Polar Park
Par Phil Inout
Le pitch
Après avoir reçu un mystérieux message, David Rousseau (Jean-Paul Rouve), auteur de polars en panne d’inspiration, se rend à Mouthe, le village le plus froid de France. Le même jour, un meurtre survient, mis en scène de manière aussi artistique que déroutante. Y voyant le point de départ inespéré d’un roman, Rousseau entame une enquête qui empiète sur celle de l’Adjudant Louvetot (Guillaume Gouix). Le trouble s’installe définitivement lorsque les meurtres s’additionnent. Il y aurait un serial killer… à Mouthe !
Ce qu’on en pense
On avait beaucoup aimé, en 2011, Poupoupidou, polar nordique semi parodique transposé dans le Doubs, avec Jean-Paul Rouve dans le rôle d’un écrivain en panne d’inspiration qui se retrouve mélé à un meurtre dans son village d’enfance. Gérald Hustache-Mathieu adapte son deuxième long métrage en série et c’est une réussite. On y retrouve l’ambiance décalée et les personnages de Poupoupidou pour une enquête plus complexe, autour de meurtres rituels et d’un serial killer amateur de peinture, mais surtout l’humour au second degré et le côté parodique qui faisaient le sel de Poupoupidou. Jean-Paul Rouve est parfait en Nestor Burma du Haut Doubs et le reste du casting (India Hair, Firmine Richard, Soliane Moisset… ) est excellent. Malgré ses nombreuses références, littéraires (Le Poulpe, Chandler…), sérielles (Twin Peaks) et cinématographiques (Fargo) , la série reste trés grand public et pourra même plaire aux fans de Capitaine Marleau. A (re)voir toutes affaires cessantes sur Arte.
Bref 2
Par Phil Inout
Le Pitch
Dans la vie, au début on naît, à la fin on meurt. Entre les deux, il se passe des trucs. Bref, c’est l’histoire d’un mec entre les deux. Chroniques extraordinaires d’un homme ordinaire dont la seule particularité est sa capacité à se concentrer sur les moindres détails. Peut-être pour échapper à la réalité : pris entre ses histoires d’amour qui ressemblent à celles de tous les autres, ses amis classiques, sa famille toute aussi classique et ses boulots alimentaires sans passion ni sens, la vie est-elle en train de le traverser?
Ce qu’on en pense
En 2011, Kyan Khojandi avait inventé, avec Bref, une nouvelle façon de raconter des histoires. Diffusée sur Canal + sous forme de pastilles de deux minutes, la série a renouvelé le format du feuilleton TV , au point d’être beaucoup copiée et parodiée dans les émissions TV et les pubs . Quatorze ans plus tard, son créateur remet le couvert, dans un format allongé de 30 minutes par épisode. Le résultat est assez bluffant formellement, avec beaucoup d’inventivité dans la mise en scène et un casting de guests qui réunit le ban et l’arrière ban du cinéma français et de la télé. Dommage que le ton soit aussi systématiquement négatif et que les personnages aient une fâcheuse tendance à être tous plus ou moins déplaisants. Après Disney +, TF1 diffuse enfin Bref 2.
Citadel
Par Phil Inout
Le pitch
Il y a huit ans, l’agence d’espionnage indépendante Citadel a été détruite par des agents de Manticore, un puissant syndicat tirant les ficelles dans l’ombre. Avec la chute de Citadel, les agents d’élite Mason Kane (Richard Madden) et Nadia Sinh (Pryianka Chopra Jonas) ont vu leurs souvenirs effacés alors qu’ils échappaient de justesse à la mort. Ils vivent depuis sous de nouvelles identités, en ignorant leur passé. Jusqu’à une nuit, lorsque Mason est retrouvé par son ancien collègue de Citadel, Bernard Orlick (Stanley Tucci), qui a désespérément besoin de son aide pour empêcher Manticore d’établir un Nouvel ordre mondial. Mason retrouve son ancienne partenaire, Nadia, et les deux espions se lancent dans une mission qui les emmène à travers le monde dans le but de stopper les agissements de Manticore…
Ce qu’on en pense
Les frères Russo (d’Avengers) sont aux commandes de cette nouvelle série blockbuster d’espionnage qui mixe Mission Impossible, James Bond et Jason Bourne. La première demi-heure du premier épisode est trés accrocheuse, mais une fois qu’on a compris de quoi il retourne, Citadel n’a rien de neuf à proposer. Personnages et situations stéréotypés, acting insipide et effets spéciaux à gogo(s). Alors que Prime s’apprête à mettre en ligne une saison 2 qu’on n’attendait plus, M6 a fait le choix de diffuser la S1 in extenso en une soirée, le 5 mai. Une manière comme une autre de s’en débarrasser…
Margo a des problèmes
Par Ph.D
Le pitch
Margo (Elle Fanning), fille d’une ancienne serveuse chez Hooter’s (Michelle Pfeiffer) et d’un ex lutteur professionnel (Nick Offerman), a récemment abandonné ses études et aspire à devenir écrivaine. Elle se retrouve à devoir concilier sa vie de jeune mère célibataire, les factures qui s’accumulent et peu de moyens pour les payer. Pour joindre les deux bouts, elle se tourne vers OnlyFans, où elle propose des vidéos « éducatives », guidée par l’aide inattendue de son père et des leçons qu’il a tirées du ring…
Ce qu’on en pense
Boostée par le duo atomique formé par Elle Fanning et Michelle Pfeiffer, cette comédie US sur la galère des mères célibataires et les moyens créatifs pour en sortir est une vraie réussite. Les milieux du catch (avec un caméo génial de Nicole Kidman), de l’influence et de la bigoterie s’y entrechoquent dans un cocktail pop détonnant. On en redemande.
Reykjavik Fusion
Par Phil Inout
Le Pitch
Jonas (Ólafur Darri Ólafsson), un chef de talent, essaie de laver sa réputation et regagner la confiance de sa famille après une incarcération pour fraude à l’assurance. Faute de pouvoir obtenir un prêt bancaire pour ouvrir un nouveau restaurant, il accepte de blanchir l’argent d’un mafieux rencontré en prison, mettant en péril sa liberté conditionnelle, sa vie et celle de ses proches…
Ce qu’on en pense
Une bonne réalisation et un excellent casting ne sauvent pas tout à fait cette petite série islandaise, qui souffre d’un scénario mal fagoté et de pas mal d’invraisemblances. Dommage, car ça partait comme un bon mélange de The Bear et de Breaking Bad, avec un héros atypique (joué par l’excellent Ólafur Darri Ólafsson) coincé dans une spirale de lose et de violence vraiment mortelle. A voir (avec indulgence) pour l’ambiance « nordique noir » et les paysages de bout du monde islandais.
Vrais voisins, faux amis
Par Phil Inout
Le pitch
Après avoir perdu son job à six zéros dans la finance, Andrew « Coop » Cooper (Jon Hamm), encore affecté par son récent divorce, décide de cambrioler les maisons de ses voisins du très chic village de Westmont. Les secrets et liaisons cachées qu’il va découvrir derrière ces riches façades pourraient être plus sérieux qu’il ne l’avait imaginé…
Ce qu’on en pense
Bienvenue chez les rupins de la côte Est des Etats-Unis. Pour éviter de déchoir et continuer à payer ses deux maisons, sa Maseratti, la pension alimentaire astronomique de sa femme, l’éducation de sa fille adolescente et les soins de sa soeur schizophrène, le héros incarné par le Mad Man Jon Hamm va se lancer dans une carrière de cambrioleur chez ses voisins friqués. Mais il le fait avec une telle désinvolture que ça va forcément mal tourner (la première scène du premier épisode le voit se réveiller auprès d’un cadavre dans une maison inconnue). Une série Apple (c’est à dire friquée) agréable à regarder, dans la lignée des Big Little Lies et autres White Lotus, mais dont l’intrigue devra s’étoffer si elle veut durer.
Privilèges
Par Phil Inout
Le pitch
Dans les coulisses d’un palace parisien, le Citadel, Adèle (Manon Bresch), une jeune détenue décroche un poste de bagagiste grâce au programme de réinsertion mis en place par le tout-puissant directeur de l’hôtel, Édouard Galzain (Melvil Poupaud). Un pacte tacite se noue entre eux, propulsant la jeune femme dans un jeu de pouvoir souterrain où employés ambitieux, clients influents et réseaux extérieurs cherchent chacun à prendre l’ascendant. Peu à peu, elle transforme sa survie en ascension et s’impose comme une force imprévisible et essentielle, prête à saisir, ou à arracher, la place qu’elle estime mériter.
Ce qu’on en pense
« Un Prophète au Palace » : c’est un peu la proposition de cette première série française pour la plateforme HBO Max, dans laquelle Melvil Poupaud tient le rôle d’un directeur de palace assez louche et Manon Bresch (Mortel, Baron Noir) celui d’une jeune détenue en réinsertion qu’il utilise pour ses basses oeuvres. Une révélation ! Remarquables également, Sandor Funtek (le fils spirituel de Reda Kateb) et Nina Zem en jeune concierge futée. On valide aussi la BO percussive et la réalisation, façon polar indé américain, avec une image crade qui contraste avec le luxe glacé des intérieurs de palace. Seul bémol, le côté un peu répétitif des « missions impossibles » confiées à l’héroïne…
Chernobyl
Par MAB
Série la mieux notée de tous les temps devant Game of Thrones, Chernobyl retrace minutieusement la mécanique qui conduisit le 26 avril 1986 à la pire catastrophe causée par l’homme dans l’histoire de l’humanité (avant Fukushima en 2011). L’explosion à la centrale nucléaire Lénine en ex Union-Soviétique du réacteur n°4. Tout est dévoilé – ou rappelé pour ceux qui s’en souviennent – de l’ampleur du désastre. D’abord, la chaîne d’aveuglements et d’incompétences qui menèrent à la tragédie. Puis le déni par peur de l’Etat ou souci de promotion. Avant l’évidence des irradiations. Les premiers morts des jours suivants. Les agonies terribles des semaines à suivre. L’expulsion des lieux. L’urgence des solutions à trouver. Les cancers dans les années qui suivront… Et dans cette horreur inconcevable, le portrait de trois êtres humains: un vice premier ministre et deux scientifiques qui tentent de se faire entendre et de limiter les dégâts. Très documenté. Sobre et précis, Chernobyl est effrayant et captivant. Nous ne sommes pas dans une dystopie. C’est le monde que nous avons créé et qui s’est installé dans le mensonge. Depuis, il s’est effondré. Le bloc soviétique n’est plus. Nous avons appris à envisager le pire.
Euphoria
Par Phil Inout
Le pitch
A 17 ans, Rue Bennett (Zendaya), fraîchement sortie de désintox, cherche à donner un sens à son existence. Elle se lie très vite à Jules Vaughn (Hunter Shafer), une fille trans récemment arrivée en ville après le divorce de ses parents. Dans leur sillage gravitent Nate Jacobs (Jacob Elordi), un sportif dont les problèmes de colère masquent des complexes sexuels ; Maddy Perez (Alexa Demie), la petite amie de Nate ; Chris McKay , star de l’équipe de football qui peine à suivre les cours ; Cassie Howard (Sydney Sweaney) , dont le passif sexuel continue de la poursuivre ; Lexi Howard (Maude Apatow), jeune sœur de Cassie et amie d’enfance de Rue ; et Kat Hernandez , en pleine exploration de sa sexualité…
CanneSéries : Saison 9
Par la rédaction
Programmée du 23 au 28 avril, la saison 9 de CanneSéries a été un bon cru. La compétition des séries longues (voir le palmarès) , présidée par la réalisatrice espagnole Isabel Coixet, présentait des œuvres venues du monde entier, comme Half Man programmée en ouverture du festival ou California Avenue en clôture. Hors compétition, plusieurs créations ont fait l’évènement, comme Paris Police 1910, fresque Canal+ de l’année . La section des documentaires a confirmé par sa richesse la volonté du festival de laisser place à des récits engagés. On y a vu, notamment, la série consacrée à Yvan Colonna d’après le livre d’Ariane Chemin et A woman was killed sur les féminicides. Côté cérémonies, l’acteur californien Adam Scott ( Severance) a reçu l’Icon Award et l’icône mondiale de la K-pop, Kim Ji-soo, a fait le buzz sur le tapis rose tandis que Richard Gadd, créateur de Mon petit renne, a reçu le Prix de l’engagement. Rendez vous l’an prochain pour le dixième anniversaire du festival qui change de dates : CanneSeries 2027 aura lieu du 11 au 16 février.
Unfamiliar
Par Phil Inout
Le Pitch
Quand le passé les rattrape, deux anciens espions doivent affronter un défi encore plus redoutable que les courses-poursuites, les fusillades et les bagarres : se dire la vérité…
Ce qu’on en pense
Sur le modèle de The Americans, un bon thriller d’espionnage allemand à l’intrigue touffue que le spectateur doit reconstituer « façon puzzle » sur deux temporalités. Les deux acteurs principaux, Felix Kramer et Suzanne Wolff, sont très bons et leurs personnages se révèlent plus complexes qu’on pourrait le croire de prime abord. La réalisation est d’une précision remarquable, avec des scènes de baston qui font vraiment mal aux côtes. On ne s’ennuie pas et le scénario tient la distance. Saison 2 envisageable.
Traqués
Par Phil Inout
Le Pitch
Franck (Benoît Magimel) et ses amis passent leurs weekends à chasser dans la montagne. Ils se retrouvent un jour face à un groupe de chasseurs qui les prend pour cible sans raisons apparentes. Franck et ses amis répliquent, abattent un des hommes et réussissent à s’échapper. Ils décident de garder l’incident secret. Franck tente de reprendre une vie normale aux côtés de sa femme Krystel (Mélanie Laurent). Mais très vite, le groupe se sent observé, et pire, traqué par des hommes qui semblent prêts à tout pour se venger…
Ce qu’on en pense
Adaptée d’un polar américain (Shoot de Douglas Fairbain), cette série montagnarde réalisée par Cédric Anger (De battre mon coeur s’est arrêtée) vaut surtout pour son ambiance de thriller montagnard et pour son casting, avec Benoît Magimel dans un rôle qui rappelle celui de Robert De Niro dans Voyage au bout de l’enfer. Le scénario n’est pas hyper crédible, mais la réalisation tient la route. On ne regrette pas d’être allé chasser sur AppleTV+
For All Mankind
Par Phil Inout
Le Pitch
Des années 50 à nos jours, la conquête de l’espace telle qu’elle aurait pu se dérouler si tout s’était passé différemment…
Ce qu’on en pense
La cinquième saison de For All Mankind vient d’atterrir sur AppleTV+, pile au moment où les USA relancent les vols habités vers la Lune. On mesure le bonheur des amateurs d’uchronies réalistes qui vont peut-être découvrir, à cette occasion, » la meilleure série la moins connue du monde « . Lancée avec la plateforme de streaming d’Apple en 2019, FAM propose rien de moins qu’une histoire imaginaire (et féministe) de la conquête de l’espace, avec un mélange de personnages réels (astronautes, politiciens…) et de caractères de fiction dont les destins se croisent, de Cap Kennedy aux premières bases lunaires et martiennes. Des dizaines de personnages dont on découvre la vie, les amours, les emmerdes et les exploits, au fil des épisodes et des saisons, dans une reconstitution d’époque(s) digne d’un Mad Men de l’espace. Formidable !
Lucky Luke
Par Phil Inout
Le pitch
Lucky Luke (Alban Lenoir), le légendaire cow-boy solitaire, doit aider Louise (Billie Blain), une jeune fille aussi piquante qu’un cactus et plus imprévisible qu’un coyote enragé. Ensemble, ils se lancent dans une quête à travers l’Ouest sauvage pour retrouver la mère de Louise, mystérieusement disparue, tout en déjouant un complot qui pourrait changer le cours de l’Histoire des États-Unis…
Ce qu’on en pense
Après Jean Dujardin dans le film (raté) de James Huth, Alban Lenoir coiffe le chapeau blanc de Lucky Luke pour une série courte qui se veut un hommage à la BD. Le résultat est très décevant. La série a l’air tournée à Disneyland Paris, avec les cascadeurs de Frontierland comme acteurs. L’histoire est pompée sur le scénario de True Grit des frères Coen et la réalisation est purement téléfilmesque. Pauvre cowboy solitaire !
Peaky Blinders: L’Immortel
Par Phil Inout
Le pitch
Ce qu’on en pense
Quatre ans après la fin officielle de la série qui l’a rendu célèbre, Cillian Murphy rechausse la casquette du Peaky Blinder en chef, Tommy Shelby pour un final opératique signé Tom Harper. Pas tout à fait un film (il faut avoir vu la série pour tout comprendre), mais pas une nouvelle saison non plus, puisque l’action est concentrée sur un épisode d’un peu moins de deux heures. Steven Knight, le créateur de la série, auquel on doit depuis le génial House of Guinness, a vu les choses en grand pour ce bouquet final avec une production hollywoodienne, un casting de stars (Tim Roth, Rebecca Ferguson, Barry Keoghan, Stephen Graham…) et une BO indy-rock topissime. Le résultat est à la hauteur des espérances des fans les plus exigeants. Souvent comparée à du Scorsese (Gangs of New York), la série se termine comme un film de Francis Ford Coppola (Le Parrain). (Im)mortel !
















