Les Roches rouges
Par Ph.D
Le pitch
Sur la Côte d’Azur, deux bandes d’enfants s’affrontent à leur jeu favori : sauter des rochers rouges de l’Esterel. Géo, 5 ans à peine, découvre le temps d’un été un monde où l’amitié se mêle à la rivalité, et où les premiers élans du cœur deviennent source de tensions…
Ce qu’on en pense
La Guerre des boutons version Bruno Dumont, tournée entre Agay et Antheor dans le Var, où le réalisateur de La Vie de Jésus, de L’Humanité et de Ma Loute a vu, un jour, des gamins sauter des rochers au mépris du danger. Une image qui lui a rappelé son enfance, dans un monde moins préoccupé de sécurité et de surveillance. Cela lui a donné l’idée de ce conte moderne, dans lequel de très jeunes enfants trainent seuls sur la route, font du quad, volent les touristes, sautent des rochers et découvrent l’amitié amoureuse. Trop subversif pour le cinéma français qui a refusé de financer le film, ce qui explique un générique essentiellement portugais. Le jeunes acteurs, eux, ont été recrutés entre Nice et Saint Raphaël et ils sont tous formidables de naturel.
Garance
Par Ph.D
Le pitch
Garance (Adèle Exarchopoulos) est une jeune actrice mais qui n’est pas une vedette. Elle gère et assure tout de son mieux, vaillante, joyeuse, soldate, et elle trouve dans l’alcool un carburant, un réconfort inconditionnel. Garance change de vie et commence alors un parcours de huit ans de déménagements, de travail, de rencontres, de fêtes et d’angoisses, de joies et de coups durs. Une révolution intime, amicale et sexuelle, mais elle consomme toujours plus. Jusqu’à ce que son corps sonne le signal d’alarme…
Ce qu’on en pense
Après l’adoption (Pupille) et la justice restaurative (Je verrai toujours vos visages), la nécessaire Jeanne Herry aborde l’alcoolisme dit « mondain » dans ce drame contemporain, porté par une formidable Adèle Exarchopoulos, dans le rôle d’une jeune actrice accro à l’alcool au point de risquer de tout perdre : travail, vie sociale, amour et même la vie. A ses côtés, Sara Giraudeau est également prodigieuse en femme amoureuse, aussi frêle d’apparence que solide dans son amour et son soutien. Sans doute trop optimiste pour être tout à fait réaliste, une Vie d’Adèle 2, intense et qui fait du bien.
Histoires de la nuit
Par Ph.D
Le pitch
Nora (Hafsa Herzi) , Thomas (Bastien Bouillon) et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina (Monica Bellucci), une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…
Ce qu’on en pense
Seule la présence au casting de Benoit Magimel et Monica Bellucci, semble pouvoir justifier, a posteriori, la présence du nouveau film de Léa Mysius en compétition à Cannes 2026. Hélas, le premier n’y fait même pas un bon méchant et la seconde se contente de jouer, avec lassitude, les victimes sacrificielles. Sur un scénario de prise d’otage vu et revu, un thriller psychologique visuellement soigné, mais sans grand intérêt.
Si tu penses bien
Par J.V
Le pitch
Lorsque Gil (Monia Chokri) rencontre Jacques (Niels Schneider) , leur amour est évident. Mais l’intensité des débuts laisse place à une relation où elle se sent de plus en plus enfermée, jusqu’à en perdre ses repères. Jacques la rassure : si elle pense bien, il ne lui arrivera que du bien. Peu à peu, Gil comprend le contrôle qu’il exerce sur sa vie…
Ce qu’on en pense
Après Tout ce qui brille et J’irai où tu iras, Géraldine Nakache verse dans le drame psychologique avec ce film sur l’emprise et les violences psychologiques au sein du couple, qui se distingue de celui de Valérie Donzelli (L’Amour et les forêts)- et de quelques autres- en se situant dans le milieu juif orthodoxe. Niels Schneider y rompt avec son image de gendre idéal , face à une Monia Chokri impeccable en femme sous emprise.
Gourou
Le pitch
Matt (Pierre Niney) est le coach en développement personnel le plus suivi de France. Dans une société en quête de sens où la réussite individuelle est devenue sacrée, il propose à ses adeptes une catharsis qui électrise les foules autant qu’elle inquiète les autorités. Sous le feu des critiques, Matt va s’engager dans une fuite en avant qui le mènera aux frontières de la folie et peut-être de la gloire…
Ce qu’on en pense
Pierre Niney retrouve le réalisateur de Boite Noire, Yann Gozlan, pour un thriller psychologique sur la manipulation des esprits, sujet qui lui tenait visiblement à coeur. Le film repose entièrement sur sa prestation supposément « habitée », au point qu’aucun des autres personnages n’existe vraiment à l’écran. Comme le scénario multiplie les invraisemblances et que sa mise en oeuvre traîne en longueur, on s’agace assez rapidement des effets visuels clipesques et d’une musique assénée encore plus lourdement que les conseils en développement personnel du héros. Bref, en ce qui nous concerne, Gourou a totalement « loupé le coach ».
L’Invitation
Par Ph.D
Le pitch
Pour se faire pardonner des travaux un peu bruyants, Angela (Olivia Wilde) et Joe (Seth Rogen) invitent à dîner leurs mystérieux nouveaux voisins du dessus (Penelope Cruz-Edward Norton). La soirée va prendre un tour inattendu…
Ce qu’on en pense
Adaptée d’une pièce de théâtre qui a déjà inspiré le film Et plus si affinités avec Isabelle Carré et Bernard Campan, L’Invitation fait partie de ces « comédies d’appartement » dans lesquelles les personnages se déchirent à huis clos autour d’un repas ou d’un plateau d’alcools forts. L’ingrédient comique est ici constitué, ni par le choix d’un prénom stigmatisant (Le Prénom), ni par un problème avec les enfants (Carnage), mais par la sexualité débordante d’un des couples. L’occasion d’opposer le couple traditionnel (Olivia Wilde- Seth Rogen) et le couple « moderne » (Penolope Cruz-Edward Norton) dans une comédie aux dialogues affutés, portée par des comédiens qui s’en donnent à coeur joie. Jouissif !
Maigret et le mort
Par J.V
Le Pitch
Le commissaire Maigret (Denis Podalydes) est appelé en urgence au Quai d’Orsay. Monsieur Berthier-Lagès, ancien ambassadeur renommé, a été assassiné. Maigret découvre qu’il entretenait depuis cinquante ans une correspondance amoureuse avec la princesse de Vuynes, dont le mari, étrange coïncidence, vient de décéder. En se confrontant aux membres des deux familles et au mutisme suspect de la domestique du diplomate, Maigret va aller de surprise en surprise…
Ce qu’on en pense
Quatre ans après Patrice Leconte, Pascal Bonitzer s’attaque à son tour au personnage du commissaire Maigret, rendu célèbre par Jean Richard dans une célèbre série télé. Avant lui, Jean Gabin et Michel Simon avaient incarné le personnage que Gérard Depardieu a fini par rendre massif comme une statue dans ce qui restera, peut-être, son dernier grand rôle. Bonitzer a choisi Denis Podalydes pour enfiler l’imper et coiffer le chapeau du commissaire de Simenon, et cela donne d’emblée un coup de neuf au personnage. L’idée de situer l’action au début des années 2000, avant le tout internet et les réseaux, est, elle-aussi, excellente, Maigret y apparaissant à la fois comme « de son temps » et déjà un peu dépassé. Entre classicisme et modernité, respect du roman et second degré, Maigret et le mort amoureux offre un divertissement subtil dont aurait tort de se priver. Bon sang, mais c’est bien sur !
La Disparition de Josef Mengele
Par Ph.D
Le pitch
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, Josef Mengele (August Diehl), le médecin nazi du camp d’Auschwitz, parvient à s’enfuir en Amérique du Sud pour refaire sa vie dans la clandestinité. De Buenos Aires au Paraguay, en passant par le Brésil, celui qu’on a baptisé « L’Ange de la Mort » va organiser sa méthodique disparition pour échapper à toute forme de procès…
Ce qu’on en pense
Après Limonov, Kirill Serebrennikov n’a pas eu les honneurs de la compétition à Cannes pour La Disparition de Josef Mengele. Cette adaptation étonnamment sobre du roman éponyme d’Olivier Guez aurait pourtant largement mérité d’y figurer. On y suit, de sa fuite en Argentine à sa mort au Brésil à la fin des années 70, la cavale du médecin-chef d’Auschwitz, confronté aux questions de son fils (Maximilian Meyer Bretschneider) , venu lui rendre visite dans sa planque miteuse de Sao Paulo à la fin de sa vie. Filmé en noir et blanc, sans fioritures mais en tension constante, le film peut se voir comme un prolongement intéressant à La Zone d’interêt.
L’Abandon
Par Ph.D
Le Pitch
Le 16 octobre 2020, Samuel Paty (Antoine Reinartz), professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné à la sortie de son collège…
Ce qu’on en pense
A défaut de panthéonisation, Samuel Paty a droit aux honneurs du cinéma et du Festival de Cannes. Le premier film qui lui est consacré (un téléfilm suivra) sort en salles le jour même de sa présentation, hors compétition, à Cannes. Il est signé d’un spécialiste du genre,Vincent Garenq, auquel on doit déjà un film sur Outreau et une série sur l’affaire Iacono. Comme son titre l’indique assez clairement, L’Abandon détaille l’enchaînement des faits qui ont conduit à la décapitation du malheureux professeur, en insistant sur les manquements de l’administration et de la justice qui ont abouti au drame. Le spectacle de cette déroute est affligeant et laisse le spectateur tremblant de rage et d’indignation. Le film constitue un tel choc qu’il suscitera forcément des réactions.
Father Mother Sister Brother
Par Ph.D
Le pitch
Aux USA, en Irlande et à Paris, des enfants devenus adultes reviennent dans la maison où ils ont été élevés…
Ce qu’on en pense
Primé à Venise, un peu à la surprise générale, le nouveau film de Jim Jarmusch est dans la veine intimiste, nonchalante et bavarde de Coffee and Cigarettes (2004). Il s’agit en fait de trois courts métrages formant un long sur le thème des liens familiaux. Dans la première séquence, un frère et une soeur (Adam Driver , Mayim Bialik), qui n’ont pas grand-chose en commun, viennent visiter leur vieux père (Tom Waits). Il vit isolé dans une maison au bord d’un lac et leur ment sur son train de vie, affectant d’avoir du mal à joindre les deux bouts alors qu’il dispose visiblement de bons revenus. Dans la deuxième, deux soeurs (Cate Blanchett et Vickie Krieps) aux caractères diamétralement opposés, vont prendre le thé chez leur mère (Charlotte Rampling) dans sa jolie maison de Dublin, où tout respire l’ordre et la rigueur. Dans la troisième séquence, un frère et sa soeur jumelle (Indya Moore, Luka Sabbat) se retrouvent dans l’appartement parisien de leurs parents décédés, que le garçon vient de finir de vider. Chaque scène est l’occasion de montrer comment les liens se sont distendus et comment l’incommunicabilité s’est installée entre les enfants devenus adultes et leurs parents vieillissants. La dernière ouvre enfin la voie à l’amour et à l’émotion. Sortant juste après les fêtes, propices aux réunions de famille, le film, d’une mélancolie teintée d’ironie, donnera au spectateur de quoi réfléchir à son propre rapport à la famille et à ses parents.
L’Affaire Bojarski
Par Ph.D
Le Pitch
Jan Bojarski (Reda Kateb), jeune ingénieur polonais, se réfugie en France pendant la guerre. Il y utilise ses dons pour fabriquer des faux papiers pendant l’occupation allemande. Après la guerre, son absence d’état civil l’empêche de déposer les brevets de ses nombreuses inventions et il est limité à des petits boulots mal rémunérés… jusqu’au jour où un gangster lui propose d’utiliser ses talents exceptionnels pour fabriquer des faux billets. Démarre alors pour lui une double vie à l’insu de sa famille. Très vite, il se retrouve dans le viseur de l’inspecteur Mattei (Bastien Bouillon), meilleur flic de France.
Ce qu’on en pense
Après La Daronne, Jean Paul Salomé s’intéresse à un autre drôle de daron : Jan Bojarski, inventeur malheureux, mais faussaire génial, dont le film raconte la double vie et la traque par un policier d’élite incarné par l’incontournable Bastien Bouillon. Reda Kateb, campe un Bojarski trés crédible avec comme acolyte un toujours étonnant Pierre Lottin. La réalisation, très académique, rend hommage à l’incroyable histoire de Bojarski, dont on a aujourd’hui oublié les exploits mais qui a fait, à son époque, trembler la Banque de France avec des faux billets tellement bien imités qu’ils étaient presqu’indétectables. A tel point que certains se vendent aujourd’hui comme des oeuvres d’art !
Dix pour cent
Par Ph.D
Le pitch
Cinq ans après la fermeture de l’agence ASK, Andréa (Camille Cottin) veut devenir réalisatrice. Mais la perte de son acteur principal (Laurent Lafitte), à quelques jours du tournage, la force à réunir son ancienne équipe ce qui ravivera leurs amitiés et leurs rivalités…
Ce qu’on en pense
Grand succès du service public, la série Dix pour cent fait l’objet d’une suite en format cinéma. On se serait logiquement attendu à le voir en salles, mais c’est Netflix qui a dégainé son chéquier en premier et s’assure l’exclusivité de sa diffusion. Tant pis pour les non abonnés qui avaient adoré suivre à la télé les aventures de la petite équipe d’agents de stars… C’est d’ailleurs plus un épisode long (2h00) qu’un véritable film de cinéma qu’a réalisé Emilie Noblet (à laquelle on doit quelques épisodes des séries Zorro et Parlement). On retrouve avec plaisir l’univers et les personnages de la série ainsi que les « guests » qui y incarnent leur propre rôle (dont un certain George Clooney), le scénario est plutôt malin avec un duo Camille Cottin-Laure Calamy très attendu, mais rien dans la réalisation ne distingue vraiment cette production de la série originale.
Adieu monde cruel
Par Ph.D
Le pitch
Otto Vidal (Milo Machado-Graner), 14 ans, a disparu après avoir adressé une lettre d’adieu aux élèves de sa classe. Alors que tout le monde le croit mort, Léna (Jane Beever), une fille de son lycée, le reconnaît une nuit en train d’errer dans les rues de la ville…
Ce qu’on en pense
Felix de Givry, qui signe ce premier film fragile mais enchanteur, porte en lui tout l’héritage de Truffaut et de la Nouvelle Vague. Il a tourné son film en 16 mm, à Lisieux où rien ne semble avoir changé depuis Chabrol. Le propos est pourtant on ne peut plus contemporain : mal être adolescent et harcèlement scolaire poussent son jeune héros (Milo Machado-Graner, l’enfant d’ Anatomie d’une chute) à planifier son suicide. Pour le reste (image, voix off, musique, dialogues… ), on se croirait dans une suite des 400 coups. Y-a-t-il encore un public pour ce genre de films? Félix de Givry ne se pose pas la question. Il y va à fond. Comme dit Léna (Jane Beever, une sacrée découverte) dans une des plus belles scènes du film : « Il ne peut pas se passer que des choses mauvaises, il y a forcément des choses belles qui vont arriver« . Ce film en est une.
Pressure
Par J.V
Le pitch
Trois jours avant le Jour J, une seule décision peut changer le cours de l’Histoire. Alors que les Alliés s’apprêtent à lancer le plus grand débarquement jamais organisé, une violente tempête menace de faire échouer l’opération. Le général Eisenhower (Brendan Fraser) et le capitaine James Stagg (Andrew Scott), météorologue, font alors face à un choix impossible : attaquer malgré l’incertitude… ou risquer de perdre la guerre.
Ce qu’on en pense
Dans la lignée du Discours d’un roi ou d’Imitation Game, Pressure fait d’un épisode méconnu de la deuxième guerre mondiale (en l’occurrence le choix du jour du débarquement en fonction des conditions météo) un film grand public de belle facture. Aidé par un casting de choix, Anthony Maras parvient à hisser sa réalisation au dessus de la simple adaptation d’une pièce de théâtre.
Leur Vérité
Par Ph.D
Le pitch
À la suite de l’étrange décès de sa mère, Ruth (Stephanie Magnin) retourne dans la maison de son enfance. Là, elle découvre que les théories du complot de son père (José Coronado) dissimulent quelque chose de bien plus sombre qu’une simple obsession de retraité. Piégée dans une maison remplie de secrets, son comportement imprévisible la conduit bientôt à nourrir un soupçon insoutenable…
Ce qu’on en pense
Le cinéma espagnol a produit beaucoup mieux, ces dernières années, que ce pâle thriller paranoïaque sur fond de théories de complot. La réalisation est néanmoins soignée, ainsi que le jeu des acteurs. Dommage que le scénario frise le ridicule.
















