Cinéma

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Caravane

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Ester (Aňa Geislerovà) élève seule David (David Vostrčil),  son fils, atteint d’une déficience intellectuelle. En vacances chez des amis en Italie, la tension monte après une crise de David. Ils se retrouvent exilés dans une vieille caravane au fond du jardin. C’en est trop pour Ester. Sur un coup de tête, ils prennent la route. Quand Zuza (Juliana Olhová),  jeune routarde sans préjugés, embarque à leurs côtés, un trio bancal mais sincère se forme, entre joie fragile et liberté inattendue…

Ce qu’on en pense 

La cinématographie n’est généralement pas la qualité principale des films sur le handicap. Caravane est l’une des exceptions qui confirment la règle.  La mise en scène à la fois naturaliste et sensorielle de Zuzana Kirchnerová  rend vraiment mémorable cette cavale d’une mère et son fils handicapé mental dans le sud de l’Italie. Ana Geislerova est formidable dans le rôle de mère-courage qui lui est dévolu. Un premier film prometteur qui laisse espèrer que la réalisatrice tchèque, lauréate de la Ciné Fondation à Cannes en 2009, ne mettra pas quinze ans pour réaliser son deuxième long métrage.

Affection Affection

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Sur la Côte d’Azur, une adolescente disparaît le jour de son anniversaire. Géraldine (Agathe Bonitzer), employée municipale, s’improvise alors détective. Personne n’a rien vu mais tout le monde a son mot à dire et Géraldine aura du mal à ne pas se laisser submerger par les potins, les théories et les croyances de chacun. Et ce n’est pas le retour inopiné de sa mère (Nathalie Richard)  qui va lui faciliter la tâche. Une petite ville, c’est bien connu, c’est plein de petits crimes…

Ce qu’on en pense

Ecrit à quatre mains sur le mode « marabout-bout de ficelle » et tourné en hiver entre Cavalaire et Bormes les mimosas, Affection Affection  est un OFNI (objet filmique non identifié) de plus à mettre au crédit du jeune cinéma français. Cela débute comme une série Netflix par la disparition d’une adolescente et de son père le soir du 17e anniversaire de la première. La jeune maîtresse du papa, Géraldine (Agathe Bonitzer, concernée et distante à la fois), est la seule à s’en inquiéter et à les rechercher. C’est « Géraldine détective« , dans un film à la Rivette. Sur ces entrefaites, réapparaît la mère de l’héroïne (Nathalie Richard) qu’elle n’a plus vu depuis ses 17 ans (elle en a 34). Outre l’ambiance « hors saison » de cette fausse station balnéaire constituée de plusieurs communes varoises,  les deux scénaristes-réalisateurs semblent avoir bloqué sur l’homophonie  mer-mère-maire (le père de la disparue est le premier magistrat du village) et sur les phénomènes d’apparition-disparition. Des trois « mer-mères-maire »,  seule la mer reste dans le cadre. Les autres ont une fâcheuse tendance à se noyer ou à disparaître. Assez vite,  la réalité se brouille et l’enquête avance comme dans un rêve nocturne. Le spectateur pourra trouver ça barré, drôle et charmant ou sans queue ni tête, selon son humeur du moment ou son degré de cinéphilie, mais il lui sera difficile de ne pas avoir d’affection (affection) pour les protagonistes de ce petit film qui sent bon le maquis et les embruns.

La Corde au cou

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Ceci est l’histoire vraie de Tony Kiritsis (Bill Skarsgård),  un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ?

Ce qu’on en pense

Gus Van Sant est de retour avec cet hommage à Un après midi de chien (Sydney Lumet 1975) dans lequel on retrouve Al Pacino pour deux scènes géniales. Dans le rôle du preneur d’otage, Bill Skarsgård inscrit son nom juste après celui de son modèle dans la liste des grandes performances du genre. La réalisation, à la patine trés seventies, est aussi un bel hommage au nouvel Hollywood et donnera, on l’espère envie aux plus jeunes cinéphiles de découvrir cette riche période du cinéma US. Dommage que la dénonciation du capitalisme sauvage (certes d’actualité avec l’affaire Luigi Mangione), manque d’acuité et empêche le film de dépasser le niveau de l’exercice de style (très) réussi.

Truly Naked

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Alec (Caolan O’Gorman) vit seul avec son père Dylan (Andrew Howard) , acteur et producteur de films X. Comme il travaille à domicile, Alec a été exposé depuis son plus jeune âge à la pornographie. Depuis quelque temps, c’est même lui qui tient la caméra pour filmer les ébats de son père.  Le quotidien du lycéen devient difficile à dissimuler lorsqu’il se rapproche de Nina (Safiya Benaddi) , une camarade de classe

Ce qu’on  en pense

La sexualité des adolescents à l’épreuve de la pornographie : la réalisatrice Muriel d’Ansembourg s’empare du sujet avec frontalité. Plusieurs scènes, très crues, provoquent le malaise chez le spectateur, transformé bon gré mal gré en voyeur. Heureusement, les deux jeunes acteurs apportent un peu de fraicheur et d’innocence à cet environnement plutôt glauque.

Hayat

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Contrainte à un mariage arrangé, Hicran (Miray Daner) s’enfuit de chez elle. Inquiété par sa disparition, son supposé fiancé Riza (Burak Dakak) quitte son village pour Istanbul, à la recherche de celle qu’il n’a pas eu le temps de connaître. Face à la réalité d’un monde masculin qui veut la soumettre, Hicran s’abandonne à son destin…

Ce qu’on  en pense

Achevé en 2023 et choisi pour représenter son pays aux Oscars 2025, ce beau film Turc sort enfin en France:  cela valait la peine d’attendre.  Sa durée (2h40), ne doit pas décourager les bonnes volontés,  on ne s’y ennuie jamais. L’histoire- classique dénonciation du patriarcat –  ne cesse d’évoluer et de surprendre. La réalisation est digne de Nuri Bilge Ceylan, en plus dynamique. On est cueilli par la beauté des images et des cadres.  Un nouveau grand du cinéma Turc est né. Retenez son nom : Zeki Demirkubuz.

Juste une illusion

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

1985.  Vincent (Simon Boublil), bientôt 13 ans, vit en banlieue parisienne dans une famille de la classe moyenne, entre un grand frère distant  (Alexis Rosensthiel) et des parents (Camille Cottin, Louis Garrel) aimants mais absorbés par leurs problèmes de couple et de carrière. A la veille de sa bar mitzvah,  le petit monde douillet de Vincent entre en ébullition…

Ce qu’on en pense

Cinéastes du « vivre ensemble »,  Olivier Nakache et Eric Toledano ne pouvaient pas ne pas filmer la décennie qui, à la fois, le symbolise et en marque le déclin. Retour donc aux années 80, qui sont celles de leur adolescence,  avec un jeune héros (Simon Boublil, une découverte) qui leur ressemble sans doute beaucoup. On le suit dans les semaines qui précèdent sa bar mitzvah, découvrant que son père (Louis Garrel frisé et moustachu) a été licencié mais fait toujours semblant d’aller au travail, que sa mère (Camille Cottin, épatante) a des ambitions professionnelles (et un prétendant qu’elle ignore gentiment, l’excellent Pierre Lottin) , que son grand frère (Alexis Rosensthiel, trés bien )  deale des cassettes de new wave pirates et qu’il est amoureux de la plus jolie fille de la classe (qui le snobe, évidemment). Le temps de conquérir son coeur (sur un malentendu)  et de récupérer une cassette porno malencontreusement égarée chez le rabbin, Vincent sera déjà presqu’un adulte…  Chez d’autres réalisateurs, ce « coming of age » euphorisant serait mièvre ou lourdingue. Avec les Nakadano tout passe en finesse, avec intelligence et sensibilité. La comparaison avec le Spielberg de The Fabelmans n’est pas usurpée.  Comme le suggère le titre (emprunté à Jean-Louis Aubert et non inclus dans la BO), toute cette innocence et cette joie de vivre ensemble n’était sans doute qu’illusion. Mais qu’est-ce que c’était bon !   

 

Romeria

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Afin d’obtenir un document d’état civil pour ses études supérieures, Marina (Llucia Garcia) , adoptée depuis l’enfance, doit renouer avec une partie de sa véritable famille. Guidée par le journal intime de sa mère qui ne l’a jamais quittée, elle se rend sur la côte de Galice et rencontre tout un pan de sa famille paternelle qu’elle ne connait pas. L’arrivée de Marina va faire ressurgir le passé. En ravivant le souvenir de ses parents, elle va découvrir les secrets de cette famille, les non-dits et les hontes…

Ce qu’on en pense 

Troisième long métrage de la réalisatrice espagnole Carla Simon, Romeria n’a pas retenu les suffrages du jury lors de sa présentation cannoise,  mais il a laissé un souvenir profond aux festivaliers qui ont eu la chance de l’y découvrir en avant première. Avec ce nouveau film, Carla Simon confirme qu’elle est un des plus purs talents du nouveau cinéma espagnol. Creusant la veine autobiographique d’Eté 93, dans un style naturaliste qui n’exclut pas l’onirisme, ni l’émotion,  elle met en scène une formidable débutante (Lluca Garcia étonnante de naturel), dressant l’autoportrait sensible d’une jeune fille adoptée partie à la rencontre d’une famille paternelle, dont elle ignore presque tout. Les paysages venteux de la Galice donnent au film une âpreté que tempère la douceur de la jeune héroïne, résolue à découvrir la vérité sans forcément rouvrir les plaies du passé. La seule force de sa présence suffisant à mettre chacun face à ses devoirs vis à vis de passé familial…

Indomptables

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

À Yaoundé, le commissaire Billong (Thomas Ngijol) enquête sur le meurtre d’un officier de police. Dans la rue comme au sein de sa famille, il peine à maintenir l’ordre. Homme de principe et de tradition, il approche du point de rupture….

Ce qu’on en pense

Belle surprise que ce premier long métrage signé de l’humoriste Thomas Ngijol, qui délaisse la comédie le temps d’ un polar naturaliste dans la veine sombre de Bad Lieutenant  ou  Le Caire confidentiel. Le néo réalisateur, qui tient aussi le premier rôle, parvient à trouver la bonne distance pour dépeindre la société camerounaise, sans tomber dans les clichés, le moralisme,  ni la caricature.  A voir ! 

09

Le Cri des gardes

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Un vaste chantier de travaux publics en Afrique de l’Ouest. Horn, le patron (Matt Dillon), et Cal, un jeune ingénieur (Tom Blyth) , partagent une habitation provisoire derrière les doubles grilles de l’enceinte réservée aux blancs. Leone, future épouse de Horn, arrive d’Europe le soir même où un homme qui s’est introduit par effraction surgit derrière les grilles. Il s’appelle Alboury (Isaach de Bankolé). Il ne quittera pas les lieux tant qu’on ne lui aura pas rendu le corps de son frère, mort sur le chantier…

Ce qu’on  en pense

Retour en Afrique pour Claire Denis, qui y a débuté avec Chocolat. Elle y adapte Combat de nègre et de chiens de Bernard Marie Koltès,  que Patrice Chereau avait créé au théâtre en 1983. Malgré le recours au flash-back, le film peine à se départir de sa forme théâtrale et le cabotinage malheureux de Matt Dillon dans le rôle du méchant colon n’arrange rien. Collaborateur de la première heure de la réalisatrice (et de Koltès !) , Isaach de Bankolé parvient tout de même à faire passer l’émotion de son personnage en quête de justice, dans un système verrouillé par la colonisation et le racisme. 

An Evening Song

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

1939, quelque part dans le Midwest américain : Barbara Fowler (Hannah Gross), ancienne enfant prodige de la littérature et son mari Richard (Peter Vack),  auteur de romans pulp, s’installent à la campagne, où ils se retrouvent pris dans un triangle amoureux avec Martha (Deragh Campbell),  leur servante profondément religieuse, dans cet examen envoûtant d’un monde voué à disparaître.

Ce qu’on en pense

Entre Terrence Malick, Alexandre Sokourov et Kelly Reichardt, du vrai cinéma d’art et essai américain avec force surimpressions, flous artistiques, voix off et musique amniotique. On accroche ou pas, mais le réalisateur new-yorkais, Graham Swon, est une découverte pour les cinéphiles de ce côté ci de l’Atlantique.

Pour Klara

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Sous le soleil de l’Adriatique, David  (Barry Ward) espère profiter des vacances avec ses deux enfants dans l’espoir de ressouder les liens familiaux. Alors que Klára (Dexter franc) vit son premier amour, un événement brutal vient troubler cette parenthèse. Déjà vulnérable, la jeune fille en est profondément affectée, poussant ses parents à franchir certaines limites pour la protéger…

Ce qu’on en pense

Adolescente et anorexique, Klara (Dexter Franc, une découverte) inquiète ses parents. La situation est d’autant plus complexe qu’ils viennent de se séparer et que le père envisage de retourner vivre en Angleterre, d’où il est originaire. En attendant, il a embarqué ses deux mômes pour un séjour de camping sur les bords de l’Adriatique. Le quotidien est pesant, il faut négocier avec Klara chaque bouchée qu’elle avale. Son petit frère ne la supporte plus. L’arrivée dans leur vie d’un éventuel petit copain pour Klara détend l’ambiance. Pas pour longtemps : le garçon est accusé de meurtre et disparaît. La petite famille rentre précipitamment à Prague. Inconsolable, Klara ne se nourrit plus du tout et doit être hospitalisée. En désespoir de cause, David invente un stratagème: il achète un téléphone prépayé et envoie des messages d’amour à sa fille en se faisant passer pour son soupirant.Dangereux subterfuge…  Un drame familial Tchèque saisissant et très maitrisé sur les troubles de l’adolescence et les rapports intra familiaux.  A voir. 

Dracula

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Au XVe siècle, le Prince Vladimir  (Caleb Landry Jones) renie Dieu après la mort cruelle de son épouse (Zoe Bleu). Il hérite alors d’une malédiction – la vie éternelle- et devient un vampire, condamné à errer à travers les continents et les siècles pour retrouver la réincarnation de son amour perdu. Dans le Paris du 19e siècle, un prêtre (Christoph Walz),  un médecin  (Guillaume de Tonquedec) et un jeune notaire (Ewens Abid) vont unir leurs forces pour l’empêcher d’envouter la fiancée de ce dernier (Zoé Bleu),  dans laquelle Dracula a cru reconnaître son amour défunte…

Ce qu’on en pense

Quelques mois après le Nosferatu de Robert Eggers,  Luc Besson adapte à son tour le roman originel de Bram Stoker. Il le fait en se concentrant sur l’histoire d’amour entre Dracula et Mina Murray,  qui n’était qu’esquissée dans le roman. Excellente idée, assortie d’un casting idéal : le couple de cinéma formé par Caleb Landry Jones et Zoe Bleu (fille de Rosanna Arquette) est l’atout majeur du film,  qui, pour le reste,  recycle allègrement le roman,  le Dracula de FF Coppola (pour l’esthétique gothique) et le Bal des vampires de Polanski (pour le second degré et les chasseurs de vampires),  avec un zeste d’Adèle Blanc-Sec (pour le Paris du 19e siècle et les effets spéciaux) et de Jeanne d’Arc (pour les scènes de batailles) pour faire bonne mesure.  Un étonnant mélange de comédie, de film de vampire et de romance, qui commence par dérouter mais finit par séduire,  grâce à son romantisme échevelé. Distrayant sinon mémorable.

Un Ours dans le Jura

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Michel (Franck Dubosc) et Cathy (Laure Calamy), un couple usé par le temps et les difficultés financières, ne se parle plus vraiment. Jusqu’au jour où Michel, pour éviter un ours sur la route, heurte une voiture et tue les deux occupants. Deux morts et deux millions en billets usagés dans le coffre, forcément, ça donne envie de se reparler. Et surtout de ne rien dire !

Ce qu’on en pense

Franck Dubosc risque de surprendre le public des comédies franchouillardes dans lesquelles il se commet de coutume,  avec la réalisation de ce troisième long métrage à l’humour nettement plus noir. Inspiré des comédies noires anglaises et du chef d’oeuvre des frères Coen, Fargo, ce polar enneigé met en scène une galerie de personnages plus croquignolets les uns que les autres autour de l’éventuel partage d’un butin tombé du ciel. Dubosc et Laure Calamy forment un couple de bouseux taiseux déjà assez réjouissant, mais quand Benoît Poelvoorde débarque en gendarme pas si crétin qu’il en a l’air, la farce décolle vers des sommets inespérés. Si l’on ajoute que la mise en scène et la photo sont soignées, que les dialogues sont très bien écrits et que la BO tourne autour d’un tube vintage de Marie Laforêt totalement décalé (« Fais-moi l’amour comme à seize ans »),  cela donne une des meilleures comédies françaises de ces dernières années.

 

Silent Friend

Cinéma|

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. En 1908, il suit Grete (Luna Wedler), qui lutte pour exister dans un milieu qui l’ignore. Dans les années 70, il voit Hannes (Enzo Brumm)  s’éveiller à l’amour et au monde des plantes. Aujourd’hui, le vieil arbre parle avec Tony  (Tony Leung) dans son langage secret. Autour de lui, certains se cherchent, d’autres se rencontrent. Lui demeure, ami silencieux, dans un temps plus vaste que le leur.

Ce qu’on en pense 

La star du nouveau film de la hongroise Ildiko Enyedi est un arbre. Un Ginko Biloba pour être précis. Elle le filme comme si c’était Brad Pitt dans une pub pour sous vêtements. L’autre vedette du film, Tony Leung (LE Tony Leung) en tombe raide amoureux. Ne riez pas : ça pourrait aussi vous arriver !  Dans ce film lysergique et poétique, les hommes parlent aux plantes et vice versa. Le petit malin de la deuxième section (celle qui se passe dans les années 70)  utilise même un géranium comme ouvre-porte. Placée sur le bord de fenêtre de sa dulcinée, la plante le reconnaît quand il se pointe à la porte du jardin. Désoeuvré par le Covid et confiné solitaire dans l’université allemande où il venait de sa lointaine Asie donner un cours, le brave Tony parvient à convaincre une collègue française (Lea Seydoux avec des lunettes d’ingénieure de l’INRA) de lui envoyer du sperme de Ginko Biloba mâle pour fertiliser l’arbre femelle du parc et la convaincre de lui parler. L’ingestion d’un champignon hallucinogène facilitera grandement la conversation. Un siècle plus tôt, au même endroit, une agronome surdouée (Luna Wedler), première femme à intégrer le corps professoral de l’Université,  apprenait la photo pour fixer sur plaques sensibles l’éclosion de ses chères plantes. Ses collègues hommes n’étaient pas loin de lui faire un procès en pornographie. Quelle dévergondée !  Il y a tout cela et bien d’autres choses (dont un cours magistral sur le « cerveau lanterne » des bébés) dans ce film merveilleux, que seuls les impatients congénitaux trouveront trop long (2h30, ressenties moitié moins). Les autres se couleront avec ravissement dans un état rare au cinéma : l’extase. 

Fils de

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Une semaine après la présidentielle, la France cherche toujours son Premier Ministre. Nino (Jean Chevalier), jeune attaché parlementaire ambitieux, est missionné pour convaincre son père, Lionel Perrin (François Cluzet) d’accepter le poste. Mais cet éternel perdant a coupé les ponts avec la politique…et son fils. Nino se retrouve embarqué dans une course effrénée où tous les coups sont permis. Il a 24h00 pour sauver sa carrière, son couple et si possible l’avenir de la France…

Ce qu’on en pense

En avance d’une dissolution, Fils de est une satire politique osée qui offre à  Karin Viard et François Cluzet un quatrième duo après France Boutique (2003), Je suis un assassin (2004) et La Vérité ou presque (2007).  Les deux co-stars s’en donnent à coeur joie, rejoints par Jean Chevalier, sociétaire de la Comédie-Française, qui dans le rôle de l’attaché parlementaire est la véritable révélation du film.