Ravage
Par Ph.D
Le pitch
Un détective meurtri (Tom Hardy) doit se frayer un chemin dans la clandestinité criminelle après une affaire de drogue qui a mal tourné pour sauver le fils d’un politicien, tout en démêlant un réseau de corruption et de conspiration qui prend au piège toute la ville…
Ce qu’on en pense
Plutôt que Ravage, c’est Carnage qu’aurait dû s’intituler ce thriller hyper sanglant signé Gareth Evans, spécialiste du genre (Gangs of London, The Raid…) qui multiplie les gunfights jusqu’à l’absurde. Le budget « munitions » a dû dépasser celui du casting, malgré la présence de Tom Hardy et de Forrest Whitaker qui auraient sans doute pu s’épargner d’ajouter un nanar ultra violent à leur filmographie. Rien de crédible dans cette histoire de policiers et de politiciens ripoux, sur fond de trafic de drogue dans un Chicago Gothamesque enneigé et boueux. Les dialogues sont réduits au strict minimum et c’est tant mieux tant ils sont ridicules. Seules la mise en scène, spectaculaire, et la photo soignée justifient, à la rigueur, le visionnage.
Highest 2 Lowest
Par Ph.D
Le pitch
Alors qu’il négocie la vente de sa maison de disques, David King (Denzel Washington) est la cible d’une demande de rançon qui l’accule à un dilemme moral et financier…
Ce qu’on en pense
Présenté hors compétition à Cannes 2025 et librement inspiré du chef d’oeuvre d’Akira Kurosawa Entre le ciel et l’enfer, le nouveau film de Spike Lee est destiné à la plateforme de streaming Apple TV+ Du coup, le réalisateur de Do The Right Thing a pris ses aises : le film dure plus de deux heures, alors que le scénario plaide plutôt pour un format resserré. L’intrigue multiplie les invraisemblances et la réalisation se traine (La première heure est digne d’une télénovella). Les thèmes du film original sont survolés et plus que New York, Spike Lee prend un visible plaisir à filmer le fabuleux penthouse du héros incarné par un Denzel Washington en petite forme, lui aussi. Deux séquences justifient toutefois le visionnage: celle de la poursuite dans le Bronx pendant un concert d’Eddie Palmieri et celle de la battle rap entre Denzel Washington et A$ap Rocky dans un studio du Bronx. C’est peu, mais on s’en contente.
Murder Club du jeudi
Par Ph.D
Le Pitch
Dans un manoir de la campagne anglaise, une bande de retraités passionnés de cold cases se retrouvent plongés au cœur d’une véritable enquête criminelle dont le succès ou l’échec pourraient affecter l’avenir de leur maison de retraite…
Ce qu’on en pense
On y va pour le casting étoilé (Pierce Brosnan, Helen Mirren, Ben Kingsley…) et le savoir faire du réalisateur (Chris Colombus), et on reste pour l’atmosphère délicieusement british de cette maison de retraite huppée, dont les pensionnaires jouent les Sherlock Holmes pour occuper leurs jeudis après midi. La photo est soignée et les acteurs cabotinent à qui mieux mieux, mais le scénario n’est guère passionnant et la réalisation est loin d’être trépidante. A garder en favori pour un dimanche après-midi pluvieux…
Sleeping Dogs
Par J.V
Le pitch
Un ancien inspecteur de la police criminelle (Russel Crowe), atteint d’Alzheimer, se repanche sur une vieille affaire de meurtre pour laquelle un innocent a peut-être été condamné à mort. Il va découvrir des secrets effrayants de son passé oublié…
Ce qu’on en pense
La prestation massive de Russel Crowe , en vieux flic atteinte de troubles de la mémoire, est le meilleur argument de cette honnête série B policière au scénario prévisible et à la réalisation scolaire. Le roman Jeux de miroirs d’Eugen Ovidiu Chirovici dont elle est adaptée laissait espérer un traitement plus original. Le film se regarde néanmoins avec plaisir.
Heads of State
Par Ph.D
Le pitch
Le Premier ministre britannique Sam Clarke (Idris Elba) et le président américain Will Derringer (John Cena) entretiennent une rivalité très publique et peu amicale qui met en péril la « relation spéciale » de leurs pays. Mais lorsqu’ils deviennent la cible d’un ennemi étranger puissant et impitoyable, qui s’avère plus redoutable que les forces de sécurité des deux dirigeants, ils sont contraints de s’en remettre aux deux seules personnes en qui ils peuvent avoir confiance : l’un et l’autre. Finalement alliés à la brillante agente du MI6 Noel Bisset (Priyanka Chopra Jonas), ils doivent s’enfuir et trouver un moyen de travailler ensemble suffisamment longtemps pour déjouer une conspiration mondiale qui menace le monde libre tout entier.
Ce qu’on en pense
Cette année encore, le blockbuster de l’été se visionne en streaming ( sur Prime Vidéo en l’occurence). Signée Ilya Naishuller, Heads of State est une comédie d’action comme on en faisait dans les années 80 avec cascades, explosions, poursuites, gunfights , humour et casting étoilé. La bonne idée du scénario est d’avoir fait des proies habituelles du vilain (les chefs d’état), les héros du film. Idris Elba joue un premier ministre anglais très James Bondien et John Cena campe un ex-acteur de films d’action à la Schwarzenegger/Stallone devenu président des Etats-Unis. L’opposition des deux cultures, anglaise et américaine, alimente une bonne partie des scènes de comédie et la réalisation, hyper rythmée, fait le reste. On passe un excellent moment en compagnie de ces Heads of State qui ne se prennent pas au sérieux.
Désir
Par Ph.D
Le Pitch
Un ramoneur, heureux père de famille, en couple avec son épouse depuis des années, a une aventure inattendue avec un client … Il ne la considère ni comme l’expression d’une homosexualité latente, ni comme une infidélité, juste comme une expérience enrichissante. Il s’en ouvre à son épouse, qui le prend mal, puis à son patron, marié comme lui, qui lui avoue faire toutes les nuits des rêves dans lesquels il est une femme, objet du désir de David Bowie…
Ce qu’on en pense
Voilà, c’est fini ! Nos vacances à Oslo se terminent avec le troisième volet de la trilogie amoureuse de Dag Johan Haugerud. Depuis début juillet, on arpente la capitale norvégienne sur les pas de quelques-uns de ses habitants : une lycéenne imaginative (Rêves), une bande de trentenaires avides de rencontres (Amour) et pour finir, un ramoneur et son patron tracassés dans leur masculinité. Le titre original promettait du sexe, la VF est plus honnête : il n’est ici question que de désir… et encore ! De sexe, on ne fait que parler. Coucher est-ce forcément tromper ? Le sexe peut-il se réduire au seul acte ? Est-on un homosexuel refoulé si on rêve chaque nuit que David Bowie vous parle comme à une femme ? Des images de la ville en été et une BO jazz orchestrale entrecoupent des scènes de dialogues homériques (bonjour les sous-titres !). On ne sait jamais où la caméra de DJH va nous conduire (sur un toit, dans le cabinet d’une toubib pas très à cheval sur le secret médical, sur des périphériques urbains, dans des rues sans charme particulier…), ni sur quoi vont déboucher les considérations philosophiques des personnages (la lecture d’Anna Arendt ou une cuisine à ranger). L’air de rien, les trois films prônent l’écoute de l’autre, l’empathie et la gentillesse plutôt que l’ironie facile (un ramoneur homosexuel? Quelle rigolade ! Sauf que non, justement) ou le jugement. On a mis le conseil dans la valise, avec une bouteille d’Aquavit pour en faire profiter les amis.
Eddington
Par J.V
Le pitch
Mai 2020 à Eddington, petite ville du Nouveau Mexique, la confrontation entre le shérif (Joaquin Phoenix) et le maire (Pedro Pascal) met le feu aux poudres en montant les habitants les uns contre les autres…
Ce qu’on en pense
Reparti bredouille de Cannes où il était en compétition, le nouveau film d’Ari Aster (Hérédité, Midsommar et Beau Is Afraid) est un polar western à la frères Coen (en plus méchant) qui repose sur un casting d’enfer (Joaquin Phoenix, Emma Stone, Pedro Pascal, Austin Butler…). On y suit la campagne électorale d’un shérif du Nouveau Mexique débile (Joaquin Phoenix) qui se présente contre le maire sortant (Pedro Pascal) parce qu’il est jadis sorti avec sa femme (Emma Stone). Ça se passe en pleine épidémie de Covid, à la fin du premier mandat Trump, dans une Amérique totalement déboussolée, où le complotisme et la violence règnent en maîtres. Magistralement mis en scène et assez jouissif, le film a essuyé une volée de bois vert critique lors de sa projection cannoise : trop long, trop bavard, trop erratique (il commence comme une comédie noire et se termine comme une série Z de vengeance)… Pas assez formaté peut-être? Pour nous, c’est une qualité.
Fountain of Youth
Par Ph.D
Le pitch
A la demande d’un richissime homme d’affaires atteint d’une maladie incurable (Domhnall Gleeson), le chasseur de trésors Luke Purdue (John Krasinski) et sa soeur directrice de musée (Natalie Portman) se lancent à la recherche de la mythologique fontaine de jouvence qui confère l’immortalité à ceux qui s’y désaltèrent. Une quête qui va leur valoir de violents démêlés avec la police britannique et une dangereuse organisation secrète…
Ce qu’on en pense
Entre deux séries pour la concurrence (The Gentlemen, Mobland) et un projet personnel, l’indispensable Guy Ritchie a torché pour AppleTV+ ce simili Indiana Jones/Benjamin Gates qui a dû être écrit par ChatGPT. Le résultat n’est pas indigne, juste extrêmement formaté et sans surprise (une scène de comédie/une scène d’action…). Le duo John Karasinski/Natalie Portman fonctionne et on se balade en jet privé entre Londres, Bangkok, Vienne et Le Caire, dans de jolis décors, avec des cascades et des effets spéciaux dignes d’un blockbuster. Un honnête divertissement estival à voir sur AppleTV+ ou via MyCanal.
Amour
Par Ph.D
Le Pitch
Sur le ferry qui les ramène à Oslo, Marianne (Andrea Bræin Hovig), urologue, retrouve Tor (Tayo Cittadella Jacobsen), infirmier dans l’hôpital où elle exerce. Il lui raconte qu’il passe souvent ses nuits à bord, à la recherche d’aventures sans lendemain avec des hommes croisés sur des sites de rencontre. Ces propos résonnent en Marianne, qui revient d’un blind date organisé par sa meilleure amie Heidi (Marte Engebrigtsen) et s’interroge sur le sens d’une vie amoureuse sans engagement. Mais ce soir-là, Tor succombe au charme de Bjorn (Lars Jacovb Holm) , qui lui résiste et lui échappe…
Ce qu’on en pense
On ne s’attendait pas vraiment, malgré la canicule ambiante, à passer son mois de juillet à Oslo. Et encore moins à s’y faire de nouveaux amis ! A commencer par le dénommé Dag Johan Haugerud, dont la trilogie amoureuse Rêves/Amour/Désir nous promène dans la capitale norvégienne. Après une lycéenne-écrivaine en herbe tombée folle amoureuse de sa professeur de Français (Rêves) voici Marianne , Tor, Heidi et Bjorn, trentenaires en quête d’amour, qui se croisent et se recroisent sur la navette qui relie une petite île (où certains habitent) à Oslo. Fatalement, des relations se nouent et se dénouent. On y apprend que la prostate est le point G des homos (ce qu’on ignorait) et que la vie déjoue les plans et les idées préconçues (ce dont on se doutait). L’héroïne (Andrea Bræin Hovig) ressemble à un mélange d’Ariane Ascaride et d’Anouk Aimé jeunes; le film à un remake de Rohmer par Joachim Trier. Le deuxième volet est aussi charmant/intelligent/bavard/fluide et délicieux que le premier. On attend le troisième (Désir, la semaine prochaine) pour revenir au pays (ou demander sa naturalisation norvégienne).
Rêves
Par Ph.D
Le Pitch
Johanne (Ella Overbye), 17 ans , tombe amoureuse de sa professeure de Français (Selome Emnetu). Elle relate ses émotions dans un carnet. Quand sa mère et sa grand-mère lisent ses mots, elles sont d’abord choquées par leur contenu intime mais voient vite le potentiel littéraire. Tandis qu’elles s’interrogent, entre fierté et jalousie, sur l’opportunité de publier le texte, Johanne se démène entre la réalité et le romanesque de son histoire…
Ce qu’on en pense
Ours d’Or de la dernière Berlinale, le premier volet de la « Trilogie d’Oslo« , signée du Norvégien Dag Johan Haugerud s’intéresse à l’éveil du désir chez une lycéenne qui jette sur son dévolu sur sa professeur de Français, qui fait semblant de n’en rien voir. Future écrivaine, la jeune fille consigne ses pensées au jour le jour et ses écrits racontent l’histoire en voix off… Si vous cherchez un film qui passe le fameux test de Bechdel (mesure de féminisme d’une oeuvre cinématographique), Rêves est votre champion. Il n’y est question que de féminité, tous les personnages sont des femmes, aucun homme n’est mentionné dans leurs conversations et les deux seuls qui apparaissent à l’écran (un psy et un petit fiancé) ne servent qu’à faire avancer l’histoire. Une rareté ! Et aussi un trés bon film: intelligent , sensible, bien réalisé, bien joué… Juste un peu bavard: si vous n’avez pas fait norvégien première langue, attendez-vous à lire du sous-titre au kilomètre.
Holland
Par Ph.D
Le Pitch
Nancy Vandergroot (Nicole Kidman) vit une vie d’épouse modèle avec son mari ophtalmologue (Mathhew Macfadyen) et leur jeune fils dans leur belle maison de la banlieue résidentielle de Holland (Michigan). Jusqu’au jour, avant la fête des tulipes, où elle se met à le soupçonner de la tromper. Elle commence alors à l’espionner avec la complicité d’un collègue latino (Gael Garcia Bernal) au charme duquel elle n’est pas tout à fait insensible. Ils sont loin de soupçonner ce qu’ils vont découvrir…
Ce qu’on en pense
Un petit thriller conjugal sans prétention, qui bénéficie d’un casting de luxe (Nicole Kidman, Gael Garcia Bernal, une des stars de la série Succession…) et d’une réalisation soignée (Mimi Cave à la limite du maniérisme millimétré d’un Wes Anderson), dans un cadre original (une communauté hollandaise du Michigan). Dommage que l’intrigue soit aussi mal exploitée et qu’il faille attendre les deux tiers du film pour qu’il se passe enfin quelque chose. La critique du couple parfait, de leur vie idyllique et des façades rassurantes qui cachent traumas et noirs secrets aurait pu (dû) être plus saignante…
Balle perdue 1,2,3
Par Ph. D
Le Pitch
Petit génie de la mécanique, Lino (Alban Lenoir) est réputé pour ses voitures-bélier. Jusqu’au jour où il se fait arrêter pour un braquage qui tourne mal. Repéré par le chef d’une unité de flics de choc, il se voit proposer un marché pour éviter la prison. 9 mois plus tard, Lino a largement fait ses preuves. Mais soudain accusé à tort de meurtre, il n’a d’autre choix que de retrouver l’unique preuve de son innocence : la balle du crime, coincée dans une voiture disparue…
Ce qu’on en pense
Fast & Furious frenchie, Balle perdue connaît un succès international depuis son lancement en 2020 sur Netflix. Le premier film permettait de faire connaissance avec Lino, l’as du volant et de la castagne incarné par Alban Lenoir (loin des Crevettes Pailletées) et d’assister à son intégration dans une brigade d’intervention motorisée de la police, avant qu’il soit accusé du meurtre de son mentor. Pour la suite, on prend les mêmes et on recommence : Pascale Arbillot et Stefi Celma (échappée du standard de Dix pour cent) voient leur rôle s’étoffer, idem pour Gérard Lanvin en Boss final, tandis que Nicolas Duvauchelle, méchant du premier film, ne fait qu’une courte apparition (en attendant son grand retour dans le numéro 3). Rescapé du premier opus, Lino-Lenoir apprend qu’on lui a caché des choses et se fâche tout rouge. S’en suivent une série de bastons et de courses poursuites toujours aussi spectaculaires sur les routes de l’Hérault, jusqu’à la frontière espagnole. Balle perdue 3 offre un final en feu d’artifice, avec tous les protagonistes encore vivants à nouveau réunis. La guerre des polices qui justifie cette vendetta n’est pas crédible pour un rond, mais c’est tellement fun et bien filmé (bravo Guillaume Pierret !) qu’on s’en fiche. Pour les amateurs de baston et de poursuites, cette trilogie c’est vraiment de la balle !
Bono: Stories of…
Par Ph.D
Suivant l’exemple de Bruce Springsteen, le chanteur de U2 a fait suivre la publication de son autobiographie (Surrender 2022) d’une série de représentations intimistes au Beacon Theatre de New York (Stories of Surrender : An Evening of Words, Music and Some Mischief), dans lesquelles il récitait des passages du livre et reprenait des chansons de U2 accompagné d’une violoncelliste, d’une harpiste-clavieriste et d’un percussionniste. Le réalisateur américain Andrew Dominik (Mindhunter, Blonde) a filmé le spectacle , scénographié comme une pièce de théâtre, et en livre un montage en noir et blanc lyrique et immersif qui a eu les honneurs du Festival de Cannes. Bono s’y confie, avec sincérité et passion sur sa famille, sa carrière, sa foi et ses engagements, entrecoupant les scènes de prestations chantées de titres de U2 réarrangés, dans lesquels sa voix est particulièrement bien mise en valeur. Disponible en streaming sur AppleTV+, le film ravira les fans de U2… et continuera probablement d’énerver les détracteurs du chanteur qui lui reprochent son égocentrisme forcené (Ce à quoi il répond en substance : qu’importe les raisons pour lesquelles on fait les choses si la cause est bonne). Formellement, en tout cas, le film est superbe et mérite d’être vu au delà du cercle de fans de U2.
Cannes 2025: Le Palmarès
Par Ph.D
Juliette Binoche remettant la Palme d’or à un réalisateur iranien : l’image n’a pas surpris les cinéphiles qui connaissent son goût pour le cinéma de cet étonnant pays qui, malgré la dictature et les mollahs, continue à produire bon an mal an des oeuvres marquantes du 7e art. L’an dernier déjà Mohammad Rasoulof avait bien failli l’emporter avec Les Graines du figuier sauvage. C’est Jafar Panahi qui a finalement décroché la timbale avec Un Simple accident, l’histoire d’un groupe d’ex opposants au régime qui retrouvent par hasard l’homme qui les a torturés. Celle d’une vengeance qui aura lieu ou pas. Une Palme engagée et humaniste, tournée clandestinement, qui s’appuie sur la longue expérience du réalisateur avec les prisons du régime. Peut-être pas le meilleur film de Jafar Panahi, mais l’un des plus solides malgré les conditions de tournage. On aurait sans doute préféré que le jury de Juliette Binoche récompense une oeuvre d’une cinématographie plus originale, mais le palmarès a su leur faire bonne place. Comme ce Prix spécial accordé au film le plus extravagant de la sélection, Resurrection du Chinois Bi Gan. Ou le prix du jury accordé ex aequo à Sirat de l’Espagnol Oliver Laxe, véritable choc de l’édition et à Sound of Falling de l’Allemande Mascha Schilinski, l’histoire de plusieurs générations de femmes d’une même ferme, contée de manière totalement aléatoire et poétique. Les deux favoris de la critique,Valeur sentimentale de Joachim Trier et L’Agent Secret du Brésilien Kleber Filho Mendoza sont aussi- chose rare !- au palmarès : Grand Prix pour le premier et Prix de la mise en scène pour le second. La Petite Dernière de la Française Hafsia Herzi est récompensée via sa jeune actrice Nadia Melliti qui fait de beaux débuts à l’écran et les Dardenne ont eu droit à un deuxième prix du scénario pour Jeunes Mères. Bien sûr, on aurait aimé quelque chose pour Eddington d’Ari Aster et Nouvelle Vague de Richard Linklater, les deux films qu’on a le plus envie de revoir, mais sinon, rien à redire: bravo Juliette !
Cannes 2025: Part 6
Par Ph.D
A l’heure du palmarès, que retenir de cette 78e édition du festival de Cannes ? Qui succèdera à Anora, palme surprise de 2024 ? Aucun film de la compétition n’a fait l’unanimité. L’Agent Secret du Brésilien Kleber Mendoza Filho a les faveurs de la critique, qui a majoritairement aimé les films « politiques » de la sélection (Deux procureurs, Les Aigles de la République, Un Simple accident). Valeur Sentimentale de Joachim Trier est sans doute le film le plus consensuel pour une Palme. Plusieurs ont divisé, voire déchainé les critiques : l’explosif Sirat, le « FrèresCoenien » Eddington, l’éprouvant Die My Love de Lynne Ramsey, l’horrible Alpha de Julia Ducournau, l’incroyable Resurrection de Bi Gan. Le film-fleuve du Chinois, émule de Leon Carax, a constitué le choc esthétique de l’édition, mais personne n’a rien compris à cette histoire de « voleurs de rêve » profondément ancrée dans celle du cinéma. Côté interprétation les noms de Jennifer Lawrence (Die my Love), de Lea Drucker (Dossier 137), de Josh O’Connor (The History of Sound) et de Peter Skarsgaard (Valeur Sentimentale) sont le plus souvent cités. Mais à Cannes, les « papabiles » ressortent encore plus souvent évêques du conclave qu’à Rome. Bon courage au jury de Juliette Binoche pour établir un palmarès équitable. Rendez-vous à 18h40 sur France 2 et sur Brut pour suivre en direct la cérémonie de clôture.
















