Interview : Maria de Medeiros

//Interview : Maria de Medeiros

Interview : Maria de Medeiros

Par Ph.D

MC Solaar

A jamais assimilée à la douce fiancée de Bruce Willis dans Pulp Fiction,  Maria de Medeiros multiplie pourtant les rôles au cinéma et au théâtre et ne craint pas de passer derrière la caméra quand un sujet lui tient à coeur. C’était le cas de  Pour nos enfants,  une pièce de Laura Castro, qu’elle a elle même jouée au Brésil. Le film qu’elle en a tiré raconte les retrouvailles conflictuelles d’une mère et sa  fille :  l’une ayant connu la dictature et la torture, l’autre essayant d’avoir un enfant avec une autre femme par procreation artificielle…  Un mélo Almodovarien, dont la trame et les thématiques (rapports mère-fille, homosexualité féminine, mémoire de la dictature…) rappellent fortement celles de Madres Paralelas, dernier opus en date du maître madrilène.  De passage à Nice pour l’avant première, la réalisatrice nous en a parlé… 

Saviez-vous que Pedro Almodovar travaillait sur les mêmes thèmes que vous ?

Pas du tout, et heureusement ! Je n’ai pas encore vu son nouveau film mais on m’en parle beaucoup, effectivement. La pièce de Laura Castro était une comédie Almodovarienne assez solaire. Il me semble que le film est plus sombre.  Pendant les 5 ans qu’a pris le processus d’écriture et de production, le Brésil a vu l’élection d’un nouveau leader populiste, Bolsanaro, dont la politique et les discours renvoient aux années noires de ce pays. J’avais encore plus à coeur de traiter la question de la dictature et des disparus…

Vous avez toujours voulu réaliser ? 

C’est venu trés vite. J’ai commencé à faire l’actrice par hasard, parce qu’on m’a proposé un rôle que je ne pouvais pas refuser dans le film d’un grand réalisateur brésilien (Silvestre de Joao César Monteiro NDLR). J’avais 15 ans et je me destinais aux Beaux Arts. J’ai découvert sur le tournage les deux côtés du cinéma : le plaisir de jouer et la machinerie qu’il y a autour. Réaliser me permet de renouer avec ma vocation première pour la peinture : le cadre, le mouvement la couleur… J’ai réalisé mon premier film vers 19-20 ans et je recommence dès que l’occasion se présente. Le problème c’est qu’on me propose pas mal de rôles au théatre et au cinéma,  et j’ai tendance à faire passer mes projets perso après…  Mais là, je me suis remis tout de suite à l’écriture d’ un nouveau film qui aura pour cadre la révolution cubaine. En attendant qu’il soit produit,  je continue à jouer au théâtre Les Parents terribles, la pièce qu’on a créée à Nice. Une magnifique aventure… 

On continue à vous parler de votre rôle dans Pulp Fiction? 

Oui tout le temps ! Le film a marqué les gens et je suis trés heureuse d’y avoir participé. Travailler avec  Quentin Tarantino ‘a beaucoup appris et la présentation du film à Cannes est un grand souvenir. 

By |février 23rd, 2022|Categories: Cinéma|0 Comments

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