Christmas Flow
Par Phil Inout
Le pitch
Rappeur à succès, Marcus (Tayc) fait un bad buzz avec un texte phallocrate. Les Simones, trio de youtubeuses féministes, le démolissent sur leur chaine. Le problème c’est que Lisa (Shirine Boutella), l’une des trois filles, est amoureuse du rappeur… Marcus lui pardonnera-t-il ? Parviendra-t-il à sauver sa carrière et les Simones leur amitié et leur média, convoité par une affairiste sans vergogne (Mademiselle Agnès) ?
Ce qu’on en pense
Bonne surprise que cette mini série en forme de comédie romantique de noël rap. Un drôle de mix ! Au début, on croit être tombé sur un épisode de Validé featuring Diana Boss. Mais on se laisse prendre au jeu, emporté par la tchatche des comédiennes (Shirine Boutella, Marion Seclin, Aloise Sauvage– trois découvertes – plus Camille Lou et Mademoiselle Agnès dans un rôle de garce qui lui va bien) et de leurs partenaires masculins (dont l’excellent Philippe Rebbot échappé du sépartement de L’amour Flou pour un caméo sympa). Les dialogues fusent, la BO aligne les tubes, le second degré et la magie de Noël font le reste. Christmas Flow porte bien son titre : la mini série respecte les codes de la comédie romantique de saison, en y ajoutant le flow des cités, où se déroule l’intrigue, entre HLM parentaux et MJC. C’est original, pétillant et coloré. Merci Netflix pour ce joli cadeau de Noël.
American Rust
Par Ph.D
Le pitch
A Buell, en Pennsylvanie, le shérif, Del Harris (Jeff Daniels) doit faire face à une inquiértante montée de la criminalité et de la consommation de stupéfiants. Le problème c’est qu’il est lui-même accro aux opioïdes et trimbale un passé trouble…
Ce qu’on en pense
Dans la lignée de Mare of Easttown, American Rust installe son intrigue dans un patelin paumé de Pennsylvannie, où le sherif local (Jeff Daniels excellent) est aux prises avec le meurtre d’un de ses anciens adjoints et avec une épidémie d’overdoses aux opioïdes… Dont il est lui même consommateur ! Ce n’est d’ailleurs pas son seul secret inavouable. Personne ne sait vraiment pourquoi il a atterri dans ce trou perdu, mais tout le monde se doute que ce n’est pas pour la qualité de vie qu’il s’y est réfugié. Tous les personnages sont, comme lui, sérieusement cabossés par la vie, même les plus jeunes. Le casting est top et la réalisation installe une atmosphère poisseuse et dépressive qui colle à la peau. American Rust (littéralement : Rouille Américaine) porte bien son titre : on voit comment la violence, la crise économique, la drogue et la misère gangrennent le pays et le détruisent de l’intérieur. Ce n’est pas la série la plus riante de cette fin d’année, mais certainement une des plus recommandables.
La Meilleure version…
Par Phil Inout
Le Pitch
Blanche Gardin est une humoriste à succès. Tout lui réussit, mais elle souffre d’un problème digestif chronique qui la fait énormément souffrir. Elle se rend chez un naturopathe adepte de la pensée positive qui lui explique que son problème vient de l’autodérision dont elle fait preuve sur scène. Blanche prend conscience que son salut est dans la bienveillance qu’elle doit enfin exercer vis-à-vis d’elle-même. Elle prend alors une décision radicale : elle arrête l’humour. Elle l’annonce à son agent et sur les réseaux sociaux, et s’engage sur la route du développement personnel, de la quête du bien-être et de la recherche spirituelle afin de devenir une meilleure version d’elle-même.
Ce qu’on en pense
Adepte de l’humour trash, Blanche Gardin utilise son propre personnage de comique dépressive (et constipée) comme héroïne de sa première série pour Canal Plus. On la suit chez son naturopathe qui lui prescrit d’arrêter l’humour auto destructeur, dans ses recherches de « donneur de caca » pour tenter une greffe, en famille avec sa mère, sa soeur et son frère qui lui sert d’assistant, avec ses amis comédiens et humoristes qu’elle espère convertir à sa nouvelle « positive attitude », en taxi avec un chauffeur complotiste, chez un spécialiste adepte des lavements, avec un vendeur d' »eau dynamisée »… Une suite de saynettes plus ou moins drôles, grinçantes et scatos, qui à l’arrivée forment comme une télé-réalité sur les problèmes de transit intestinal. Ecrite avec Noé Debré et réalisée par Blanche elle-même, la série est surtout prétexte à égratigner les charlatans qui profitent de la détresse intestinale de leurs contemporains pour fourguer leurs solutions miracles et le nombrilisme. Décalée, scato, malaisante et caustique, elle plaira sans doute aux fans de l’humoriste. Mais à défaut d’effet thérapeutique sur sa créatrice, elle risque fort de faire caguer les autres !
Le Tour du monde en 80 jours
Par Phil Inout
Le pitch
Londres, 1872. Phileas Fogg (David Tennant) gentleman anglais, prend ce pari insensé: faire le tour du monde en quatre-vingts jours. Il s’alloue les services de Jean Passepartout (Ibrahim Koma), un serveur français débrouillard. Suivis de près par Abigail Fixx (Leonie Benesch), reporter d’un grand quotidien Londonien, ils embarquent pour un voyage semé d’embûches…
Ce qu’on en pense
Nouvelle adaptation du roman de Jules Verne, cette coproduction européenne modernise le récit en remplaçant le policier qui pistait Phileas Fogg par une jeune et impétueuse journaliste, joliment incarnée par l’actrice allemande Leonie Benesch. David Tennant hérite du rôle principal et donne à son Phileas un charme et un flegme tout britanniques. On s’étonne que le rôle de Passepartout ait échappé à Omar Sy, mais on se réjouit de retrouver à la place un des acteurs de Sous le Soleil Ibrahim Koma, dans une composition qui le met en valeur à l’international. Avec ses couleurs flashy, ses décors numériques et son rythme échevelé, cette série d’aventures exotiques au long cours renoue avec bonheur avec la tradition des grands feuilletons des vacances de Noël. Un pur plaisir nostalgique pour les grands et une belle introduction à l’univers de Jules Verne pour les plus petits. Phileas Fogg n’a pas fini de susciter des vocations de globe trotters !
Nona et ses filles
Par Phil Inout
Le Pitch
Amoureuse d’André (Michel Vuillermoz) et libérée de ses trois filles qu’elle adore, Nona (Miou-Miou), 70 ans, vit sa vie à plein tube au cœur de la Goutte d’Or. Jusqu’au jour où le docteur Truffe (Rudiger Vogler) lui annonce qu’elle est enceinte…
Ce qu’on en pense
Si vous aimez les films de Valérie Donzelli (La Guerre est déclarée, Marguerite et Julien, Notre Dame) vous adorerez sans doute cette série familiale burlesque, dans laquelle Miou Miou, ex-baba cool de 70 ans qui, après avoir élevée seule des triplées de père inconnu, travaille au planning familal de son quartier et se retrouve mystérieusement enceinte. Une grossesse qui va bouleverser la vie de la septuagénaire et de ses trois filles (jouées par Clotilde Hesme, Virginie Ledoyen et Valérie Donzelli). Nona et ses filles est une fable moderne sur la famille, pleine de fantaisie, de drôlerie et de vitalité. La réalisatrice déploie des trésors d’inventivité pour détourner les codes du soap et du feuilleton à la française et les comédien(ne)s ont l’air de bien s’amuser. A commencer par Miou Miou, trés à son affaire en reine-mère foutraque. Si, par contre, vous êtes allergiques au cinéma maniéré de la réalisatrice et que Notre Dame ou Marguerite et Julien vous sont tombés des yeux, passez votre chemin : cette série n’est clairement pas pour vous.
Arcane
Par Phil Inout
Le pitch
Adoptées par un chef de gang à la mort de leurs parents, deux sœurs Vi et Powder se battent pour survivre dans les villes rivales de Piltover (ville haute) et Zaun (ville basse). Le vol de cristaux magiques dans la ville haute va déclencher une guerre sans merci entre les deux cités…
Ce qu’on en pense
Adaptée de l’univers du jeu vidéo League Of Legends, cette série d’animation fait un carton depuis sa mise en ligne sur Netflix, où elle figure en tête des audiences. Un succès qu’elle doit à son esthétique steampunk et à son rythme échevelé. Le scénario est un peu embrouillé et on a souvent l’impression de jouer à un jeu vidéo sans manettes, mais l’intrigue est prenante, les personnages sont attachants (et trés girl power) , les graphismes sont fidèles à ceux du jeu et les nombreuses scènes d’action sont spectaculaires. Pour amateurs de films d’animation SF.
This Way Up
Par Phil Inout
Le pitch
Aine (Aisling Bea), expatriée Irlandaise à Londres, est professeur de langues vivantes dans une association pour migrants. Après un épisode addictif-dépressif qui l’a envoyée en rehab’, elle tente de se reconstruire avec un sens de l’humour trés personnel et l’aide de sa soeur Shona (Sharon Horgan), chef d’entreprise féministe et dynamique…
Ce qu’on en pense
Vous ne connaissez pas encore les frangines Aine (prononcer Onia) et Shona (prononcer Shona) ? Quelle chance ! Vous allez passer des moments délicieux en leur compagnie sur MyCanal, où les deux saisons de la série This Way Up sont disponibles. Dans la première, Aine/Onia (Aisling Bea) tente de se reconstruire après un nervoux breakdown qui l’a laissée lessivée, mais ne lui a pas oté son sens de l’humour et de la répartie. Cousine irlandaise de Fleabag, Aine n’a pas sa langue dans sa poche et ça lui joue des tours. Notamment pour trouver l’âme soeur. Heureusement, sa soeur ainée Shona (Sharon Horgan), qui a réussi dans la City, fait tout pour l’aider. Mais elle aussi a du mal avec la vie londonniene, partagée entre un crush pour son associée lesbienne (Indira Varma) et la demande en mariage de son boyfriend indien (Aasof Mandvi). Leur relation, pleine de tendresse, d’humour vache et de dérision est au centre de la série qui décrit un Londres cosmopolite où les inégalités sociales sont particulièrement criantes. Dans la saison 2, Aine succombe au charme de Richard (Thomas Menzies), le bien nommé père d’un de ses élèves, et essaie de pas tout faire foirer. Shona, elle, prépare son mariage alors que se profile à l’horizon une certaine épidémie… C’est charmant, drôle, intelligent, moderne, remarquablement écrit et dialogué… Mais beaucoup trop court ! Et Aisling Lea, qui est à l’origine de la série, ne rassure pas sur l’écriture d’une troisième saison. Amie et disciple de Phoebe Waller-Bridge (Fleabag), l’actrice et auteure a d’autres projets au cinéma et au théâtre (où elle s’est fait connaître en stand up). Si vous lancez une pétition sur Internet pour l’obliger à tourner This Way Up 3, on veut être les premiers à la signer.
Rebecca
Par Phil Inout
Le Pitch
Six ans après avoir abandonné la traque d’un tueur en série et quitté la police, Rebecca (Anne Marivin) décide de reprendre du service pour échapper à la dépression qui la ronge et l’éloigne de son mari et de ses enfants. De retour au sein de la Criminelle, elle enquête sur une série de meurtres et est persuadée que le tueur est celui qu’elle n’avait pas pu arrêter six ans auparavant. Elle le poursuit avec acharnement, mais des pertes de mémoire perturbent son travail. Et lorsqu’une des victimes s’avère être la maîtresse de son mari, la voilà qui se retrouve directement impliquée : pourquoi était-elle la seule à savoir où se trouvait le cadavre de cette femme ? Est-ce le serial killer qui l’a tuée … ou bien est-ce elle, au cours d’un de ces black-out ? Comment enquêter quand on se pense soi-même coupable ? Rebecca va devoir reconstruire morceau par morceau son passé pour découvrir l’événement terrifiant qui a déclenché sa névrose et l’a peut être conduite à tuer…
Ce qu’on en pense
Remake TF1 de la déjà pas terrible série anglaise Marcella (dont 3 saisons sont déjà disponibles sur Netflix) , Rebecca se distingue surtout par son casting doré sur tranche : Anne Marivin joue la fliquette névrosée, Benjamin Biolay, son mari, Clotilde Coureau sa patronne, Samir Guesmi l’inspecteur principal, Baptiste Lecaplain le jeune flic geek, Gregory Montel le frère d’une des victimes, Patrick Timsit le suspect principal… Le fait que le moindre rôle soit tenu par une tête archi connue est peut-être intéressant pour attirer le chaland, mais cela n’aide pas à rentrer dans l’histoire. Le temps de trouver qu’Anne Marivin a une sale mine et de s’esbaudir des fantaisies capilaires de Timsit et Biolay, le premier épisode est passé et on hésite à lancer le deuxième. Didier Le Pêcheur filme à l’ancienne, s’arrêtant sur le moindre regard lourd de sous entendus et utilisant des effets visuels et sonores qui datent de l’ORTF. Résultat, il faut trois heures pour arriver au noeud de l’intrigue : l’héroïne fait des black-out. Pas évident pour mener une enquête criminelle ! Surtout quand l’une des victimes est la maitresse de son mari, qu’on est allée la voir la veille pour lui parler du pays et qu’on ne se souvient pas de la suite… On est allé, péniblement, au bout des 8 épisodes en se disant que les dialogues ne sont pas trop mauvais pour une fois et que Samir Guesmi est décidément très bon.
L’Amour flou
Par Phil Inout
Le Pitch
Après 10 ans de vie commune, deux enfants adorés et un chien. Romane Bohringer et Philippe Rebbot se sont séparés… En continuant à habiter (presque) ensemble dans deux appartements mitoyens. De cette aventure singulière, ils ont fait un film sorti en 2018 : L’AMOUR FLOU. Depuis, ils sont installés dans cette drôle de vie, qui par bien des aspects, se révèle miraculeuse : la menace de se séparer n’existant plus puisque c’est fait, les tensions entre Philippe et Romane semblent avoir disparu et ils parlent désormais le langage de l’amitié. Les enfants, quant à eux, semblent baigner dans le bonheur, leurs deux parents à portée de main. Mais le quotidien de la famille Rebbot-Bohringer est toujours aussi fou et flou.
Ce qu’on en pense
Bonne surprise de l’année 2018, L’Amour flou (le film) racontait comment le couple Bohringer-Rebbot avait inventé le concept de « Sépartement« : deux appartements séparés mais communicants par la chambre des enfants, pour continuer à élever leurs enfants ensemble tout en étant séparés. On y découvrait le quotidien, effectivement assez flou, du couple d’acteurs, dans des scènes de pure comédie inspirées de leur propre vécu. Comme ils ont apparemment poursuivi l’expérience depuis , l’idée d’en faire une télé réalité ou une série trottait dans la tête des producteurs. On ne sait pas s’ils ont fait le bon choix, mais voici donc la série dérivée du film, avec les Bohringer-Rebbot (parents, enfants, grands parents, chien) dans leur propre rôle et quelques acteurs (dont l’excellent Eric Caravaca) dans celui des amants, voisins et commerçants du quartier. Si on n’a pas vu le film, la découverte de cette vie de famille originale occupera agréablement les premiers épisodes. Si on l’a vu, on risque d’être déçu. L’humour y est plus appuyé, avec des scènes qui se veulent burlesque mais qui s’avèrent plutôt génantes, comme quand Romane va s’acheter des sextoys. L’actrice se filme en quadra frustrée, fauchée, mal fagotée et obsédée par son poids. Rebbot est montré comme un traine savate, chômeur, alcoolo et dragueur, Richard Bohringer a l’air misérable sur son lit d’hopital, les enfants jouent mal, le chien est malade et les situations se répètent d’un épisode à l’autre. On ne renouvelera pas le bail.
Foundation
Par Phil Inout
Le Pitch
Quand l’éminent professeur Hari Seldon (Jared Harris) prédit la chute imminente de l’Empire galactique, les Cleons – une longue lignée de clones d’empereur au pouvoir – craignent que leur règne jusqu’ici inégalé soit compromis. Ils sont forcés dès lors de prendre en compte la potentielle réalité de la perte de leur puissant héritage pour toujours et prennent leurs dispositions pour limiter les dégâts. Le Dr. Seldon et quelques-uns de ses fidèles sont envoyés aux confins de la galaxie pour bâtir la Fondation, un lieu spécial destiné à préserver le savoir de la civilisation, dans l’espoir de sa reconstruction.
Ce qu’on en pense
La plateforme de streaming d’Apple a désormais sa série blockbuster : Foundation, adaptée de la saga futuriste d’Isaac Asimov. De (très) gros moyens ont été déployés pour que la série soit à la hauteur des attentes des fans de science fiction. Foundation est, avec Dune, l’une des pierres angulaires du genre littéraire. Elle conte les efforts d’un empire futuriste pour résister à la décomposition après des siècles de règne. Réputé inadaptable, le roman d’Asimov est un chef d’oeuvre. Qu’en est-il de la série? Premier constat : l’argent dépensé se voit à l’écran. Visuellement et esthétiquement, Foundation soutient la comparaison avec Star Wars, Star Trek ou Dune. L’histoire est prévue pour se déployer sur 80 épisodes mais les dix premiers font plus que planter le décor. On saute de siecle en siecle et de planète en planète sans souci de cohérence chronologique, ni de perdre des personnages en route . Il faut s’accrocher, mais ça vaut la peine Le public des plateformes de streaming est-il prêt pour un projet aussi ambitieux ? Les résultats d’audience le diront. En tout cas, avec Foundation, il n’est pas volé.
The White Lotus
Par Phil Inout
Le Pitch
A Hawaï, les clients du palace White Lotus profitent de leurs vacances dans un cadre idyllique, pris en charge par un personnel des plus agréables et serviables. Mais très vite, il devient clair que le bonheur apparent et les sourires de façade sont trompeurs…
Ce qu’on en pense
Si, contrairement à vos amis Instagrameurs, vous n’avez pas passé vos vacances d’été dans un « resort » luxueux et exotique, consolez-vous : la nouvelle série de Mike White (auquel on doit la mémorable Enlightened avec Laura Dern), vous emmène dans un palace Hawaïen et on vous jure que vous ne regretterez pas de ne pas y être allé en vrai. Le personnel a pourtant l’air charmant, mais le directeur est un inverti ex-cocainomane, la réceptionniste du spa joue les psys new-age et le beau serveur hawaïen a une dent contre les touristes-colons. Mais le pire ce sont les clients : un jeune marié en voyage de noces payé par maman qui ne songe qu’à se faire surclasser, sa belle épouse qui refuse son rôle de trophée et se morfond, une riche mémère alcool- dépressive qui trimbale partout les cendres de sa mère, une famille apparemment parfaite mais le père est persuadé d’avoir un cancer des testicules, le fils accro à son portable refuse de mettre le nez dehors , la fille a invité une copine camée aux médicaments et passe son temps à dénigrer tout le monde et la mère est incapable de déconnecter de son boulot à l’international… Ecrite avec une plume trempée dans l’acide, la série s’apparente plutôt à un « film long » et tient sur les dialogues et le jeu des acteurs (tous excellents) plus que sur l’action, quasi inexistante. C’est cruel et vachard, mais qu’est-ce que c’est bon ! Vivement la saison 2 .
La Chronique des Bridgerton
Par Phil Inout
Le pitch
À Londres, pendant la Régence, Daphne Bridgerton (Phoebe Dynevor), fille aînée d’une puissante dynastie, est en âge de se marier. Sa mère et son frère aîné se chargent de trier les prétendants. Mais aucun ne convient à la belle qui voudrait faire un mariage d’amour. Ses manœuvres maladroites pour échapper aux arrangements de sa famille font les délices de la bonne société londonienne, informée par la lettre quotidienne de la mystérieuse et impitoyable Lady Whistledown…
Ce qu’on en pense
Première production de Shonda Rhimes (Grey’s Anatomy) pour Netflix, Bridgerton (titre original de la série, inutilement alourdi en VF) est une comédie romantique en costumes, basée sur les huit tomes de la saga littéraire de Julia Quinn. Elle met en scène la bonne société londonienne du début du 19e siècle, à l’heure des mariages arrangés. On suit les efforts maladroits de la jeune héroïne, Daphné (campée avec beaucoup de fraîcheur par la délicieuse Phoebe Dyvenor ) pour échapper aux prétendants sélectionnés par sa famille et trouver le grand amour. Il se présentera sous la forme d’un marquis rebelle et débauché (Rege Jean-Page), hélas bien décidé à ne pas se faire passer la corde au cou. Dans l’esprit pop et coloré du Marie Antoinette de Sofia Coppola, Bridgerton ne brille pas par l’originalité de son scénario, ni par sa mise en scène tape à l’oeil, mais se révèle tout de même assez addictif, grâce à une galerie de personnages attachants et à un point de vue résolument moderne et féminin. Sexy et colorée (jusque dans une mixité raciale peu conforme à la réalité historique), la série se déguste comme une boite de macarons de Noël et laisse le même goût sucré. Une mignardise !
Le Jeu de la dame
Par Philippe DUPUY
Le Pitch
Au début des années 60, Elisabeth (Anya Taylor-Joy), jeune orpheline placée dans une institution après le décès de sa mère dans un accident de voiture, se découvre un don phénoménal pour les échecs. Adoptée par un couple, elle se lance dans les tournois à fortes récompenses pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa mère adoptive (Marielle Heller), bientôt larguée par son mari. Mais pour devenir la plus grande joueuse d’échecs au monde, elle devra lutter contre ses multiples addictions.
Ce qu’on en pense
Adapté d’un roman de Walter Tevis (L’Arnaqueur, La Couleur de l’argent) , Le jeu de la dame (The Queen’s Gambit en VO) était d’abord prévu pour le cinéma avant de devenir une mini série en 7 épisodes d’une heure, réalisée par le Scott Franck, scénariste,entre autres, de Minority Report, Le Petit homme et Malice. Cela se sent pour le meilleur dans une reconstitution d’époque digne des plus grands films hollywoodiens et, pour le moins bon, dans l’étirement du scénario jusqu’à ses extrêmes limites. Ce qui pouvait être dit en deux heures l’est en sept, mais ce n’est pas gênant tant les personnages sont attachants et tant on prend de plaisir à les retrouver d’un épisode à l’autre. A commencer par l’héroïne, Elisabeth Harmon, sorte de Lisbeth Salander des échecs, formidablement interprêtée par Anya Taylor Joy. Découverte chez Night Shyamalan (Split, Glass) , il n’est pas difficile de lui prédire un bel avenir dans le cinéma fantastique, avec son visage de siamoise et ses yeux si grands qu’ils paraissent n’avoir pas de paupière. Même quand elle dort, son personnage les garde grands ouverts pour se projeter des parties d’échec au plafond, bien aidée, il est vrai, par les doses de librium qu’elle s’envoie… On la découvre orpheline de neuf ans entrant dans l’institution où on régule les humeurs des demoiselles à coup d’anxiolitiques, on la suit à 13 se faisant adopter par un couple vite désuni, puis à 17 devenant une championne d’échecs quasi imbattable, mais accro à tout ce qui lui tombe entre les mains comme médicaments, stupéfiants ou alcools. Il faut dire que sa mère adoptive, despererate housewife comme seules les années 60 ont pu en produire, biberonnait sec elle aussi. Heureusement, elle avait d’autres qualités, bien mises en valeur par l’interprétation de Marielle Heller. Il y a aussi Benny Watts (Thomas Brodie Sangster) , un autre prodige des échecs bien barré au look de Crocodile Dundee, qui deviendra son mentor. Et pleins d’autres seconds rôles intéressants que Beth tient à distance avec une morgue réjouissante. Sous ses dehors d’oie blanche tombée du nid, c’ est une vraie tueuse : Villanelle (Killing Eve) pourrait être sa cousine. On plaint d’avance les malheureux grands maîtres russes des échecs qu’elle doit affronter dans les derniers épisodes…
Big Little Lies
Par Phil Inout
Le Pitch
Quand Madeline (Reese Witherspoon) , Jane (Shailene Woodley) et Celeste (Nicole Kidman) se lient d’amitié par l’intermédiaire de leurs enfants, elles ne se doutent pas qu’elles vont se retrouver, des mois plus tard, au centre d’un tragique accident, survenu à la fête de l’école. Qui est mort ? Qui est responsable ? Et pour quelle raison ? Secrets, rumeurs et mensonges ne faisant pas bon ménage, tout l’univers de la petite ville de Monterey va être secoué de violents soubresauts.
Ce qu’on en pense
Après avoir fait le bonheur des abonnés OCS, Big Little Lies débarque sur TF1 à compter du 25 août. Les télespectateurs de la TNT vont donc enfin pouvoir faire connaissance avec ces nouvelles » ménagères désespérées », incarnées par Reese Witherspoon, Shailene Woodley, Nicole Kidman, Laura Dern et Zoe Kravitz (rejointes dans la deuxième saison par l’épatante Meryl Streep). Outre son casting étoilé et ses personnages hauts en couleur, la série se distingue par une intrigue criminelle, qui réussit l’exploit de tenir en haleine sans qu’on sache pendant très longtemps qui est mort, ni pourquoi. Remarquablement écrite, réalisée et interprêtée, Big Little Lies est la meilleure série féminine depuis Desperate Housewives.
This Is Us
Par Phil Inout
Le pitch
Des années 70 à nos jours, la saga d’une famille (presque) ordinaire : celle de Jack et Rebecca Pearson (Milo Ventimiglia et Mandy Moore) et de leurs triplés Randall (Sterling K Brown), Kate (Chrissy Metz) et Kevin (Justin Hartley) entre la côte Est et la côte Ouest des Etats-Unis…
Ce qu’on en pense
Alors que la diffusion des trois premières saisons s’achève sur M6 et que NBC a commencé celle de la saison 5 aux Etats-Unis , Amazon Prime vient de mettre en ligne la saison 4 de This Is Us, la formidable série familiale de Dan Fogelman. En six saisons, This Is Us raconte la vie quasi quotidienne d’une famille de la classe moyenne américaine, avec ses grands bonheurs (la naissance de triplés), ses drames (la perte d’un bébé), ses résiliences (l’adoption d’un bébé abandonné, né le même jour), ses projets, ses victoires et ses échecs. Des pans de vie qui traversent cinq décennies de l’histoire contemporaine des Etats Unis. Une saga grandiose, portée par des acteurs formidables, que l’on voit vieillir ou rajeunir au gré de constants aller-retours dans le temps. Impossible de ne pas s’attacher à cette famille, dont on découvre peu à peu les nombreux membres, leur personnalité et leurs choix de vie. Loin de l’univers caricatural des sagas familiales à la Dallas ou Dinasty, This Is Us touche par son réalisme, sa finesse, sa justesse de trait et sa profondeur. Attention tout de même : c’est extrêmement addictif et on pleure autant qu’on rit. Préparez les mouchoirs !
















