Fils de
Par J.V
Le pitch
Une semaine après la présidentielle, la France cherche toujours son Premier Ministre. Nino (Jean Chevalier), jeune attaché parlementaire ambitieux, est missionné pour convaincre son père, Lionel Perrin (François Cluzet) d’accepter le poste. Mais cet éternel perdant a coupé les ponts avec la politique…et son fils. Nino se retrouve embarqué dans une course effrénée où tous les coups sont permis. Il a 24h00 pour sauver sa carrière, son couple et si possible l’avenir de la France…
Ce qu’on en pense
En avance d’une dissolution, Fils de est une satire politique osée qui offre à Karin Viard et François Cluzet un quatrième duo après France Boutique (2003), Je suis un assassin (2004) et La Vérité ou presque (2007). Les deux co-stars s’en donnent à coeur joie, rejoints par Jean Chevalier, sociétaire de la Comédie-Française, qui dans le rôle de l’attaché parlementaire est la véritable révélation du film.
The Swedish Connection
Par Ph.D
Le Pitch
En 1942, alors que la Suède reste officiellement un pays neutre, un obscur bureaucrate s’arrange pour faire ouvrir, à la barbe des nazis, les frontières du pays à des milliers de juifs Norvégiens, Danois et même Allemands fuyant la Solution Finale…
Ce qu’on en pense
Seuls les historiens s’en souviennent mais, durant la guerre de 39-45, la Suède avait le même statut de pays « neutre » que la Suisse. Pour éviter l’occupation allemande, comme ses voisins Norvégiens ou Danois, le pays dut évidemment transiger avec le pouvoir nazi et se plier à ses désidératas. Mais sur la question juive, il fit mieux que d’autres. On estime à 100 000 le nombre de juifs norvégiens, danois et même allemands qui y trouvèrent refuge jusqu’à la fin de la guerre. Pourtant, ce ne fut pas grâce au gouvernement de l’époque, ni à ses ministres, surtout préoccupés de ne rien faire qui puisse froisser Hitler et déclencher l’occupation du pays. Ce que raconte cette délicieuse comédie suédoise, hélas réservée aux abonnés Netflix, c’est qu’un obscur fonctionnaire du nom de Gosta Engzell, modeste employé des services juridiques du gouvernement, utilisa en secret toutes les ressources diplomatiques et juridiques pour faciliter l’accueil des juifs dès 1942, alors que la « Solution Finale » était encore considérée comme une rumeur. Le film raconte l’histoire de ce Juste sur le ton de la comédie satyrique, en se moquant allègrement des travers de la bureaucratie suédoise, mais en montrant comment elle a pourtant pu servir la plus juste des causes. A voir !
Ceux qui comptent
Par Ph.D
Le Pitch
Rose (Sandrine Kiberlain) et Jean (Pierre Luttin) n’ont rien en commun. Rose est une force de la nature qui affronte tous ses problèmes avec une désarmante joie de vivre. Elle campe avec ses 3 enfants à l’étage de l’hôtel de famille qui ne leur appartient plus, et non, ils ne sont pas pauvres : ils sont fauchés. C’est temporaire. Jean est un homme solitaire et taciturne qui a fini par enfouir son grand cœur sous des couches de pudeur et de résignation. Quand il arrive malgré lui dans cette famille hors norme, il va très vite devenir indispensable. Qu’attendaient-ils avant de se rencontrer ? Sans doute plus rien. Et pourtant, ensemble, tout va devenir possible…
Ce qu’on en pense
Après Carré Blanc et Hors de portée (avec Michael Douglas), Jean-Baptiste Leonetti change radicalement de genre pour une comédie sociale dont le principal argument est de réunir Sandrine Kiberlain et Pierre Luttin dans les rôles principaux. Deux acteurs qui réussissent aussi bien dans le drame que dans le burlesque et qui forment ici un couple de cinéma épatant dans des rôles de marginaux attachants. Dommage que le scénario soit si peu réaliste qu’on peine à s’intéresser à leur histoire…
Evanouis
Par J.V
Le pitch
Lorsque tous les enfants d’une même classe, à l’exception d’un, disparaissent mystérieusement la même nuit, à la même heure, la ville entière cherche à découvrir qui — ou quoi — est à l’origine de ce phénomène inexpliqué…
Ce qu’on en pense
Entre Stephen King et David Lynch, un film-concept signé Zach Cregger, avec une enquête menée façon puzzle et une intrigue plus complexe qu’il n’y paraît au premier abord. Josh Brolin, Benedict Wong et Julia Garner sont parfaitement utilisés dans ce thriller horrifique rondement mené, qui ne ménage pas ses effets pour tenir le spectateur en haleine jusqu’au bout.
Connemara
Par Ph.D
Le pitch
Issue d’un milieu modeste, Hélène (Mélanie Thierry) a quitté depuis longtemps les Vosges. Aujourd’hui, elle a la quarantaine. Un burn-out brutal l’oblige a quitter Paris, revenir là où elle a grandi, entre Nancy et Epinal. Elle s’installe avec sa famille, retrouve un bon travail, la qualité de vie en somme… Un soir, sur le parking d’un restaurant franchisé, elle aperçoit un visage connu, Christophe Marchal (Bastien Bouillon), le bel Hockeyeur des années lycées. Christophe, ce lointain objet de désir, une liaison qu’Hélène n’avait pas vue venir… Dans leurs étreintes, ce sont deux France, deux mondes désormais étrangers qui rêvent de s’aimer. Cette idylle, cette île leur sera-t-elle possible ?
Ce qu’on en pense
Ce n’est pas la même chanson, mais un peu la même histoire ! D’un titre à l’autre, les mêmes thèmes parcourent Partir un jour, présenté en ouverture de Cannes 2025, et Connemara sélectionné à Cannes Première: le retour aux sources d’une transfuge de classe. Amélie Bonnin en tirait une comédie musicale légère et enlevée. Alex Lutz vise plutôt le mélo social avec cette adaptation réussie du roman de Nicolas Mathieu. Mélanie Thierry remplace Juliette Armanet, tandis que Bastien Bouillon tient à peu près le même rôle dans les deux films.
Materialists
Par J.V
Le pitch
Lucy (Dakota Johnson), une jeune et ambitieuse matchmakeuse new-yorkaise se retrouve dans un triangle amoureux complexe, tiraillée entre Harry (Pedro Pascal) le » match » parfait et John (Chris Evans), son ex, tout sauf idéal…
Ce qu’on en pense
Révèlée en 2023 avec l’émouvant Past Lives, nos vies d’avant, Céline Song revient avec une pure comédie romantique new yorkaise, genre pourtant usé jusqu’à la corde et qui n’a plus produit de réussites flagrantes depuis les années 90. Elle y réussit haut la main, bien aidée par un casting éminemment glamour (Dakota Johnson, Pedro Pascal et Chris Evans) et par les décors de La Grosse Pomme, toujours aussi cinématographiques. Sur un canevas classique de triangle amoureux, la réalisatrice parvient à tisser une comédie de moeurs moderne, pertinente et plus profonde qu’il n’y paraît au premier abord.
Projet dernière chance
Par Ph.D
Le pitch
Ryland Grace (Ryan Gosling) , professeur de sciences, se réveille seul à bord d’un vaisseau spatial, à des années-lumière de la Terre, sans aucun souvenir de son identité ni des raisons de sa présence à bord. Peu à peu, sa mémoire lui revient, et il comprend l’enjeu de sa mission : résoudre l’énigme de la mystérieuse substance qui cause l’extinction du Soleil. Pour tenter de sauver l’humanité, il va devoir faire appel à ses connaissances scientifiques et à des idées peu conventionnelles … Mais une amitié inattendue pourrait bien l’aider à ne pas affronter cette mission tout seul.
Ce qu’on en pense
Adapté d’un roman d’Andy Weir (Seul sur Mars) par le duo Phil Lord/Chris Miller, responsable de quelques bons films des franchises Lego, Jump Street ou Spiderman, Projet dernière chance est un bon petit film de science fiction à voir en famille. Plein d’humour, de clins d’oeil et de bons sentiments, il offre un grand divertissement feelgood sur le thème de l’entente entre les races, y compris extraterrestres. Le sujet aurait pu être traité plus sérieusement pour donner un grand film de SF de type Interstellar ou Premier Contact, mais telle n’était visiblement pas l’intention du duo de réalisateurs. Sandra Hüller, affublée d’une coiffure épouvantable, n’est là que pour faire de la figuration.
La Gifle
Par Ph.D
Le pitch
Julia (Julia Jentsch) et Tobias (Felix Kramer) semblent être le couple parfait. Mais derrière les apparences, un trouble gronde. L’équilibre fragile entre les deux est brisé lorsque leur fille Marielle (Laeni Geiseler) développe soudainement des capacités télépathiques…
Les Rayons et les Ombres
Par Ph.D
Le Pitch
A la veille de la Deuxième Guerre mondiale, Jean Luchaire (Jean Dujardin), patron d’un journal et pacifiste convaincu, se lie d’amitié avec l’Allemand Otto Abetz (August Diehl) qui deviendra Ambassadeur d’Allemagne à Paris pendant l’occupation. Leur relation privilégiée permettra à Luchaire et à sa fille Corinne (Nastya Golubeva), actrice en vue, de vivre une vie de privilégiés, alors que l’Europe sombre dans la barbarie nazie. A la libération, ils devront rendre des comptes…
Ce qu’on en pense
Cinq ans après le triomphe de son adaptation des Illusions Perdues (7 César dont celui du meilleur film), Xavier Giannoli s’est senti légitimé à se lancer dans cette fresque historique de plus trois heures sur la collaboration. Un sujet pour le moins sensible, historiquement et conjoncturellement avec la résurgence de l’antisémitisme et la montée des extrêmes. A travers le portrait de Jean Luchaire, patron de presse condamné à mort après la guerre pour collaboration, et de sa fille Corinne actrice à la carrière brisée, elle même condamnée à la déchéance civile, le film tente de montrer comment les meilleures intentions pacifistes et humanistes ont pu entrainer certains hommes dans le piège d’une collaboration, devenue totalement injustifiable après la découverte des crimes nazis et de la Shoah. De la rencontre de Luchaire avec Otto Abetz (formidable August Diehl), qui pour son malheur deviendra son ami et l’ambassadeur d’Allemagne à Paris, à son procès et à sa condamnation à mort, on suit la dérive du personnage qui entrainera sa fille dans sa chute. Jean Dujardin est parfait dans ce rôle ambivalent et on découvre le talent de Nastya Golubeva (fille de Leon Carax aux faux airs d’Emilie Dequenne), très émouvante dans celui de Corinne Luchaire. Avec 30 millions de budget et une reconstitution fastueuse du Paris de l’occupation, Les Rayons et les Ombres (titre emprunté à Victor Hugo) est le premier grand film français de l’année. On lui souhaite de connaître le succès public qu’il mérite malgré sa durée extravagante.
Victor
Par Ph.D
Le pitch
Habité par Victor Hugo, le comédien Robert Zucchini (Fabrice Lucchini) traîne une douce mélancolie lorsqu’il n’est pas sur scène. Chaque soir, il remplit les salles en transmettant son amour des mots. Jusqu’au jour où réapparaît sa fille (Marie Narbonne), qu’il n’a pas vue grandir… Et si aimer, pour une fois, valait mieux qu’admirer ?
Ce qu’on en pense
Disparue il y a tout juste deux ans, la regrettée Sophie Fillières nous aura légué deux films posthumes : Ma vie ma gueule, sorti en 2024 et celui-ci, qu’a réalisé son ex-compagnon Pascal Bonitzer. Ecrit pour Fabrice Luchini avant que celui-ci ne crée son spectacle sur Victor Hugo, le film intègre plusieurs captations de la pièce, en lien plus ou moins étroit avec son thème principal: les rapports père-fille. Ou plutôt, en l’occurence, leur absence. Père absent, Zuchini-Luchini cherche à renouer avec sa fille (Marie Narbonne émouvante) qui a rompu les ponts, mais continue de travailler, elle aussi, dans le théâtre. Joli portrait de famille dysfonctionnelle, le film est aussi une célébration du théâtre et du génie poétique d’Hugo. Un petit bijou.
Dead of Winter
Par Ph.D
Le pitch
Au nord du Minnesota, une veuve (Emma Thompson) partie en pèlerinage de pêche sur un lac gelé, tombe par hasard sur un couple de kidnappeurs qui retiennent une adolescente dans leur cave. En l’absence de réseau téléphonique et en pleine tempête de neige, elle va devoir se débrouiller seule pour lui venir en aide…
Ce qu’on en pense
Emma Thompson est la vedette (et la coproductrice) de ce petit thriller à suspense sans prétention mais bien réalisé, dans une ambiance à la Fargo. Elle y campe une veuve de pêcheur qui, sous son apparence fragile, cache un solide caractère et va se démener pour sauver des griffes d’un couple de dingues une gamine kidnappée dans laquelle elle voit la fille qu’elle n’a jamais pu avoir. Basée sur un mobile pourtant assez improbable, l’intrigue tient en haleine jusqu’au bout et on ne regrette pas l’heure et demie passée avec la (vieille) dame du lac.
L’Art du faux
Par Ph.D
Le pitch
À Rome, dans les années 70, Toni Chichiarelli (Pietro Castellitto), devient un maître de la contrefaçon picturale pour le compte de la mafia. Il se retrouve impliqué malgré lui dans l’enlèvement et l’exécution d’Aldo Moro.
Ce qu’on en pense
Une histoire d’amitié et de mafia dans la Rome des années Brigades Rouges. Reconstitution d’époque soignée, casting au top, réalisation et BO 70’s… Un régal de film italien à savourer sur Netflix. Tiré d’une histoire vraie.
Conclave
Par Ph.D
Le pitch
Quand le pape décède de façon inattendue et mystérieuse, le cardinal Lawrence (Ralph Fiennes) se retrouve chargé d’organiser la sélection de son successeur. Alors que les machinations politiques au sein du Vatican s’intensifient, il se rend compte que le défunt leur avait caché un secret qu’il doit découvrir avant qu’un nouveau Pape ne soit choisi. Ce qui va se passer derrière ces murs changera la face du monde…
Ce qu’on en pense
Après À l’ouest, rien de nouveau qui lui avait valu 4 Oscars, l’Allemand Edward Berger nous invite au Vatican pour assister à un conclave à suspense. Les premières images rappellent irrésistiblement Habemus Papam, le film de Nanni Moretti dans lequel le futur pape incarné par Michel Piccoli prenait la poudre d’escampette pour se perdre dans Rome : même décor, mêmes costumes… La ressemblance s’arrête là. Le Conclave débouche ici sur un thriller politique et psychologique tendu et passionnant… Jusqu’à un final, hélas, un peu trop tiré par la soutane. La prestation de Ralph Fiennes dans le rôle principal n’en demeure pas moins impressionnante.
Jumpers
Par J.V
Le Pitch
Mabel, une adolescente passionnée par les animaux, saute (littéralement !) sur l’occasion d’essayer une nouvelle technologie révolutionnaire permettant de communiquer avec eux d’une manière totalement inédite… en se glissant dans la peau d’une adorable femelle castor. Conçu par des scientifiques visionnaires, ce dispositif permet de transférer la conscience humaine dans le corps de robots-animaux plus vrais que nature. Mabel se lance alors dans une aventure unique et riche en découvertes au cœur du règne animal.
Ce qu’on en pense
Pour faire patienter les fans jusqu’à Toy Story 5 (17 juin), Pixar dégaine Jumpers : le 30e long métrage du studio depuis 1995. Et un carton de plus à prévoir tant l’aventure est réjouissante. Inversant la dynamique habituelle chère à la maison mère (Disney), Daniel Chong place les humains dans des corps d’animaux et adopte leur point de vue dans cette fable euphorisante, menée grand train mais qui n’oublie pas d’être intelligente et écolo. Une nouvelle réussite épatante.
Pillion
Par Ph.D
Le pitch
Colin (Harry Melling), un jeune homme introverti et mal dans sa peau, rencontre Ray (Alexander Skarsgård) le séduisant et charismatique leader d’un club de motards. Contre toute attente, Ray le ramène chez lui. C’est ainsi que Colin découvre les rapports de domination et devient le soumis de Ray.
Ce qu’on en pense
Sensation de la sélection Un Certain Regard à Cannes 2025, Pillion ose le grand écart entre Scorpio Rising et Pédale Douce. L’Anglais Harry Lighton trouve le ton juste et la bonne distance pour raconter cette improbable histoire de d’amour sado-maso entre un banlieusard introverti et sans grâce (Harry Melling) et un viking blond beau comme Bad Pitt (Alexander Skarsgard), qui en fait son esclave sexuel, comme si cela coulait de source. Le film enchaine les scènes scabreuses avec un sens de l’humour très British et déjoue tous les stéréotypes. Une curiosité.
















