Séries

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Vrais voisins, faux amis

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Par Phil Inout

Le pitch
Après avoir perdu son job à six zéros dans la finance, Andrew « Coop » Cooper (Jon Hamm), encore affecté par son récent divorce, décide de cambrioler les maisons de ses voisins du très chic village de Westmont. Les secrets et liaisons cachées qu’il va découvrir derrière ces riches façades pourraient être plus sérieux qu’il ne l’avait imaginé…

Ce qu’on en pense 

Bienvenue chez les rupins de la côte Est des Etats-Unis.  Pour éviter de déchoir et continuer à payer ses deux maisons, sa Maseratti, la pension alimentaire astronomique de sa femme,  l’éducation de sa fille adolescente et les soins de sa soeur schizophrène, le héros incarné par le Mad Man Jon Hamm  va se lancer dans une carrière de cambrioleur chez ses voisins friqués. Mais il le fait avec une telle désinvolture que ça va forcément mal tourner (la première scène du premier épisode le voit se réveiller auprès d’un cadavre dans une maison inconnue). Une série Apple (c’est à dire friquée) agréable à regarder, dans la lignée  des Big Little Lies et autres White Lotus,  mais dont l’intrigue devra s’étoffer si elle veut durer.

Privilèges

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Par Phil Inout

Le pitch
Dans les coulisses d’un palace parisien, le Citadel, Adèle (Manon Bresch), une jeune détenue décroche un poste de bagagiste grâce au programme de réinsertion mis en place par le tout-puissant directeur de l’hôtel, Édouard Galzain (Melvil Poupaud). Un pacte tacite se noue entre eux, propulsant la jeune femme dans un jeu de pouvoir souterrain où employés ambitieux, clients influents et réseaux extérieurs cherchent chacun à prendre l’ascendant. Peu à peu, elle transforme sa survie en ascension et s’impose comme une force imprévisible et essentielle, prête à saisir, ou à arracher, la place qu’elle estime mériter.

Ce qu’on en pense 

« Un Prophète au Palace » : c’est un peu la proposition de cette première série française pour la plateforme HBO Max, dans laquelle Melvil Poupaud tient le rôle d’un directeur de palace assez louche et Manon Bresch (Mortel, Baron Noir) celui d’une jeune détenue en réinsertion qu’il utilise pour ses basses oeuvres. Une révélation ! Remarquables également,  Sandor Funtek (le fils spirituel de Reda Kateb) et Nina Zem en jeune concierge futée. On valide aussi la BO percussive et la réalisation, façon polar indé américain,  avec une image crade qui contraste avec le luxe glacé des intérieurs de palace.  Seul bémol, le côté un peu répétitif des « missions impossibles » confiées à l’héroïne…

Chernobyl

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Par MAB

Série la mieux notée de tous les temps devant Game of Thrones, Chernobyl retrace minutieusement la mécanique qui conduisit le 26 avril 1986 à la pire catastrophe causée par l’homme dans l’histoire de l’humanité (avant Fukushima en 2011). L’explosion à la centrale nucléaire Lénine en ex Union-Soviétique du réacteur n°4. Tout est dévoilé – ou rappelé pour ceux qui s’en souviennent – de l’ampleur du désastre. D’abord, la chaîne d’aveuglements et d’incompétences qui menèrent à la tragédie. Puis le déni par peur de l’Etat ou souci de promotion. Avant l’évidence des irradiations. Les premiers morts des jours suivants. Les agonies terribles des semaines à suivre. L’expulsion des lieux.  L’urgence des solutions à trouver. Les cancers dans les années qui suivront… Et dans cette horreur inconcevable, le portrait de trois êtres humains: un vice premier ministre et deux scientifiques qui tentent de se faire entendre et de limiter les dégâts. Très documenté. Sobre et précis, Chernobyl est effrayant et captivant. Nous ne sommes pas dans une dystopie. C’est le monde que nous avons créé et qui s’est installé dans le mensonge. Depuis,  il s’est effondré. Le bloc soviétique n’est plus. Nous avons appris à envisager le pire. 

Euphoria

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Par Phil Inout

Le pitch

A 17 ans, Rue Bennett (Zendaya), fraîchement sortie de désintox, cherche à donner un sens à son existence. Elle se lie très vite à Jules Vaughn (Hunter Shafer), une fille trans récemment arrivée en ville après le divorce de ses parents. Dans leur sillage gravitent Nate Jacobs (Jacob Elordi), un sportif dont les problèmes de colère masquent des complexes sexuels ; Maddy Perez (Alexa Demie), la petite amie de Nate ; Chris McKay , star de l’équipe de football qui peine à suivre les cours ; Cassie Howard (Sydney Sweaney) , dont le passif sexuel continue de la poursuivre ; Lexi Howard (Maude Apatow), jeune sœur de Cassie et amie d’enfance de Rue ; et Kat Hernandez , en pleine exploration de sa sexualité…

Ce qu’on en pense
Conçu au départ comme un « collège movie » trash, Euphoria a rapidement évolué en série phénomène à base de drogue, de sexe et de violence crue.  Une sorte de Less Than Zero 3.0  qui a fait de Sam Levinson « le Bret Easton Ellis de la série » et de la plupart des acteurs, jusqu’alors inconnus, des stars planétaires. Ainsi naquirent à la célébrité instantanée  Zendaya, Sydney Sweaney, Jacob Elordi  et consorts. Alors que la saison 3 commence enfin à être disponible sur HBO Max (1 épisode par semaine), on retrouve Rue/Zendaya après le lycée cherchant à faire son trou dans la branche qu’elle connaît le mieux, pour l’avoir pratiquée avec assiduité pendant ses années lycée (et les 2 premières saisons de la série): celui de la came et du sexe.  La réalisation est toujours aussi folle, la BO aussi et on retrouve la fine équipe avec un plaisir dépravé.

 

CanneSéries : Saison 9

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Par la rédaction

Programmée du 23 au 28 avril, la saison 9  de CanneSéries s’annonce cette année encore particulièrement attractiveLa compétition des séries longues sera présidée par la réalisatrice espagnole Isabel Coixet,  avec des œuvres venues du monde entier, comme Half Man programmée en ouverture du festival ou California Avenue en clôture.  Hors compétition, plusieurs créations sont aussi très attendues. C’est le cas de Paris Police 1910, fresque française de prestige de l’année. La section des documentaires confirme la volonté du festival de laisser place à des récits engagés. On y verra notamment la série consacrée à Yvan Colonna d’après le livre d’Ariane Chemin  et A woman was killed  sur les féminicides. Côté cérémonies,  l’acteur californien Adam ScottSeverance) recevra l’Icon Award et l’icône mondiale de la K-pop, Ji-soo Kim,  sera distinguée par le Rising Star Award, tandis que Richard Gadd, créateur de Mon petit renne, recevra le Prix de l’engagement. Accessible gratuitement, tout l’ évènement est tourné vers le public avec des dizaines de projections, de rencontres et d’ateliers.

 

Unfamiliar

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Par Phil Inout

Le Pitch

Quand le passé les rattrape, deux anciens espions doivent affronter un défi encore plus redoutable que les courses-poursuites, les fusillades et les bagarres : se dire la vérité… 

Ce qu’on en pense

Sur le modèle de The Americans, un bon thriller d’espionnage allemand à l’intrigue touffue que le spectateur doit reconstituer  « façon puzzle » sur deux temporalités. Les deux acteurs principaux, Felix Kramer et Suzanne Wolff, sont très bons et leurs personnages se révèlent plus complexes qu’on pourrait le croire de prime abord. La réalisation est d’une précision remarquable, avec des scènes de baston qui font vraiment mal aux côtes. On ne s’ennuie pas et le scénario tient la distance. Saison 2 envisageable.

Traqués

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Par Phil Inout

Le Pitch

Franck (Benoît Magimel) et ses amis passent leurs weekends à chasser dans la montagne. Ils se retrouvent un jour face à un groupe de chasseurs qui les prend pour cible sans raisons apparentes. Franck et ses amis répliquent, abattent un des hommes et réussissent à s’échapper. Ils décident de garder l’incident secret. Franck tente de reprendre une vie normale aux côtés de sa femme Krystel (Mélanie Laurent). Mais très vite, le groupe se sent observé, et pire, traqué par des hommes qui semblent prêts à tout pour se venger 

Ce qu’on en pense

Adaptée d’un polar américain (Shoot de Douglas Fairbain), cette série montagnarde réalisée par Cédric Anger (De battre mon coeur s’est arrêtée) vaut surtout pour son ambiance de thriller montagnard et pour son casting, avec Benoît Magimel dans un rôle qui rappelle celui de Robert De Niro dans Voyage au bout de l’enfer. Le scénario n’est pas hyper crédible, mais la réalisation tient la route. On ne regrette pas d’être allé chasser sur AppleTV+

For All Mankind

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Par Phil Inout

Le Pitch

Des années 50 à nos jours, la conquête de l’espace telle qu’elle aurait pu se dérouler si tout s’était passé différemment… 

Ce qu’on en pense

La cinquième saison de For All Mankind vient d’atterrir sur AppleTV+, pile au moment où les USA relancent les vols habités vers la Lune. On mesure le bonheur des amateurs d’uchronies réalistes qui vont peut-être découvrir, à cette occasion,   » la meilleure série la moins connue du monde « . Lancée avec la plateforme de streaming d’Apple en 2019, FAM propose rien de moins qu’une histoire imaginaire (et féministe) de la conquête de l’espace, avec un mélange de personnages réels  (astronautes, politiciens…)  et de caractères de fiction dont les destins se croisent,  de Cap Kennedy aux premières bases lunaires et martiennes. Des dizaines de personnages dont on découvre la vie, les amours, les emmerdes et les exploits,  au fil des épisodes et des saisons, dans une reconstitution d’époque(s) digne d’un Mad Men de l’espace. Formidable !

Lucky Luke

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Par Phil Inout

Le pitch

Lucky Luke (Alban Lenoir), le légendaire cow-boy solitaire, doit aider Louise (Billie Blain), une jeune fille aussi piquante qu’un cactus et plus imprévisible qu’un coyote enragé. Ensemble, ils se lancent dans une quête à travers l’Ouest sauvage pour retrouver la mère de Louise, mystérieusement disparue, tout en déjouant un complot qui pourrait changer le cours de l’Histoire des États-Unis

Ce qu’on en pense

Après Jean Dujardin dans le film (raté) de James Huth, Alban Lenoir coiffe le chapeau blanc de Lucky Luke pour une série courte qui se veut un hommage à la BD. Le résultat est très décevant. La série a l’air tournée à Disneyland Paris, avec les cascadeurs de Frontierland comme acteurs. L’histoire est pompée sur le scénario de True Grit des frères Coen et la réalisation est purement téléfilmesque.  Pauvre cowboy solitaire !

Peaky Blinders: L’Immortel

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Par Phil Inout

Le pitch

En 1940, Hitler envisage de noyer l’Angleterre sous des tonnes de faux billets pour mettre à bas son économie. L’opération conduite par John Beckett (Tim Roth) va se heurter aux ambitions de ce qui reste de la famille Shelby (Peaky Blinders) et forcer le patriarche (Cillian Murphy) à sortir de sa retraite…

Ce qu’on en pense

Quatre ans après la fin officielle de la série qui l’a rendu célèbre, Cillian Murphy rechausse la casquette du Peaky Blinder en chef, Tommy Shelby pour un final opératique signé Tom Harper. Pas tout à fait un film (il faut avoir vu la série pour tout comprendre), mais pas une nouvelle saison non plus, puisque l’action est concentrée sur un épisode d’un peu moins de deux heures. Steven Knight, le créateur de la série,  auquel on doit depuis le génial House of Guinness, a vu les choses en grand pour ce bouquet final avec une production hollywoodienne, un casting de stars (Tim Roth, Rebecca Ferguson, Barry Keoghan, Stephen Graham…) et une BO indy-rock topissime. Le résultat est à la hauteur des espérances des fans les plus exigeants. Souvent comparée à du Scorsese (Gangs of New York), la série se termine comme un film de Francis Ford Coppola (Le Parrain). (Im)mortel !

Quelqu’un devrait interdire…

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Par Phil Inout

Le pitch

Louise (Liv Henneguier) , dont l’ambition est de devenir réalisatrice, intègre une colocation parisienne avec Charlie (Clara Bretheau)  et Nelson (Théo Christine). Ces trois fortes têtes sont unis par leur passion pour les films qui font pleurer, l’art du sushi, et l’amour qu’ils se portent… 

Ce qu’on en pense

Nouvelle pépite d’Arte que cette série cinéphile très « Nouvelle Vague » signée Isabel Coixet On y suit les pérégrinations tragicomiques de trois jeunes colocs parisiens qui élèvent un hérisson et passent leurs dimanches soirs à regarder des films tristes. C’est drôle, charmant, émouvant, trés parisien et il y a Tim Robbins dedans (dans le rôle du metteur en scène américain mentor de Louise).  Si vous n’aimez pas Paris, si vous n’aimez pas la jeunesse, si vous n’aimez pas les hérissons…  Allez (vous faire) voir ailleurs !

De Belfast au Paradis

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Par Phil Inout

Le pitch

Trois amies de Belfast, Saoirse (Roisin Gallagher), Robyn (Sinead Keenan) et Dara (Caiolfhionn Dunne) , mènent des vies très différentes. Bientôt, elles reçoivent un courriel les informant de la mort de Greta, une ancienne camarade de classe dont elles étaient autrefois très proches. Le trio se lance alors dans un voyage à travers l’Irlande afin de comprendre ce qui a pu arriver à Greta.

Ce qu’on en pense

Après le formidable Derry Girls, Lisa McGee récidive avec un nouveau trio d’Irlandaises foldingues qui retournent dans la région où elles ont grandi pour les funérailles d’une copine de lycée avec laquelle elles partageaient un lourd secret. A partir de là, rien évidemment ne se passe comme prévu. Casting parfait, humour noir, réalisation punchy, dialogues cinglants, situations burlesques … Déconseillé par la ligue de tempérance, mais tout ce qu’on aime dans les comédies noires anglaises.

Un Prophète

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Par Phil Inout

Le pitch

Marseille, aujourd’hui. Pris dans l’effondrement d’un immeuble, Malik (Mamadou Sidibé), un jeune Mahorais, réussit à s’en sortir mais est arrêté pour possession de drogue. En prison où la guerre des clans fait rage, il doit vite trouver des alliés. Massoud (Sami Bouadjila), un promoteur immobilier aux activités plus ou moins légales, lui propose sa protection en échange de sa loyauté. Mais Malik se rend vite compte qu’il n’est qu’un pion dans le jeu de Massoud et qu’il devra s’emparer du pouvoir pour survivre… 

Ce qu’on  en pense

Adapté du film éponyme de Jacques Audiard, Un Prophète en respecte l’esprit en transposant l’action à Marseille (dans une prison bien plus moderne que les Baumettes) et en remplaçant le jeune héros,  incarné par Tahar Rahim dans le film, par un immigré Mahorais  (Mamadou Sidibé). L’effrayant parrain Corse que campait le génial Niels Arestrup se transforme en homme d’affaires véreux sous les traits de Sami Bouajila. Pour qui a vu le film (une claque mémorable à sa sortie, saluée de 9 César et du Grand Prix à Cannes),  la série pourra paraître très édulcorée et au final pas trés intéressante, malgré le soin apporté à la réalisation.

L’Affaire Laura Stern

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Par Phil Inout

Le pitch

Laura (Valérie Bonneton), pharmacienne et mère de famille, a fondé une association d’aide aux femmes victimes de violences, Femmes Debout. Un jour, elle assiste, impuissante, au meurtre d’une de ses membres. Profondément traumatisée par ce féminicide et révoltée par l’inaction de la police et de la justice, elle décide de répondre à la violence des hommes par la violence pour protéger celles qui l’entourent…

Ce qu’on  en pense

Valérie Bonneton est la vedette de cette mini série dans l’air du temps,  qui traite avec justesse des violences faites aux femmes et dénonce leur traitement policier et judiciaire. Face à l’inaction des pouvoirs publics, et pour éviter que ses protégées succombent à l’emprise de leur conjoint, l’héroïne décide de les empoisonner mais, frappée par la gravité de ses actes, finit par se livrer à la police. On assiste alors à son procès, également traité de manière assez réaliste. Une bonne série française à voir sur France 2 ou en streaming sur le site de France.tv.  

Ravages

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Par Phil Inout

Le pitch

Sarah Deléan (Caroline Dhavernas) découvre un matin que sa voisine du dessus a été sauvagement assassinée. Jeune avocate, elle décide de mener sa propre enquête et se trouve entraînée, du Québec au Mexique, dans les réseaux tentaculaires d’activités minières dévastatrices…

Ce qu’on  en pense

Un thriller écologie-financier canadien qui commence plutôt bien, avec un duo avocate-flic délicieusement mal assorti,  mais qui s’embourbe à partir du troisième épisode et n’en finit plus. Arte nous a habitués à mieux.