Vie privée
Par J.V
Le pitch
Lilian Steiner ( Jodie Foster) est une psychiatre reconnue. Quand elle apprend la mort de l’une de ses patientes, elle se persuade qu’il s’agit d’un meurtre. Troublée, elle décide de mener son enquête
Ce qu’on en pense
Après avoir fait tourner Natalie Portman et Lily Rose Depp dans Planetarium (2016), Rebecca Slowtowski offre à Jodie Foster son premier grand rôle dans un film français. Celui d’une psy menant l’enquête, veine frontale apparente, sur le suicide d’une de ses patientes. Un thriller Hitchcoco-Allenien , dans lequel la star américaine, au français si parfait qu’il lui faut l’émailler de charmants « shit » et « fuck » pour qu’on ne doute pas de ses origines américaines, partage l’affiche avec le gratin du cinéma français (Daniel Auteuil et Virginie Effira en l’occurence). On aurait tort de s’en priver !
Silver Star
Par Ph.D
Le pitch
Billie (Troy Leigh-Anne Johnson), jeune Afro-Américaine introvertie, garçon manqué, un œil en moins, décide de braquer une banque pour aider ses parents dans le besoin. La situation tourne au fiasco et elle prend en otage Franny ( Grace Van Dien), 18 ans, enceinte jusqu’aux dents, un caractère bien trempé et plus rien à perdre. Ensemble, elles se lancent dans une cavale électrique à travers les grands espaces américains, en quête d’un avenir meilleur.
Ce qu’on en pense
Onze ans après leur premier effort (Swim Litte Fish Swim), les français Ruben Amar et Lola Bessis récidivent avec un deuxième long métrage « américain« . Une sorte de Thelma et Louise indé qui tient en grande partie sur les performances de deux formidables jeunes actrices : Troy Leigh-Anne Johnson dans le rôle de la braqueuse et Grace Van Dien dans celui de son otage-complice. Un road movie au féminin sur la sororité qui tient en haleine jusqu’au bout et mérite son titre.
Bugonia
Par J.V
Le pitch
Deux jeunes hommes obsédés par les théories du complot kidnappent la PDG d’une grande entreprise (Emma Stone), convaincus qu’elle est une extraterrestre déterminée à détruire la planète Terre…
After the Hunt
Par Ph.D
Le Pitch
Une professeure d’université (Julia Roberts) est confrontée à un tournant personnel et professionnel lorsqu’une de ses étudiantes à Yale (Ayo Edebiri) porte une accusation d’agression sexuelle contre l’un de ses collègues et ami (Andrew Garfield), après une soirée arrosée passée chez elle et son mari (Michael Stuhlbarg)…
Ce qu’on en pense
Après les succès en salles que furent Call Me By Your Name et Challengers, c’est, étonnamment, sur la plateforme de streaming d’Amazon (Prime Video) qu’il faut aller voir le nouveau film de Luca Guadagnino, au casting pourtant prestigieux (Julia Roberts, Andrew Garfield, Chloé Sevigny, Michael Stuhlbarg, Ayo Edebiri) et à la réalisation toujours aussi lêchée. Plombé par de longs tunnels de dialogues philosophiques, le film risque de décourager les impatients. Pourtant, le sujet (les relations post-MeToo dans les milieux intellectuels) et son traitement, façon thriller psychologique, valent la peine qu’on aille au bout des 2h30 de film. Julia Roberts, en prof à la fois cassante et brisée, y fait une de ses meilleures compositions récentes.
Brûle le sang
Par Ph.D
Le Pitch
Dans les quartiers populaires de Nice, un pilier de la communauté géorgienne locale se fait assassiner. Son fils Tristan (Florent Hill), qui aspire à devenir prêtre orthodoxe, se retrouve seul avec sa mère en deuil. C’est alors que réapparaît Gabriel (Nicolas Duvauchelle), le grand frère au passé sulfureux, qui revient d’un long exil dans le but de se racheter en lavant l’honneur de sa famille.
Ce qu’on en pense
Arrivé à Nice à l’âge de 13 ans, Akaki Popkhadze s’est largement inspiré de son environnement social et familial pour sa première réalisation : un polar entièrement tourné à Nice, en immersion dans la communauté géorgienne sur une BO électro envoutante (Guillaume Ferran) enregistrée à Miraval. Produit localement par Sébastien Aubert (Adastra) et inspiré des premiers James Gray, ce « Little Odessa niçois » bénéficie d’un casting de choix avec Nicolas Duvauchelle, Finnegan Oldfield et Denis Lavant. Mais ce sont surtout les acteurs locaux qui impressionnent, ainsi que la manière dont sont filmés les quartiers populaires de la capitale azuréenne. Malgré quelques maladresses, le film constitue un premier essai particulièrement prometteur à voir en streaming sur Prime Vidéo.
Ballad of a Small Player
Par Ph.D
Le pitch
Un joueur invétéré (Colin Farrell) ruiné, erre dans les casinos de Macao après que son passé et ses dettes l’ont rattrapé. Traqué par une détective privée (Tilda Swinton), il rencontre un esprit semblable (Fala Chen) qui pourrait bien détenir la clé de son salut…
Ce qu’on en pense
Sur le papier, Ballad of a Small Player a tout pour plaire : un réalisateur fiable (Edward Berger auquel on doit les excellents Conclave et A l’Ouest rien de nouveau), deux stars (Colin Farrel et Tilda Swinton) et le décor des casinos de Macao. A l’arrivée, l’impression est pourtant mitigée. L’immersion dans l’enfer du jeu est réussie, avec des images splendides de Macao et de ses casinos. Mais le scénario semble avoir été écrit au fur et à mesure du tournage, sans idée directrice. Comme son héros, le film flotte entre deux eaux. Du coup, les acteurs en font des tonnes, à commencer par Colin Farrel en accro au jeu cardiaque, suant et grimaçant. Tilda Swinton, en détective privée British psycho rigide, semble s’être trompée de plateau (et de costume) avec un film de Wes Anderson. Fala Chen est, paradoxalement, la seule à donner chair à son personnage d’ange gardien(ne) fantomatique. Malgré tout, cette production Netflix reste, cinématographiquement très au dessus de la moyenne. Vous pouvez miser dessus pour une après-midi pluvieuse. PS : ne zappez pas le générique de fin, la meilleure scène du film s’y trouve.
Dossier 137
Par Ph.D
Le pitch
Le dossier 137 est en apparence une affaire de plus pour Stéphanie (Lea Drucker), enquêtrice à l’IGPN, la police des polices. Une manifestation tendue, un jeune homme blessé par un tir de LBD, des circonstances à éclaircir pour établir une responsabilité… Mais un élément inattendu va troubler Stéphanie, pour qui le dossier 137 devient autre chose qu’un simple numéro.
Ce qu’on en pense
En compétition à Cannes 2025 avec ce film sur une bavure policière traitée par l’IGPN, Dominik Moll a déçu ses fans. Difficile de reconnaître, en effet, la patte du réalisateur d’Harry, un ami qui vous veut du bien, de Lemming et de La Nuit du 12 dans ce gros téléfilm-dossier sans la moindre originalité. La publication récente d’un nouveau rapport sur les violences policières et leur traitement par la police des polices, fournit toutefois prétexte pour réévaluer le film et conseiller tout de même d’aller le voir. Ne serait-ce que pour la prestation de la toujours parfaite Lea Drucker
L’Arbre de la connaissance
Par Ph.D
Le pitch
Gaspar, un adolescent de Lisbonne, tombe entre les mains de L’Ogre, un homme ayant fait un pacte avec le Diable. Il utilise le garçon pour attirer des touristes qu’il transforme en animaux pour les manger. Gaspar s’échappe avec un chien et une ânesse dont il va tomber amoureux…
Le quatrième long métrage d’ Eugène Green est un conte pour enfants pas sages qui pourfend joyeusement la vulgarité contemporaine, le capitalisme et le tourisme de masse. On y suit, en plans fixes, l’errance d’un jeune fugueur dans Lisbonne et ses environs baignés de soleil. Il y rencontre un ogre qui transforme les touristes en animaux, une reine férue de révolution française et une sorcière volante. C’est charmant et drôle. Les âmes enfantines goûteront la fable à sa juste valeur. Les autres apprendront avec intérêt que le Diable est critique de cinéma !
Jean Valjean
Par J.V
Le pitch
1815. Jean Valjean (Gregory Gadebois) sort du bagne, brisé, rejeté de tous. Errant sans but, il trouve refuge chez un homme d’Église (Bernard Campan), sa sœur et leur servante. Face à cette main tendue, Jean Valjean vacille et, dans cette nuit suspendue, devra choisir qui il veut devenir.
Ce qu’on en pense
L’excellent Gregory Gadebois endosse le pardessus élimé de Jean Valjean dans ce prequel des Misérables signé Eric Besnard (Comme un fils, Louise Violet). Une bonne idée, meilleure en tout cas que celle d’opter pour une narration éclatée un peu confuse qui colle mal avec une mise en scène très académique et une voix off plombante. Hasard du calendrier des sorties, ce Valjean précède de quelques semaines celui qu’interprétera Vincent Lindon dans l’adaptation des Misérables de Fred Cavayé. On saura donc ce qui s’est passé entre sa sortie du bagne et sa rencontre avec Cosette.
Running Man
Par J.V
Le pitch
Dans un futur proche, The Running Man est l’émission numéro un à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, appelés les Runners, doivent échapper pendant 30 jours à des tueurs professionnels, sous l’œil avide d’un public captivé. Chaque jour passé augmente la récompense à la clé — et procure une dose d’adrénaline toujours plus intense. Ben Richards (Glen Powell), ouvrier désespéré prêt à tout pour sauver sa fille gravement malade, accepte l’impensable : participer à ce show mortel, poussé par Dan Killian (Josh Brolin) , son producteur aussi charismatique que cruel. Mais personne n’avait prévu que Ben, par sa rage de vivre, son instinct et sa détermination, devienne un véritable héros du peuple… et une menace pour tout le système. Alors que les audiences explosent, le danger monte d’un cran. Ben devra affronter bien plus que les Hunters : il devra faire face à un pays entier accro à le voir tomber.
Ce qu’on en pense
Edgar Wright (Baby Driver, Shaun of the Dead) est aux commandes de ce remake du film de 1987 avec Arnold Schwartznegger. Son adaptation du roman de Stephen King est plus fidèle à l’original et c’est lee nouveau action-hero d’Hollywood, Glen Powel (Top Gun : Maverick), qui endosse le costume du Runner, pourchassé par un pays entier à la soif de sang attisée par un méchant network et son méchant producteur (Josh Prolin). Action et adrénaline à gogo pour ce Blockbuster qu’on croirait avoir été oublié sur une étagère des années 80. N’empêche, le portrait de l’Amérique (que Stephen King situait en… 2025 !) n’est pas trés éloigné de celle qu’on connait : une société monstrueusement inégalitaire et violente, aux mains d’une oligarchie de milliardaires de la tech et des médias…
Kika
Par Ph.D
Le Pitch
Assistante sociale à Bruxelles, Kika (Manon Clavel) craque pour un réparateur de vélo du quartier, quitte le père de sa fille et s’installe avec son amant. Lorsque celui-ci décède prématurément d’un AVC, elle est enceinte de lui et se retrouve à la rue. Pour oublier son chagrin et se refaire financièrement, Kika devient travailleuse du sexe, tendance BDSM. Investie dans cette activité dont elle ignore à peu près tout, elle entame sa remontée vers la lumière…
Ce qu’on en pense
De travailleuse sociale à travailleuse du sexe, il n’y a qu’un pas, comme le remarque avec justesse une des prostituées du film. Sauf que le tapin rapporte nettement plus que le social ! C’est le rapide calcul que fait Kika, l’héroïne du premier long métrage de fiction d’Alexe Poukine. Pour se sortir de la panade financière où l’ont mis ses élans du coeur, elle abandonne l’open-space surpeuplé du centre social où elle travaillait, pour le nettement plus feutré donjon BDSM d’un hôtel de passe. Rien ne la prédestinait à jouer les dominatrices, mais elle s’y applique avec la même volonté que pour aider ses « bénéficiaires » à obtenir une aide de l’Etat. Elle apprendra, ce faisant, que les caresses sont parfois plus douloureuses que les coups de fouet, mais que l’empathie aide quand même bien à faire son deuil... Kika est un film vagabond, qui passe du social, à la comédie romantique, au mélo et au film de bordel, en deux élipses et un claquement de fouet. Venue du documentaire, la réalisatrice filme juste (mais beau) et déjoue tous les clichés des genres qu’elle visite avec la légèreté d’une libellule. En Belle de jour prolo sans la moindre once de perversité, Manon Clavel crève l’écran. Quelle (Ki)claque !
La Bonne étoile
Par Ph.D
Le pitch
France 1940, Jean Chevalin (Benoit Poelvoorde) et sa famille vivent dans la misère après que ce dernier a jugé bon de déserter. La situation n’est plus tenable. Convaincu que « certains » s’en sortent mieux, Chevalin a une brillante idée : se faire passer pour juifs afin de bénéficier de l’aide des passeurs pour accéder à la zone libre. De malentendus en révélations, il va entrainer sa famille dans ce grand périple qui déconstruira ses préjugés un à un…
Ce qu’on en pense
Pari risqué que celui tenté par Pascal Elbé pour son 4e long métrage en tant que réalisateur : celui de faire rire (et d’émouvoir) avec une comédie historique dont le héros veule, raciste et pitoyable, ne trouve rien de plus malin que de se faire passer pour juif en pleine seconde guerre mondiale… Pari à moitié gagné grâce à un casting attachant (Benoit Poelvoorde, Audrey Lamy, Zabou Breitman). Mais à moitié seulement car, au bout du compte, on continue à se demander si le jeu en valait la chandelle. Génant.
Les Aigles de la République
Par Ph.D
Le pitch
George Fahmy (Fares Fares) l’acteur le plus adulé d’Egypte, est contraint par les autorités du pays d’incarner le président Sissi dans un film à la gloire du leader. Il se retrouve ainsi plongé dans le cercle étroit du pouvoir. Comme un papillon de nuit attiré par la lumière, il entame une liaison avec Suzanne (Zineb Triki) la mystérieuse épouse du général qui supervise le film. Mauvaise idée !
Ce qu’on en pense
Avec Les Aigles de la République Tarik Saleh termine en beauté sa trilogie du Caire . L’histoire de cet acteur iconique du cinéma égyptien (Fares Fares, parfait) contraint de tourner le biopic du président-dictateur et embarqué malgré lui dans un complot politique, est d ‘autant plus effrayante qu’elle est on ne peut plus réaliste. Un thriller politique rigoureux avec lequel le réalisateur égyptien dénonce, une fois de plus, la dictature qui l’a exilé de son pays.
Six jours ce printemps-là
Par Ph.D
Le pitch
Malgré les difficultés, Sana (Eye Haïdara) tente d’offrir à ses jumeaux des vacances de printemps. Comme son projet tombe à l’eau, elle décide avec eux de séjourner sur la Côte d’Azur dans la villa luxueuse de son ex belle-famille. En cachette. Six jours de soleil qui marqueront la fin de l’insouciance…
Ce qu’on en pense
Malgré la présence au générique d’Emmanuelle Devos et Damien Bonnard, c’est bien Eye Haïdara qui porte le nouveau film de Joachim Lafosse. Devos et Bonnard n’y font que de courtes apparitions, alors qu’Haïdara est de tous les plans, dans le rôle de cette mère divorcée qui, pour offrir des vacances à ses enfants, en vient à squatter la résidence secondaire de ses ex-beaux parents dans le golfe de Saint Tropez. Inspiré par des souvenirs d’enfance très personnels, le réalisateur Belge met en scène un drame sensible sur le déclassement des parents isolés et les différences sociales.
Les Rêveurs
Par Ph.D
Le Pitch
Élisabeth (Isabelle Carré), comédienne, anime des ateliers d’écriture à l’hôpital Necker avec des adolescents en grande détresse psychologique. À leur contact, elle replonge dans sa propre histoire : son internement à 14 ans. Peu à peu, les souvenirs refont surface. Et avec eux, la découverte du théâtre, qui un jour l’a sauvée..
Ce qu’on en pense
Isabelle Carré adapte son propre roman autobiographique, traitant de son internement à l’âge de 14 ans et de la naissance de sa vocation de comédienne. Un film sensible et chaleureux, à l’image de sa réalisatrice, porté par une troupe de très jeunes comédiens particulièrement bien dirigés et soutenu par une BO rock de bon aloi (Oberkampf, Madness, Dexys Midnight Runners…).
















