Cannes 2026: Part 2

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Cannes 2026: Part 2

Par Ph.D

Cette année, la punition n’a pas tardé à arriver. A l’aube du 4e jour, sous la forme d’un drame franco-japonais de 3h15 au titre amusant : Soudain. Il n’y a, évidemment, rien de soudain dans le nouveau film du Japonais Hamaguchi Ryusuke (Drive) , tourné en France dans un Ehpad dont la directrice incarnée (à peine) par Virginie Efira essaie d’inculquer les principes d’ humanitude à son personnel et à ses pensionnaires. Si l’on a bien compris, la chose consiste à regarder la personne « humanitudée » dans le blanc des yeux en souriant comme un ravi de la crèche et en parlant d’une voix douce. On peut aussi lui chanter A la claire fontaine. Cela fait, parait-il, des miracles auprès des malades d’Alzheimer. Sur son temps libre, la directrice, prénommée Marie Lou, recueille des autistes fugueurs. Elle fait, grâce à cela,  la rencontre d’une metteuse en scène japonaise cancéreuse au stade 4. Par chance, Marie Lou parle couramment le japonais,  ayant, apprend-t-on,  passé son diplôme d’anthropologie au Japon avant de s’orienter vers le milieu hospitalier après avoir aidé sa mère à y mourir dans d’atroces souffrances… Ensemble, les deux futures amoureuses (car le cahier des charges des films précisait cette année l’obligation d’ y inclure des couples lesbiens) dissertent des nuits entières de l’influence du capitalisme sur la dénatalité. On assiste aussi (deux fois) à une pièce de théâtre en japonais. Autant dire qu’on est sorti de la séance de presse avec une pensée émue pour le public cannois qui a posé un jour de congés, bravé la foule et monté les marches sur son 31 pour subir cette purge.

Après cela, les Histoires parallèles d’Asghar Farhadi sont passées comme une lettre à la poste. Virginie Efira  (encore!)  y joue une jeune femme épiée par ses voisins (Isabelle Huppert et Adam Bessa). Un mélo paranoïaque alambiqué,  inspiré d’Hitchcock et de Kieslowski, qu’on a plutôt bien aimé en dépit de quelques longueurs. Avec L’Etre aimé, Rodrigo Sorogoyen fait une belle entrée en compétition officielle. On dirait une suite de Valeur Sentimentale, le beau film de Joachim Trier dans lequel un père cinéaste longtemps absent revenait proposer à sa fille actrice le premier rôle de son prochain film. On assiste ici au tournage du film. Qui évidemment se passe mal, vu le contentieux entre les deux… Javier Bardem et Victoria Luengo feront de bons candidats au prix d’interprétation et Sorogoyen à celui de la mise en scène. Pour son retour à Cannes, James Gray n’a pas déçu avec son Paper Tiger. Revenant, 30 ans après, sur les terres de Little Odessa, son histoire de fratrie confrontée à la mafia Russe nous a consolé de tous les pensums auteuristes avalés jusque-là. Adam Driver y trouve un de ses meilleurs rôles et Scarlett Johansson, presque méconnaissable en mère juive à lunettes, est géniale. Enfin du frisson et de l’émotion!

 

By |mai 18th, 2026|Categories: Cinéma|0 Comments

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