Séries

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La Guerre des mondes

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Par Phil Inout

Le Pitch

Une astronome française Catherine Durand (Léa Drucker)  détecte une transmission émanant d’une autre galaxie, preuve de l’existence d’une vie extra-terrestre intelligente. Quelques jours plus tard, une attaque de grande envergure est lancée contre l’humanité qui est en grande partie détruite. Seule survit une poignée d’êtres humains qui devront comprendre ce qui se cache  derrière cette attaque impitoyable…

Ce qu’on en pense

Enième adaptation du célèbre roman de HG Wells, cette série franco-anglaise reprend les choses au début:  un signal extra terrestre est détecté trop tard,  l’attaque est massive et la survie de l’humanité est en jeu. La première saison montrait surtout la sidération des survivants.  La seconde, sans doute à cause du Covid, est plus axée sur la survie et la résistance. La question de fond reste la même : comment réagirait l’humanité si elle était menacée en tant qu’espèce ? Oublierait-elle ses divisions de classe et de race pour s’unir contre l’ennemi? Lea Drucker campe une scientifique Grenobloise qui n’a pas beaucoup de réponses à fournir (l’actrice semble elle même un peu perdue dans cette production). Gabriel Byrne, en ex toubib londonien, semble mieux armé intellectuellement pour faire face aux nombreux défis qui se présentent aux survivants. Adel Benchérif est excellent en officier de l’armée française. La réalisation privilégie le réalisme et la psychologie aux effets spéciaux, les décorateurs français et anglais (une partie de l’intrigue se déroule à Londres) ont été bien aidés par le confinement pour les plans de villes désertes,  le rythme est soutenu dans la S1 un peu moins dans la S2, qui souffre de quelques baisses de régime.Une troisième saison est déjà dans les tuyaux : la fiction HG Wells semble décidément inépuisable

 

Halston

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Par Phil Inout

Le pitch

Dans les années 60,  aux Etats-Unis, Roy Halston Frowick (Ewan McGregor)  crée une marque de mode, Halston, qui devient synonyme de luxe, de sexe, de statut et de célébrité et marque le New York des années 1970 et 1980. Mais un rachat hostile l’oblige bientôt à se battre pour le contrôle de son bien le plus précieux…Son propre nom !

Ce qu’on en pense

Mini série Netflix en 5 épisodes, Halston fera découvrir au public européen un nom qui aurait pu être aussi connu que celui de Calvin Klein…  Roy Halston Frowick, alias Halston, avouait d’ailleurs jalouser  son business de mode. Il n’a, hélas, pas connu la même bonne fortune que son prédécesseur. Ayant dû céder son nom à un riche investisseur pour financer ses premières collections, il a rapidement perdu le contrôle de sa société, qui a périclité avant d’atteindre une renommée mondiale. Halston reste toutefois synonyme aux Etats-Unis d’une mode chic et abordable.  La mini série supervisée par l’incontournable Ryan Murphy, raconte l’ascension et la chute d’Halston avec un grand luxe de moyens. Les défilés et les séquences musicales (Liza Minelli était l’égérie et l’amie d’Halston) sont joliment mis en scènela photographie est somptueuse et le casting est trés bon, même si on a tendance à penser qu’Ewan McGregor n’était peut-être pas le meilleur choix pour le rôle-titre. Il minaude beaucoup et les scènes de sexe homo ne sont pas à son avantage. Krysta Rodriguez est , par contre,tout à fait formidable en Liza Minnelli. Biopic de luxe plus que série conventionnelle, Halston est une nouvelle réussite à mettre à l’actif de Netflix.

Antidisturbios

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Par Phil Inout

Le Pitch

A Madrid, une brigade de police anti émeutes est chargée de l’expulsion d’habitants d’un immeuble qui ne payent plus leur loyer. Mais une association humanitaire défend les locataires et s’oppose à l’explusion, qui tourne mal. Un voisin, immigré sénégalais,  trouve la mort dans la charge de la police et la brigade est accusée de bavure. Laïa (Vicky Luengo),  une inspectrice de la police des polices particulièrement opiniâtre, commence l’enquête à charge contre les flics. Mais plusieurs détails la chiffonnent…

Ce qu’on en pense

La première série de Rodrigo Sorogoyen, le wonder boy du cinéma espagnol auquel on doit les excellents Que Dios Nos Perdone, Madre et El Reino, était évidemment trés attendue. C’est une totale réussite.  Antidisturbios (anti-émeutes) raconte l’histoire d’un groupe de policiers accusés de bavure et de l’inspectrice chargée de l’enquête interne. Scénario classique,  auquel la réalisation de Sorogoyen apporte une touche trés réaliste. Le travail des policiers anti émeutes est décrit de l’intérieur, de même que celui de la police des polices, sans chercher à héroïser ni à charger les uns et les autres. Pourtant, alors qu’on s’attend à un polar classique façon good cops/ bad cops, une figure féminine se dégage,  au fil des épisodes,  de cet univers masculin et violent : celle de l’enquêtrice dont la toute première scène du premier épisode (n’allez pas chercher des chips pendant le générique) avait fixé le caractère particulièrement obstiné. Front bombé de fiéffée tête de mule,  Vicky Luengo, inconnue de ce côté-ci des Pyrénées,  comme la plupart des autres acteurs, en fait une héroïne moderne qui n’est pas sans rappeler Sarah Lund/Linden, l’inoubliable flic de The Killing.  En plus de l’intrigue sous tension, qui prend de la profondeur à chaque épisode, de la réalisation immersive (caméra à l’épaule et grand angle) et de l’interprétation impeccable, le fond social et le réalisme font d’Antidisturbios une des meilleures séries du moment.

Them (Eux)

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Par Phil Inout

Le pitch

En 1953, Alfred (Ashley Thomas) et Lucky (Deborah Ayorinde) Emory, un couple d’afro-américains, décident de fuir les lois Jim Crow de la Caroline du Nord pour s’installer avec leur petite famille en Californie, dans un quartier résidentiel entièrement blanc de la banlieue de Los Angeles. Ils sont dès lors confontés à l’accueil glacial de leurs nouveaux voisins guère habitués à cohabiter avec des gens de couleur. Dans ce climat tendu, la maison devient le théâtre de phénomènes surnaturels inquiétants impliquant des forces maléfiques…

Ce qu’on en pense

Après Lovecraft Country, cette nouvelle série américaine vient à nouveau explorer le racisme et la ségregation à travers le genre horrifique. Débarquée de façon plutôt discrête sur la plateforme d’Amazon,  Them (Eux en VF)  est une vraie réussite bien que réservée aux amateurs de sensations fortes (évitez  l’épisode 5, si vous avez le coeur fragile). Après un premier épisode d’installation assez tranquille, Them/Eux plonge, en effet, le spectateur au coeur du cauchemar de cette famille noire qui quitte le Sud pour s’installer en Californie, dans un quartier résidentiel totalement blanc. Leur arrivée dans la nouvelle maison, filmée au ralenti,  avec la bande son également ralentie (un procédé efficace pour installer l’angoisse) sous le regard éberlué et hostile des voisins sur le pas de leur porte,  est un grand moment de… cinéma !  La mise en scène de l’inconnu Little Marvin (qui ne devrait pas le rester longtemps), l’interprétation et la reconstitution des années 50 sont , en effet, dignes d’un grand film de studio hollywoodien. Des qualités qui devraient inciter même les plus réticents au genre à jeter un oeil sur cette formidable (mais sanglante) série.

Capitani

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Par Phil Inout

Le pitch

L’inspecteur Luc Capitani (Luc Schiltz) débarque dans un village du Luxembourg où les secrets sont bien gardés pour  enquêter sur la mort mystérieuse de Jenny (Jil Devresse),  une jeune fille de 15 ans et sur la disparition de sa soeur jumelle…

Ce qu’on en pense

Etonnant succès que celui de cette première série policière Luxembougeoise achetée par Netflix,  qui se retrouve dans le Top 10 de la plateforme depuis sa sortie, en février dernier. Sur un scénario de thriller campagnard désormais classique (une jeune fille assassinée, un enquêteur au passé traumatique, des flics locaux dépassés…), une réalisation tout aussi classique (comprendre téléfilmesque) pour une série qui aurait, à priori,  plus sa place sur France 3, voire sur Arte vue son origine germanique, que sur Netflix. Malgré une direction d’acteur flottante, des acteurs en manque de charisme évident (dont le dénommé Luc Schiltz dans le rôle titre) et un air de déjà mille fois vu, les 24 épisodes s’avalent sans peine et on en redemanderait presque. Le format court (25 minutes), l’intrigue solide et le dépaysement sont sans doute pour beaucoup dans l’indéniable fascination qu’exerce la série. Du Grand Duché du Luxembourg,  on ne connaît généralement que la ville capitale, ses banques d’affaires et son statut de paradis fiscal. Capitani permet de découvrir que c’est un vrai pays,  divisé entre Nord et Sud, ville et campagne, où citadins et bouseux se considèrent avec défiance. On y parle une langue proche de l’Allemand avec des mots français (dont Police) et  français avec un accent allemand (dans la VF). Les flics, visiblement mieux payés que les nôtres,  roulent en BMW ou en Range Rover. Une armée d’operette fait des manoeuvres à balles réelles. Les autochtones ne sont pas causants et les lycéens se défoncent aux drogues chimiques pour tromper leur ennui. On n’a pas forcément envie d’y passer ses vacances d’été, mais comme décor de thriller policier, ça vaut largement la Suède ou le Danemark.

Bloodlands

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Par Phil Inout

Le Pitch

Tom Brannick (James Nesbitt) est un détective de la police nord-irlandaise, dont la femme a été assassinée  il y a 20 ans par un mystérieux tueur lié à l’Ira. L’enlèvement d’un homme d’affaires le relance sur la piste du tueur au grand dam de ses supérieurs inquiets d’une nouvelle flambée de violences indépendantistes et religieuses…

Ce qu’on en pense

Un flic meurtri par la mort brutale de sa femme, un enlèvement qui ravive les tensions politiques et religieuses, des cadavres exhumés 20 ans après  leur disparition… Bloodlands, qui porte bien son nom, nous entraîne dans l’Irlande du Nord d’après l’accord de paix avec l’Ira,  pour un thriller politique aussi plombé que le ciel de Belfast.  Portée par James Nesbitt (La Loi de Murphy), dans le rôle du policier taciturne, cette mini série en 4 épisodes a connu un grand succès en Angleterre,  où une deuxième saison est en préparation. D’une facture trés classique, inscrit dans un contexte historique et politique dont le Brexit a ravivé l’actualité,  Bloodlands séduira les amateurs de polars à l’ancienne.

Sexify

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Par Phil Inout

Le pitch

Pour son projet de fin d’études, Monika (Sandra Drzymalska) décide de créer une application pour aider les femmes à atteindre l’orgasme. Vierge et geek invétérée, elle fait appel à ses copines Natalia (Aleksandra Skraba) et Paulina (Maria Sobosinska) pour l’aider à explorer le monde intimidant du plaisir féminin…

Ce qu’on en pense

Très bonne surprise que ce Sex Education polonais dans lequel trois étudiantes explorent les mystères du sexe au féminin pour créer une appli supposée aider les femmes à atteindre le plaisir. Monika, qui a lancé l’idée est une brillante développeuse informatique, mais elle  ne connaît rien au sexe. Sa copine Paulina est en couple mais son copain bidasse ne la satisfait pas. Entre deux visites au confessionnal (la Pologne est un pays très catholique), elle cherche les moyens d’améliorer les performances de son mec.  Seule Natalia a une vie sexuelle trépidante,  mais elle n’a pas fait le deuil de son amour de jeunesse et ne jouit qu’en pensant à lui. Pour les besoins de leurs recherches, les trois donzelles vont transformer leur chambre de cité U, en laboratoire du sexe. Filmée avec talent et portée par la grâce des trois jeunes comédiennes, la série séduit par son humour, son rythme olé olé, ses personnages farfelus et ses dialogues bien troussés. Une petite musique electro, enrichie de soupirs et de petits cris,  ponctue les scènes comiques et sexy, jamais vulgaires, donnant à l’ensemble un charme fou. 

Innocent

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Par Phil Inout

Le pitch

Madrid : une soirée en boîte de huit dégénère en bagarre générale et Matéo (Mario Casas) tue accidentellement un  garçon de son âge. Condamné et emprisonné,  il ressort au bout de 4 ans et refait sa vie. Alors qu’Olivia, sa femme,  (Aura Garrido) vient de lui annoncer qu’elle est enceinte, elle disparaît mystérieusement. Mateo se trouve alors au centre d’intrigues dont il ne contrôle plus rien… 

Ce qu’on en pense

L’adaptation du mois d’un roman d’Arlan Corben est espagnole et plutôt soignée du point de vue de la réalisation et de la photo. Le problème, c’est qu’on ne comprend pas grand chose à l’intrigue et (pire) qu’on s’en fout un peu. Le scénario est hyper formaté, les personnages sont stéréotypés, les acteurs sans charisme et on a l’impression d’avoir déjà vu tout ça cent fois. Et  ce n’est pas qu’une impression: toutes les adaptation d ‘Arlan Corben finissent par se ressembler. Pas sûr qu’on tienne jusqu’au bout de la licence avec Netflix…

Toujours là pour toi

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Par Phil Inout

Le pitch

A Seattle, Kate (Sarah Shalke) et  Tully (Katherine Heigl)  sont, depuis l’adolescence, les meilleures amies du monde. Elles se soutiennent dans les bons comme les mauvais moments. Un jour, une trahison impensable est commise, leur belle amitié vole en éclats. Pourront-elles se réconcilier ?

Ce qu’on en pense

Sous ses airs de soap à la guimauve sur l’amitié féminine, Toujours là pour toi (Firefly Lane en V.O) se révèle étonnament addictif.  Au point qu’on a avalé les dix heures de la saison 1 presque d’une traite ! La réalisation est pourtant d’un kitsch à toute épreuve.  Surtout pour la décennie 80,  car la série surfe sur trois temporalités correspondant à l’adolescence, au débuts dans la vie puis au quotidien des deux héroïnes dans les années 2000.  Inspiré de This Is Us, et utilisé de manière encore plus pointue, ce procédé est le premier atout de TLPT . A tout moment l’action bascule  des années 70 aux années 80 ou 2000 et on ne s’en aperçoit qu’aux coiffures ou aux tenues des personnages. La deuxième force de la série, ce sont eux évidemment ( les personnages). Outre les deux héroïnes (Tully,  tornade sexy à qui rien ne résiste et la douce Kate qui doit batailler dur pour se faire une place dans la vie) , Firefly Lane ( quartier résidentiel de Seattle où vivent les deux familles)  accueille toute une galerie de personnages hauts en couleurs, comme la mère hippie de Tully (Beau Garrett) dont chaque apparition peut faire basculer le scénario du burlesque au drame. TLPT navigue entre les genres et les époques avec une aisance confondante, sans oublier d’interroger sur l’amitié, la réussite sociale, la célébrité, la jalousie… .  Vivement la saison 2 ! 

Snabba Cash

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Par Phil Inout

Le pitch

Leya (Evin Ahmad), jeune mère célibataire dont le mari a été abattu,  tente de percer dans les nouvelles technologies. Un milieu en pleine effervescence,  où la quête de gloire et d’argent est aussi violente que dans la pègre syrienne à laquelle appartenait son mari. Jusqu’où la jeune femme ira-t-elle pour réussir ? 

Ce qu’on en pense

Nouvelle réussite du polar nordique, Snabba Cash nous plonge dans le milieu des start-ups de Stockholm et dans celui de la pègre immigrée syrienne, avec une héroïne qui a un pied dans chacun des deux univers. Lorsque la série débute, Leya (Evin Ahmad) élève son jeune fils seule après la mort violente de son mari et essaie de lancer une société technologique. Mais son dernier investisseur est en train de la lâcher et sa société est au bord de la faillite. Contrainte de bosser dans un restaurant comme serveuse pour payer ses factures, elle réussit à convaincre un  business angel richissime d’investir dans sa boîte. Pour boucler le deal,  il lui faut racheter sa dette auprès du premier investisseur. N’ayant pas un sou devant elle, elle se résoud à accepter l’aide de l’ancien associé de son mari, un caïd de quartier, dont le trafic de drogues est en pleine expansion. La rencontre des deux univers, celui de la jet set des nouvelles technos et celui du crime organisé, va s’avérer explosive… Un polar urbain noir, violent et haletant, porté par une héroïne attachante, superbement interprétée par Evin Ahmad. On en redemande ! 

Mare of Easttown

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Par Phil Inout

Le Pitch

Ex-star de l’équipe de basket du lycée, Mare Sheehan (Kate Winslet) est flic dans sa petite ville de Pennsylvannie où sa vie est partie à vau-l’eau, entre un ex mari en phase de remariage (David Denman), une ado rebelle (Angourie Rice) et un fils suicidé. L’ enlèvement et le meurtre de deux jeunes filles et la rencontre d’un séduisant écrivain (Guy Pearce) vont l’obliger à se secouer la carcasse…

Ce qu’on en pense

Sur la trame désormais classique du flic au bout du rouleau confronté à des meurtres de jeunes filles dans un bled d’Amerique profonde, Mare of Easttown, propose une immersion dans une petite ville du Minnesota (Eatsttown) et un chouette portrait de femme (Mare, prononcer “mère”) que la vie n’a pas épargnée, mais qui est toujours debout et combative. Kate Winslet qui l’incarne est sans doute la meilleure raison de regarder Mare of Easttown, mais ce n’est pas la seule. Showrunner de la série, le scénariste Brad Ingelsby (Night Run, Merry Men, American Woman) fait preuve  d’un beau talent pour filmer cette “small town” américaine et ses habitants. L’intrigue policière n’est d’ailleurs que prétexte à s’attarder sur les personnages et à dresser leur portrait psychologique. Elle n’en est pas moins passionnante, au contraire, et cette mini série policière fait partie des meilleures réussites du genre, quelque part entre True Detective, The Killing et Unbelievable.

Hippocrate Saison 2

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Par Phil Inout

Le pitch

Un hôpital public en périphérie d’une grande ville. Suite à une inondation,  le service de médecine interne est transféré à l’étage des Urgences et fusionne temporairement avec celui du dr Brun (Bouli Lanners), le patron des Urgences. Chloé (Louis Bourgoin), Hugo (Zacharie Chasseriaud) et Alyson (Alice Belaïdi), les trois jeunes internes de médecine générale, vont devoir apprendre sur le tas la médecine de catastrophe

Ce qu’on en pense

Dans la saison 1, un virus décimait les chefs du service de médecine générale et obligeait trois jeunes internes débutants (Louise Bourgoin, Alice Bélaïdi et Zacharie Chasseriaud) à assurer l’intérim. Cette fois,  c’est dans le tournage de la saison 2 que le virus s’est invité, obligeant les scénaristes à revoir leur copie pour intégrer ce nouvel élément. Au départ, ils avaient seulement imaginé qu’une inondation oblige le service à déménager aux Urgences…  Lors des premiers épisodes , on retrouve nos jeunes héros aux prises avec la médecine d’urgence... voire de catastrophe ! Une fuite de gaz dans un hôtel oblige, en effet,  le service déjà débordé à accueillir une vingtaine d’intoxiqués. La saison 2 démarre  sur les chapeaux de roues, avec un rythme effréné et plutôt anxiogène. L’image que la série  donne de l’hôpital public est à la fois héroïque, avec des médecins, internes et infirmiers dévoués corps et âmes à leur mission, et effrayante, tant les conditions dans lesquelles ils travaillent sont difficiles. Et ce n’est pas une pandémie mondiale qui va arranger les choses ! Médecin de formation, Thomas Lilti (Hippocrate, Médecin de campagne, Première Année), sait de quoi il parle (il a repris du service pendant le Covid) et filme l’hôpital mieux que personne. Hippocrate est la série médicale la plus réaliste et la plus passionnante qu’on ait vu depuis belle lurette. La saison 2 tient toutes ses promesses  avec un casting toujours impeccable.  Mention spéciale à Bouli Lanners en chef du service des Urgences,  à  Anne Consigny en patronne de la réanimation et à Louise Bourgoin, dont le personnage de femme blessée domine encore cette deuxième saison.

Bron

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Par Phil Inout

Le Pitch

A la frontière entre la Suède et le Danemark, au beau milieu d’un pont, est retrouvé le corps d’une femme, vraisemblablement assassinée. Les polices suédoises et danoises sont alors dépêchées sur les lieux. Mais l’affaire prend une tournure particulièrement glauque et étonnante lorsque les enquêteurs découvrent qu’il ne s’agit pas d’un seul mais de deux cadavres, coupés en deux à la taille, qui ont été assemblés pour n’en faire qu’un…

Ce qu’on en pense

Bron (The Bridge) fait partie des grandes séries à rattraper pendant le #confinement3. Alors que Chérie 25 diffuse la saison 3Arte + a mis en ligne les deux premières. Classique du genre black nordique, cette série policière suédo-danoise lancée en 2011 se distingue par un scénario particulièrement alambiqué, avec un serial killer qui met en scène ses crimes pour alerter l’opinion sur des thèmes sociétaux et deux enquêteurs aux personnalités très différentes : Saga (Sofia Helin) une policière suédoise limite autiste qui roule en Porsche  et drague dans les bars et Martin Rohde (Kim Bodnia), un inspecteur Danois père de famille nombreuse au physique de nounours qui vient de subir une vasectomie. Écrite et réalisée majoritairement par des femmes, la série se révèle vite addictive,  à la manière de The Killing, autre géniale série nordique qui a occupé notre premier confinement et dont la version US est disponible sur Amazon Prime Vidéo.

Sky Rojo

Séries|

Par Phil Inout

Le pitch

Trois prostituées, Coral (Veronica Sanchez) , Wendy ( Lali Esposito) et Gina (Yany Prado) tentent de fuir le bordel où Romeo (Asier Etxeandia), leur proxénète, les retient prisonnières.  Elles sont poursuivies par ses hommes de main Moisés (Miguel Angel Sylvestre) et Christian (Ebric Auquer), qui n’ont pas inventé la poudre mais aiment la faire parler. Les voilà lancées dans une redoutable cavale,  dont le seul objectif  est : rester en vie cinq minutes de plus …

Ce qu’on en pense

Les créateurs de Casa de Papel frappent encore fort sur Netflix avec cette nouvelle série girlie qui dépote. Un “Thelma & Louise fois trois”  sur l’île de Tenérife,  où trois prostituées font tout et n’importe quoi pour échapper à leurs proxos. B.O rock, sexe,  violence, courses poursuites, humour noir : le cocktail est connu et bien dosé. Le spectateur est embarqué sur un roller coaster sans freins pour 8 épisodes torchés à fond la caisse. Les couleurs flashent, la musique bastonne, les dialogues écorchent les oreilles et on en prend plein les yeux avec trois actrices bombissimes. Pas réaliste pour un sou,  mais jouissif. 

It’s a Sin

Séries|

Par Philippe DUPUY

Le pitch

Ritchie (Olly Alexander), Roscoe (Omari Douglas) et Colin (Callum Scott Howells) débarquent à Londres en 1981. Trois jeunes homos plus ou moins assumés,  dont la vie d’adulte commence avec un virus nouveau qui commence à se propager  dans toute la communauté gay, sans que les autorités médicales ne donnent l’alerte… 

Ce qu’on en pense

Signée Russel T . Davies (Queer as Folk), It’s a Sin est la première mini-série sur les années Sida. Bien que produite par HBO, la série se passe à Londres au début des années 80. Une bonne idée, et pas seulement pour la BO britt pop qui convoque tous les hits de l’époque. En 1981, le sida n’est encore à Londres qu’une vague rumeur venue de New York : une troupe de comédiens gays a été décimée par un mystérieux cancer, apprend-t-on incidemment par une conversation surprise dans un couloir de fac. Mais “le cancer n’est pas contagieux“, répète en boucle Ritchie (Olly Alexander,  sosie  de Tom Hanks jeune) chaque fois que la rumeur revient à ses oreilles. Tout à sa joie de faire ses débuts sur les planches et de consommer des garçons à la chaîne, Ritchie ne veut rien savoir de cette “grosse maladie avec un petit nom” (Prince). De son côté, Roscoe  (Omari Douglas),  jeune black en rupture familiale, n’a pas très envie que ce genre de nouvelle se répande dans son pub gay : mauvais pour le business. Quant- à Collin (Callum Scott Howells) , provincial timide et mal dégrossi, il n’a  pas de vie sexuelle. Pourquoi s’en ferait-il ? Heureusement, leur copine Jill (Lydia West), avec laquelle ils partagent un grand appart en coloc,  s’inquiète à leur place. Elle va tout faire pour en savoir plus sur cette épidémie qui, alors que les familles et les autorités médicales gardent le secret,  a déjà emporté deux de leurs proches amis. Le Sida est une maladie honteuse, car elle ne touche que les homosexuels : c’est du moins ce que l’on feint de croire… Portée par un casting rafraîchissant et entamée sur le ton enjoué d’un soap à la Friends, dans le Londres gay et exhubérant du début des années 80,  It’s a Sin ne tardera pas à virer au drame. En plus de ses qualités scénaristiques et d’une réalisation digne d’un film indé, cette formidable mini-série nous rappelle que, 40 ans après, le virus est toujours là (et fait encore près d’un million de morts par an). C’est pourtant un autre qui fait la Une, dans un brouhaha médiatique inversement proportionnel au silence meurtrier qui a entouré les débuts de l’épidémie de Sida…