L’aventure Press Gang Metropol prématurément terminée, le Niçois Sébastien Bernard qui y officiait comme chanteur revient avec un projet solo conçu pendant le premier confinement : « Quand notre bassiste s’est tiré pour reformer son ancien groupe et qu’on est passé en confinement1, ma copine m’a convaincu que c’était une opportunité. Je me suis enfermé avec mon matos et j’ai tout fait tout seul de A à Z. J’ai bossé comme un fou, mais ça valait la peine« . Effectivement. Les 6 titres du EP sonnent le feu, ambiance « Dark Synth Wave ». Les influences DM (Depeche Mode pour les non intimes) sont toujours présentes dans le chant, mais les compos sont plus torturées, avec des accents à la Nine Inch Nail/Dead Can Dance. « Quand tu te retrouves sur un projet solo, c’est forcément plus introspectif, voire thérapeutique » plaisante (à moitié) Sébastien, qui espère pouvoir porter le projet en live rapidement avec un trio de musiciens. C’est tout le mal qu’on se souhaite. En attendant le clip de « Pharos« , le premier single , fait l’affaire. Longue vie à Halo’s Eve !
Halo's Eve
Pitch Black Heaven
Date de sortie
18 juin 2021
(6 titres Anesthetize)
Lemaitre : Belles promesses
ça vient de sortir|
Par MAB
« À Victor Hugo et à Alexandre Dumas. Affectueusement. » En voilà une dédicace ! N’est-ce pas un peu présomptueux ? D’autant que l’on entend parfois : « Encore Pierre Lemaitre ! Encore un tome sur ses fameuses Années glorieuses ! » La réponse est claire : Lemaitre nous embarque toujours. Il tient ses promesses de grand récit romanesque et, à quelques longueurs près — on se passerait du chat Joseph — conclut magistralement sa tétralogie. Rappel rapide : Les belles promesses est le dernier tome de sa grande saga historique autour de la famille Pelletier. Il poursuit une chronique des Trente Glorieuses entamée avec Le Grand Monde en 2022, poursuivie avec Le Silence et la Colère en 2023, puis Un avenir radieux début 2025. Nous sommes, cette fois, en 1963 et 1964. La France est en pleine transformation économique et sociale. Paris change. Les grands chantiers, comme la construction du périphérique, bouleversent les vies, et le monde rural est, lui aussi, en crise face à l’agriculture intensive et à l’exode vers les villes. Dans la famille Pelletier, les premières pages ouvrent avec brio sur Jean, héros malgré lui, lorsqu’ il sauve impulsivement, un bébé d’un immeuble en flammes. Geneviève, son avide et ignoble épouse, le met aussitôt en lumière, convoque la presse et fait décerner à cet homme au passé plus que trouble la Légion d’honneur. Elle espère ainsi récolter des bénéfices pour leur entreprise. Mais il y a François, le frère journaliste, qui ne peut s’empêcher d’enquêter sur son étrange aîné…Il est inutile d’encourager à lire Pierre Lemaitre. Son succès est assuré. Peut-être aurait-on dû ici faire découvrir des talents ignorés ; ils sont à profusion. Mais l’on n’a pas pu se soustraire à écrire combien il sait mêler drame intime et faits historiques. Famille et pays. Bien et mal. C’est binaire, manichéen, facile… tout ce que l’on voudra. Mais si l’analyse psychologique est sommaire, le travail de documentation est bien là, instructif. Le souffle narratif également, vue la densité des faits et le rythme pour les relater. En fait, Pierre Lemaitre est un écrivain populaire, plutôt engagé et divertissant. Il fait lire. Pas étonnant que Hugo et Dumas soient ses maîtres.






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