A Perpignan, entre 1995 et 2001, une adolescente disparaît et trois jeunes femmes sont assassinées autour de la gare. Elles sont jeunes, belles et animées par un fort désir d’émancipation. Leurs visages s’affichent dans les journaux. Elles deviennent « les Disparues de la Gare« . Flore Robin (Camille Razat), jeune enquêtrice, fait ses premiers pas dans la police le jour même où le premier corps est retrouvé. Elle devra faire équipe avec le capitaine de police Franck Vidal (Hugo Becker) et son mentor Felix Sabueso (Patrick Timsit), longtemps mis au placard mais rappelé spécialement pour cette affaire hors normes. Parallèlement, la mère de la jeune fille portée disparue (Melanie Doutey) , explore chaque piste pour retrouver sa fille. Pendant 20 ans, alors qu’une véritable psychose s’abat peu à peu sur la ville, la traque d’un tueur en série impitoyable mais introuvable fait rage.
Ce qu’on en pense
Si vous avez vu et aimé Sambre, passez votre chemin. Cette nouvelle série sur la traque d’un tueur en série, basée sur une histoire vraie, y ressemble comme deux gouttes d’eau, mais ne lui arrive pas à la cheville en termes de réalisation, de jeu, de reconstitution d’époque, ni d’émotion. Ne parlons même pas de la dénonciation des violences faites aux femmes… Le personnage principal, joué (paresseusement) par Camille Razat, est aussi factice que les dialogues et la voix off. Heureusement, la prise de son, problème récurrent des séries et des films français, est si mauvaise qu’on en rate la moitié ! On se croirait sur TF1, mais c’est bien une série Disney France.
Célèbre animateur du jeu à succès « Portobello« , programmé à partir de 1977 en prime time sur la Rai, Enzo Tortora (Fabrizio Gifuni) est accusé, par plusieurs anciens mafieux d’appartenir à la Camorra…
Ce qu’on en pense
Marco Bellocchio adapte en série l’histoire vraie d’Enzo Tortora, le William Lemergie italien, condamné dans les années 80 sur la foi de fausses accusations pour ses liens présumés avec la mafia : l’une des pires erreurs judiciaires de l’histoire italienne. La reconstitution d’époque, la réalisation et l’interprétation sont bluffantes, au service d’un scénario extrêmement solide pour un résultat digne des plus grands films du réalisateur italien.
La vie de l’inspecteur de police Ian Ridley (Patrick Brama) s’est effondrée lorsque sa fille Maggie a été enlevée. Dix ans après, affecté au service d’appels d’urgences, il ne tient que grâce à son refus inébranlable d’accepter qu’elle est perdue à jamais. Un jour qu’il reçoit un appel de détresse d’une adolescente (Chloe Jean Lourdes), il est convaincu qu’il s’agit de Maggie, et met dès lors tout en oeuvre pour la retrouver…
Ce qu’on en pense
Cette fiction australienne fait partie des rares cas de séries qui s’améliorent d’épisode en épisode et finissent mieux qu’elles ne commencent. On a failli décrocher au deuxième épisode devant le peu d’originalité du scénario et une réalisation peu inspirée. Heureusement, l’exotisme de la petite ville australienne de bord de mer où se déroule l’intrigue nous a retenus jusqu’à l’arrivée de la jeune Chloe Jean Lourdes, véritable révélation de la série qui la fait basculer dans autre chose qu’une énième histoire de disparition-réapparition à la Harlan Coben. Jusqu’à proposer une véritable réflexion sur la notion de parentalité et sur la violence masculine. A voir !
En 1984, Alec Jeffreys (John Simm) généticien britannique développe dans son labo de l’université de Leicester une technique revolutionnaire d’empreintes génétiques. Dans le même temps et la même ville, l’inspecteur David Baker (David Threlfall) doit résoudre le viol et le meurtre de deux jeunes filles. Un serial killer sévit à Leicester…
Ce qu’on en pense
Une mini série britannique au look délicieusement vintage qui raconte en trois épisodes comment la technique des empreintes ADN a été inventée par un scientifique qui ne mesurait pas l’intérêt de sa découverte, et comment un policier de province a eu l’idée de s’en servir comme d’empreintes digitales pour identifier un serial killer qui sévissait à Leicester au début des années 80. Pour y parvenir les policiers et les scientifiques n’ont pas hésité à soumettre 4000 habitants de la ville à un test ADN expérimental. Ainsi est née une technique qui permet aujourd’hui de résoudre bien des affaires policières, y compris des « cold cases » vieux de plusieurs dizaines d’années. Comme d’habitude dans les séries britanniques, l’interprétation et l’atmosphère sont les points forts de cette modeste production qui se regarde avec intérêt.
Mai 68. L’État français vacille sous le coup d’une révolte menée par des étudiants et des professeurs d’université. Pour contenir cette marée subversive, le pouvoir gaulliste imagine une solution aussi perverse que brillante : créer une université expérimentale loin des pavés parisiens. Bienvenue à l’université de Vincennes.
Ce qu’on en pense
Dans l’esprit d’OVNIs, qui suivait un groupe de chercheurs du GEIPAN dans leurs efforts désespérés pour prouver (ou réfuter définitivement) l’existence des extraterrestres, Camarades est une série politique et humoristique, qui fait revivre les années post 68 à l’Université libre de Vincennes. Tout y passe : le gauchisme, le féminisme, la libération de la femme, l’infiltration des groupuscules extrémistes par les RG, les manifs, l’autogestion, les assemblées générales permanentes … Le tout dans une reconstitution d’époque soignée (fumée de cigarettes comprise), à laquelle se mêlent des images d’archives dans un montage dynamique où interviennent les grandes figures intellectuelles de l’époque comme JL Godard ou Gilles Deleuze. Du grand art (et du grand n’importe quoi aussi, en reflet de l’époque), avec Vincent Elbaz en flic-proxénète moustachu et Gregory Gadebois en président d’Université nommé par sa secrétaire… Encore une pépite made in Arte !
Un agent israélien, Doron (Lior Raz), traque les terroristes du Hamas au péril de sa vie et de celle de ses proches…
Ce qu’on en pense
Lancée en 2015, au faite de la vague des séries israéliennes, Fauda a connu un succès et une longévité inespérés, devenant au fil des saisons une référence pour la représentation du conflit israélo-arabe. La saison 5, située après l’attaque terroriste du 7 octobre 2023, résonne encore très fort avec l’actualité. On y retrouve l’ex-agent Boron (Lior Raz, co créateur de la série), débarquant à Marseille où un groupe de terroristes du Hamas prépare un attentat de grande envergure, avec Mélanie Laurent en guest française. L’image que renvoie la série de la ville (nid de terroristes) et des services de police français (corrompus) est un peu caricaturale, mais l’intrigue est toujours aussi prenante, avec une alternance de scènes d’action et d’autres plus psychologiques, où percent les traumas des personnages. La question centrale que pose la série est toujours la même : peut-on sortir du cercle infernal de la vengeance?
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