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Nice : Olivier Roller

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Par Philippe DUPUY

Portraitiste célèbre pour ses photos décalées de célébrités et de politiques, Olivier Roller a, comme tout le monde, été frappé par la brutalité de l’invasion Russe en Ukraine : « J’avais déjà été choqué par les images de la guerre en ex-Yougoslavie, mais j’étais trop jeune pour pouvoir faire quoi que ce soit, raconte le photographe Strabourgeois. Là, je me suis immédiatement posé la question. Comment aider ? J’ai pensé à mettre mon studio photo parisien, que je n’utilise qu’en journée, à disposition  des réfugiés pour qu’ils puissent y passer la nuit, se doucher et se réconforter. J’ai mis une annonce sur un site d’hébergement humanitaire et j’ai tout de suite eu de la demande. J’ai pu y accueillir jusqu’à 4 personnes en même temps. Comme je suis photographe, je n’ai pas pu m’empêcher de faire leur portrait, mais comme il s’agissait essentiellement de jeunes gens et tous plutôt beaux, on aurait pu croire qu’il s’agissait de mannequins professionnels. J’ai donc eu l’idée de monter les photos dans un film vidéo où ils raconteraient leur histoire en quelques mots« . Ainsi est né le projet « Portraits de réfugiés Ukrainiens » qu’Olivier Roller continue d’enrichir chaque jour sur son compte Instagram (@OlivierRoller @Ukranian_refugees_portraits) « C’est là que j’ai découvert son travail, enchaine Anne Dopffer directrice des musées nationaux des Alpes Maritimes Je me suis dit que ce projet, par ce qu’il porte d’humanité, s’inscrirait avec évidence au sein du musée national Marc Chagall. Tout au long de sa vie,  Chagall qui a connu les persécutions, les guerres et le chemin de l’exil, a lui-même raconté en images les violences du XXe siècle.  Le cycle peint du Message Biblique, qui inclue le récit de l’Exode, en atteste et est à l’origine du musée, conçu par l’artiste comme un de lieu de paix et de spiritualité. Projetés aux côtés des vitraux de Marc Chagall qui voulait créer une maison dans laquelle « viendront des jeunes et les moins jeunes chercher un idéal de fraternité et d’amour tels que mes couleurs et mes lignes l’ont rêvé », ces portraits racontent aussi l’espoir de la fin du conflit« .  

Les images d’Olivier Roller sont frontales et dépouillées : les corps, les visages, cadrés de près, se livrent à l’objectif du photographe qui se focalise lentement sur le regard, fixe ou lointain, de ces jeunes femmes et hommes. Leurs voix qui partagent leur récit, rendent palpables leurs existences bouleversées : des voix cassées qui, au-delà des mots, portent les souvenirs cruels, le doute et parfois le sentiment de culpabilité ; des voix fermes également qui disent leur énergie, leur courage et leur engagement à aider leurs compatriotes.  « Ce face-à-face, sans filtre, nous ouvre les yeux sur des destins humains singuliers qui traversent les épreuves de la guerre, poursuit Anne Dopffer. Leur présence donne soudain corps à cette abstraction lointaine qu’est la guerre perçue à distance. Les témoignages, auxquels se mêle parfois la voix de l’artiste, racontent l’arrachement du pays natal, le périple angoissant, le quotidien précaire, rythmé par l’incertitude et la quête des moyens de survie, mais aussi les pensées accaparées par la nostalgie, l’inquiétude pour les proches. Loin de tout misérabilisme, le regard d’Olivier Roller souligne la dignité et la puissance des citoyens ukrainiens que la violence et la guerre ont transformés, du jour au lendemain, en réfugiés. Face aux tourments de l’Histoire d’hier et d’aujourd’hui, les artistes nous placent également face à des questions : celles de nos responsabilités et du choix d’accueillir – ou non – la détresse, physique et morale, engendrée par la guerre« . Le film, d’une durée de 12 minutes mais qui pourra lui aussi s’enrichir de nouveaux témoignages, est projeté dans l’auditorium du musée Chagall toutes les 30 minutes. « Jusqu’à ce que la guerre cesse » promet Anne Dopffer. Pour son lancement, Olivier Roller avait invité plusieurs de ses modèles à le suivre à Nice. Tous ont dit leur reconnaissance et leur désir de retourner au plus tôt dans leur pays. Sur leur visage , la fatigue et la sidération étaient visibles, mais aussi leur confiance en un avenir meilleur pour leur pays et pour eux mêmes. 

Nice : Chagall à la page

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Par la rédaction

En 2020 et 2021, la collection du musée s’est enrichie de sept ouvrages rares de bibliophilie, offerts par Bella et Meret Meyer, les petites filles de Marc Chagall. Pour honorer ce don exceptionnel, une nouvelle exposition célèbre la relation intime et durable que Chagall a entretenue avec l’écrit et le livre, et qui a permis la création de plus de cent ouvrages illustrés en édition originale à tirage limité.  « Pour Chagall, sensible à la poésie des mots autant qu’à celle de la matière, imaginer un nouveau livre de bibliophilie, c’est avant tout chercher les moyens d’incarner une pensée intellectuelle et plastique dans un objet matériel, un livre imprimé qui veut être singulier, explique Anne Dopffer, la commissaire de l’exposition. La réflexion sur le rapport entre texte et image, capitale, n’est que la première étape d’une fabrication artisanale qui rassemble différents métiers du livre« . Inlassable expérimentateur, Chagall trouve dans le livre, un espace de renouvellement de son art où les valeurs picturales, les jeux d’ombres et de lumières, créent un autre langage visuel qui exploite pleinement les possibilités expressives de chaque procédé d’impression. Le parcours d’exposition propose de découvrir la diversité des techniques de l’estampe pratiquées par Chagall – gravure sur bois ou sur métal et lithographie -, puis les grandes réalisations de l’artiste. Par cette sélection d’ouvrages aux formes et techniques infiniment variées, le visiteur est ainsi invité à cheminer dans l’histoire du livre illustré au XXe siècle, à laquelle Chagall a durant près de soixante ans, largement contribué et participé à son renouveau. Afin de préserver les œuvres sur papier et de présenter différents ouvrages, les œuvres exposées seront renouvelées au cours de l’exposition qui comprendra deux accrochages : du 7 mai au 29 août 2022 et du 3 septembre au 9 janvier 2023

Porquerolles: Villa Carmignac

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Nouvelle pépite du tourisme culturel dans le Var, dans l’écrin magique de Porquerolles, la Villa Carmignac, a été créée sur l’île afin d’y exposer la collection d’art contemporain de la Fondation Carmignac, riche de quelque 300 oeuvres.  Elle est ouverte au public depuis le 3 juin 2018. Au départ, il y avait une ferme, visible dans le film de Jean-Luc Godard  Pierrot le fou que le précédent propriétaire, l »architecte Henri Vidal,  a transformé  en villa. Tombé sous le charme du domaine, Édouard Carmignac a imaginé en faire un lieu dédié aux arts. Le projet a consisté à dégager 2000 m2 d’espace d’exposition, sans que les contours de la maison, ni le paysage existant en soit modifiés car la propriété est située sur un site classé.  A l’intérieur de la villa, les espaces se déploient en forme de croix. Au centre, un plafond d’eau laisse pénétrer la lumière naturelle et éclaire les espaces ainsi immergés. Le visiteur déambule  librement dans des espaces amples et ponctués de percées visuelles sur les vignes. Sobre et intégré au paysage, le bâtiment répond techniquement à toutes les normes muséales et permet d’accueillir les œuvres de la fondation dans les meilleures conditions. La visite se fait pieds nus,  par groupes de 50 personnes par demi heure (réservation conseillée) . L’exposition permanente présente une collection exceptionnelle de 70 oeuvres d’art contemporain avec des créations de Basquiat, Warhol, de Kooning, Jeff Koons, David LaChapelle, Lichtenstein, Pierre et Gilles  et beaucoup d’autres. Le 30 avril 2022, la Villa Carmignac inaugurait sa cinquième saison avec l’exposition  Le Songe d’Ulysse.

Nice: Niciensis Pinxit

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Par la rédaction 

Pour le cinquantenaire de sa disparition, le musée des Beaux Arts Jules Cheret de Nice présente une grande rétrospective de l’oeuvre du peintre Niçois Gustave-Adolphe Mossa (1883-1971).  Principalement connu pour son œuvre symboliste, qui offre aux regards des œuvres aussi précieuses qu’étranges et horrifiques, faisant de lui l’ultime représentant de ce mouvement artistique majeur, Mossa s’est investi avec tout autant de passion dans de nombreux autres domaines qui restaient à ce jour largement ignorés. En digne continuateur du travail de son père, l’artiste et conservateur Alexis Mossa, il s’engage pour faire connaître et vivre le patrimoine régional. Ensemble, ils défendent la création d’un musée des antiques sur la colline de Cimiez.  En linguiste et auteur régionaliste, Giustave Adolphe  compose de nombreuses pièces de théâtre en nissart. Par de fabuleuses maquettes de chars de carnaval, il fait vivre le spectacle niçois pendant des décennies, imaginant même un char des Rolling Stones. Il se passionne pour les traditions et costumes locaux et les ressuscite dans le groupe de danse folklorique de Nice La Belle, qu’il crée avec Francis Gag en 1955. Les répétitions se déroulent parfois au musée des Beaux-Arts. Ce musée, dont il fut le conservateur de 1926 à 1971, se devait, cinquante ans après son décès, de lui rendre un hommage appuyé. Le parcours de l’exposition révèle sous un jour nouveau ce créateur  à la confluence des mouvements artistiques internationaux et de la culture régionale. Une oeuvre foisonnante à laquelle on s’étonne de trouver une grande modernité. Ses fresques symbolistes pourraient avoir inspiré des auteurs de BD comme Franck Frazetta, Philippe Druillet ou Moebius… 

 

 

Nice: Hàm Nghi

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Par la rédaction 

Intitulée  L’Art en exil, la nouvelle exposition du musée des Arts Asiatiques de Nice  porte sur la vie et la production artistique de Hàm Nghi (1871-1944). Empereur d’Annam (Vietnam), exilé par les Français en Algérie à l’âge de 18 ans, il n’est jamais retourné dans son pays. Il a toute sa vie pratiqué la peinture, la sculpture, le pastel et le dessin. L’exposition réunit pour la première fois plus de 150 œuvres, objets et documents issus de collections privées et de musées parisiens (musée national des arts asiatiques – Guimet, musée Cernuschi, musée Rodin), relatant des pages de l’histoire et de l’histoire de l’art méconnues du public français. Elle s’appuie sur les travaux d’Amandine Dabat, commissaire de l’exposition, auteure d’une thèse de doctorat soutenue en 2015 et publiée en 2019, portant sur la vie et la production artistique de Hàm Nghi dont elle est l’arrière-arrière-petite-fille. Hàm Nghi est le premier artiste vietnamien formé par des peintres et sculpteurs français. Destitué de son titre d’empereur, il s’adonna, tout au long de sa vie d’exilé à Alger, à la pratique de son art. Il séjourna régulièrement en métropole, où il côtoya les milieux intellectuels et artistiques de son temps. Son œuvre fut fortement influencée par l’impressionnisme, le postimpressionnisme, Paul Gauguin, Auguste Rodin.

 

 

Le Cannet : Félix Vallotton

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Par la rédaction

Au musée Bonnard, l’exposition Vallotton en noir et en couleur vous propose de redécouvrir le « très singulier » Félix Vallotton, ami de Bonnard et des nabis. Près d’une centaine d’œuvres issue d’une collection privée suisse – principalement les célèbres gravures sur bois de l’artiste accompagnées d’une quinzaine de peintures, de l’époque nabie à sa maturité. Félix Vallotton, (1865-1925), helvétique de naissance, mais surtout amoureux de Paris arrive en France à l’âge de 17 ans. Il se fait très vite remarquer pour ses qualités de portraitiste. Artiste prolifique à la créativité débordante, il réalise plus de 1 700 peintures, environ deux 250 gravures, des centaines d’illustrations imprimées dans des revues et livres. Sans oublier ses très nombreux dessins et quelques sculptures. Il écrit enfin 3 romans, 10 pièces de théâtre et une trentaine de critiques et textes sur l’art. C’est avec ses bois gravés, scrutant de manière incisive la société contemporaine que Vallotton se fait connaître, collaborant à de nombreuses revues. La réalisation de ces bois participe au débat contemporain et à la rénovation de l’art de la xylographie. Excellent dans cette technique, il sait comme personne fouiller le bois pour ménager le blanc et sublimer le noir. Publiées dans la presse, ses gravures sont d’impitoyables charges contre l’enfer familial et la vie bourgeoise. Comme le résume si bien le critique Francis Jourdain, ce « huguenot critique et inquiet », morose et burlesque « ne cessera de scruter les beautés du laid que pour soigneusement examiner les laideurs du Beau ».

Toulon : Pierre Charpin

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Par la rédaction

Dans le cadre de son nouveau cycle de programmation proposé en partenariat avec la villa Noailles, l’Hôtel des Arts de Toulon  met à l’honneur le designer français  Pierre Charpin,  dont la pratique prolifique du dessin nous transporte dans un univers délicat, sensible et coloré. La mise en regard de travaux originaux, de réalisations in situ et de dessins inédits spécialement conçus pour l’occasion donnera à découvrir ou re-découvrir sous un éclairage artistique et intimiste l’œuvre de ce designer incontournable .Designer, Plasticien, Scénographe, Pierre Charpin, né en 1962 vit et travaille à Paris et Ivry-Sur-Seine. Il consacre l’essentiel de son activité au design de mobilier et d’objet depuis le début des années 1990. Son approche du design est fortement influencée par sa formation en arts visuels reçue l’Ecole des Beaux-arts de Bourges au début des années 1980. Les recherches sur la forme et la couleur ainsi que sur les motifs appliqués à l’objet qui caractérise son travail se matérialisent aussi bien dans des objets édités en série limitée, principalement par la Galerie Kreo, que dans ses collaborations avec des entreprises de renommées internationales comme Alessi, Arita 16/16, Danese, Cristallerie Saint Louis, Hay, Hermès, Ligne Roset, la Manufacture Nationale de Sèvres, Träffa Träffa, Tectona, The Wrong Shop. Le dessin est à la base de son processus créatif. Il s’applique à la conception de projets de design et se concrétise parallèlement de manière autonome dans sa pratique artistique du dessin, ce qui témoigne d’une continuité avec sa formation. Plusieurs expositions personnelles lui ont été consacrées, ainsi qu’une monographie éditée par JRP Ringier en 2014.

Nice : Dont Acte

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Par La rédaction

À l’occasion des quarante ans de sa création, le musée, inauguré le 05 mars 1982, met en perspective de façon réflexive son évolution jusqu’à ce jour avant de franchir une nouvelle étape à partir de 2023, laquelle, partant de l’Art Naïf et de son plus zélé et opiniâtre défenseur, fera la part belle à l’art Brut et Singulier. L’exposition « Dont acte. 1982 – 2022 : le Musée International d’Art Naïf Anatole Jakovsky, quarante ans d’un parcours » ,  consacrée à la célébration des quarante ans de la création du musée, présente des documents originaux, photographies intimes, œuvres émouvantes et sensibles pour la plupart jamais exposés.

 

Nice : La Côte s’affiche

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Par la rédaction

Depuis plus de deux siècles, l’affiche attire le regard et fait réagir. Elle a depuis longtemps intégré les livres d’histoire et les fonds patrimoniaux. Les Archives départementales des Alpes-Maritimes conservent un riche fonds d’affiches consacrées à la promotion d’un territoire mythique : la Côte d’Azur. Elles constituent des témoignages souvent savoureux de sa construction du 19e au 20e siècle. Entre terre et ciel, de la mer à la montagne, ces images racontent l’histoire de la région, la grande comme la petite, des événements majeurs à ceux du quotidien. la nouvelle exposition de la galerie Lympia sur le port de Nice  est une invitation au voyage dans le « plus beau pays du monde » de Dominique Durandy. On s’y rend en train, en automobile ou en avion. On y profite d’un climat favorable et de paysages grandioses. On y découvre une terre de culture et de sport. Ce séjour haut en couleur s’achève au 20e siècle par une rencontre avec Éric Garence qui dévoile sa vision de la Côte d’Azur.

Nice: L’Appel du ring

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Par la rédaction

Le Musée National du Sport de Nice invite à découvrir l’univers unique de la boxe à travers les histoires singulières qui, au fil des rounds et des combats, ont façonné l’appellation de « Noble art ». Comme une invitation au voyage et à la découverte, le parcours d’exposition, divisé en six volets présentés comme autant de rounds, restitue une atmosphère singulière, évoluant perpétuellement entre ombre et lumière. Par des objets inédits d’abord, mais également par des dispositifs immersifs et interactifs permettant de découvrir ou de redécouvrir cette discipline qui déchaîne une passion souvent extrême, qu’elle soit positive ou négative, et ne laisse personne indifférent.La boxe occupe une place particulière dans le monde du sport. C’est le seul sport dans lequel la règle de base est de frapper l’adversaire, lui faire mal, le réduire à néant. Pourtant, le combattant se bat avant tout contre lui-même, à la rencontre de la vérité brute : être ou ne pas être le plus fort, le meilleur, au terme d’une épreuve souvent incertaine. Le succès l’érige parfois au rang de héros ; l’échec est parfois insurmontable. Loin d’être une rétrospective historique de la boxe, cette exposition raconte avant tout, sur plus de 500m2, des histoires d’Hommes, qui à l’appel du ring, offrent à travers des exploits physiques et des destins parfois tragiques, un sujet de société tellement riche qu’il est devenu au fil des ans, l’une des thématiques de prédilection d’Hollywood.

Vence : Scenocosme

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Après le cycle des années précédentes consacré au dessin contemporain, le Musée de Vence  ouvre une nouvelle page, dans un registre de création très innovant : les arts numériques, les créations interactives et immersives. L’exposition Empathie présente un parcours d’œuvres de Scenocosme, un couple d’artistes qui réunit Grégory Lasserre et Anaïs met den Ancxt. Artistes plasticiens, ils détournent diverses technologies pour inventer des œuvres d’art interactives : les installations existent et évoluent en réaction aux mouvements et déplacements des visiteurs. En distillant la technologie numérique, Anaïs et Gregory en font ressortir des essences de rêve et de poésie Ils en utilisent la partie vivante, sensible voire fragile. La spécificité de leur démarche est de travailler à une rencontre sensible entre dimension technologique et éléments “naturels” : végétal, pierres, bois, plumes…La plupart de leurs oeuvres interactives perçoivent diverses relations invisibles entre les corps et l’environnement du visiteur. Elles rendent sensibles les variations énergétiques infimes en proposant des mises en scène interactives où les spectateurs partagent des expériences sensorielles. Autant d’invitations à partager la vision d’ un  monde où chacun est dans un rapport “d’empathie” avec son environnement.

 

 

 

La Seyne: Rancinan-Gaudriault

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Par la rédaction

Non ! La démocratie n’est pas un corps figé ni diaphane, mais bien vivant et fragile comme un processus de pensée. Elle demande à être regardée avec attention, par les yeux de l’époque. Dans cette dynamique, l’acte artistique y apporte sa part de responsabilité…  Gérard Rancinan, photographe et Caroline Gaudriault, auteure, connus pour leur « Trilogie des Modernes » qui parcourt actuellement les musées nationaux du monde, se font depuis des années les témoins éveillés des métamorphoses de notre société. Les mutations contemporaines donnent matière à leur réflexion. Photographies monumentales et expressionnistes pour Gérard Rancinan qui met en scène la virulence et la subversion contemporaine. Trente photographies taillées à la mesure des rages et désirs qu’il transpose. Dans cette verve allégorique d’une observation affutée, il expose pour la première fois une fresque exceptionnelle et unique de 15 mètres de long sur les dérives du pouvoir.Installations d’écritures pour Caroline Gaudriault qui, par la création de parchemins suspendus, de vidéos de textes ou d’immersions sonores, amène à une réflexion percutante et sensible sur la dramaturgie de l’époque. D’un constat qui n’amène pas de réponse, Gérard Rancinan et Caroline Gaudriault engagent ce Voyage en démocratie dans le tumulte de leur époque et de ce sujet, s’emparant de la Villa Tamaris comme d’une nouvelle Agora.

Monaco: Tremblements

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A la villa Paloma jusqu’au 15 mai, l’exposition Tremblements présente une sélection d’œuvres contemporaines acquises ces dix dernières années par le Nouveau Musée National de Monaco. De l’installation Alien de l’artiste sud-africaine Candice Breitz, entrée dans les collections en 2010, au film The White Album de l’Américain Arthur Jafa, acquis en 2021, l’exposition rassemble dix-sept artistes, de douze nationalités différentes, offrant autant de visions de nos sociétés globalisées et fracturées. Toutes et tous ont en commun de répondre à la définition de la pensée du tremblement qui, selon les mots du poète Édouard Glissant « nous unit dans l’absolue diversité, en un tourbillon de rencontres ».  Revendiquant l’héritage de la pensée d’Édouard Glissant, l’exposition Tremblements. Acquisitions récentes du Nouveau Musée National de Monaco, met en lumière les acquisitions réalisées sous la direction de Marie-Claude Beaud, entre 2009 et 2021.  Après avoir dirigé des institutions aussi diverses que la Fondation Cartier pour l’Art contemporain, l’American Center, l’Union centrale des arts décoratifs à Paris et le Mudam à Luxembourg, Marie-Claude Beaud a développé à Monaco sa vision du musée contemporain, inspirée par la poésie d’Édouard Glissant et son esthétique du Tout-monde. Les collections du NMNM se sont ainsi enrichies de manière transdisciplinaire et inclusive, en dialogue constant avec les artistes contemporains. L’exposition est une sorte d’hommage à la conservatrice qui a fait valoir ses droits à une retraite méritée.

Nice: Flora Doin

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Flora Doin naît le 4 février 1985 à Nice. A la fois webmaster, intervenante à la fac, chroniqueuse de rock et photographe, elle commence, à côté, à sculpter de joyeux petits personnages. D’abord pour son père, puis, histoire de tout reconnecter, elle s’amuse à offrir leurs figurines aux artistes qu’elle rencontre sur les scènes du Nice Jazz Festival ou des Nuits Guitares, dont elle gère les sites web et couvre les événements, toujours pour la presse spécialisée. C’est en 2014, suite à une interview réalisée pour La Grosse Radio, que Mathias Malzieu remarque ces petites figurines et réclame la sienne qu’il animera sur Instagram. S’en suit une fidèle collaboration amenant Flora à fabriquer l’artiste en skateboard qui illustrera l’intérieur de couverture du Journal d’un vampire en pyjama édition Poche, une sirène à la queue bleu-argenté qui introduit le clip de DionysosUne Sirène à Paris et cinq figurines représentant les acteurs du long-métrage du même nom, présentes dans le film (actuellement à l’affiche dans 300 salles de cinéma en France).  Et comme elle se passionne pour ces êtres humains touche-à-tout qui n’ont pas peur de changer de casquette selon l’humeur, sa première exposition intitulée Les Multiples, à la chapelle Sancta Maria de olivo de Beaulieu,  a mis à l’honneur Jean CocteauCharlie ChaplinMathias Malzieu  Michaël GregorioMichel Gondry, Iggy Pop et autres passionnés passionnants, sous forme de sculptures, photos, peintures, poésies et même ultra-courtes vidéos en StopMotion puisque Flora anime désormais ses figurines et leur ajoute quelques notes de musique improvisées. Retrouvez les jusqu’au 12 décembre à la galerie Babazouk de Nice

 

 

Nice : Matisse- Nahmad

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Par la rédaction

Après restauration d’une partie du fond permanent du musée Matisse, répondant à leur volonté de partager l’art avec le plus grand nombre, David et Ezra Nahmad, marchands-collectionneurs éclairés, ont consenti au Musée le prêt des seize œuvres d’Henri Matisse issues de leur propre collection. Cet ensemble exceptionnel est pour la première fois révélé au public dans un nouvel accrochage. Nombre de ces tableaux, peints à Nice, ou à Vence, s’éclairent ici de la lumière qui les a vus apparaître et viennent dialoguer avec les œuvres de la collection du muséeCertaines de ces peintures sont déjà célèbres, comme La Leçon de piano de 1923 ou Jeune fille à la mauresque, robe verte de 1921, d’autres sont à découvrir, tels le petit intérieur d’Étretat, Figure assise et le torse grec ou La Lecture de 1947. Ces tableaux ont tous été acquis en ventes publiques, à Londres, New York, Paris ou Tokyo, et proviennent de collections célèbres, françaises ou américaines. Ce sont souvent des collectionneurs historiques de l’artiste des années 1920 et 1930, tels que les Américains John Quinn (L’Artiste et le modèle nu) ou Lillie Bliss (Jeune fille à la mauresque, robe verte), ou les Français, Jacques Soubies (Nu au drapé), Georges Renand (Nu au drapé ; Jeune femme assise en robe grise), Marcel Kapferer (La Leçon de piano ; Jeune fille à la mauresque, robe verte) et Henri Canonne (Intérieur – porte ouverte). Portrait au manteau bleu, Nu aux jambes croisées, ainsi que Figure assise et le torse grec, faisaient partie de la collection de l’artiste lui-même avant d’être cédés par son fils Jean Matisse qui en avait hérité. Cette collection a une histoire et une raison d’être, et s’inscrit dans un ensemble d’œuvres d’art impressionnistes et modernes  qui pourrait constituer à lui seul un fabuleux musée.