Séries

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La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre

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Par Phil Inout

Le pitch

Pour Anna (Kristen Bell), qui a le cœur brisé, les jours se suivent et se ressemblent. Dans son pavillon de banlieue résidentielle, elle s’assoit avec un verre de vin, regarde par la fenêtre et voit la vie se dérouler sans elle. Mais quand un charmant voisin s’installe de l’autre côté de la rue avec sa fille, Anna commence à voir le bout du tunnel. Jusqu’au jour où elle est témoin d’un meurtre horrible… A moins que son imagination débordante lui joue des tours  ?

Ce qu’on en pense

L’épatante Kristen Bell (Veronica Mars, Bad Mois, Gossip Girl) est l’héroïne de ce pastiche de série à la Desperate Housewives/Big Little Lies, dans lequel elle incarne une divorcée oisive qui noie son chagrin dans la picole, fantasme sur le nnouveau soicin  et s’imagine avoir vu par la fenêtre la voisine se faire trucider. Tous les codes hitchcockien de la série policière et du soap de banlieue résidentielle sont détournés de manière assez subtile pour qu’on ne se  rende pas immédiatement compte qu’il s’agit d’une parodie. Seuls quelques détails, comme la façon qu’a l’héroïne d’écluser son pinard en vidant une bouteille de vin entière dans un grand verre de dégustation,  ou la manière dont elle a perdu son enfant (on vous laisse découvrir, c’est gratiné),  sans parler du titre à rallonge, rappellent régulièrement qu’on baigne dans le grand n’importe quoi.  Ce qui n’empêche pas de se passionner pour l’intrigue (a-t-elle rêvé ou pas?)… A déguster sans modération !

 

Un mètre vingt

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Par Ph.D

Le Pitch

Córdoba, 2018. À 17 ans, Juana (Marisol Agostina Irigoyen)  est une adolescente comme les autres, à ceci près qu’elle observe le monde à une hauteur d’un mètre vingt, depuis son fauteuil roulant. Adepte des réseaux sociaux et des applications de rencontres, la jeune femme aux cheveux bleus rêve de vivre sa première fois. Admise dans un nouveau lycée, elle se lie d’amitié avec Julia  et  Efe, deux ados en lutte contre le proviseur de l’établissement qui refuse d’organiser des cours d’éducation sexuelle alors que la loi le lui impose. Juana rejoint le combat et devient une porte-parole du mouvement. Tandis qu’un féroce esprit de rébellion s’empare des lycéens, la jeune femme rejoint dans une soirée un garçon rencontré sur Internet qui ne sait encore rien de son fauteuil roulant…

Ce qu’on en pense

Cette série est un véritable cas d’école : comment peut-on dire autant de choses sur un sujet aussi délicat (sexe et handicap)  en 6 épisodes de 15 minutes et scotcher le spectateur avec une histoire pareille ? Il faut une somme de talents ahurissante pour y parvenir. Un personnage hyper attachant  : Juana, myopathe de 17 ans aux hormones en folie et à l’humour chevillé à son petit corps d’1,20m. Une actrice née pour le rôle (Marisol Agostina Irigoyen). Des seconds rôles savoureux (les copines, les rencards, la mère, la soeur…). Des situations scabreuses  qui ne virent jamais au voyeurisme ni au sordide. Un rythme épatant. Une mise en scène constamment inventive. De l’humour, de la tendresse, beaucoup d’empathie et d’intelligence. Une petite merveille argentine coproduite par Arte à voir toutes affaires cessantes sur le site de la chaine.

Reacher

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Par Ph.D

Le Pitch

Ancien major de l’armée américaine, Jack Reacher (Alan Ritchson) s’est retiré et arpente le pays au gré de ses envies et de ses rencontres. Arrivé à Margrave (Georgie) pour découvrir la ville natale d’un vieux bluesman dont il est fan, Reacher apprend que son frère vient d’y être assassiné. Qu’ils le veuillent ou non, les flics du coin vont devoir compter avec lui pour l’enquête… 

Ce qu’on en pense

Après deux films moyens où il était incarné par Tom Cruise, Reacher débarque sur Amazon sous les traits d’Alan Ritchson, un des gros bras de la série Titans. Sa première enquête le conduit dans le Sud des Etats Unis où son frère, employé du gouvernement,  vient de se faire trucide dans des circonstances mystérieuses.  Les policiers du patelin, Oscar Finlay (Malcolm Goodwin) et Roscoe Conklin (Willa Fitzgerald) vont devoir se coltiner ce géant irascible qui pête les plombs et les bras encore plus vite qu’il n’engloutit de la junk food. Mélange de Rambo (pour le coté vagabond),  d’Hulk (pour la force brute) et de Sherlock Holmes (pour ses capacités de déduction  hors normes), le bonhomme s’avère finalement utile, car l’enquête met à jour un vaste trafic de fausse monnaie mené par un cartel sud américain et les cadavres commencent à s’empiler. Dans la lignée du Punisher de Marvel (à voir sur Netflix), Reacher est une bonne série d’action, rythmée, pas mal scénarisée, bien jouée, avec des personnages attachants  et dont la violence est constamment désamorcée par le second degré. La fin de la saison vire un peu au grand n’importe quoi, mais on a avalé les 8 épisodes sans zapper.

OVNI(s)

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Par Phil Inout

Le pitch

1978. Didier Mathure (Melvil Poupaud), brillant ingénieur spatial, voit son rêve partir en fumée lorsque sa fusée explose au décollage. Alors qu’il pensait avoir touché le fond, il est muté à la tête d’un bureau d’enquête spécialisé sur les ovnis géré par une équipe qui donne effectivement l’impression de vivre sur une autre planète. Sa mission : trouver des explications scientifiques aux apparitions de soucoupes volantes qui défraient la chronique. Un véritable enfer pour ce cartésien invétéré qui n’a plus qu’une idée en tête : se tirer de là au plus vite. Mais un événement extraordinaire va bouleverser ses certitudes, et lui ouvrir les portes d’un monde où plus rien n’est impossible.

Ce qu’on en pense

Après le Minitel rose (3615 Monique), le GEPAN (Groupe d’étude des phénomènes aérospatiaux non identifiés) : c’est dans les parodies d’époque (OSS 117, Au service de la France) que la fiction française comique réussit le mieux. OVNI(s) en est une nouvelle preuve. Melvil Poupaud, tout en moustache et costumes cintrés, y fait la chasse aux soucoupes volantes avec une joyeuse bande d’allumés du CNES (dont le génial Michel Vuillermoz) dans une reconstitution d’époque pleine de couleurs pétantes et de drames capillaires. C’est fin, drôle, enlevé, bien réalisé (par Antony Cordier dont on avait beaucoup aimé le premier film, Gaspard va au mariage),  bien joué, plein de références cinématographiques et télévisuelles (Les Envahisseurs, E.T, Rencontres du 3e Type…)  et, pour une fois,  le scénario tient la route. Les 12 premier épisodes avalés d’un trait, on se réjouit d’entamer la deuxième saison. Après un an sur la route à traquer les ovnis, Didier Mathure (Melvil Poupaud) comprend qu’il est temps de rentrer chez lui et reforme le GEPAN…

Je te promets

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Par Phil Inout

Le pitch

Paul (Hugo Becker) et sa femme Florence (Camille Lou) attendent avec impatience la naissance de leurs triplés. De leur côté, Mathis (Narcisse Mame), un trader comblé vient de retrouver son père biologique mais hésite à le rencontrer ; Maud (Marilou Berry), une jeune femme en surpoids, n’arrive pas à maigrir et cherche un sens à sa vie et Michaël (Guillaume Labbé), footballeur d’un gros club de Ligue 1 voit sa carrière stoppée après un incident malheureux. Alors que Paul, Mathis, Maud et Michaël fêtent leurs 38 ans, ils font face à des choix importants, qui vont bouleverser leurs vies…

Ce qu’on en pense

On pouvait tellement redouter l’adaptation française de This is Us pour TF1 que c’est avec soulagement qu’on a terminé les premiers épisodes… Sans pour autant avoir très envie de prolonger l’expérience. Soyons clairs : pour qui a vu la série américaine (4 saisons complètes  sur Prime Video ,  la cinquième en cours de diffusion sur Canal +),Je te promets n’a qu’un intérêt anecdotique. En gros :qui joue quoi et comment ? Camille Lou et Hugo Becker forment le couple originel et c’est un bon choix, surtout Camille Lou qui va gagner avec ce rôle une palanquée de fans. Les triplés sont incarnés par Narcisse Mame, Marilou Berry et Guillaume Labbé. On a un petit doute pour le dernier, dont l’adaptation a fait un footballeur (de l’OM !) plutôt qu’une star de séries TV, mais il semble se bonifier au fil des épisodes. Le choix de la ressemblance physique maximale avec les protagonistes de la série US étonne. Idem pour l’intrigue : à quelques infimes détails et ellipses près, c’est du copié-collé. On peut s’interroger sur l’intérêt de refaire à l’identique,  mais l’insuccès relatif de This is Us sur M6 semble donner raison à TF1. Son public devrait plus accrocher à l’adaptation française. Question d’habitude. Avec Johnny au générique, Je te promets annonce la couleur d’emblée : la série vise le public populaire des séries TF1. Avec son esthétique de soap et ses références grand public, elle devrait parvenir à le toucher sans trop de difficulté car la mécanique émotionnelle de This is Us est intacte et elle est imparable. Peut-être même que cela incitera les nouveaux adeptes à aller voir la série originale ? La saison 2 de Je te promets est diffusée sur TF1 depuis le 31 janvier, la première est disponible sur Salto. 

La Corde

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Par Phil Inout

Le Pitch

Un petit groupe de scientifiques isolés dans une base en Norvège découvre une mystérieuse corde, en apparence sans fin, qui longe leur observatoire et s’enfonce dans la forêt immense. Certains décident de la suivre, d’autres décident de rester. Tandis que l’innocente expédition se transforme peu à peu en quête déterminée à percer ce mystère, tous vont se trouver confrontés aux lourdes conséquences de leurs choix.

Ce qu’on en pense

Après La nuit a dévoré le monde et l’excellent Dans la brume, Dominique Rocher confirme son talent pour les suspens à base de fantastique avec cette mini série en trois épisodes adaptée d’une nouvelle allemande de Stefan aus dem Siepen et tournée en Norvège. Dans le décor d’une base d’observation isolée au fin fond de la Norvège,  où un groupe de scientifiques français traque des signaux venus de l’espace, la réalisation installe un climat anxyogène qui vire au survival puis à la fable métaphysique. Malgré des longueurs et quelques scènes génantes de la malheureuse Jeanne Balibar, les trois épisodes se regardent avec intérêt, grace à un excellent casting (Jean Marc Barr, Suzanne Clément, Christa Theret…) et à une réalisation digne des grandes réussites du genre (Lost, Dark…). Dommage que le scénario n’ait pas été plus travaillé avec des personnages plus fouillés, car il y avait certainement matière à une série en plusieurs saisons sur le thème d’une humanité qui court à sa perte…

Ne t’éloigne pas

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Par Ph.D

Le Pitch

Dans une petite ville d’Angleterre,  Megan Pierce (Cush Jumbo) va voir sa vie tranquille de mère de famille aisée voler en éclat avec la disparition d’un jeune homme qu’elle ne connait pas la nuit de carnaval. Chargé de l’enquête, l’inspecteur Broome (James Nesbitt) ne va, en effet pas tarder à faire le lien avec une affaire  de disparition non résolue vieille de 17 ans.  Une époque où Megan dansait dans un bar sous le pseudo de Cassie et où ses fréquentations étaient trés différentes…

Ce qu’on en pense

Le Harlan Coben nouveau est arrivé sur Netflix. Il est anglais et… bien meilleur que ses prédécesseurs (The Five, Safe, Intimidation, Innocent, Disparu à jamais,  Dans les bois). Il y est toujours question de passé trouble qui remonte à la surface et de disparitions/réapparitions, mais cette fois ce sont les cadavres et non les vivants qui se baladent dans la nature. Un peu d’humour anglais ne nuit pas à l’intrigue, non plus que quelques scènes surréalistes avec un couple de tueurs à gages juvéniles et amateurs de Radiohead qu’on croitait sorti d’un épisode Chapeau Melon et bottes de cuir. Ajoutez à la recette un casting aux petits oignons mené par l’impeccable James Nesbitt  (Lucky Man Cold Feet, Bloodlands) et vous obtenez une adaptation d’Harlan Coben tout à fait regardable, alors qu’on commençait à désespérer de l’accord passé avec Netflix pour une douzaine de séries et films tirés de l’oeuvre du romancier américain.

Succession

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Par Ph.D

Le Pitch

A New York, Logan Roy (Brian Cox) règne d’une main de fer sur Waystar, un des plus gros conglomérats de médias du monde, qu’il a créé de toutes pièces. Alors que leur père, vieillissant, est désormais considéré comme un frein pour la compagnie, ses quatre enfants Connor (Alan Ruck), Kendall (Jeremy Strong), Roman (Kieran Culkin) et Siobhan (Sarah Snook) se disputent sa succession...

Ce qu’on en pense

Game of thrones des temps modernes, sans dragons mais avec beaucoup de serpents plus ou moins venimeux, Succession régale les abonnés d’OCS depuis 2018 avec ses luttes de pouvoir familiales pour s’arroger l’empire du patriarche Logan Roy (Brian Cox, tour à tour séduisant et effrayant). La troisième saison qui vient de débuter trouve Kendall le fils prodigue, héritier naturel de l’empire, une nouvelle fois banni et seul contre tous. Alors que Waystar, le conglomérat de médias , de parcs de loisirs  et de navires de croisières fondé par Logan Roy fait face à une OPA hostile, Kendall (Jeremy Strong)  n’a rien  trouvé de mieux que de dénoncer une vaste affaire de harcèlement sexuel sur les navires de croisières de la société,  en affirmant qu’elle avait été couverte par son père. Alors que son propre mari est mouillé dans l’affaire, sa soeur Siobhan (prononcer Chivan, la famille est d’origine écossaise) en profite pour pousser son avantage et prendre la direction du groupe. Provisoirement, bien sûr, car ni son père ni ses frères n’ont dit leur dernier mot. Si la série créée par Jesse Amstrong pour HBO continue de fasciner,  c’est grâce à ses personnages plus avides, sans scrupules et détestables les uns que les autres, à l’immersion qu’elle offre dans l’univers des méga-riches (un Dallas/Dynastie puissance 10,  où l’on ne se déplace qu’en jet privé, en yacht ou en flotte d’hélicoptères) et aux rebondissements incéssants de l’intrigue. Comme au bon vieux temps de Dallas,  on adore détester cette famille qui n’aime rien tant que se déchirer pour mieux se rabibocher sur le dos de l’un ou l’autre de ses membres. Sacrée meilleure série au monde aux derniers Golden Globes (avec un prix du meilleur acteur à Jeremy Strong), Succession a aussi le meilleur générique depuis celui d’Amicalement Votre. On ne se lasse pas d’en écouter la partition en regardant les images vintage , décadrées et subliminales qui le composent…

Starstruck

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Par Phil Inout

Le Pitch

Jessie (Rose Matafeo) , une “millenial” néo zélandaise expatriée à Londres, cumule deux jobs et galère sentimentalement. Après avoir passé une nuit bien arrosée avec Tom (Nikesh Patel), elle découvre que c’est un célèbre acteur de cinéma et…  Prend la fuite !

Ce qu’on en pense

Cousine néo-zélandaise de Phoebe Waller-Bridge (alias Fleabag), Rose Matafeo nous fait le coup du Coup de foudre à Notting Hill inversé : dans Starstruck, la vedette de cinéma est masculine (et d’origine indienne) et l’objet de son crush est une expat qui galère entre deux boulots, une coloc et des coups d’un soir après boire. Mais comme la réalisatrice Rose a autant de talent que l’actrice Matafeo et que la scénariste Rose Matafeo, ça marche. On se marre bien à la voir se dépétrer de ses emmerdes diverses et variées et jouer à “tu m’aimes je te fuis/Je t’aime tu me fuis” avec son béguin célèbre. Evidemment,  ça se passe pendant les fêtes de Noël et il y a plein de blagues de cul et de nouvelles expressions argotiques à apprendre car on est dans une romcom anglaise. Avec un petit côté néozed décalé pour relever encore la sauce. Bref, on a craqué.

Euphoria

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Par Ph.D

Le Pitch

A 17 ans, Rue Bennett (Zendaya), fraîchement sortie de désintox, cherche à donner un sens à son existence. Elle se lie très vite à Jules Vaughn (Hunter Schafer) , une fille trans récemment arrivée en ville après le divorce de ses parents. Dans leur sillage gravitent Nate Jacobs (Jacob Elordi), un sportif dont les problèmes de colère masquent des complexes sexuels ; Maddy Perez (Alexa Demi) , la petite amie de Nate ; Chris McKay (Algee Smith), star de l’équipe de football qui peine à suivre les cours ; Cassie Howard (Sidney Sweeney) , dont le passif sexuel continue de la poursuivre ; Lexi Howard (Maude Apatow) , jeune sœur de Cassie et amie d’enfance de Rue ;  Kat Hernandez (Barbie Ferreira), ado boulotte en pleine exploration de sa sexualité et  Fezco (Angus Cloud) qui deale pour tout le monde…

Ce qu’on en pense

Série phénomène de HBO lancée en 2019, Euphoria a confirmé le talent de réalisateur de Sam Levinson (Another Happy Day, Assassination Nation, Malcolm & Marie) et fait de Zendaya, son actrice principale, la première star planétaire de sa génération. Série ado pervertie par un émule de Danny Boyle période Trainspotting, Euphoria est un cocktail imparable de sexe, de drogue, de rock, de rap et de techno avec des personnages au mieux borderline,  au pire totalement déjantés, junkies et psychotiques. La figure centrale de la série est Rue (Zendaya) qui, à 17 ans a déjà un lourd passé de junkie. On la découvre au premier épisode sortant de desintox pour replonger aussitôt dans la defonce que lui fournit  Fezco (Angus Cloud) son dealeur et frère de sang. Au lycée, elle se lie d’amitié amoureuse avec Jules  (Hunter Schafer) ado au physique hermaphrodite qui consomme les relations homosexuelles avec des adultes au même rythme que Rue sniffe tout ce qui lui passe sous les narines. La vision que la série donne de la jeunesse californienne est encore pire que celle que donnait Bret Easton Ellis dans Less Than Zero pour les années 80. Elle  a de quoi épouvanter les parents d’ados qui tomberaient dessus par hasard. Pourtant, Euphoria fascine et la saison 2 qui vient de démarrer sur OCS,  après une longue  interruption due au Covid,  relance l’intérêt autour des différents personnages, dont Fezco et son jeune frère Ash, héros d’un premier épisode ultraviolent. Nul doute qu’Euphoria sera encore LA série à voir en 2022. 

Mare of Easttown

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Par Phil Inout

Le Pitch

Ex-star de l’équipe de basket du lycée, Mare Sheehan (Kate Winslet) est flic dans sa petite ville de Pennsylvannie où sa vie est partie à vau-l’eau, entre un ex mari en phase de remariage (David Denman), une ado rebelle (Angourie Rice) et un fils suicidé. L’ enlèvement et le meurtre de deux jeunes filles et la rencontre d’un séduisant écrivain (Guy Pearce) vont l’obliger à se secouer la carcasse…

Ce qu’on en pense

Sur la trame désormais classique du flic au bout du rouleau confronté à des meurtres de jeunes filles dans un bled d’Amerique profonde, Mare of Easttown, propose une immersion dans une petite ville du Minnesota (Eatsttown) et un chouette portrait de femme (Mare, prononcer “mère”) que la vie n’a pas épargnée, mais qui est toujours debout et combative. Kate Winslet qui l’incarne est sans doute la meilleure raison de regarder Mare of Easttown, mais ce n’est pas la seule. Showrunner de la série, le scénariste Brad Ingelsby (Night Run, Merry Men, American Woman) fait preuve  d’un beau talent pour filmer cette “small town” américaine et ses habitants. L’intrigue policière n’est d’ailleurs que prétexte à s’attarder sur les personnages et à dresser leur portrait psychologique. Elle n’en est pas moins passionnante, au contraire, et cette mini série policière fait partie des meilleures réussites du genre, quelque part entre True Detective, The Killing et Unbelievable. Disponible depuis avril 2021 sur OCS, Mare of Easttown est diffusée ce mois ci sur Canal + . 

After Life

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Par Phil Inout

Le Pitch

Journaliste dans le quotidien gratuit d’un village anglais, Tony (Ricky Gervais) ne se remet pas de la mort de  sa femme Lisa (Kerry Godliman). D’abord suicidaire, il a décidé de continuer à vivre pour punir le monde de sa méchanceté, envisageant sa misanthropie comme un super-pouvoir

Ce qu’on en pense

After Life aurait pu (dû ?) se terminer au dernier épisode de la saison 1. Le héros incarné par Ricky Gervais avait fait son “travail de deuil” à sa manière particulière, se vengeant avec un humour féroce de la méchanceté du monde jusqu’à finir par comprendre que c’est à lui qu’il faisait le plus de mal. Mais on a tellement aimé l’humour de la série et ses personnages qu’on les retrouve avec bonheur pour une deuxième et une troisième saison. Du bonheur,  mais un peu d’appréhension aussi : ayant décidé de redevenir l’ homme bon et généreux qu’il était avant de perdre sa femme, et de faire le bien autour de lui plutôt que d’appuyer systématiquement  là où ça fait mal, Tony (Ricky Gervais au meilleur de son humour à froid)  ne risque-t-il pas de décevoir ses fans ?  On fait rarement de bonnes fictions avec les bons sentiments. Et l’effet de surprise ne jouant plus,  on pourrait finir par se lasser des rituels mis en place par la série : Tony regardant les vidéos de sa vie avec Lisa, Tony au bureau raillant ses collègues, Tony en reportage chez les habitants les plus allumés du patelin, Tony au cimetière (avec  la merveilleuse Penelope Wilson), Tony chez le psy (Paul Kaye), Tony au chevet de son père à l’hospice, son crush avec l’infirmière (Ashley Jensen), ses prises de bec avec le postier (Joe Wilkinson) , sa complicité avec Roxy la prostituée au grand coeur (Roisin Conaby) … Heureusement, il y a du nouveau pour relancer l’intrigue: le journal risque d’être vendu et tous les employés pourraient se retrouver à la rue. De quoi redonner à Tony le mors aux dents… La saison finale est un peu en retrait, mais on retrouve avec plaisir les personnages (moins Roxy, dont il est souvent question mais qu’on ne voit jamais) et on accompagne Tony dans la fin de son travail de deuil, toujours entre éclats de rires et larme à l’oeil.  Kerry Godliman, qui joue sa femme disparue,  est plus présente via les vidéos familiales que Tony regarde en boucle et les scènes de reportages sont toujours hilarantes. On attend avec impatience le prochain projet de Ricky Gervais.

Vigil

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Par Phil Inout

Le Pitch

Le commandant de police Amy Silva (Suranne Jones) est envoyée à bord d’un sous marin nucléaire de la Navy en plongée, le HMS Vigil,  pour enquêter sur la mort suspecte d’un membre de l’équipage. Elle conclut à un meurtre et soupçonne qu’il est peut-être liée au naufrage d’un chalutier survenu dans la zone de plongée du Vigil. La défiance des officiers de bord, le secret défense et divers incidents de bord vont torpiller son enquête

Ce qu’on en pense

Les séries anglaises continuent à faire les beaux soirs d’Arte qui a décroché les droits de diffusion de ce succès de la BBC : un thriller sous-marin parfaitement piloté par Tom Edge (The Crown, Judy) et au casting remarquable. Deux héroïnes se partagent l’enquête sur un meurtre supect à bord d’un sous marin de la Royal Navy : Amy Silva (Suranne Jones) immergée dans l’univers  essentiellement masculin et militaire du sous-marin et Kristen Loàngacre (Rose Leslie) qui assure le back office sur terre.  On découvrira que les deux jeunes femmes ont eu une liaison et qu’Amy a survécu à un accident de voiture qui s’est terminé au fond d’un lac. Ce qui ne facilitera évidemment pas son séjour confiné à bord du submersible… Le talent des deux actrices et de leurs partenaires masculins (Gary Lewis, Paterson Joseph, Connor Swindells…) permet de faire oublier les invraissemblances du scénario et une réalisation de téléfilm. On plonge avec plaisir dans les 6 épisodes de ce Cluedo sous marin, diffusé ce mois ci sur Arte et déjà disponible en intégralité sur Arte + 

Mohamed Ali

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Par Phil Inout

Comme il l’avait fait pour sa fresque historique sur le Vietnam, Ken Burns s’est immergé dans des centaines d’heures d’archives audiovisuelles pour retracer, en 4 épisodes d’un peu moins de deux heures chacun,  la vie et la carrière d’une des personnalités les plus flamboyantes du XXe siècle, le boxeur Cassius Clay/Mohamed Ali. Chapitrée en rounds, la série risque de laisser KO même ceux qui croyaient déjà tout savoir sur l’ex champion du monde des poids lourds, auquel plusieurs films et téléfilms ont déjà été consacrés. A la manière de ces biographes américains qui sont capables de tartiner des milliers de pages sur leur sujet, Burns décortique le moindre aspect de la vie et de la carrière du boxeur avec force images et témoignages, parfois inédits. Les combats de Mohamed Ali ne représentent qu’une infime partie de cette formidable série documentaire qui immerge le spectateur dans toute la culture populaire et politique du 20e siècle, dont Norman Mailer a pu écrire qu’Ali en représentait l’essence même. Par son génie pugilistique, son sens du spectacle et des punchlines, ainsi que par son engagement pour les droits civiques,  Cassius Marcellus Clay a marqué son époque plus qu’aucune autre personnalité noire.

The Undoing

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Le pitch
Thérapeute à succès sur le point de publier son premier livre, Grace Sachs (Nicole Kidman) a un mari aimant (Hugh Grant) et un fils qui fréquente une école privée de prestige. Mais soudain, avec une mort violente, un mari qui disparaît et de terribles révélations concernant celui qu’elle pensait connaître, sa vie bascule…

Ce qu’on en pense

Big Little Lies n’en finit plus de faire des émules. Après Little Fires Everywhere où l’on retrouvait Reese Witherspoon dans un rôle assez similaire, voici The Undoing avec une autre des protagonistes de BLL : Nicole Kidman. La star australienne a retrouvé la chevelure flamboyante et le visage lisse de ses 20 ans pour interpréter  Grace Sachs, une thérapeute confrontée aux mensonges de son mari (Hugh Grant), accusé d’avoir assassiné sa maîtresse et aux soupçons de l’inspecteur de police chargé de l’enquête (Edgar Ramirez). Dans un contre emploi parfait, Hugh Grant est l’atout majeur de cette série policière qui traîne un peu en longueur, mais captive quand même jusqu’au bout. Disponible sur OCS depuis 2020, la série est diffusée sur TF1 en janvier 2022.