Séries

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La jeune fille et la nuit

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Par Phil Inout

Le Pitch

Côte d’Azur, hiver 1997. Un campus prestigieux figé sous la neige. Une jeune fille emportée par la nuit. Trois amis liés par un secret tragique. Printemps 2022. Autrefois inséparables, Fanny, Thomas et Maxime ne se sont plus jamais parlé depuis la disparition de Vinca cette nuit d’hiver 1997. Lorsque, 25 ans plus tard, Thomas décide de rompre ce silence en se rendant à une réunion d’anciens élèves du lycée Saint-Exupéry, il va, sans le savoir, mettre en péril la vie de tous ceux qui l’entourent, à commencer par celle de Maxime.

Ce qu’on en pense

Essentiellement tourné entre Nice et Antibes, La Jeune fille et la nuit est l’adaptation en série du roman de Guillaume Musso, paru en 2018 et vendu à 2 millions d’exemplaires dans 36 pays. Une adaptation trés fidèle, pour une série à vocation internationale si on en juge par le casting et les moyens déployés. Sans surprise, les six épisodes ont les qualités et surtout les défauts des romans de Musso : intrigue à la fois simpliste et tirée par les cheveux, dialogues lourdement explicatifs et personnages schématiques. La réalisation et le casting sont de bonne qualité,  mais la pauvreté du scénario et des dialogues empêche de se passionner pour l’histoire. A défaut,  on s’amuse à reconnaître les endroits de la Côte d’Azur où ont été filmées les scènes. La série est disponible en intégralité sur Salto. 

Yellowstone

Séries|

Par Phil Inout

Le pitch

De nos jours, dans le  Montana, John Dutton (Kevin Costner) possède Yellowstone le plus grand ranch des Etats-Unis. Avec ses trois fils et sa fille Beth (Kelly Reilly) , le patriarche fait tout pour protéger ses terres et son mode de vie ancestral. Mais les promoteurs immobiliers sont à l’affut et les indiens de la réserve toute proche voudraient récupérer les terres volées à leurs ancêtres. De quoi aviver les tensions dans une région où les conflits territoriaux se sont toujours réglés à coups de fusil…

Ce qu’on en pense

On peut dire que Kevin Costner a réussi son come-back avec cette série western, écrite et réalisée par Taylor Sheridan  (Comancheria, Wind River). Yellowstone en est à sa cinquième saison et Sheridan planche déjà sur plusieurs spin-off. Les cinq saisons sont  désormais disponibles sur Salto. Malgré une intrigue de départ peu originale  et une mise en place un peu laborieuse, la série gagne en ampleur et en intérêt au fil des épisodes et des saisons. Dans un Montana magnifiquement filmé,  où tous les conflits se règlent encore à la Winchester et à la dynamite (et où on pêche la truite à cheval !), menaces, coups de mains, trahisons et vengeances se succèdent à un rythme soutenu,  avec des personnages hauts en couleurs, qui, eux aussi, gagnent en épaisseur à chaque saison. Un pur régal pour les amateurs de westerns modernes.

Trom

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Par Ph.D

Le Pitch

Le journaliste Hannis Martinsson (Ulrich Thomsen) reçoit inopinément un message de Sonja, une jeune femme qui prétend être sa fille et dont la vie est en danger. Rentrant à contrecoeur aux îles Féroé pour enquêter, Hannis découvre le corps de Sonja dans les eaux sanglantes d’une chasse à la baleine. Sa quête de réponses l’amène bientôt à entrer en conflit avec l’inspectrice en chef locale, Karla Mohr (Maria Rich) et avec un riche armateur (Olaf Johannessen)  alors qu’il découvre un réseau de secrets au sein de la communauté îlienne…

Ce qu’on en pense

Primée au festival TV de Monte Carlo, cette série policière Danoise a surtout l’intérêt de se passer aux îles Féroé qui lui fournissent un décor idéalement inquiétant et dépaysant. Sinon, l’intrigue est tout sauf originale et avance à un train derrickien jusqu’à un dénouement téléphoné. Ulrich  Thomsen, dans le rôle du journaliste fouille-merde, a toujours l’air de se réveiller d’une cuite carabinée,  la cheffe flic (Maria Rich) est aussi moche que ses pulls et le méchant (Olaf Johannessen) aussi visqueux que les poissons des pêcheries qu’il dirige. Le final annonce une saison 2 qu’on espère plus palpitante.

Montre jamais ça à personne

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Par Phil Inout

Le Pitch

Clément Cotentin a commencé à filmer son grand frère Aurélien, alias Orelsan, en 2005, alors qu’il cherchait encore sa voie/voix  à Caen avec ses potes Gringe, Ablaye et Skread. Il a suivi son ascension jusqu’à Bercy…

Ce qu’on en pense

Comment devient on le numéro 1 du rap en France lorsqu’on est issu de la classe moyenne (parents dans l’enseignement), un peu glandeur, un peu zonard, qu’on vient de Caen, qu’on ne connaît personne dans le milieu de la musique et qu’on n’est pas spécialement dévoré d’ambition ? C’est à cette question que la série documentaire de Clément Cotentin, journaliste sportif et petit frère d’Orelsan,  s’attache à répondre. Fan inconditionnel de son grand frère (« C’est le Eminem français« ), Clément à commencé à le filmer en 2005 dans l’appart de Caen où il zonait avec ses potes, en essayant sans trop y croire de faire du rap,  entre petits boulots (gardien de nuit dans un hôtel) et grosses déconnades d’ados attardés. Il l’ a suivi depuis premières des battles rap jusqu’aux concerts de Bercy pour la triomphale tournée de La Fête est finie. Présenté en avant-première à CanneSéries, Montre jamais ça à personne (excellent titre) mélange les images tournées dans l’intimité d’Orel et ses potes pendant 15 ans et des interviews récentes des différents protagonistes et de personnalités extérieures au groupe comme Gims, Soprano, Olivia Ruiz, Stromae, le tourneur ou le responsable de la maison de disques d’Orelsan. La série ne cache rien des accidents de parcours (humiliation des premières battles, annulation de la première tournée après l’ affaire « Sale pute« , doutes permanents…) et montre comment s’est construit, pierre par pierre,  le succès d’Orel : un MySpace original (les réseaux sociaux n’existaient pas encore ), un trés bon premier album suivi d’un bad buzz qui lui assure une notoriété nationale, un deuxième album encore meilleur,  avec une nouvelle identité (Rael San) et des clips pop, des tournées qui imposent l’artiste comme une vraie bête de scène, un clan soudé, l’attachement à la famille et aux racines provinciales… Rien n’assurait que ça marcherait,  mais l’essentiel était là : le talent d’écriture, le charisme,  la volonté de progresser sans cesse… Lorsqu’à la fin, Clément demande à Orel et Skread ce qu’ils pensent du parcours, les deux font la même réponse : « Ce n’est que le début« . Edifiante, rythmée et drôle,  la série se regarde avec intérêt. La saison 2 est entièrement consacrée au making of de l’album Civilisation et est tout aussi passionnante. Enregistré pendant le premier confinement Covid, le disque a connu une gestation pour le moins laborieuse, mais a fait un carton absolu, comme la tournée qui a suivi et dont le documentaire montre le début. La série donne très envie de le réécouter.

Désordres

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Par Phil Inout

Le pitch 

Quand elle n’est pas sur scène, Florence Foresti est une femme comme les autres. En pire ! Personnalité publique, elle est aussi une mère en garde alternée, une célibataire à la dérive, une artiste en quête d’inspiration, et une angoissée chronique. DÉSORDRES vous invite à entrer dans le quotidien de Florence Foresti, une semaine sur deux, quand elle n’a pas sa fille à charge, pendant la création de son spectacle « Épilogue », en 2017. À l’image de sa vie duelle, où le routinier côtoie le glamour, le rire flirte avec le grave, et la parodie s’invite dans le réel. Un beau bordel… 

Ce qu’on en pense

Après Blanche Gardin, c’est au tour de Florence Foresti d’avoir sa propre série autofictionnelle sur Canal + L’humoriste s’y met en scène après son divorce,  alors qu’elle prépare son retour sur scène, entre garde alternée, soirées copines, procrastination forcenée, crises de panique, problèmes de célébrité et angoisse de vieillir. C’est drôle et punchy, comme un spectacle de Florence Foresti. On y retrouve d’ailleurs pas mal de thématiques, de gags et de punchlines déjà utilisés, dans une forme qui rappelle celle des séries féminines US à la Sex and the City. La série aurait pu être tournée il y a dix ans. Seule prise de risque : la mise en scène de ses crises d’angoisse,  qui tire certains épisodes vers le noir. Mais, même là,  on reste en terrain « Forestier » connu :  la série est destinée à ses fans et elle leur plaira certainement.

Andor

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Par Phil Inout

Le Pitch

Cinq ans avant les évènements racontés dans Rogue One : A Star Wars Story, sur la planète Moriana One, le jeune Cassian Andor (Diego Luna) vit de petits trafics et se retrouve impliqué dans le meurtre de deux agents de l’Empire. Traqué par la police impériale, il est recruté par des résistants, dans ce qui deviendra l’Alliance Rebelle

Ce qu’on en pense 

C’est le bordel dans la galaxie « très très lointaine« . Entre première, deuxième et troisième trilogie, prequels, sequels, séries et spin offs,  George Lucas lui-même n’y retrouverait pas ses jedis. Rien que sur Disney+ les fans de Star Wars ont déjà le choix entre trois séries : Obi Wan, Bobba Fett et The Mandalorian. Andor est la quatrième et, bonne nouvelle,  elle est assez différente des trois premières. Un univers plus sombre (à la Blade Runner),  moins d’action de poursuites, d’explosions et de combats de sabres laser,  plus de profondeur. Confiée à Tony Gilroy (le papa de Jason Bourne), la série s’inscrit dans la droite lignée de Rogue One , qui reste un des rares bons films dérivés de Star Wars. Peut-être ira-t-on cette fois au bout des 8 épisodes que comte la première saison ?  Le seul vrai reproche qu’on a à lui faire,  à mi-parcours,  c’est d’avoir repris Diego Luna pour incarner ce petit cousin de Han Solo. Pour un bad boy interstellaire,  il manque singulièrement de charisme

Les Papillons noirs

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Par Ph.D

Le Pitch

Faute d’inspiration, Adrien (Nicolas Duvauchelle), 40 ans, romancier tourmenté, se résoud à écrire à la demande la biographie d’illustres inconnus. Un vieil homme (Niels Arestrup)  l’embauche pour lui raconter sa plus grande histoire d’amour : Solange, l’histoire d’une vie… de crimes !

Ce qu’on en pense

On attendait beaucoup, peut-être un peu trop, de la nouvelle série de prestige d’Arte, signée Olivier Abbou (Maroni) et Bruno Merle. Les confessions d’un serial killer joué par Niels Arestrup recueillies par un écrivain tourmenté incarné par Nicolas Duvauchelle,  cela donnait trés envie. Les premiers épisodes tiennent leur promesse : réalisation soignée, jeu d’acteurs au cordeau, ambiance flippante… quelque chose entre Mindhunter, giallo et  nordique noir. Et puis patatras ! La série s’epuise dans la représentation de la violence, le traitement des personnages féminins, les tunnels de dialogues, un scénario de plus en plus tiré par les cheveux et des twists invraisemblables. Tous les péchés mignons du feuilleton policier à la française. Dommage …

Tokyo Vice

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Par Phil Inout

Le Pitch

À Tokyo, le reporter américain Jake Adelstein (Ansel Elgort), âgé de 24 ans, intègre le service police et justice du « Yomiuri Shimbun », le plus grand quotidien japonais. Alors qu’il collabore avec la police locale, il est contacté par la mafia. Il devient un interlocuteur des yakusas tout en continuant d’être un informateur de la police. Mais cette position ambivalente n’est pas sans danger

Ce qu’on en pense

Adaptée du récit éponyme de Jake Adelstein, premier occidental à avoir intégré la rédaction du quotidien japonais Meicho Shinbun (12 millions d’exemplaires/jour), Tokyo Vice déboule sur Canal + avec pour caution le nom de Michael Mann, qui a réalisé le premier épisode et coproduit la série. La patte nerveuse du réalisateur de Heat et de Miami Vice reste sensible pour les 7 autres épisodes de la saison 1 (la 2e est déjà en production),  confiés à d’autres réalisateurs américains et japonais. Malgré cela, la série prend son temps pour installer son intrigue et ses personnages : c’est de bonne guerre et c’est tant mieux. On découvre peu à peu la personnalité du jeune héros, incarné par Ansel Elgort (l’acteur de Baby Driver  a le vent en poupe depuis sa participation au  West Side Story de Spielberg) et celles d’un dizaine d’autres personnages principaux:  flics, yakusas et prostituées que Jake fréquente avec assiduité  (il a été versé à la rubrique Police du Meicho Shinbun). L’intrigue est linéaire (Jake bataille dur pour s’imposer dans son boulot, composer avec  les nombreux codes de la société japonaise  et  infiltrer la police et la mafia tokyoïte),  mais la qualité de la réalisation, le jeu des acteurs (tous trés bons) et la parfaite immersion dans le Tokyo des médias, de la police et des bas fonds qu’offre la série fait qu’on ne s’ennuie pas. A voir. 

L’Opéra

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Par Philippe DUPUY

Le pitch

A l’Opéra de Paris, Zoé (Ariane Labed), danseuse étoile de 35 ans à la carrière fulgurante, vit aujourd’hui dans l’excès : trop de fêtes, d’amants, d’angoisses, de blessures… Parce qu’elle n’a plus le niveau et qu’on le somme de faire des économies, Sébastien Cheneau (Raphaël Personnaz), le nouveau directeur de l’Opéra, veut la licencier. Une première dans l’histoire de l’Opéra ! Mais Zoé va se battre contre l’institution, ses pairs et surtout contre elle-même pour décrocher une seconde chance. Dans le même temps, Flora Soumaré (Suzy Bemba), 19 ans, une jeune danseuse noire, vient de rejoindre le corps de ballet et n’a que quelques mois pour s’intégrer et faire ses preuves…

Ce qu’on en pense

Depuis L’Age heureux (Odette Joyeux 1966), aucune équipe de tournage n’avait squatté aussi longtemps les ors et les coulisses de l’Opéra de Paris. C’est la bonne surprise de cette série signée  Cécile Ducoq et Benjamin Adam : qu’il s’agisse de montrer les luttes de pouvoir, les rivalités artistiques, les lourdeurs administratives et syndicales, le travail des danseurs, les répétitions ou les spectacles,  l’immersion est d’un réalisme saisissant. Du coup, on pardonne le portrait un peu chargé de l’héroïne incarnée par Ariane Labed,  dont le scénario veut à tout prix faire une diva des pointes aux excès de rock star alors qu’il aurait pu se contenter du portrait d’une Etoile meurtrie et vieillissante. La première scène, où on la voit sortir de boite de nuit et se défoncer avec son jeune amant avant une représentation, où elle arrive juste à temps pour monter sur scène, a bien failli nous exclure de la série. Quand on sait la discipline que s’infligent les danseurs pour parvenir au statut d’Etoile et le travail que cela représente pour se maintenir à ce niveau d’exigence, on se doute bien que jamais au grand jamais une Etoile ne s’autoriserait pareil comportement. Heureusement, la suite est plus crédible et on suit avec intérêt  les efforts de Zoé (Ariane Labed qui n’a pas volé son prix d’interprétation à SérieMania) pour revenir à un meilleur niveau,  ceux de Flora (Suzy Bemba attachante) pour intégrer le ballet et ceux de Sébastien (Raphaël Personnaz, parfait), le nouveau directeur pour endosser un costume taillé trop grand pour lui. Les épisodes ont beau être précédés d’un carton indiquant que « les personnages et les situations ne suaraient reflêter la réalité de l’Opera de Paris« , il parait évident que les scénaristes se sont largement inspiré du passage mouvementé de Benjamin Millepied à la direction de l’auguste maison. La série y gagne encore en réalisme et en profondeur. La deuxième saison est censée marquer le retour au sommet de Zoé, mais embûches, manigances et guerres intestines vont continuer de se mettre en travers de sa route ainsi que de celle de Flora (Suzy Bemba épatante) qui tente le concours pour devenir Etoile à son tour…

Irma Vep

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Par Phil Inout

Le Pitch

Mira (Alicia Vikander) est une star de cinéma désabusée à la fois par sa carrière et sa rupture récente. Elle arrive en France pour incarner Irma Vep dans un remake du classique français du film muet, « Les Vampires ». Au fur et à mesure du tournage, Mira réalise que les frontières entre elle-même et le personnage qu’elle joue commencent à s’estomper et à fusionner…

Ce qu’on en pense

Découverte à Cannes 2022, la première série d’Olivier Assayas pour HBO adapte son propre film de 1996 (également présenté à Cannes), dans lequel Maggie Cheung jouait une star asiatique embauchée pour tourner en france un remake des Vampires de Louis Feuillade, un film muet de 1915. Elle cède ici la place à Alicia Vikander (Tomb Raider, Jason Bourne…),  dans le rôle d’une jeune star hollywoodienne venue chercher à Paris une nouvelle crédibilité en tournant avec un auteur torturé   (Vincent Macaigne) une série inspirée du même film. Entre romance, drame et comédie meta sur le cinéma, la série installe le spectateur dans les coulisses du tournage et met en parallèle  les images du film de Feuillade avec celles tournées par l’équipe dirigée (?) par Vincent Macaigne, au sein de laquelle on retrouve le ban et l’arrière ban du cinéma français (Vincent Lacoste, Nora Hamzawi, Hyppolite Girardot, Jeanne Balibar, Antoine Reinartz, Michèle Clément…).  Olivier Assayas va au bout de son obsession pour le film de Feuillade et s’interroge sur le format (film-long ou série ?),  en recyclant pas mal  d’éléments de ses propres films (Sils Maria et Personal Shopper, en plus d’Irma Vep) . C’est bavard, intello, ironique, cinéphile et souvent drôle,  mais peut-être un peu trop référencé pour accrocher un plus large public que celui du cinéaste. Les spectateurs américains d’HBO ont dû trouver ça « So chic ! »,  mais légèrement « Boring »…

La Guerre des mondes

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Par Phil Inout

Le Pitch

Une astronome française Catherine Durand (Léa Drucker)  détecte une transmission émanant d’une autre galaxie, preuve de l’existence d’une vie extra-terrestre intelligente. Quelques jours plus tard, une attaque de grande envergure est lancée contre l’humanité qui est en grande partie détruite. Seule survit une poignée d’êtres humains qui devront comprendre ce qui se cache  derrière cette attaque impitoyable…

Ce qu’on en pense

Enième adaptation du célèbre roman de HG Wells, cette série franco-anglaise reprend les choses au début:  un signal extra terrestre est détecté trop tard,  l’attaque est massive et la survie de l’humanité est en jeu. La première saison montrait surtout la sidération des survivants.  La deuxième, sans doute à cause du Covid, est plus axée sur la survie et la résistance. La question de fond reste la même : comment réagirait l’humanité si elle était menacée en tant qu’espèce ? Oublierait-elle ses divisions de classe et de race pour s’unir contre l’ennemi? Lea Drucker campe une scientifique Grenobloise qui n’a pas beaucoup de réponses à fournir (l’actrice semble elle même un peu perdue dans cette production). Gabriel Byrne, en ex toubib londonien, semble mieux armé intellectuellement pour faire face aux nombreux défis qui se présentent aux survivants. Adel Benchérif est excellent en officier de l’armée française. La réalisation privilégie le réalisme et la psychologie aux effets spéciaux, les décorateurs français et anglais (une partie de l’intrigue se déroule à Londres) ont été bien aidés par le confinement pour les plans de villes désertes,  le rythme est soutenu dans la S1 un peu moins dans la S2, qui souffre de quelques baisses de régime. On ne peut rien dévoiler de l’intrigue de la troisième saison, diffusée sur Canal + depuis le début du mois de septembre, sous peine de spoiler les deux premières. Disons simplement que c’est toujours aussi réaliste et flippant, que les acteurs sont toujours aussi bons et que la mise en scène continue de faire de cette série  une des grandes réuissites de la fiction française avec Le Bureau des légendes. A voir absolument. 

Respirer

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Par Ph.D

Le Pitch

Après l’annulation de son vol commercial pour cause d’avis de tempête, Liv  (Melissa Barrera), une avocate new-yorkaise, embarque dans un avion privé pour rejoindre sa destination. L’avion est pris dans l’orage et se crashe dans le Grand Nord Canadien.  Liv est la seule survivante. Mais elle se trouve dans une région particulièrement hostile,  à des dizaines de kilomètres du premier village…

Ce qu’on en pense

Respirer (Keep Breathing en VO) est un vrai-faux survival. Il dresse le portrait psychologique d’une jeune avocate apparemment dure à cuire (Melissa Barrera, excellente), perdue dans un immense territoire  du Nord  après le crash de son avion privé et qui va devoir lutter autant contre les traumas de son passé que contre la nature hostile pour s’en sortir et espérer renaître à la vie. Le format de 30 minutes permet de ne pas s’ennuyer,  car les épisodes sont à 80% composés de retours sur le passé et les traumas de l’héroïne et à 20% seulement de scènes d’action survivaliste. Celles-ci n’étant, d’ailleurs,  que la métaphore de son combat pour se sortir de ses problèmes psychologiques liés à l’enfance et à l’absence de la mère (dont la recherche constituait le but initial du voyage). Pour autant, les scènes de survie ne sont pas expédiées. Elles bénéficient du cadre somptueux  du Grand Nord américain dans lequel se situe l’action et d’une bonne dose d’humour au second degré (l’accumulation des difficultés rencontrées par l’héroïne finit par faire sourire). Les six épisodes s’envoient d’une traite et le final est, pour une fois, réussi.   

Les Anneaux de pouvoir

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Par Ph.D

Le Pitch

2000 ans avant les faits rapportés dans la trilogie du Seigneur des Anneaux, un ensemble de personnages, à la fois familiers et nouveaux, affrontent la réémergence tant redoutée du mal sur la Terre du Milieu. Des profondeurs les plus sombres des Monts Brumeux, aux forêts majestueuses de la capitale Elfique de Lindon, à l’île royaume à couper le souffle de Númenor, et jusqu’aux confins les plus éloignés du monde, ces royaumes et personnages bâtiront des légendes qui continueront d’exister bien longtemps après leur mort… 

Ce qu’on en pense

Moyennant un investissement record d’un milliard de dollars, Amazon s’est doté d’une série blockbuster concurrente de Game of Thrones et de sa suite récente  House of the Dragon. Les fans de la trilogie du Seigneur des Anneaux ne seront pas dépaysés. Les Anneaux de pouvoir reprennent en tout point l’imagerie développée par les films de Peter Jackson et même certains de leurs personnages (dont l’elfe Galadriel jouée par Cate Blanchett dans les films et ici interprétée par Morfydd Clark avec 2000 ans de moins – une vingtaine d’années dans la réalité). La série suit une bonne dizaine de personnages principaux dans leur quête respective pour empêcher Sauron de nuire à nouveau après une longue période de paix. Prévue pour 5 saisons d’une dizaine d’épisodes, elle devrait ravir les amateurs d’heroic fantasy car la qualité est au rendez-vous sur tous les postes (réalisation, scénario , photo, décors, effets spéciaux, musique). Au point qu’on regretterait presque qu’il n’y ait pas une version pour les salles de cinéma.

House of the Dragon

Séries|

Par Phil Inout

Le Pitch

L’histoire de la famille Targaryen, près de 200 ans avant les événements de Game Of Thrones. Alors que le Roi Viserys (Paddy Considine) règne sur Westeros, la question de sa succession inquiète. Sans progéniture mâle, qui prendra sa suite ? Avec pas moins de 10 dragons adultes sous leur contrôle, les Targaryen dominent le Royaume des Sept Couronnes depuis fort longtemps. La seule puissance capable de les renverser est la Maison Targaryen elle-même. Les tensions, trahisons et jalousies qui secouent le clan en interne leur seront-elles fatales ?
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Ce qu’on en pense 

La suite de Game of Thrones est en fait un prequel. L’action se situe deux siècles avant et se concentre sur la seule famille Targaryen,  qui règne sur le royaume de Westeros grâce à ses dix dragons. Le roi Viserys (incarné par Paddy Constantine) est bon mais faible et son jeune frère, Daemon (Matt Smith), limite psychopathe, convoite le trône,  alors que faute d’héritier mâle c’est la princesse Rhaenyra (Emma D’Arcy, révélation de la série) qui devrait lui succéder. Mais une autre prétendante manoeuvre dans l’ombre…  Les fans de Game of Thrones ne seront pas dépaysés : l’image et la réalisation sont strictement  identiques. Le sang gicle de partout, il y a du sexe, des dragons, des trahisons, des intrigues de cour à n’en plus finir et une musique symphonique assommante. A défaut de suprise ou de véritable renouvelement,  on avoue n’est pas tout à fait certain, après  les premiers épisodes,  d’avoir envie d’aller au bout. Surtout qu’une nouvelle saga d’heroic fantasy arrive sur Prime avec le Seigneur des Anneaux,  dont la bande annonce est trés prometteuse…

Sur ordre de Dieu

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Par Phil Inout

Le pitch 

Juillet 1984. Les habitants d’une petite ville mormone de l’Utah découvrent avec horreur que Brenda Wright Lafferty (Daisy Edgar Jones) et son bébé âgé de 15 mois – deux membres d’une influente famille de la communauté de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours à laquelle quasi tous les concitoyens appartiennent – ont été sauvagement assassinés à leur domicile. Pour tenter de trouver le ou les responsables, l’inspecteur Jeb Pyre (Andrew Garfield),  un mormon pratiquant et son binome indien (Gil Birmigham) vont devoir pousser leurs investigations jusque dans les Etats avoisinants et démêler l’écheveau d’une église mormone bien décidée à leur mettre des bâtons dans les roues…

Ce qu’on en pense

L’ex Spider-Man Andrew Garfield, qui la co-produit, incarne dans cette excellente série Disney un inspecteur de police mormon qui voit sa foi ébranlée par ce qu’il découvre sur son église et sur des pratiques ancestrales qui perdurent pour asservir les femmes. Il est secondé dans son enquête par un inspecteur indien (incarné par l’excellent Gil Birmingham,  découvert dans  Yellowstone),  qui se charge de le ramener à la réalité lorsque ses croyances menacent de prendre le dessus sur sa raison. L’enquête sur l’assassinat d’une mère de famille un peu trop libre d’esprit et de son bébé,  s’accompagne de flashes back sur sa vie au sein de la communauté et d’autres sur la fondation de l’église mormone,  dans une réalisation dont l’élégante fluidité évoque le meilleur du cinéma de Terrence Malick. Inspirée d’une histoire vraie, Sur ordre de Dieu est peut-être bien la série de l’année.