Mis en place à 800 000 exemplaires et déjà certifié disque de platine avec plus de 100000 précommandes, c’est l’événement discographique de l’année. L’album posthume de Johnny Hallyday est là. Et il est très bon ! Peut-être pas le meilleur disque de Johnny (De L’Amour garde notre préférence), mais un de ses plus réussis. Réalisé par Maxim Nucci (alias Yodélice), comme le précédent, il se situe musicalement dans la même lignée, mais avec plus d’emphase, car Johnny voulait des chansons à jouer dans les stades. La voix (incroyablement préservée, voire régénérée) et les guitares sont très en avant. Bien que ses concepteurs réfutent le terme, la tonalité générale est plutôt crépusculaire. Plusieurs titres retiennent l’attention: le premier « J’en parlerai au Diable« , un rock très réussi dont le texte est inspiré d’une chanson de Ray Wylie Hubbard (« Conversation With The Devil ») et le dernier « Je ne suis qu’un homme« , une power ballade très puissante sont des hits en puissance. Mais on leur préfère « Mon Pays c’est l’amour » et « Made in Rock’n’roll » deux rockabillys superbement exécutés dans la lignée des « Rocks les plus terribles« . « Back in LA » dont le texte est signé Miossec et « Un Enfant du siècle » un rock très accrocheur en forme de bilan générationnel, font aussi la balle. Un album de pur Hallyday, qui ravira les fans et leur fera verser des larmes. Seul petit bémol: des textes remplis de clichés éculés et d’un niveau général plutôt faible.
Johnny Hallyday
Mon Pays c'est l'amour
(Warner)
Golden Boy
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Par Ph.D
C’est l’histoire d’un Rastignac des affaires qui débarque dans une ville du sud et s’empare du club de foot, L’Olympique, dont il se sert comme tremplin politique. Autour de lui, le marigot local s’agite : vieux briscards de la politique, truands, journalistes en quête de reconnaissance, policiers à l’affut, procureurs ambitieux, femmes de pouvoir… Comme il est joliment écrit en postface : « Si tous les personnages sont fictifs, il n’est pas toujours possible ni nécessaire d’éviter toute ressemblance« . On croit, effectivement, reconnaitre la plupart des protagonistes. D’autant que l’auteur, ancien journaliste sportif, a longtemps fréquenté les milieux qu’il décrit. Sa plume est restée alerte et ancrée dans la réalité. Avec une matière similaire, certains ont échafaudé des séries, dont les titres reviennent en mémoire (Marseille, La Fièvre…). André Baudin a l’élégance de faire court: 150 pages et tout est dit. Du coup, le bouquin se dévore comme une (bonne) nouvelle.

Pauline Clavière : Spécimen
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Par MAB
Voilà un livre étrange dont on se demande sans cesse s’il est formellement brillant ou fabriqué à coups de procédés alambiqués, si son propos est sincère ou opportuniste, à l’heure où une loi tente de protéger les très jeunes enfants de prédateurs sexuels de plus en plus jeunes. A la lecture, on ne peut que recommander ce Spécimen, roman tout à fait hors norme qui devrait parler, sans violence ni excès, aux parents, enseignants et éducateurs tant il interroge avec finesse les zones grises et démons de notre société. Tout se passe dans un Marseille à la fois banal et inquiétant . Une écrivaine, la narratrice, reçoit de Mina, la nourrice à qui elle confie son enfant, un mystérieux cahier. Celui-ci a été écrit par Rafael. 16 ans, le fils de Mina, parti sans raison du domicile. Sa lecture est tellement bouleversante que, chez la narratrice, les souvenirs refont surface : qu’est devenue son amie d’enfance, disparue vingt-cinq ans auparavant ? Pauline Clavière tresse ainsi trois fils : la narration et les interrogations de celle qui s’exprime à la première personne, les extraits du cahier et les auditions de Mina puis de Rafael. C’est, comme on l’a dit plus haut, un peu déroutant pour le lecteur, jusqu’à ce que se dessine peu à peu le parcours de l’adolescent, le « spécimen » du titre, que sa mère s’efforce de protéger, à tort ou à raison, dans une tension morale constante. Est-ce un roman sur un sujet sensible, une enquête sociologique, documents annexes à l appui; une exploration psychologique des relations humaines complexes ou un thriller que propose, ainsi, la journaliste Pauline Clavière ? Sans doute tout cela à la fois. Ajoutez-y un récit captivant, dont la chute laisse durablement troublé et vous comprendrez pourquoi ce « Spécimen » terriblement d’actualité est en cours d’adaptation pour l écran.
Laurine Roux en colère
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Par MAB
La première page de « Trois fois la colère » ouverte, plus d’échappatoire! Nous voilà engagés, par secousses parfois horrifiantes, au cœur d’un Moyen-Âge de chair, de feu et de sang. Attachés à poursuivre, sur les sentiers forestiers des Hautes-Alpes, trois générations de vengeresses. Mère, fille et petite fille, aussi belles, fortes et sensuelles que cette nature mystérieuse et généreuse qui les nourrit et les protège. C’est sûr, Laurine Roux a su trouver les mots pour que l’on y soit et que l’on y croit ! Mêlant au vieux français, des expressions contemporaines. Sachant entourer l’extrême dureté de ces temps obscurs, d’une poésie au lyrisme flamboyant. Traquant l’ invincible humanité sous l’extrême barbarie, elle offre, ainsi, une fable gothique à nulle autre pareille. D’un réalisme, d’une intensité et au fond d’une intemporalité qui hantent longtemps la mémoire. On songe, par moment, à l’inoubliable « Jours de colère » de Sylvie Germain ou, plus récemment, à « Madeleine avant l’Aube » de Sandrine Collette. Pour autant, difficile de dévoiler ce récit singulier qui rebondit d’horreurs en belles surprises. Disons juste que tout commence par la fin quand une petite fille tranche la tête du seigneur Hugon le terrible, son grand père, revenu des croisades, rassasié de sang. Ensuite, retour en arrière, à la naissance de triplés issus d’un viol et séparés à la naissance. La suite ne sera que trahisons, meurtres, viols, tortures, bûchers expéditifs, et autres terribles exactions maléfiques et obscurantistes alors qu’au loin s’opère le sac de Constantinople. Trop noir? oui. Certaines pages sont d’une violence inouïe de précisions – hélas – historiques. Mais la langue est magnifique. Elle dit beaucoup de l’humanité. Elle honore surtout la force vitale des femmes et de certains justes en lutte contre le pouvoir mortifère des puissants. Elle donne aussi à espérer par les respirations venues d’un lieu d’amour et de fraternité sur lequel plane l’esprit de François d’Assise. Juste de quoi entrevoir, pour un temps, une paix possible en ce fief de douleur et de misère… Très gros coup de coeur!






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