Séries

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The Gilded Age

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Par Ph.D

Le Pitch

New York, 1880. L’arrivée dans l’avenue la plus huppée de la ville de la famille de George Russel (Morgan Spector), un nouveau riche qui a fait fortune dans les chemins de fer, fait jaser l’aristocratie locale qui refuse de se mélanger à ceux qu’elle considère avec mépris comme des parvenus. Plus ouverts et curieux, leurs enfants vont pourtant se fréquenter et, pour certains, s’aimer.  De nouvelles dynasties naîtront de ce melting pot d’ultra riches quand d’autres, plus anciennes, seront ruinées…  

Ce qu’on en pense

Les créateurs de Downtown Abbey délaissent la noblesse anglaise, ses fastes et ses intrigues, pour s’intéresser à celles des dynasties fortunées du nouveau monde. Sur le même principe, qui consiste à faire cohabiter différentes classes sociales sous le même toît (ici la sublime maison des Russel et celle des Brook/Van Rhijn qui lui fait face) et à raconter les destins croisés de leurs occupants pour faire revivre toute une époque (ici les débuts de l’ère industrielle en Amérique) , The Gilded Age s’avère presqu’aussi addictif que son aînéeLa reconstitution d’époque est fastueuse, les intrigues réalistes, les personnages intéressants (mention spéciale à la redoutable Agnès Van Rhijn jouée par Christine Baranski) et le casting très homogène. On est parti pour quelques saisons en bonne compagnie.

Son vrai visage

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Par Ph.D

Le Pitch

Dans une petite ville tranquille de Géorgie, un acte de violence fortuit déclenche une suite d’événements inattendus pour Andy Oliver (Bella Heathcote) et sa mère Laura (Toni Collette). Déterminée à trouver des réponses à ses questions, la jeune femme se lance dans un dangereux voyage à travers les États-Unis, qui va la conduire au cœur des secrets les plus sombres de sa famille… 

Ce qu’on en pense

Scénariste et productrice de Homeland, Charlotte Stoudt est à l’origine de cette adaptation de la romancière Karin Staughter dans laquelle Toni Colette joue une orthophoniste apparemment sans histoire qui sauve sa fille et les clients d’un restaurant en tranchant la gorge d’un homme parti pour faire une tuerie. Un fait divers qui attire sur elle une attention qu’elle cherchait à éviter depuis 30 ans et qui va bouleverser sa vie et celle de sa fille Andrea (Bella Heathcote). Celle ci va en effet découvrir que sa mère n’était pas celle qu’elle croyait et que toute sa vie a été batie sur un mensonge. Rapports mère-fille,  poids du secret et de la culpabilité, chasse à l’homme (et à la femme), romance, vengeance… En huit épisodes d’une heure, Son vrai visage entraine le spectateur dans un thriller psychologique plein de rebondissements et de surprises, servi par un casting  impeccable (Omari Hardwick, Gil Birmingham, Jessica Bardem, David Wenham…). Comme souvent, ça tire un peu à la ligne sur la fin (qui ouvre la voie à une possible deuxième saison), mais ça vaut mieux dans le genre que toutes les adaptations Netflix d’Harlan Corben.

L’île aux 30 cercueils

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Par Phil Inout

Le pitch

Christine (Virginie Ledoyen) vit une vie tranquille avec son mari, Raphaël  (Charles Berling) jusqu’au jour où elle reçoit une mystérieuse vidéo sur son portable. On y voit des images de son accouchement à Sarek, l’île où elle a grandi. Christine découvre avec horreur que son enfant annoncé mort-né a été assassiné. Elle est désormais hantée par ces questions : qui a tué son fils, et pourquoi ?

Ce qu’on en pense

En 1979, l’adaptation en téléfilm d’un des romans les plus noirs de Maurice Leblanc (facile),  avec la belle Claude Jade, pouvait encore impressionner le téléspectateur, au point de faire faire des cauchemars aux plus sensibles. En 2022, ce remake remis au goût du jour par Elsa Marpeau (Capitaine Marleau) et Florent Meyer et réalisé par Frédéric Mermoud est aussi un cauchemar… Mais pour les malheureux acteurs (Virginie Ledoyen, Charles Berling, Dominique Pinon et le regretté Jean François Stevenin) embarqués dans un ersatz de polar nordique au scénario abracandabrantesque.  Rien ne fonctionne dans cette série horriblement longue (près de 6 heures !) , mal écrite, mal dialoguée  et filmée comme un clip de l’office du tourisme d’Ouessant. Un conseil : passez au large ! 

MotoGP Unlimited

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Par Phil Inout

La réussite de Formula 1 : Pilotes de leur destin (Drive to Survive en VO), dont la 4e saison vient d’être mise en ligne sur Netflix,  laissait espérer beaucoup de cette première série sur le championnat du monde MotoGP,  qui est à la moto ce que la F1 est à la course automobile. Détenteur des droits commerciaux de la MotoGP, Dorna Sports s’est associé à la société espagnole Mediapro pour produire la première saison de cette série documentaire que diffuse Amazon Prime. Ce qui explique, sans doute, que les pilotes espagnols squattent un peu l’image,  alors que c’est un français, Fabio Quartararo qui a remporté le titre. Idem, l’excellent début de saison de l’autre pilote français Johann Zarco est totalement occulté. Contrairement à son homologue pour la F1, MotoGP Unlimited a choisi la narration chronologique du championnat, sans forcer sur la dramatisation. Un choix qui privilégie le réalisme documentaire et l’immersion dans les paddocks, mais ne rend pas la série particulièrement attractive pour le spectateur novice. Ceux qui se sont passionné pour le retour de Marc Marquez, les exploits de Quartararo, le psychodrame Vinales, les adieux de Valentino Rossi et la montée en puissance des Ducati n’apprendront pas non plus grand chose et risquent de trouver la série un peu longue (8 X 45 min). Mais on a trop espéré que ce sport ultra spectaculaire et compétitif soit mieux médiatisé pour faire la fine bouche. On souhaite juste que ces défauts soient corrigés en saison 2.

 

Ce que Pauline ne vous dit pas

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Par Phil Inout

Le pitch

Son ex-mari vient de mourir, tombé dans son jardin du haut d’un échafaudage de fortune. Pauline (Ophelia Kolb) était sur place. C’est elle qui a prévenu les secours, mais juste un peu trop tard et tellement maladroitement … Tout l’accuse. Et chaque fois qu’elle tente de se justifier, elle s’enfonce un peu plus… Même son fils de huit ans est persuadé qu’elle est coupable. La machinerie judiciaire se met en place, les services sociaux s’en mêlent. Elle fait face à l’hypocrisie puis à la rage et l’acharnement de sa belle-famille, elle n’a pas les mots pour se défendre, elle est fragile, imprévisible. C’est une femme brisée par des années de mépris et de petites humiliations quotidiennes. La juge d’instruction (Grace Seri) – presque aussi fragile qu’elle au sein de l’institution -, y voit rapidement un mobile. Elle n’en démordra pas…

Ce qu’on en pense

Portée par la troublante Ophelia Kolb (10 pour cent), cette mini-série policière et judiciaire de France 2 est la bonne surprise de ce début d’année. Bien écrite, bien jouée, bien réalisée, elle suit le parcours judiciaire d’une jeune mère  qui se retrouve accusée du meutre de son mari,  avec lequel elle était en instance de divorce. Une policière ambitieuse (Sylvie testud) et une juge d’instruction débutante (Grace Seri) vont en faire une coupable idéale aux yeux du tribunal qui sera chargé de la juger. Seuls son nouveau compagnon et le frère de son mari chercheront à la disculper…  Ce que Pauline ne vous dit pas  fait le portrait d’une femme brisée par l’emprise d’un mari autoritaire, compléxée, mal dans sa peau de jeune mère, incapable de se défendre,  ni d’expliquer sa confuite erratique le jour du drame. Toute en fragilité et colère rentrée,Ophelia Kolb est  parfaite dans le rôle.  

Drive To Survive

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Par Phil Inout

Depuis 2019, la série documentaire Formula 1 : Drive to Survive tient en haleine les amateurs de Formule 1,  auxquel elle offre une vue ultra immersive des courses et des coulisses de la discipline,  avec une scénarisation qui en accentue la dramaturgie, un accès extensif à tous les acteurs du circuit F1 (pilotes, mécanos, directeurs, propriétaires, journalistes spécialisés), un montage choc et des images toujours plus spectaculaires. La saison 3, l’an dernier, ne dérogeait pas à la règle… Au contraire ! Entre l’épidémie de  Covid qui a bouleversé le calendrier 2020 et décimé les équipes, le fiasco Ferrari, les non renouvellement de contrats de certains pilotes vétérans de la discipline, les transferts surprises et le crash hallucinant de Romain Grosjean lors du Grand Prix du Qatar, la série avait rarement aussi bien mérité son titre : conduire pour survivre. La Saison 4 qui arrive sur Netflix réserve encore de supers moments avec la guerre entre Hamilton et Verstappen (Mercedes et Redbull) qui a duré jusqu’à la dernière minute du dernier Grand Prix… Et même après !

Yellowjackets

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Par Phil Inout

Le pitch

Les membres d’une équipe universitaire de soccer féminin se retrouvent être les seules survivantes d’un crash aérien. Leur histoire est racontée en plusieurs temporalité : avant, pendant et plusieurs années après l’accident…

Ce qu’on en pense

Une série qui mélange survival, teen drama, comédie dramatique et enquête,  forcément ça intrigue. Le problème c’est qu’on passe sans cesse de l’un à l’autre sans avoir réellement eu le temps de s’attacher aux personnages qu’on retrouve à plusieurs âges de leur existence. Créée par Adam Lyle et Bart Nickerson (Naco: Mexico),  la série s’étire interminablement et semble avoir surtout pour souci de cocher toutes les cases de tous les genres abordés. Cela donne des épisodes d’inégale qualité, pour une histoire éclatée façon puzzle qui met des plombes à se reconstituer. On a jeté la yellow jacket avant la fin…  

Totems

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Par Phil Inout

Le pitch

En 1965, en pleine Guerre froide, Francis Mareuil (Niels Schneider) , un scientifique français, s’apprête à devenir espion. Tandis qu’il travaille pour les services secrets français et la CIA, il rencontre Lyudmila Goloubeva (Vera Kolesnikova), une pianiste contrainte de collaborer avec le KGB. C’est le début d’une histoire d’amour… Mais comment savoir si les sentiments qui semblent les animer sont sincères ou guidés par des intérêts politiques ?

Ce qu’on en pense

Ambitieuse production Amazon, Totems nous replonge dans la Guerre Froide avec une intrigue batie autour de la menace d’un bombe nucléaire orbitale,  dont le KGB, la CIA et le SDECE se disputent les codes dans une course effrenée à travers l’Europe . Jouets des différents services, un jeune scientifique français, incarné fiévreusement par Niels Schneider et une pianiste  (Vera Kolesnikova), fille du scientifique Russe qui a conçu le module orbital, vont vivre une histoire d’amour compliquée. Sur le papier,  Totems a tout pour être une grande série d’espionnage : excellent  casting (Lambert Wilson dans un rôle ambiguë, José Garcia à contre emploi, Anna Girardot… ) , réalisation léchée (Jérome Salle), reconstitution d’époque fastueuse, intrigue atomique… Comment se fait-il alors qu’on n’accroche jamais vraiment ? Que l’action ne passionne pas ? Que l’histoire d’amour soit tiède ?  Qu’on a l’impression d’avoir déjà vu ça mille fois ? Trop stylisée, trop respecteuse des codes du genre, la mise en scène loupe le coche. Dommage pour les acteurs,  tous très bons,  et pour les décorateurs qui ont fait un boulot formidable. On s’accroche malgré tout, en misant sur la saison 2 qu’annonce un dernier rebondissement spectaculaire.

Severance

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Par Ph.D

Le Pitch

Mark Scout (Adam Scott) travaille pour Lumon Industries, où il dirige une équipe dont les employés subissent une opération chirurgicale de séparation entre leurs souvenirs liés à leur vie professionnelle et ceux liés à leur vie privée. Cette expérience risquée de l’équilibre entre travail et vie personnelle est remise en cause lorsque Mark se retrouve au cœur d’un mystère qui le forcera à affronter la vraie nature de son travail… et la sienne.

Ce qu’on en pense

Ben Stiller est aux manettes des six premiers épisodes de cette série SF dans laquelle certains employés de services sensibles d’une puissante firme industrielle acceptent de se faire poser un implant électronique  qui dissocie leurs souvenirs professionnels de leurs souvenirs privés. Lorsqu’ils prennent leur poste, chaque matin d’alters, ils oublient tout de leur vie d’exters. Et lorsqu’ils repartent le soir, tous souvenir de leur travail sont effacés. Le procédé convient parfaitement à Mark Scout (Adam Scott, étonnant mix de Tom Cruise et de Bernard Menez) , le nouveau responsable du service de raffinement des macrodonnées (RMD) qui ne se remet pas du deuil de son épouse et savoure les journées passées sans que le moindre souvenir de la disparue ne vienne le hanter. Les soirées sans souci professionnel sont aussi une bénédiction pour lui et ses collègues (Zach Cherry, John Turturo).  Jusqu’au jour où son chef de service, qui est aussi son meilleur ami,  manque à l’appel et où il doit former une nouvelle stagiaire (Britt Lower) particulièrement rétive,  qui regrette amèrement d’avoir accepté l’opération et ne songe qu’à s’enfuir. Quelques jours plus tard, son ami reprend contact avec lui dans le monde extérieur: il a réussi à faire réinitialiser sa mémoire et veut dénoncer ce que trafique Lumon IndustriesMark va devoir renoncer à faire l’autruche et affronter la réalité.   La force de Severance (dissociation)  tient autant à son concept intrigant, qu’à la description d’un univers professionnel déshumanisé, à son esthétique glacée et à un casting hollywoodien (Patricia Arquette, John Turturo, Christopher Walken…). Contrairement à de nombreuses séries basées sur un high concept ( La Corderécemment) , celle-ci tient ses promesses jusqu’au bout, en gagnant en profondeur à chaque épisode. Une excellente recrue pour Apple TV+ 

Red Light

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Par Phil Inout

Le pitch

A Anvers, une prostituée est retrouvée morte dans une chambre d’hôtel. Evi (Maaike Neuville), une jeune policière est chargée de l’enquête.  Elle conduit au réseau de prostitution que gère Sylvia (Carice van Houten)  avec son souteneur. Pendant ce temps, le  mari d’Esther (Halina Reijn), cantatrice réputée,  disparaît mystérieusement.  Il faisait partie des clients de l’hôtel où le cadavre a été découvert…  Venues de milieux complètement différents, ces trois  femmes vont avoir besoin les unes des autres pour se sortir du piège dans lequel elles sont tombées…

Ce qu’on en pense

Un peu longue à démarrer, cette série hollandaise découverte à CanneSeries 2020, ne devient réellement addictive qu’après le troisième épisode. A partir de là, par contre, on est tellement attaché aux trois héroïnes qu’on ne peut plus s’arrêter avant le dixième et dernier épisode. L’intrigue navigue entre le milieu de la prostitution dont Sylvia (Candice van Houten, co-créatrice de la série) rêve de s’échapper, le commissariat de police où travaille  Evi ( Maaike Neuville), une jeune femme alcoolique qui n’assume pas son rôle d’épouse ni de mère et les quartiers chics où vit Esther (Halina Reijn). cantatrice réputée mais femme trompée. Les trois actrices n’ont pas volé leur prix spécial d’interprétation à CanneSéries ! Réaliste et joliment mis en scène Red Light évite les écueils du voyeurisme, du moralisme et du misérabilisme souvent attachés à la représentation de la prostitution pour s’intéresser plutôt à la psychologie des personnages principaux… sans sacrifier les secondaires. Tout sonne juste et l’intrigue se bonifie d’épisode en épisode. L’indice d’une excellente série policière.

Normal People

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Par Phil Inout

Le Pitch

La relation compliquée entre Marianne (Daisy Edgar-Jones) et Connell  (Paul Mescal), depuis leurs années lycée dans une petite ville de l’ouest de l’Irlande jusqu’à leurs études universitaires au Trinity College, à Dublin. Intelligent, athlétique et populaire, Connell est troublé par Marianne, une camarade intimidante, solitaire et non moins intelligente. Les premiers émois nés à l’abri du regard des autres survivront-ils à la lumière ?

Ce qu’on en pense

Et vous votre premier amour, c’était comment ? Celui de Marianne et Connell est si touchant qu’il renvoie inévitablement la question à celui qui découvre cette merveilleuse série romantique, adaptée d’un best seller irlandais, enfin programmée sur une chaine publique (France 5 ) et disponible en intégralité sur le site de France.Tv. Une production de la  BBC dont le charme tient autant à la réalisation, d’une douceur trés féminine, qu’à celui des deux acteurs principauxDaisy Edgar Jones et Paul Mescal. On tombe immédiatement amoureux des personnages et les scènes d’amour sont d’une délicatesse rarement vue sur petit ou grand écran. Un pur enchantement. 

Inventing Anna

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Par Phil Inout

Le pitch

Vivian (Anna Chlumsky) , une journaliste qui doit faire ses preuves enquête sur l’affaire Anna Delvey (Julia Garner), l’héritière allemande légendaire sur Instagram, qui ne s’est pas contentée de voler les cœurs du gratin new-yorkais mais qui l’a aussi littéralement dévalisé.  Anna est-elle juste la reine de l’arnaque… ou carrément la nouvelle héroïne du rêve américain ?

Ce qu’on en pense

Par la scénariste-réalisatrice de Grey’s Anatomy et de Scandal, la légendaire Shonda Rhimes, le vrai-faux biopic (tout est vrai, sauf ce qui a été inventé) d’une arnaqueuse en série à côté de laquelle Christophe Rocancourt était un enfant de choeur. Avec,  dans le rôle de l’ahurissante Anna Delvey, Julia Garner qui a échangé les frusques pouilleuse de Ruth dans Ozark pour un dressing haute couture à faire crever de jalousie Emily in Paris. La série prend son temps pour raconter l’histoire d’Anna, on n’en apprend que des bribes à chaque épisode,  mais l’immersion dans le New York des ultra riches auxquels Anna a fait les poches en grand (des banquiers pourtant réputés pour leur rapacité lui ont prêté jusqu’a 40 millions de dollars sans exiger la couleur d’une garantie,  ni, évidemment,  en revoir le moindre cent ) faut son pesant de dollars-or. Julia Garner est formidable dans tous les rôles que joue Anna pour parvenir à ses fins et les fans d’Ozark peuvent même considérer Inventing Anna comme un spin off de leur série favorite  : la vie de Ruth après qu’elle ait quitté les Ozarks sans le rond.

Pam & Tommy

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Par Phil Inout

Le pitch

Pour se venger de n’avoir pas été payé pour les travaux effectués dans la maison du couple Pamela Anderson/Tommy Lee, un menuisier (Seth Rogen) fait fuiter une sex tape  montrant la star d’Alerte à Malibu et le batteur de Mötley Crüe en train de copuler sur un yacht pendant leur voyage de noces…

Ce qu’on en pense

Disney + n’a visiblement  pas l’intention de se contenter d’être la plateforme de streaming des familles. Il faut donc s’attendre à y trouver autre chose que des dessins animés et des films de super héros. Comme ce biopic très rock’n’roll du couple jadis formé par Pamela Anderson  et le batteur du groupe de glam rock Mötley Crüe, traité à la manière de Tarantino ou d’Harmùony Korine (Spring Breakers). Une comédie sex, drugs and rock’n’roll,  boostée par une BO pop rock tonitruante et servie par une brochette d’acteurs en folie. Pam & Tommy revient, sur un mode ironique et parodique,  sur la première affaire de sex tape à avoir défrayé la chronique mondiale aux débuts d’internet. Découverte dans Downtown Abbey (où elle jouait Lady Rose MacClare), Lily James est épatante en sosie de Pamela Anderson et Sebastien Stan (l’ex meilleur ami de Captain America,  Bucky Barnes) fait une composition géniale dans les slips en cuir de  Tommy Lee. Les pieds nickelés à l’origine de la fuite de la fameuse sex tape ne sont pas mal non plus dans le genre plouc à la Fargo. Une sacrée bonne surprise ! 

La Femme qui habitait en face de la fille à la fenêtre

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Par Phil Inout

Le pitch

Pour Anna (Kristen Bell), qui a le cœur brisé, les jours se suivent et se ressemblent. Dans son pavillon de banlieue résidentielle, elle s’assoit avec un verre de vin, regarde par la fenêtre et voit la vie se dérouler sans elle. Mais quand un charmant voisin s’installe de l’autre côté de la rue avec sa fille, Anna commence à voir le bout du tunnel. Jusqu’au jour où elle est témoin d’un meurtre horrible… A moins que son imagination débordante lui joue des tours  ?

Ce qu’on en pense

L’épatante Kristen Bell (Veronica Mars, Bad Mois, Gossip Girl) est l’héroïne de ce pastiche de série à la Desperate Housewives/Big Little Lies, dans lequel elle incarne une divorcée oisive qui noie son chagrin dans la picole, fantasme sur le nnouveau soicin  et s’imagine avoir vu par la fenêtre la voisine se faire trucider. Tous les codes hitchcockien de la série policière et du soap de banlieue résidentielle sont détournés de manière assez subtile pour qu’on ne se  rende pas immédiatement compte qu’il s’agit d’une parodie. Seuls quelques détails, comme la façon qu’a l’héroïne d’écluser son pinard en vidant une bouteille de vin entière dans un grand verre de dégustation,  ou la manière dont elle a perdu son enfant (on vous laisse découvrir, c’est gratiné),  sans parler du titre à rallonge, rappellent régulièrement qu’on baigne dans le grand n’importe quoi.  Ce qui n’empêche pas de se passionner pour l’intrigue (a-t-elle rêvé ou pas?)… A déguster sans modération !

 

Un mètre vingt

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Par Ph.D

Le Pitch

Córdoba, 2018. À 17 ans, Juana (Marisol Agostina Irigoyen)  est une adolescente comme les autres, à ceci près qu’elle observe le monde à une hauteur d’un mètre vingt, depuis son fauteuil roulant. Adepte des réseaux sociaux et des applications de rencontres, la jeune femme aux cheveux bleus rêve de vivre sa première fois. Admise dans un nouveau lycée, elle se lie d’amitié avec Julia  et  Efe, deux ados en lutte contre le proviseur de l’établissement qui refuse d’organiser des cours d’éducation sexuelle alors que la loi le lui impose. Juana rejoint le combat et devient une porte-parole du mouvement. Tandis qu’un féroce esprit de rébellion s’empare des lycéens, la jeune femme rejoint dans une soirée un garçon rencontré sur Internet qui ne sait encore rien de son fauteuil roulant…

Ce qu’on en pense

Cette série est un véritable cas d’école : comment peut-on dire autant de choses sur un sujet aussi délicat (sexe et handicap)  en 6 épisodes de 15 minutes et scotcher le spectateur avec une histoire pareille ? Il faut une somme de talents ahurissante pour y parvenir. Un personnage hyper attachant  : Juana, myopathe de 17 ans aux hormones en folie et à l’humour chevillé à son petit corps d’1,20m. Une actrice née pour le rôle (Marisol Agostina Irigoyen). Des seconds rôles savoureux (les copines, les rencards, la mère, la soeur…). Des situations scabreuses  qui ne virent jamais au voyeurisme ni au sordide. Un rythme épatant. Une mise en scène constamment inventive. De l’humour, de la tendresse, beaucoup d’empathie et d’intelligence. Une petite merveille argentine coproduite par Arte à voir toutes affaires cessantes sur le site de la chaine.