Par Ph.D
La situation s’envenime: vexé par les badges #ZapperBolloré arborés par les festivaliers et par les huées qui accueillent désormais le logo de sas chaine à chaque projection, le patron de Canal + menace de blacklister les signataires de la fameuse pétition anti Bolloré. Et ça fait du monde ! Les projections se poursuivent néanmoins, (presque) comme si de rien n’était. On a vu Gentle Monster de l’Autrichienne Marie Kreuzer. Lea Seydoux y joue la jeune mère d’un petit garçon dont le père cinéaste est accusé de pédopornographie. Enfer et damnation ! Que faire dans pareille situation? C’est le sujet du film dont la réalisation rappelle le temps où les films de Mickael Haneke égayaient le festival. Pianiste comme maman (Catherine Deneuve) et chanteuse de pop déconstruite, Lea Seydoux pousse la chansonnette. Cela ne suffit pas à rendre le film mémorable. On a, de loin, préféré Garance, le nouveau film de Jeanne Herry (Pupilles, Je verrai toujours vos visages) , dans lequel Adèle Exarchopoulos joue une jeune comédienne fétarde dont la carrière et la vie sont menacées par un alcoolisme mondain mais destructeur. Sans pathos, ni prêchi prêcha, un Vie d’Adèle 2 emballant qui pourrait valoir un prix d’interprétation partagé entre Adèle et sa partenaire Sara Giraudeau. Après cela, les amateurs de poursuites et d’effets spéciaux ont pu se régaler avec Hope du Coréen Na Hong-jin (The Murderer, The Chaser...) : l’histoire d’un village de bord de mer ravagé par des monstres extraterrestres. La première heure de poursuite et de destructions dans les ruelles du village est un prodige de mise en scène. Le reste (1h40 de poursuite en forêt) est plus dispensable et relevait plutôt d’une séance de minuit que de la compétition. On se demande aussi ce que Michael Fassbender et Alicia Vikander, crédités au générique comme extraterrestres mais impossibles à reconnaître, sont venus faire là? On le saura peut-être dans la suite qui est, paraît-il, programmée.





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