Tombée le même jour que le reconfinement local de la zone littorale des Alpes Maritimes, l‘annonce de la séparation de Daft Punk (par une simple vidéo postée sur les réseaux sociaux ) est une mauvaise nouvelle de plus à mettre à l’actif de ce début d’année 2021. Titulaire de pas moins de sept Grammy Awards, Daft Punk, duo Versaillais composé de Thomas Bangalter et Guy Manuel Homen Christo, était le seul groupe français à pouvoir rivaliser avec les megastars planétaires. Depuis ses débuts en 1993, son succès était tel à l’étranger qu’il s’est rarement produit en province. D’où la valeur du document exhumé par le Niçois Fabrice Albin qui, en 1995, avait organisé une soirée techno avec Jeff Mills et Manu le Malin en têtes d’affiche et un duo encore inconnu en support : Daft Punk. Devenue légendaire, la soirée Prophecy devait initialement avoir lieu le 5 août 1995 à La Palestre, mais la nouvelle maire du Cannet, Michèle Tabarot, l’avait finalement interdite. En dernière minute, le concert fut déplacé dans un hangar de la zone industrielle de Carros, où plusieurs centaines de fans de techno purent découvrir, en avant première, un rough mix de « Da Funk« , le titre qui un an et demi plus tard allait devenir le premier hit mondial de Daft Punk et lancer sa carrière. C’est ce que l’on voit sur la vidéo filmée en VHS que Fabrice Albin a fini par mettre en ligne. Thomas Bangalter et Guy Man mixent à visage découvert devant un parterre en fusion. Un document désormais historique : la naissance d’une légende!
Daft Punk
Zone industrielle de Carros
Le 5 août 1995
1984 forever
Événement|
Par Ph.D
Six ans jour pour jour après sa création à Anthea Antibes, le 13 mars 2020 ( la veille du premier confinement Covid !), le Collectif 8 a donné la dernière représentation de 1984 au théâtre Francis Gag de Nice. C’est peu dire qu’en 6 ans la pièce n’a rien perdu de son actualité. Entre temps, les réseaux sociaux ont fini d’assoir leur domination sur les esprits, deux guerres majeures se sont déclenchées et la post-vérité s’est généralisée dans l’ex-première démocratie du monde, dont le slogan favori (La Paix par la Force) ressemble à s’y méprendre à celui de Big Brother: La Guerre c’est la paix. Une fureur épique s’est emparée du monde, donnant corps à la vision prophétique de George Orwell et à celle de Gaële Boghossian, planchant 6 ans plus tôt sur une nouvelle adaptation du roman au théâtre. La pièce se concentre sur l’interrogatoire et la rééducation de Winston Smith (Paulo Correia), trahi par son amour pour Julia (Judith Rutkowski). Suspendu au dessus du sol par des câbles électriques, Winston subit un lavage de cerveau en règle, au centre d’un dispositif d’écrans qui recréent le monde rétro futuriste du roman (Big Brother y ressemble beaucoup à Joseph Staline) et permettent de reconstituer en images ses aveux circonstanciés. Un mélange de théâtre, de cinéma et de pantomime que le Collectif 8 porte à des sommets avec cette pièce. Mais plus encore que la forme, très contemporaine, c’est le fond qui impressionne, tant l’adaptation du roman est pertinente. La pensée visionnaire d’Orwell et l’univers totalitaire du roman sont parfaitement restitués. La pièce est une totale réussite.






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