Sinners
Par Ph.D
Le Pitch
Alors qu’ils cherchent à s’affranchir d’un lourd passé, deux frères jumeaux (Michael B. Jordan) reviennent dans leur ville natale pour repartir à zéro. Mais ils comprennent qu’une puissance maléfique bien plus redoutable guette leur retour avec impatience…
Ce qu’on en pense
Après avoir relancé la franchise Rocky avec Creed et dopé celle de Black Panther avec un premier opus qui figure parmi les meilleurs Marvel, Ryan Coogler s’offre une récréation avec cette série B horrifique dans laquelle il embarque son acteur fétiche, Michael B Jordan, pour un double rôle épatant. Un mix détonnant de Get Out (Jordan Peele) et d’Une nuit en enfer (Robert Rodriguez), mené tambour battant, avec changements de genres (horreur, politique, musical), clins d’oeil à Carpenter, Peckinpah, Tarantino et Brian De Palma, le tout boosté par une BO qui, elle aussi brasse les genres entre blues, country et ragtime. Pour ceux qui l’ont manqué à sa sortie en salles, séance de rattrapage vivement recommandée sur Canal+ avant les Oscars pour lesquels le film a établi un record historique de nominations.
The Amateur
Par J.V
Le pitch
Charlie Heller (Rami Malek), un cryptographe de la CIA aussi brillant qu’introverti, voit son existence basculer lorsque sa femme, Sarah (Rachel Brosnahan), décède dans une attaque terroriste perpétrée à Londres. Déplorant l’inaction de sa hiérarchie, il prend l’affaire en main et se lance à la recherche des assassins, entamant un dangereux voyage à travers le monde pour assouvir sa vengeance…
Ce qu’on en pense
Après le dramatique Une vie , porté par Anthony Hopkins, James Hawes signe avec The Amateur un thriller à l’ancienne, dans lequel Rami Malek campe un justicier solitaire qui se sert de son intellect plutôt que de ses muscles pour assouvir sa vengeance. Un polar efficace dans la veine de ceux que réalisait le regretté Ridley Scott à la fin des années 1990 ( Ennemi d’État, Spy Game). Du travail de pro.
Civil War
Par Ph.D
Le pitch
Dans une Amérique livrée à la guerre civile, un petit groupe de journalistes tente de rejoindre Washington pour assister en direct à l’assaut de la Maison blanche par les insurgés…
Ce qu’on en pense
Bienvenue dans l’Amérique de la fin du deuxième mandat de Donald Trump… Ou d’un de ses successeurs. Ancien scénariste de Danny Boyle, Alex Garland ( Ex Machina , Annihilation , Men) filme un pays en guerre contre lui-même, avec un réalisme cru qui fait peur. Les scènes d’exécution sommaires dans les campagnes et d’affrontements armés dans les rues de la capitale sont spectaculaires et glaçantes. Témoins impuissants du carnage Kristen Dunst et Cailee Spaeny (Priscilla) tracent la route sous les tirs croisés des antagonistes. Anticipation ou dystopie ? Le cauchemar a déjà commencé.
The Rip
Par Ph.D
Le Pitch
La méfiance s’installe au cœur d’une équipe de flics de Miami après la découverte de 20 millions en cash dans une planque abandonnée. À mesure que se répand la nouvelle de l’ampleur de la saisie, plus personne ne sait à qui se fier… Entre FBI, DEA, flics ripoux du quartier, guetteurs du cartel et autres malfrats appâtés par l’odeur des dollars, qui empochera le magot ?
Ce qu’on en pense
Amis de longue date, à la ville comme à l’écran, Ben Affleck et Matt Damon sont à nouveau réunis pour ce thriller policier signé Joe Carnahan (Point Blank Bad Boys for Life). Réalisation nerveuse, casting sans défaut, scénario et dialogues bien troussés… Rien à redire sur cette grosse production Netflix, trés formatée mais prenante. Les midinettes comme nous pourront même verser une petite larme sur (attention spoiler) le dernier plan des deux acteurs vedettes sur la plage au soleil couchant.
Novocaïne
Par J.V
Le pitch
Lorsque la fille de ses rêves est kidnappée, Nate (Jack Quaid), un homme ordinaire, transforme son incapacité à ressentir la douleur en une force inattendue dans son combat pour la retrouver.
Ce qu’on en pense
A un détail près, le héros de ce film d’action « à la John Wick » (incarné par le fils de Dennis Quaid et de Meg Ryan, découvert dans la série The Boys) est un homme parfaitement ordinaire, voire fragile et introverti. Sa particularité : une maladie neurologique le rend insensible à la douleur physique. Embarqué dans une quête pour libérer sa belle de méchants kidnappeurs, il en fera un atout redoutable. Prétexte pour les réalisateurs à multiplier des scènes de baston dans lesquelles tout le monde en prend plein la gueule. C’est amusant un moment, mais pas très consistant sur la durée. D’autant que la réalisation manque de punch. Un comble pour ce genre de film…
L’Amour c’est surcoté
Par J.V
Le pitch
Diagnostiqué “nul avec les meufs” depuis son plus jeune âge, Anis (Hakim Jemili) mène une existence charnelle placée sous le signe du calme plat. Trois ans jour pour jour après la perte d’Isma, son meilleur ami et mentor, il prend son courage à deux mains et se décide enfin à sortir faire de nouvelles rencontres. Sauf qu’en abordant Madeleine (Laura Felpin), Anis ignore que débute une grande aventure. Un truc inattendu. Un truc qui s’appelle “l’amour”…
Ce qu’on en pense
Mourad Winter réussit à transposer l’esprit stand-up de son propre roman dans cette romcom moderne où fusent vannes et punchlines sans donner l’impression d’un enchaînement de sketches. Hakim Jemili et l’incontournable Laura Felpin y trouvent leurs meilleurs rôles et font des étincelles. Une bonne surprise.
Goodbye June
Par Ph.D
Le pitch
En fin de vie, June (Helen Mirren) est hospitalisée à la veille de Noël et placée en soins palliatifs. Sa famille se réunit autour d’elle pour la première fois depuis longtemps. Vieilles rancunes, égoïsmes et jalousies ne tardent pas à prendre le pas sur la compassion. La vieille dame va devoir employer ses dernières forces pour résouder les liens distendus…
Ce qu’on en pense
L’héroïne de Titanic, Kate Winslet, passe pour la première fois derrière la caméra pour ce classique « film de famille » produit par Netflix. Elle joue également l’une des trois filles de June (Helen Mirren) qui se meurt à l’hôpital mais ne veut pas partir avant d’avoir réconcilié les 3 soeurs (Kate Winslet, Andrea Riseborough, Toni Colette) , leur frère (Johnny Flynn) et leur père (Timothy Spall). Une jolie réalisation servie par un casting de choix et de bons dialogues qui font oublier quelques lourdeurs.
Mango
Par Ph.D
Le Pitch
Sous prétexte de vacances ensemble, une directrice d’hôtel ambitieuse (Josephine Park) entraîne sa fille adolescente à Malaga où elle doit racheter, pour le compte de son groupe hôtelier, un magnifique verger de manguiers et y bâtir un nouvel hôtel…
Ce qu’on en pense
Heureuse trouvaille du catalogue de films récents de Netflix, cette romance Danoise vaut pour la lumière dorée de l’Espagne au printemps, pour son casting attachant, son humour décalé et son rythme « nordique ». Le scénario a beau être sans surprise, la réalisation évite les clichés trop voyants et le film se regarde avec beaucoup de plaisir. Que ce soit pour la relation mère-fille, la romance adulte ou le couplet écolo sur la nécessité de conjuguer tourisme et préservation des sites, tout sonne juste et bien amené. Un film qui donne envie de partir au soleil manger des mangues.
Wake Up Dead Man
Par Ph.D
Le pitch
Le détective Benoit Blanc (Daniel Craig) collabore avec un jeune prêtre (Josh O’ Connor) pour enquêter sur un crime totalement inexplicable perpétré dans l’église d’une petite ville au sombre passé.
Ce qu’on en pense
La saga A Couteaux tirés, qui vaut à Daniel Craig une étonnante carrière post 007, s’enrichit d’un troisième opus toujours dirigé par Rian Johnson. La formule est parfaitement rodé et on retrouve avec plaisir le nouveau Hercule Poirot dans une intrigue surnaturelle emberlificotée à souhait. Pourtant, ce sont Josh O’ Connor et Glenn Close qui se taillent la meilleure part de ce Wake Up Dead Man gothique et British en diable. Un régal à déguster sans attendre sur Netflix.
Jay Kelly
Par Ph.D
Le pitch
Vieillissant loin de ses enfants, auxquels il a toujours préféré sa carrière, le célèbre acteur de cinéma Jay Kelly (George Clooney) est sollicité pour recevoir un prix d’honneur dans un festival italien. L’occasion pour lui d’entreprendre un voyage introspectif à travers l’Europe avec son fidèle manager (Adam Sandler)…
Ce qu’on en pense
Après une incursion inattendue dans le film de genre (White Noise 2022), le cinéaste New-Yorkais Noah Baumbach revient à ce qu’il sait faire de mieux, la comédie dramatique, avec ce portrait mélancolique d’un acteur célèbre qui, à l’automne de sa vie, tente désespérément de recoller les morceaux d’une vie de famille sacrifiée sur l’autel de sa carrière. Faute d’intéresser ses enfants, devenus de jeunes adultes, à l’hommage que décide de lui rendre un festival italien, il devra se raccrocher à l’amitié qui le lie à son agent depuis des lustres. George Clooney et Adam Sandler font merveille dans le rôle de la star et de l’agent, entourés d’une troupe d’acteurs fidèles au cinéaste (Laura Dern, Greta Gerwig, Billy Cudrup, Riley Keough, Emily Mortimer, Patrick Wilson…). C’est trop long et bavard, comme il se doit pour un film de plateforme, mais remarquablement filmé et au final assez plaisant. A voir sur Netflix.
The Alto Knights
Par Ph.D
Le Pitch
Deux des plus redoutables figures de la mafia new-yorkaise, Frank Costello (Robert de Niro) et Vito Genovese (Robert de Niro) , luttent pour le contrôle de la ville. Autrefois meilleurs amis, la jalousie et les trahisons les mènent inévitablement à l’affrontement…
Ce qu’on en sait
Deux Niro pour le prix d’un ! L’acteur se dédouble devant la caméra de Barry Levinson pour un nouveau (dernier ?) film de mafia qui convoque toute la mythologie Scorsesienne afin de raconter l’histoire vraie des parrains Franck Costello et Vito Genovese. Joe Pesci n’étant peut être pas disponible, Robert De Niro joue les deux rôles, parfois dans le même plan, par la grâce des effets spéciaux et du maquillage. Passée la surprise première, on se régale à le voir endosser les deux costumes à rayures : celui du capo dei capi pondéré (Costello, qui inspira à Mario Puzzo son fameux Parrain) et celui de son ami d’enfance devenu rival enragé (Genovese), dans une double composition quasi testamentaire. La reconstitution d’époque (les années 40) est soignée, les seconds rôles aussi (y compris féminins, ce qui est rare pour un film de mafia). Dommage que le film souffre de faiblesses côté scénario (un comble pour une histoire qui a inspiré tant d’autres films) et aussi côté réalisation (ça se traîne). On passe quand même un bon moment.
The Astronaut
Par Ph.D
Le Pitch
Au retour de sa première mission spatiale, l’astronaute Sam Walker (Kate Mara) est retrouvée vivante dans une capsule endommagée dérivant au large des côtes atlantiques. Éloignée de son mari, elle est placée en quarantaine, confinée dans une maison hautement sécurisée sous la supervision de la NASA pour sa rééducation. Bientôt, d’étranges phénomènes surviennent… Et si quelque chose l’avait suivie jusqu’à la Terre ?
Ce qu’on en pense
Paramount + a bien fait de ne même pas se donner la peine de traduire en français le titre de cette bouse SF dont la moindre idée et le moindre plan semblent empruntés à d’autres films. Kate Mara et Laurence Fishburne cachetonnent sans conviction. On passe du thriller scientifique au huis clos horrifique puis au drame familial dans la plus totale indifférence tant le scénario est indigent et la réalisation pataude. Les effets spéciaux sont cheap, la musique envahissante et le scénario ridicule. Courage fuyons !
The Bikeriders
Par Ph.D
Le pitch
Dans un bar de la ville, Kathy (Jodie Comer), jeune femme au tempérament bien trempé, croise Benny (Austin Butler), qui vient d’intégrer la bande de motards des Vandals, et tombe aussitôt sous son charme. À l’image du pays tout entier, le gang, dirigé par l’énigmatique Johnny (Tom Hardy), évolue peu à peu… Alors que les motards accueillaient tous ceux qui avaient du mal à trouver leur place dans la société, les Vandals deviennent une bande de voyous sans vergogne. Benny devra alors choisir entre Kathy et sa loyauté envers le gang…
Ce qu’on en pense
Un film de moto signé Jeff Nichols (Mud, Take Shelter , Midnight Special) sous influence Easy Rider, on prend ! Découverte de la série Killing Eve, Jodie Comer apporte une touche féminine bienvenue dans cet univers ultra masculin et confirme un talent épatant. L’immersion dans un gang de bikers des années 60 vaut autant pour la qualité de la mise en scène, toujours sobre et précise, que pour le jeu des acteurs, avec les excellents Tom Hardy (Mad Max Fury Road) et Austin Butler ( Elvis, Dune 2) en potes motards, liés par une amitié « à la vie, à la mort ». Un film qui donne envie de se remettre à fumer et de s’acheter une Harley. Compris dans l’abonnement à Prime Vidéo.
Train Dreams
Par Ph.D
Le pitch
Au début du XXe siècle, orphelin depuis l’enfance, Robert (Joel Edgerton) évolue vers l’âge adulte au milieu des grandes forêts du Nord-Ouest américain. Il participe à l’expansion des chemins de fer américains aux côtés d’hommes aussi inoubliables que les paysages qu’ils habitent. Après l’avoir courtisée tendrement, il épouse Gladys (Felicity Jones) avec qui il fonde un foyer, malgré un travail de bucheron qui l’éloigne souvent de sa femme et de leur bébé…
Ce qu’on en pense
Inspiré d’un livre de Denis Johnson, « Train Dreams » dresse le portrait émouvant d’un homme simple, dont la vie se déroule au cours d’une ère de changement sans précédent en Amérique (les années 40-60) sans que cela ne l’atteigne. A la manière de Terrence Malick, Clint Bentley (Sing Sing) immerge le spectateur dans un bain de nature sauvage et de considérations philosophiques en voix off, filmant ses personnages au plus près des visages et des corps pour leur donner chair et âme. Joel Edgerton fait une composition formidable en homme taiseux soumis à un destin à la fois minuscule et tragique, Felicity Jones est magnifique dans le rôle de sa femme Gladys et le moindre second ou troisième rôle est traité avec autant d’importance que les deux premiers. C’est un grand film de cinéma – un des plus beaux de l’année-, qu’on aurait adoré voir en salles et qu’il faut absolument préserver pour un visionnage attentif sur Netflix.
After the Hunt
Par Ph.D
Le Pitch
Une professeure d’université (Julia Roberts) est confrontée à un tournant personnel et professionnel lorsqu’une de ses étudiantes à Yale (Ayo Edebiri) porte une accusation d’agression sexuelle contre l’un de ses collègues et ami (Andrew Garfield), après une soirée arrosée passée chez elle et son mari (Michael Stuhlbarg)…
Ce qu’on en pense
Après les succès en salles que furent Call Me By Your Name et Challengers, c’est, étonnamment, sur la plateforme de streaming d’Amazon (Prime Video) qu’il faut aller voir le nouveau film de Luca Guadagnino, au casting pourtant prestigieux (Julia Roberts, Andrew Garfield, Chloé Sevigny, Michael Stuhlbarg, Ayo Edebiri) et à la réalisation toujours aussi lêchée. Plombé par de longs tunnels de dialogues philosophiques, le film risque de décourager les impatients. Pourtant, le sujet (les relations post-MeToo dans les milieux intellectuels) et son traitement, façon thriller psychologique, valent la peine qu’on aille au bout des 2h30 de film. Julia Roberts, en prof à la fois cassante et brisée, y fait une de ses meilleures compositions récentes.
















