Apex
Le pitch
Alors qu’elle teste ses limites en solo dans la nature sauvage australienne, une femme en deuil (Charlize Theron) se retrouve prise en chasse par un tueur qui a fait d’elle sa proie…
Ce qu’on en pense
Un survival comme on les aime (court et tendu) avec Charlize Theron en alpiniste et kayakiste de l’extrême dans des paysages australiens à couper le souffle. La réalisation, signée Baltasar Kormákur, multiplie les morceaux de bravoure sur un scénario sans surprise, mais efficace. Une bonne production Netflix, quelque part entre Delivrance et Cliffhanger.
Polvo Serán
Par Ph.D
Le pitch
Claudia (Angela Molina), septuagénaire atteinte d’une maladie en phase terminale, décide de se rendre en Suisse pour un suicide assisté. Elle entreprend ce voyage sans retour aux côtés de Flavio (Alfredo Castro) , son compagnon depuis quarante ans, tandis que Violeta (Monica Almirall), leur fille cadette, doit assumer le rôle de médiatrice entre eux et gérer tout ce qu’ils laissent derrière eux…
Ce qu’on en pense
L’adoption récente d’une loi sur le suicide assisté a visiblement marqué la société espagnole. Après Almodovar (La Chambre d’à côté), Carlos Marques-Marcet se frotte au sujet avec cet étonnant drame sur la fin de vie teinté de comédie musicale qui met en scène deux stars ibériques, Angela Molina et Alfredo Castro, dans le rôle des époux qui ont fait le choix de mourir ensemble. Pour eux, la situation est plus compliquée que pour Tilda Swinton dans le film d’Almodovar. Ils ont une fille ensemble qui vit encore avec eux et deux autres enfants séparément, qui se sont éloignés. Tous sont adultes, mais pas forcément capables d’accepter la décision du couple avec sérénité. Le film suit les préparatifs du départ dans une mise en scène sophistiquée, avec des scènes chantées et chorégraphiées qui rappellent que le couple s’est formé dans le milieu du spectacle (lui était metteur en scène, elle actrice et danseuse). A contrario, le dernier acte, presque documentaire, se passe en Suisse et le moins qu’on puisse d’y dire est qu’il ne glamorise pas le protocole. De quoi donner à réfléchir longtemps après la fin de la séance.
Le 13e round
Par Ph.D
Le pitch
Un ancien champion de boxe (Helmi Dridi), retiré du ring pour sa famille, est contraint d’affronter son passé lorsque son jeune fils est atteint d’une maladie grave.
Ce qu’on en pense
La Guerre est déclarée, version tunisienne. La boxe n’est là que pour faire genre (le réalisateur se prénomme Mohamed Ali) et justifier quelques jolies images oniriques. Invoquer le passé d’addiction du père ne sert pas à grand chose non plus. Au final, le film ne dépasse pas le niveau d’un téléfilm sur les cancers infantiles. On a très vite envie de jeter l’éponge…
Un Balcon à Limoges
Par Ph.D
Le pitch
Gladys Choseille (Fabienne Babe), une femme d’une cinquantaine d’années, vit à l’écart de la société, sans logement, sans carte Vitale, sans banque. Rien ne compte pour elle, même pas le sexe, l’alcool et la danse qu’elle pratique pourtant avec une frénésie joyeuse. Un matin, elle rencontre par hasard une amie de lycée, Eugénie Flan (Anne Lise Heimbuger), qui va tenter de l’aider contre sa volonté…
Ce qu’on en pense
Entre Claude Chabrol et Paul Vecchiali, un drôle de polar provincial qui offre à Fabienne Babe un joli rôle de femme farouchement indépendante, face à une excellente et inquiétante Anne Lise Heimburger. Pour amateurs de cinéma français estampillé « Art et Essai »…
Dalloway
Par J.V
Le pitch
Clarissa (Cécile de France) , romancière en mal d’inspiration, rejoint une résidence d’artistes prestigieuse à la pointe de la technologie. Elle trouve en Dalloway (Mylène Farmer), son assistante virtuelle, un soutien et même une confidente qui l’aide à écrire. Mais peu à peu, Clarissa éprouve un malaise face au comportement de plus en plus intrusif de son IA, renforcé par les avertissements complotistes d’un autre résident. Se sentant alors surveillée, Clarissa se lance secrètement dans une enquête pour découvrir les réelles intentions de ses hôtes. Menace réelle ou délire paranoïaque ?
Ce qu’on en pense
Adapté du roman de Tatiana de Rosnay, Les Fleurs de l’ombre, le nouveau film de Yann Gozlan (Boite Noire) joue la carte du thriller paranoïaque pour dénoncer les dangers de l’Intelligence Artificielle. Une tentative assez ratée, que la présence de Cécile de France dans le rôle principal et la voix de Mylène Farmer dans celui de Dalloway ne suffisent pas à sauver de ses lourdeurs et de ses maladresses.
Nous l’orchestre
Par Ph.D
Le pitch
Comment jouer ensemble sans se sentir disparaître dans la masse ? Comment cohabiter si longtemps sans que le groupe explose ? Quel rôle joue vraiment le chef d’orchestre ? Pour la première fois, caméras et micros se faufilent parmi les 120 musiciens de l’Orchestre de Paris, à la Philharmonie, sous la baguette de leur jeune chef prodige, Klaus Mäkelä ou de chefs invités.
Ce qu’on en pense
Après Indes Galantes, dans lequel il filmait une adaptation de Rameau par une troupe de danseurs urbains pour l’Opéra de Paris, Philippe Béziat a disséminé ses caméras et ses micros (une centaine!) au milieu des musiciens de l’orchestre de la Philharmonie de Paris. Nous l’orchestre n’est pourtant ni un reportage, ni une galerie de portraits de musiciens, ni un documentaire sur des répétitions d’orchestre: c’est une véritable expérience de cinéma. Le spectateur est immergé au sein de l’orchestre. Il voit ce que voient les musiciens et, surtout, il entend ce qu’ils entendent. Lorsqu’une bassoniste raconte qu’elle doit regarder les doigts des violoncellistes pour rester à l’unisson car son instrument fait trop de bruit pour les entendre, le spectateur en est le témoin auditif. Lorsque les musiciens parlent face caméra, leurs propos sont le plus souvent retranscrit sur des cartons comme dans un film muet pour ne pas interrompre le flot de musique (Bartok, Chostakovitch, Stravinsky, Ravel… Que des tubes !). Par contre, on les entend lorsqu’ils échangent entre eux en tournant les pages de leurs partitions. Comme lorsqu’un d’entr’eux note « Il n’est pas venu pour faire de la figuration » en découvrant épaté comment le jeune chef Klaus Mäkelä s’investit corps et âme dans la conduite de l’orchestre. On voit aussi le regard admiratif d’un vieux routiers de la formation devant la conduite minimaliste d’Herbert Blomstedt (« 97 ans et il a tout dans la tête!« ). Et nul besoin d’être mélomane pour apprécier cette extraordinaire plongée dans le moteur d’un orchestre de 120 musiciens qui, au moindre coup de baguette, décolle et vire comme un Alpha Jet. A la fin du film, on ne peut s’empêcher d’applaudir la performance. Bravissimo !
Pour le meilleur
Par Ph.D
Le pitch
L’incroyable histoire d’amour entre Philippe Croizon (Pierre Rabine) , un homme privé de ses quatre membres et de Suzana (Lily Fleur Pointeaux) , une femme qui va lui redonner l’énergie et la possibilité d’avoir encore des rêves, dont celui de traverser la Manche à la nage.
Ce qu’on en pense
Porté par la prestation solaire de Lily Fleur Pointeaux, ce biopic touchant de Philippe Croizon signé Marie-Castille Mention Schaar (Le Ciel attendra, Divertimento) met en scène le parathléte quadri-amputé Pierre Rabine dans le premier rôle. Un choix payant pour la crédibilité du film, véritable hymne à l’amour, au couple et au courage partagé. Les scènes de nage en mer ont été filmés dans le Var, près de Toulon.
Michael
Par PH.D
Le pitch
L’histoire de Michael Jackson (Jafaar Jackson) au-delà de la musique, depuis la découverte d’un talent hors du commun en tant que leader des Jackson Five, jusqu’à l’artiste visionnaire dont l’ambition créative a alimenté une quête incessante pour devenir le plus grand artiste au monde.
Notre avis
Un biopic de Michael Jackson, pour quoi faire ? Sa vie et son oeuvre ont déjà fait l’objet de nombreux documentaires, ses prestations scéniques ont largement été filmées, ses clips sont entrés dans l’histoire et tout le monde sait que des soupçons de pédophilie ont plombé sa fin de carrière. Pour quoi faire alors? Des sous, pardi ! Universal Pictures et la famille Jackson espèrent au bas mot 700 millions de recettes pour cet « hagiopic » confié à un spécialiste du blockbuster US, Antoine Fuqua, dont le nom évoque plus une marque de laxatif qu’un possible chef d’oeuvre cinématographique. Le film retrace la carrière du King of Pop de ses débuts avec les Jackson Five à la sortie de Bad, ce qui permet fort avantageusement d’éviter d’aborder l’épineuse question des poursuites judiciaires. Une suite portant sur sa fin de carrière et sa mort serait envisagée, mais on se doute bien qu’elle ne verra jamais le jour… Le scénario se concentre sur la relation traumatique au père (cogneur et profiteur) et sur l’enregistrement de Thriller, avec moults reconstitutions de clips et de scènes de concerts. Jafaar Jackson, neveu de la star, est parfaitement crédible dans la rôle, mais il est loin d’avoir l’aura et la grâce divine de son oncle. Comme lui, la réalisation rejoue la réalité sans en avoir l’impact. Tout est convenu, déjà vu, sans originalité, profondeur, ni asperité . Heureusement, il y a les tubes qu’on a plaisir à réécouter à plein volume en Dolby stéréo.
Soumsoum
Par Ph.D
Le pitch
Dans un village isolé du Tchad, Kellou (Maimouna Miawama) est traversée par des visions qu’elle ne comprend pas. Grâce à sa rencontre avec Aya (Achouackh Abakar Souleymane), une exilée aux secrets douloureux, elle va découvrir une autre façon de regarder son passé, ses rêves et son village. Mais en prenant la défense d’Aya, que le chef du village tente de chasser, elle se heurte à la peur et à la colère des habitants, et devra se battre pour garder sa liberté.
Ce qu’on en pense
Le nouveau film du cinéaste Tchadien Mahamat Saleh Haroun a été tourné sur le plateau de l’Ennedi, dans le Nord-Est du Tchad, site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses décors extra terrestres. On y suit les efforts désespérés de la jeune héroïne (Maimouna Miawama, une découverte) pour échapper au poids des croyances et au patriarcat. Empreint de réalisme magique et d’une grande beauté formelle, le film n’échappe, hélas, pas au manichéïsme et l’ennui guette le spectateur au détour des sublimes structures minérales du désert tchadien.
Vil & Misérable
Par Ph.D
Le pitch
Lucien (Fabien Cloutier) est un diable morose descendu sur Terre il y a plus de 350 ans. Libraire passionné par son métier, il voit sa tranquillité perturbée par l’arrivée de Daniel (Pier-Luc Funk), un collègue humain et enthousiaste. Contraints de faire équipe pour sauver leur librairie, ils se retrouvent malgré eux au cœur d’une mission improbable.
Ce qu’on en pense
Adapté de la bande dessinée québécoise éponyme de Samuel Cantin, Vil & Misérable distille un humour absurde à la Fabcaro. On peine toutefois à s’intéresser aux péripéties tragicomiques qui émaillent la quête des deux héros. La faute sans doute à une réalisation tout juste digne d’ une webserie.
Caravane
Par J.V
Le Pitch
Ester (Aňa Geislerovà) élève seule David (David Vostrčil), son fils, atteint d’une déficience intellectuelle. En vacances chez des amis en Italie, la tension monte après une crise de David. Ils se retrouvent exilés dans une vieille caravane au fond du jardin. C’en est trop pour Ester. Sur un coup de tête, ils prennent la route. Quand Zuza (Juliana Olhová), jeune routarde sans préjugés, embarque à leurs côtés, un trio bancal mais sincère se forme, entre joie fragile et liberté inattendue…
Ce qu’on en pense
La cinématographie n’est généralement pas la qualité principale des films sur le handicap. Caravane est l’une des exceptions qui confirment la règle. La mise en scène à la fois naturaliste et sensorielle de Zuzana Kirchnerová rend vraiment mémorable cette cavale d’une mère et son fils handicapé mental dans le sud de l’Italie. Ana Geislerova est formidable dans le rôle de mère-courage qui lui est dévolu. Un premier film prometteur qui laisse espèrer que la réalisatrice tchèque, lauréate de la Ciné Fondation à Cannes en 2009, ne mettra pas quinze ans pour réaliser son deuxième long métrage.
Affection Affection
Par Ph.D
Le pitch
Sur la Côte d’Azur, une adolescente disparaît le jour de son anniversaire. Géraldine (Agathe Bonitzer), employée municipale, s’improvise alors détective. Personne n’a rien vu mais tout le monde a son mot à dire et Géraldine aura du mal à ne pas se laisser submerger par les potins, les théories et les croyances de chacun. Et ce n’est pas le retour inopiné de sa mère (Nathalie Richard) qui va lui faciliter la tâche. Une petite ville, c’est bien connu, c’est plein de petits crimes…
Ce qu’on en pense
Ecrit à quatre mains sur le mode « marabout-bout de ficelle » et tourné en hiver entre Cavalaire et Bormes les mimosas, Affection Affection est un OFNI (objet filmique non identifié) de plus à mettre au crédit du jeune cinéma français. Cela débute comme une série Netflix par la disparition d’une adolescente et de son père le soir du 17e anniversaire de la première. La jeune maîtresse du papa, Géraldine (Agathe Bonitzer, concernée et distante à la fois), est la seule à s’en inquiéter et à les rechercher. C’est « Géraldine détective« , dans un film à la Rivette. Sur ces entrefaites, réapparaît la mère de l’héroïne (Nathalie Richard) qu’elle n’a plus vu depuis ses 17 ans (elle en a 34). Outre l’ambiance « hors saison » de cette fausse station balnéaire constituée de plusieurs communes varoises, les deux scénaristes-réalisateurs semblent avoir bloqué sur l’homophonie mer-mère-maire (le père de la disparue est le premier magistrat du village) et sur les phénomènes d’apparition-disparition. Des trois « mer-mères-maire », seule la mer reste dans le cadre. Les autres ont une fâcheuse tendance à se noyer ou à disparaître. Assez vite, la réalité se brouille et l’enquête avance comme dans un rêve nocturne. Le spectateur pourra trouver ça barré, drôle et charmant ou sans queue ni tête, selon son humeur du moment ou son degré de cinéphilie, mais il lui sera difficile de ne pas avoir d’affection (affection) pour les protagonistes de ce petit film qui sent bon le maquis et les embruns.
La Corde au cou
Par Ph.D
Le pitch
Ceci est l’histoire vraie de Tony Kiritsis (Bill Skarsgård), un homme ruiné à cause d’un emprunt. A Indianapolis, le 8 février 1977, il kidnappe le fils du courtier responsable de sa situation. Il réclame 5 millions de dollars et des excuses. La prise d’otage va durer 63 heures, sous les yeux de la télévision locale, puis nationale. L’Amérique se passionne pour cette affaire. Chacun choisit son camp. Tony est-il un criminel, ou simplement une victime qui réclame justice ?
Ce qu’on en pense
Gus Van Sant est de retour avec cet hommage à Un après midi de chien (Sydney Lumet 1975) dans lequel on retrouve Al Pacino pour deux scènes géniales. Dans le rôle du preneur d’otage, Bill Skarsgård inscrit son nom juste après celui de son modèle dans la liste des grandes performances du genre. La réalisation, à la patine trés seventies, est aussi un bel hommage au nouvel Hollywood et donnera, on l’espère envie aux plus jeunes cinéphiles de découvrir cette riche période du cinéma US. Dommage que la dénonciation du capitalisme sauvage (certes d’actualité avec l’affaire Luigi Mangione), manque d’acuité et empêche le film de dépasser le niveau de l’exercice de style (très) réussi.
Truly Naked
Par Ph.D
Le pitch
Alec (Caolan O’Gorman) vit seul avec son père Dylan (Andrew Howard) , acteur et producteur de films X. Comme il travaille à domicile, Alec a été exposé depuis son plus jeune âge à la pornographie. Depuis quelque temps, c’est même lui qui tient la caméra pour filmer les ébats de son père. Le quotidien du lycéen devient difficile à dissimuler lorsqu’il se rapproche de Nina (Safiya Benaddi) , une camarade de classe…
La sexualité des adolescents à l’épreuve de la pornographie : la réalisatrice Muriel d’Ansembourg s’empare du sujet avec frontalité. Plusieurs scènes, très crues, provoquent le malaise chez le spectateur, transformé bon gré mal gré en voyeur. Heureusement, les deux jeunes acteurs apportent un peu de fraicheur et d’innocence à cet environnement plutôt glauque.
Hayat
Par Ph.D
Le pitch
Contrainte à un mariage arrangé, Hicran (Miray Daner) s’enfuit de chez elle. Inquiété par sa disparition, son supposé fiancé Riza (Burak Dakak) quitte son village pour Istanbul, à la recherche de celle qu’il n’a pas eu le temps de connaître. Face à la réalité d’un monde masculin qui veut la soumettre, Hicran s’abandonne à son destin…
Ce qu’on en pense
Achevé en 2023 et choisi pour représenter son pays aux Oscars 2025, ce beau film Turc sort enfin en France: cela valait la peine d’attendre. Sa durée (2h40), ne doit pas décourager les bonnes volontés, on ne s’y ennuie jamais. L’histoire- classique dénonciation du patriarcat – ne cesse d’évoluer et de surprendre. La réalisation est digne de Nuri Bilge Ceylan, en plus dynamique. On est cueilli par la beauté des images et des cadres. Un nouveau grand du cinéma Turc est né. Retenez son nom : Zeki Demirkubuz.
















