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Cannes 2024: Le programme

Cinéma|

Par Philippe Dupuy

Malgré la présence bienvenue de nouveaux venus Chinois, Indiens, Arabes et Africains, Hollywood et le cinéma français devraient se tailler la part du lion, cette année encore, à Cannes. La sélection officielle, dévoilée le 11 avril par Thierry Frémaux, leur fait la part belle. Cinq films français seront en compétition, dont ceux trés attendus de Jacques Audiard (Emilia Perez avec Zoe Saldana et Selena Gomez) ), Christophe Honoré (Marcello Mio avec Catherine Deneuve et Chiara Mastroianni) et Gilles Lellouche (L’Amour ouf avec Adèle Exarchopoulos et François Civil). Coralie Fargeat, qui a tourné sur la Côte d’Azur une partie de The Substance, un film gore avec Demi Moore,  aura également les honneurs de la compétition. On lui souhaite le même succès que Julia Ducournau avec Titane.  Hors compétition, Quentin Dupieux fera l’ouverture du festival avec Le Deuxième acte qui réunit Lea Seydoux, Vincent Lindon, Louis Garrel et Raphael Quenard. Six autres productions françaises trustent la section Cannes Première dont les nouveaux films de Leos Carax, des frères Larrieu et d’Alain Guiraudie.  Claire Simon (Apprendre) et Daniel Auteuil (Le Fil) seront en séances spéciales et Noemie Merlant (Les Femmes au balcon) en  séance de minuit. Excusez du peu !

La France sera également bien représentée dans la compétition immersive, une nouvelle section incluant des installations de réalité virtuelle collectives, des expériences de réalité mixte, ainsi que des œuvres de vidéo mapping et holographiques… Côté Hollywood, l’évènement est constitué par le retour en compétition de Francis Ford Coppola qui présentera son Megalopolis,  50 ans après sa première Palme d’or. Il y sera en concurrence avec David Cronenberg pour The Shrouds. Kevin Costner (Horizon 1) et George Miller (Furiosa) présenteront leurs films hors compétition. Nicolas Cage sera à l’affiche de The Surfer en séance de minuit et Richard Gere en compétition avec Oh Canada de Paul Schrader. Meryll Streep et  George Lucas recevront, pour leur part, une Palme d’or d’honneur.  Le jury, composé de la scénariste et photographe turque Ebru Ceylan, de l’actrice américaine Lily Gladstone, de l’actrice française Eva Green, de la réalisatrice et scénariste libanaise Nadine Labaki, du réalisateur, producteur et scénariste espagnol Juan Antonio Bayona, de l’acteur italien Pierfrancesco Favino, du réalisateur japonais Kore-eda Hirokazu et de l’acteur et producteur français Omar Sy, sera présidé par  Greta Gerwig (Frances HaBarbie) et siégera sur la Croisette du 14 au 25 mai pour décerner son palmarès. Xavier Dolan présidera le jury du Certain Regard et c’est Camille Cottin qui animera les soirées d’ouverture et de cloture retransmises en direct sur France 2.

 

Le Deuxième acte

Cinéma|

Par Ph.D

Le Pitch

Florence (Léa Seydoux) veut présenter David (Louis Garrel), l’homme dont elle est follement amoureuse, à son père Guillaume (Vincent Lindon). Mais David n’est pas attiré par Florence et souhaite s’en débarrasser en la jetant dans les bras de son ami Willy (Raphaël Quenard). Les quatre personnages se retrouvent dans un restaurant au milieu de nulle part

Ce qu’on en pense 

Les festivaliers cannois,  auxquels le film était présenté en ouverture de leur 77e raoût annuel,  n’ auront, pour une fois, pas eu à trop poireauter pour se rendre à la fête d’après projection : fidèle à sa bonne habitude Quentin Dupieux a plié l’affaire en 1h20 chrono. L’intrigue de départ, déjà bien ténue, n’est, il est vrai, prétexte qu’à réunir un carré d’as d’acteurs et d’actrices (Léa Seydoux, Vincent Lindon, Raphael Quenard et Louis Garrel) pour une comédie meta sur le cinéma dans laquelle ils sortent de leur personnage pour redevenir acteurs d’un film écrit et dirigé par une Intelligence Artificielle. Comme il l’avait fait pour la pièce de théâtre dans Yannick, son film précédent, Dupieux dynamite sa propre mise en scène en autorisant ses acteurs à briser le 4e mur dans des scènes drôles et/ou gênantes. #MeToo, les dangers de l’IA, la mort des salles, la cancel culture, l’ego surdimensionné  des acteurs… Tout passe à la moulinette surréaliste du réalisateur, dans un Deuxième acte fort et hilarant, qui a mis Cannes 2024 sur les rails.

La Morsure

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

1967, pendant le Mardi gras. Françoise (Léonie Dahan-Lamort), pensionnaire d’un lycée catholique, fait un cauchemar où elle se voit brulée vive. Persuadée qu’il ne lui reste qu’une seule nuit avant sa mort, elle fait le mur avec son amie Delphine (Lilith Grasmug) pour vivre cette nuit comme si c’était la dernière.

Ce qu’on en pense

Pressentie pour le rôle principal de ce premier film en forme de teen movie fantastico-romantico-gothico-roccoco, Lily-Rose Depp s’est défilée. Elle a eu le nez creux ! 1h27 (ressenties au moins le double) d’images clipesques pour conter la fugue d’un duo d’écolières en rupture de pensionnat qui hésitent entre pendule et coucheries. Le spectateur, lui, hésite entre la sieste et la sortie. Mais si Mylène Farmer cherche un réalisateur pour son prochain clip, elle peut toujours appeler Romain de Saint Blanquat.

Les Trois fantastiques 

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Max, Vivian et Tom, 13 ans, sont inséparables. Ce début d’été est plein de bouleversements : la dernière usine de leur petite ville des Ardennes ferme tandis que Seb (Raphaël Quenard), le grand frère de Max, sort de prison. Ses combines vont peu à peu entraîner les trois adolescents dans une chute qui paraît inéluctable…

Ce qu’on en pense

Raphaël Quenard  et Emmanuelle Bercot ne font que jouer les utilités dans ce premier film signé Michaël Dichter qui réserve ses premiers rôles à un trio de jeunes acteurs inconnus et à la petite ville où vivent les protagonistes pour un  Sweet Sixteen à la française qui n’a, hélas, pas trop les moyens de ses ambitions.  Les jeunes acteurs ne sont pas toujours bien dirigés et la mise en scène manque de maitrise. Plus fantasque que fantastique.

Roqya

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Nour (Golshifteh Farahani) vit de contrebande d’animaux exotiques pour des guérisseurs. Lorsqu’une consultation dérape, elle est accusée de sorcellerie. Pourchassée par les habitants du quartier et séparée de son fils, elle se lance alors dans une course effrénée pour le sauver. La traque commence…

Ce qu’on en pense

A mi-chemin entre le drame social teinté de surnaturel et le thriller, le premier film de Saïd Bektibia met en scène Golshifteh Farahani dans le rôle d’une mère intrépide, prête à tout pour son enfant, alors qu’elle est victime d’une véritable « chasse aux sorcières ». Adepte des sciences occultes,  Nour est  la cible d’une persécution  attisée par les réseaux sociaux.  Dans le rôle de son ancien compagnon, l‘humoriste  Jérémy Ferrari fait des débuts étonnants au cinéma.

 

The Palace

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Dans un grand hôtel, le soir du 31 décembre 1999, à l’aube du nouveau millénaire, le destin croisé de plusieurs clients et du personnel de cet établissement situé dans les Alpes suisses…

Ce qu’on en pense

Présenté à Venise le nouveau film de Roman Polanski aura épargné à Thierry Fremaux la peine de le refuser à Cannes. Il aurait pourtant eu de bonnes raisons de le faire, en dehors du fait que Polanski, toujours empétré dans des accusations d’abus sexuels, soit désormais persona non grata dans les grands raouts du cinéma français. Tourné à Gstaad, où le réalisateur nonagénaire  vit désormais à l’année quasi reclus, The Palace est une comédie gériatrique, servie tiède par un casting de vieux acteurs qui ne craignent pas la polémique, ni le cabotinage (Michey Rourke, John Cleese, la fidèle Fanny Ardant... ). L’élégance de la réalisation tranche avec la trivialité des gags et l’indigence du scénario (pourtant co-signé par Jerzy Skolimowski). On n’aura aucune peine à oublier le 24e film de Roman Polanski. C’est, sans doute,  le meilleur service à lui rendre.

Blaga’s Lessons

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Blaga (Eli Skorcheva), enseignante à la retraite, est victime d’une arnaque téléphonique. Afin de récupérer la somme, Blaga commence à travailler pour ceux qui l’ont escroquée. La femme autrefois honnête commence à sacrifier tous ses principes…

Ce qu’on en pense

 A l’Est, rien de nouveau. La vie est toujours aussi dure et elle déshumanise les êtres. Telle est la leçon de Blaga, honnête veuve de policier qui arrondit sa retraite d’enseignante en donnant des cours d’alphabétisation à une jeune immigrée Arménienne. Déjà peu aimable et patiente, elle devient franchement irritable après qu’un escroc lui ait soutiré tout son argent au téléphone. En allant déposer plainte, elle apprend que les escrocs recrutent des mules sur petites annonces. Ni une ni deux , elle passe une annonce et se retrouve bientôt à collecter l’argent de l’escroc qui l’a ruinée…  Si c’était un film anglais, ça finirait mal mais on rigolerait. Le réalisateur (Stephan Komandarev) étant Bulgare, il ne faut pas s’attendre à s’esclaffer. Au contraire !  

La Vie selon Ann

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Ann (Joanna Arnow), trentenaire new-yorkaise, expérimente la soumission. Les rencontres avec ses partenaires, ainsi que ses relations professionnelles, familiales et amicales, deviennent alors un savoureux terrain de jeu…

Ce qu’on en pense 

Emule de Noah Baumbach et Greta Gerwig, époque Frances Ha. Joanna Arnow a eu l’an dernier les honneurs de la Quinzaine des cinéastes à Cannes pour ce premier long métrage produit par Sean Baker,  dont le pitch promet plus que ne tient la réalisation. Sur un ton décomplexé, l’actrice-réalisatrice enchaîne les scènes de soumissions tristes en plan fixe, façon performance artistique, sans convaincre sur le fond, ni sur la forme.  La Vie selon Ann s’avère plus ennuyeuse qu’émoustillante. 

Neuilly-Poissy

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Par Ph.D

Le pitch

Magouilleur et beau parleur, naviguant entre son entreprise florissante et sa vie de famille épanouie, Daniel (Max Boublil) est un homme comblé. Mais, à la suite d’une malversation financière, il doit troquer du jour au lendemain son luxueux appartement de Neuilly contre une cellule de 9m2 dans la prison de Poissy. Du costard-cravate au survêt-claquettes, la chute est brutale. Daniel se retrouve perdu dans un environnement dont il ne connait pas les codes. Mais c’est sans compter sur sa tchatche, son humour et son sens inné de la débrouille…

Ce qu’on  en pense

Une « comédie de prison« ? Le genre restait à inventer. Grégory Boutboul s’y emploie pour son premier long métrage et Max Boublil offre son abattage comique à ce personnage de restaurateur qui « oublie » de déclarer ses employés et une grande partie de ses revenus et se retrouve en prison pour fraude. Le contraste entre sa vie d’avant et celle de prisonnier constitue le principal ressort comique du film,  mais son souci de réalisme entraîne le film vers des zones plus sensibles. Tant mieux.

La Planète des singes 4

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Plusieurs générations après le règne de César, les singes ont définitivement pris le pouvoir. Les humains, quant à eux, ont régressé à l’état sauvage et vivent en retrait. Alors qu’un nouveau chef tyrannique construit peu à peu son empire, un jeune singe entreprend un périlleux voyage qui l’amènera à questionner tout ce qu’il sait du passé et à faire des choix qui définiront l’avenir des singes et des humains…

Ce qu’on en pense

Wes Ball (Labyrinthe) prend la succession de Matt Reeves après  deux excellents volets de la Planète des singes. Moins rythmée, la mise en scène prend son temps pour installer  une « nouvelle » intrigue  avec  deux personnages principaux (le singe Noa et l’humaine Mae) qui forment un duo efficace et qu’on aura plaisir à retrouver dans un prochain volet.  Le méchant de service, Proximus Caesar, est également réussi et le film  trouve, avec lui, des résonances politiques très actuelles. Dans son Nouveau Royaume, la franchise PDS ne déçoit pas.

Un homme en fuite 

Cinéma|

Par J.V

Le Pitch

Rochebrune est au bord du chaos. Johnny (Pierre Lottin), leader du mouvement de protestation de la ville, a disparu après avoir braqué un fourgon. Lorsque Paul Ligre (Bastien Bouillon) apprend la nouvelle, il revient dans la ville qui l’a vu grandir pour retrouver son ami d’enfance avant la police. Seulement, l’enquête d’Anna Werner (Léa Drucker) la mène inéluctablement vers le secret qui unit Paul et Johnny…

Ce qu’on en pense

Léa Drucker constitue à peu près la seule bonne raison d’aller voir en salles ce premier long métrage téléfilmesque. Intrigue déjà vue, incohérences scénaristiques, réalisation mollassonne… On s’ennuie ferme et on a très envie de faire comme l’Homme du titre : fuir !

 

Blue & Compagnie

Cinéma|

Par J.V

Le pitch

Marquée par la mort de sa maman, Béa (Cailey Fleming), une adolescente, angoisse à l’idée que son papa (John Krasinski) se retrouve à l’hôpital pour une opération. C’est alors qu’elle croise le chemin de Cal (Ryan Reynolds) et découvre qu’elle a la possibilité de voir les amis imaginaires de tout le monde. Commence alors une aventure magique pour reconnecter enfants et adultes à leurs compagnons oubliés…

Ce qu’on en pense

John KrasinskiSans un bruit)  est à la manoeuvre pour ce mix de  Toy Story, Monstres et compagnie et  Qui veut la peau de Roger Rabbit ?  avec  la découverte des derniers Star Wars Cailey Fleming,  l’incontournable Ryan Reynolds et une floppée de personnages animés. Une réussite,  tant sur le plan de l’animation que sur le fond, qui aborde sans détour la maladie, la solitude et le deuil sans jamais verser dans la pathos. L’équilibre entre fond, forme, humour et émotion permettra de voir le film en famille sans que personne ne s’ennuie.

L’Esprit Coubertin

Cinéma|

 

Par J.V

Le pitch

Après dix jours de compétition, les Jeux Olympiques sont un fiasco pour la délégation française qui ne parvient pas à gagner de médaille d’or. Tous les espoirs de titre reposent désormais sur Paul (Benjamin Voisin), champion du monde de tir, mais athlète immature et pas très malin. Alors que la compétition approche, il est contraint de partager sa chambre avec Jacob (Rivaldo Pawawi), un nageur qui semble plus préoccupé par les tentations extras sportives du village que par sa course…

Ce qu’on en pense

Quel timing ! Le premier film sur les JO de Paris arrive sur les écrans, le jour même où la flamme olympique débarque à Marseille. Avec L’Esprit Coubertin, Jérémie Sein signe une comédie au mauvais esprit salutaire,  qui n’hésite pas à désacraliser l’évènement en pointant les enjeux politico financiers et les coucheries entre athlètes,  avec le rappel des fameux 200 000 préservatifs distribués au village olympique… Le film est également l’occasion d’apprécier les talents comiques de Benjamin Voisin associé à une Emmanuelle Bercot, très drôle en coach sportive. Avec des dialogues qui claquent et un rythme de sprinter (1h18 chrono) , ce premier film mérite une médaille.

Comme un lundi

Cinéma|

Par  J.V

Le pitch

Votre boss vous harcèle ? Vos collègues vous épuisent ? Vous ne voulez plus retourner au bureau ? Vous n’imaginez pas ce que traversent Yoshikawa (Wan Marui) et ses collègues ! Car, en plus des galères, ils sont piégés dans une boucle temporelle… qui recommence chaque lundi ! Entre deux rendez-vous clients, réussiront-ils à trouver la sortie ?

Ce qu’on en pense 

Un jour sans fin… au bureau ! Le concept de boucle temporelle, inauguré par la fameuse comédie d’Harold Ramis,  continue  d’inspirer les réalisateurs . En bon japonais, Ryo Takebayashia choisit de situer sa réalisation dans l’univers des salary men, ces employés de bureaux dévoués corps et âmes à leur entreprise, qui vont devoir jouer collectif pour s’en sortir. Le film multiplie les références cinématographiques  et ses personnages s’en servent pour  essayer d’appliquer à leur propre situation ce qui avait fonctionné dans les autres films. Dommage que, contrairement au scénario, la réalisation manque de fantaisie et d’imagination. Reste une bonne petite comédie du dimanche soir pour oublier que demain… c’est lundi !

 

 

 

Jeunesse, mon amour

Cinéma|

Par Ph.D

Le pitch

Après plusieurs années, un groupe de jeunes adultes se retrouve. L’époque du lycée est révolue, mais les amis tentent d’en raviver l’esprit et les liens. Lors de cet après-midi hors du temps, où les souvenirs et non-dits refont surface, chacun prend conscience de ce qui a changé…

Ce qu’on  en pense

Le pitch ressemble à une chanson de Patrick Bruel (spoiler : le film aussi!). Ce n’est pas Place des grands hommes que les protagonistes se sont donnés « rendez vous dans dix ans« ,  mais dans la maison de campagne des parents de l’un d’eux, où ils avaient, apprend-t-on, l’habitude de se retrouver pour les week ends et les vacances. La maison est à vendre , ce sera donc leur dernier séjour ensemble. C’est aussi bien,  parce qu’ils n’ont plus grand-chose à se dire (spoiler : le film non plus). Heureusement, ils perdent le chien dans la forêt voisine. Sa recherche occupe la deuxième partie du film. Le retrouveront-ils? Le suspens est à son comble.