Séries

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Parlement

Séries|

Par Phil Inout

Le pitch

Samy (Xavier Lacaille), jeune assistant parlementaire, débarque à Bruxelles au lendemain du vote du Brexit. Il n’est pas armé pour le poste. En fait, il ne connaît pas grand-chose aux institutions européennes et espère s’en tirer au bagout

Ce qu’on en pense

Excellente surprise que cette série satirique de France TV signée Noé Debré. Scénariste de Jacques Audiard (Dheepan) et camarade d’écriture de Thomas Bidegain (Les Cowboys),  on lui doit plusieurs comédies qui sortent de l’ordinaire  (Problèmos, Le Brio, Selfie, Le Prince Oublié). Parlement est à la fois sa première réalisation et sa première série. Une réussite épatante,  qu’on s’étonne d’être obligé d’aller chercher sur le site de France TV alors qu’elle aurait largement mérité une diffusion télé. On y découvre les coulisses du parlement européen à travers les yeux d’un jeune assistant parlementaire néophyte (Xavier Lacaille, une révélation)  attaché à un député centriste totalement dilettante (Philippe Duquesne, toujours parfait dans les rôles lunaires). C’est drôle, décapant, rythmé et impeccablement interprété avec une galerie de personnages irrésistibles  et des situations loufoques, qu’on soupçonne d’être, hélas, inspirées de la réalité. Pas sûr que la série permette d’améliorer l’image du parlement européen,  mais elle redore le blason des séries françaises. Parlement est du niveau des meilleures comédies anglo-saxonnes, comme The Office. Alors que France 5 diffuse enfin la saison 1, la saison 2 est à binger toutes affaires cessantes sur france.tv

Halo

Séries|

Par Phil Inout

Le pitch

Au 26ème siècle, alors que l’humanité est empêtrée dans une guerre intergalactique contre une menace extraterrestre connue sous le nom d’Alliance, le Dr. Halsey (Natascha McElhone), une brillante scientifique, a créé les Spartans, des super-soldats génétiquement et technologiquement améliorés pour booster les capacités physiques et mentales. John-117 (Pablo Schreiber), le commandant d’une des unités, mène ses troupes vers le combat…

Ce qu’on en pense

Jusqu’ici aucune adaptation de jeu vidéo, au cinéma ou en série, n’a donné de résultat probant. Et ce n’est sans doute pas Halo qui va changer la donne. Même avec un budget pharaonique (90 millions de dollars, soit plus ou moins 1 dollar par jeu vendu dans le monde) et toute lattitude aux scénaristes pour broder autour de la trame thématique du jeu (« Tuez les tous« ), la série Paramount + dont les premiers épisodes ont fait l’ ouverture de CanneSéries 5  ne parvient qu’à décrocher la machoire du spectateur lambda (comprendre: non fan) à force de bâillements. Les scènes de combats semblent avoir été récupérées directement sur Twitch, les personnages ont la même épaisseur que ceux du jeu (zéro millimètre) et la narration se prend tellement au sérieux que le ridicule de toute l’affaire saute immédiatement aux yeux. Regarder un épisode en entier sans décrocher (non mais Halo, quoi !) relève de la performance. Alors 9 (et une deuxième saison à venir)… Ceux qui n’auraient pas eu leur quota d’images de guerre aux infos peuvent y aller : les corps déchiquetés saignent peu, mais explosent trés joliment. Aux autres,  on conseillera plutôt la série Disney + The Mandalorian,  nettement plus intéressante dans le même genre et avec à peu près la même histoire…

Sans un mot

Séries|

Par Phil Inout

Le Pitch

Dans une banlieue aisée de Varsovie, la police enquête sur la disparition d’un jeune homme peu après la mort de son meilleur ami, classée un peu rapidement peut-être comme un suicide. La mère du garçon disparu ne se contente pas d’attendre les résultats de l’enquête de police et mène sa propre traque pour retrouver son fils, malgré les recommandations de la police et de ses voisins et amis…

Ce qu’on en pense

Le contrat de Netflix avec Harlan Corben pour l’adaptation de ses romans à suspense se poursuit avec cette nouvelle série polonaise assez différente de la précédente (Dans les bois) . Pas d’allers retours temporels, cette fois : tout se joue en quelques semaines après le suicide supposé d’un adolescent des beaux quartiers. Un de ses amis disparaît et la mère de celui ci mène sa propre enquête en parallèle à celle de la police. Une intrigue assez basique pour une réalisation qui ne cherche pas midi à quatorze heure mais traite bien la thématique des rapports parents-ados, avec une description du milieu social aisé dans lequel évoluent les familles concernées qui sonne juste. Ajoutez y un casting très homogène et vous obtenez une bonne petite série policière pour week-end pluvieux.

 

Slow Horses

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Par Ph.D

Le Pitch

Dans un quartier pauvre de Londres, la  » Slough House  » (débarras)  accueille les « slow horses », agents secrets britanniques qui ont failli et ne sont plus dignes de figurer à l’effectif du MI5. Sous la direction de l'(im) pitoyable Jackson Lamb (Gary Oldman), ils s’affairent à des taches subalternes. Jusqu’au jour où l’agent Cartwright (Jack Lowden), fraichement débarqué dans le service après avoir échoué aux examens qualificatifs du MI5, tombe par hasard sur une info touchant un groupe terroriste d’extrême droite qui projette d’exécuter un jeune pakistanais…

Ce qu’on en pense

Johnny English n’a qu’à bien se tenir : les Slow Horses sont encore plus nuls que lui. Un ramassis de losers, inaptes à la moindre mission autre que compter les trombones. C’est du moins ce qu’affecte de croire la redoutable patronne du MI5 Diana Taverner (Kristin Scott Thomas, parfaite pour le rôle). Bien contente d’y avoir casé son meilleur ennemi,  Jackson Lamb (Gary Oldman,  génialissime) ancien cador du service tombé en disgrace puis dans l’alcool. Aigri, colérique et revenu de tout,  il mène une vie infernale aux malheureux agents qui  sont affectés dans son service punitif. Des « veaux »,  qui vont pourtant voler la vedette aux « dogues » du MI5 dans la résolution d’un enlèvement terroriste lors de la première saison de cette nouvelle série d’espionnage parodique trés british… Et trés réussie !  Humour au second degré, dialogues hilarants, gaffes à gogo… Un vrai bonheur. Vivement la saison 2 ! 

 

Outer Range

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Par Phil Inout

Le pitch

Royal Abbott ( Josh Brolin) dirige un ranch dans le Wyoming avec sa femme (Lili Taylor) et ses deux fils (Tom Pelphrey, Lewis Pullman). L’exploitation périclite et son riche voisin Tillerson (Will Patton) veut s’accaparer ses terres . Alors qu’une étrange campeuse (Imogen Poots) lui demande l’autorisation de s’installer à l’écart du ranch, Abbott découvre un gouffre énorme et apparemment sans fond sur une des parcelles que convoite Tillerson…

Ce qu’on en pense

Mélange de western moderne, de polar à la Fargo et de thriller fantastique,  Outer Range joue sur tous les tableaux et captive avec ses grands espaces magnifiquement filmés, ses intrigues multiples et son casting impeccable. Josh Brolin est parfait en pater familias taiseux et roué, prêt à tout pour sauver sa famille et son ranch. Will Patton lui donne la réplique dans le rôle du méchant voisin qui veut accaparer ses terres et Imogen Poots intrigue en  campeuse illuminée aux motivations mystérieuses. Le gouffre qui s’est ouvert sur les terres d’Abbott joue parfaitement son rôle symbolique et ajoute une note fantastique inattendue à ce qui pourrait n’être qu’un énième polar-western familial.

 

This Is Going to Hurt

Séries|

Par Phil Inout

Le pitch

Médecin obstétricien à l’hôpital, Adam (Ben Whishaw) est souvent dépassé par les événements, submergé par des semaines de travail XXL, des décisions vitales à prendre et un salaire ridicule. Un parcours du combattant quotidien dans lequel sa vie personnelle prend des allures de bouée de sauvetage … Et vice versa !

Ce qu’on en pense

Pourquoi regarder encore une série médicale ? D’abord parce que de Dr House à Hyppocrate, en passant par une floppée d’ autres, le genre a produit d’excellentes fictions, et celle-ci en fait partie. Ensuite parce que This is Going to Hurt (ça va faire mal) porte bien son titre. La réalisation, qui emprunte des séquences choc aux films d’horreur gores, est particulièrement punchy. Pour dénoncer les conditions de travail du personnel hospitalier anglais (qui ne diffèrent guère de celles de nos hôpitaux) Adam Kay n’y va pas avec le dos de la cuillère. Il sait de quoi il parle : la série s’inspire de sa propre expérience d’obstétricien hospitalier. This is Going to Hurt  allie assez  idéalement contenu social, humour, action et émotion. Autour de Ben Whishaw ( alias Q dans les derniers James Bond), excellentissime dans le rôle du jeune toubib gay déjà au bout du rouleau, le casting est top (mention spéciale à Ambika Mod qui joue son interne assistante maladroite). Les dialogues sont rien moins que brillants et la BO pop est au diapason. Les 7 épisodes, majoritairement réalisés par des femmes, s’avalent d’un trait (mais mieux vaut quand même avoir l’estomac bien accroché). Encore une grande série british à binger sur MyCanal !

 

Sentinelles

Séries|

Par Phil Inout

Le pitch

Dans la région de Mopti au Mali, la section du lieutenant Anaïs Collet (Pauline Parigot) déployée dans le cadre de l’opération Barkhane, se consacre à la traque terroriste. Mais une embuscade aux conséquences dramatiques ravive les tensions entre les militaires et la population malienne qui accepte de moins en moins la présence française. Dans un pays où les groupes armés terroristes prolifèrent sur les braises de conflits mal éteints, l’armée française doit composer une partition complexe dont l’enjeu est d’éviter la proclamation d’un califat au Sahel…

Ce qu’on en pense

En dépit de pas mal d’invraissemblances et d’un personnage de journaliste caricatural, la nouvelle série de Frédéric Krivine et Thibault Valetoux (Un Village français) se laisse regarder pour son sujet en prise avec l’actualité (la présence des forces françaises de l’opératuon Barkhane au Mali), ses qualités de réalisation et son casting d’où émergent deux découvertes au jeu trés intense :  Pauline Parigot (dans le rôle du lieutenant de section) et Louis Peres (dans celui d’un engagé prompt à la détente). On s’attache vite aux différents personnages (même secondaires), la reconstitution de la vie des militaires en Opex (opération extérieure) est assez réaliste et les difficultés de la mission Barkhane sont bien mises en évidence. Une saison 2 qui corrigerait les défauts de scénario de la première donnerait une vraie bonne série de guerre française. 

Serviteur du peuple

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Par Phil Inout

Le pitch

Alors qu’il confie son dépit concernant la corruption des élites – avec force jurons – à un collègue, le professeur d’histoire Vasyl Holoborodko (Volodymyr Zelensky) est filmé à son insu. La vidéo, postée sur Internet, atteint rapidement plusieurs millions de vues et l’humble citoyen est porté au pouvoir à la présidentielle. Dès les premiers instants de sa prise de fonctions, “l’indigné” croule sous les passe-droits et les privilèges, passant entre les mains d’une batterie de stylistes et d’esthéticiens, rencontrant son staff (dont un sosie employé principalement pour “boire avec le président Loukachenko”, son homologue biélorusse, mais aussi un expert en flatteries à usage personnel, une psychologue, la psychologue de sa psychologue, un chamane…). Une tâche délicate l’attend : réformer le pays… 

Ce qu’on en pense

Si Vladimir Poutine n’avait pas envahi l’Ukraine, il y a peu de chances pour que cette série satyrique ukrainienne  ait été diffusée dans notre pays et encore moins qu’elle y trouve un succès conséquent. C’est de la grosse farce politique à usage local (il s’agit de dénoncer  la corruption du système politique sur un mode burlesque),  avec un acteur principal qui surjoue et dont la caméra ne rate aucune mimique ahurie. Dans le rythme, le découpage et jusque dans les codes couleur, on dirait du Claude Zidi vintage. Dans le contexte actuel , on est quand même tenté de regarder plusieurs épisodes (les 3 saisons en comptent 50 !) pour voir à quoi ressemblait le pays avant que les chars russes ne refasse la déco. Le destin, qui est souvent taquin,  a voulu que Volodymyr Zelensky devienne réellement président de l’Ukraine et qu’il soit confronté au plus grave péril qu’ait jamais connue son pays. Du coup, le voila passé de la comédie au thriller. C’est triste à dire,  mais il est bien meilleur dans son rôle actuel. Et au niveau  look,  la barbe de 3 jours et le tee shirt kaki lui vont mieux que les costumes cintrés de Serviteur du Peuple.

CanneSéries 05 : le palmarès

Séries|

Par la rédaction

Après une édition 2021 décalée à l’automne pour cause de Covid, CanneSeries revenait à ses dates initiales pour sa saison 5 qui s’est déroulée du 1er au 6 avril.  La Sélection Officielle 2022 comprennait 24 séries au total :  10 en Compétition Séries Longues,  10 en Compétition Séries Courtes et  4  Hors Compétition. Les premiers épisodes ont été projetés dans l’ Auditorium Lumière du Palais des Festivals et des Congrès et à l’Espace Miramar en présence de leurs équipes et d’un public toujours trés nombreux et enthousiaste.  C’est la série SF à grand spectacle tirée du jeu video Halo qui a ouvert  les festivités le 1er avril. Celle de Jonathan Cohen, Le Flambeau (une parodie de Koh Lanta) a été  projetée lors de la cérémonie de clôture au cours de laquelle l’orchestre philharmonique de Cannes  rendu hommage à Lalo Schiffrin .  Le Jury de la Compétition Séries Courtes, présidé par le romancier et scénariste Anthony Horowitz (Alex Rider)  a remis son prix à la série belge Hacked . Le Jury de la Compétition séries longues présidé par Fanny Herrero, la créatrice de Dix pour cent et de Drôle a pour sa part récompensé The Lesson, une série israélienne qu’on espère voir bientôt sur Canal + (palmarès complet ici) .  Temps forts de cette édition trés réussie,  les hommages à la comédienne britannique Gillian Anderson (X-Files ,  Sex Education, The Crown) et  à l’actrice américaine Sydney Sweeney (EuphoriaThe White Lotus) ont donné à CannesSéries05 un avant goût de Festival de Cannes.

 

Infiniti

Séries|

Par Phil Inout

Le Pitch

L’ISS, la Station Spatiale Internationale, ne répond plus. Son équipage est en perdition après une collision avec le vaisseau de frêt qui devait l’approvisionner. Au même moment, un cadavre décapité et couvert de cire est retrouvé sur un toit de Baikonour au Kazakhstan. L’identification est formelle : il s’agit d’Anthony Kurz (Lex Schrapnel) , un des astronautes censés être prisonniers de l’ISS !  Anna Zarathi (Céline Sallette) , une spationaute française écartée en dernière minute de la mission spatiale, et Isaak Turgun (Daniyar Alshinov) , un flic kazakh désavoué par sa hiérarchie, vont unir leurs forces pour tenter de résoudre cet étrange paradoxe tandis que le centre spatial de Baïkonour et une société privée américaine se disputent le lancement d’une mission de sauvetage…

Ce qu’on en pense

Présenté en avant première à CanneSéries, cette nouvelle série de Science Fiction de Canal + s’inscrit d’emblée dans la lignée des grandes réussites des fictions de la chaine que sont Le Bureau des Légendes et La Guerre des Mondes.Plus qu’une épopée de SF,  Infiniti est un polar metaphysique… quantique.  Baignés dans une ambiance rouillée à la True Detective, les décors désolés du Kazakhstan, où est située l’action, donnent à la série une couleur de western moderne. La réalisation, signée Thierry Poiraud, s’inspire du cinéma US des années 70  et, pour une fois, le scénario ne se finit pas sur une pirouette énigmatique : tout se tient et la révélation du mystère va vous exploser le cerveau.  Céline Sallette et l’acteur Kazakh Daniyar Alshinov (vu dans A Dark, Dark Man) forment l’ épatant duo vedette de cette enquête qui mélange aventure spatiale, enquête policière,  ésotérisme et physique quantique. Six épisodes d’une heure à binger sur MyCanal (où à grapiller durant tout le mois d’ avril sur Canal +),  pour ce qui pourrait bien être LA série SF de l’année.

 

Para//èles

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Par Phil Inout

Le pitch

Quatre copains de lycée, Bilal, Romane, Samuel et Victor, voient leurs vies bouleversées lorsqu’un mystérieux événement les sépare et les propulse dans des dimensions parallèles. Ils vont tout mettre en œuvre pour comprendre ce qui s’est passé et tenter de revenir en arrière, dans leur monde « d’avant ».

Ce qu’on en pense

Pour une première série Disney + française, on pouvait trouver pire que cette comédie fantastique qui mélange allègrement les scénarios de Stranger Things, Dark et Retour vers le futur.  La réalisation est soignée, le casting est plutôt bon dans l’ensemble et les dialogues sont assez bien écrits. Comme souvent dans les séries hexagonales, c’est la direction d’acteurs qui pêche. A croire qu’on ne recommence jamais une scène ratée… Les 6 épisodes se regardent sans déplaisir,  même si c’est clairement  destiné au public pré ado.  

Johnny par Johnny

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Par Phil Inout

Annoncé comme LE documentaire-évènement sur Johnny, 5 ans après sa mort, cette série Netflix ne remplit qu’à moitié son office. Le pari de faire se raconter Johnny par lui-même, au travers des interviews qu’il a données au cours de sa carrière,  n’est pas complètement tenu. Et pour une bonne raison : Johnny ne se livrait pas beaucoup, surtout devant une caméra. Du coup, les réalisateurs ont dû avoir recours aux témoignages en voix off de proches (Pierre Billon, Gille Lhote, Jean Marie Périer, Philippe Labro, Jean Claude Camus, Adeline Blondiau) pour combler les trous dans la narration. Et les vingt dernières années  de  la vie de la star, pourtant particulièrement riches en évènements (ses adieux, sa maladie, son come back, la rupture avec Camus et Universal…), ne sont pas abordées. Laetitia Hallyday,  qui détient les droits des images et des chansons de cette période,  a, en effet,  refusé de participer à cette production, ayant certainement d’autres projets. Cela n’empêche pas la série d’être trés particulièrement dynamique et plaisante à regarder, au contraire. Il s’agit d’un documentaire de montage (sans narration) et le montage est particulièrement réussi. On imagine sans peine le travail de romain que cela a représenté de piocher dans les milliers d’heures d’archives privées et publiques (INA) disponibles.  La vie du chanteur est racontée dans l’ordre chronologique mais sans focaliser sur la carrière. C’est un portrait intime de l’homme et de l’artiste plutôt qu’une biographie qui émerge de ces images triées par thèmes (l’enfance et les débuts, le rapport à la mort, Johhny et ses femmes,  son Amérique…) pour alimenter 5 épisodes de 45 minutes chacun. Les fans n’apprendront rien,  mais seront certainement heureux de revoir leur idole à tous les stades de sa vie et de sa carrière avec des témoignages inédits (celui d’Adeline notamment)

Le Tueur de l’ombre 2

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Par Phil Inout

Le pitch

La profileuse Louise Bernstein (Natalie Madueno) arrive dans une petite ville portuaire à la demande d’Alice (Solbjorg Hojfeldt),  une vieille amie dont le fils a été assassiné. Les jours d’Alice sont comptés et elle demande à Louise d’assister Karina (Helle Fagralid) la policière chargée de l’enquête pour l’aider à retrouver le criminel, qui pourrait être un tueur en série…

Ce qu’on en pense

La Mort est aveugle est la deuxième saison de cette série Danoise dont l’héroïne est une psychologue profileuse, Louise Berstein : une jeune femme sombre et silencieuse, qui refuse de s’attacher sentimentalement,  mais est fidèle  en amitié et surtout terriblement doué pour son job. Natalie Madueno lui prête sa silhouette longiligne. Elle fait équipe, cette fois, avec Karina (Helle Fagralid), une policière pugnace et équilibrée,   pour suivre la trace d’un tueur en série qui torture ses victimes avant de les étrangler et ne laisse jamais de traces. L’originalité de la  série est que le spectateur connaît le meurtrier avant les enquêteurs :  c’est un père de famille bien sous tous rapports qui se venge d’un complexe d’infériorité de classe sur des hommes plus jeunes, plus beaux, plus sportifs et plus riche que lui. Le suspens tient donc à la résolution de l’enquête,  avant qu’il ne commette de nouvelles atrocités. Du « Nordique noir » classique,  qui tient sur les portraits psychologiques des diffeérents protagonistes, sur la qualité de l’interprétation et sur une ambiance anxyogène à souhait. La saison 2 tient ses promesses. 

En thérapie 2

Séries|

Par Phil Inout

Le pitch

Paris 2015-2020. Philippe DayanFrédéric Pierrot), psychanaliste,  reçoit ses clients chaque semaine dans son cabinet à deux pas de la place de la République. A l’écoute de ces vies bouleversées, le séisme émotionnel qui se déclenche en lui est sans précédent. Pour tenter d’y échapper, il renoue avec son ancienne analyste, Esther (Carole Bouquet), avec qui il avait coupé les ponts depuis près de 12 ans…

Ce qu’on en pense

Confiée à Nakache et Toledano (Hors normes, Intouchables), la version française de cette série israélienne met en scène Frédéric Pierrot dans le rôle du psy et se passe après les attentats de novembre 2015 à Paris. Presqu’intégralement tournés en champs contre champs dans le cabinet du psychiatre et plutôt bavards (forcément !), les 35 épisodes de la première saison ont été LE succès du premier confinement sur Arte.  Réalisation, dialogues, casting, rythme, progression dramatique…  Tout était parfait, rien à redire.  Dans la saison 2 , les stars continuent de défiler sur le divan de l’ami Pierrot (parfait de compassion et d’humanité) :  après Mélanie Thierry, Carole Bouquet, Pio Marmaï , Reda Kateb, Clémence Poesy et Pascal Demolon , voici venir Agnès Jaoui, Charlotte Gainsbourg, Jacques Weber, Suzanne Lindon, Eye Haidara,  Aliocha Delmotte… Au sortir du premier confinement en 2020, la vie de Philippe Dayan  se complique encore. Divorcé, attaqué en justice par la famille de l’un de ses anciens patients, il se tourne vers Claire (Charlotte Gainsbourg), une analyste et essayiste médiatisée dont il espère le soutien pour le procès en cours… Les incertitudes du présent s’ajoutent aux hantises du passé. Disponible en intégralité sur le site d’Arte à partir du 31 mars (avec la saison 1), la saison 2 sera diffusée en avril sur la chaine. C’est une nouvelle réussite.

Drôle

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Par Ph.D

Le Pitch

Après s’être consacrée à sa vie de famille, Aïssatou ( Mariama Gueye) revient sur la scène du « Drôle Comedy Club » pour confronter ses derniers sketchs devant le public. Elle est épaulée par Nezir (Younès Boucif) , lequel peine à joindre les deux bouts. Ex-star du stand-up, Bling (Jean Siuen), quant à lui, traverse une mauvaise passe. Issue d’un milieu bourgeois Appoline (Elsa Guedj) abandonne ses brillantes études pour se lancer dans le stand up.  Confrontés à une concurrence redoutable, tous se posent la question : doivent-ils jeter l’éponge ou persévérer ?

Ce qu’on en pense

Après Dix pour cent, Fanny Herrero (fille de l’ancien rugbyman du RCT) récidive dans l’excellence avec cette nouvelle série. On quitte le milieu du cinéma pour celui du stand-up,  mais la recette reste la même : des personnages attachants,  un casting génial , des dialogues qui fusent, des épisodes bien rythmés et une réalisation soignée. L’univers du stand-up, déjà présent dans Jeune et golri (autre réussite française),  se décline décidément bien en série. Il est particulièrement bien documenté dans celle-ci , dont l’action est située autour d’un Comedy Club parisien. Plusieurs humoristes ont participé à l’écriture des skeches que jouent les jeunes comédiens recrutés au Cours Florent et les scénaristes se sont imprégnés de l’atmosphère de ces clubs pendant plusieurs mois. La série est drôle et émouvante et révèle le talent de Mariana Gueye (Aïssatou), Younès Boucif un rappeur passé à la comédie (il incarne Nezir, le plus timide mais le plus doué des quatre héros) et Elsa Guedj qui joue Appoline. On est moins fan de Jean Siuen (Bling), mais son personnage est celui qui évolue le plus au cours de la première saison. En tout cas, on signe des deux mains pour une deuxième. Enfin, une bonne série française sur Netflix !