête d’après projection : fidèle à sa bonne habitude Quentin Dupieux a plié l’affaire en 1h20 chrono. L’intrigue de départ, déjà bien ténue, n’est, il est vrai, prétexte qu’à réunir un carré d’as d’acteurs et d’actrices (Léa Seydoux, Vincent Lindon, Raphael Quenard et Louis Garrel) pour une comédie meta sur le cinéma dans laquelle ils sortent de leur personnage pour redevenir acteurs d’un film écrit et dirigé par une Intelligence Artificielle. Comme il l’avait fait pour la pièce de théâtre dans Yannick, son film précédent, Dupieux dynamite sa propre mise en scène en autorisant ses acteurs à briser le 4e mur dans des scènes drôles et/ou gênantes. #MeToo, les dangers de l’IA, la mort des salles, la cancel culture, l’ego surdimensionné  des acteurs… Tout passe à la moulinette surréaliste du réalisateur, dans un Deuxième acte fort et hilarant, qui a mis Cannes 2024 sur les rails.

La Morsure

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

1967, pendant le Mardi gras. Françoise (Léonie Dahan-Lamort), pensionnaire d’un lycée catholique, fait un cauchemar où elle se voit brulée vive. Persuadée qu’il ne lui reste qu’une seule nuit avant sa mort, elle fait le mur avec son amie Delphine (Lilith Grasmug) pour vivre cette nuit comme si c’était la dernière.

Ce qu’on en pense

Pressentie pour le rôle principal de ce premier film en forme de teen movie fantastico-romantico-gothico-roccoco, Lily-Rose Depp s’est défilée. Elle a eu le nez creux ! 1h27 (ressenties au moins le double) d’images clipesques pour conter la fugue d’un duo d’écolières en rupture de pensionnat qui hésitent entre pendule et coucheries. Le spectateur, lui, hésite entre la sieste et la sortie. Mais si Mylène Farmer cherche un réalisateur pour son prochain clip, elle peut toujours appeler Romain de Saint Blanquat.

Les Trois fantastiques 

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Max, Vivian et Tom, 13 ans, sont inséparables. Ce début d’été est plein de bouleversements : la dernière usine de leur petite ville des Ardennes ferme tandis que Seb (Raphaël Quenard), le grand frère de Max, sort de prison. Ses combines vont peu à peu entraîner les trois adolescents dans une chute qui paraît inéluctable…

Ce qu’on en pense

Raphaël Quenard  et Emmanuelle Bercot ne font que jouer les utilités dans ce premier film signé Michaël Dichter qui réserve ses premiers rôles à un trio de jeunes acteurs inconnus et à la petite ville où vivent les protagonistes pour un  Sweet Sixteen à la française qui n’a, hélas, pas trop les moyens de ses ambitions.  Les jeunes acteurs ne sont pas toujours bien dirigés et la mise en scène manque de maitrise. Plus fantasque que fantastique.

Roqya

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Nour (Golshifteh Farahani) vit de contrebande d’animaux exotiques pour des guérisseurs. Lorsqu’une consultation dérape, elle est accusée de sorcellerie. Pourchassée par les habitants du quartier et séparée de son fils, elle se lance alors dans une course effrénée pour le sauver. La traque commence…

Ce qu’on en pense

A mi-chemin entre le drame social teinté de surnaturel et le thriller, le premier film de Saïd Bektibia met en scène Golshifteh Farahani dans le rôle d’une mère intrépide, prête à tout pour son enfant, alors qu’elle est victime d’une véritable « chasse aux sorcières ». Adepte des sciences occultes,  Nour est  la cible d’une persécution  attisée par les réseaux sociaux.  Dans le rôle de son ancien compagnon, l‘humoriste  Jérémy Ferrari fait des débuts étonnants au cinéma.

 

The Palace

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Dans un grand hôtel, le soir du 31 décembre 1999, à l’aube du nouveau millénaire, le destin croisé de plusieurs clients et du personnel de cet établissement situé dans les Alpes suisses…

Ce qu’on en pense

Présenté à Venise le nouveau film de Roman Polanski aura épargné à Thierry Fremaux la peine de le refuser à Cannes. Il aurait pourtant eu de bonnes raisons de le faire, en dehors du fait que Polanski, toujours empétré dans des accusations d’abus sexuels, soit désormais persona non grata dans les grands raouts du cinéma français. Tourné à Gstaad, où le réalisateur nonagénaire  vit désormais à l’année quasi reclus, The Palace est une comédie gériatrique, servie tiède par un casting de vieux acteurs qui ne craignent pas la polémique, ni le cabotinage (Michey Rourke, John Cleese, la fidèle Fanny Ardant... ). L’élégance de la réalisation tranche avec la trivialité des gags et l’indigence du scénario (pourtant co-signé par Jerzy Skolimowski). On n’aura aucune peine à oublier le 24e film de Roman Polanski. C’est, sans doute,  le meilleur service à lui rendre.

Blaga’s Lessons

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Blaga (Eli Skorcheva), enseignante à la retraite, est victime d’une arnaque téléphonique. Afin de récupérer la somme, Blaga commence à travailler pour ceux qui l’ont escroquée. La femme autrefois honnête commence à sacrifier tous ses principes…

Ce qu’on en pense

 A l’Est, rien de nouveau. La vie est toujours aussi dure et elle déshumanise les êtres. Telle est la leçon de Blaga, honnête veuve de policier qui arrondit sa retraite d’enseignante en donnant des cours d’alphabétisation à une jeune immigrée Arménienne. Déjà peu aimable et patiente, elle devient franchement irritable après qu’un escroc lui ait soutiré tout son argent au téléphone. En allant déposer plainte, elle apprend que les escrocs recrutent des mules sur petites annonces. Ni une ni deux , elle passe une annonce et se retrouve bientôt à collecter l’argent de l’escroc qui l’a ruinée…  Si c’était un film anglais, ça finirait mal mais on rigolerait. Le réalisateur (Stephan Komandarev) étant Bulgare, il ne faut pas s’attendre à s’esclaffer. Au contraire !  

La Vie selon Ann

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Ann (Joanna Arnow), trentenaire new-yorkaise, expérimente la soumission. Les rencontres avec ses partenaires, ainsi que ses relations professionnelles, familiales et amicales, deviennent alors un savoureux terrain de jeu…

Ce qu’on en pense 

Emule de Noah Baumbach et Greta Gerwig, époque Frances Ha. Joanna Arnow a eu l’an dernier les honneurs de la Quinzaine des cinéastes à Cannes pour ce premier long métrage produit par Sean Baker,  dont le pitch promet plus que ne tient la réalisation. Sur un ton décomplexé, l’actrice-réalisatrice enchaîne les scènes de soumissions tristes en plan fixe, façon performance artistique, sans convaincre sur le fond, ni sur la forme.  La Vie selon Ann s’avère plus ennuyeuse qu’émoustillante. 

Neuilly-Poissy

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Magouilleur et beau parleur, naviguant entre son entreprise florissante et sa vie de famille épanouie, Daniel (Max Boublil) est un homme comblé. Mais, à la suite d’une malversation financière, il doit troquer du jour au lendemain son luxueux appartement de Neuilly contre une cellule de 9m2 dans la prison de Poissy. Du costard-cravate au survêt-claquettes, la chute est brutale. Daniel se retrouve perdu dans un environnement dont il ne connait pas les codes. Mais c’est sans compter sur sa tchatche, son humour et son sens inné de la débrouille…

Ce qu’on  en pense

Une « comédie de prison« ? Le genre restait à inventer. Grégory Boutboul s’y emploie pour son premier long métrage et Max Boublil offre son abattage comique à ce personnage de restaurateur qui « oublie » de déclarer ses employés et une grande partie de ses revenus et se retrouve en prison pour fraude. Le contraste entre sa vie d’avant et celle de prisonnier constitue le principal ressort comique du film,  mais son souci de réalisme entraîne le film vers des zones plus sensibles. Tant mieux.

La Planète des singes 4

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Plusieurs générations après le règne de César, les singes ont définitivement pris le pouvoir. Les humains, quant à eux, ont régressé à l’état sauvage et vivent en retrait. Alors qu’un nouveau chef tyrannique construit peu à peu son empire, un jeune singe entreprend un périlleux voyage qui l’amènera à questionner tout ce qu’il sait du passé et à faire des choix qui définiront l’avenir des singes et des humains…

Ce qu’on en pense

Wes Ball (Labyrinthe) prend la succession de Matt Reeves après  deux excellents volets de la Planète des singes. Moins rythmée, la mise en scène prend son temps pour installer  une « nouvelle » intrigue  avec  deux personnages principaux (le singe Noa et l’humaine Mae) qui forment un duo efficace et qu’on aura plaisir à retrouver dans un prochain volet.  Le méchant de service, Proximus Caesar, est également réussi et le film  trouve, avec lui, des résonances politiques très actuelles. Dans son Nouveau Royaume, la franchise PDS ne déçoit pas.

Un homme en fuite 

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Rochebrune est au bord du chaos. Johnny (Pierre Lottin), leader du mouvement de protestation de la ville, a disparu après avoir braqué un fourgon. Lorsque Paul Ligre (Bastien Bouillon) apprend la nouvelle, il revient dans la ville qui l’a vu grandir pour retrouver son ami d’enfance avant la police. Seulement, l’enquête d’Anna Werner (Léa Drucker) la mène inéluctablement vers le secret qui unit Paul et Johnny…

Ce qu’on en pense

Léa Drucker constitue à peu près la seule bonne raison d’aller voir en salles ce premier long métrage téléfilmesque. Intrigue déjà vue, incohérences scénaristiques, réalisation mollassonne… On s’ennuie ferme et on a très envie de faire comme l’Homme du titre : fuir !