Sauvons les meubles
Par J.V
Le pitch
Lucile (Vimala Pons) est une photographe reconnue et indépendante. Lorsque sa mère tombe malade, elle accourt dans la maison de son enfance et y retrouve son frère Paul (Yoann Zimmer) . Là, ils découvrent que leur mère, autrefois pétillante et entrepreneuse, leur cache des choses… Lucile et Paul comprennent alors qu’ils n’ont plus que quelques jours pour sauver bien plus que les meubles…
Ce qu’on en pense
Césarisée pour un second rôle dans L’Attachement, la géniale Vimala Pons accède enfin aux premiers rôles et s’illustre dans cette dramédie sensible sur fond social. Toute au service d’un trés bon scénario et des acteurs, la mise en scène de Catherine Cosme, venue du théâtre, sait se faire discrète mais efficace. Le film fait mieux que sauver les meubles.
The World of Love
Par J.V
Le pitch
Joo-in ( Su-bin Seo) est une lycéenne espiègle et appréciée de tous. Un jour, un camarade de classe lance une pétition que tous les élèves signent, sauf elle. Son monde, en apparence paisible et insouciant, dissimule un passé douloureux auquel Joo-in est alors contrainte de faire face. Mais loin de se laisser enfermer, elle choisit d’avancer et de se réinventer…
Ce qu’on en pense
Succès inattendu de l’année 2025 en Corée, The World of Love révèle le talent d’une jeune réalisatrice à suivre : Ga Eun Yoon. Sur le thème de l’enfance violée et de la résilience, elle signe un drame très contemporain qui interroge avec une certaine audace la notion de victime. Sous son titre faussement enjoué , The World of Love cache une critique acerbe de la société coréenne.
Nouvelle Vague
Par Ph.D
Le pitch
L’histoire du tournage d’ À bout de souffle , racontée dans le style et l’esprit de Godard tournant À bout de souffle...
Ce qu’on en pense
En 1983, Jim Mc Bride avait débauché Richard Gere et Valerie Kapriski pour tourner un improbable remake d’À bout de souffle made in USA. Quarante ans plus tard, son compatriote Richard Linklater rend bien mieux hommage au film et à son réalisateur avec ce vrai-faux making of très réussi. On y assiste, comme si on y était, au tournage d’A bout de souffle, avec une bande d’acteurs formidables dans les rôles de Godard (Guillaume Marbek) , Seberg (Zoey Deutch) , Belmondo (Aubry Dullin) , Melville (Tom Novembre), Truffaut (Adrien Rouyard) et cie. Il y a dans cet hommage à la Nouvelle Vague, présenté en compétition à Cannes 2025, tout ce qui manquait dans la plupart des films de la compétition: le talent, la fraîcheur , l’humour, la jeunesse, l’insolence… De quoi redonner foi en le cinéma !
Embarquement immédiat
Par Ph.D
Le pitch
Benji ( Lloyd Eyre Morgan) rencontre Jake (David Tag) à la caisse d’un aéroport et est immédiatement intrigué. Jake est musclé, insaisissable, dominant et, comme Benji le soupçonne avec joie, « un peu gay ». S’ensuivent des escapades passionnées à Amsterdam, beaucoup de sexe et l’émergence progressive d’un rapport de force voué à l’échec. Pris dans un tourbillon émotionnel, Benji se retrouve à remettre en question ce qu’il attend de l’amour, de lui-même… et de la vie.
Ce qu’on en pense
Sur le même thème que Pillion en moins original, une comédie dramatique gay « made in GB » (tubes pop, effets graphiques, voix off avec accent cockney, montage dynamique), sur la masculinité toxique chez les homos. Sympathique mais dispensable.
Le Diable en Prada 2
Par J.V
Le pitch
Miranda, Andy, Emily et Nigel replongent dans l’univers impitoyable et glamour du magazine Runway et des rues new-yorkaises où l’élégance est une arme redoutable…
Ce qu’on en pense
20 ans après, on prend les mêmes (Meryl Streep, Anne Hathaway, Stanley Tucci, Emily Blunt…) et on recommence. Plaisir évident de retrouver les saillies vachardes de Miranda/Meryl et les coulisses de la mode new yorkaise. Rien n’a changé ? Si : la presse écrite va mal et son pouvoir s’érode face à celui des géants de la tech. Le film est une défense du journalisme, via le personnage d’Andy, devenue reporter mais réduite à accepter un poste chez son ex-boss pour éviter le chômage. Moins percutant que le premier opus ce Diable 2 se voit néanmoins avec plaisir.
War Machine
Par Ph.D
Le pitch
Après la mort de son frère au combat, un ingénieur militaire (Alan Ritchson) rejoint les Rangers de l’armée américaine et participe à un exercice d’entraînement de routine au cours duquel son commando rencontre une gigantesque machine meurtrière venue d’un autre monde.
Ce qu’on en pense
Trois films en un ! Ça commence en Afghanistan comme un film de guerre où le héros (incarné par Alan Ritchson alias Jack Reacher dans la série du même nom), ça continue à la Full Metal Jacket dans une caserne, où il se forme à la dure comme Ranger (sous le commandement d’un Dennis Quaid bien caricatural) pour honorer une promesse faite à son frère et ça se termine en baston contre un envahisseur extraterrestre indestructible (enfin, pas tout à fait). La réalisation est pétaradante à souhait : ça bastonne ! Au vu des piètres résultats de l’armée US sur les terrains d’opération où elle a été récemment déployée (Afghanistan, Irak, Iran), toute cette propagande ultra militariste est assez risible, mais on n’a pas besoin d’y croire pour bien s’amuser. Les amateurs de blockbusters bien bourrins seront comblés.
Die My Love
Par Ph.D
Le pitch
Grace (Jennifer Lawrence) et Jackson (Robert Pattinson) fuient New York et décident de fonder une famille dans l’immensité sauvage du Montana. Mais quand leur fils naît, lasse et en proie à une solitude grandissante, Grace sent sa réalité lui échapper. Peu à peu, elle perd pied, fragilisée par une maternité qu’elle affronte presque seule…
Ce qu’on en pense
Grosse souffrance que ce nouveau film de Lynne Ramsay , découvert en compétition à Cannes 2025. Un interminable drame sur la dépression post-partum, avec Jennifer Lawrence et Robert Pattinson en jeunes parents venus s’installer dans la maison décrépie d’un oncle suicidé, au fin fond du sud des Etats-Unis. On sait comment ça va finir au bout de 20 minutes et les 90 suivantes sont longues à mourir. Seule subsiste de cette purge abominable la performance de Jennifer Lawrence, toujours bluffante dans les rôles borderlines.
Apex
Le pitch
Alors qu’elle teste ses limites en solo dans la nature sauvage australienne, une femme en deuil (Charlize Theron) se retrouve prise en chasse par un tueur qui a fait d’elle sa proie…
Ce qu’on en pense
Un survival comme on les aime (court et tendu) avec Charlize Theron en alpiniste et kayakiste de l’extrême dans des paysages australiens à couper le souffle. La réalisation, signée Baltasar Kormákur, multiplie les morceaux de bravoure sur un scénario sans surprise, mais efficace. Une bonne production Netflix, quelque part entre Delivrance et Cliffhanger.
Polvo Serán
Par Ph.D
Le pitch
Claudia (Angela Molina), septuagénaire atteinte d’une maladie en phase terminale, décide de se rendre en Suisse pour un suicide assisté. Elle entreprend ce voyage sans retour aux côtés de Flavio (Alfredo Castro) , son compagnon depuis quarante ans, tandis que Violeta (Monica Almirall), leur fille cadette, doit assumer le rôle de médiatrice entre eux et gérer tout ce qu’ils laissent derrière eux…
Ce qu’on en pense
L’adoption récente d’une loi sur le suicide assisté a visiblement marqué la société espagnole. Après Almodovar (La Chambre d’à côté), Carlos Marques-Marcet se frotte au sujet avec cet étonnant drame sur la fin de vie teinté de comédie musicale qui met en scène deux stars ibériques, Angela Molina et Alfredo Castro, dans le rôle des époux qui ont fait le choix de mourir ensemble. Pour eux, la situation est plus compliquée que pour Tilda Swinton dans le film d’Almodovar. Ils ont une fille ensemble qui vit encore avec eux et deux autres enfants séparément, qui se sont éloignés. Tous sont adultes, mais pas forcément capables d’accepter la décision du couple avec sérénité. Le film suit les préparatifs du départ dans une mise en scène sophistiquée, avec des scènes chantées et chorégraphiées qui rappellent que le couple s’est formé dans le milieu du spectacle (lui était metteur en scène, elle actrice et danseuse). A contrario, le dernier acte, presque documentaire, se passe en Suisse et le moins qu’on puisse d’y dire est qu’il ne glamorise pas le protocole. De quoi donner à réfléchir longtemps après la fin de la séance.
Le 13e round
Par Ph.D
Le pitch
Un ancien champion de boxe (Helmi Dridi), retiré du ring pour sa famille, est contraint d’affronter son passé lorsque son jeune fils est atteint d’une maladie grave.
Ce qu’on en pense
La Guerre est déclarée, version tunisienne. La boxe n’est là que pour faire genre (le réalisateur se prénomme Mohamed Ali) et justifier quelques jolies images oniriques. Invoquer le passé d’addiction du père ne sert pas à grand chose non plus. Au final, le film ne dépasse pas le niveau d’un téléfilm sur les cancers infantiles. On a très vite envie de jeter l’éponge…
Un Balcon à Limoges
Par Ph.D
Le pitch
Gladys Choseille (Fabienne Babe), une femme d’une cinquantaine d’années, vit à l’écart de la société, sans logement, sans carte Vitale, sans banque. Rien ne compte pour elle, même pas le sexe, l’alcool et la danse qu’elle pratique pourtant avec une frénésie joyeuse. Un matin, elle rencontre par hasard une amie de lycée, Eugénie Flan (Anne Lise Heimbuger), qui va tenter de l’aider contre sa volonté…
Ce qu’on en pense
Entre Claude Chabrol et Paul Vecchiali, un drôle de polar provincial qui offre à Fabienne Babe un joli rôle de femme farouchement indépendante, face à une excellente et inquiétante Anne Lise Heimburger. Pour amateurs de cinéma français estampillé « Art et Essai »…
Dalloway
Par J.V
Le pitch
Clarissa (Cécile de France) , romancière en mal d’inspiration, rejoint une résidence d’artistes prestigieuse à la pointe de la technologie. Elle trouve en Dalloway (Mylène Farmer), son assistante virtuelle, un soutien et même une confidente qui l’aide à écrire. Mais peu à peu, Clarissa éprouve un malaise face au comportement de plus en plus intrusif de son IA, renforcé par les avertissements complotistes d’un autre résident. Se sentant alors surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes. Menace réelle ou délire paranoïaque ?
Ce qu’on en pense
Adapté du roman de Tatiana de Rosnay, Les Fleurs de l’ombre, le nouveau film de Yann Gozlan (Boite Noire) joue la carte du thriller paranoïaque pour dénoncer les dangers de l’Intelligence Artificielle. Une tentative assez ratée, que la présence de Cécile de France dans le rôle principal et la voix de Mylène Farmer dans celui de Dalloway ne suffisent pas à sauver de ses lourdeurs et de ses maladresses.
Nous l’orchestre
Par Ph.D
Le pitch
Comment jouer ensemble sans se sentir disparaître dans la masse ? Comment cohabiter si longtemps sans que le groupe explose ? Quel rôle joue vraiment le chef d’orchestre ? Pour la première fois, caméras et micros se faufilent parmi les 120 musiciens de l’Orchestre de Paris, à la Philharmonie, sous la baguette de leur jeune chef prodige, Klaus Mäkelä ou de chefs invités.
Ce qu’on en pense
Après Indes Galantes, dans lequel il filmait une adaptation de Rameau par une troupe de danseurs urbains pour l’Opéra de Paris, Philippe Béziat a disséminé ses caméras et ses micros (une centaine!) au milieu des musiciens de l’orchestre de la Philharmonie de Paris. Nous l’orchestre n’est pourtant ni un reportage, ni une galerie de portraits de musiciens, ni un documentaire sur des répétitions d’orchestre: c’est une véritable expérience de cinéma. Le spectateur est immergé au sein de l’orchestre. Il voit ce que voient les musiciens et, surtout, il entend ce qu’ils entendent. Lorsqu’une bassoniste raconte qu’elle doit regarder les doigts des violoncellistes pour rester à l’unisson car son instrument fait trop de bruit pour les entendre, le spectateur en est le témoin auditif. Lorsque les musiciens parlent face caméra, leurs propos sont le plus souvent retranscrit sur des cartons comme dans un film muet pour ne pas interrompre le flot de musique (Bartok, Chostakovitch, Stravinsky, Ravel… Que des tubes !). Par contre, on les entend lorsqu’ils échangent entre eux en tournant les pages de leurs partitions. Comme lorsqu’un d’entr’eux note « Il n’est pas venu pour faire de la figuration » en découvrant épaté comment le jeune chef Klaus Mäkelä s’investit corps et âme dans la conduite de l’orchestre. On voit aussi le regard admiratif d’un vieux routiers de la formation devant la conduite minimaliste d’Herbert Blomstedt (« 97 ans et il a tout dans la tête!« ). Et nul besoin d’être mélomane pour apprécier cette extraordinaire plongée dans le moteur d’un orchestre de 120 musiciens qui, au moindre coup de baguette, décolle et vire comme un Alpha Jet. A la fin du film, on ne peut s’empêcher d’applaudir la performance. Bravissimo !
Pour le meilleur
Par Ph.D
Le pitch
L’incroyable histoire d’amour entre Philippe Croizon (Pierre Rabine) , un homme privé de ses quatre membres et de Suzana (Lily Fleur Pointeaux) , une femme qui va lui redonner l’énergie et la possibilité d’avoir encore des rêves, dont celui de traverser la Manche à la nage.
Ce qu’on en pense
Porté par la prestation solaire de Lily Fleur Pointeaux, ce biopic touchant de Philippe Croizon signé Marie-Castille Mention Schaar (Le Ciel attendra, Divertimento) met en scène le parathléte quadri-amputé Pierre Rabine dans le premier rôle. Un choix payant pour la crédibilité du film, véritable hymne à l’amour, au couple et au courage partagé. Les scènes de nage en mer ont été filmés dans le Var, près de Toulon.
Michael
Par PH.D
Le pitch
L’histoire de Michael Jackson (Jafaar Jackson) au-delà de la musique, depuis la découverte d’un talent hors du commun en tant que leader des Jackson Five, jusqu’à l’artiste visionnaire dont l’ambition créative a alimenté une quête incessante pour devenir le plus grand artiste au monde.
Notre avis
Un biopic de Michael Jackson, pour quoi faire ? Sa vie et son oeuvre ont déjà fait l’objet de nombreux documentaires, ses prestations scéniques ont largement été filmées, ses clips sont entrés dans l’histoire et tout le monde sait que des soupçons de pédophilie ont plombé sa fin de carrière. Pour quoi faire alors? Des sous, pardi ! Universal Pictures et la famille Jackson espèrent au bas mot 700 millions de recettes pour cet « hagiopic » confié à un spécialiste du blockbuster US, Antoine Fuqua, dont le nom évoque plus une marque de laxatif qu’un possible chef d’oeuvre cinématographique. Le film retrace la carrière du King of Pop de ses débuts avec les Jackson Five à la sortie de Bad, ce qui permet fort avantageusement d’éviter d’aborder l’épineuse question des poursuites judiciaires. Une suite portant sur sa fin de carrière et sa mort serait envisagée, mais on se doute bien qu’elle ne verra jamais le jour… Le scénario se concentre sur la relation traumatique au père (cogneur et profiteur) et sur l’enregistrement de Thriller, avec moults reconstitutions de clips et de scènes de concerts. Jafaar Jackson, neveu de la star, est parfaitement crédible dans la rôle, mais il est loin d’avoir l’aura et la grâce divine de son oncle. Comme lui, la réalisation rejoue la réalité sans en avoir l’impact. Tout est convenu, déjà vu, sans originalité, profondeur, ni asperité . Heureusement, il y a les tubes qu’on a plaisir à réécouter à plein volume en Dolby stéréo.
















