Séries

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Les Frères Sun

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Par Phil Inout

Le Pitch

Après la tentative d’assassinat de son père, Charles Sun (Justin Chien), membre d’une triade de Taipei, se rend à Los Angeles pour protéger sa mère (Michelle Yeoh) qui y dirige un restaurant et son frère Bruce (Sam Song Li) qui ignore tout de leurs activités…

Ce qu’on en pense

Michelle Yeoh est la première raison de s’intéresser à cette série d’action parodique sur Netflix. Elle y joue l’épouse d’un chef de gang Taiwannais qui a pris ses cliques et ses claques et s’est installée à LA avec son plus jeune fils Bruce (Sam Song Li) pour lui éviter de devenir un tueur, comme son frère ainé Charles (Justin Chien). Patronne à poigne d’un grand restaurant, elle n’a rien perdu de son autorité, ni de ses relations avec les triades comme on s’en apercevra assez vite. Son fils Bruce, par contre, n’a aucune idée de qui sont vraiment sa mère, son frère ou son père. Elevé dans le confort douillet de l’upper-class californienne, il suit distraitement son cursus en médecine et rêve de devenir vedette de stand-up. L’opposition entre cet inoffensif benet et son redoutable frère,  qui massacre à mains nues tout ce qui se met en travers de son chemin,  est le deuxième intérêt de la série et son premier ressort comique. L’autre étant le choc des cultures pour Charles, qui va se retrouver fragilisé dans un pays dont il ne maîtrise pas les codes. Sans parler de son addiction instantanée aux churros ! On rigole bien devant leurs prises de bec familiales, entrecoupées de bastons d’arts martiaux joliment chorégraphiées et de gunfights d’anthologie. La succession de Jackie Chan est assurée !

Echo

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Par Cédric Coppola

Le Pitch

Poursuivie par l’empire criminel de Wilson Fisk (Vincent d’Onofrio), Maya Lopez (Alaqua Cox) va devoir faire face à son passé, renouer avec ses origines amérindiennes et embrasser le sens de la famille et de la communauté…

Ce qu’on en pense

Wanda Vison, Loki, Moon Knight, She-Hulk : Avocate, Miss Marvel, Secret Invasion, Hawkeye, Falcon et le Soldat de l’hiverLes séries Marvel affluent sur Disney +. Une manière pour Kevin Feige, le big boss du MCU d’étoffer l’univers tout en offrant le premier rôle à des super héros moins connus du grand public. Difficile cependant pour le fan de s’y repérer tant les différentes intrigues se croisent avec celles des films et se déroulent au sein de différentes réalités… Une problématique dont semble avoir pris conscience la firme chère à Mickey, qui pour redonner de la lisibilité à une franchise en perte de vitesse, a fait le choix de se limiter à une seule sortie sur grand écran cette année (Deadpool 3, fin juillet) et de créer pour ses feuilletons un Label Spotlight. L’idée étant de proposer des œuvres plus matures,  mais aussi davantage ancrées dans une réalité sociale. C’est dire l’enjeu autour de Echo, qui met en scène le personnage de Maya Lopez. Spécificité de cette action woman : elle est sourde de naissance, ce qui l’oblige à s’exprimer dans la langue des signes. De la même façon, si elle fait parler les poings avec rage, elle est amputée d’une jambe depuis un accident. Un mal dont souffre également l’actrice Alaqua Cox, qui interprète le rôle avec fougue. En plus de donner l’occasion au MCU de parler ouvertement du handicap, la proposition, recentrée sur cinq épisodes, évoque également la condition des amérindiens, avec une héroïne qui revient à ses racines, en essayant d’échapper aux griffes du dangereux Caïd Wilson Fisk auquel Vincent D’Onofrio apporte tout son charisme. Sur le papier, les curseurs du « wokisme » semblent encore être poussés au maximum par Disney, qui s’évertue à ce que toutes les communautés / minorités possèdent leur représentant au sein de Marvel. Cependant, contrairement à d’autres contenus mais sans révolutionner le monde des séries, Echo trouve le bon équilibre entre sa partie « message » et son intrigue, avec un volet drama bien travaillé et un souci de privilégier l’émotion. Les scènes musclées ne sont pas oubliées (celle à bord d’un train dans le second épisode est plutôt spectaculaire) et le rythme est suffisamment bien géré pour éviter les longueurs. De la même façon, la série évite le misérabilisme et montre une femme qui ne s’apitoie pas sur son sort,  en perpétuelle lutte pour s’affirmer au sein d’un monde marqué par les injustices.

Casa de Papel : Berlin

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Par Cédric Coppola

Le Pitch

Quelques années avant le casse de la Maison Royale de la Monnaie, Berlin (Pedro Alonso) avait réuni de talentueux équipiers à Paris pour réaliser l’un de ses projets les plus ambitieux : dérober 44 millions d’euros de bijoux, en une nuit…

Ce qu’on en pense

A l’image de nombreuses autres séries qui ont immédiatement suscité la hype (coucou Prison Break), La Casa de Papel a été victime de son succès… Pensées pour une seule saison, les tribulations des braqueurs espagnols ont donc ensuite fait l’objet de nouveaux épisodes, moins intéressants et forcément dénuées du fameux effet de surprise. Sans compter que l’histoire avait perdu en cours de route son personnage le plus charismatique, l’intenable et imprévisible Berlin, frère de l’éminent professeur. Quoi de mieux donc pour relancer la franchise que de concevoir une série spin off / préquel en mettant cet anti-héros à l’honneur ? Toujours interprété par Pedro Alonso, acteur espagnol aux faux airs de George Clooney, Berlin planifie à Paris un vol d’envergure, estimé à 44 millions d’euros. La structure qui alterne les réunions en flashbacks, où Berlin explique le plan,  et l’exécution de celui-ci n’est pas sans rappeler celle de Lupin… Elle est toutefois mieux scénarisée, sans cet effet désagréable que les malfrats ont toujours un coup d’avance sur leurs ennemis. A l’inverse, on n’échappe pas à une représentation carte postale de la capitale française. On n’est pas dans Emily in Paris, mais presque… Mais qu’on ne s’y trompe pas: à défaut d’atteindre l’intensité du feuilleton original, les 8 épisodes de Berlin se regardent d’une seule traite. Sa principale force est de mettre en balance les amours des protagonistes et l’intrigue, en décortiquant comment les sentiments peuvent influer sur l’application d’un casse planifié dans le moindre détail. Berlin apparaissant comme une figure romantique, victime d’un coup de foudre envers la femme de l’homme qu’il souhaite braquer… Autour de lui, on note des performances solides dont celle de Tristán Ulloa, son allié professeur et de Michelle Jenner, en geek qui s’éveille à la sexualité. Autant de portraits en marge qui font le sel de ce casse mené tambour battant. 

Reacher

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Par Phil Inout

Le Pitch

Ancien major de l’armée américaine, Jack Reacher (Alan Ritchson) s’est retiré et arpente le pays au gré de ses envies et de ses rencontres. Arrivé à Margrave (Georgie) pour découvrir la ville natale d’un vieux bluesman dont il est fan, Reacher apprend que son frère vient d’y être assassiné. Qu’ils le veuillent ou non, les flics du coin vont devoir compter avec lui pour l’enquête… 

Ce qu’on en pense

Après deux films moyens où il était incarné par Tom Cruise, Reacher se réincarne en série sous les traits d’Alan Ritchson (un des gros bras de la série Titans). Sa première enquête le conduit dans le Sud des Etats Unis où son frère, employé du gouvernement,  vient de se faire trucide dans des circonstances mystérieuses.  Les policiers du patelin, Oscar Finlay (Malcolm Goodwin) et Roscoe Conklin (Willa Fitzgerald) vont devoir se coltiner ce géant irascible qui pête les plombs et les bras encore plus vite qu’il n’engloutit de la junk food. Mélange de Rambo (pour le coté vagabond),  d’Hulk (pour la force brute) et de Sherlock Holmes (pour ses capacités de déduction  hors normes), le bonhomme s’avère finalement utile, car l’enquête met à jour un vaste trafic de fausse monnaie mené par un cartel sud américain et les cadavres commencent à s’empiler. Dans la lignée du Punisher de Marvel (à voir sur Netflix), Reacher est une bonne série d’action, rythmée, pas mal scénarisée, bien jouée, avec des personnages attachants  et dont la violence est constamment désamorcée par le second degré. La fin de la saison 1 vire un peu au grand n’importe quoi, mais on a avalé les 8 épisodes sans zapper. La saison 2 vient d’arriver sur Prime. 

Fargo 5

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Par Ph.D

Le Pitch

2019, Minnesota. Une femme au foyer en apparence ordinaire (Juno Temple) est prête au pire, lorsque les fantômes d’un sombre passé qu’elle pensait avoir laissé derrière elle refont surface…

Ce qu’on en pense 

Après Netflix et Salto,  c’est sur MyCanal qu’il faut désormais aller binger Fargo, la géniale série inspirée du film éponyme des frères Coen. Après une saison 4 qui s’éloignait trop des canons définis par les frères Coen (paysages enneigés, humour noir, flics pépères et citoyens lambdas empêtrés dans des affaires criminelles ahurissantes), la saison 5 revient aux fondamentaux et dans le Minnesota,  avec un casting exceptionnel : Juno Temple, Jon Hamm, Jenifer Jason Leight, Joe Kerry, Sam Spruell... Dix épîsodes écrits par Noah Hawley, qui alternent scènes comiques et terrifiantes, offrant vision sans concession d’une Amérique contemporaine déboussolée. Profitez-en pour (re)voir les saisons précédentes, car les intrigues sont totalement indépendantes et la S5 est annoncée comme la dernière.

Succession

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Par Phil Inout

Le Pitch

A New York, Logan Roy (Brian Cox) règne d’une main de fer sur Waystar, un des plus gros conglomérats de médias du monde, qu’il a créé de toutes pièces. Alors que leur père, vieillissant, est désormais considéré comme un frein pour la compagnie, ses quatre enfants Connor (Alan Ruck), Kendall (Jeremy Strong), Roman (Kieran Culkin) et Siobhan (Sarah Snook) se disputent sa succession...

Ce qu’on en pense

Game of thrones des temps modernes, sans dragons mais avec beaucoup de serpents plus ou moins venimeux, Succession régale les fans de sagas familiales avec ses luttes de pouvoir pour s’arroger l’empire du patriarche Logan Roy (Brian Cox, aussi  séduisant qu’effrayant). Les quatre saisons sont disponibles sur Prime avec le Pass Warner. Si la série créée en 2018 par Jesse Amstrong pour HBO continue de fasciner,  c’est grâce à ses personnages plus avides, sans scrupules et détestables les uns que les autres, à l’immersion qu’elle offre dans l’univers des méga-riches (un Dallas/Dynastie puissance 10,  où l’on ne se déplace qu’en jet privé, en yacht ou en flotte d’hélicoptères) et aux rebondissements incessants de l’intrigue. Comme au bon vieux temps de Dallas,  on adore détester cette famille qui n’aime rien tant que se déchirer pour mieux se rabibocher sur le dos de l’un ou l’autre de ses membres. Sacrée meilleure série au monde aux Golden Globes  (avec une kyrielle d’autres prix chaque saison), Succession a aussi le meilleur générique depuis celui d’Amicalement Votre. On ne se lasse pas d’en écouter la partition en regardant les images vintage, décadrées et subliminales qui le composent…

Double piège

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Par Phil Inout

Le pitch

Quand Maya (Michelle Keegan), une ancienne soldate, aperçoit soudain sur une caméra espion son mari qu’elle pensait assassiné, elle découvre une conspiration meurtrière ancrée au plus profond du passé…

Ce qu’on en pense

Un mari supposément mort assassiné qui réapparait mystérieusement sur une vidéo de surveillance, une héroïne qui collectionne les traumas (elle a abattu des civils par erreur lorsqu’elle était dans l’armée, sa soeur a été assassinée…), un complot…  On est bien dans une adaptation d’Arlan Coben. La série est britannique, ce qui est gage de réalisation sérieuse et de casting sympa (on y retrouve même  Joanna Lumley dans un rôle assez éloigné de celui de Patsy dans Absolutely Fabulous). L’originalité de Double piège est d’avoir (aussi) deux enquêteurs antagonistes : Maya, l’héroïne vénère incarnée par Michelle Keegan qui cherche à découvrir pourquoi ont été tués son mari et sa soeur et Samy Kierce (Adeel Akhtar) un flic à la Colombo qui fait des malaises à répétition. C’est de loin le personnage le plus intéressant de cette série policière sans grande envergure mais qui se laisse regarder. 

 

Meurtre au bout du monde

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Par Phil Inout

Le pitch

Jeune écrivaine, Darby Hart (Emma Corrin) est invitée avec plusieurs personnalités prestigieuses  à un séminaire organisé par un milliardaire de la Tech  (Clive Owen)  dans un lieu isolé et magnifique en Islande. Lorsque Bill (Harris Dickinson), l’un des invités qui était aussi l’un de ses ex,  est retrouvé mort d’overdose, Darby va tout faire pour pour prouver qu’il s’agit d’un meurtre… 

Ce qu’on en pense

Sur la trame classique d’un whodunit (crime mystère) à la Agatha Christie, cette série Disney + innove en mélant deux intrigues et en faisant de la principale protagoniste (Emma Corrin, la première Lady Di de The Crown) une surdouée de la technologie et de l’enquête policière. Hercule Poirot meets Lisbeth Salander !  Alors que l’intrigue principale est du pur Agatha Christie (un lieu clos, des meurtres mystérieux, une profusion de coupables potentiels),   la seconde, insérée en flashback, raconte la première enquête de l’héroïne et ses liens avec la première victime. Le tout sur fond de hacking et d’intelligence artificielle avec, dans l’hôtel isolé et futuriste où sont réunis les protagonistes,   un majordome virtuel digne de Hal, l’AI de 2001 Odyssée de l’Espace…  C’est un poil long (7 épisodes),  mais joliment réalisé et la révélation du pot aux roses en surprendra plus d’un.

 

Tout pour Agnès

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Par Phil Inout

Le Pitch

Renée Le Roux (Michèle Laroque) dirige d’une main de fer le casino historique de Nice, objet de toutes les convoitises. En pleine guerre des tapis verts, elle se dresse seule face à la mafia et refuse de céder aux intimidations de son principal concurrent, Jean-Dominique Fratoni (Christophe Favre). Mais au cœur de ce combat, sa fille, Agnès (Marie Zabukovec), poussée par son amant, le sulfureux avocat Maurice Agnelet (Yannick Choirat), vend ses parts du casino familial à Jean-Dominique Fratoni. Quelques mois plus tard, elle disparaît mystérieusement. Un combat de quarante ans s’engage jusqu’à ce qu’éclate la vérité sur sa disparition …

Ce qu’on en pense

Adaptée du livre de Roger-Louis Bianchini (« Agnès Leroux : enquête sur la disparition d’une jeune femme riche« ), cette mini-série sur l’affaire Le Roux vient après le  film d’André Téchiné (L’Homme qu’on aimait trop,  avec Guillaume Canet, Adèle Haenel et Catherine Deneuve ) et l’excellente série documentaire d’Arte (Tant qu’ils ne retrouvent pas le corps). C’est peu dire qu’on n’en attendait pas grand-chose. La surprise n’en est que meilleure. L’affaire est racontée dans toute sa complexité et son étendue en 4 épisodes de 52 minutes. La réalisation de Vincent Garenq, trés classique,  évite la surdramatisation et les clichés. Elle s’appuie sur une reconstitution d’époque scrupuleuse (on s’y croirait!) et sur un casting solide. Yannick Choirat campe un Agnelet séducteur et ambitieux et Michèle Laroque est crédible en Renée Le Roux, malgré le maquillage et la perruque. Mais la série rend surtout vie à Agnès , superbement interprétée par Marie Zabukovec (vue dans Mascarade et dans la série sur l’incendie de Notre Dame). Elle en fait une jeune femme de son temps (les années 70), libre,  fonceuse et, hélas,  amoureuse du mauvais garçon. Une belle réussite, à voir en streaming sur Paramount +  et en diffusion en janvier sur France 2.

 

 

 

La Saison du Verseau

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Par Phil Inout

Le pitch

Pour la première fois depuis longtemps, la famille Schwarz se réunit au complet à l’occasion du mariage d’Emily, la benjamine. En dépit de cet heureux événement, des questions autour de l’héritage familial créent des tensions, et la mystérieuse disparition du marié fait ressurgir un traumatisme remontant à plusieurs décennies… 

Ce qu’on en pense

Un couple de riches allemands (le mari dirige une usine de fonderie, la femme est plasticienne à ses heures) marie sa plus jeune fille en tout petit comité. Cela étonne vu l’opulence de la maison: on s’attendrait plutôt à de grandes noces.  C’est qu’Emily a été kidnappée quand elle était enfant et qu’elle souffre encore de troubles psychologiques qui l’empêchent d’avoir une vie sociale normale. Son futur mari, de son côté, est orphelin. Heureusement, les deux soeurs  d’Emily sont là :  Leo est divorcée et vit chez ses parents  avec son jeune fils Linus . L’ainée, Eva, assiste son père à l’usine et vit en couple avec une autre femme. Leur frère, Felix, vit à Los Angeles et n’est pas pressé d’arriver. En fait, il vient surtout pour réclamer le versement anticipé de sa part d’héritage. Ce qui tombe mal vu que Richard, leur père,  doit leur annoncer que l’usine est au bord de la faillite et qu’ils sont quasi ruinés. Et voilà qu’en plus, au lendemain de la noce, le marié disparaît ! Le décor est planté pour une excellente mini série allemande sur la manière dont un évènement traumatique peut impacter en profondeur toute une famille. Réalisation classique, scénario solide, étude psychologique soignée, excellent casting… Du pain béni pour Arte !

The Golden Hour

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Par Phil Inout

Le pitch

Après une série d’attaques terroristes à Amsterdam, un policier néerlandais d’origine afghane (Mardik Sardagh) suit la trace d’une veille connaissance qui pourrait bien être impliquée. Mais il se retrouve à son tour soupçonné et traqué par ses anciens collègues…

Ce qu’on en pense

Succès surprise de la fin d’année sur Netflix, cette série hollandaise se distingue par le réalisme des scènes d’attentat autant que par les invraissemblances du scénario qui met en scène un jeune flic soupçonné d’être complice de terroristes.  Obligé de fuir,  il enquête en solo pour retrouver le chef des terroristes (qui est, évidemment, son ami d’enfance) pendant que  deux agents des services spéciaux enlèvent et torturent sa femme et sa fille pour l’obliger à se rendre… Heureusement,  la réalisation est efficace et le casting est bon. 

Top Séries 2023

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Par Phil Inout

 La série la plus attendue de l’année n’a pas déçu : adaptée du jeu vidéo éponyme,  The Last of Us permet Amazon de monter sur la première marche du podium annuel. Mais les séries françaises n’ont pas démérité et se taillent même la part du lion dans le classement,  avec un gros coup de coeur pour Tout va bien, formidable série dramatique de Disney +. Voici nos dix séries préférées de 2023 (cliquez sur le titre pour lire la critique). NB :  classement ne prend en compte que les nouvelles séries de fiction, à l’exclusion des suites (The Bear, Slow Horses, The Crown…) et des documentaires comme L’affaire Bettencourt qui auraient mérité d’y figurer.

1) The Last of Us (Prime)

2) Tout va bien (Disney+)

3)  Silo (Apple TV+)

4) Les Fleurs sauvages (Prime)

5) D’Argent et de sang (MyCanal)

6) The English (MyCanal)

7) Sambre (France.tv)

8) Sous contrôle (Arte)

9) Icon of French Cinema (Arte)

10) 1985 (MyCanal)

Culprits

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Par Phil Inout

Le pitch

Après un braquage spectaculaire qui leur a rapporté plusieurs millions chacun, les braqueurs sont pourvuivis par un tueur à gages impitoyable…

Ce qu’on en pense

Ca commence comme une énième ressucée de Casa de Papel et on se dit qu’on ne tiendra pas les huits épisodes. Et puis le charme opère, avec des héros attachants incarnés par de très bons acteurs (Nathan Stewart Jarrett, Kirby Howell Baptiste, Tara Abboud, Niamh Algar…),  un méchant bien effrayant (Ned Dennehy), un scénario à tiroirs plus intéressant que prévu et une réalisation trés rythmée, avec un découpage avant/pendant/maintenant particulièrement efficace. Mais surtout, cette série Disney + ose se démarquer vraiment avec un héros gay (l’excellent Nathan Stewart Jarrett) en couple avec enfants. On salue l’audace !  

Icon of French Cinema

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Par Phil Inout

Le pitch

De retour à Paris après un exil hollywoodien de plusieurs années, Judith Godreche, ancienne égérie du cinéma d’auteur, compte bien relancer sa carrière avec un nouveau film. Mais pour l’actrice, la mère et la femme enthousiaste et romantique, pas si simple de démarrer une nouvelle vie. Surtout quand sa fille de 16 ans Zoé (Tess Barthelemy) tombe amoureuse d’un prof de danse bien plus âgé qu’elle. Dans un monde qui change, entre humour et désillusion, Judith va devoir jongler entre ambition personnelle, angoisses maternelles et faire face aux démons de son passé…

Ce qu’on en pense

Révélée à l’âge de 14 ans dans le film de Jacques Doillon La Fille de 15 ans, puis accaparée par Benoit Jacquot (Les Mendiants, La Désenchantée), avec lequel elle finira par se mettre en couple encore mineure, Judith Godrèche,  qui a été l’une des accusatrices d’Harvey Weinstein et une des fondatrices du mouvement #Metoo,  revient sur son vécu d’adolescente trop tôt sexualisée par le regard de pygmalions douteux et son parcours d’actrice, de femme et de mère,  avec cette formidable mini-série autobiographique en 6 épisodes, dans laquelle elle se met en scène dans son propre rôle et dirige sa fille Tess. Une mise en abime à la fois drôle et piquante,  qui permet à l’actrice-réalisatrice de régler ses comptes avec le petit monde du cinéma français et de mettre en garde sur les dangers de l’émancipation précoce. Une réussite. 

Love & Death

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Par Phil Inout

Le Pitch

Malgré une famille aimante, une maison parfaite et une implication active à l’église, Candy Montgomery (Elizabeth Olsen) n’arrive pas à se débarrasser de son sentiment d’ennui. Après un échange chargé en émotion inattendu avec un autre membre de l’église, Allan Gore (Jesse Plemons), Candy trouve le frisson lié au risque qui manquait à sa vie. Leur liaison savamment préparée se déroule presque comme ils l’avaient planifiée…  jusqu’à ce que  quelqu’un s’empare d’une hache !

Ce qu’on en pense

Après Big Little Lies, David E Kelley remet le couvert avec une nouvelle histoire de ménagère désoeuvrée dans une banlieue résidentielle. Echappée des Avengers,  Elizabeth Olsen campe l’héroïne de ce fait divers réel qui a scandalisé l’Amérique et qui captivera le spectateur. La série débute comme un épisode de Desperate Housewives  situé dans les années 70,  avant de basculer dans le drame horrifique à la Fargo pour se terminer en série judiciaire. La ressemblance avec Fargo est accentuée par la présence de Jesse Plemons (vu dans la saison 2 de la série inspirée du film des frères Coen), étonnant objet de la convoitise, puis du ressentiment de la belle (et sulfureuse sous ses dehors de parfaite maîtresse de maison) Candy Montgomery.  Mieux vaut ne pas chercher à en savoir plus sur le drame qui a inspiré la série puisque celle ci s’ouvre sur une scène de crime sanglante, mais préserve soigneusement le suspens sur la nature du crime et son coupable. Un petit bijou de comédie noire, à binger sur Canal+