Le coup des reprises jazzy, en français ou en anglais, on nous l’a déjà beaucoup fait. Ce n’est pas forcément signe de bonne santé créative et généralement, on regrette plutôt les originaux. Le nouvel album de Thomas Dutronc est l’exception qui confirme la règle. Cela tient au talent personnel de l’artiste, à sa manière , à la fois pro et détachée, d’envisager l’exercice, au choix des chansons (mélange de classiques anglais et français) et à celui des musiciens et des guests . Le casting des duos est assez fabuleux : Iggy Pop et Diana Krall sur « C’est si bon » , le ZZ Top Billy Gibbons sur « La Vie en rose », Youn Sun Nah sur « Playground Love », Stacey Kent sur « Un homme et une femme », Jeff Goldblum sur « La Belle vie », Haley Reinhart sur une sublime relecture en duo anglophone de « Ne me quitte pas »… Classe ! Les orchestrations restent dans l’esprit des originaux avec une touche manouche pour les guitares et un côté easy listening pas désagréable du tout. Le timing de sortie, bien que bousculé par le Covid, n’est pas mal non plus: Frenchy a tout pour devenir un must des longues soirées d’été. En attendant la tournée dont le fils Dutronc a donné un avant goût lors d’un superbe live stream depuis l’Observatoire de Nice.
Thomas Dutronc
Frenchy
Sortie 18 juin 2020
(14 titres Universal)
Cannes 2026: Part 4
Cinéma|
Par Ph.D
Ce n’est sans doute pas encore cette année que Pedro Almodovar décrochera la Palme qui lui échappe depuis Tout sur ma mère (1999). Son Autofiction a beau être sympathique, elle n’a rien de particulièrement transcendant. A part son casting féminin (Barbara Lennie, Victoria Luengo, Aitana Sanchez Guijon, Rossy de Palma, Milena Smit), toujours aussi choyé par le réalisateur madrilène. Hirokazu Kore-eda , lui, a déjà été palmé: pour Une affaire de famille en 2018. Son nouveau film, Sheep in the box, ne lui permettra probablement pas d’entrer au club des double palmés. Cette fable futuriste sur le deuil, les robots et l’IA, inspirée du Petit Prince et dans laquelle un couple japonais s’offre un robot humanoïde sosie de leur petit garçon décédé pour soulager son deuil, est trop lisse pour aspirer à la récompense suprême. Un prix du scénario pourrait lui suffire. Avec Moulin, qui raconte l’arrestation et la torture du fameux résistant, Laszlo Nemes revient (presque) au niveau du Fils de Saul, choc absolu de Cannes 2015. Dans le rôle titre, Gilles Lellouche fait une composition toute en nuances face à un Lars Eidinger effrayant de cruauté en Klaus Barbie. Comme le malheureux héros, on passe un sale moment. Mais quelle mise en scène ! A 7 films du palmarès, notre favori provisoire s’appelle Cristian Mungiu. Lui aussi est déjà palmé (pour 4 mois , 3 semaines et 2 jours en 2007) et vise le « club des doubles » avec Fjord. L’histoire d’une famille catho traditionaliste qui quitte la Roumanie pour s’installer dans un petit port norvégien où son mode de vie (d)étonne: pas d’écrans, ni d’internet pour les enfants, prières tous les jours, messe le dimanche et punitions au moindre écart. Quelques bleus repérés sur le dos de la fille ainée suffiront à déclencher une enquête de l’aide sociale pour mauvais traitements. Dans un pays où l’Etat peut être condamné pour n’avoir pas su empêcher la maltraitance enfantine, ça ne rigole pas : les 5 enfants sont immédiatement retirés aux parents et placés en foyers d’accueil. Y compris, le petit dernier, encore nourri au sein. Les parents (Sebastian Stan, Renate Reinsve) sont dévastés. Faute de preuves, leur procès devient celui de leur mode de vie, supposément rétrograde par rapport au modèle libéral norvégien. Mungiu l’orchestre avec maestria, renvoyant juges et accusés dos à dos. Mise en scène, scénario, acting, thématiques… Le film coche toutes les bonnes cases. Jusqu’ici on n’a pas vu plus f(j)ort…
Autofiction
Cinéma|
Par Ph.D
Le pitch
Raúl (Leonardo Sbaraglia) est un cinéaste culte en pleine crise créative. Lorsqu’un drame frappe l’une de ses plus proches collaboratrices, il s’en inspire pour écrire son prochain film. Peu à peu, il imagine Elsa (Barbara Lennie), une réalisatrice en pleine écriture, dont le parcours commence à refléter le sien. Les deux cinéastes deviennent les deux facettes d’un même personnage, dans un jeu de miroirs où l’impudeur de l’autofiction dévoile autant qu’elle détruit. Mais jusqu’où peut-on aller pour raconter une histoire?
Ce qu’on en pense
Almodovar poursuit son introspectation en forme d’autocritique entamée avec Douleur et Gloire. Avec cette fois deux doubles (dont un féminin) pour le prix d’un. Les fans du réalisateur madrilène apprécieront les personnages féminins, les décors colorés, la musique, le scénario à tiroirs et en miroirs, la fluidité de la mise en scène. Les autres pourront rester à l’écart de cette autofiction bavarde, mélancolique et crépusculaire, peut être trop autocentrée et pas aussi inspirée qu’il le faudrait. Mais un Almodovar mineur, c’est déjà très au dessus du lot.
The Mandalorian
Cinéma|
Par J.V
Le pitch
La chute du maléfique Empire Galactique a précipité la dispersion des seigneurs de guerre impériaux à travers la galaxie… Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin et son jeune apprenti Grogu…
Ce qu’on en pense
La série The Mandalorian est la meilleure chose qui soit arrivée dans l’univers Star Wars depuis longtemps. Après trois saisons sur Disney +, Pedro Pascal et son acolyte Grogu (alias Baby Yoda) débarquent sur grand écran toujours dirigés par le réalisateur de la série Jon Favreau. Résultat : un blockbuster à l’ancienne avec effets spéciaux rétro, aventures trépidantes et personnages attachants, qui pourrait même réconcilier les fans de la toute première trilogie avec la franchise. Une vraie cure de rajeunissement, y compris pour le spectateur !






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