Après quelques semaines de pause et trois jours de répétitions intensives à Nikaia, Etienne Daho a lancé le 11 mai la prolongation de sa première tournée XXL, celle de l’album Tirer la nuit sur les étoiles. Un show digne de Las Vegas, dans lequel Daho joue les crooners pop en costume pailleté, accompagné de ses musiciens habituels et d’un quatuor à corde, dans une scénographie pharaonique signée Mathématic Studio. Le groupe est placé au centre d’un cube de lumières, qui fait office tout à la fois d’écrans, de décors et de light show. Le rendu est époustouflant. Pour cette reprise, soigneusement travaillée, le son était parfait (le meilleur qu’on ait entendu à Nikaia) et la voix du chanteur bien en place. Plus à l’aise qu’à l’accoutumée sur scène, dans ce show qui balaie toute sa carrière en deux heures sur des arrangements electro rock dignes de Depeche Mode, Daho assume son statut d’idole et introduit les chansons par quelques souvenirs, comme ses rencontres avec Jeanne Moreau ou Gainsbourg. Sur Tirer la nuit sur les étoiles, Vanessa Paradis le rejoint sur scène sous la forme d’une projection géante, dans laquelle elle fait une danse des voiles en chantant sa partie. Le spectacle est magnifique, sans doute le plus beau de la carrière d’Etienne Daho. Un parfait dosage de tubes et d’émotion dans un splendide écrin de lumières.
Palais Nikaia
163 Boulevard du Mercantour, Nice
Samedi 11 mai 2024
à 20h30
Tarifs 39-110 €
Tel +33 4 92 29 31 29
Nous l’orchestre
Cinéma|
Par Ph.D
Le pitch
Comment jouer ensemble sans se sentir disparaître dans la masse ? Comment cohabiter si longtemps sans que le groupe explose ? Quel rôle joue vraiment le chef d’orchestre ? Pour la première fois, caméras et micros se faufilent parmi les 120 musiciens de l’Orchestre de Paris, à la Philharmonie, sous la baguette de leur jeune chef prodige, Klaus Mäkelä ou de chefs invités.
Ce qu’on en pense
Après Indes Galantes, dans lequel il filmait une adaptation de Rameau par une troupe de danseurs urbains pour l’Opéra de Paris, Philippe Béziat a disséminé ses caméras et ses micros (une centaine!) au milieu des musiciens de l’orchestre de la Philharmonie de Paris. Nous l’orchestre n’est pourtant ni un reportage, ni une galerie de portraits de musiciens, ni un documentaire sur des répétitions d’orchestre: c’est une véritable expérience de cinéma. Le spectateur est immergé au sein de l’orchestre. Il voit ce que voient les musiciens et, surtout, il entend ce qu’ils entendent. Lorsqu’une bassoniste raconte qu’elle doit regarder les doigts des violoncellistes pour rester à l’unisson car son instrument fait trop de bruit pour les entendre, le spectateur en est le témoin auditif. Lorsque les musiciens parlent face caméra, leurs propos sont le plus souvent retranscrit sur des cartons comme dans un film muet pour ne pas interrompre le flot de musique (Bartok, Chostakovitch, Stravinsky, Ravel… Que des tubes !). Par contre, on les entend lorsqu’ils échangent entre eux en tournant les pages de leurs partitions. Comme lorsqu’un d’entr’eux note « Il n’est pas venu pour faire de la figuration » en découvrant épaté comment le jeune chef Klaus Mäkelä s’investit corps et âme dans la conduite de l’orchestre. On voit aussi le regard admiratif d’un vieux routiers de la formation devant la conduite minimaliste d’Herbert Blomstedt (« 97 ans et il a tout dans la tête!« ). Et nul besoin d’être mélomane pour apprécier cette extraordinaire plongée dans le moteur d’un orchestre de 120 musiciens qui, au moindre coup de baguette, décolle et vire comme un Alpha Jet. A la fin du film, on ne peut s’empêcher d’applaudir la performance. Bravissimo !





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