Interview: Dick Rivers

//Interview: Dick Rivers

Interview: Dick Rivers

Pour fêter ses 55 ans de carrière, Dick Rivers a compilé son «best of» sur un triple CD et a repris la route des concerts pour une tournée “rock’n’roll à donf'”. Elle passera par le théâtre  Lino Ventura  à Nice samedi  15 décembre. L’occasion de jeter avec  un coup d’œil dans le rétro avec le rocker qui n’a jamais oublié ses origines niçoises, ni caché son attachement à la Côte d’Azur…

En 1961, vous avez 15 ans, vous habitez Nice et vous devenez une idole du rock. Comment cela se pouvait-il ?
Mon premier 45 tours est sorti le jour de mon 15e anniversaire, le 24 avril 1961. Je suis passé directement du vélo à la Cadillac! (rires). Il fallait un certain culot pour se pointer, mais le public n’attendait que ça.

Vos premières chansons sont des reprises de rocks américains. Comment connaissiez-vous cette musique qui ne passait nulle part à l’époque?
La marine américaine était encore stationnée à Villefranche et les matelots amenaient tout de chez eux: leur bouffe, leur musique, leur civilisation. Pendant leurs permissions, certains jouaient au Vieux Colombier à Juan les Pins dans un groupe qui s’appelait Rocky Roberts & the Airdales. Ils avaient beaucoup d ‘avance, musicalement. Le mec le plus rock à l’époque en France c’était Gilbert Bécaud…

On est étonné de la qualité du son et de la musique sur vos premiers 45 tours. Ça sonnait presque aussi bien que les originaux…
En France, on ne connaissait rien au rock mais on avait de très bons studios d’enregistrement. Comme on était passionnés, on copiait nos maîtres avec tout notre cœur. J’ai appris l’anglais avec les marins américains et mes copains, qui allaient devenir les Chats Sauvages, ont appris à jouer en écoutant les disques et RTL la nuit. Il fallait avoir de l’oreille, mais c’est ça l’amour de la musique.

Entre Johnny, Eddy et vous, ce devait être la course pour dénicher la meilleure reprise avant les autres ?
Oui, mais c’était surtout le boulot des directeurs artistiques. Il y avait un grand décalage entre la sortie aux USA et l’arrivée en France, ça laissait du temps pour faire l’adaptation. La chance qu’on avait, c’est que ceux qui achetaient nos disques ne connaissaient pas les originaux. Et ça a duré jusqu’aux années 70! Quand John Denver a joué la première fois à l’Olympia, tout le monde a cru qu’il reprenait ma chanson («Faire un pont») en anglais!

On ne se souvenait pas de vos reprises des Beatles et des Kinks. Les rockeurs américains n’étaient donc pas vos seuls modèles?
Ils avaient de bonnes chansons, alors on les reprenait, mais je n’avais pas pour eux la même dévotion que pour Elvis. Aujourd’hui,  ils font partie de mes groupes préférés, mais à l’époque c’étaient juste des p’tits mecs comme nous. J’étais plus impressionné par leur son que par leur personnalité.

Il y a aussi cette version étonnante de «C’est extra» de Léo Ferré…
J’avais enregistré cette version pour l’anniversaire de sa mort et elle était restée inédite. Je trouve ça bien de l’avoir mis là. Mon truc c’est le rock, mais j’ai toujours respecté les autres chanteurs. En plus il était de Monaco et moi de Nice, ça nous rapprochait…

On s’aperçoit en regardant les dates de vos succès que vous avez traversé les décennies quasiment sans éclipse…
Oui, j’ai eu la chance d’avoir 3 ou 4 succès par décennie. Ça m’a permis de rester toujours présent. J’ai même fait une double carrière au Canada où d’autres chansons ont mieux marché qu’ici. Au bout du compte, je suis plutôt fier du parcours. Il n’y a pas trop de trucs honteux (rires)

Et vous continuez à chercher LA bonne chanson?
Oui toujours: c’est mon Graal. Je n’ai jamais écrit une chanson de ma vie, je ne suis qu’un vulgaire interprète, un éternel débutant…

By |décembre 7th, 2018|Categories: ça vient de sortir|0 Comments

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