Le coup des reprises jazzy, en français ou en anglais, on nous l’a déjà beaucoup fait. Ce n’est pas forcément signe de bonne santé créative et généralement, on regrette plutôt les originaux. Le nouvel album de Thomas Dutronc est l’exception qui confirme la règle. Cela tient au talent personnel de l’artiste, à sa manière , à la fois pro et détachée, d’envisager l’exercice, au choix des chansons (mélange de classiques anglais et français) et à celui des musiciens et des guests . Le casting des duos est assez fabuleux : Iggy Pop et Diana Krall sur « C’est si bon » , le ZZ Top Billy Gibbons sur « La Vie en rose », Youn Sun Nah sur « Playground Love », Stacey Kent sur « Un homme et une femme », Jeff Goldblum sur « La Belle vie », Haley Reinhart sur une sublime relecture en duo anglophone de « Ne me quitte pas »… Classe ! Les orchestrations restent dans l’esprit des originaux avec une touche manouche pour les guitares et un côté easy listening pas désagréable du tout. Le timing de sortie, bien que bousculé par le Covid, n’est pas mal non plus: Frenchy a tout pour devenir un must des longues soirées d’été. En attendant la tournée dont le fils Dutronc a donné un avant goût lors d’un superbe live stream depuis l’Observatoire de Nice.
Thomas Dutronc
Frenchy
Sortie 18 juin 2020
(14 titres Universal)
Club Kid
Cinéma|
Par Ph.D
Le pitch
Peter (Jordan Firstman), organisateur de soirées branchées à New York, mène une existence aussi effrénée qu’insouciante, rythmée par les nuits festives et les excès. Sa vie bascule lorsqu’Arlo (Reggie Absolom), le fils de 10 ans dont il ignorait l’existence, frappe à sa porte. Dépassé par ce rôle de père qu’il n’avait jamais envisagé, il est rapidement conquis par le charme et la spontanéité de l’enfant. Au fil du temps, un lien aussi inattendu que profond se tisse entre eux, et Peter découvre enfin qu’il existe une vie au-delà de la prochaine fête.
Ce qu’on en pense
Pour son premier long-métrage, l’humoriste new yorkais Jordan Firstman signe une comédie queer pleine de tendresse, dans laquelle un clubber homo impénitent (Firstman himself) découvre les joies de la paternité aux côtés d’un gamin surdoué (craquant Reggie Absolom), orphelin de mère mais hyper résilient, qui va l’obliger à devenir, en même temps, père et adulte (et clean). Avant ces mignonneries sur la parentalité forcée, le film offre, dans sa première partie, une plongée réjouissante (et un brin nostalgique) dans le New York underground qu’on dirait filmé par les frères Safdie. Au milieu de la faune homo et trans locale castée à la sauvage, Cara Delevingne trouve un de ses meilleurs rôles dans celui de l’associée cocaïnomane, ambitieuse et revancharde du héros. Tout ça mis bout à bout fait de Club Kid un film hautement fréquentable.
Wild Horse Nine
Cinéma|
Par Ph.D
Le pitch
Peu avant le coup d’État chilien de 1973, deux agents de la CIA, Chris (John Malkovich) et Lee (Sam Rockwell) , sont envoyés de Santiago vers l’île de Pâques par leur supérieur, MJ (Steve Buscemi) Au milieu des statues emblématiques de l’île, tandis que ces partenaires de longue date sont confrontés à leur sombre passé et aux complots en cours, leur rencontre avec deux étudiantes chiliennes menace de faire basculer dans le chaos leur séjour dans ce paradis isolé…
Ce qu’on en pense
Après les mémorables 3 Billboards et Les Banshees d’Inisherin, l’Irlandais Martin McDonagh signe une nouvelle tragi-comédie jubilatoire dans laquelle John Malkovich et Sam Rockwell campent deux porte flingues de la CIA fatigués, qui quittent le Chili d’Allende quelques semaines avant le coup d’état qu’ils ont contribué à préparer, pour une excursion « touristique » sur l’île de Pâques. Le plus âgé (Malkovich chapeauté et promis à l’Oscar) est en phase terminale de cancer et a demandé à son pote (Sam Rockwell moustachu et génial) de l’achever proprement, après qu’ils auront vu les « grosses têtes ». Comme le vieux, que ses shoots de morphine ont totalement désinhibé, menace d’écrire ses mémoires avant de tirer sa révérence, leur chef (Steve Buscemi, impavide) les a mis sous surveillance. Il ne faudrait pas que le subclaquant s’avise de révèler certains secrets de l’Agence, comme, par exemple, son implication dans l’assassinat de JF Kennedy… Entre film d’espionnage seventies, farce satyrique sur l’interventionnisme US, western moderne et buddy movie crépusculaire dans les paysages magnifiquement désolés de l’île de Pâques, Wild Horse Nine s’avère être un des meilleurs films de l’année finissante. Tout simplement.
L’Affaire Marie-Claire
Cinéma|
Par Ph.D
Le pitch
Novembre 1972. Au tribunal de Bobigny, un procès hors norme secoue la France entière. Marie-Claire Chevalier (Saül Benchetrit), 16 ans, est accusée d’avoir avorté illégalement. À la barre, sa mère (Cecile de France) et toutes les femmes qui l’ont aidée. Leur avocate, Gisèle Halimi (Charlotte Gainsbourg), fait un pari fou, insensé : elle leur demande de ne pas plaider coupable. Gisèle va faire ce qui n’a jamais été fait auparavant, elle va accuser et attaquer la loi, au risque de tout perdre…
Ce qu’on en pense
Minutieuse reconstitution du fameux « Procès de Bobigny« qui ouvrit, en 1972, la voie à la légalisation de l’avortement (1974), avec Charlotte Gainsbourg dans le rôle de l’avocate féministe Gisèle Halimi et Cécile de France dans celui de la mère de la jeune accusée. Du bon travail reconstitution, un peu scolaire, mais nécessaire à l’heure où l’avortement est à nouveau pénalisé dans plusieurs pays. En France, fort heureusement, sa légalisation a été constitutionnalisée en 2024.






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