Séries

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One Lane Bridge

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Par Phil Inout

Le pitch

À peine débarqué dans la petite ville de Queenstown, en Nouvelle Zelande, le jeune et ambitieux inspecteur maori Ariki Davis (Dominic Ona-Hariki) est appelé au pont One Lane, réputé dangereux, où gît, dans la rivière, le corps sans vie de Grub Ryder, un fermier apprécié de sa communauté. Si tout porte à croire au suicide, Ariki, lui, suspecte plutôt un assassinat, s’attirant aussitôt l’hostilité de son supérieur, Stephen Tremaine (Joel Tobeck). Des révélations sur la vie privée du défunt contraignent pourtant ce dernier à ouvrir une enquête pour meurtre…

Ce qu’on en pense

One Lane Bridge est une série policière néo zélandaise dont le héros, un jeune inspecteur maori,  débarque dans une petite ville isolée et 100% blanche, pour assister un policier chevronné. Sa première enquête,  sur un suicide qui pourrait être un meurtre, le conduit sur le pont à voie unique qui relie la ville au reste de la région et qui a déjà été le théâtre, apprendra-t-il rapidement,  de nombreux suicides, accidents et morts violentes. Là, ce grand sportif à l’esprit rationnel, qui a un peu renié la culture de son peuple pour épouser celle de la classe dominante blanche du pays, va se mettre à avoir des visions qui orienteront (ou désorienteront) son enquête. Une ville perdue, un cadavre, des secrets de famille, un duo de policiers antinomiques, un soupçon de fantastique… One Lane Bridge coche toutes les cases de la série policière à la mode du jour. Un peu trop peut-être,  mais on se laisse bercer par le rythme Derrickien de cette enquête aux antipodes, dont l’intrigue et les ressorts psychologiques prennent de l’épaisseur au fil des épisodes. Les paysages à la beauté glaçante, les personnages au caractère bien trempé et un casting impeccable donnent envie d’aller au bout des  deux saisons. La première est à voir sur Arte les 9 et 16 septembre, en replay jusqu’au 14 novembre et en streaming gratuit sur Arte + 

Brand New Cherry Flavor

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Par Phil Inout

Le pitch

Los Angeles, années 1990. S’estimant flouée par un producteur, Lou Burke (Eric Lange),  une jeune réalisatrice débutante, Lisa Nova (Rosa Salazar ) , se lance dans un voyage vengeur et surnaturel, des rues de Beverly Hills aux forêts du Brésil,  avec la complicité de Boro (Catherine Keener),  une mystérieuse femme rencontrée dans une soirée et qui pourrait bien être une sorcière… 

Ce qu’on en pense

Attention les yeux ! Ceci n’est pas une série Netflix ordinaire. C’est bien simple,  si David Cronenberg, David Lynch, Nicolas Winding Refn  et Dario Argento s’étaient réunis pour écrire et réaliser Brand New Cherry Flavor (Nouveau goût cerise), la série n’aurait pas été plus démente et tordue et esthétisante. On y suit les pas de Lisa (Rosa Salazar), une aspirante cinéaste qui vend le scénario de son premier court métrage fantastique à un producteur véreux (Eric Lange). Aux abois, le bonhomme n’a évidemment rien de plus pressé que de se l’accaparer et de dégager l’impétrante. Au lieu de négocier, Lisa (qui a le sang chaud et des origines brésiliennes),  décide direct de se venger en lui jetant un sort. Ca tombe bien, elle vient de rencontrer Boro (Catherine Keener), une mondaine semi clochardisée qui squatte un palais en ruines  de Beverly Hills entourée de serviteurs zombies. Boro s’empresse de répondre à la demande de l’imprudente, ce qui ne va pas sans contreparties. Pour payer ses services, Lisa en est réduite à vomir des chatons qui servent aux potions de la sorcière. Liés par un sort maléfique, Lou et Lisa vont connaître une descente aux enfers gratinée. Entre deux haut le coeur et trois éclats de rires nerveux, le spectateur se demande où il est tombé. La réponse est simple : entre les mains de Nick Antosca et Lenore Zion, créateurs de la  déjà bien flippante série  Channel Zero, qui ont passé ici la surmultipliée. Mélange de Twin Peaks et de Lost Highway sur fond de vaudou brésilien, BNCF risque de perturber gravement les abonnés Netflix non avertis. Les autres vont se régaler.

Cruel Summer

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Par Phil Inout

Le Pitch

Dans les années 90, Kate Wallis (Olivia Holt) une adolescente belle et populaire disparaît mystérieusement. Jeanette (Chiara Aurelia),  une autre adolescente, timide et maladroite, qui l’idolatrait, en profite pour prendre sa place auprès de ses amies et de son fiancé. Un plus tard, Kate réapparait : elle avait été enlevée et  accuse Jeannette d’avoir su qui était son kidnappeur et de n’avoir rien dit…

Ce qu’on en pense

Sous ses apparences de série teenage, Cruel Summer cache, comme son nom l’indique, une certaine noirceur et une profondeur psychologique étonnante.  L’intrigue qui se déroule sur 3 années (avant, pendant et après le kidnapping) avec de constants et imprévisibles allers retours entre les trois époques, tient en haleine jusqu’au bout : qui des deux principales protagonistes ment? Qui dans leur entourage va les soutenir ou les lâcher ? Jusqu’où ira l’affaire qui déchire toute une communauté et dévoile ses plus noirs secrets? La réalisation vire parfois au soap teenage (notamment dans la première période), mais les épisodes défilent sans qu’on songe à appuyer sur la touche stop.

Petit meurtre entre frères

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Par Phil Inout

Le Pitch

A Edimbourg (Ecosse) deux frères Max ( Mark Bonnar) et Jake (Jamie Sives), renversent accidentellement un vieil homme en rentrant éméchés d’une soirée. Après avoir camouflé l’accident en mort naturelle, ils pensent être tirés d’affaire. Mais les proches du défunt commencent à soupçonner que sa mort n’est peut-être pas aussi naturelle qu’ils le pensaient…

Ce qu’on en pense

Un pur bonheur que cette mini série écossaise dans laquelle deux frangins qui se détestent (l’un est avocat d’affaires, riche et sans scrupules, l’autre est un gentil loser qui vivote en tenant un magasin de disques) sont contraints de  s’entendre pour maquiller en mort naturelle un accident de la circulation et faire tenir leur mensonge jusqu’à ce que l’affaire soit défiitivement classée. Dans la grande tradition de la comédie noire britannique, la réalisation signée Neil Forsyth rivalise d’humour noir, de personnages délirants et de rebondissements avec une bonne saison de Fargo. A voir de préférence en V.O pour profiter de l’accent écossais à couper au couteau des protagonistes.

9 Perfect Strangers

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Par Ph.D

Le pitch

Neuf personnes qui ne se connaissent pas sont réunies dans un centre de remise en forme pendant 10 jours, certains pour perdre du poids, d’autres pour prendre du repos ou guérir ses angoisses. Chacun est prêt à se donner à fond pour atteindre son but avec, comme guide spirituel, la charismatique créatrice du centre Masha Dmitrishenko (Nicole Kidman)… 
Ce qu’on en pense

Après Big Little Lies et The Undoing, Nicole Kidman poursuit son étonnante immersion dans le monde des séries avec Nine Perfect Strangers. Une nouvelle création de David E. Kelley, adaptée comme Big Little Lies d’un roman de Liane Moriarty. On retrouve le mélange de psychologie et de thriller qui a fait le succès des deux séries précitées dans cette histoire à la Dix Petits Nègres dans laquelle Kidman joue une femme d’affaire d’origine russe reconvertie en gourou de la remise en forme sur une île paradisiaque  après avoir échappé à une tentative d’assassinat. Encore régulièrement menacée par de mystérieux poursuivants, elle gère un centre hyper luxueux aux méthodes si révolutionnaires qu’elles commencent par paniquer ses clients avant de les convertir, voire de les fanatiser. A coups de flashbacks, la série raconte l’histoire des clients et des principaux employés du centre,  dont on découvre au fil des épisodes les liens et les névroses. Elle se révèle vite envoûtante,  avec des décors de rêve et un casting épatant (Melissa McCarthy, Bobby Cannavale, Michael Sghannon, Luke Evans, Regina Hall). Mais c’est, une nouvelle fois, Nicole Kidman, plus flippante que jamais qui tire la couverture à elle en jouant avec son image de poupée Barbie que la chirurgie esthétique aurait transformée en poupée Chucky.  A voir sur Amazon Prime.

Mr Corman

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Par Ph.D

Le pitch

Artiste dans l’âme, Josh Corman (Joseph Gordon-Levitt)  enseigne en CM1 dans une école publique de la vallée de San Fernando, après avoir renoncé à une carrière musicale. Pourtant reconnaissant pour cette vie, il se retrouve à faire face à de l’anxiété, la solitude et un malaise grandissant

Ce qu’on en pense

Acteur de séries dans sa prime jeunesse, Joseph Gordon-Levitt (découvert au cinéma dans Inception) y revient avec cette comédie dramatique qu’il a écrite et en grande partie réalisée,  et dans laquelle il se met en scène dans la peau de celui qu’il aurait pû être s’il n’avait pas percé au cinéma. Un prof à la vie confortable et tranquille,  mais qui ne parvient pas à faire le deuil d’une carrière dans la musique qui lui tendait les bras. Le format court (30 minutes) permet à l’acteur-réalisateur d’explorer toutes les facettes de la psychologie contrariée de son personnage, éternel adolescent dépressif,  sans risquer de lasser le spectateur, ni l’entraîner trop profond dans les méandres de l’esprit malade du héros. La réalisation n’oublie pas de s’accorder des pauses comiques et d’autres  plus oniriques et poétiques. Une curiosité,  à voir sur Apple TV+

Hit and Run

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Par Ph.D

Le pitch

Tel Aviv. Ancien mercenaire reconverti en guide touristique, Seguev (Lior Raz) vit heureux avec sa nouvelle épouse Danielle (Kaelen Ohm) et sa fille. Sa vie  bascule lorsqu’une voiture renverse et tue sa femme. Il poursuit les chauffards jusqu’à New York, où ils ont fuit.  Là,  il va se rendre compte qu’il ne connaissait rien de celle qu’il avait épousé…

Ce qu’on en pense

Nouvelle série du créateur et héros de Fauda, Lior Raz, Hit and Run le transporte de Tel Aviv à New York où, sous les traits d’un ex-mercenaire,  il enquête sur la mort de sa femme dans un accident de voiture qui n’en est sans doute  pas un. Co-écrit avec les scénaristes de The Killing, Hit and Run mélange une intrigue à la Harlan Coben (une femme disparait, son mari enquête et découvre qu’elle n’était pas celle qu’on croyait) aux enquêtes à rebondissements de The Killing, dans lesquelles un nouveau coupable potentiel apparaît à chaque épisode. Résultat : un polar urbain mené tambour battant qui accroche dès le premier épisode, avec des personnages attachants portés par d’excellents acteurs. LA série Netflix de la rentrée. 

Ils étaient dix

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Par Ph.D

Le pitch

Dix personnes, cinq femmes, cinq hommes, sont invitées sur une île tropicale déserte qui abrite un hôtel de luxe. Les dix invités vont très vite réaliser qu’ils sont seuls sur l’île et coupés du monde, sans portable et sans aucun moyen de quitter ce qui va vite se révéler être leur pire cauchemar. Pourquoi ont-ils été attirés dans ce piège ? La réponse est cachée dans leur passé qu’ils avaient pourtant tous soigneusement enfoui. Mais aujourd’hui, sous le soleil brûlant de l’île, ils vont devoir payer. A la fin, il n’en restera aucun. Alors qui est l’assassin ?

Ce qu’on en pense

Déja disponible en intégralité sur Salto depuis des semaines, après avoir connu pas mal d’avanies pendant le tournage et être resté longtemps dans les tiroirs de M6,  Ils étaient dix débarque sur la chaîne dans le creux du mois d’août. Visiblement M6 ne croit pas beaucoup à cette “adaptation modernisée”  d’Agatha Christie. On ne saurait lui donner tort. Tout sonne faux dans ce mauvais mix de Meurtres sous les tropiques (la série a été tournée en Guadeloupe) et de Koh Lanta. A commencer par les dialogues dignes des Marseillais à Cancun et par les personnages , caricaturaux et plus détestables les uns que les autres. Le casting ( Samuel Le Bihan, Guillaume de Tonquédec, Marianne Denicourt Romane Bohringer, Nassim Lyes , Manon Azem…)  a, paraît-il,  souffert pendant le tournage,  sous les ordres d’un réalisateur de films d’horreur,  Pascal Laugier (Ghostland, Martyrs…) qui  croyait peut-être avoir été embauché pour tourner une nouvelle saison de  “Sortez moi de là, je suis une célébrité“. Mais le spectateur est aussi mis à contribution : quelle purge !  “A la fin, il n’en restera aucun” prévoit le synopsis. Difficile de dire si cela s’adresse aux personnages ou aux téléspectateurs…

Disparu à jamais

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Par Ph.D

Le pitch

Guillaume Lucchesi (Finnegan Oldfield) , éducateur dans les quartiers sensibles de Nice, pensait avoir tiré un trait sur le drame terrible au cours duquel les deux êtres qu’il aimait le plus ont trouvé la mort: Sonia (Garance Marillier), son premier amour et son frère aîné Fred (Nicolas Duvauchelle). Dix ans plus tard, sa compagne  Judith (Nailia Harzoune), dont l’amour lui a permis de reprendre goût à la vie, disparaît mystérieusement. Pour la retrouver, Guillaume va devoir affronter toutes les vérités que les siens lui ont cachées, mais aussi celles qu’il a depuis longtemps décidé d’ignorer…

Ce qu’on en pense

Les adaptations Netflix d’Harlan Corben se suivent et se ressemblent, hélas, quelle que soit leur provenance et leur nationalité: une femme disparaît, dix ans (ou plus) se passent, l’histoire est racontée en flashback,  elle réapparaît avec les fantômes du passé des autres protagonistes… La dernière en date est française et réalisée par Juan Carlos Médina et sa seule originalité est d’être située dans les quartiers nords de Nice (Ariane , Trinité). Les responsables des décors se sont donnés du mal pour trouver des endroits rarement filmés et cela donne à la série une identité visuelle un peu originale. Le casting est excellent,  mais les acteurs sont mal dirigés avec des dialogues tellement mal écrits qu’ils les obligent à jouer faux les trois quart du temps. La seule à s’en sortir à peu près bien (mais elle a peu de scènes) est Nailia Harzoune, que l’on avait découvert dans Chouf et surtout Patients, le premier film de Grand Corps Malade.  La réal est correcte, mais l’intrigue se traîne à coups de scènes inutiles et de rebondissements artificiels. Trois épisodes auraient largement suffi à emballer l’affaire.

La Meute

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Par Phil Inout

Le Pitch

Au Chili, la police, qui enquête sur la disparition d’une lycéenne, découvre l’existence d’un jeu en ligne qui forme les hommes à agresser les femmes

Ce qu’on en pense

Ce thriller chilien débarque sur Arte précédé d’une réputation élogieuse. Le scénario n’est pourtant pas très original (encore une affaire de disparition d’adolescentes, encore des femmes flics… ), pas trés crédible (le prof qui fait des vidéos suggestives en cours d’art dramatique), les dialogues sonnent faux (la VF est dramatique), aucun personnage n’émerge vraiment et la réalisation tient plus du soap que du polar. On a quand même tenu jusqu’à la fin de la première saison, pour l’idée du cyber jeu misogyne qui est la seule véritable trouvaille de la série. Mais on ne se précipitera pas sur la deuxième.

Mixte

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Par Phil Inout

Le Pitch

En septembre 1963, le Lycée Voltaire devient mixte et accueille des filles pour la première fois de son histoire : c’est le début d’une nouvelle ère. Elles sont 11 au total pour une centaine de garçons : une vraie révolution.

Ce qu’on en pense

Une reconstitution d’époque soignée, un côté BD assumé, du second degré, des dialogues bien écrits, un brin d’émotion… La nouvelle série rétro d’Amazon Prime Video n’aurait pas déparé le catalogue de Canal + Une réussite qui doit autant à la réalisation qu’au casting avec un mélange homogène de comédiens confirmés  (Pierre Deladonchamps, Anne Le Ny, Nina Meurisse ) et de nouvelles têtes (Lula Cotton Frapier, Nathan Parent, Vassili Schneider). Les 8 épisodes se regardent avec délice.  Une bonne surprise,  juste avant que la cloche sonne la sortie des classes !

The Mosquito Coast

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Par Phil Inout

Le Pitch

Allie (Justin Theroux), sa compagne Margot (Melissa George), et leurs enfants, Dina (Logan Polish) et Charlie (Gabriel Bateman), vivent modestement dans la campagne californienne où Allie, inventeur sans brevet,  essaie d’élever ses enfants loin de la folie du modernisme.  Mais ils se cachent sous une fausse identité et la National Security Agency est à leur trousse. Avant que la police ne débarque dans leur planque, ils doivent fuir au Mexique en passant par le désert. Une route semée d’embûches…

Ce qu’on en pense

Inspiré du roman de Paul Theroux, dont  Peter Weir  fit une mémorable adaptation au cinéma en 1986, avec Harrison Ford dans le rôle du père, The Mosquito Coast prend beaucoup de libertés avec le livre pour faire du héros Allie (incarné par le neveu de l’auteur, Justin Theroux), non plus un écolo fanatique mais un inventeur déçu recherché par la NSA pour une raison qu’il ne se résoud pas à avouer à ses enfants. D’où leur exaspération croissante et celle de sa femme Margot (Melissa George) qui a dû couper les ponts avec sa famille pour suivre son époux dans une cavale de plus en plus précaire et périlleuse.  Dirigé  par  Rupert Wyatt (La Planète des singes. Les origines 2011), la série suit la famille dans sa fuite à travers les paysages désolés (et superbement filmés) de la Californie du sud et du Mexique, où il finissent par atterrir dans une immense hacienda gardée par une véritable armée, dont les propriétaires cachent leurs intentions à leur égard…  Un thriller familial tendu et nerveux,  qui rappelle davantage l’excellente série Ozark que le film de Peter Weir.

Chernobyl

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Par MAB

Série la mieux notée de tous les temps devant Game of ThronesChernobyl arrive sur M6 après diffsuion sur OCS et Canal + et sortie en DVD. Si beaucoup l’ont déjà vue, sa diffusion sur une chaîne gratuite est un événement vue la qualité de cette production.  Comme son nom l’indique explicitement, Chernobyl retrace minutieusement la mécanique qui conduisit le 26 avril 1986 à la pire catastrophe causée par l’homme dans l’histoire de l’humanité (avant Fukushima en 2011). L’explosion à la centrale nucléaire Lénine en ex Union-Soviétique du réacteur n°4. Tout est dévoilé – ou rappelé pour ceux qui s’en souviennent – de l’ampleur du désastre. D’abord, la chaîne d’aveuglements et d’incompétences qui menèrent à la tragédie. Puis le déni par peur de l’Etat ou souci de promotion. Avant l’évidence des irradiations. Les premiers morts des jours suivants. Les agonies terribles des semaines à suivre. L’expulsion des lieux.  L’urgence des solutions à trouver. Les cancers dans les années qui suivront… Et dans cette horreur inconcevable, le portrait de trois êtres humains: un vice premier ministre et deux scientifiques qui tentent de se faire entendre et de limiter les dégâts. Très documenté. Sobre et précis, Chernobyl est effrayant et captivant. Nous ne sommes pas dans une dystopie. C’est le monde que nous avons créé et qui s’est installé dans le mensonge. Depuis,  il s’est effondré. Le bloc soviétique n’est plus. Nous avons appris à envisager le pire. 

The Underground Railroad

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Par Phil Inout

Le Pitch

Dans le Sud des Etats-Unis avant la guerre de Sécession, la jeune esclave  Cora Randall (Thuso Mbedu)  découvre l’existence du légendaire Underground Railroad, un réseau de chemin de fer sous-terrain secret créé pour aider les esclaves à s’échapper des plantations. Mais la voie vers la liberté est parsemée de pièges et d’embuches…

Ce qu’on en pense

Les séries sur l’esclavage et le racisme aux Etats-Unis se multiplient et ne cessent de nous épater. Après Them (Eux) , The Good Lord Bird  et Lovecraft Country (pour ne citer qu’elles) The Underground Railroad est une nouvelle réussite du genre. Il faut dire que le réalisateur, Barry Jenkins, Oscarisé pour Moonlight,   n’est pas exactement  le premier venu, que le scénario est adapté d’un Prix Pulitzer,  que les acteurs sont extras et que derrière le projet on trouve un certain Brad Pitt, connu pour son bon goût en matière de production. Le résultat est, une fois de plus,  formidable. Avec une reconstitution d’époque somptueuse et des personnages immédiatement attachants, The Undergound Railroad forme une grande  fresque historique d’une dizaine d’heures qui prend aux tripes et secoue, même si la violence de certaines scènes est compensée par la beauté des paysages et des sentiments. Une série qui vient enrichir le catalogue d’ Amazon Prime et lui fait honneur

Maroni

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Par Phil Inout

Le Pitch

Mutée de force en Guyane, l’inspectrice  Chloe Bresson (Stephane Caillard) fait équipe avec un flic local Joseph Dialo (Adama Niane) pour retrouver un enfant enlevé sur le bateau de ses parents qui ont été assassinés dans des conditions effryables.  Originaire de Saint Pierre et Miquelon, la jeune femme va devoir s’accoutumer aux traditions locales et à son nouveau partenaire, dont les méthodes sont radicalement differentes des siennes…

Ce qu’on en pense

Arte,  qui a le chic pour dénicher de géniales séries étrangères,  a encore du mal avec les françaises : tout se passe comme si  Canal + avait l’exclusivité des bonnes fictions francophones. La deuxième saison de Maroni, dont la chaine franco allemande entame ce mois ci la diffusion, ne change pas le mal qu’on pensait de la série en saison 1.  On retrouve  Chloe Bresson (Stephane Caillard) ,  qui quitte quelques temps la Guyane où elle a été muté de force et est (forcément) tombée amoureuse de son partenaire (Adama Diane),  pour aller enterrer sa mère à Saint Pierre et Miquelon. Pendant son séjour, elle  va forcement se retrouver mélée à une affaire criminelle. La transposition de l’intrigue de la moiteur conradienne de Saint Laurent du Maroni,  à la froideur scandinave de Saint Pierre ne change pas grand chose (à part la couleur dominante verte qui passe à bleue). Stéphane Caillard surjoue toujours autant la fliquesse badass et mal dans sa peau calquée sur les séries nordiques. Les dialogues sont toujours aussi explicatifs et emphatiques jusqu’au ridicule et le malheureux réalisateur , Olivier Abbou, essaie de faire du True Detective avec des acteurs de sitcom et un scénario en bois. Le seul intéret de cette version glauque et affreusement prétentieuse de Meurtres sous les tropiques est de nous faire découvrir les territoires d’Outre mer, hors des sentiers touristiques. Mais il y a trop de bonnes séries à voir sur les plateformes pour perdre trop de temps avec celle-là.