Séries

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Pluribus

Séries|

Par Phil Inout

Le Pitch

Alors qu’un virus d’origine extraterrestre a transformé l’humanité en êtres inoffensifs, aimables et empatiques , Carol (Rhea Seahorn), une écrivaine de romances SF à succès qui a échappé à la contamination,  essaie de fédérer les quelques rescapés pour trouver une manière d’inverser le processus et de revenir à la normale. Mais elle s’y prend avec tellement de maladresse et de colère que même les « humains modifiés » ne peuvent plus la supporter…

Ce qu’on en pense

Créateur de Breakin Bad et Better Call SaulVince Gilligan fait encore très fort avec cette série de SF dystopique qui déjoue tous les codes du genre et pose une étonnante question : l’humanité serait elle plus heureuse sans son libre arbitre ? Persuadée du contraire,  l’héroïne (Rhea Seahorn, géniale),  bloc de colère, de mauvaise foi et de misanthropie, semble être le seul espoir pour la race humaine de retrouver sa liberté … et ses démons. Il va lui falloir pour cela manipuler ses nouveaux congénères, entièrement dévoués à ses caprices (car ils ne veulent que le bien de tous et sont incapables de mentir ou de faire du mal, comme une IA bien élevée), pour qu’ils lui livrent leurs secrets et lui permette d’inverser le processus qui les a transformés en gentils zombies béats de bonheur. Autant dire qu’on va de surprises en surprises ! Sans conteste une des meilleures séries de l’année.  Peut-être même bien la meilleure.

Pax Massilia

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Par Phil Inout

Le pitch

La brigade des stups de Marseille, dirigée par Lyès Benamar (Tewfik Jallab),  un flic aux méthodes controversées, doit faire face à une nouvelle guerre des gangs avec l’arrivée d’un nouveau parrain (Moussa Maaskri) venu d’Espagne et le retour d’un caïd (Nicolas Duvauchelle) qu’on croyait mort en cavale. Alors que la police des polices est déjà sur leur dos et cherche le moindre pétexte pour les faire tomber, « les cramés » comme ils se surnomment,  vont devoir jouer serré pour sauver leur job et leur vie…

Ce qu’on en pense

On y est entré à reculons, de peur de se prendre encore une rafale de clichés policiers et de mauvais accents marseillais « made in Olivier Marchal » (Overdose, Bronx, Carbone…) . Et là : surprise ! L’histoire de double vengeance et de paternité douloureuse tient la route, les acteurs sont bons  et bien dirigés, les personnages existent en dehors de leur pure utilité narrative (à part celui de la blonde canon de service  et celui de la commissaire jouée par Florence Thomassin), les méchants font peur (surtout Moussa Maaskri dans le rôle de l’Indien), Marseille et ses environs sont remarquablement filmés dans une lumière hivernale adéquatement blafarde et la mise en scène assure sans en faire trop. L’histoire n’est pas d’une folle originalité, le traitement ne nous épargne pas quelques scènes de tortures gratuites et les dialogues ne font pas dans la dentelle, mais l’un dans l’autre on a trouvé ça plus digeste que Braquo ou B.R.I. La Saison 2 vient d’arriver sur Netflix. 

Meurtre au pied du volcan

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Par Phil Inout

Le pitch
L’inspecteur Runarsson est envoyé de Reykjavík sur la péninsule de Snaefellsnes pour enquêter sur ce qui apparaît comme le suicide d’un banquier. Pourtant, certains indices sèment le doute. Pour résoudre ce crime, le policier va devoir faire face à de nombreux obstacles dans cette petite communauté.

Ce qu’on en pense 
Une série islandaise qui vaut surtout pour ses décors et ses personnages : un flic nerveux, une adjointe nymphomane, des affairistes impliqués dans de louches trafics, un gang de bikers… L’intrigue brasse un peu trop de pistes pour être crédible et trois épisodes auraient largement suffi à en faire le tour, mais on reste pour l’ambiance nordique, mêle si ça se passe en été et qu’il fait beau tout le temps…

Los Anos Nuevos

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Par Phil Inout

Le pitch
Une décennie dans l’intimité d’un couple au fil des réveillons de la Saint Sylvestre. Ana (Iria Del Rio), qui se cherche, et Óscar (Francesco Carril), médecin à la vie plus rangée, se sont rencontrés lors du Nouvel An, le soir de leurs 30 ans… 

Ce qu’on en pense 
Sur le modèle éprouvé de Scènes de la vie conjugale (Ingmar Bergman 1973), l’Espagnol  Rodrigo Sorogoyen  (As Bestas) met en scène le même couple (Iria De Rio-Francesco Carril) que l’on retrouve durant dix réveillons de nouvel an successifs, de leur rencontre à… (no spoiler). Radiographie de la vie d’un couple dans l’Espagne contemporaine,  c’est bavard (très), émouvant (un peu), drôle (pas mal), sexy (au début surtout) , intelligent, bien joué et bien réalisé, mais en dessous, à notre humble avis, de Scenes from a Mariage qu’avait réalisé Hagai Levi sur le même principe.

Validé 3

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Par Phil Inout

Le pitch
William et Brahim ont fait d’Apash Music une vraie réussite. Le label vient justement de signer la dernière sensation musicale : le groupe Cobra, mené par Zak et Salif (Delil Ozhan, Heardley Stinvil) , un duo de jeunes rappeurs prêts à s’imposer dans le game. Malgré ce succès, l’équilibre du label est en réalité plus fragile. Entre des accusations de fraude et le retour de vieux démons, Apash Music risque tout simplement de disparaître. Et lorsqu’une guerre d’égo éclate entre leur deux nouvelles pépites, William et Brahim auront du mal à contenir une inévitable escalade de violence…

Ce qu’on en pense 
Lunivers du rap français et ses coulisses sont toujours au centre de l’intrigue, de la saison 3 de Validé. Toujours cornaquée par Franck Gastambide, la Saison 3 confirme les qualités des deux premières :   réalisation punchyBO rap solide, immersion réaliste dans l’univers rap, des cités et de la nuit,  dialogues bien écrits, personnages attachants, casting réussi et guests bienvenus. Sous l’effet du format court (30 minutes par épisode),  l’intrigue paraît toujours un peu shématique. Mais, on continue à valider !

Désenchantées

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Par Phil Inout

Le pitch

La disparition de Sarah Leroy (Nelligan), quinze ans, a bouleversé la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Un coupable fut vite arrêté. Pourtant, dans chaque foyer, chaque bistrot, on continuait à élaborer des hypothèses. Ce qui est vraiment arrivé, personne ne l’a jamais su. Vingt ans plus tard, Fanny (Marie Denarnaud), journaliste, revient sur les lieux de ce drame qui a marqué sa jeunesse. Et c’est tout un passé qui resurgit …

Ce qu’on en pense

Fans de Mylene Farmer, passez votre chemin!  Vous n’entendrez pas la chanson qui a inspiré le titre de la nouvelle série de France 2 (les droits étaient trop chers ?) et rien dans la réalisation n’évoque l’univers de la chanteuse. C’est pourtant bien elle, compilée sur cassette audio à la mode de l’époque , qui a fourni aux jeunes héroïnes le nom de leur bande : « les désenchantées ». Fanny (Marie Denarnaud),  petite soeur de la chef de gang (Constance Labbé), n’en faisait pas partie et a vécu la disparition de Sarah de l’extérieur. Lorsque son journal l’envoie en Normandie couvrir le retour du coupable désigné,  libéré de prison après 20 ans d’incarcération, elle retrouve l’odeur du chlore de la piscine municipale, les serments d’amitié, les jalousies et les secrets de son enfance . Adaptée du roman de Marie Vareille cette mini série en 4 épisodes parvient à restituer l’atmosphère des années 90 et les liens d’amitié qui unissait les protagonistes avant le drame. Grace en soit rendue au formidable casting féminin. Dommage que la réalisation soit aussi appuyée et la résolution du mystère aussi invraissemblable ! On a failli voir une bonne série française…

The Asset

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Par Phil Inout

Le pitch

Recalée de sa formation pour entrer dans la police,  Tea (Clara Dessau) est recrutée par les services spéciaux pour infiltrer la famille d’un trafiquant de drogue.  Elle se retrouve déchirée entre sa mission et son amitié naissante avec Ashley (Maria Cordsen), la femme du chef de gang…

Ce qu’on en pense

Une excellente série policière danoise qui évite les scènes de violence inutiles et déjoue les codes de l’infiltration mafieuse en mettant l’accent sur l’empathie de l’agente infiltrée pour la femme du chef de gang.  L’ambiance reste tout de même assez sombre (comme il se doit pour une série nordique) et pesante, avec un rythme assez lent. Le charme de The Asset repose en grande partie sur celui de l’interprète principale Clara Dessau,  une vraie découverte. L’épisode final laisse espérer une saison 2.

The Deal

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Par Phil Inout

Le Pitch

À la suite d’un scandale qui entache le début de négociations historiques sur le nucléaire entre les USA et l’Iran, à Genève, la diplomate suisse Alexandra Weiss (Veerle Baetens) est propulsée à la tête de la plus importante mission diplomatique du début du 21e siècle.  Est-elle prête à en  payer le prix ?

Ce qu’on en pense

Fruit d’une collaboration entre Alice Winocour, réalisatrice de Proxima et Revoir Paris, et Jean-Stéphane Bron, documentariste suisse à qui l’on doit Cleveland contre Wall Street, cette série franco-suisse réussit l’exploit de rendre palpitant un sommet international sur le nucléaire iranien. Intrigues de couloir, coups bas, trahisons, reniements… L’héroïne, superbement incarnée par  Veerle Baetens a fort à faire pour préserver la fameuse neutralité Suisse… et sa santé mentale ! Primée à Série Mania, encore une « grande mini série » Arte. 

 

 

 

Le Monstre de Florence

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Par Phil Inout

Le Pitch

Entre 1968 et 1985, huit couples sont assassinés  alors qu’ils faisaient l’amour dans leur voiture aux environs de Florence. Bien qu’un lien entre l’assassin et un des suspects ait été trouvé et que la même arme ait été utilisée dans chacun des meurtres, le coupable ne sera jamais confondu…

Ce qu’on en pense

Un Zodiac à la sauce spaghetti. Sauf que le tueur ne se manifeste jamais et que l’enquête piétine éternellement autour d’un mari et sa femme volage. La reconstitution d’époque est impeccable et le casting est très correct, mais on peine à se passionner pour l’affaire. La faute à une réalisation mollassonne et à des personnages peu ragoûtants. Le portrait de l’Italie des années 70-80 n’est pas reluisant non plus…

 

 

 

Des Vivants

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Par Phil Inout

Le pitch

Marie, Caroline, Sébastien, Arnaud, Grégory, Stéphane et David forment le groupe des autoproclamés « Potages » (contraction de « potes » et « otages »). Le soir du 13 novembre 2015, ils ont fait face aux terroristes pendant plus de deux heures dans un étroit couloir du Bataclan. De leur survie miraculeuse est né un lien unique et indéfectible.

Ce qu’on en pense

Dix ans après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris,  Des vivants est la première série à s’intéresser à l’histoire des onze hommes et  femmes retenus en otages pendant plus de deux heures par les terroristes, dans un étroit couloir du Bataclan jusqu’à l’assaut de la BRI.  Sept d’entre eux ont  accepté de s’ associer au projet dès le départ. Et, suite au recueil de leurs témoignages, le réalisateur de Sambre,   Jean-Xavier de Lestrade  a mis en scène leur processus de retour à la vie. Entre résilience et traumatismes, la série montre comment ils se sont reconstruits (ou pas) durant près de 10 ans, de leur sortie du Bataclan jusqu’au procès. 8 épisodes d’un remarquable réalisme, éprouvants mais nécessaires, portés par un casting formidable (Benjamin Lavernhe , Alix Poisson, Antoine Reinartz, Félix Moati, Anne Steffens, Thomas Goldberg, Cédric Eeckhout…) intégralement disponibles sur le site de France TV avant sa diffusion sur France 2. 

Les Sentinelles

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Par Phil Inout

Le pitch

Au début de la Première Guerre mondiale, le soldat Gabriel Ferraud (Louis Peres), grièvement blessé, est sélectionné pour participer à un programme de recherche ultra-secret de l’armée française qui vise à créer des combattants d’un genre nouveau. Après qu’on lui a inoculé un sérum à l’origine mystérieuse, Gabriel se voit doté de capacités inédites. Désormais plus fort, plus rapide, plus résistant qu’un être humain normal, il intègre une unité d’élite composée de soldats augmentés : les Sentinelles. Mais il est très vite confronté à une réalité terrifiante qui risque de faire basculer le sort de la guerre.

Ce qu’on en pense

Adapté de la Bande Dessinée éponyme, Les Sentinelles se ressent de son origine tant dans le scénario (inspiré de Captain America et de Jason Bourne) que dans la mise en scène et la photo. Visuellement, c’est plutôt réussi,  mais il faut de la bonne volonté pour s’intéresser à cette improbable histoire de poilus super combattants. D’autant que les épisodes ont pas mal tendance à traîner en longueur…  Distrayant mais dispensable. 

Reykjavik 112

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Par Phil Inout

Le Pitch

Un soir, dans une maison des environs de Reykjavik, une dispute éclate entre Elisa et son mari Sigvaldi, lequel quitte précipitamment le domicile pour Londres. Dans la nuit, un homme masqué s’introduit dans la maison et assassine sauvagement Elisa sous les yeux de Margrét, sa fillette de 6 ans, dissimulée sous un lit. L’inspecteur Huldar, auquel l’enquête est confiée, se voit contraint de collaborer avec Freyja, une psychologue pour enfants. Il se trouve qu’il vient de passer la nuit avec elle, avant de s’éclipser lâchement…

Ce qu’on en pense

Une honnête série nordique qui tient en haleine sans user de beaucoup d’effets,  avec une réalisation solide et de beaux plans de paysages islandais insolites. Les personnages ont tous de sérieux soucis psychologiques et la mise en scène des crimes est particulièrement glauque, mais ça se regarde. 

The Last Frontier

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Par Phil Inout

Le Pitch

Le marshal américain, Frank Remnick (Jason Clarke), travaille en Alaska. Sa juridiction est bouleversée lorsqu’un avion de transport de prisonniers s’écrase dans la nature, libérant des dizaines de détenus violents. Chargé de protéger la ville, il commence à soupçonner que le crash n’est peut-être pas un accident..

Ce qu’on en pense

Une série d’action US musclée à souhait, qui démarre par un crash d’avion spectaculaire et se poursuit par une traque mortelle dans le désert glacé de l’Alaska. Le personnage de shérif incarné par Jason Clarke est un des meilleurs rôles masculins qu’on ait vu dans une série depuis un bon moment et l’immersion dans le grand nord est totale. Dommage que les épisodes n’arrivent qu’au compte goutte sur AppleTV+

Les Disparues de la gare

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Par Phil Inout

Le pitch

A Perpignan, entre 1995 et 2001, une adolescente disparaît et trois jeunes femmes sont assassinées autour de la gare. Elles sont jeunes, belles et animées par un fort désir d’émancipation. Leurs visages s’affichent dans les journaux. Elles deviennent « les Disparues de la Gare« . Flore Robin (Camille Razat), jeune enquêtrice, fait ses premiers pas dans la police le jour même où le premier corps est retrouvé. Elle devra faire équipe avec le capitaine de police Franck Vidal (Hugo Becker) et son mentor Felix Sabueso (Patrick Timsit), longtemps mis au placard mais rappelé spécialement pour cette affaire hors normes. Parallèlement, la mère de la jeune fille portée disparue (Melanie Doutey) , explore chaque piste pour retrouver sa fille. Pendant 20 ans, alors qu’une véritable psychose s’abat peu à peu sur la ville, la traque d’un tueur en série impitoyable mais introuvable fait rage.

Ce qu’on en pense

Si vous avez vu et aimé Sambre, passez votre chemin. Cette nouvelle série sur la traque d’un tueur en série, basée sur une histoire vraie, y ressemble comme deux gouttes d’eau,  mais ne lui arrive pas à la cheville en termes de réalisation, de jeu, de reconstitution d’époque, ni d’émotion. Ne parlons même pas de la dénonciation des violences faites aux femmes… Le personnage principal, joué (paresseusement) par Camille Razat,  est aussi factice que les dialogues et la voix off. Heureusement,  la prise de son, problème récurrent des séries et des films français, est si mauvaise qu’on en rate la moitié !  On se croirait sur TF1,  mais c’est bien une série Disney France.  

House of Guinness

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Par Phil Inout

Le pitch

Au XIXe siècle, l’histoire de la famille irlandaise à l’origine de la marque de bière emblématique, Guinness. À la mort de Benjamin Guinness, son testament confie l’empire brassicole à deux de ses fils, Edward et Arthur, excluant les deux autres héritiers. Cette décision déclenche des rivalités familiales au sein d’une Irlande en pleine agitation sociale. Entre secrets, trahisons et enjeux de pouvoir, l’héritage Guinness devient le cœur d’un affrontement historique…

Ce qu’on en pense

Encore une formidable série historique anglaise ! On la doit à Steven Knight (Peaky Blinders, Rogue Heroes) et elle raconte comment la famille Guinness, productrice de la fameuse bière du même nom, a conquis les Etats-Unis et le reste du monde pour devenir la première multinationale irlandaise. Une success story que le scénario lie avec le mouvement républicain des fenians, sur lequel Guinness se serait appuyé pour percer le marché US. En secret,  car rien ne destinait ces aristocrates capitalistes à financer un mouvement indépendantiste ouvrier. Intrigues, secrets, lutte des classes et amours clandestines font le sel de cette série richement produite et magnifiquement jouée, qui allie les qualités de Peaky Blinders et de The Crown avec une BO de rock irlandais, anachronique mais surpuissante A consommer sans modération.