Événement

/Événement

Franck Zappa à l’opéra

Événement|

Par Philippe Dupuy

Décidé à rajeunir « quoiqu’il en coûte » l’image de l’opéra de Nice, Bertrand Rossi a eu l’heureuse idée de remonter 200 Motels – The Suites, adaptation de l’opéra rock de Frank Zappa,  dont un film et un album avait été tirés en 1971 et que le festival Musica de Strasbourg avait créé sur scène en 2018.  Amateurs d’opéras contemporains et fans de rock avaient hâte de retrouver Léo Warynski à la direction de l’Orchestre Philharmonique de Nice,  le groupe de rock The Headshakers, les Percussions de Strasbourg et une partie du cast original pour cette nouvelle production pharaonique made in Nice. Beaucoup de monde sur scène et hors scène (dont une section cuivres installée en loges) pour un spectacle hors normes, qui mélange allégrement concert de rock, concert symphonique, émission de télévision, opéra, comédie musicale, spectacle de marionnettes et documentaire en direct.  On a été assez bluffés par le dispositif scénique conçut par Antoine Gindt, à base de caméras fixes et portées,  qui retransmettent en direct les images du show (et les sous titre du livret en VO anglaise)  sur un écran en forme de phallus. L’interprétation nous a également ravis, avec des prestations vocales impressionnantes. L’univers artistique de Franck Zappa, mélange de musique contemporaine, de pop, de comédie musicale, de farce lubrique, de satyre politique et de parodies comiques  est parfaitement restitué et mis en valeur dans le cadre, à notre connaissance inédit, d’un opéra. La critique du monde médiatique et musical est toujours aussi pertinente,  et même visionnaire si l’on songe que le livret a été écrit il y a un demi siècle !  Le metteur en scène a ainsi pu doter certains personnages de smartphones sans que cela paraisse incongru, au contraire. Dommage qu’Antoine Gindt n’ait pas songé à couper dans les trop nombreuses digressions pour rendre plus compréhensible (et digeste) l’histoire, pourtant simplissime, de ce  groupe de rock en tournée qui doit donner une interview sur un plateau télé.  De la même manière,  on aurait aimé un peu plus de diversité musicale. Dans 200 Motels, Zappa purgeait (c’est le mot!) son obsession pour la musique contemporaine (Vareze et Boulez notamment),  avec trop peu de chansons. Ce qui rend l’album quasi inécoutable pour le public rock et n’en a pas fait un succès pour autant auprès des amateurs de musique contemporaine. The Suites souffre du même défaut. Les trop rares interventions du groupe figurent parmi les meilleurs moments musicaux,  alors que les parties orchestrales omniprésentes et répétitives ont fait fuir avant la fin plusieurs spectateurs.  Il ne manquait pas, dans l’opulente discographie de Franck Zappa, de chansons traitant des mêmes thèmes qui auraient pu enrichir la partition de The Suites et la rendre plus aimable. Malgré tout,  la production a constitué un des sommets de la saison niçoise. 

 

Une Journée particulière

Événement|

Par la rédaction

Tiré du film d’Ettore Scola, Une Journée particulière c’est en premier lieu l’histoire de deux âmes seules : l’épouse et bonne mère Antonietta, interprétée par Laetitia Casta, et le chroniqueur radio Gabriele, homme cultivé et homosexuel, interprété par Roschdy Zem.  Ces deux individus, que tout oppose, vont se rencontrer dans le contexte particulier d’une journée sous le régime fasciste du Duce, marquée par la visite d’Hitler à Rome en 1938. Chacun dans son isolement et soumis aux diktats de la société, ils trouveront en l’autre une forme de liberté et d’écoute pour révéler leurs secrets. À travers cette œuvre facilement comparable à notre époque, Lilo Baur interpelle le spectateur et le pousse à s’interroger face à l’intolérance et au repli sur soi. Présentée à guichet fermé, trois soirs de suite à La Cuisine du TNN,  la pièce laisse un sentiment mitigé. La distribution n’est pas en cause : Laetitia Casta et Roschdy Zem endossent leur rôle avec beaucoup de générosité et de justesse.  Mais comment faire oublier Sophia Loren et Marcello Mastroianni ? Surtout dans une mise en scène aussi fidèle au film ! L’ingénieux décor de théâtre, qui reconstitue ceux du film (la cuisine d’Antonietta, la terrasse où elle étend son linge, l’appartement de Gabriele…) se révèle plus encombrant qu’autre chose pour les acteurs, qui semblent évoluer dans une maison de poupée. Les scènes dans lesquelles Antonietta est censée parler à ses enfants (que l’on entend se chamailler en arrière scène) soulignent encore le côté factice. A trop vouloir coller au film, la pièce y renvoie obligatoirement et la comparaison n’est pas en sa faveur. 

 

Le Pointu, c’est foutu !

Événement|

(Photo Gaelle Berri)

Emanation directe des mémorables Voix du Gaou, le Pointu Festival s’est affirmé au cours des ans comme l’un des meilleurs festivals de rock indé de l’hexagone, avec une programmation digne de son nom (pointue, donc) et un public grandissant, malgré le passage au payant en 2022. 18 000 spectateurs s’y sont éclatés les 7, 8 et 9 juillet 2023 avec la plus belle affiche rock de l’été: The Brian Jonestown Massacre, Kurt Vile & the Violators, Frankie & The Witch Fingers , Viagra Boys, Kevin Morby, Meatbodies, Billy Nomates , Idles, Loyle Carner, A Place to Bury Strangers,  The Bobby Lees … Surnommé  « Coachella sur Gaou », le Pointu Festival c’est l’évènement rock de l’été azuréen. Ou plutôt, c’était.  Car, ce festival cher au coeur des rockers pourrait ne plus jamais avoir lieu.  En cause : la protection du site du Gaou et l’organisation des jeux olympiques, qui va mobiliser les forces de l’ordre cet été. « Rien n’est acté » promettait le maire de Six Fours en septembre, alors que la rumeur d’annulation gonflait déjà. Dans la foulée, la Ville a lancé  un sondage « sur l’avenir de l’île » dont les questions biaisées ont abouti au résultat escompté : le Gaou sera désormais réservé à la promenade et au jeu de boules. Le festival pourrait être relocalisé au Rayon de soleil, sur l’esplanade de Bonnegrâce ou au Parc Méditerranée. Ce faisant, il perdrait évidemment beaucoup de ce qui faisait son charme et son ADN. Pour 2024, de toute façon , c’est mort : priorité aux JO, qui ne seront pourtant pas organisés à Six Fours à ce qu’on sâche.  Et si le Pointu renait de ses cendres, on a bien compris que ce ne sera pas par la volonté des élus Six Fournais.

MotoGP : Zarco l’Australien

Événement|

Par Phil Inout

Enfin ! Six saisons qu’on attendait la première victoire de Johann Zarco en MotoGP. Elle est enfin arrivée sur le circuit de Phillip  Island où le Cannois a remporté de main de maître le Grand Prix d’Australie. Qualifié en P4 et bien parti (pour une fois), Zarco a tout de même attendu le dernier tour pour porter l’estocade à son camarade d’écurie Jorge Martin, qui menait la course depuis le début, mais avait fait un mauvais choix de pneus. En perdition dans les deux derniers tours,  l’Espagnol a dû céder le lead au Français. Un moindre mal sachant que son ennemi juré, Pecco Bagnaia, était en embuscade pour lui piquer la première place. Ce qu’il a bien failli faire ! L’Italien reste leader du championnat,  mais l’Espagnol, P5 à l’arrivée, est toujours à moins d’un Grand Prix de Bagnaia dans la course au titre. A défaut d’avoir pu faire quoi que ce soit de sa Yamaha ce week-end, Fabio Quartararo (P14 aux qualifs, P15 à l’arrivée) s’est réjoui de la victoire méritée de son compatriote.  La course avait été avancée d’un jour en raison d’un risque de tempête le dimanche.

 

Louise Attaque à Nice

Événement|

Par Ph.D

Il y avait longtemps qu’on n’avait pas vibré autant à un concert : Louise Attaque a mis le feu à Nikaia pour sa tournée anniversaire du premier album. Scène circulaire, light show futuriste, joie de jouer, énergie inépuisable… Gaetan Roussel et ses complices (dont un jeune batteur Niçois) ont tout donné devant un public qui reprenait toutes les paroles en choeur et qui a pogoté toute la soirée. Alternant intime et gigantisme, moments de folies et accalmies,  le show de Louise Attaque est imparable. Le plaisir qu’à le public à les retrouver en live est palpable. On s’imaginait que la deuxième partie du concert, consacrée au dernier album serait moins enlevée : on se trompait. Les nouveaux titres fonctionnent aussi bien que les anciens.  Au rappel, les 3 Louise sont seuls sur la scène vidée de tout son matériel et descendent dans la fosse pour terminer « Je t’emmène au vent » au milieu des spectateurs. Un moment de communion comme on n’en vit que dans les (bons) concerts de rock. A l’heure où le seul festival de rock de la Côte d’Azur, celui du Gaou à Six Fours, est menacé de disparition (lire ici) on s’est souvenu avec émotion y avoir vu Louise Attaque, lors de sa première tournée… Il y a plus de 25 ans ! 

 

Batlik à Nice

Événement|

Par la rédaction

Invité par AnimaNice à ouvrir la saison 2023-2024 de spectacles à la salle Grappelli, Batlik  y a donné un beau concert, à la fois intimiste et transcendant,  dans le cadre de ce qui pourrait bien être sa dernière tournée.  Le chanteur et compositeur d’Aubervilliers a, en effet annoncé que son nouvel album Numéro 13,  sera le dernier. Avec ce treizième et donc ultime opus, cet artiste singulier et prolifique  signe la fin de deux décennies d’enregistrements et de tournées. Un investissement musical, hélas, assez peu payé de retour. Le succès n’a jamais souri à ce « Peter Falk en chemise à fleurs, une guitare à la main » (comme il aime à se présenter),  malgré un talent poétique évident et une originalité musicale qui en font une exception dans le paysage formaté de la chanson française. « L’échec est mathématique » chante-t-il dans ce qui aurait dû être son tube,  mais qui a défaut reste une de ses meilleures chansons ( « L’Art de la défaite« ).  Pourtant,  c’est sur une victoire qu’on le quitte,  puisqu’il a conquis la salle avec son groupe épatant (batterie, claviers , saxo), ses chansons en accords ouverts et son humour à froid.  Bye-bye Batik, reviens quand tu veux !

Monet en lumière à Monaco

Événement|

Par la rédaction

La grande exposition d’été du Grimaldi Forum Monaco était consacrée cette année à l’œuvre de Claude Monet.  Intitulée « Monet en pleine lumière« , elle s’inscrivaitt dans le cadre de la célébration du 140ème anniversaire de la première escale de Claude Monet à Monaco et sur la Riviera, où le chef de file de l’impressionnisme a découvert, alors qu’il était à mi-chemin de sa longue vie, des paysages et une lumière qui constitueront un point tournant dans son œuvre et dans sa carrière. Identifiée par le bleu azur des murs, toute une section de l’exposition était consacrée aux peintures créées pendant ses séjours sur la Riviera, au travers de vingt et un prêts d’œuvres exceptionnelles exposées pour la première fois à proximité même des sites encore préservés où elles ont été peintes. Dans les deux autres salles, l’œuvre du maître se parcourait, de sa jeunesse havraise aux derniers tableaux de GivernyL’accrochage a réuni au total une centaine de toiles, dont près de la moitié accordées grace au soutien du musée Marmottan Monet. Les autres,  célèbres, moins connues ou rares (l’une d’elle n’a jamais été exposée auparavant) étaient issues de collections particulières,  incluant le Palais Princier de Monaco et de grandes institutions internationales. La scénographie de l’exposition fut une nouvelle réussite à mettre au crédit du Grimaldi Forum. Jamais on n’avait vu les toiles de Monet d’aussi près, dans des volumes aussi vastes et lumineux. La déambulation dans les trois espaces d’exposition était un vrai régal, avec dans la dernière partie, une évocation très contemporaine du fameux jardin de Giverny,  où les oiseaux chantent en boucle et où l’on croirait entendre l’eau des étangs s’écouler des toiles… L’exposition a attiré au Grimaldi Forum 120 000 visiteurs. Un record ! 

Mylène Farmer à Nice

Événement|

Par Philippe Dupuy

Fidèle à Nice,  où elle était venue rôder un de ses derniers spectacles, Mylène Farmer a donné le dernier concert de la tournée  Nevermore, le 29 juillet 2023 sur la scène du stade Allianz Riviera 30 000 spectateurs se pressaient. Certains arrivés une dizaine de jours à l’avance et campant devant le stade pour être sûrs d’avoir les meilleures places. Le spectacle valait le déplacement ! Pour sa huitième et peut-être dernière grande tournée, Mylène a fait les choses en grand, voire en gigantesque. Une scène de 60 mètres de long, barrant toute la largeur de la pelouse, une avancée en croix  allant jusqu’à la moitié du stade prolongée d’un bras articulé avec une nacelle lui permettant de chanter au dessus de la foule, des décors monumentaux (d’inspiration religieuse ou morbide, on ne se refait pas), des écrans leds d’une hauteur et d’une définition jamais vues et un lightshow qui couvrait tout le stade. Sur scène, la chanteuse rousse danse un peu moins,  mais met à profit les parties instrumentales pour changer régulièrement de tenues. Sa voix est toujours aussi haut perchée et fiable, sa silhouette irréprochable et elle pleure toujours au bon moment. La musique est trés forte,  à dominante techno avec une partie unplugged assurée au centre du catwalk,  en duo piano-voix avec Yvan Cassar. En dehors d’un autre duo avec le chanteur d’Aaron, les temps forts du spectacle sont toujours les mêmes : « Libertine » en début de show, « Une belle journée« , « Rêver » repris en choeur par le public, « Sans contrefaçon » (hystérie générale), « XXL » avec un duo de guitaristes hard rock et « Désenchantée » que les spectateurs chantaient encore en choeur à la sortie du stade. Dans cette configuration XXL,  on a évidemment  l’impression d’assister à un grand spectacle géant,  type ouverture des Jeux Olympiques,  plutôt qu’à un concert. Mais les moments d’émotion et la complicité de Mylène avec son public contrebalancent l’effet barnum. En plus d’être fidèle, mélangé et sympa, le public de Mylène Farmer est formidable. Il fait partie intégrante du show et contribue à lui donner une dimension humaine qui lui manquerait autrement. Le concert de Nice était le dernier de la tournée 2023 et l’émotion était palpable. Même s’il y aura encore 3 dates au stade de France l’an prochain (deux reportées et une supplémentaire),  la question se pose évidemment de savoir si Nevermore sera ou non la dernière ? C’est ce que suggère son  titre (Jamais plus), mais avec Mylène allez savoir ?  Elle seule en France peut se permettre de tels spectacles et la tournée a fait le plein partout. La chanteuse ne donne, elle-même, aucun signe de lassitude ou de fatigue. Le Nevermore Show est encore plus phénoménal et grandiose que ses prédécesseurs. Les fans en veulent encore et Mylène ne sait rien leur refuser. Alors stop ou encore? C’était en tout cas, « Une belle tournée« .

The Weeknd à Nice

Événement|

Par Ph.D

On croyait avoir tout vu en matière de mega shows, mais avec le After Hours Till Dawn Tour d’Abel Tesfaye, alias The Weekend, un pallier de plus a été passé dans le gigantisme et la pyrotechnie. La scène n’occupe pas seulement un côté de l’enceinte, mais TOUTE la longueur de la pelouse de l’Allianz Riviera. D’un côté, une représentation quasi grandeur nature de New York/Metropolis. De l’autre,  la Lune (ou Mars ou Jupiter?). Entre les deux,  une immense passerelle sur laquelle gravitent une trentaine de danseurs déguisés en pénitents blancs et  le chanteur masqué (puis démasqué) qui fait de constants allers-retours d’un bout à l’autre. Les défenseurs du Gym font moins de kilomètres dans un match de championnat !  Au milieu,  une statue géante qu’on a d’abord pris pour celle du Silver Surfer,  mais qui est, en fait, une sorte de plongeuse olympique. La symbolique de ce modeste décor (et des costumes de scène d’inspiration religieuse qui vont avec) nous échappe. Et c’est peut-être aussi bien… Le public (34 000 spectateurs le premier soir), de toute façon, n’en a cure : jeune et majoritairement féminin, équipé de bracelets lumineux télécommandés, il est là pour en prendre plein les yeux et les oreilles. Et il est servi ! Le son est atroce (bouchons d’oreilles conseillés),  mais on reconnaît quand même les tubes, qui défilent sous des salves de feux d’artifice et de lasers. Côté musiciens, c’est le minimum syndical : un DJ-guitariste et un batteur sont seuls visibles sous les buildings du décor.  Le falsetto du chanteur, par contre,  n’est pas un mythe : Michael Jackson peut reposer en paix,  la succession est assurée.  Au final,  on a l’impression d’avoir assisté à un show de mi-temps de Superbowl, étiré sur deux heures. Il y a des amateurs : les deux dates de Nice ont été complètes en quelques heures et à la sortie,  le public était en extase.

Nice Jazz Festival 2023

Événement|

Par Ph. D

Le Nice Jazz Festival 2023 s’est déroulé du 18 au 21 juillet avec ses deux scènes (Massena et Théâtre de Verdure) en simultané et une programmation digne de son rang . A l’affiche de cette édition : -M- Juliette Armanet, Herbie Hancock, Hyphen Hyphen, Tom Jones, Tower of Power  et beaucoup de découvertes. A raison de 6 sets par soirées, il y en avait pour tous les goûts. Résultat :  37 000 spectateurs en cumulé sur les 4 soirées.

Mardi 18 juillet : En ouverture, difficile de faire plus fun, généreux, sympa et tubesque que Juliette Armanet dont le show est devenu XXL. On l’a vue fendre la foule et passer de bras en bras pour rejoindre à la régie son un petit piano électrique, sur lequel elle a joué 2 titres avant de retrouver la grande scène pour un final grandiose. Avant cela les soulmen de Gabriels avaient fait un bel hommage à Tina Turner pendant que la Japonaise Hiromi martyrisait son piano au théâtre de verdure. Les vrais jazzeux sont restés pour le set de Dave Holland.

Mercredi 19 juillet : Retour des enfants prodiges d’Hyphen Hyphen qui sont passés du lycée Massena à la scène Massena. Soutien du NJF au parcours sans faute des trois jeunes Niçois  Santa, Line et Adam qui ont enflammé la place déjà bien surchauffée par la canicule. Leur show s’est étoffé avec un chouette décor de vieux téléviseurs. Ils ont trouvé un bon batteur, espérons qu’ils le garderont !  Au Théâtre de Verdure, Yuri Buenaventura et Roberto Fonseca avaient fait le plein. C’était tellement bien qu’on espère les revoir très vite dans des conditions moins caniculaires. L’inoxydable Tom Jones a clôt la soirée avec ses tubes et sa grosse voix. Séquence nostalgie pour les plus anciens, découverte pour les jeunes fans d’Hyphen Hyphen qui sont restés. Spectacle impeccable d’un grand showman dont les années n’altèrent ni le talent, ni la générosité.

Jeudi 20 juillet :  au programme du jour : Génération Django, Kurt Elling & Charlie Hunter,Gogo Penguin, Jalen Ngonda, Ezra Collective et Herbie Hancock,  pour lequel un spectateur de qualité s’est déplacé : Elton John. A peine sa tournée d’adieux terminée, Sir Elton a rejoint ses pénates du Mont Boron pour l’été. Sa première sortie officielle (mais néanmoins discrète) aura été pour le Nice Jazz Festival !

Vendredi 21 juillet : La billetterie affichait complet pour la dernière soirée grâce à la locomotive -M- qui a rempli à ras bord l’espace Massena avec son show Revalité. Toujours généreux sur scène, le chanteur a rendu hommage à Jane Birkin et à David Bowie via une chouette reprise de « Life on Mars » chantée par la bassiste qui a accompagné la star anglaise pendant 20 ans, Gail Ann Dorsey. Avant cela les Tower of Power avaient mis le feu avec leur funk élégant et Diane Reeves avait charmé le théâtre de verdure avec sa voix soul et ses chansons jazzy.

Hopman Cup à Nice

Événement|

Par la rédaction

De retour après plusieurs années d’absence, la Hopman Cup s’est jouée à Nice, du 19 au 23 juillet 2023. Une compétition mixte, où chaque binôme défends les couleurs de son pays. De la régionale de l’étape, Alizé Cornet (associée à  Richard Gasquet pour la France) , en passant par le numéro 1 mondial et récent vainqueur de Wimbledon, l’espagnol Carlos Alcaraz (associé à Rebeka Masarova pour l’Espagne), 6 équipes  (France, Suisse, Belgique, Croatie, Danemark, Espagne) ont foulé la terre battue du Nice Lawn Tennis Club. Pour chaque nation engagée le programme comprenait  un match de simple masculin, un match de simple féminin et un match de double mixte, joué au meilleur des trois sets. Après des matches très disputés malgré la chaleur caniculaire, c’est la Croatie qui l’a emporté face à la Suisse en finale. Rendez-vous est pris pour l’année prochaine.

Joe Bonamassa à Juan

Événement|

Par Philippe Dupuy

« On m’a demandé pourquoi je n’avais encore jamais joué à Jazz à Juan depuis 62 ans que le festival existe ? J’ai répondu qu’on m’avait encore jamais invité ! Et je vous jure que je reviendrai s’ils me réinvitent !«   Joe Bonamassa était visiblement ravi de jouer Pinède Gould  en ce 11 juillet caniculaire. Il a même fait monter la température de plusieurs degrés avec son jeu incisif, puissant et généreux, ses guitares vintage (il en change à chaque morceau, quelle collection ! ) et son blues électrique joué comme il doit l’être : fort, vite et bien. Entouré de quatre musiciens (dont un clavier de feu Stevie Ray Vaughan) et deux excellentes choristes,  le guitariste américain au faux air de Quentin Tarantino (costard noir, cheveux gominés, petites lunettes noires et menton en galoche), dont le jeu ne nous avait pas totalement convaincu lorsqu’il était passé à Nikaia il y a quelques années, a donné un set généreux et, cette fois, tout à fait enthousiasmant. Son écriture s’est affirmée pour les chansons, sa voix a murie et son toucher de guitare est désormais digne des plus grands. Ce n’est sans doute pas le successeur de Clapton (au jeu plus raffiné),  mais peut-être bien celui de Gary Moore. En tout cas, Bonamassa a laissé sa marque à Jazz à Juan, comme Jeff Beck et quelques autres guitar heroes l’ont fait en leur temps. Espérons que le festival n’attendra pas 62 autres années pour le ré-inviter !

Chris Isaak à Monaco

Événement|

Par Ph.D

Quelle meilleure ouverture rêver pour le Monte Carlo Summer Festival qu’un concert de Chris Isaak à la salle Garnier ? Le Californien représente tout ce que le festival d’été monégasque cherche à défendre en termes de spectacles : glamour, tradition et modernité. Crooner rock comme on n’en fait plus, Chris Isaak a enchanté l’auditoire avec ses tubes (« Blue Hotel », « Wicked Games », « Dancing » « Baby Did a Bad Bad Thing » … ) et ses reprises de Roy Orbison et d’Elvis. Qui d’autre pourrait aussi bien chanter « Can’t Help falling in love » ou « Only the Lonely »  ? Personne. Etonné de se retrouver à l’opéra devant un public aussi chic (« Merci d’être descendus de vos yachts pour venir nous voir, mais on est juste un groupe de honky tonk vous savez ?« ), le chanteur a adapté son show à l’intimisme de la salle, privilégiant les ballades aux « rocks les plus terribles » et descendant donner l’aubade dans les travées. Trés en voix et plein d’humour, il a donné à Garnier un sublime tour de chant. Les images qu’on en garde ressemblent à un clip de David Lynch.

Izïa aux Nuits Guitares

Événement|

Par Philippe Dupuy

Izïa a vraiment mis  le feu au festival Les Nuits Guitares de Beaulieu sur mer, le 6 juillet. Et pas seulement avec son show pop survitaminé,  construit autour de son dernier album et de ses tubes. Alors qu’elle avait déjà regagné l’énorme Tour Bus garé devant le jardin de l’Olivaie où venait de se terminer le concert, la chanteuse a eu la surprise de voir débarquer les gendarmes, venus lui demander des comptes sur sa sortie anti-macron, sur scène quelques minutes plus tôt. En cause, une longue digression improvisée entre deux chansons, qui avait commencé par un jeu sexuel entre « Brigitte » et « Manu » (« Quelle coquine, celui-là« ) à la garden party de l’Elysée et qui s’est terminée par une mise au pilori du dit « Manu », transformé en pignata pré-révolutionnaire (voir en fin de vidéo ci dessous).  « Je vois déjà le gros titre dans Nice Matin, demain : Izia appelle au meurtre de Macron ! » rigola la chanteuse avant de passer à la chanson suivante.  Volontairement outrée, caricaturale et carnavalesque,  la diatribe a bien fait marrer le millier de fans venu l’applaudir,  mais n’a pas eu l’heur de plaire à quelques élus locaux qui avaient, semble-t-il, oublié qu’Izia était la digne fille de Jacques Higelin, gauchiste notoire et grand pourfendeur de l’ordre établi. Certains en ont même avalé de travers leur cocktail de bienvenue au carré VIP. Interrogée par Nice Matin le lendemain du concert, l’adjointe à la Culture  de Beaulieu, Marie-José Lasry a déclaré s’être rendue à la gendarmerie pour livrer son témoignage et a affirmé qu’Izïa était désormais « blacklistée de Beaulieu«  ! Le parquet de Nice, qui n’avait visiblement pas d’autres chats à fouetter plus urgemment, a même ouvert une enquête dans la foulée. Les défenseurs de la liberté d’expression apprécieront.

John Butler à Nice

Événement|

Par Ph.D

John Butler a donné un superbe concert le 28 juin au théâtre de verdure de Nice, devant un public fourni, international et étonnamment familial. A l’image de son dernier live enregistré à Paris (lire la critique ici), l’Australien se présente seul sur scène avec ses guitares et ses machines et livre des versions habitées et incantatoires de ses chansons, entrecoupées de longues digressions sur la vie, la Foi, la révolution et le monde. Un set solide et généreux, à l’issue duquel Butler a remercié son équipe technique comme le veut la tradition,  mais aussi et c’est plus rare,  celle de Nice ainsi que le jeune garçon qui faisait sa première partie et dont c’était le premier concert. Bon esprit l’Aussie !